Dream Boat - XVII


Le 30 septembre dernier, via nos amis d'Amdiscs, à l'honneur cette semaine dans nos pages, sortait Visions, premier LP en version digitale - après un EP cassette Fevers - de l'énigmatique groupe witch haus (lire) Dream Boat, et ce en attendant une sortie physique prévue en décembre. Projet du touche-à-tout Sina Sohrab, étudiant à l'école de design de Rhode Island d'origine iranienne, membre du collectif Go West et instigateurs de deux autres projets Space Caves et Yeah Right à la saveur plus qu'onirique, Dream Boat livre ici, après deux vidéos extraites de Visions, Kissing Collar et Your Beaches, un inédit audio/video sobrement intitulé XVII, prolongeant l'exploration du côté sombre et tumultueux de ses Visions cauchemardesques. Footage d'un film du réalisateur Danois Jesper W. Nielsen, Lykkefanten (1997), la noyade volontaire de la jeune Ida - désireuse de se présenter aux portes du paradis pour quitter son enfer terrestre - sied à merveille à l'ambiance oppressante d'un morceau, transpercé de beat caverneux et de chrysalides synthétiques, figurant un effroi virginal n'ayant de cesse de décupler à mesure que l'enfant progresse dans sa quête. On n'ose imaginer la suite, les portes ne s'ouvriront pas.

Vidéo


Thieves Like Us

thieves

Si vous êtes des lecteurs fidèles d'Hartzine, vous savez que la sortie du dernier album des Thieves Like Us a donné lieu à un échange savoureux entre certains membres de la rédac et le groupe lui-même.
Ceux convaincus par l'album verront d'un bon oeil l'édition de la version remixée de ce dernier. Sont conviés Nite Jewel, Cécile, Rikslyd mais également Minitel Rose.  Les Thieves Like Us ont pour leur part récemment remixé un track d'un groupe fantôme ayant tourné un maximun sur la blogosphère à la fin de l'année dernière : le Purple Stuff de Hounds of Hate. Disco d'autoroute de nuit et jackin'pop, LE remix de cette fin d'année.

Audio

Hounds of Hate - Purple Stuff (Thieves Like Us Jack Body Records)


Sweet Lights- Sweet Lights

sweet-lights-sweet-lightsÀ l'ère du revival des 80's éthérées, naïves ou dansantes, que peut-on encore attendre d'un groupe pop ? La particularité, la nouveauté, la rareté ? The Smiths, New Order ou My Bloody Valentine, entre autres, n'ont-ils pas tout dit en leur temps ? Et si la vraie originalité en 2010 était plutôt celle d'exceller dans l'art du « songwriting » ? Car, si nous pouvons aujourd'hui nous extasier uniquement pour un emballage, en d'autres termes une couleur, un son, une énergie, une atmosphère qui nous replongent dans notre délicieux passé, peut-on encore nommer ledit terme anglais sans provoquer le désintérêt le plus total d'une génération entière ? Vous l'aurez compris, Sweet Lights échappe à la règle actuelle et s'inscrit dans une écriture verbale et mélodique authentique et, si celle-ci est également nostalgique, c'est uniquement à titre d'hommage à l'instar des vidéos dédiées à Jean Seberg ou à John Lennon qui aurait fêté cette année ses 70 ans (voir You Won't Be There ci‑dessous) et sans jamais singer ses influences. Si nous pensons à The Kinks ou à The Beatles, c'est tout simplement parce que Sweet Lights, le nouveau projet de Shai Halperin qui met The Capitol Years entre parenthèses, flirte avec la perfection. Shai, en collaboration avec Jeff Zeigler (War on Drugs, Kurt Vile), ne nous offre pas pour autant un « tribute album ». Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si cet opus aura mis deux ans et demi à voir le jour. La force de Sweet Lights, à l'image de son nom, est constituée de sa délicatesse et de son éclat. Les 11 compositions lumineuses qui constituent ce disque sont guidées par le fil de l'élégance et de l'émotion. Dès Message on the Wire nous savons que nous vivons un grand moment et que nous tenons un des plus beaux albums de cette fin d'année. Les arrangements ne sont pas laissés pour compte. Tout est justement pesé. À la hauteur de l'écriture divine de Shai Halperin et à l'image de Waterwell que Neil Hannon doit sûrement jalouser. L'album de Sweet Lights (à télécharger ici) n'est pas un CD à ranger aux côtés des œuvres de grands groupes pop sixties et eighties mais il est une merveille à chérir et à partager avec toutes les personnes que vous aimez.

Audio

Sweet Lights - Waterwell

Vidéos

Message on the Wire

You Won't Be There

Tracklist

Sweet lights - Sweet lights (2010)

  1. Message on the Wire
  2. Are We Gonna Work it Out
  3. Endless Town
  4. Red Lights
  5. Waterwell
  6. A Hundred Needle Pins
  7. Relate to You
  8. You Won't Be There
  9. Ballad of Kurt Vile #2
  10. Tell Us All About it
  11. Here Comes the Son

Brian Eno – Small Craft on a Milk Sea

eno2Dire que la musique de Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno (mais appelez-le simplement Brian, l'homme est une crème) m'aura permis de passer à l'âge adulte relève de l'euphémisme le plus parfait. Concepteur de mondes plus que de mélodies, je ne vois de pairs à l'architecte que des personnalités au talent conceptuel tel que Moebius, Giger ou Jodorowsky.  Expérimentant depuis ses jeunes années, c'est un peu l'ombre de Satie qui se cache derrière le nouveau génie du post-modernisme de cette fin de siècle.  John Cale, Talking Heads mais surtout David Bowie lui devront leurs plus belles réussites, à une période où le compositeur, très inspiré par la nouvelle vague allemande, multiplie les collaborations auprès du groupe Cluster, donnant naissance à ce qui restera à jamais son plus grand disque : After The Heat. Bien sûr, il serait difficile de dénigrer la prolifique et protéiforme carrière solo de l'artiste, dont le célèbre Music For Airports définit à lui seul les termes d'ambient. Un opus qui reste toutefois peut-être surestimé au regard de l'apport musical qui a pu émerger d'albums comme Another Green World, Music For Films ou encore Empty Landscapes dont l'influence reste aujourd'hui encore palpable. C'est donc sur le label Bureau B que l'on aurait imaginé voir paraitre ce Small Craft on a Milk Sea, aux côtés des œuvres de ses compagnons Dieter Moebius et Hans-Joachim Roedelius, ou bien sur une major comme il le fit pour ses dernières créations. C'est pourtant au label anglais Warp qu'il offrira sa confiance, y trouvant un miroir à ses fascinantes expérimentations, mais également un cocon familial où chaque artiste serait un peu un enfant légitime. Fidèle à lui-même, Brian Eno s'entoure de collaborateurs de génie, personnifiés ici par les relativement jeunes producteurs/compositeurs Leo Abrahams et Jon Hopkins. Leur talent émérite aura séduit de nombreux musiciens tel qu'Imogen Heap, Tunng ou David Holmes et aura permis aux deux hommes de faire leurs armes sur la construction de bandes-son pour la télévision et le cinéma. Quand on connait l'amour que porte Eno aux musiques de films, on imagine aisément que ce fut un facteur décisif dans leur enrôlement dans ce projet. Plus à l'aise que le sexagénaire sur les partitions électroniques, le duo apporte une touche virulente et quasi dancefloor qui écorche quelque peu le paysage musical habituel du pape de l'ambient sans le défigurer (Flint March, Dust Shuffle). Un vernis qui s'écaille pour laisser transparaitre de vastes étendues de sables, qui à l'égal de cette magnifique pochette, inspirent le calme (Late Anthropocene). Et l'on se surprend à fermer les yeux, à admirer les vastes plaines cristallines à travers les champs de notre imaginaire et écouter le léger frottement de l'érosion qui flotte jusqu'à nos oreilles (Slow Ice, Old Moon). Perdu au milieu des dunes, le voyageur continue son infini parcours bercé par les éléments (Lesser Heaven, Complex Heaven). Loin de ses tentatives naïvement pop ou des corpus alambiqués, Brian Eno retrouve une certaine sagesse grâce à une écriture décomplexée illustrant au final l'errance sensorielle de nos rêves les plus primitifs. Small Craft on a Milk Sea, c'est un peu l'histoire d'un talent retrouvé à travers quinze chansons mêlant tout le savoir-faire d'un musicien prodigieux, ne cessant de se réinventer, de se perdre, de se retrouver.

Audio

Tracklist

Brian Eno – Small Craft on a Milk Sea (Warp, 2010)

1. Emerald and lime
2. Complex Heaven
3. Small Craft on a Milk Sea
4. Flint March
5. Horse
6. 2 Forms of Anger
7. Bone Jump
8. Dust Shuffle
9. Paleosonic
10. Slow Ice, Old Moon
11. Lesser Heaven
12. Calcium Needles
13. Emerald and Stone
14. Written, Forgotten
15. Late Anthropocene


Puro Instinct l'interview

l_15c291d441e445a587ddff6078e05b31Auparavant connu sous le nom de Pearl Harbor, Puro Instinct garnit cette file ininterrompue de groupes d'indie rock féminins. Leur charme vient probablement du fait qu'elles savent réellement jouer de leurs instruments et que leur groupe n'est pas un prétexte pour monter des tournées en deux semaines. Pipper a accepté de répondre à nos questions en prenant soin d'en éviter certaines. Vous y trouverez pas mal d'explications rationnelles sur la faillite scénique de leurs contemporaines et de révélations concernant leur futur LP.

J'ai pensé pendant un moment le groupe était mort, puis vous avez refait surface avec un nouveau nom, qu'est-ce qui s'est passé ?

Ce qui s'est passé avec le groupe ou le nom ? Nous revenons d'une tournée avec Ariel Pink's Haunted Grafitti et maintenant nous sommes de retour à la maison pour travailler sur notre premier album. Nous sommes quasiment tous sans emploi, nous avons fait le tour de  presque tous les cercles sociaux de Los Angeles, et nous avons pris goût à la cuisine libanaise.

Cet été, en Europe, j'ai vu sur scène des groupes de filles en tournée sur le vieux continent. Les concerts étaient souvent effrayant, parfois ridicules, ressemblant à de mauvaises répétitions. Dans la foulée, j'ai vu des images de vos derniers lives et c'était plutôt agréable. Vous semblez être des musiciennes assez douées ; depuis combien de temps jouez-vous ensemble, en tant que groupe ?

C'est drôle. Le problème est que la majorité des groupes dont tu parles sont scientologues. S'il y a un conseil que je puisse te donner, c'est de ne pas croire au battage médiatique, parce que tout est acheté par l'Église de Scientologie. L'incarnation live du groupe existe depuis janvier si on ne compte pas Mike, et en mai, si on le compte.

l_2d94ab051bbd411cb74b054531d33ff2

Peut-être que je me trompe, mais j'ai l'impression que vos chansons sont moins axées sur le jeu de guitare. Elles sont de plus en plus construites à partir de lignes de synthés avec une certaine saveur vintage. Ça rend votre son indéfinissable : pas totalement dream pop, pas totalement synth pop, mais quelque part entre les Pale Saints et  un cover band rêveur de Chris Rea.Comment vous parleriez de vous ?

Hmm, ces comparaisons sont flatteuses. J'ai grandi en écoutant Confort of Madness des Pale Saints et Chris Rea a quelques plans de tueur... Je pense que nous allons prendre ta description et ne rien ajouter.

Comment fonctionne le processus de composition de chansons ?

C'est différent pour chaque chanson.


Si on se fie à votre Twitter, vous êtes en train d'enregistrer de nouveaux morceaux. Comment ça se passe ? Vous enregistrez à Los Angeles ? Vous vous impliquez dans le côté technique de l'enregistrement ou ça n'est pas votre truc ?

Notre ami Kenny Gilmore (Ariel Pink's Haunted Graffiti) nous enregistre et nous produit dans son studio de Glendale, en Californie. Il est si talentueux, je le recommanderais à tout le monde si je n'étais pas si exclusive.
Je n'ai pas touché aux commandes du studio parce que je ne veux pas tout gâcher... En écoutant nos playbacks, je me dis : « Putain, c'est nous ? ». Je serais capable de tout effacer de joie.
l_03b5b08214244d799f38fa865c97d4b6

Que pouvons-nous attendre de ces enregistrements d'un point de vue musical ? Plus de riffs de folk russe ?

« Easy-listening arena rock for headbangers on ecstasy... »

Vu votre différence d'âge, j'imagine que vous avez sans doute déjà pensé à faire de la musique chacune de votre côté ? Dans quel genre de side-project pourriez-vous jouer ?

Au jour d'aujourd'hui, je me consacre entièrement à Puro... Je fais assez d'enregistrements seule à la maison pour satisfaire mes besoins extra-musicaux... Ma sœur a mentionné l'idée de faire un « sludge-shitrock band with Don Bolles ».

Audio

Vidéo


Beach Fossils - Window View

l_b22364a6dcf9419198841e96338f8c86Encore un signe avant-coureur de l'automne. Au-delà d'aimanter notre attention au bout de ses lèvres et de sa guitare suspendue dans le temps, le New-Yorkais d'adoption Dustin Payseur nous souffle à l'oreille par le biais de l'évanescent Window View, troisième défloration cinématique de son impeccable coup d'essai éponyme sur Captured Tracks, déjà chroniqué par ici, la teneur essentielle de sa présence au festival Novosonic s'étalant du 27 au 30 octobre à Dijon. Le 28, les Beach Fossils, leurs mélodies sautillantes et leur gouaille d'allumés y partageront une affiche forte en gueule avec Former Ghosts et Xiu Xiu sur la scène de l'Atheneum. Après le festival Kill Your Pop en mai dernier, aucune raison valable ne vous empêchera d'élire domicile l'espace de quelques jours dans une ville à l'esprit rock bien moutardé.

Vidéo


Blank Dogs - Northern Islands

mike-snipers-blank-dogsHoZac, Sacred Bones, In the Red, Woodist, aujourd'hui Captured Tracks et demain Italians Do It Better. C'est la liste non exhaustive de labels  sur lesquels  le New-Yorkais Mike Sniper a pu ou pourra exposer sa synth-pop unique. Après le remarqué double LP Under and Under sorti l'an passé et un futur 12-inch à paraître sur le label de Mike Simonetti, Blank Dogs sort le 12 octobre prochain le très  attendu Land and Fixed. On espère que la suite se révèle à la hauteur du premier extrait que l'on vous offre en écoute cette semaine.

Audio

Blank Dogs - Northern Islands


The Black Angels - Phosphene Dream

the-black-angels-phosphene-dreamPlongé dans une semi-obscurité, fixer la lumière puis les lignes géométriques qui se détachent sur le carton : blanc, noir, orange, vert, rouge, bleu. Les courbes, les pleins et les déliés, les arêtes sans commencement ni fin. Observer les cercles jusqu'à ce qu'ils tournent sur eux-mêmes. Prochain arrêt : le mur et ces roues qui continuent de virevolter devant les yeux - les phosphènes - jusqu'à finir par s'estomper complètement. L'obscurité à nouveau.
C'est à peu près ce qu'on risque à trop regarder la pochette du troisième album de The Black Angels, très justement nommé Phosphene Dream. Cette dernière, dessinée, comme les deux précédentes, par le guitariste Christian Bland, est un véritable piège pour les yeux, un labyrinthe bicolore hypnotisant dans lequel on a vite fait de se perdre - comme si le groupe avait voulu qu'on ne détache jamais le regard de leurs disques. Si l'on considère ne serait-ce que les deux premiers essais du combo texan, odes monolithiques au psychédélisme de 13th Floor Elevator et au Velvet Underground, ce n'est pas une si mauvaise idée. Mais prenez soin de bien chausser vos lunettes, car les Anges Noirs n'ont pas encore dit leur dernier mot.

l_8c0025aa75e0ed8b8d2cd1feb499621a

Manifestement bien décidé à se rappeler à notre bon souvenir tous les deux ans, le quintet d'Austin entre cependant dans une nouvelle ère avec son dernier album : après quatre années prolifiques chez Light In The Attic Records, il a désormais rejoint l'écurie Blue Horizon - qui connut son heure de gloire il y a quelques dizaines d'années avec Fleetwood Mac - et s'est adjoint pour la première fois les services d'un producteur en la personne de Dave Sardy, qui compte à son tableau de chasse des noms aussi prestigieux que Johnny Cash, Oasis, Wolfmother ou encore LCD Soundsystem. Les Black Angels ont également innové en quittant pendant six mois leur cité d'origine pour aller se perdre dans les studios de Los Angeles. Le résultat de ces bouleversements ? Un album deux fois plus court, deux fois plus optimiste et, à vue d'oeil, au moins cinq fois plus varié que ses prédécesseurs, certes extrêmement cohérents mais qui avaient l'inconvénient de se perdre parfois dans des envolées spirituelles interminables. Si on y retrouve les influences de toujours - The Brian Jonestown Massacre, Spacemen 3, The Warlocks, et le moins grabataire Black Rebel Motorcycle Club -, le soleil californien semble avoir tapé à profit sur le crâne d'Alex Maas, dont le chant et la diction réveillent avec brio le souvenir du fantôme de Los Angeles et du Père Lachaise. Dès le deuxième titre, Haunting At 1300 McKinley, c'est bien en effet une version plus moderne de Jim Morrison que l'on entend. C'est aussi le cas sur River Of Blood, d'une façon presque troublante. Le génie des Doors semblent avoir également rejailli sur les claviers ensoleillés de Sunday Afternoon qui scellent définitivement l'image sombre et torturée que l'on se faisait des Black Angels - vont-ils penser à se rebaptiser ? Ils opèrent néanmoins un léger changement de direction avec Entrance Song, dont les choeurs rappellent fortement le Black Rebel Motorcycle Club et les sombres "hmmmm hmmmm" entonnés par Peter Hayes et Robert Levon Been sur le titre éponyme de leur dernier opus, Beat The Devil's Tattoo. Le groupe revient ensuite à ses fondamentaux avec un Phosphene Dream habité à souhait, dont l'issue stroboscopique a sans doute déjà causé nombre de crises d'épilepsie. Avec True Believers, on retrouve des rivages plus noirs - mais, oh, est-ce de l'accordéon ? - avant d'atteindre un Telephone qui constitue la plus belle preuve de l'envergure des progrès des Black Angels - mélodie sixties et paroles légères qui ressuscitent le meilleur des Kinks - on est loin des horizons oscurs de Passover et Direction To See A Ghost. L'heure de la décharge finale a malheureusement déjà sonné : The Sniper, en plein dans le mille.

black1
Un seul constat s'impose : il n'y a rien à jeter dans Phosphene Dream, et on ne peut que féliciter The Black Angels pour l'initiative de cette féconde conquête de l'ouest. Un seul risque, que grâce à cet album plus varié et plus accessible, le groupe rencontre un succès moins confidentiel qu'avec ses précédents essais - on les plaint, vraiment. Et on en profite pour rappeler aux autres groupes dont le nom commence aussi par "black" qu'ils sont en train de se faire damer le pion et qu'ils feraient bien de s'activer à réparer leurs motos et à trouver un moyen de gravir cette foutue montagne.

Audio

The Black Angels - Sunday Afternoon

Vidéo

Tracklist


The Black Angels - Phosphene Dream (Blue Horizon, 2010)

1. Bad Vibrations
2. Haunting At 1300 McKinley
3. Yellow Elevator #2
4. Sunday Afternoon
5. River Of Blood
6. Entrance Song
7. Phosphene Dream
8. True Believers
9. Telephone
10. The Sniper


Gem Club

gemCela faisant longtemps, allez depuis Perry Blake pour situer mon manque, qu'une voix ne m'avait pas provoqué un tel pincement du palpitant. Celle de Monsieur Barnes, chanteur du duo spleenique Gem Club, possède cette particularité de coller  au corps plutôt que d'entêter et habille sa chair d'une agréable couche de frissons. Je soupire en l'écoutant, non pas de ces soupirs qui accompagnent l'agacement  mais au contraire ceux, profonds et salvateurs, qui annoncent l'apaisement. Et lorsque que je regarde l'image se mêler à cette voix profonde et à la douce mélancolie qui traverse cet excellent premier EP qu'est Acid and Everything, je suis tout simplement saisi et touché par la simplicité captivante, sans artifice suranné de ces chansons délicates.

Vidéos

 


The Walkmen - Lisbon

lisbon-walkmenIl n’y a pas si longtemps, mon rêve le plus cher était de flétrir sur le bord d’une vieille route du Nevada, me basculant sur un rocking-chair, de longs cheveux gris me balayant le visage au gré du souffle du vent, brûlant et sablonneux. Une bouteille de bourbon dans les pattes, je passerais de longues journées à observer l’horizon en écoutant de vieux tubes bluesy qui ont fait la gloire des états sudistes des USA. Seulement depuis que j’ai arrêté de picoler, j’ai comme qui dirait jeté mon capital retraite aux crotales. De plus, mon inspiration pour le blues rock s’est amenuisée au fil des années tant ses héritiers semblent avoir perdu tout intérêt pour le genre lui-même. Bien heureusement, il y aura toujours quelques artistes comme Mark Lanegan ou The Walkmen pour tenter de lui offrir un second souffle à travers quelques folk songs écorchées suintant la poussière et l’alcool de malt. Quoique…
Si You & Me restera certainement mon album préféré de 2008 (découvert en 2009), beaucoup y préféreront l’album Bows + Arrows, paru quatre ans plus tôt, pour son côté brut et parfois encore hésitant, mais touchant au cœur à chaque fois. Je n’ai rien contre. Lisbon marque donc un nouveau pas pour nos cinq de la côte est, mais peut-être celui de trop. Habitué à nous pondre un nouveau chef-d’œuvre tous les deux ans, le combo mené par le crooner Hamilton Leithauser réalise peut-être ici l’album qui lui ressemble le moins. Il semblerait que les plages de la capitale portugaise ne soient pas la source d’inspiration que nous attendions pour nos Walkmen, qui sombrent rapidement dans l’indie surf le plus insipide (Juveniles, Woe Is Me). Et que dire de Stranded qui semble tout droit sorti du répertoire de ? Croyez-vous que les membres du groupes ont rapporté dans leurs valises chapeaux mariachis et maracas ?

the-walkmen

Mais casser ainsi du sucre sur le dos de Lisbon serait toutefois injuste, car malgré une nette déception, ce nouvel opus recèle néanmoins quelques trésors dont la subtilité n’a d’égale que la hargne déployée par ceux-ci. Cela a d’ailleurs toujours été le cas, que ce soit avec The Rat, On The Water ou In The New Year… Les meilleurs morceaux de The Walkmen fonctionnant sur un compromis entre rage contenue et explosion de tension, il allait de soi que Blue As Your Blood deviendrait le nouveau titre phare du groupe. Ici pas de détonation, mais un titre douloureux et poignant qui témoigne de la maestria de Leithauser concernant l’orchestration de la mélancolie à travers une montée électrique et toujours sur le fil. A ce titre, While I Shovel The Snow sort également du lot, en véritable complainte blues exécutée au piano droit, instrument familier du band new-yorkais. Parlons aussi d’Angela Surf City qui, si elle ne semble pas se démarquer au premier abord, prend au final plus de profondeur après quelques écoutes grâce à son corpus de rock incandescent et de lamentation hargneuse, couché sur une rythmique de batterie cyclique et sèche.
Alors Lisbon est-il un mauvais album ? A cette question je ne peux répondre que par non, mais pas de manière ferme et convaincue. Le successeur du presque trop parfait You & Me pèche par un sens de la nouveauté qui sied mal aux Walkmen. Si on ne peut s’empêcher de saluer la prise de risque et de ne pas en vouloir au groupe d’avoir tenté de se tourner vers des sonorités plus « sunny », celles-ci désorienteront les fans de la première heure. Celui-ci ne permettra pas non plus au profane de découvrir toutela palette émotionnelle dégagée par la musique du groupe de Leithauser. Donc sans être véritablement un mauvais disque, Lisbon restera un album mineur dans la discographie majestueuse d’un des plus grand blues folk band de ces dix dernières années.

Audio

The Walkmen – Blue As Your Blood

Tracklist

The Walkmen – Lisbon (Fat Possum, 2010)

01. Juveniles
02. Angela Surf City
03. Follow The Leader
04. Blue As Your Blood
05. Stranded
06. Victory
07. All My Great Designs
08. Woe Is Me
09. Torch Song
10. While I Shovel The Snow
11. Lisbon


Black Mountain - Wilderness Heart

pochette-black-mountainSi en ce moment le monde entier n'a qu'Arcade Fire à la bouche, il est d'autres Canadiens dont on attendait des nouvelles. Studieuse, la bande de Stephen McBean revient nous hanter à point pour la rentrée avec son troisième album, Wilderness Heart. Alors que la fin du mois d'août se profile désespérément à l'horizon et que le moindre regard par la fenêtre est déjà aussi déprimant que la perspective d'une fête de la Toussaint à Vesoul, le moment est bien choisi pour étrenner ses cahiers encore vides, d'ouvrir une trousse qui fleure bon le plastique et d'affûter sa plume pour se pencher sur la copie de Black Mountain. Le groupe a-t-il, comme il l'avait promis avec son deuxième opus, réussi à déceler In The Future la musique de la nouvelle décennie qui s'annonce ?
Les deux premiers essais avaient été si prometteurs qu'on était loin de se douter que le groupe prendrait le redouté virage FM, même si le titre de The Hair Song aurait dû nous mettre la puce à l'oreille. Avec Wilderness Heart, Black Mountain dit adieu aux envolées psychédéliques de No Hits et au brillantes parties de sax' et bouche les trous béants laissés par ses coups de génies passés à grands coups de pièce montée et de crème chantilly. L'album est en effet parsemé de fautes de goûts, de l'intro de Old Fangs, qui sonne comme un Eye Of The Tiger sournois, au solo de Let Spirits Ride, digne du pire du hair metal des années quatre-vingt. Enseveli sous toute cette choucroute, on en vient même à être choqué par l'alliance grossière des voix masculine et féminine qui a perdu toute la subtilité d'antan. Stephen McBean et Amber Webber semblent avoir passé un accord pour ne pas trop se fatiguer à réfléchir pendant l'enregistrement : "Je chante ma phrase, tu chantes la tienne, on chante le refrain ensemble, et basta." Le résultat est tout sauf élégant, car ces deux-là n'ont pas la chance, comme d'autres de leurs collègues attendus à la rentrée, d'avoir des voix assez différentes l'une de l'autre pour prétendre à détrôner Nancy Sinatra et Lee Hazlewood. Leurs organes sont trop quelconques pour se contenter d'arrangements si simplistes, et pas assez semblables pour se fondre l'un dans l'autre. Ils sauvent néanmoins la mise sur Old Fangs qui, malgré son clavier horriblement épique, reste, avec sa mélodie intelligente, l'un des seuls morceaux de l'album méritant qu'on lui lance une bouée, tout comme Rollercoaster, dernier reliquat de bon goût flottant au milieu des épaves chevelues à paillettes.
black-mountain-2

Finalement, la grande question reste de savoir si Wilderness Heart n'est qu'une simple erreur de parcours ou une tentative pour Black Mountain de sortir du placard et d'annoncer au grand jour son amour immodéré pour les guitares kitsch. Pour le savoir, rendez-vous le 4 octobre à la Maroquinerie : si Stephen porte une combinaison violette à manches chauve-souris, nous en aurons le coeur net.

Audio

Black Mountain - Rollercoaster

Vidéo

Tracklist

Black Mountain - Wilderness Heart (Jagjaguwar, 2010)

1. The Hair Song
2. Old Fangs
3. Radiant Hearts
4. Rollercoaster
5. Let Spirits Ride
6. Buried By The Blue
7. The Way To Gone
8. Wilderness Heart
9. The Space Of Your Mind
10. Sadie
11. Black Mountain


Veronica Vasicka (Minimal Wave) l'interview

Minimal Wave, label éponyme de ce genre des années quatre-vingt, réédite depuis 2005 des perles obscures et oubliées d'Oppenheimer Analysis à Moderne en passant plus récemment par Deux. Et derrière tout ça se cache la discrète mais passionnée Veronica Vasicka qui, au bout de six ans, a réussi à monter un des labels les plus intéressants  pourtant fondé uniquement sur des rééditions. La patronne s'explique pour Hartzine sur ses débuts, son futur et ses différents projets....

Pourquoi as-tu lancé ton propre label ?

En 2003, je tenais une émission de radio sur East Village Radio, "Minimal-Electronik Plus" (devenue plus tard "Minimal Wave"). Je voulais que l'émission soit éducative et je m'étais lancé le défi d'amener deux heures de nouveautés chaque semaine. J'étais particulièrement intéressée par la musique synthétique des années quatre-vingt, qui m'avait déjà marquée à l'adolescence. Du coup, je me suis focalisée sur cette période pré-new wave : minimal synth et coldwave. J'ai commencé à faire de plus en plus de recherches et réalisé que beaucoup de bonne musique n'avait pas été proprement sortie. Le point déterminant a été la fois où j'ai joué dans un petit club et j'ai mis The Devil's Dancers par Oppenheimer Analysis, qui était seulement sorti en cassette à 200 exemplaires. Le public a immédiatement bien réagi ; il venait à la cabine du deejay pour demander ce que c'était. Cela a été déterminant pour le lancement du label, et m'a fait prendre conscience que je n'étais pas la seule à aimer ce genre.

Peux-tu nous décrire, avec tes mots, ce qu'est la minimal synth / minimal wave ?

Le terme minimal wave est apparu il y a peu de temps, dû au regain d'intérêt envers les racines du pré-midi electronic new wave (1978-1985), émanant principalement d'Amérique du Nord, d'Europe et du Japon. Cette musique est souvent référencée comme minimal electronic, minimal synth, cold wave, new wave, techno pop ou synthpop, tout dépend des particularités du genre, de l'année et de l'origine du groupe. Beaucoup de ces derniers enregistraient leur musique sur cassette ou vinyle qu'ils distribuaient eux-mêmes. Ils créaient leur musique avec des synthés et des boîtes à rythme qui restaient fidèles aux sons de batterie obtenus en faisant de la programmation sur synthé et des mélodies fines et pleines de treble. Ils mettaient l'accent sur le son artificiel du synthé au lieu de le faire disparaître. Les éléments principaux : un beat mécanique, répétitif et des vocaux en contrepoint de ce côté artificiel. Les groupes n'ont jamais essayé d'utiliser les synthés afin d'imiter les groupes pop mainstream de cette période. Cependant il est vrai que certaines structures de chansons sont similaires à celles de la pop. On obtient une new wave très épurée. Comme le disait Jeremy Kolosine (l'un des membres fondateurs du légendaire groupe de synthpunk Futurisk), dans Alternative Rythms (juillet 1983) : "On peut espérer que le concept de "synthpop" disparaisse. Ça peut paraître étrange de me l'entendre dire ; mais si la "synthpop" disparaît, alors on utilisera les synthétiseurs."

Il y avait plein de genres qui émergaient pendant les années quatre-vingt. Pourquoi as-tu choisi ce style en particulier ?

Ce n'était pas un choix conscient. J'ai une passion pour ce genre. Peut-être que tout a commencé lorsque j'ai reçu, à 11 ans, pour Noël, un Casio SK-1, ou peut-être la station de radio indépendante que j'ai écoutée pendant ma jeunesse et dont je faisais des compilations grâce à mon radiocassette .

minimal

Peux-tu nous décrire la manière dont tu procèdes pour sortir un vinyle ?

Premièrement, je contacte le groupe et vois s'ils sont intéressés par une réédition de leur musique. S'ils sont d'accord, je leur demande tous leurs morceaux et ensuite je sélectionne ceux qui sont, à mes yeux, leurs meilleurs ou ceux qui, ensemble, donnent un album des plus logiques. Ensuite nous faisons le mastering. Puis je fais la tracklist, et écoute en continu les morceaux jusqu'à ce que j'aie une idée pour l'artwork. A 90% je le fais moi-même, à moins que je me sente coincée et donc là je fais appel à d'autres artistes. Et pour finir nous envoyons les tracks et l'artwork à l'usine pour qu'ils nous fassent l'album.

Tu as choisi le format vinyle. Pourquoi ce choix ? Penses-tu que cela fait partie de l'image de la minimal wave ?

J'aime le vinyle pour le côté tactile qui est perdu avec le format digital (cd et téléchargement). J'aime que l'artwork amène à un autre niveau d'écoute et aussi la graduation visible sur le vinyle. L'art et la musique sont pour moi très connectés, le vinyle fut donc un choix naturel. Je pense qu'ils s'améliorent les uns les autres : vinyle, pochette, notes.

Tu as aussi créé un sous-label à Minimal Wave, Cititrax. Pourquoi cela ? Que voulais-tu explorer ?

J'avais envie de créer un label pour la musique que j'apprécie qui soit autre que de la minimal wave. J'aime beacoup les débuts de la house de Chicago et les nouveaux groupes qui utilisent les synthés d'une façon moderne. Tandis que Minimal Wave a généralement un côté froid et sombre, Cititrax est plus solaire. J'ai réédité un album culte de Chicago Z-Factor, The Dance Party Album, peut-être un des premiers exemples de house et probablement le seul album de house. Il y a aussi un groupe, Medio Mutante, qui
"wrings a mutated blend of raw and propulsive energy from their limited analogue gear." [torture un mélange mutant d'énergie brute et propulsive de son équipement analogique limité].

Tu fais aussi de la musique au travers de ton projet 2VM. Est-ce un cheminement logique ? Comment as-tu produit cet EP ? Avec l'aide de Marc Houle ?

Oui, bien sûr. Nous étions ensemble et partagions un studio ensemble. Je faisais déjà de la musique de mon côté et nous avons décidé de collaborer. 2VM était un projet à deux, et nous avons enregistré environ une trentaine de morceaux. Nous les avons envoyés au label allemand Genetic qui les a immédiatement sortis (l'EP Placita). Eventuellement, les autres verront un jour la lumière du soleil.

veronicavasicka

Ton label vient juste de sortir la compilation The Minimal Waves Tapes parmi d'autres tels que The Found Tapes, The Lost Tapes, etc. Quel est but de faire une compilation ? Comment décides-tu quels artistes seront sur une compilation et lesquels méritent une édition complète ?

Les compilations servent d'introduction pour les novices. J'ai commencé à faire des compilations car j'aimais en faire pour mon émission de radio, et essentiellement parce que c'est sympa de combiner des tracks qui vont bien ensemble. Je prends un réel plaisir à les faire, mais cela prend plus de temps vu le nombre d'artistes impliqués. Parfois, acheter la licence d'un morceau pour une compilation amènera à une sortie complète, comme pour Deux et Futurisk. Ce n'est pas tant à propos de quels artistes méritent une édition complète ou non, ça arrive naturellement lors de discussions.

Tu es aussi DJ. Comment va la nuit à New York ? N'est ce pas dur d'être une artiste dans cette ville ?

C'est vraiment bien. La vie nocturne s'est améliorée ces dernières années. Il semble que devant la crise économique, les gens cherchent plus à se libérer, à sortir. Cela a été  particulièrment bien pendant la période estivale. Je mixais une fois par semaine depuis le printemps et c'est  dur de trouver des dates. Je n'ai pas d'agent ou de RP. Tout se fait par le bouche-à-oreille. Et je réalise que plus je joue, plus les personnes entendent ce que je fais, ce qui amène à de meilleures dates. J'ai récemment mixé au MoMA (Museum of Modern Art) pour une exposition sur la typographie. Un vrai honneur. Le 10 juillet, je vais mixer au PS1 Museum à Long Island.

Tu as étudié la photographie. Souhaites-tu explorer d'autres formes d'art que la musique ?

Oui, j'ai une passion pour la photographie et je l'intègre dès que c'est possible aux albums. J'ai appris par moi-même les bases du graphisme donc cela me permet d'avoir un échappatoire et de toujours travailler pour le label. Je suis inspirée par la typograhie suisse, le mouvement futuriste italien et le mouvement situationniste des années cinquante et soixante.

Aurais-tu voulu signer des artistes sur Minimal Wave que tu n'as pas pu au final ?

J'ai toujours voulu sortir Space Museum de Solid Space. En 2005, j'étais en contact avec un des membres, Maf Vosburgh, au début du label, et je l'ai interviewé ainsi que les autres membres. Il a fini par me donner le master de l'album mais il reste toujours hésitant pour une réédition. J'aimerais toujours le faire !

Peux-tu nous en dire plus à propos du site internet ?

Je l'ai créé en 2005. Je voulais en faire une base de données en ligne autour de la musique de la fin des années soixante-dix et du début des années quatre-vingt avec des interviews, des clips vidéos... Créer une communauté de fans qui peut avoir accès à une librairie virtuelle. J'ai été fortement inspirée par le livre International Discography of the New Wave: Volume 1982 / 1983 et par un magazine hollandais de musique des années quatre-vingt appelé Vinyl.  Mais après la sortie du LP d'Oppenheimer Analysis, je me suis plus penchée sur les activités du label, les futurs vinyles et j'ai créé des moyens pour que les gens puissent les écouter comme bon leur semble.

Quel est le futur de Minimal Wave ?

Je suis actuellement en train de créer un nouveau site internet qui sera plus interactif.  Il mettra en avant des évenements autour du monde, et la communauté qui s'est créée autour du label. Le label s'agrandit de plus en plus et sert de connexion pour différents groupes actuels qui ont le même esthétisme musical. Il y a beaucoup d'albums en devenir qui sont intéressants et j'entends bien les sortir. Je travaille aussi sur une sortie Italo pour Citiras, un artiste que j'admire depuis bien longtemps ! Tous ces futurs projets seront annoncés bientôt à travers le site internet.


Of Montreal - False Priest + concours

ofmontreal_falsepriestLe freak c’est choc ! Of Montreal, ce nom me surprendra toujours autant. Pourquoi utiliser le patronyme d’une ville célèbre pour sa populace à l’accent ultra niais, adoratrice de la grande Céline, tabernacle. Surtout lorsque qu’on vient d’Athens. Non, je ne vous parle pas de la capitale de la Gay Pride, mais d’Athens en Géorgie, berceau de l’indie-folk américaine mais aussi de la délinquance, comme l’attestent de nombreux romans noirs. Pour cela, il faudrait remonter dans la jeunesse du délirant Kevin Barnes, qui depuis a sorti de nombreux squelettes de son placard. Sorte de mutant saugrenu et outrancier, semblant tout droit échappé du Rocky Horror Picture Show (ce qui expliquerait cela dit en passant l’apparition de Susan Sarandon lors de quelques prestations publiques du groupe), Barnes s’acharne depuis presque quinze ans à exhiber ses fantasmes et blessures de la manière la plus subtile qui soit, quoi que … Mêlant habilement folk, psychédélisme, électronica et disco-pop, la musique d’Of Montreal prend racine dans la psyché de son géniteur, ressemblant régulièrement à une partouze sensorielle aussi fascinante qu’addictive.

of-montreal-8001

S’il m’arrive parfois de tromper le lecteur dans le seul but de mieux lui livrer mes sentiments par la suite, cette fois je préfère être cash. A la base, je n’étais pas un grand fan d’Of Montreal. Même le semble-t-il fabuleux et incomparable Hissing Fauna, Are You The Destroyer? m’avait laissé hermétique aux innombrables plaies révélées par Kevin Barnes. A tort certainement. Puis piégé par un Skeletal Lamping foudroyant, subjugué par les apparitions théâtrales du groupe, je succombai devant cet étalage d’humour faisant froid dans le dos, me laissant ensorceler par cette voix de castrat et ces mélodies en casse-tête, floues, hypnotiques. Et God Bless Us, pas de rupture dans la continuité… dès les premières notes d’I Feel Ya Strutta, nous retrouvons sans déplaisir les structures mélodiques qui avaient fait le charme du prédécesseur de ce False Priest augurant déjà le meilleur. Cette impression se vérifie par la suite sur Coquet Coquette, titre électrique qui pue la drogue à plein nez. Une habitude qui finit par se répéter sans lassitude, tant la luxure et le stupre prennent une place de plus en plus importante dans les compositions du déjanté en chef du combo d’Athens. Pourtant loin de lui griller la cervelle, Barnes semble se livrer encore un peu plus tout en allant plus loin dans les expérimentations en toute sorte (Enemy Gene, Casuality Of You). Cependant c’est à ces titres pop en chausse-trappes comme Like A Tourist qu’Of Montreal doit son succès. Architecture parfaite du tube dégageant une émotion sur le fil du rasoir, la new-wave en avait fait son cheval de bataille, Of Montreal en réutilise les codes dans un tout autre registre. Mais que le fan de la première heure se rassure, il ne sera pas laissé pour compte dans ce vaste puzzle. Des chansons comme Hydra Fancies ou Our Rioutous Defects sauront le satisfaire comme Famine Affair et son « I don’t love you anymore / go away » séduira aisément le petit curieux tombé sur cet étrange album à la pochette exhubérante, aussi séduisante que répulsive. S’il faut s’y résoudre, on répondra seulement qu’Of Montreal s’est fendu d’un nouveau classique… Un de plus… Du moins jusqu’au prochain.

Of Montréal seront en concert à la Cigale le 7 octobre prochain. Vous souhaitez vous y rendre gratuitement, rien de plus simple participez à notre concours en cliquant ici !

Audio

Of Montreal – Like A Tourist

Tracklist

Of Montreal – False Priest (Polyvinyl, 2010)

01. I Feel Ya' Strutter
02. Our Riotous Defects [ft. Janelle Monáe]
03. Coquet Coquette
04. Godly Intersex
05. Enemy Gene [ft. Janelle Monáe]
06. Hydra Fancies
07. Like A Tourist
08. Sex Karma [ft. Solange Knowles]
09. Girl Named Hello
10. Famine Affair
11. Casualty Of You
12. Around The Way
13. You Do Mutilate?


The Walkmen

20276_342152134745_68240789745_4910652_5140325_nA chaque fois que mon cher encéphale s'amuse à faire des tris discographiques et se demande qu'est-ce qui peut être définitivement oublié, rester encore quelque temps du coté conscient ou à jamais gardé présent à l'esprit, ce dernier opère son classement en comparant les disques écoutés à celui qui tient la corde de la dernière possibilité précitée. Cependant depuis quelques années maintenant, c'est toujours le même album qui est choisi comme étalon. Alors je redoute d'autant plus le choix que ma satanée caboche réservera au successeur de ce You & Me qui agite depuis 2008 mes aires auditives temporales. Lisbon, cinquième album de The Walkmen, sortira à la rentrée et nous y reviendrons plus longuement très prochainement...

Audio

The Walkmen - Stranded


Tennis - Cape Dory

tennis-1

Le duo mixte ne serait-il pas en passe de devenir la forme de groupe la plus répandue ?  Après cette année Memoryhouse, Terror Bird, She & Him et j'en passe, Tennis fait doucement parler de lui sur les blogs qui comptent  à la faveur d'un 7" prometteur sorti récemment chez Underwater Peoples.  Couple à la scène comme à la ville, Patrick Riley et Alaina Moore ont mijoté ces perles pop durant un road trip de quelques mois qui les a emmenés loin de leur pépère sédentarité citadine. Il en ressort trois chansons pleines de vie et d'amour, remplies d'une liberté insouciante désaltérante telle une eau bien fraîche. On espère continuer le voyage.

Vidéos