IXVLF - Course (PREMIERE)

Le label Berlinois Unknown Precept, drivé d'une main de maître par un Jules Peter qu'on ne présente plus (lire), lance dans son grand bain contaminé de BPM corrosifs et de voix concassées l'énigmatique producteur Connor Clasen qui écrit la toute première ligne à la discographie de son projet IXVLF. Aux antipodes d'être dégueulasse pour une introductive missive sur bandes magnétiques intitulée Language Of et disponible depuis le 26 février dernier, tout en cousant ses salmigondis rythmiques d'une même tambouille crasse que les Nick Klein ou Profligate - en moins bas du front - que l'on retrouve sur cette même structure aux fondations biens ancrées entre techno et noise, loin des dancefloors mondains, le jeune homme , né à Saint-Louis mais résidant à Chicago, s'inscrit dans la parfaite filiation des précédentes cassettes du label dénombrant jusqu'à présent Maoupa Mazzocchetti (lire), S. English et Eindkrak (lire). Dire que l'on est addict est une bien faible litote, la vidéo de Course réalisée par Gaëtan Bizien écarquillant avec un certain plaisir délétère nos rétines. IXVLF sortira son premier EP vinyle sur Unknown Precept plus tard cette année.

Vidéo (PREMIERE)

Tracklisting

IXVLF - Language Of (Unknown Precept, 26 février 2016)

A1. Course
A2. Golden Horde
A3. Stregheria
B1. Dicot
B2. Corata
B3. Walls


Eindkrak – Go Away Crow (PREMIERE)

Mathématicien le jour, alchimiste beatmaker la nuit, Boris Post a un drôle de CV mais une vrai patte s'agissant d'arrimer nos esgourdes à son flot de pulsations D.I.Y. qu'il confronte aux poèmes du gallois Dylan Thomas. S'apprêtant à sortir sa première cassette sous le patronyme d'Eindkrak via le toujours pertinent label Unknown Precept, le jeune homme y révèle un legs évident des danaïdes électroniques et industrielles des années quatre-vingt sans pour autant se fourvoyer dans la vile redondance. Bien autre contraire, s'arrimant autour d'un thème donnant son titre à ce premier EP, celui des bovins adorés lors du passage de Moïse sur le Mont Sinaï, Eindkrak creuse dans une seule et même direction, entre rythmiques martiales et martelées et vocalises triturées hantant ses quelques interstices. Une veine fantasmagorique 100% addictive que Go Away Crow, en écoute ci-après, restitue à merveille.

Audio (PREMIERE)

Tracklisting

Eindkrak – Divine Bovine EP (Unknown Precept, 29 janvier 2016)

A1. Divine Bovine
A2. The Slow Milk Dance
A3. Ontvreemd
B1. Go Away Crow
B2. Short Vocalization of Anger
B3. No Courage
B4. Say Nay


Who are you Unknown Precept?

C’est 2015 : on monte plus rapidement un label qu’une étagère Ikea, chacun veut apporter sa pierre à la petite mythologie de l’electro souterraine, et on se demande s’il y aura encore assez de bande passante pour faire circuler tous ces projets Bandcamp qui inondent nos boîtes Gmail. Comment installer une identité pertinente sur la longueur dans un tel contexte ? À ce titre, Unknown Precept a bien tiré son épingle du jeu en peu de temps, à savoir deux ans. En 2013, le label était basé à Paris et se lançait avec une compilation réunissant quelques gros noms. Depuis relocalisé à Berlin, il s’est concentré sur une sélection soignée d’artistes aux profils plutôt modestes, généralement issus du réseau des tape ou net labels tels Nick Klein, Shane English, ou Maoupa Mazzocchetti, récemment interviewé (lire), et d’autres qui avaient déjà fait du chemin dans l’underground américain dont l’excellent Profligate (lire). Sur la route depuis un bon mois, on retrouve tout ce beau monde ce vendredi soir 25 septembre pour l’escale parisienne de leur tournée-showcase, et ce dans un lieu qui leur va plutôt bien, le Garage Mu (Event FB). Jolie soirée indus-bricolo et samplers fumants en perspective, à laquelle on vous invite en fin d'article, après vous avoir laissé le soin d'ingurgiter en toute impunité l'interview et un fastueux podcast de son instigateur, Jules Peter.

Thomas Corlin

Jules Peter l'interview

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Jules Peter © Victoria Brizzi

Unknown Precept a un peu plus de deux ans. Peux-tu nous dire d’où tu viens, quel est ton parcours et ce qui t’a conduit à créer ce label ?

Unknown Precept s’est plus ou moins monté par hasard, je m’ennuyais à l’école et j’ai eu envie de travailler sur quelque chose de plus concret. Je n’ai pas le parcours type du label manager d’aujourd’hui dans la mesure où je ne produis pas de musique. J’ai un bagage en graphisme et la direction artistique m’est apparue comme une évidence ; découvrir de nouveaux artistes, les produire, gérer un label : c’est mon rayon.

Si tu devais établir une chronologie de cette histoire, mis à part la compilation The Black Ideal par quoi tout à commencé, quelles dates retiendrais-tu et pourquoi ?

Je dirai que ma rencontre avec Florent (Maoupa Mazzocchetti) m’a permis d’appréhender au mieux le virage que je souhaitais prendre avec Unknown Precept - tout le monde s’attendait une seconde compilation mais l’idée ne m’intéressait plus. J’ai considéré qu’il était plus enrichissant d’aller de l’avant pour, en quelque sorte, ajouter ma pierre à l’édifice en dénichant des artistes que l’on peut désormais affilier au label en tant que tel ; construire quelque chose en accord avec mes envies. Sortir le tout premier maxi de Nick Klein m’a conforté dans cette idée, et depuis que la trame Unknown Precept est bien définie cela me facilite grandement la tâche.

En termes musicaux, ladite compilation était-elle une façon de tracer plus ou moins une voie au futur label ? Des producteurs comme Ancient Methods et Shifted ne sont-ils pas des figures tutélaires ?

Complètement, mais ce n’était que du tâtonnement à l’époque. J’ai eu beaucoup de chance de travailler avec tous ces artistes sur la première sortie. Ils m’ont été d’une aide précieuse et la plupart me supportent encore aujourd’hui. J’ai passé un an à définir « l’après compilation » pour penser le label de manière globale. J’ai conçu cette première sortie comme un antidote pour sortir de cet univers techno qui peine à se recycler ; l'engouement autour du projet s’est occupé du reste et me permet aujourd’hui de miser sur de nouveaux artistes. J’ai finalement pu introduire un véritable propos au sein du label et fédérer un public de fidèles autour de cela.

Bien que l'on sente que le nom du label est en adéquation avec une certaine ligne de conduite défendue, quelle est l’esthétique et la philosophie défendue par le label ?

Je ne pense pas promouvoir une certaine philosophie au travers d’Unknown Precept - c’est même l’idée inverse qui se cache derrière le nom du label. Clairement, mon seul et unique objectif aujourd’hui est de prendre plaisir à produire des artistes jusque là ignorés ou plus simplement méconnus. Il est nécessaire d’inciter les gens à sortir de leur zone de confort ; d’où cette esthétique très opaque, qui ne distille que très peu d’informations quant à son contenu. Il est devenu extrêmement difficile de montrer que ce que l’on fait est autant, si ce n’est pas plus, intéressant qu’un artiste ou un label dont tout le monde parle, et c’est ce qui me pousse à continuer dans cette voie.

Nick Klein

Nick Klein © Nina Hartmann

Malgré le DIY inhérent à toute jeune structure, as-tu des modèles en termes de maisons discographiques ? Si oui, lesquels et pourquoi ?

Grabaciones Accidentales m’inspire encore énormément aujourd’hui. Ils ont produit un paquet de bizarreries, tous styles confondus. Je pense que c’est ce qui fait la force d’un label, créer la surprise, ne jamais servir ce que l’on attend de vous pour ne pas tomber dans la caricature. Vanity, également - légendaire label japonais fondé par Yuzuru Agi à une époque où le journalisme musical servait encore un véritable propos - avait atteint un rare degré de liberté ; les deux sont une véritable leçon de direction artistique.

Unknown Precept c'est un label techno, ou quelque chose de plus large ?

Je n’arrive même plus à faire la différence, est devenu « techno » ce que l’on n’arrive plus à qualifier, et inversement. Je n’ai pas vocation à m’encombrer avec ce type de définitions, tout est question d’imagination — en ce qui me concerne, Nick Klein joue des coudes sur un hip hop grinçant, tandis que Profligate produit de la pop music saturée. Unknown Precept c’est essentiellement un moyen d’oser toutes les digressions possibles, bousculer ce que l’on connait sans trop intellectualiser la chose.

Depuis la compilation, tu as sorti deux maxi de Maoupa Mazzocchetti, puis un de Nick Klein, Profligate et Shane English. Comment choisis-tu les artistes avec lesquels tu travailles et quelle relation développes tu avec eux ? Tu veux les suivre sur la durée ou de piocher selon les opportunités ?

Certains considèrent Unknown Precept comme un tremplin mais ce n’est pas sa vocation principale. Je gère le label comme une famille - signer des artistes est la première étape, faire fructifier notre relation sur le long terme est en quelque sorte l’aboutissement de cette collaboration. Beaucoup de labels vont cueillir leurs artistes à droite et à gauche. Je ne trouve pas l’exercice très stimulant, parfois c’est au détour d’une rencontre que l’on tisse des liens avec quelqu’un, fouiller des heures sur Internet en quête d’un artiste peut également s’avérer très intéressant ; c’est assez aléatoire, mais d’une manière générale l’humain est au centre de ma démarche.

Créer un label, c’est avoir un rapport particulier à l’objet, le disque et l’artwork dont la mouture est assez rigide pour Unknown Precept. Quel est le tien et jusqu’où as-tu envie de le pousser ?

Étrangement, beaucoup de personnes m’ont dit qu’ils adhéraient à l’identité du label - qui est pourtant loin d’être évidente. J’aime à penser que sans support visuel, tout le monde peut se construire sa propre identité, imaginer ce qu’il veut. Je n’avais pas envie d’instaurer un cadre précis, les gens ont trop tendance à s’en tenir à l’aspect sans vraiment chercher à approfondir, là ils n’ont plus le choix. Je suis également très attaché aux noms de mes artistes et aux efforts qu'ils mettent dans les titres de leurs morceaux, c’était une manière de le souligner. Il est probable que l’on insère de l’image un jour ou l’autre, mais c’est quelque chose qui va se faire progressivement.

Quel est le format de prédilection du label et pourquoi ?

Je n’ai pas nécessairement de format de prédilection, mon côté collectionneur tend inévitablement vers le vinyle, mais je suis également très attiré par la cassette qui permet de produire des sorties à moindre coût. Je pense que tout n’est que question d’envies et de moyens, créer des objets est quelque chose qui ne s’explique pas.

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Maoupa Mazzocchetti

On n'arrête pas de nous seriner avec le renouveau de la techno en France. Toi qui es un Français vivant à Berlin, tu te sens proche de quels artistes ou scènes actuelles ?

Je pense que c’est ce qui m’a poussé à délocaliser le label à Berlin. Ce « renouveau » de la techno en France, et plus précisément à Paris, est une mauvaise blague. Paris s’est lancé le défi absurde de devenir le nouveau fief de la musique électronique, mais ses fondations sont encore trop fragiles et les initiatives dignes d’intérêt se comptent sur les doigts de la main - la scène américaine, loin d’être parfaite, intègre néanmoins ce qui manque cruellement chez nous, à savoir un véritable élan créatif et des structures pour le soutenir, une solidarité entre ses acteurs et une vision moins binaire que celle à laquelle on assiste aujourd’hui. Malheureusement, le schéma parisien s’exporte, lui.

Quel est le futur proche d'Unknown Precept en termes de sorties ?

Cienfuegos débutera sur le label en Octobre prochain avec son premier maxi vinyle, intitulé A Los Mártires. Je travaille actuellement sur d’autres projets ; plusieurs cassettes (dont une du génial Eindkrak à paraître prochainement) et une série de minicompilations. Nick Klein s’est finalement attelé à la production de sa seconde sortie qui devrait voir le jour dans le courant de l’année prochaine. J’espère également pouvoir sortir un dernier maxi avant la fin de l’année mais rien n’est moins sûr pour l’instant.

Unknown Precept sera sur la route avec Maoupa Mazzocchetti et les américains Nick Klein, Profligate et Miguel Alvariño. Comment s'est monté la chose ? Est-ce important pour toi de défendre une identité par le bais de ce type de tournée ?

J’ai lancé l’idée sur un coup de tête, et tout le monde s’est arrangé pour être disponible. Nous avons sifflé le coup d’envoi à Berlin au début du mois. Je pense qu’il était temps d’offrir la possibilité aux gens de venir voir de quel bois on se chauffe chez Unknown Precept, et c’était aussi l’occasion de réunir tout le monde pour la première fois ; cette tournée s’inscrit dans la continuité de notre manière de procéder, aller au contact des gens, promouvoir notre façon de voir les choses, s’inscrire dans le réel.

Peux-tu nous présenter en quelques mots ta mixtape ?

Je l’ai terminée dans l’urgence (pour changer) mais je pense qu’elle illustre relativement bien l’état dans lequel je me trouve actuellement : tiraillé entre la fatigue, le doute et l’anxiété qu’a pu provoquer la mise sur pied de cette tournée. J’ai intégré quelques inédits, et un paquet de morceaux que j’écoute en ce moment.

Mixtape

01. Bourbonese Qualk – Feast of Trumpets (Recloose Organisation, 1983)
02. The Peter Northz (at Home) – Can't See the Trees for the Pope (Recloose Organisation, 1982)
03. Mecanica Popular – Baku : 1922 (Grabaciones Accidentales, 1987)
04. Gray – Washington, D.C. 20013 (Plush Safe Records, 2010)
05. Plath – I Am Strange Now (Plath Records, 1982)
06. Black Humor – Refugee Suicide (Fowl Records, 1982)
07. Jeg Falt – Die Pleite (Für George Gosz) [Murray Edit] (Requiem Productions, 1983)
08. Cyrnai – Untitled (Self-Released, 1988)
09. Consumer Electronics – Murder the Masters (Diagonal, 2015)
10. Tribe of Colin – Alasallmenhathbeencreatedequal (5 Gate Temple, 2015)
11. Esplendor Geométrico – Rotor (Contort Yourself, 2015)
12. Profligate – Every Little Rainbow (Unknown Precept, 2015)
13. Maoupa Mazzocchetti – Loop 1 / Hair Bulbs Jam (Forthcoming Mannequin)
14. Smersh – Palomar (Börft Records, 1993)
15. Morgan Buckley – A Well-Oiled Party (No ‘Label’, 2015)
16. Five Times of Dust – Punchcard Sex (MAP Tapes, 1981)
17. Nick Klein – Spelling God in Knots (Unreleased)
18. Gray – The Mysterious Ashley Bickerton (Plush Safe Records, 2010)

Concours

On fait gagner deux places. Pour tenter votre chance, rien de plus simple : envoyez vos nom, prénom et un mot d'amour à l'adresse hartzine.concours@gmail.com ou remplissez le formulaire ci-dessous. Les gagnants seront prévenus la veille du concert. Précision : adhésion obligatoire à l'Asso Mu (3 €).

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Artworks

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UBIQUITÉ 01

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Voilà, il était bien temps, la trêve estivale tire à sa fin, le bronzage s'estompe, la canicule n'est plus qu'un lointain souvenir quand bien même le quotidien nous rince déjà de déprime. Le bon côté des choses, car au fond il y en a toujours un, si mince soit-il, c'est qu'on se remet plein gaz dans le feu de l'actualité musicale et que, par delà les grandes messes laissant interdit - et je ne parle même pas de la reformation de Téléphone, ni de la reprise d'activité de New Order ou, comble du ridicule, de celle de Jean-Michel Jarre - , on ne sait plus vraiment où donner de la tête tant il y a du bon à prendre à quasi tous nos râteliers favoris.

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Inoue Shirabe - Down Into The Black Church / Camping In Your Soul (Antinote, Septembre 2015)

Première claque assénée, le second EP du japonnais Inoue Shirabe Down Into The Black Church / Camping In Your Soul sur Antinote fait déjà office d'highlight tant sa house méticuleuse et cosmique fend le cœur.

Marco Bernardi - The Dancing Clowns (Berceuse Heroique, 23 septembre 2015)

L'hyper actif Écossais Marco Bernardi, ensuite, qui embrouille tout son monde sur l'EP The Dancing Clowns / Specter Rmx à paraître via Berceuse Heroique avec une techno stellaire qui s'égraine tel un long voyage ascensionnel.

Bataille Solaire - Enter (Mind Records, Septembre 2015)

Asaël Robitaille de Bataille Solaire, magnifique rejeton avec Femminielli et Jesse Osborne-Lanthier de ce que compte Montréal d'underground-rétro-futuriste-vrillé, ne fera pas redescendre quiconque de son nuage avec un second 7" dénommé Enter en série ultra-limitée - quarante malheureux exemplaires - sur Mind Records : la réminiscente digression synthétique perche tout là-haut le moindre auditeur attentif.

Maoupa Mazzocchetti - 14.07.A (PRR! PRR!, 15 août 2015)

Maoupa Mazzocchetti a lui profité de l'été pour concasser son skeud 14.07.A via la toute jeune structure PRR! PRR! : le ciel s'assombrit brusquement mais pas au point d'esquiver ce qui fait le charme du tapage cher au Bruxellois avec une fluidité sans égale dans le matraquage analogique - on lui donne d'ailleurs rendez-vous en novembre sur Mannequin avec un maxi nettement plus orienté post-punk.

Nebulo - The Safari Suites Vol. 01 (Odd Frequencies, 01 octobre 2015)

Thomas Pujols, moitié de Crypto Tropic, nous rencarde quant à lui, sous son alias Nebulo qui lui va comme un gant, sur le trop rare Odd Frequencies de Clément Meyer : squattant les bacs dès le 1er octobre prochain The Safari Suites Vol. 01 fait montre d'un joli tiercé d'edits vivotant entre noise et ambient, aux pulsations virtuosement déconstruites.

Patricia - Bem Inventory (Opal Tapes, 30 août 2015)

Opal Tapes remet ses bandes magnétiques dans la turbine avec un second EP de Max Ravitz sous le patronyme de Patricia : divulgué le 30 août dernier Bem Inventory s'écoute et se réécoute avec cette affection que l'on a pour les objets sonores ne se dévoilant que progressivement, laissant son pouvoir d'attraction, entre nappes luminescentes et beat sourds et tortueux, agir progressivement.

Cienfuegos – A Los Mártires EP (Unknown Precept, Octobre 2015)

Le New-Yorkais Alex Suárez a choisi, tout comme ses concitoyens Noah Anthony, Nick Klein et Miguel Alvariño très prochainement en tournée avec un stop au Garage MU le 25 septembre (Event FB) - le label basé à Berlin Unknown Precept pour balancer dès octobre sa sauce bien épicée sous le masque de Cienfuegos : A Los Mártires est aussi abrupt qu'un parcours du combattant dans la nuit noire mais, l'espèce humaine étant la plus masochiste qui soit, on aime s'y vautrer avec un plaisir certain.


Maoupa Mazzocchetti l'interview

Après les consécutives sorties sur le label Unknown Precept, A Tranquility (lire) et A-Morality (lire), c'est un doux euphémisme que de suggérer l'affection que l'on destine à Florent Mazzocchetti, Maoupa Mazzocchetti de son nom de scène, tant pour son approche aérée et légère d'une techno noise mystérieusement conçue par le biais d'un fatras analogique peuplant la chambre de ce dernier, vivotant quelque part entre la maîtrise du bruit par un Low Jack trustant L.I.E.S et les textures en clair-obscur d'un Charles Torris animant Le Matin sur Mathematics, que pour le personnage à la fois nonchalant et discret, se délestant de sourires à la mesure d'un humour qu'on imagine piquant. A mille lieux donc de la soupe que l'on nous sert sous couvert de nouvelle vague techno, instiguée plus par des chargés en communication que par de véritables figures de la nuit et une professionnalisation à tous les étages des métiers du clubbing. D'ailleurs, le Bruxellois concoure par ses initiatives, dont les soirées ORPHEU qu'il met en place à l’Épicerie Moderne, à un dessein épousant rigoureusement le notre, préférant arracher la musique électronique de ses carcans bien trop souvent étouffant. On ne nous enlèvera pas de l'idée, qu'il se passe plus de choses en terme de création aux Instants Chavirés à Montreuil ou au Bootleg à Bordeaux, que dans les bétaillères type La Machine, ou tous les autres lieux plus ou moins affiliés. A quelques jours de la sortie effective de son troisième maxi 14.07.A sur PRR! PRR!, nous avons saisi l'occasion pour questionner Florent et lui soutirer une mixtape exclusive, à écouter et télécharger ci-après. En sus, les dates de ses futurs live shows, sachant qu'outre sa présence à la future soirée Tiers Etat au Cirque Electrique à Paris (Event FB), une excitante tournée Unknown Precept se prépare en septembre, et un stop au Garage MU le 25 du mois, avec Nick Klein, Profilgate, Miguel Alvarino en colistiers.

Maoupa Mazzocchetti l'interview

Maoupa Mazzocchetti 3

Tout d'abord, comment en es-tu arriver à ton projet Maoupa Mazzocchetti ? Que faisais-tu avant et d'où vient cette obsession pour le vieux matos ? 

Ma première approche musicale a été initiée par mon oncle et ma tante (post-hippies) qui possédaient pas mal de djembé et autres percussion dans le genre. À cause de ça, je me suis pris de passion pour la batterie vers l'âge de 10 ans. Je m'en construisais avec des boîtes de lego et des couvercles de casserole après que mon oncle m'ait filé une "vraie" caisse claire. J'ai ensuite pris des cours de batterie. J'ai fini par arrêter car je ne supportais plus l'odeur des cahiers de solfège. Plus tard, la découverte des disques rock de mon père m'a emmené à la guitare. C'est devenu mon instrument, et je crois, une des clefs de voûte de ma perception de la musique.

À par la batterie je n'ai jamais appris un instrument de manière traditionnel. Je me suis toujours débrouillé avec ce que j'avais. En fait, de manière générale, je me sens plus "chercheur" que musicien. Le projet Maoupa est arrivé de manière naturelle, après la dissolution de mon groupe en 2012 dans lequel j'étais à la guitare et aux boîtes à rythme. On était plutôt branché cold wave, post-punk, minimal synth, synth pop… À ce moment-là on ne se posait pas la question de jouer analo ou pas. Les artistes qu'on admirai comme Fad Gadget, D.A.F, Soft Cell, Liaisons Dangereuses, Grauzone, Throbbing Gristle, Artefact, Cabaret Voltaire, jouaient avec des boîtes à rythme, des synthétiseurs et des guitares, alors ont faisait pareil, et surtout, on ne savait pas faire autrement. Depuis, je ne sais faire de la musique qu'en manipulant.

Même si c'est le boulot des journaleux que de décrire ce que tu fais, y'a-t-il un concept derrière ce que tu fais et que tu essayes coûte que coûte de poursuivre et d'approfondir ?

Ce que je lis, écoute, goûte et regarde m'influence forcément à un moment ou un autre. Mais on ne peut pas parler de concept à long terme. J'aborde la musique comme un simple outil. Je produis constamment, mais sans me poser la question d'où et quand est-ce que cela va sortir. Les sorties deviennent le prétexte à rassembler des titres produits pendant une même période sur un même support. Ensuite, tout se fait assez naturellement.

Homemade BBQ Sauce by Otis Tool

De quoi est faite ta collection de disques ? Y'a de tout ? Des dominantes ?

C'est encore une petite collection. Ça va de l'industriel, minimal synth, synth pop en passant par de la techno, post-punk, rock de toutes époques confondues. J'ai aussi pas mal de MP3 de mauvaise qualité dans mon ordinateur. Malheureusement ça s'oublie et se perd plus facilement qu'un disque.

Tu considères ta musique comme de la techno ou comme quelque chose de plus large ?

Je n'ai pas une approche ni un but particulièrement Techno. Pas plus qu'une démarche laboratoire en tout cas. De manière générale, lorsque j'écoute des trucs actuels, je suis rarement sensible à du revival ou à des codes musicaux qui connotent un style bien précis. En tout cas j'essaie de ne pas me prendre à ce jeu-là avec ce que je produis. En ce moment j'écoute majoritairement des musiques électroniques de la fin des 70's à la fin des 80's comme oTo, John Bender, Joseph K, Portion Control, Robert Rental, S.M Nurse, Y Create, DZ Electric, Danton's Voice, Robert Turman, Tom Ellard… Cette génération qui voulaient à tout prix scinder avec le passé et les instruments traditionnel sous une démarche assez frontale. Souvent une puissance enterrée par des instruments et autres modulations indisciplinées. Une sorte de minimalisme incisif avec un brin de légèreté, à la limite de la naïveté pour certains morceaux. Je suis également fasciné par la vision futuriste du son que possédait cette génération. Contrairement à la tendance actuelle, ces gars produisaient avec des machines à la pointe de la technologie pour inventer le son de demain. La suite la plus logique pour cette génération avant-gardiste et de voir en ce siècle, des live de Philippe Laurent ou encore Severed Head, entouré d'Ipads et de contrôleur usb.

A l'inverse de bon nombre musiciens / producteurs, l'esthétisme et le nom de ton projet semblent personnaliser tes disques, les rendant plus humain, à la coule. Est-ce voulu?

À y réfléchir, un nom devient ce que tu en fais, pas l'inverse. Tant mieux si ce que je fais sonne aux moins désacralisé. Puis bon, c'est encore possible de sacraliser sa propre musique en 2015 ? Ce qui est sûr, c'est que Maoupa je le dois à ma curiosité pour le genre humain en matière de tueurs en série. Le cool peu alors s'expliquer avec mon nom de famille Mazzocchetti. Avouons-le, ça sonne pantalon en lin et verre de Martini olive à la main…

Plus sérieusement, le dark c'est bien, mais le ton sur ton m'ennuie. Ce qui m'intéresse, c'est de jouer avec une partie "dark" et de trouver la chose qui viendra alléger cette base sombre. Ça donne parfois un relief surprenant. Ou cool…? J'aime quand un morceau à une touche d'à côté de la plaque - un manque de sérieux. Que la dynamique n'y est pas, le séquençage est sur le fil du rasoir… Bref, le truc mal fait mais charmant. L'opposé du - je t'en mets plein la gueule sérieusement et à tout prix avec de l'overdrive Ableton.

Aussi, quand tu joues seul, tu es ton propre juge. L'erreur n'en devient une qu'à partir du moment où tu l'as décidé. C'est alors intéressant de produire en poussant le plus loin possible sa propre définition de l'erreur. C'est peut-être l'explication à la touche humaine dont tu fais référence. Sinon, le hasard est une belle explication. Elle prend une place importante dans mon processus musical.

A l'écoute de tes productions, je te place spontanément tel le chaînon manquant entre Low Jack et Le Matin. Entre bruit urbain et voyage de l'esprit. Tu vois ça comment toi ?

J'ai remarqué que la comparaison avec Low Jack revenait souvent. C'est flatteur. Personnellement je suis un obsédé du rythme. Que ça soit la séquence d'un escalator, le delay que produit la régulation des radiateurs métallique en hiver ou une simple boîte à rythmes... Tout ça m'inspire. Mais franchement, cette histoire de chaînon manquants, c'est comme tu l'entends ! Après tout, c'est vous les journaleux qui décidaient de tout ça, non ?

Tu te sens proche d'artistes en particulier de la scène actuelle ?

Jusqu'à présent, des grosses claquent à chaque sortie de Beau Wanzer. Ça pèse et t'a l'impression qu'il rit du dark. Le travail de Parrish Smith ainsi que sa formation Volition Immanent avec Maekkot que j'ai pu voir en live au Studio 80 le Weekend dernier envoie sévère !! Hypnobeat et son bordel organisé au scalpel me parlent aussi beaucoup. L'impressionnant guitariste performeur Kirin J Callinan, le duo Streetwalker - Elon Katz, chanteur de malade ! Et aussi l'arithmétique des Ike Yard ! Je jouerai bien volontiers avec tous ces gars !

Quelle est la différence d'approche entre ton prochain disque et le diptyque A Tranquility / A Morality ?

Avec A-Tranquility, j'ai produit spécialement pour un live. Pendant cette période je lisais - le Livre de L'intranquilité de Fernando Pessoa. Une bible qui m'a énormément influencé. J'ai produit cet EP de manière plutôt traditionnel. Processus de création par la jam. Puis je répétais les choses les plus intéressantes afin de pouvoir les jouer en live et ensuite je les enregistrer d'une prise. Je souhaitais aussi mettre en relation le titre du EP et le visuel de la série limitée que j'ai bossée avec mon pote Valerian Goalec. Nous avons réussi à lier le titre  A-tranquility et son travail de dessin aléatoire qui pèse bien, ainsi que nos deux résidences respectives à l'ISIB, Institut Supérieur Industriel de Bruxelles. A-Morality n'était pas prévu au départ, nous avons décidé de récupérer les titres non sélectionnés du vinyle pour en faire une extension cassette dans la foulée.

Ma prochaine sortie - 14.07.A - sur PRR! PRR!, label de Bruxelles, à été produite dans un contexte familial, plus exactement chez ma grand-mère. Avec au départ, aucune ambition de sortie. Ce projet, je l'ai produit dans la chambre d'ados de mon oncle figé en 60-70's. C'était pendant une mission intérimaire de deux mois pour une immense usine dans laquelle j'étais chargé de contrôler et scier des micros puces électroniques en chambre stérile… Pour revenir sur PRR! PRR!, le concept de ce label est de vendre leurs produits prix coûtants. Donc aucune marge ne sera faite sur les ventes. Forcément ce disque est pour ma grand-mère Albertine.

Tous tes disques sont parus sur Unknown Precept. Quel rapport entretien tu avec cet excellent label et prévois-tu de continuer encore longtemps à maturer ta musique en même temps que ce label fait son trou ?

J'aime beaucoup bosser avec Jules, boss de Unknown Precept, un mec simple et hyper motivé. C'est une immense liberté de produire sur ce label. On parle beaucoup musique évidemment. C'est devenu un pote. C'est le genre de mec lorsqu'il n'aime pas ton track ne te demande pas de changer tel ou tel élément, mais souligne simplement que le prochain sera meilleur. Il y aura certainement d'autres sorties avec Unknown Precept mais encore rien d'imminent. Après, je me méfie des mecs qui portent des queues-de-cheval très courtes…

Une tournée en Europe est en train de se booker pour septembre, avec Nick Klein, Profilgate, Miguel Alvarino et moi-même. On commence le 5 septembre au Urban Spree à Berlin, on passera aussi le 25 Septembre au Garage MU à Paris. D'autres dates sont en attentent de confirmation.

Le DIY pour toi, c'est quoi ? Ton quotidien ? Un objectif ?

Aucun des deux en fait... Plutôt, créer de l'extraordinaire avec du sans intérêt. C'est beaucoup plus cool de pouvoir aller à 120 km/h avec un Booster Spirit sur-gonflé plutôt qu'avec une R1 d'origine. Non? Y'a que pour les films d'horreur où la fin justifie les moyens.

Maoupa Mazzocchetti

Quel est ton rapport à la scène, à la performance live ? Est-ce la finalité de ce que tu produit ou tu préfères composer seul dans ton home studio ?

Je ne ferai certainement pas de musique si je ne pouvais pas jouer live. C'est une vision assez traditionnelle du truc, mais c'est vraiment comme je le ressens. Par contre, je ne vois pas le live comme une finalité fidèle de mes morceaux enregistrés et figés. C'est le cas pour A-Tranquility, mais j'ai produit un live avant un EP.

En plus, j'adore le hasard de la recherche et la démarche laboratoire de brancher tel synthé avec autre chose et voir comment ça sonne. Je peux passer des heures sur du bruit ou un même motif… Je retire beaucoup de joie lorsque j'explore, je suis convaincu que c'est une des directions de la vraie créativité, même au XXIe siècle. Mais bizarrement, je note tout ce que je fais. Ça me sert lorsque je veux bosser un live, je pioche dans ces notes puis j'improvise là-dessus. J'accorde beaucoup de place à l'improvisation, ça donne une bonne dynamique, et c'est justement l'élément qui permet de muter un live en performance. Mais je pars toujours sur des bases bien solides. T'évite de te perdre et donc de perdre l'auditeur. Quoi qu'il en soit, ça demande beaucoup de temps "dans sa chambre' sans pour autant se sentir seul…

Ton futur proche ?

La sortie - 14.07.A  - sur PRR! PRR! sur maxi vinyle 7' aux alentours de mai. Il y a aussi un projet en cours sur Knekelhuis avec lequel j'ai intégré il y a quelques mois leurs agence de booking. Avec un ami nous lançons des événements sur Bruxelles sous le nom ORPHEU. Une organisation qui diffuse des événements mensuels à Bruxelles. Créé pour se détourner des idées conservatrices lié au clubbing et à la musique dite dancing. Nous souhaitons proposer une musique qui embrasse le passé tout en ayant un regard en directions du futur. L'idée est de fidéliser un public qui se sens proche de la musique "électronique" mais qui ne s'y retrouve pas forcément dans un contexte club. Donc nous voulons conquérir un public plus mélomane que clubbeur ou sorteur de weekend. Un invité sera présenté à chaque événement. On commence le 24 avril avec DECEMBER et le label PRR! PRR! au Chaff à Bruxelles (Event FB).

Mixtape

01. Andy Giorbino - Imagine
02. S.M Nurse - Untitled
03. Beau Wanzer - Cellphone Calamity
04. Portion Control - Heavy Sex
05. Tom Ellard - Big Eats
06. Volition Immanent - Oorlog is Verde
07. Roberta Eklund - Obsession
08. oTo - Bats (1982 Demo)
09. Bolz Bolz - Music
10. Smersh - She is Nervous
11. Year ø - North Western
12. Kraftwerk - Air Waves
13. Slava Tsukerman, Brenda I. Hutchinson and Clive Smith - (Liquid Sky soundtrack) - Me and My Rhythm Box
14. Los Microwaves - Coast to Coast
15. Los Microwaves - Is There Life After Breakfast
16. C. Cat Trance - Shake The Mind
17. Slava Tsukerman, Brenda I. Hutchinson and Clive Smith - (Liquid Sky soundtrack) - Wordplay
18. Pharaoh - Gates
19. Igor Wakhevitch - Hathor - Rituel De Guerre Des Esprits De La Terre
20. Black Seed - Body Signals
21. Air LQD - Heavy Duty
22. Unit Moebius - Demagnetizer
23. oTo - Super

Live shows

03/04 - Amsterdam - Live - Red Light Radio
10/04 - Bruxelles - Épicerie Moderne - Live
24/04 - Bruxelles - ORPHEU 01 - Le Chaff - Djset (invités: December et le label PRR! PRR!)
08/09 - Paris - Cirque Électrique - Live TIERS ETAT (Event FB)
09/09 - Avignon - Théâtre des Italiens - Live
22/05 - Bruxelles - ORPHEU 02 - Épicerie Moderne - Djset (invités: Parrish Smith et Ron Van de Kerkhof)
03/06 - Cologne - Stadtgarten - Live
19/06 - Bruxelles - ORPHEU 03 - Épicerie Moderne (invité: B-Ball Joint)

UNKNWON PRECEPT TOUR
05/09/15 Live - Urban Spree - Berlin
25/09/15 Live - Garage Mu - Paris
OT301 - Amsterdam
Lyon
Marseille

Tracklisting

Maoupa Mazzocchetti - 14.07.A (PRR! PRR!, mai 2015)

A1. O Horror Na
A2. Mona
B1. Black Humour
B2. Limbo Line


Maoupa Mazzocchetti – A-Morality

Maoupa MazzocchettiPeut-être parce qu'il crèche chez nos amis belges, à Bruxelles, le Français Maoupa Mazzocchetti ne semble rien faire comme les autres, surtout à l'heure de jouer live son analo-techno. Invité par le label Anywave à se produire avec les italiens de Schonwald le 28 novembre dernier, le gonze se radine avec des potes dans une bagnole pourrave, sort ses mallettes assorties à la tapisserie de sa chambre - que l'on connait via l'artwork d'A Tranquility, son premier maxi sur Unknown Precept (lire) -, et s'engouffre les mains pleines de câbles dans le sous-sol de l'Olympic Café. Dans une salle pas franchement blindée, mais pas forcément déserte non plus, le gars avoine un set de bonhomme, dur sur l'homme, hypnotisant l'attention malgré le faible volume sonore de la salle, puis remballe son bordel avec une certaine timidité qui lui barre le visage quand on lui avoue notre flamme pour l'intense profondeur de sa machinerie qui semble ne tenir qu'à un fil. Tripatouillant une électronique jouée via un matériel contrôlé live, de même que les deux Tsantza dont on se plait à vous seriner également leur inventivité, Maoupa Mazzocchetti semble être en phase avec un versant plus humain de la techno contemporaine - confondant trop souvent dureté du son et froideur vis à vis d'autrui. Partiellement dévoilé par la mise en image de l'introductif Tomboviolo (lire), la structure parisienne Unknown Precept - à qui l'on doit l'excellente compilation The Black Ideal et l’EP Unseen Warfare de Damaskin (lire) - sortira en format cassette A-Morality, sorte de face B du maxi précité paru en fin d'année 2014. Si la tonalité est une nouvelle fois sombre, focalisée sur des rythmiques minimales, les quatre morceaux couchés ici sur bande magnétique ne cèdent pas à cette tentation trop souvent répandue de suffoquer l'auditeur par une oppressante tension. Bien au contraire même, puisqu'une une respiration vitale en émane, presque onirique et autrement plus attachante.

Audio

Tracklisting

Maoupa Mazzocchetti – A-Morality (Unknown Precept, 27 février 2015)

A1. Tomboviolo
A2. Portion
B1. Culex Vector
B2. The Sacred Feel


Maoupa Mazzocchetti - A Tranquility

Maoupa_Mazzocchetti_2_WEBLe Français Maoupa Mazzocchetti, basé à Bruxelles, que l'on avait remarqué sur une compilation éditée par le label belge Perfekt Funktion ltd., signe un premier EP, A Tranquility, à paraitre le 21 novembre prochain sur Unknown Precept qui continue son sans faute discographique après la compilation The Black Ideal et l’EP Unseen Warfare de l’énigmatique Damaskin (lire). A la fois noise et atmosphérique, froid et invitant à l’introspection, l'EP A Tranquility, à découvrir en intégralité plus bas, s'intime, tout en paradoxe, tel un nuage techno analogique grimé de résonances industrielles et d'influences post-punk. A pré-commander d'urgence via Morr Music qui le distribue.

Audio

Podcast

Tracklisting

Maoupa Mazzocchetti - A Tranquility EP (Unknown Precept, 21 novembre 2014)

1. Collapsed Memory
2. Muzzled
3. Tombolo
4. Coexistence
5. Vernacular


Dwellings & Druss - Level 3

Dwellings & Druss - Level 3Avec un patronyme pareil, Unknown Precept, nul doute que le label instigué par Jules Peter aime l'opacité, l'alchimie secrète et le mystère. Penchant confirmé et validé par ses deux précédentes sorties : la compilation The Black Ideal d'abord réunissant entre autres Ancient Methods, Polar Inertia, Shifted, AnD et Violetshaped sur les quatre faces d'un même sillon, l'EP Unseen Warfare de l'énigmatique Damaskin ensuite, dégoisant une techno à la fois complexe, compressée et obnubilante. Level 3, le 12" à voir le jour très prochainement en août du duo mancunien Dwellings et Druss ne déroge pas à la règle avec ses deux longues plages à l'électronique viciée, aux beats atrophiés et aux drones luminescents, eux que l'on a récemment croisé du côté des labels Gnod, Trensmat ou Opal Tapes - avec notamment un split cassette enregistré live en compagnie de Personable.

Audio

Tracklisting

Dwellings & Druss - Level 3 (Unknown Precept, août 2014)

A. Cesium-137
B. Strontium-90


Damaskin - Unseen Warfare

DamaskinC'est peu de dire que le jeune label parisien Unknown Precept a mis en 2013 tout le monde d'accord à l'occasion de sa première sortie, la compilation The Black Ideal, dressant un état des lieux européen de la scène dark-techno sans aucune fausse note avec au tracklisting Ancient Methods, Shifted, AnD, Violetshaped en plus des Parisiens de Polar Inertia et d'une collaboration entre Saåad et Mondkopf. Rien de moins. C'est donc avec une trouble excitation, celle que l'on ressent à la veille d'un combat, que l'on attend la parution, demain 25 mars 2014, du EP Unseen Warfare de Damaskin, seconde sortie de la structure chapeautée par Jules Peter. De Damaskin on ne sait rien, permettant ainsi de focaliser l'attention sur sa techno à la fois complexe et obnubilante, asseyant son emprise par de multiples fractales rythmiques créant un environnement auditif pénétrant. Le morceau-titre Unseen Warfare, en écoute ci-après, constitue l’exégèse d'un EP en appelant un autre puisque Damaskin égrènera via le label romain Concrete Records le 19 avril prochain le 7" Kaona, comptant un remix de Cassegrain, à la fois plus ambient et immersif. Pour sa part, Unknown Precept livrera bientôt un split réunissant Dwellings et Druss - récents auteurs d'un LP commun sur Gnod -, vite suivi par un debut-EP du Français Maoupa Mazzocchetti, échappé du trio Deutschland Western. De la suite dans les idées donc.

Audio

Tracklisting

Damaskin - Unseen Warfare (Unknown Precept, 25 mars 2014)

A1. Unseen Warfare
A2. Glory
B1. Remembrance of Death
B2. Contra Theatra