V.A. – Clandestine Records on Beko

clandestine-bekoMôme, un singulier vague à l’âme plombait mes dimanches soirs. La trouble appréhension d’un lendemain besogneux, la fuite d’un temps dégagé de toute obligation. Les choses ont bien changé, et pour cause. Depuis son apparition dans le landerneau musical, le label digital Beko (lire) confère une saveur autrement délectable aux effluves noctambules d’une fin de semaine désormais propice à l’exploration. Outre la sortie hebdomadaire de singles, véritable marque de fabrique du net-label brestois défrichant avec un discernement certain le maelström indie contemporain (de l’inaugural Death and Vanilla au dernier en date, Tolouse Low Tracks, en passant par Memoryhouse, Gobble Gobble, ou Millionyoung), d’autres formats commencent à prendre une place non négligeable, entre box (trois volumes), cassette digitale (deux pour juillet et août), LP (Procedure Club, Tan DollarMaps and Diagrams et dernièrement l’excellent album des Australiens de Wizard Oz) et compilations/collaborations avec des labels aussi excitants que super-actifs. Ainsi, après Free Loving AnarachistAmdiscs (lire) et La Station Radar (lire), c’est au tour de Clandestine Records de diffuser son empreinte fantasmagorique dans les limbes digitales de nos nuits dominicales. En rien un hasard si ce label sera très prochainement mis à l’honneur dans nos pages tant la constellation d’artistes qu’il recouvre dimensionne les pâmoisons orgasmiques les plus nébuleuses, des confins d’une witch haus (lire) aussi vénéneuse que plurielle, au détour d’une ghost folk endossée par un King Dude, télescopant intimité et religiosité, jusqu’aux spectres d’une pop lunaire et habitée, qu’elle soit engrenée par la mirifique Ela Orleans (lire) – encore émotionnellement déroutante sur Light At Dawn – ou les véhéments Gray Things et Sealings. Dans la nasse inextinguible de cette méandreuse pharmacopée des sens, on remarquera sans peine le bûcher ardent d’un genre souvent réduit à sa plus simple expression – la prophétie witch/drag/haunted haus de Salem – et qui ici embrasse de mille flammes bien distinctes l’onde frémissante qu’elle s’octroie. Rien ou si peu – l’inquiétude omnisciente, l’angoisse insondable… – ne confond la torpeur d’oFF et Gr†LL Gr†LL, doublement présents ici, à la frénésie oppressante de Mater Suspiria Vision ou Drugs For Drunks, du syrupy hip hop transfiguré de F8stercare et Nattymari au gothisme vespéral, croisant voix féminines et synthétiseurs hypnotiques, de Petra SchelmSkylines ou Modern Witch. Et ce, sans parler de l’intensité dégagée par GHXST, du calme malsain déployé par MeddicineI††Malibu Wands ou Central Asian Nervous Systems… L’armée des ombres manœuvre dans la clandestinité, c’est un fait. Une autre chose de sûre, il se trame quelque chose. Ce bekotage en règle n’en est qu’un prémisse, mais pas n’importe lequel.

Audio / Tracklist

†HE SOUNDTRACK †O ¥R ORGASMIC DEMISE, NO†HING IS †RUE, EVER¥†HING IS PERMI††ED (DOWNLOAD HERE)

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a1. Petra Schelm – Channel The Body
a2. oFF Gr†LL Gr†LL – Cracked Emo
a3. Among The Bones – Tunguska
a4. Gray Things – Fortune Teller
a5. Ela Orleans – Light At Dawn
a6. Skylines – @ Dawn
a7. oFF – Makeupworz
a8. Drugs For Drunks – DZLIGHT
a9. GHXST – IXNYC
a10. Sealings – Two Cups
a11. King Dude – Never Let You Go

b1. Central Asian Nervous Systems – Almost Dead
b2. GuMMy†Be∆R! – False Prophets
b3. Fostercare – Snowdragon
b4. Mater Suspiria Vision – The Trip Garden Of El Diabolo
b5. Gr†LL Gr†LL – Organ Sunday
b6. Meddicine – Some Thing You Knew Before
b7. Modern Witch – Running
b8. I†† – Chambre Ardente Affair†
b9. Party Trash – Alone
b10. Nattymari – K1LL K1LL
b11. Malibu Wands – Sleep With Demons

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