Who are you Skylax Records ?

Neuf ans que Skylax existe et c’est toujours avec la même surprise qu’on redécouvre le back catalogue du label au détour d’une playlist et/ou d’une cabine DJ. On vous évitera la description formelle du défricheur pour parler de Joseph, la tête pensante du label. Néanmoins beaucoup aimeraient griffonner sur leur Discogs des collaborations fréquentes avec la scène house US canal historique (Trax Records) et développement d’artistes en marges des charts beatports (Dj Sprinkles, Simoncino). Revue chronologique du label avec son créateur.

(Conseil de lecture adressé aux novices : n’hésitez pas à opérer des allers-retours avec ce lien Discogs référençant le catalogue du label, ndlr.)

Interview

Tu créés le label en 2004. Comment tu présentes le projet à tes premières signatures ?

J’ai créé le label en 2004 effectivement, cela s’est fait dans la foulée car trois mois avant j’étais encore boss & a/r à Parisonic/Square Roots. Cela s’est fait très rapidement, les contacts étaient déjà bons avec les artistes et je n’ai eu aucun mal car certains des projets sur lesquels je travaillais – notamment la ré-issue du jungle wonz Bird In A Guilded Cage (Danny Krivit mix) – étaient déjà bien avancés, c’est devenu la première référence de ce qui allait devenir Skylax.

C’était trop compliqué de rééditer les tracks originaux ? D’ailleurs, concrètement, comment on s’y prend quand on veut rééditer un truc sorti sur Trax ?

Le track original est ressorti avec tu penses bien ! Il était tout simplement accompagné de remixes, histoire de rafraîchir un peu l’histoire. Dans ce cas-là, l’edit de Danny était tout simplement magique et à mon avis indispensable. Je connaissais bien le détenteur des droits de Trax Records puisque sur Square Roots (sous-label de Parisonic), j’avais déjà ressorti pas mal de Chicago Tracks entre 2002 et 2003 (Stevie Poindexter, Lidell Townsell, Franckie Knuckles, Ralphi Rosario, Mickey Oliver, etc.). D’ailleurs je joue encore beaucoup de ces tracks qui avaient bénéficié de super remixes, notamment celui de D’julz pour Computer Madness.

Dès 2005, le label suit un rythme régulier de sorties (3 à 4 par an). En termes de ventes, ça accroche plutôt en Europe ?

Complètement. J’ai toujours mis un point d’honneur à sortir le plus de disques possibles, ceux que je considère comme importants, donc 3/4 par an, ça commence à être mon rythme de croisière. Pour les ventes, sincèrement, ça accroche surtout aux États-Unis et au Japon – à cette époque je pressais tous mes disques aux US donc forcément…

Ok. Tu enchaînes à la fin des années 2000 avec deux artistes sur lesquels je voudrais qu’on s’arrête. Maximilian Skiba d’un côté et DJ Sprinkles de l’autre. Les deux produisent une musique précieuse, distinguée, hyper travaillée, notamment du point de vue des arrangements. J’ai l’impression qu’avec ces sorties tu atteins un espèce de climax dans l’exploration des sonorités post-disco du label. C’est aussi ton sentiment ?

Tout à fait, mais évidemment tout ceci n’est pas délibéré, c’est juste qu’à un moment tu te retrouves avec des tracks et tu te dis : “Tiens, ceux-là sont bons, j’y reviens souvent, ça doit être un signe“. Sans compter que oui, pour moi, ces mecs sont de super producteurs, avec un univers très fort chacun. DJ Sprinkles c’est encore plus complexe à mon avis, ce n’est pas seulement de la musique, c’est de la philosophie, de l’art abstrait, de la photographie, une science du mix et de l’élégance, bref c’est une musique militante pour moi dans le sens le plus noble du terme, c’est en fait l’artiste ultime.

Tu travailles pas mal avec Simoncino par la suite. Comment se fait la rencontre ? Vous avez forcément dû parler de Jungle Wonz, Simoncino en étant un peu l’enfant illégitime, non ?

Elle s’est faite tout simplement via le net : il me dit qu’il est fan de Skylax et veut absolument sortir sa musique sur le label, j’écoute et bon là c’est comme une évidence, ça me plaît donc on y va. C’est vrai que j’ai toujours adoré les sons « anciens ». Le mec travaille en analogique alors forcément ça me touche, d’autant plus qu’il a été un des premiers sur cette vague du « retour à l’authentique ». Sa musique restera.

On n’a pas encore parlé d’Hardrock Striker, ton alias de producteur. Comment tu concilies le rôle de DA avec ton activité de producteur quand il s’agit de sortir tes morceaux sur ton propre label ? Un staff te seconde dans ces moments-là ?

Non c’est juste par à-coup, je suis très instinctif. Si c’est le moment et que je le sens, je fonce, je sors le track. Après le dilemme prod et artiste, ça n’en est pas un, faux problème, tout le monde l’est un peu aujourd’hui, on le voit avec le nombre de labels incalculables qui sortent les prod du boss et d’autres potes. Bien qu’il est vrai que j’ai toujours eu un plus de mal à me « vendre » et à promouvoir mon travail, même si je pense que j’ai été capable jusqu’à présent de toucher à des univers très variés, voir différents styles avec une certaine « maîtrise » dirons-nous.

Dis-nous deux mots sur les sous-divisions de Skylax, Wax Classics, STAY UNDERGROUND IT PAYS & COSMIC CLUB. Ce sont purement des labels programatiques avec d’un coté des rééditions de classiques et de l’autre des trucs plus confidentiels ?

Non, en fait comme tu peux t’en douter, je reçois tellement de bonnes démos de très bon artistes que j’ai été contraint de créer tous ces sous-labels afin de les sortir. Pour Skylax en même temps, c’est genre pas possible. Après il y a une identité pour chaque label, Skylax est très house classic, Wax Classic plus deep house, SUIT plus new-wave et Cosmic Club leftfield.

Via les réseaux sociaux, j’ai vu que tu partageais pas mal de flyers, affiches de clubs 80’s ou 90’s parisiens entre autres, symboles de la “nuit d’avant”. Le supposé âge d’or de la nuit parisienne commençait par là : des visuels forts qui transcendaient l’iconographie de la night life ?

Oui mais heureusement il y a eu le Pulp.

Question tarte à la crème : si tu devais ne garder que trois clubs parisiens toutes époques confondues, lesquels auraient ta faveur ?

LE PULP.

 

SKYLAX RECORDS
http://skylaxrecords.com/labels/skylax-records.html

WAX CLASSIC
http://skylaxrecords.com/labels/wax-classic.html

COSMIC CLUB
http://skylaxrecords.com/labels/cosmic-club.html

STAY UNDERGROUND IT PAYS
http://skylaxrecords.com/labels/stay-underground-it-pays.html

 

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