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Liars – Mess

today13/03/2014 134 7

Arrière-plan
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Petit événement dans ma mailbox, le nouveau Liars, Mess – à paraître le 24 mars prochain toujours sur Mute Records – m’attend tel un jouvenceau avide de se faire déflorer. Autant dire les choses crûment, je branche mon casque et prépare l’écoute de la même façon que lors de la réception du dernier Sasha Grey – un paquet de mouchoirs, une bière bien fraîche et le paquet de clopes à portée de main. On parle quand même de la bande d’Angus Andrew, celle dont on ne cesse de ressasser le génie, que ce soit pour ses deux ultimes efforts – le ferrailleur Sisterworld (lire) et le synthétique WIXIW (lire) – que pour l’ensemble de leur sinueuse discographie (lire) entamée en 2001 avec They Threw Us All In A Trench And Stuck A Monument On Top. Et dès cette fatidique première écoute on sent poindre l’agitation médiatique sur les couvertures des magazines telle une traînée de tâches jaunâtres sur le canapé d’un célibataire endurci : un onanisme presque contrit, morne et éculé car dénué de toute excitation primesautière. Le constat est violent mais évident, dire le contraire ne pouvant qu’intimer l’allégeance. Plutôt que d’assener le boulard sensoriel habituel, aussi affriolant qu’inattendu, Mess – pourtant si bien pitché par l’érectile single Mess On A Mission (lire), conjuguant beats dopaminés et vocalises trippées, le tout sustenté de relectures signées Silent Servant, SFV Acid, Black Bananas et Nest Of Teens – n’est pas sans rappeler ce rendez-vous implacablement nauséeux à huit heures du matin où, pour vérifier la nature de sa semence, l’on se retrouve placardé dans un box exigu – la queue dans une main, un gobelet en plastique dans l’autre – avec un film X rappelant combien les codes esthétiques de l’érotisme peuvent évoluer d’une décennie à l’autre. Et cette télécommande que l’on ose à peine effleurer de dégoût.

Liars

L’entrée en matière de Mess en est presque flippante : pas un mais trois titres eurodance sauce spaghetti, dont il ne se dégage rien sinon cette étrange impression de vide abyssal à peine masqué par la répétitive machinerie rythmique éviscérant une bassline linéaire de toute imperfection. On se dit que baiser sous MDMA confère le même vil plaisir à mesure que le chant d’Angus s’arnache péniblement à cette mouise incongrue : on imagine celui-ci tenir le micro en pleine séance de gym tonic. Pro Anti Anti donne enfin du grain à moudre, sonnant telle une face B d’WIXIW – ce qui n’est déjà pas si mal -, impression vite sapée par l’indigeste balade Can’t Hear Well, tout juste bonne à émouvoir un eunuque en plein délire phallocratique. L’instrumentale Darkslide, qui succède à la précitée Mess On A Mission, grossit quant à elle l’obsession de ces mecs troquant guitares contre synthétiseurs : ça vivote, ça tripote, mais ça capote contre un mur d’inutilité. Comme si on en avait quelque chose à foutre de la vie du Thom Yorke d’après Radiohead, ou du Radiohead d’après Kid A. S’ensuit une cohorte de morceaux entonnée par Boyzone dont la seule échappatoire tient dans l’acceptation d’un long voyage jusqu’au bout de l’ennui : lorsque l’ultime boucle de Left Speaker Blown retentit après sept interminables minutes de rabâchage, consécutives aux neuf précédentes de Perputual Village à peine plus folichonnes, on se sent libéré de cette pression qu’engendre le dernier kilomètre sur tout marathonien. Bordel. Si l’on ne sait à jamais quoi s’attendre avec les trois Liars, cette fois, c’est à du gros n’importe quoi sous toutes ses formes – ce qui est déjà un art en soi -, sorte de pénible digestion sous Xanax après un lendemain d’excès en tout genre. Les quelques spasmes extirpant Mess de sa torpeur n’y changeront rien : on peine à imaginer l’album singé sur scène. Dur.

Audio

Tracklisting

Liars – Mess (Mute Records, 24 mars 2014)

01. Mask Maker
02. Vox Tuned D.E.D.
03. I’m No Gold
04. Pro Anti Anti
05. Can’t Hear Well
06. Mess On A Mission
07. Darkslide
08. Boyzone
09. Dress Walker
10. Perpetual Village
11. Left Speaker Blown

Écrit par: Thibault

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Commentaires d’articles (7)

  1. climbatize sur 13/03/2014

    Ba elle a été bien vite torchée cette chronique hein…faudrait peut-être plus d’une écoute pour un Liars…
    Je ne suis pas du tout d’accord. L’album est clairement orienté electro/beat techno basique c’est clair, mais le son est toujours crade, malsain, malade, bref du Liars tout craché.
    « Vox Tuned D.E.D » dépote clairement, la progression de « I’m No Gold » est très bonne aussi. Les 7 minutes de « Left Speaker Blown » sont exceptionnelles. Une pépite.
    Quand à cette fascinante manie de chroniquer un album non disponible encore, cette façon de vouloir « dégainer » une chro en premier (une chro torchée qui plus est), ça me dégoûte.

  2. akitrash sur 13/03/2014

    Cher Climbatize,

    Si les goûts et les couleurs ne se discute pas, je comprends pas trop ta réflexion sur la date des parutions des chroniques. On essaye de coller à l’actualité des artistes, histoire d’essayer de donner notre avis au lecteur qui serait intéressé par acheter le disque. Celui-ci sortant la semaine prochaine, je ne crois pas que nous soyons extrêmement en avance.

  3. climbatize sur 13/03/2014

    Ok pourquoi pas pour l’argument, il n’empêche que l’article fait très « dézinguage » en règle, cela semble expédié après une écoute. V’là le champ lexical : « vide abyssal », « mouise incongrue », « indigeste », « gros n’importe quoi »…heu on a écouté le même album?

  4. Antidote sur 13/03/2014

    C’est clairement un album qui s’apprécie au fil des écoutes.
    Liars reste unique pour ces chansons acides et vénéneuses, et leur passage dans l’électro est une franche réussite (après WIXIW). Left Speaker Blown est un bonheur et clôt parfaitement le voyage. Donc c’est peu dire que je ne partage pas cette critique. Mais bon les goûts et les couleurs effectivement comme dit l’auteur d’autant que Liars a toujours divisé … Et le Radiohead d’après Kid A (d’Amnésiac à In Rainbows) j’en ai eu qqchose à foutre.

  5. akitrash sur 14/03/2014

    Encore une question de goûts et de couleurs (je précise que je ne suis pas l’auteur de l’article), perso WIXIW m’a donné envie de flinguer mon poste, mais je ne suis peut-être pas objectif car la musique de Liars ne m’a jamais touché. Et je te rejoins Antidote, au moins jusqu’à Amnesiac et presque jusqu’à The Eraser… Je suis tout à fait d’accord que certains disques s’apprécient au fil des écoutes… Peut-être que si je me foutais le dernier disque des Daft Punk en boucle à longueur de journée j’arriverais à lui trouver une quelconque qualité (utilité?)… Mais parfois le sentiment de rejet est plus fort que le reste… Pourquoi passer son temps à essayer d’aimer un album, alors qu’il y en a un million d’autres susceptible de nous séduire d’office… Les avis sont fait pour être échangés, contre-dit, bousculés, donc merci de vos réactions. Chacun possède sa propre vérité, mais désolé les gars, au sein de la rédaction, cet album à fortement déçu, et on tenait à le souligner quitte à enfoncer le clou au bulldozer.

  6. TontonLeçon sur 14/03/2014

    Bonjour,
    Personnellement, tout comme Climbatize, j’ai écouté l’album avant sa sortie et ai donc un avis sur la question, mais j’apprécierais que les journalistes donnent le leur en aval des sorties, histoire que j’aie le temps de crâner un peu dans la cour de récré en claironnant mon opinion dont finalement tout le monde se fout. D’ailleurs, je vais derechef brûler toutes mes revues type Magic RPM, qui se permettent de chroniquer des albums parfois 3 semaines avant leur sortie, sous prétexte d’être mensuelles, et qui par dessus le marché ont l’ambition d’informer le mélomane lambda sur les sorties prochaines dignes d’intérêt. Non mais où va le monde! Ça me dégoute, c’est tout caca.

  7. Julien sur 13/04/2014

    « Mess (…) n’est pas sans rappeler ce rendez-vous implacablement nauséeux à huit
    heures du matin où, pour vérifier la nature de sa semence, l’on se
    retrouve placardé dans un box exigu – la queue dans une main, un gobelet
    en plastique dans l’autre – avec un film X rappelant combien les codes
    esthétiques de l’érotisme peuvent évoluer d’une décennie à l’autre. Et
    cette télécommande que l’on ose à peine effleurer de dégoût. »

    Tu pourrais nous parler de musique au lieu de te regarder écrire, s’il-te-plait, Thibault ?

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