Spécial Transmusicales : No Zu

Les Rencontres Trans Musicales de Rennes fêteront leur 38ème édition du 30 Novembre au 4 décembre prochains. On vous en a parlé précisément ici, et parmi l'armée de groupes qui mettront la capitale bretonne à feu et à sang d'ici peu, nous en avons choisis trois qui pourraient bien marquer le festival de leur empreinte, et qui ont accepté non seulement de se prêter à l'exercice d e notre interview Out Of The Blue, mais aussi de nous gratifier de mixtapes exclusives, histoire de se mettre dans l'ambiance.

NO ZU, Vendredi 2 décembre Parc Expo Hall 9, 2h00

NO ZU c'est la révélation de Ocean's Apart, la compilation de Dan Whitford (Cut Copy) sorti il y a déjà deux ans qui nous présentait le meilleur de la scène dance de Melbourne. Avec le titre Raw Vis Vision  NO ZU nous envoyait en pleine gueule leur musique singulière et bien dance floor, un genre de post punk plein de groove blindée de percus et autre sax. Décrivant eux-même leur style de "heat beat", les australiens ont déjà sorti une poignée d'EP, signée des collabs avec notamment Salvatore Principato (Liquid Liquid) et ont donnée naissance cette année à leur excellent deuxième album Afterlife. On a demandé à Nicolaas OOgjes, leader du groupe, de se soumettre à notre petite interview Out Of The Blue.

D'où viens-tu ?
Where do you come from?

Australie/Gondwana, ou plus particulièrement, le Heat Beat Hades (la chaleur infernale) qui opère en dessous. Je suppose que tu pourrais dire que nous avons été formé par la lave il y a des millions d'années. Nous sommes assez anciens et vraiment... chauds. 

Australia/Gondwanaland, or more specifically, the Heat Beat Hades that operates underneath it. I suppose you could say that we were formed by lava millions of years ago. We’re quite ancient and we’re definitely… hot.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Vers une éternité immuable. Avant cela, cependant, nous allons traverser les océans pour danser avec les excentriquessordides et les trublions de ce monde et poursuivre le mirage rythmique qui est NO ZU.

Into an eternity of forever-ness. Before that though, we are headed across the seas to dance with the sordid weirdos and larrikins of the world and to chase a rhythmic mirage that is NO ZU.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Exactement. Je vais prendre ça comme une déclaration. Tout art est le même et c'est pourquoi il nous est tout aussi important d'exprimer ZU au travers de l'art et d'esthétiques visuelles. C'est du pareil au même. Nous le considérons comme un tout, un 'ZU-nivers' qui incorpore de nombreuses obsessions et une vision déformée. Il s'avère que nous sommes accros à la connexion physique avec les gens métaphysiquement dans un terre de limbes et un monde physique ténébreux. Je peux vous le dire sérieusement, j'en suis accro.

Exactly. I’ll take that as a statement. Any art is the same and that’s why expressing ZU through art and visual aesthetics is just as important to us. It’s all the same. We view it as a whole ‘ZU-niverse’ that incorporates many obsessions and a warped outlook. It turns out that we’re addicted to physically connecting with people metaphysically in a limbo land and wonky physical world. I can tell you earnestly, I am addicted to it.

Et si tu n'avais pas fait de la musique ?
And if music wasn't your thing?

Espérons quelque chose qui aide le monde. Ma mère est directrice d'Animals Australia, la plus grande et meilleure organisation des droits des animaux ici - donc fondamentalement ça a déterminé que mon but dans la vie  ne serait juste le rêve australien avec un "bon boulot", une grande maison avec jardin et une belle voiture. Un jour j'espère faire quelque chose de vraiment valable comme ma mère. D'un point de vue créatif, si la musique n'était pas mon truc, j'aurais plus de temps pour faire de l'art visuel,mon premier vrai amour, autre que ma femme bien sur.

Hopefully, something that directly helps the world. My mother is the director of Animals Australia, the biggest and best animal rights organisation here – so that basically determined that my main aim would never be just for the Australian dream of a ‘good job’, big house with a big backyard, reality TV watching and a nice car. One day I hope to do something of real worth like her. Creatively, if music wasn’t my thing, I would have more time to do visual art which was my first real love, other than my wife of course.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Quand j'ai réalisé que la seule façon de faire de la musique était d'embrasser chaque impulsion idiosyncratique et bizarre que vous avez en vous et qui vous ressemble complètement. Ne jamais regarder dehors et essayer d'imiter - ou si tu le fais, crois en toi mange le, digère le et vomit le en quelque chose de nouveau. Laisse le éclater hors de ton corps comme cette espèce d'alien dans The Thing. N'intellectualise pas, ressens le.

When I realised the only way to make music was to embrace every idiosyncratic and weird impulse that you have that completely feels like yourself. Don’t ever look outside and try to emulate – or if you do, trust yourself to eat it up, digest it and vomit it back into something new. Let it burst out of your body like that alien species from The Thing. Don’t intellectualise and just feel.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Comme ci-dessus AKA le commencement de NO ZU. D'un point de vu sonore, la rupture a été de trouver ma longue fascination pour les mutations de groove et de rythmes avec des hallucinations qui flottant librement par dessus. Aussi embrasser mes énormes limitations et restrictions pour mieux les sonder. Je ne suis pas vraiment musicien.

As above AKA the beginning of NO ZU. Sonically speaking, the break-through was finding my life long fascination with mutating groove and rhythm with completely free hallucinations floating over the top. Also embracing my huge limitations and restrictions and delving deep and swimming amongst them. I’m really no musician.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Écoute, je viens d'écrire quelques notes et j'ai ensuite décidé de les effacer. Nous sommes privilégiés de pouvoir faire ça. Je n'ai rien à redire. Je suis heureux que les ZU et moi avons cette qualité délirante en nous pour poursuivre nos rêves de Heat Beat malgré qu'il y ait des chemins de vie beaucoup plus surs que celui là.

Look, I just wrote down a few things and then decided to delete them. We’re privileged to be able to do this. I have no complaints. I’m happy that the ZU’s and I have this delusional quality within us to persue our dreams of Heat Beat despite there being many more safe lifestyle paths out there.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Je ne crois pas en la mort artistique. C'est peut être naïf, mais je pense qu'il y a plus de décès de carrières par des gens ambitieux peu sincères qu'il y a de mort artistique. Si j'arrête NO ZU un jour, je vais être certain de transférer cette énergie dans la construction d'un "environnement artistique" dans le bush fait de bubblegum, de couvercles de bières et de sculptures bizarres pour y vivre jusqu'à ma mort.

I don’t believe in an artistic death. That may be naïve, but I think that there’s more career deaths and fatigue by ambitious disingenuous people than there are artistic deaths. If I stop NO ZU one day, I’ll be sure to transfer that energy into building an ‘art environment’ in the bush made of bubblegum, beer lids and bizarro sculptures to live in until my death.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Une vrai excitation se construit quand vous avez sept à (très occasionnellement) douze personnes toutes habillées comme dans un rêve humide d'une discothèque de l'époque de la OZ-ploitation avec espérons-le quelques mecs assez sauvage qui nous attendent. Nous nous assurons de boire plein de milk shakes protéinés, de bander nos muscles et d'appliquer de l'auto-bronzant.

A real excitement does build when you have seven to (very occasionally) twelve people all dressed like an OZ-ploitation dated-nightclub wet-dream with, hopefully, some wild people waiting for you. We ensure that we all drink planty of ‘protein shakes’, pump our biceps and apply fake tan to eachother.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique)?
Who would you work with (musically or not)?

En musique, on a eu la chance de travailler avec des gens de notre période préférée de l'histoire musicale comme Sal Principato de Liquid Liquid, A Certain ratio et Jonny Sender de Konk et en plus de jouer avec ESG et James Chance... c'est juste fou. J'imagine que ça me laisse les gens de l'art visuel... J'adorerais travailler avec un designer pour nous faire des tenues spécifiques Heat Beat qui nous aideraient à nous exprimer ainsi que le côté obscur et sordide de notre pays.

Musically, we’ve been so lucky to work with some people from our favourite period of musical history including Sal Principato of Liquid Liquid, A Certain Ratio and Jonny Sender from Konk and to play with ESG and James Chance on top of this… it’s just crazy. I guess that leaves visual people… I would love to work with a designer that could make us Heat Beat specific outfits that help us express our’s and our country’s dark underbelly.

Quel serait le climax de votre carrière ?
What would be the climax of your career?

Je ne pense pas aux choses de cette façon. Il n'y a pas de festival ou de lieux où je rêve de jouer et qui serait le summum de toutes choses. Il n'y a pas d'objectif final. A bien des égards nous avons apprécié des expériences bien au delà de nos attentes. Je veux juste me sentir artistiquement accompli et sentir que chaque spectacle et chaque enregistrement est meilleur que le dernier et que ça nous envoie encore plus loin vers des territoires inattendus. Je rêve d'être capable de pouvoir faire ça pour encore très longtemps. Comme je l'ai dis plus tôt, je suis complètement accro au NO ZU.

I don’t think of things in this way. There’s no festival or place I dream of playing as the pinnacle of all things. There’s no end goal. In many ways we have enjoyed experiences far, far beyond my expectations. I just want to feel artistically fulfilled and feel that each show and record is better than the last and mutates us further into more unexpected territories.  I dream of being able to do this for a long to time to come. As I said earlier… I’m thoroughly addicted to NO ZU.

Retour à l'enfance - quel conseil te donnerais-tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Hey champion, ne t'en fait pas autant. Cesse de t'inquiéter de ce que les autres pensent. Passe plus de temps à avancer avec ce que tu as dans les tripes plutôt que de douter de tes intérêts et de tes pulsions créatrices.

Hey champ, don’t sweat it so much. Hey muscles, stop worrying about what other people think. Hey cobba, spend more time going with your gut feeling than doubting your interests and creative impulses.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Espérons comme un homme âgé conscient, construisant un environnement artistique AKA un danger d'incendie pour les habitants et toujours passionné par la vie. Espérons-le en étant utile et aidant pour les autres, essayant d'être une influence positive pour le monde.

Hopefully as a mindful older man, building his art environment AKA a fire hazard to the locals, and still being passionate about life. Hopefully trying earnestly to be helpful to others if not trying to be a positive influence on the world.

Comment vois-tu ta musique évoluer ?
How do you see your music evolve?

Je pense que NO ZU a toujours eu pour trajectoire de devenir de plus en plus audacieux. Dès notre première sortie et dès nos premiers shows, le modèle semble être de continuer à réagir à la musique austère présente autour de nous et de nous pousser nous-même vers des territoires inexploités. Explorer nos obsessions les plus obscures et sordides au sein de rythmes qui ne feront que s'élargir  et continuer à culminer comme une drogue. En même temps nous avons ce besoin insatiable, cette dépendance, de briser la barrière entre l'artiste et le public qui nous maintient en forme... donc attendez vous à ce que les lives deviennent de plus en plus sauvage. Ceci étant dit, je pense que vous serez témoin plus d'une dé-évolution.

I think NO ZU has always been on a trajectory to get bolder and bolder. From the first recorded output and shows to this day the pattern seems to be to continue being reactionary to stale and safe music around us and to push our weird selves into uncharted territory. Exploring our darkest and most sordid obsessions within the rhythms will only heighten and continue to peak like a drug. At the same time, we have that unsatiable need (addiction) to breaking down the performer/audience barrier that keeps us healthy and in-check… so expect the parties to just get wilder. All that said, I think what you’ll witness will be more of a de-evolution.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Regarder des émissions de faits divers ou des documentaires déprimants. C'est si addictif pour moi. Maintenant je ne pense pas être une personne malade ou que j'héberge des pensées sombres, mais j'ai une obsession pour la mort (nos albums s'appellent Life et Afterlife). Dernièrement j'ai beaucoup écouté The Cramps et leurs inspirations, et les nombreuses références des thèmes d'horreur absurde m'ont mené à regarder beaucoup de films d'horreur. Est ce que l'horreur et l'absurdité de voir Trump élu a quelque chose à voir avec ça ? Il y a beaucoup de politiques obscures, anciennes et nouvelles, depuis la colonisation qui me compose aussi peut-être ? Heureusement, je peux canaliser tout cela dans le free-for-all de NO ZU et les rennais pourront se joindre à nous dans une fête impie où nous pourrons nous exorciser avec la sueur et l'amour.

Watching true crime shows or depressing documentaries. Mate, it’s so addictive for me. Now, I really don’t think I’m a sick person or that I harbour any dark thoughts for my fellow humans, but I do have an obsession with death (yep… records called Life and Afterlife may have given that away). Lately, I’ve been listening to a lot of The Cramps and their inspirations, and the absurdist horror themes within has lead me to watching a lot of horror movies. Has the horror and absurdity of Trump being elected got anything to do with this? There’s plenty of dark politics new and old, since colonialisation that compounds it for me too maybe? Lucky I can channel it all into the free-for-all of NO ZU and the people of Rennes can join us in an unholy party where we can exorcise ourselves with sweat and love.

Photo : Nadeemy Betros

Mixtape exclusive


Spécial Transmusicales : Tsushimamire

Les Rencontres Trans Musicales de Rennes fêteront leur 38ème édition du 30 Novembre au 4 décembre prochains. On vous en a parlé précisément ici, et parmi l'armée de groupes qui mettront la capitale bretonne à feu et à sang d'ici peu, nous en avons choisis trois qui pourraient bien marquer le festival de leur empreinte, et qui ont accepté non seulement de se prêter à l'exercice d e notre interview Out Of The Blue, mais aussi de nous gratifier de mixtapes exclusives, histoire de se mettre dans l'ambiance.

TSUSHIMAMIRE, Mercredi 30 Novembre Ubu 00h00
 
Le trio féminin Tsushimamire  est ultra connu au Japon, son pays d'origine. Avec leurs chansons qui bouffent à pas mal de râteliers, du punk au jazz en passant par le surf ou le ska, et des textes, pour ce qu'on en sait, assez délirants, nos nouvelles amies du soleil levant arrivent souvent à nous réjouir, et c'est déjà beaucoup. Et sur scène, pas question de s'ennuyer: en participant au "Burlesque Tour" des Suicide Girls aux États-Unis, Tsushimamire a été à bonne école. Au tour de Mari, chanteuse et guitariste du groupe, de répondre à nos questions.

D'ou viens-tu ?
Where do you come from?

De Tokyo, au Japon !

Tokyo, Japan!

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Partout. Je veux être impressionnée et je veux faire en sorte que n'importe qui se sente impressionné par moi.

Everywhere. I want to be impressed and I want to make someone feel impressed.

Pourquoi la musique ?
Why music?

J'adore chanter. Nous avons créé TsuShiMaMiRe en 1999, notre musique et notre groove m’a toujours impressionné. Je sentais que c’était notre destin de le faire. Donc j’ai choisi la musique.

I love sing. TsuShiMaMiRe formed in 1999. I really impressed our music and our groove. And I felt destiny. So, I choose music.

Et si tu n'avais pas fait de musique ?
And if music wasn't your thing?

Mmm...Aucune idée. Peut-être serais-je devenue comédienne ?

Mmm...No idea. Maybe I’ll be a comedian?!

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Tomber amoureuse et rencontrer l'amour. Sinon, faire de la bicyclette me donne beaucoup d'idées.

Fall in Love and Cross in Love. And riding a bicycle gave me a lot of ideas.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

J'ai crowdsurfé pendant la chanson "My Brain Is A Shortcake" et je me suis sentie libre, comme si je pouvais voler.

I did crowd surf during the song “My brain is shortcake" And I feel more free. And I feel I can fly.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Je suis vraiment une fille désordonnée.

I’m really messy girl…

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Non, aucune vie après ça, mais je suis vraiment douée pour travailler à mort en studio

No,No life… But I’m good at soul-destroying labor in the factory…

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Aller aux toilettes !

Go to Restroom!


Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Oh, je passe vraiment ma vie avec Tsushimamire... Cinq jours par semaine : trois jours de studio et deux jours de concerts. C'est bien suffisant !

Oh, my life is almost with TsuShiMaMiRe… Five days a week…Three days studio, two days shows...It’s enough!!!!

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

C’est maintenant, mon climax. Sinon la tournée la plus intéressante de notre carrière fut sûrement le « Suicide Girls Burlesque Tour » en 2005 et 2006 aux États-Unis. Des concerts déments. Chaque jour, on assistait à des shows vraiment « Burlesque » dans les salles où nous allions.

Now is the climax. And I think it’s the most interesting tour in our career, That was “Suicide Girls Burlesque Tour” 2005 and 2006 in U.S. It was really crazy shows. Everyday, we saw Burlesque show in the venue.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Apprendre l'Anglais est la meilleure chose pour ton futur !

Learning English is the most important thing for your future!!!


Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Garder une vie saine, c’est la chose la plus importante pour TsuShiMaMiRe. On veut continuer jusqu’à 80 ans. Le morceau Speedy Wonder parle d’ailleurs de ça.

Healthy life is the most important thing for TsuShiMaMiRe. We have to keep on rockin’ until 80 years. I sing about that in Speedy Wonder.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

On veut la simplifier tout en la rendant plus puissante.

It will be more simple. And it will have more power.


Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)

Your guilty pleasure or hidden treasure ? (musically or not)

Je suis une fan d’animaux en peluche ! J’ai le pingouin en peluche le plus mignon qui soit, ramené de notre tournée aux États-Unis en octobre dernier. Du coup je viens avec lui aux Trans Musicales cette année ! 

I am a mania of Stuffed Animals. I got a cutest Stuffed Penguin from our U.S. tour in Oct. And now, I always think about Trans Musicales with my Penguin!!!!

Mixtape exclusive


Spécial Transmusicales : Kondi Band

Les Rencontres Trans Musicales de Rennes fêteront leur 38ème édition du 30 Novembre au 4 décembre prochains. On vous en a parlé précisément ici, et parmi l'armée de groupes qui mettront la capitale bretonne à feu et à sang d'ici peu, nous en avons choisis trois qui pourraient bien marquer le festival de leur empreinte, et qui ont accepté non seulement de se prêter à l'exercice d e notre interview Out Of The Blue, mais aussi de nous gratifier de mixtapes exclusives, histoire de se mettre dans l'ambiance.

KONDI BAND, Mercredi 30 Novembre Ubu 22h40

Loin de la simple curiosité exotique qui fait tant vibrer des hordes de blanchots en mal de caution tiers-mondiste, le duo formé par Chief Boima et Sorie Kondi, maître du kondi (piano à pouces) balance une sauce afro-electro inédite et pleine de sueur, qui replace avec brio la Sierra Leone sur la carte des musiques actuelles. Sorie répond à nos questions.

D'où viens-tu ?
Where do you come from?

De Sierra Leone et des États-Unis. Certains membres du groupe sont originaires de Londres, aussi.
We are from Sierra Leone and USA (with Sierra Leonean roots). Band members are coming from London as well.

Ou vas-tu ?
Where are you headed?

Partout, on l’espère.

Hopefully everywhere

Pourquoi la musique ?
Why music?

Elle fait partie du tissu culturel en Sierra Leone, et on ressent que l’on a une manière très personnelle de contribuer à ça, alors pourquoi pas ?

It’s part of our cultural fabric as Sierra Leoneans, and we feel like we have a unique perspective to contribute to the world, so why not?

Et si tu n'avais pas fait de musique ?
And if music wasn't your thing?

En ce qui concerne Sorie, c’est un artisan, il sait comment fabriquer du savon ou tisser. Boima, il est écrivain et professeur, mais l’agriculture l’intéresse aussi.

For Sorie… he’s a craftsman… he knows how to make soap and he does weaving. For Boima, he is a writer and teacher, but maybe also farming?
Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Le monde est injuste.

The world is unfair.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Quand on s’est rencontré à New-York, où on a pu jouer quelques concerts et enregistrer notre premier album.

When we were able to meet in New York, play some shows, and record the first album.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Le manque de temps et d’argent.

Lack of time and money.

Y a-t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Non ça n’existe pas.

There’s no such thing.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Une bière

One beer


Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Robert Glasper

Robert Glasper

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Créer une école Kondi à Freetown, et encourager les Sierra-Leoniens à mieux s’approprier leur propre culture.

Creating a Kondi school in Freetown, and helping to encourage Sierra Leoneans to embrace their own culture.


Retour à l'enfance, quel conseil te donnes-tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Ne jamais s’arrêter.
Don’t stop

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Détendu.
Relaxed

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Travailler avec plus de musiciens, créer un plus gros son avec un groupe élargi.

Hopefully being able to work with more musicians, creating a bigger sound and band.

Un plaisir coupable ou un trésor caché (musique ou hors musique) ?
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Une bière.
One beer.

Photo : Alexis Maryon

Mixtape Exclusive



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On y était : Transmusicales 2015

On y était – Les Transmusicales, du 3 au 5 décembre 2015 à Rennes

Les années se suivent et se ressemblent. Arrivés fin octobre, on se pose l’éternelle question du bon breton mélomane ; « Est-ce qu’on va aux Trans cette année ? ». Et si tous les ans l’affiche nous laisse initialement perplexe (la plupart du temps plongée vers l’inconnu le plus total), les réflexions ne font pas long feu tant ce festival nous colle à la peau. C’est un peu comme un bon vieux repas de famille de Noël, où les convives se regardent vieillir autour de quelques bonnes bouteilles. On est ici désormais dans le registre de la tradition. Il semble bien d’ailleurs que c’est grâce à cela que l’équipe de l’ATM a réussi à sauver ce rendez vous depuis 10 ans, alors que le passage du centre-ville vers le Parc Expo avait été difficile à négocier. Comme chaque année désormais, le festival affiche complet ou quasi complet les vendredi et samedi, cette dernière soirée étant placée sous le signe de la danse aux sons majoritairement électroniques et techno, après un jeudi soir souvent plus instrumental, et aussi plus light tant en terme de groupes que de fréquentation. La bonne idée a aussi été au fil des éditions de retarder le début des soirées pour laisser le temps au festivalier de s’acheminer doucement et non moins sûrement sur le site situé à quelques kilomètres du centre-ville de Rennes qui reste lui animé par les Bars en Trans, festival off mais pour autant de très bonne tenue.

Doucement: pourquoi ? Parce qu’une venue aux Trans en ce début décembre est toujours signe de retrouvailles annuelles avec des vieux potes de fac (et oui, vos deux chers envoyés spéciaux d’Hartzine ont écumés dans leurs folles années les UBU, Antipode, Mundo Bizarro, et évidemment tout ce que Rennes pouvait compter de bars en ce début de siècle…) et que toute rencontre programmée ou fortuite en ville dans la journée se transforme immanquablement en pinte de bière, avant de dégénérer presque toujours en apéro plus ou moins violent qui mettent en ébullition les corps leur permettant ainsi de tenir jusqu’au petit matin, et les têtes via des débats de comptoirs de toute sorte (la prime cette année à celui sur les Régionales qui s’est conclu par un projet de création de parti politique... C’était après le saumon gravlax/vodca !).

Bon, bien sûr cette préparation a un prix ; l’impasse faite sur quelques groupes - souvent d’ailleurs les plus attendus du grand public qui les a fraîchement découvert sur la toile quelques jours avant - dont nous ne pourrons par conséquent pas vous relayer les exploits dans ces lignes.

Mais là n’est pas l’important parce qu’en général, la claque des Trans est toujours inattendue.

JOUR 1

 

Le jeudi est généralement le soir de la discipline; arriver tôt et repartir tôt, boulot le lendemain pour les uns, nécessaire préservation pour les autres.

Cette année n’a pas fait exception. Après un fort fameux repas étoilé (risotto de céleri, suivi de son effilochée de queue de bœuf sauce coing menthe, et son pesto roquette épinard… Croquant gourmand, surtout quand le tout est accompagné d’un bon pichet de côtes du Rhône !), on commence donc notre transhumance par le concert de Her. On parle ici de produit purement local, élevé au club musique du lycée Émile Zola, qu’on a fait s’encanailler dans un groupe devenu une petite gloire locale chez les 16-20 ans : les Popopopops. Ces anciens très jeunes gens sont toujours jeunes, mais ont bien sûr muri musicalement, en changeant d’influences passant à l’époque des non indispensables Foals à un mélange de grands noms de la soul d’antan aux gloires actuelles du R'n'B que sont les Franck Ocean et autres Kendrick Lamar. Leur nouveau projet se veut une musique assez épurée et légèrement groovy, portée par des voix graves et soul. C’est original, d’autant qu’on croit relever un ou deux tubes potentiels, la mise en scène est soignée, le show travaillé et sobre. Ce groupe a un potentiel indéniable même si on est ici dans quelque chose de très actuel largement usé par les anglo-saxons ces dernières années, comme James Blake ou encore les XX.

Il semble bien que la scène pop rennaise largement mise en avant depuis 5 ans, mais pour autant sans qu’aucun de ses représentants ne perce vraiment, bouge encore. On suivra avec attention dans les mois qui viennent la sortie des deuxièmes essais de Manceau et de Juveniles.

Autre bon moment de la soirée, cette fois-ci totalement surprenant ; la pop dite « transgenre » - et c’est une bonne définition – de 3somesisters. Là on est dans un registre Objet Volant Non Identifié, du jamais vraiment entendu comme sait le programmer le festival. Une sorte de chorale glam teintée d’électronique, mais où les voix restent le principal. Des harmonies tordues, des envolées lyriques… Un grand mélange de tout avec pleins de choses dedans. Too muchmais justement bon pour cela.

La soirée s’achève par un bref détour dans le Greenroom, lieu où sont programmés les plus pointus set électroniques, où le trio de DJ Apollonia est en plein milieu de son concert All Night Long de 4 heures. Pas suffisant pour nous retenir sur site.

JOUR 2

 

Les Transmusicales en journée, c’est au lieudit l’Etage en centre-ville. Gratuité oblige, le lieu est pris d’assaut pendant le week end, ce qui a rapidement un effet répulsif au grand profit des troquets avoisinants. Mais l’invitation de Trempolino, structure nantaise d’accompagnement artistique, ne nous a pas laissé insensibles vu les arguments développés : une huître-muscadet party pour conclure le concert de O. Il s’agit là d’un musicien bien connu des popeux parisiens pour avoir participé à divers projets par le passé, notamment Syd Matters et Los Chicros. On est agréablement surpris par la singularité du garçon ; des textes qui font mouche sur une musique proche de l’univers d’un Robert Wyatt, pour un ensemble assez cohérent. On jettera une oreille à l’album qui sort sous peu. Son Little, un des noms de l’affiche ayant fait un buzz en début de semaine, était programmé à 23h dans le hall 8 au Parc Expo. On l’a raté lamentablement, pour cause d’arrêt traditionnel chez Nelly, du petit nom de la généreuse tenancière d’un bar de soiffards de l’arrière gare, sur le chemin des navettes… La tournée fut si générale, et le lieu si retourné, que le temps en fut suspendu ! L’album du garçon, très bonne synthèse de musique black US, est à priori de bien meilleure facture que sa prestation scénique, semble-t-il décevante car trop classique selon la mythique presse locale. Le futur de la scène rennaise est peut être dans les mains de Totorro. Notre soirée sur site commence par la fin de leur set plutôt énergique (nous aurions aimé que cette énergie soit communicative lorsque le groupe a ouvert pour le match SRFC-OM de la veille… Et une défaite de plus, une !). C’est un post rock puissant, mélodique et atmosphérique dont nous gratifie ces jeunes gens. On est assez proche de Mogwai ; c’est aujourd’hui finalement assez classique mais ça tient la route.

Juste le temps d’une bière, on se risque à un arrêt devant Grand Cannon décrit dans le programme comme « un excellent cru de blues rock »… De quoi faire peur ! Franchement pas terrible et hors sujet dans la soirée. C’est du plan plan, pas du tout compatible avec une scène de cette taille. Notre bière sera donc terminée dans la Greenroom où Marc Pinol entame son set crescendo. Pas de surprise : on savait le catalan génial ambianceur, et il nous a encore une fois exposé tout son talent. Dansant à souhait, et ultra éclectique.

Un grand écart nous fait réintégrer le hall 3 pour le chaud show annoncé de Vintage Trouble. Aguichant sur le papier puisqu’on nous signale ici le meilleur du R'n’B vintage, chanté par le soulman charismatique Ty Taylor. Le buzz aura fonctionné puisque les portes de la salle auront même été fermées devant l’affluence soudaine. Le type est un bon sosie de James Brown, il bouge bien, le groupe est carré et looké, mais le tout est assez académique. Et puis une chose essentielle manque : de véritables bonnes chansons. Un bon moment quand même si on cesse de faire la fine gueule, mais cela restera le coup d’un soir.

Le groupe qui suivra un peu plus tard, De Wolff, Hollandais se rêvant les Doors, sera du même acabit. Tout sur la posture mais pas assez dans le contenu. Au final, très loin derrière leurs compatriotes de Birth Of Joy passés sur cette même scène en 2012. Le grand frisson de cette soirée - et du festival - viendra par la suite de Dralms, groupe canadien mené par Christopher Smith. Si la prestation est sans chichi, à l’image de la sobriété des chansons de son leader, ce dernier faisant les cents pas au milieu de ses compagnons restant statiques, la production est quand à elle exceptionnelle.

Le guide du festival parle de « rencontre fusionnelle entre un rythm and blues lent et sensuel, une pop délicate et spectrale et des touches électroniques sobrement psychédéliques »…et bien, c’est exactement ça ! C’est d’une grande finesse, et forcément rafraichissant et apaisant dans une soirée plutôt bruyante. Une sorte de clair obscure d’où jailli une diversité d’émotions : touché... Coulé ! Tout ce qui viendra après n’arrivera pas à nous reconnecter. La fin deMawimbi Live ne nous fera pas regretter de ne pas avoir quitté Dralms en cours de route : on va dire pas vraiment notre truc ce mélange de rythmes tribaux, de musique africaine et de techno. Jacques ne réussira pas non plus à nous faire rester dans ce hall 9, grande cathédrale électronique que nous n’aurons finalement que peu fréquenté durant ces jours… Une histoire d’envie.

JOUR 3

 

Le grand ratage de cette soirée sera sans conteste la jeune chanteuse Monika. Autant la veille, on plaidait coupables pour notre arrivée tardive et honteuse au Parc Expo, autant là, le prévenu se nomme Jean-Louis Brossard pour avoir programmé la belle en tout début de soirée à 22H00… C’est un peu la même histoire tous les ans, mais bon, on l’aime bien quand même. Frustrant tant la Grecque nous avait fait bonne impression sur disque, avec son disco rock à la Blondie… Comme le titre de son tubesque single, son concert restera donc pour nous un « Secret In The Dark ». On doit vous l’avouer d’emblée, cette dernière soirée ne restera pas dans les annales. On a pourtant essayé, en allant voirSteve’N Seagulls, groupe finlandais de reprises de classiques heavy metal, version country bluegrass. Amusant cinq minutes, mais au final on a un peu l’impression de voir les Pogues à une fête des battages. Ensuite, City Kay, à priori nouvelle gloire du reggae local… No comment… Ou plutôt si : pourquoi ?

Mieux tout de même, les Thaïlandais de Khun Narin’S Electric Phin Band avec leur musique traditionnelle saupoudrée de psychédélisme « sans le vouloir ». Une vraie fanfare barrée et hypnotisante, tout en étant complètement kitsch. On a franchement l’impression d’avoir mangé un champignon magique dans un resto thaï de la zone industrielle de Velizy 2. Impossible de voir ça ailleurs qu’aux Transmusicales. Le groupe touareg  Imarhan nous laissera quant à lui un bon souvenir avec son blues du désert lui aussi psyché, bien que évidemment assez proche des Tinariwen et Terakaft donc pas une très grande découverte.

Ce faisant, nous a pris une grosse envie de se prendre une bonne dose de bpm dans les tympans, et on a été servis par Powell. Si du festival nous n’avons fait que passer dans le Greenroom, l’Anglais a su nous y scotcher, nous saisissant les jambes tout en nous glaçant le sang avec sa techno expérimentale et industrielle. Sa musique est sans concession mais elle reste dansante, et réussit à fédérer une partie des fêtards ayant fuit la grande masse du hall 9. On s’est bien fait bougés, mais sans regret. Dans le hall 9 justement, on a pu voir Idiotape (« l’enfant de Cut Copy, Daft Punk et Chromeo » selon MTV !) ; des coréens du sud (mondialisation!) qui font de l’électro rock qui envoie sans limite un gros son, pas très fin, mais terriblement efficace. On pensait finir gentiment le festival au bar, comme à l’habitude, autour de cocktails bien serrés, quand un texto nous arrive à 3h30 : « France : énorme ! » . On pense alors que notre pote en tient une bonne pour se lancer dans cette déclaration patriotique comme celle là… Et en fait, non (enfin presque non) : c’est un groupe français de krautrock qui joue au hall 3. Une petite galette saucisse pour tenir (ce n’aura pas été la seule du week-end, forcément) et là, plein phares : mélodie lancinante noyée dans des boucles de bruit. Une parfaite conclusion.

Il est 5 heures : Paris ne s’éveille plus mais Rennes n’est pas encore couchée.

Bilan: Pas la meilleure des 37 éditions des Trans - pas sûr que beaucoup d’artistes présents cette année fassent parler d’eux en 2016 - mais certainement la plus nécessaire après les évènements que vous savez. Le public a répondu présent, même si une partie de son insouciance a probablement disparu le 13 novembre dernier. L’histoire continue et continuera encore longtemps, puisque que comme Beatrice Mace, la co-directrice du festival , le dit - et nous l’approuvons - « L’inconnu vaut la peine d’être connu » (... Enfin presque tout l’inconnu…).