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On y était : Marathon! 2017

today11/12/2017 76

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La musique, lorsqu’elle est jouée sur scène, s’accommode bien souvent d’un lieu, épousant les courbes de sa réputation et reflétant les ors d’un historique marquant. Ou non d’ailleurs. Que l’annuelle soirée Marathon! se déroule à la Gaîté Lyrique n’a alors rien d’anodin. Pour avoir traversé les siècles, multiplié les scènes, été déclarée morte et de nouveau en activité, un second lustre a été redonné à cet endroit lorsque les musiques actuelles et autres arts numériques y ont fait leur entrée. Par la grande porte, celle de l’institution.

Comme pour prouver que certaines initiatives ne sont pas vaines ou mal récupérées, Marathon! appuie plus fort sur le champignon et insiste sur la rencontre entre le statut et le devenir. Son essence tient même de cette hybridation des genres, bien que loin d’être incompatibles (et les collaborations allant dans ce sens sont légion), qui réunit la musique répétitive des grands auditoriums et celle des clubs, binaire, sortant d’un underground homme-machine aux considérations a priori plus primaires.

Prestation phare de la soirée, le Versus Synthesizer Ensemble, a recomposé les pièces techno d’un puzzle classique. Un ensemble orchestral, certes bien em-phase, dirigé par Carl Craig, impassible légionnaire de cette armée synthétisée, et broyé par l’intensité du jeu de Francesco Tristano. Le récemment échappé d’Aufgang sait mieux que quiconque faire valser les notes, les retourner à l’envoyeur avec grand fracas et imposer son rythme ultra nerveux, saccadé et rythmé comme un possédé. Les doigts fins et les épaules larges, il a, du haut de sa formation classique, renversé les codes, aidé de M.C. Carl Craig et de ses quatre musiciens, faire rentrer Detroit sous les dorures des symphonies cheveux gris.

Piano toujours pour la suite, mais nettement plus aride. Fabrizio Rat, issu quant à lui de la formation Cabaret Contemporain (à l’affiche l’année précédente), a trituré noires et blanches de sa Machina une heure durant pour en extraire des notes aussi vénères que des beats assourdissants d’un set acid. Une techno brute, sans variation composée à la lueur d’un instrument classique, qui paraît ici sous ses airs les plus rugueux et acharnés. Live à 360°, là encore à l’épure contemporaine, le son et l’image se sont coordonnés comme jamais et la manière aura eu raison de l’art. Sauf pour Bambounou, où ni l’un ni l’autre n’auront décloisonné sa représentation.

Écrit par: Louise Bonnard

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