Trente-sept vidéos en un peu moins d’un an. Il fallait l’œil expert et la prose volubile de Lyonel pour décrypter et sélectionner cinq vidéos aussi essentielles que ne le sont les morceaux dont elles sont bien plus qu’une simple illustration par l’image.

A Classic Education – Gone to Sea

Cette chanson d’ A Classic Education est un bain de jouvence, une eau pure. Finalement la mer transporte toutes les histoires, toutes les mythologies. L’Océan ambassadeur de la vie, de la fertilité – de l’amour. Ce fragment d’innocence, Jamie Harley le retranscrit parfaitement ici. La vidéo suit parfaitement l’intensité rythmique de la composition. Harmonie des îles, mouvement incessant des vagues, visages radieux – tout y est. On navigue à perte de vue comme dans l’image finale. Une jolie illustration de l’innocence.

Memoryhouse – Bonfire

La musique est ample, évanescente. Elle se détache du réel. Seule la voix, profonde, de Denise Nouvion nous rapproche de quelque chose de tangible. Visuellement, il n’y a rien de plus difficile à retranscrire. Ici, on est dans une impression de la réalité. Les lueurs blondes d’une émotion. Une vidéo faite de vapeurs, de liquides et de chairs. Sublime, tout comme la chanson de Memoryhouse. Une douce valse pastorale magistralement orchestrée visuellement par Jamie Harley. Au passage, je soupçonne la culture cinématographique du monsieur immense …

How to Dress Well – Lover’s Start

Violente rafale mélodique, la composition de How to Dress Well demandait une grande impression visuelle. On en a du sel sur le visage en regardant ce long plan séquence. Bleu comme la nostalgie et la tristesse. Final bleuté – c’est un parcours, le long d’une plage, d’un adieu. D’une liberté retrouvée. Brel finit par lâcher les oiseaux avant de se livrer à l’océan. Quelle puissance poétique, assurément ma vidéo préférée.

Lonely Galaxy – Time

Les vieilles vidéos d’enfance ont ce rapport à l’ineffable, à la nostalgie et l’étrange sensation du temps qui fuit. La montée mélodique offerte par Lonely Galaxy est l’équivalent de tous les souvenirs qui nous remontent à la gorge lorsque l’on goûte à ces madeleines visuelles. Cette vidéo est terriblement émouvante et est superbement mise en forme par Jamie Harley.

Memoryhouse – Lately (deuxième)

La chanson est sublime. Ce qui pourrait amplement suffire pour tout commentaire. D’ailleurs comment dépasser la puissance émotionnelle de pareille composition avec des mots ou des images ? Enfin, ce qui me plaît là, est finalement très personnel. Je repense aux romances et séquences évanescentes d’Histoires de Fantômes Chinois, film fantastique parfois sublime, parfois grotesque. Une ambiance à la fois sensuelle, mystique et kitsch. Cette musique est d’un charnel redoutable. Jamie Harley compose un visuel au diapason. Redoutablement ensorcelant.