Derrière Valley Exit, se cache Jeff Zeigler. Homme de l’ombre qui au sein de son studio Uniform Recording a produit et réalisé un bon nombre d’albums de la scène rock indé de ces dix dernières années – au hasard, on peut citer entre autres Steve Gunn, Purling Hiss, The War on Drugs, Kurt Vile, Nothing, Sunny Day in Glasgow. Associé à Mary Lattimore, il était passé sur le devant de la scène avec un excellent premier album sorti en 2014 chez Thrill Jockey et plus récemment une soundtrack originale qu’ils ont composé pour le film Le Révélateur de Philippe Garrel – on vous en parlé d’ailleurs ici. Cette fois-ci Jeff Zeigler revient sur le devant de la scène tout seul avec son nouveau projet Valley Exit : guitares cristallines, nappes synthétiques, boucles enivrantes ; le philadelphien nous donne rendez-vous avec des expérimentations soniques aux teintes pop. Pour célébrer la sortie imminente d’un premier album (dont on vous reparlera très prochainement) on a décidé de soumettre Zeigler à notre interview, en cadeau une track exclue manière de vous mettre l’eau à la bouche. Enjoy !

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Philadelphie en Pennsylvanie, aussi connu sous le nom de « New York en mieux ».

Philadelphia, Pennsylvania, USA aka “the better New York”

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Au studio pour composer d’autres morceaux pour les marginaux ou, de manière plus réaliste, travailler sur le disque de quelqu’un d’autre, ou promener mon chien.

Back into the studio to make more songs for the maladjusted or, more realistically, working on someone else’s record or walking my dog.

Pourquoi la musique ?
Why music?

La musique tient une place essentielle dans ma vie depuis que je suis enfant, et même si je n’imaginais pas que ça deviendrait mon principal centre d’intérêt, j’y suis devenu accroc pour de bon lorsque j’ai commencé à enregistrer et à jouer.

Music has been a defining part of my life since I was a child, and while I never expected it to become the primary focus in a lot of ways, once I started recording and playing music I was hooked for good.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Difficile à dire. Vivre dans un endroit isolé avec des chiens ? Etre chef cuisinier ? Ou peut-être une combinaison des deux : passer mon temps à chercher la meilleure recette de bouffe pour chien.

Hard to say. Live in some remote area with a bunch of dogs? a chef? Or maybe combine the two and spend my time dialing in the perfect dog food recipe?

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

La musique est probablement à son meilleur lorsqu’elle n’est pas entravée par des préoccupations liées au succès commercial.

Music’s probably at its best when it’s not hampered by concerns about commercial success. 

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

J’ai réalisé que je préférais savoir me débrouiller avec plusieurs instruments plutôt que d’avoir une très bonne technique sur un seul.

I realized I prefer being okay at a bunch of instruments to being highly technically proficient at any specific one.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Ça fait un peu de moi un dilettante musical.

It sort of makes me a musical dilettante.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Je ne suis pas certain de savoir à quoi ressemblerait une mort artistique. C’est un peu une sorte de travail de longue haleine, un chemin vallonné avec des pics, des creux et beaucoup de plat. L’échec est donc plutôt relatif et c’est une partie naturelle du processus : les disparitions et les renaissances ponctuent le chemin vers une véritable mort clinique (c’est gai).

I’m not sure I know what artistic death would be? It’s kind of just one long slog with peaks and valleys and a lot of flat terrain, so failure is pretty much relative and a natural part of the process, with a bunch of deaths and rebirths along the way to your actual physical demise. (cheery)

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Un shot ! De préférence du whiskey ou de tequila.

A shot! preferably whiskey or tequila.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

J’adorerais remonter le temps et faire la musique des films de Cronenberg dans les années 80, genre Scanners.

I’d love to go back in time and score some 80’s Cronenberg movies, maybe Scanners or something.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

De remplacer Jeff Healey en tant que groupe résident au Double Deuce dans le film Road House.

To replace Jeff Healey as the house band at the Double Deuce in the movie Road House.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

De moins se soucier de ce que les gens pensent et de ce que je ferai de mon avenir, et de ne pas tout sur-analyser.

Worry less about what people think and about where you’ll be in the future and not analyze the shit out of everything.

Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Je me vois vivre dans un grand espace industriel ou dans les bois, faire quelque chose d’artistique, passer le temps avec des chiens et continuer à faire de la musique d’une manière ou d’une autre. Je serai très vieux à ce moment là !

Living in a large warehouse space or in the woods, making art of some sort, hanging with a few dogs and probably still working on music in some capacity. I will be pretty old at that point!

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Je ne sais pas vraiment, et c’est plutôt stimulant. Je me suis vraiment lassé d’écrire des chansons pendant un moment et je me suis concentré sur l’improvisation, seul ou avec Mary Lattimore. J’ai toujours essayé d’incorporer les deux d’une manière qui ne soit pas nécessairement « jammy » et/ou contenant une multitude de notes ou d’idées musicales, mais plutôt qui évolue lentement et organiquement.

I don’t really know, which is kind of exciting. I got really tired of trying to write songs for awhile and concentrated on mostly improvised music, either by myself or with Mary Lattimore. I’ve always been trying to incorporate the two in a way that’s not necessarily “jammy” and/or containing a multitude of notes or musical ideas, but instead evolving slowly and organically.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Faire le DJ avec un iPhone, peut-être ? Et aussi, de manger du popcorn dans le noir en écoutant du Miami Sound Machine.

DJing with an iPhone? Also, sometimes I eat popcorn in the dark while listening to Miami Sound Machine.

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