On y était - 35èmes Rencontres Trans Musicales de Rennes

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35èmes Rencontres Trans Musicales de Rennes, du 4 au 8 décembre 2013

Certes, on est loin d'être les premiers sur le coup. Plutôt les derniers. Alors que presque tous les scribouillards de notre espèce y sont allés de leur bilan de ces 35èmes Trans Musicales depuis un paquet de jours déjà, il nous aura fallu pour notre part un peu plus de temps que prévu pour se décoincer la plume. La faute, sans doute, à un corps pouvant de moins en moins supporter soixante-douze heures d'excès non-stop. Et aussi à ce maudit vendeur de chich taouk dont on préfère ignorer la provenance des ingrédients. Bref, il fallait digérer tout ça. Quoi qu'il en soit, on aura finalement survécu une nouvelle fois à ce dangereux festival, qui pour sa part affiche cette année encore une insolente santé : plus de 60 000 spectateurs, dont 30 000 entrées payantes, record une nouvelle fois battu et budget à l'équilibre. Une exception dans le paysage décimé des festivals de musiques actuelles, d'autant plus lorsqu'on a pris le parti de parier pour l'essentiel de sa programmation sur d'illustres inconnus du grand public. Preuve que pour survivre, on peut aussi compter sur la curiosité des gens plutôt que leurs supposés gouts de chiottes... Même si cette prise de risques passe forcément par son lot de déceptions, dont on va essayer de ne pas trop parler ici, histoire de rester constructifs et ne pas se faire une fois encore passer pour des aigris. Et même si nos Trans, il faut bien l'avouer, ont commencé cette année dans une certaine médiocrité. Sans doute le lot habituel du premier jour, toujours un peu tronqué. Entre l'arrivée dans cette bonne vieille ville de Rennes, le règlement des petites formalités en tous genres, et la crainte d'y aller trop fort dès le départ alors qu'il faudra tenir trois nuits, on se porte désormais facilement vers une certaine prudence à l'entame du match.

Passage du côté du Liberté oblige en ce premier après-midi ensoleillé, c'est Fat Supper qui ouvrira le bal pour nos esgourdes encore vierges de tout excès sonore. Grand mal nous en prendra : visiblement décidé à prouver au public sa virilité galopante, le groupe s'amusera beaucoup en enrobant ses chansons faiblardes de riffs de guitare aussi lourdauds que malvenus. Un coup pour rien, donc, mais tout n'était pas perdu : le Parc Expo, avec Moodoid, Luck Jenner et les - inexplicablement - attendus London Grammar devait nous donner un peu plus de grain à moudre.

Et comme prévu, défiant le théorème des Trans consistant en un invariable échec de toute tentative de planning, nous fûmes bien au rendez-vous, avec même assez d'avance pour assister à la prestation des Canadiennes Chic Gamine. Présentées comme une sorte d'hybridation entre Feist et Arcade Fire, on restera totalement hermétiques aux minauderies somme toute très classiques de cette joyeuse bande dont l'accent ne suffira pas à déclencher en nous un geyser de sympathie. En tous les cas, on changera rapidement de hall pour l'entrée en scène de Moodoid. Et on a bien fait, tant ce concert commença sur de bons rails, le groupe déroulant tranquillement une pop légèrement psychédélique, ronde et voluptueuse, qui rappellera parfois avec bonheur les travaux de notre bien aimé Jef Barbara. Malheureusement, Moodoid s'enlisera par la suite dans des digressions world et incantatoires totalement hors propos, qui gâcheront au final une pourtant prometteuse entame. Et on ne reviendra pas sur les propos de l’intéressé concernant le Stade Rennais, c'était suffisamment gênant sur le moment. On suivra tout de même de près le bonhomme à l'avenir, qui semble assez cinglé pour faire de bonnes choses. Ce qui n'est pas le cas du groupe qu'on verra ensuite. Certains diront qu'il est facile et vain de se démarquer en tirant à vue sur un groupe que tout le monde a aimé. Mais franchement, London Grammar reste pour nous une énigme. On doutait que le groupe puisse se révéler sur scène encore plus ennuyeux que sur disque, mais ces Anglais ont décidément des ressources insoupçonnées : c'est plat, linéaire, faussement cool, bref, chiant au possible, la faiblesse des compositions le disputant à l'absence totale d'enthousiasme sur scène, sans doute une histoire d'attitude, tu vois. Il était alors temps de continuer notre odyssée musicale auprès de l'ex-Rapture Luke Jenner. On était en effet plutôt curieux de voir de quoi ce garçon était capable en solo. Et on sera agréablement surpris. Ou plutôt soulagés. Car il était quand même à craindre que cette embardée solitaire ne soit pour Jenner l'occasion de rééditer seul les dernier méfaits de son ex-groupe, l'émulation collective en moins et les boursouflures égotistes en plus. Mais non, avec une humilité bienvenue, Luke Jenner enchainera des chansons plutôt intimistes mais groovy, planté, sourire aux lèvres, derrière son piano. Rafraîchissant, voire enthousiasmant. Et comme il était important de clôturer cette première soirée sur une bonne note, il convenait de s'arrêter là en ce qui concerne le Parc Expo.

La seconde soirée, elle, sera marquée pour la plupart des festivaliers par la venue ultra attendue de Stromae. Pour notre part, nous n'aurons même pas tenté la moindre approche d'un Hall 9 gavé comme une oie à l'approche de Noël. Et si ce succès reste là aussi pour nous un phénomène irrationnel, on est bien obligé de constater que ce type déplace les foules partout où il passe. Tant mieux pour les finances des Trans Musicales. Et de toutes façons, nos attentes étaient placées en un autre groupe qui les comblera sans mal : le trio américain Jacuzzi Boys aura en effet, comme prévu, tout emporté sur son passage. Et pas seulement à coup de riffs de guitare saturée et d'éructations punkisantes. Car le groupe fait bien plus que du garage survitaminé : il écrit réellement des chansons. Avec une structure. Et ça, ça fait toute la différence avec la concurrence. Un concert urgent, braillard, dansant, mais aussi, sous un certain angle, assez raffiné. Auteurs en octobre dernier d'un troisième album excellent, les Californiens confirment qu'ils s'inscrivent bien depuis leurs débuts sur une trajectoire qui pourrait vite les mettre en orbite. Parmi les - rares - grands gagnants de cette seconde soirée, il conviendra aussi de citer les Londoniens de Public Service Broadcasting. Pourtant, déclencher l'enthousiasme à plus de 4h du matin dans un festival n'est pas donné à tout le monde. Mais cette sorte de post-rock bardé de messages publicitaires antiques et autres slogans propagandistes piqués à la BBC marche bel et bien. Un crossover entre organique et électronique parfaitement maîtrisé, et magnifié par un show visuel réussi. La bonne surprise du petit matin.

S'il faut enfin aborder la dernière soirée de cette édition des Trans, il ne sera pas compliqué d'en désigner les héros. Conformément aux attentes, on pourrait bien sûr citer les jobards de Rhume et leur hip-hop riche en blagounettes, mais auxquelles on rit jaune. Un duo bien plus corrosif que festif, dont on ne sait si l'avenir sera à l'explosion ou l'implosion. On peut aussi bien sûr féliciter une nouvelle fois Acid Arab dont la prestation fut une réussite tant leur house orientale aura fait transpirer les corps. Mais non, nos vrais coco-jolis du soir resteront définitivement les DOIST!, dont l'EBM décomplexée, d'une profondeur organique étonnante, nous aura séchés sur place. Programmé dans une Green Room finalement trop petite pour lui, le duo aura méchamment fait danser un public aux anges, aussi réjoui qu'étonné d'être tombé, sans doute un peu par hasard, sur un tel phénomène. Intrigués, nous déciderons d'ailleurs de rencontrer le groupe un peu plus tard dans la nuit, histoire de lui poser quelques questions. Et on ne manquera donc pas, avec notre célérité désormais légendaire, de vous en faire part bientôt. On vous fera par contre grâce de nos ultérieures divagations avinées qui auront clôturé ce festival, dont on attend invariablement la prochaine édition avec une certaine impatience.

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On y était - 34èmes Rencontres Trans Musicales

34èmes Rencontres Trans Musicales, Rennes, du 5 au 9 décembre 2012

En voilà au moins un qui ne connaît pas la crise dans une période d’amoindrissement global de la fréquentation des festivals. Pas moins de 55 000 personnes seront venues prendre leur shoot de décibels le week-end dernier à Rennes, record a priori battu. On pourrait mettre ça sur le compte du début de l'hiver, et sur l'envie des gens de se réchauffer en bougeant leurs corps bouffis d'alcool sur du gros bpm, mais on préfèrera simplement penser qu'il reste encore assez de mélomanes curieux pour rendre justice à une affiche dont l'ambition n'est autre que de mettre en valeur la créativité du monde des musiques actuelles. Pour notre part, on aura en tous les cas encore vécu de sacrées aventures à Rennes, faites comme à l'accoutumée de belles ou improbables rencontres et de concerts mémorables, qu'ils aient été magnifiques ou sacrément foireux. Avec le nombre pléthorique d'artistes présents, les Trans Musicales seront de toute manière à jamais une histoire de rendez-vous manqués, pour le pire et le meilleur. Et plutôt que de vous parler ici du pire et passer une fois de plus pour des haters, on va essayer de se concentrer essentiellement sur ce qu'on a entendu de mieux, promis.

Le jeudi cependant, programmation allégée oblige, l'éventail des choix n'aura pas été large, et on doit avouer quand même qu'il est difficile de trouver un gagnant : si on a été plutôt convaincus, pour commencer, par le set kraut-indus à 200 à l'heure de Camera, dont le seul défaut aura été d'être programmé si tôt, ça n'est pas Team Ghost, en revanche, qu'on gardera en mémoire. Animés par l'envie irrépressible de monter un imposant mur du son autour de leurs vignettes électro-pop, ce barouf restera pour nos oreilles bien fade et vain. Si nos shoegazers préférés regardaient il est vrai souvent leurs chaussures, les Team Ghost, eux, ont semble-t-il un peu trop les yeux rivés sur leurs nombrils. Nick Waterhouse, par la suite, nous laissera lui aussi de marbre. Le gus a un joli costume, une belle guitare, et ses choristes sont pimpantes à souhait dans leurs petites robes unies. Mais on a sacrément l'impression de prendre la poussière à l'écoute de ce rythm'n'blues estampillé fifties un peu trop rutilant pour être honnête. Heureusement, de la sueur et de la crasse, on en aura à foison grâce aux branleurs de China Rats : ces natifs de Leeds, s'ils ont pour eux l'attitude, ont surtout dans leur besace de sacrées chansons, tranchantes à souhait. C'est urgent, violent, et ça nous aura donné une gifle salvatrice au cœur de la nuit rennaise, qui devait s'achever pour nous devant le concert de Mermonte. Décidément peu réceptifs à cette pop orchestrale et spleenétique que tout le monde encense, on préférera partir discrètement après quelques chansons, et se ménager pour le lendemain.

En effet, le vendredi s'annonçait copieux, et démarrera dans l'après-midi au Liberté avec O Safari. Si on est d'abord plutôt emballé par le single Taxi, un second titre lorgnant du côté de Drive et une reprise ratée d'Il est cinq heure, Paris s'éveille auront raison de notre patience. Le soir, on fera l'économie d'une visite à la Cité, dont on savait déjà qu'elle serait bondée et sans doute prise de coliques sévères à l'écoute de Lou Doillon. Notre prochain objectif était tout autre, et le choix s'avérera payant. Car bien plus que le post-punk d'O Children, bien fichu mais ne méritant peut-être pas tout le bien qu'on dit de lui, c'est le passage des cinglés d' Agent Side Grinderqui nous aura mis K.O. debout. Rencontrés l'après-midi même en interview et particulièrement sages, on était loin d'imaginer à quel point les Suédois habiteraient leurs titres tous plus hypnotiques les uns que les autres, mêlant saillies électroniques teutonnes et cold wave britannique avec un talent assez bluffant. Les Suédois et leur chanteur - qui s'était sans doute réchauffé à grandes goulées d'antigel durant la soirée - auront donné à vivre un sacré moment au public présent. On en restera abasourdi durablement, en espérant avoir gardé assez d'énergie pour affronter un troisième jour de Trans.

On le commencera d'ailleurs de belle manière en rencontrant la jolie Melody Prochet, alias Melody's Echo Chamber, et en se promettant d'être au rendez-vous pour son concert, programmé  le soir même dès 21h45 au Parc Expo. La demoiselle rendra justice d'assez belle manière à son album, et gagnera l'adhésion du public avec sa pop psychédélique au son parfois étonnamment vénéneux. On pense forcément à Broadcast, mais on reste loin du plagiat. La belle, sans doute en partie grâce à l'apport de Kevin Parker à la production, a su injecter assez de crasse et de psychédélisme dans ses titres pour que ceux-ci captivent, agressent parfois, et se sauvent finalement assez largement d'une indifférence polie généralement réservée par nos oreilles aux trop nombreuses minauderies dream-pop produites en masse ces derniers temps.

Les minauderies, ce n'est en revancge pas trop la came de Blackstrobe, qui retournera par la suite le hall 9 à grands coups de chaîne de vélo. Commençant son concert en costard-cravate, l'immense Rebotini le finira en ravissant petit marcel, sans doute réchauffé par les jets de flammes installés sur la scène, mais surtout par l'énergie déployée ce soir-là. Mêlant rock, électronique, house, et un bon paquet d'autres choses, le combo emportera tout sur son passage, devant une immense foule chavirant littéralement sous les coups de boutoir du groupe. Impressionnant. D'ailleurs, à vrai dire, on ne voit pas trop de qui nous pourrions parler après Blackstrobe, qui restera notre grand gagnant du soir. Il convenait simplement de digérer tout ça au bar jusqu'au bout de la nuit, pas vraiment résolus à devoir attendre un an avant de remettre le couvert.


On y était - Rencontres Trans Musicales de Rennes, vues par l'un

Rencontres Trans Musicales de Rennes, du 1er au 3 décembre 2011

Lorsque l'on part main dans la main couvrir un événement de grande ampleur - et les Rencontres Trans Musicales de Rennes en sont un avec sa centaine de groupes invités sur un peu plus de trois jours - il est de coutume de se partager la charge de travail et de se répartir préalablement les taches. A toi le premier jour, à moi le second, ou encore, à toi tel groupe, à moi celui-ci... Si Hélène se dégage ipso facto de toute responsabilité, munie de son appareil photo (aujourd'hui en réparation), Sylvain et moi avons choisi de ne pas choisir - comme souvent - et nos goûts et aversions se sont occupés du reste. Voici donc deux visions d'un même festival (l'une ci-après, l'autre ici), signifiant combien l'exercice peut s’avérer subjectif, partiel et fragmentaire.

Jeudi 1er décembre

Si par le plus grand des hasards, il est possible, voir souhaitable, de se retrouver dans la baie de Hyères en plein mois de juillet, à quelques encablures d'un Midi Festival à l'aura fantasmée, l'impondérable n'existe pas lorsque l'on foule, début décembre, le pavé de la gare de Rennes. Avec tout le respect que l'on a pour la Bretagne et ses autochtones - aussi loquaces que des marins en perm' - il fallait bien un démultiplicateur de motivation pour braver vents et marées à la conquête de la blanche hermine. Les Rencontres Trans Musicales - préalablement présentées par nos soins - s'érigent ainsi, du haut de leur trente-troisième édition, tel un phare en pleine tempête, afin de guider, dit-on, cinquante mille de ses fidèles sur les champs défrichés de la découverte musicale.

Jeudi 1er décembre, je pose pied à terre et voilà que le ciel gronde. Sans passer par la case tourisme, je m'introduis dans les interstices de la ville - et sans doute de ce que l'on peut considérer comme étant le plus petit et étroit métro du monde - histoire de récupérer un tiers de la délégation hartzienne, en plus de mes accréditations. L'effervescence d'une métropole étudiante et remuante, galvanisée par le coup d'envoi du festival et de ses célébrations mitoyennes - les Bars en Trans (lire) accueillent à ce titre plus de quatre-vingts groupes sur quinze lieux différents -, n'est pas même entamée par une foutue pluie, aussi glaciale qu'insistante. L’Étage, lieu de confluence des professionnels, est déjà en ébullition : attachés de presse, tourneurs, agents, presse écrite, télévisée, radiophonique, tout le monde est bien là, aux aguets d'un premier verre de la convivialité. Tu m'étonnes. Une inaugurale rasade houblonnée plus loin - aux environs de Sainte-Anne - nous voilà parés pour une immersion en plein cœur des Bars en Trans, précisément au Papier Timbré, non sans avoir failli s'étrangler à l'Ubu dès les premiers accords de Dissonant Nation. Une formation locale que l'on subodore éphémère.

Le temps de commander un admirable vin basque, serti d'une belle planche de cochonnaille, qu'Hannah - duo niçois franchement débarqué de deux dates prestigieuses en compagnie de Girls (Midi Hiver) puis de M83 (Gaîté Lyrique) - étale ses penchants pour une folk toute en contrastes, quelque part à chercher entre classicisme ouvragé et gouaille débraillée. Succédant à un premier EP de bonne facture, le premier LP du groupe à paraître début 2012, People in the Mirror Are Closer Than They Appear, s'annonce tout aussi recommandable. Comme prévu, on zappe La Femme - car non, ce n'est plus possible - pour filer à la Liberté assister à la performance de Lewis Floyd Henry, sorte de "clochard céleste" emboîtant ostensiblement le pas à Hendrix. Bien que son blues éraillé ne laisse pas de marbre, il ne captive mon attention que le temps de trois ou quatre morceaux à l'homogénéité déconcertante. Je dis trois ou quatre morceaux, en fait je n'en sais rien : l'homme orchestre avoine ses instruments à la force du poignet et des chevilles sans que l'on puisse distinguer de nuances sur la durée, mise à part une sauvage reprise de Protect Ya Neck du Wu-Tang. Le bar pro nous tend alors les bras, et ce n'est pas le reste de la programmation qui nous retiendra plus longtemps dans une Liberté très vite désertée par le gros du public. Mention spéciale et titre honorifique de plus belle escroquerie du festival - la concurrence étant rude - décernée à Capacocha, croisement inique entre rock putassier et électro poubelle, que l'on nous présentait tel "le vrai monsieur 100 000 volts". On opte pour la fuite, d'autant que la pluie finit par annihiler toute autre envie que celle de se pieuter.

Vendredi 2 décembre

Un éclatant soleil me tire des bras de Morphée. Qu'importe, les Trans reprennent tôt et le programme est chargé. Première étape, l'apéro des pros à l'Ubu, où comment remplacer le café par le vin. S'ensuit un après-midi de concerts dans cette salle "en coude" pleine comme un œuf. Les trois Juveniles ouvrent les hostilités. Très attendus - notamment depuis leur premier single We Are Young, paru chez Kitsuné - les ex(?)-Wankin’ Noodles et Russian Sextoys font mieux que de ne pas décevoir en délivrant une pop synthétique savamment cadencée et admirablement chantée. Présentés fallacieusement tels d’inénarrables branleurs, on sent poindre, dans chacune de leurs compositions, le souci de l'arrangement idoine, de l'effet recherché. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça marche. Également de Rennes, le duo Splash Wave - que l'on avait tôt fait de découvrir via un single sur Beko DSL, à télécharger par ici, et que l'on retrouve maintenant du côté de Third Side Records - ne se fait pas non plus prier, de sa synth-pop hyptnotico-robotique, pour épaissir encore un peu plus cette intime impression d'être déjà en train de divaguer en plein cœur de la nuit. Claviers à la coloration eighties revendiquée, batteries électroniques métronomiques et voix vocodées à satiété, l'espace-temps se dissout et c'est l'insupportable chaleur qui nous pousse à l'exil sans même avoir entendu l’échalas Wagner prêter sa voix le temps d'une "orgasmique" collaboration. J'exagère à peine, mais vous, vous n'avez pas eu à gérer la horde de groupies qui s'en suivit. Exit donc, et avec regrets, Wonderboy - soit un autre Wankin’ Noodles, Sébastien Thoreux, rencontré par ailleurs au bar à champagne (sic) - et Shiko-Shiko, dont on ne cessa de me vanter la folle énergie. Pour ma part, je n'ai retenu des Lillois - dont le patronyme signifie masturbation en nippon - que le chanteur déguisé en chapon. C'est déjà ça.

Promesses tenues, nos pérégrinations empruntent les chemins des Bars en Trans pour le second soir consécutif. Funeste hésitation à l'heure de sévèrement entamer l'apéro - en gros, au moment où la bière commence déjà à nous assommer de redondance. On loupe The Feeling Of Love pour assister à la performance des Canadiens de Pat Jordache, autres rejetons présents de l'écurie Constellation Records avec le souffleur de chibre Colin Stetson. Une heure d'attente et trois whiskies plus loin, toujours rien. On plie bagage et on s'incruste au Museum Café, désireux de voir enfin Yan Wagner à l’œuvre. Sinistre lieu et infernale programmation attenante - le crooner à la gueule d'ange étant coincé entre les affreux Mc Luvin et les vomitifs Young Empire - pour une prestation du Parisien plus amoureux ici du dancefloor que quiconque. Emballant les cœurs et les jambes de sa synth-pop noire et mélodieuse, élégamment teintée d'électronique, notre homme - en sus d'une foultitude de remixes - s'apprête à sortir un EP début 2012, puis un LP au printemps.

Hélène, photographe patentée du trio, trépigne : le Norvégien Todd Terje s'apprête à investir le Hall 9 du Parc Expo. On oublie la navette et on chope un taxi qui fera le boulot : nous voilà en lieu et place à l'heure dite. Loin d'être désert, le hall sonne un tantinet creux malgré la house rafraîchissante du Scandinave, susceptible de cristalliser funk et disco d'un même tenant. Je me désolidarise histoire d'égayer mon gosier, et là les ennuis commencent. Qui n'a pas vu Las Vegas Parano ne peut comprendre la perte de repères temporels qui s'en suivit. Une nébuleuse masse de corps grouillant, dégoulinant d'ivresse, inhibe alors mon élan naturel pour un Parc des Expo à la démesure aussi glauque qu'une citée-dortoir moscovite. Escalade du bruit et nimbes cauchemardesques, la nausée atteint son paroxysme à l'épreuve de la soupe servie en grande pompe par SBTRKT. Il faut vraiment faire semblant et soigner le paraître pour bouger son cul au son ratatiné de cet énième duo croyant bon de réinventer le dubstep. Aaron Jerome fait bien de se produire masqué, car au détour d'une ruelle, je ne dois pas être le seul à vouloir lui briser les os. James Blake et ses psalmodies peuvent en témoigner. Je me perds à nouveau pour le monde, passant en revue d'un haussement d'épaule l'indigence sonore des Stuck In The Sound - putain mais c'est quoi cette blague ? -, quand le bar à champagne emporte définitivement mon attention. Trop peut-être. Quatre du mat', la nuit se dilate dans la plus grande des perplexités tandis que Factory Floor - trio briton couvé par Stephen Morris - amenuise de son acidité sérielle les derniers souffles de vie d'un public clairsemé. Bien qu'on aurait aimer goûter cette techno glaciale aux pulsations kraut et extatiques, dans un espace nécessairement confiné, le rendez-vous avec cette récente signature DFA est d'ores et déjà pris pour 2012. Avec tous les risques que cette dernière laisse imaginer.

Le jour point à l’orée de notre insouciance quand, de notre plein grès, nous nous acheminons en plein coeur du centre-ville de Rennes, histoire de déguster une galette saucisse des familles. Pour d'autres, la galette, c'est dans les chiottes.

Samedi 2 décembre

13h30, Sylvain harcèle mon téléphone tandis que je mégote les restes de la veille. Hanni El Khatib accepte notre demande d'interview et c'est en toute frivolité que nous nous pointons à l’Étage. Si la rumeur veut que ce dernier ait récemment agressé un journaliste muni d'un stylo Bic (sic) - celui-ci lui ayant fait remarquer que sa musique était à comparer à celle des White Stripes - la réalité veut que le garçon, d'humeur badine et honoré d'être là, soit aussi prévenant que courtois. Sur la table, il n'y a que des Haribo, l'attentat semble loin. On quitte celui qui n'a que le nom "pour faire de la world music" - préférant sans hésitation la poussière d'un rock garage âpre et référencé - pour aller s'enquiller quelques tournées de Guiness. Car les Trans c'est aussi les copains, ouais, ouais. Hélène s'en va de son côté à l'Aire Libre shooter les Kutü Folk, en résidence depuis jeudi. Délicate attention que d'avoir casé les Auvergnats et leur ribambelle de groupes à faire chialer moineaux et perdrix hors de ma portée. St Augustine, The Delano Orchestra, Hospital Ships, Evening Hymns... Je le redis sans honte à quiconque en a quelque chose à foutre, la folk minaudée a tendance à me faire copieusement chier. C'est donc sans regret aucun que je rejoins l'équipe de Modzik en plein work-apéro. Ça rigole, ça plaisante, mais si la couleur de la bière change, la distance nous séparant du Parc des Expo reste ce qu'elle est : une foutue corvée. On zone puis on chope un tacot, mais le mal et bel et bien fait : du fait d'une trop grande affluence, l'accès au concert d'Hanni El Khatib relève de l'impossible. Dommage.

D'ailleurs, un rapide coup d’œil aux proches alentours lève le doute : le Parc des Expo est blindé et dégueule de viande saoûle. J'ai tout autant de mal à m’enthousiasmer pour le récit narrant la performance des minots de Carbon Airways - on parle quand même d'un mash-up Jordi Vs Crystals Castle - que pour les ambitions ubuesques d'un Don Rimini perchant sa table de mixage à vingt mètres de hauteur. Il faut bien ça pour s'étonner d'autre chose que de la grégarité d'une techno ultra conventionnelle, à quelques beats près de ses Ed Banger de potes.

Les odes rappées, iconoclastes et addictives de Shabazz Palaces, tout comme les nappes électroniques d'un Agoria plus qu'acclamé, sauvent les meubles d'une soirée en manque cruel de héros et de légendes. Des inaudibles Spank Rock aux dispensables Janice Graham Band et autres Nguzunguzu, il est définitivement trop compliqué pour nous de faire autre chose que de turbiner non loin du bar. Après tout, cela fait partie du jeu et le DJ du bar pro sait tenir ses ouailles à merveille. Qu'il se dénonce.

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On y était - Rencontres Trans Musicales de Rennes, vues par l'autre

Rencontres Trans Musicales de Rennes, du 1er au 3 décembre 2011

Lorsque l'on part main dans la main couvrir un événement de grande ampleur - et les Rencontres Trans Musicales de Rennes en sont un avec sa centaine de groupes invités sur un peu plus de trois jours - il est de coutume de se partager la charge de travail et de se répartir préalablement les taches. A toi le premier jour, à moi le second, ou encore, à toi tel groupe, à moi celui-ci... Si Hélène se dégage ipso facto de toute responsabilité, munie de son appareil photo (aujourd'hui en réparation), Sylvain et moi avons choisi de ne pas choisir - comme souvent - et nos goûts et aversions se sont occupés du reste. Voici donc deux visions (l'une ci-après, l'autre ici) d'un même festival, signifiant combien l'exercice peut s’avérer subjectif, partiel et fragmentaire.

Jeudi 1er décembre

Le premier jour des Trans est toujours excitant, pour - outre le plaisir immuable de retrouver la ville qui abrita mes regrettées années étudiantes - une foule de raisons. Les plus évidentes étant ces petits rituels immuables, préambule sympathique avant le début des hostilités : arrivée à la gare, retrait des accréditations, dépôt du sac de voyage, puis prise de contact avec les forces en présence et bien entendu, première bière. Invariablement, l'excitation monte au fil de la journée, convaincu que l'on est de passer, comme d'habitude, trois jours de folie musicale et - un peu quand même - éthylique, d'autant plus que sur ce point, faire partie de la délégation hartzinienne n'aide pas à préserver son intégrité hépatique. Cette année n'a donc pas fait exception, et c'est avec envie qu'on entama cette trente-troisième édition. D'autant que la programmation laissait entrevoir, dès ce jeudi-là, de très belles perspectives musicales. Première étape, donc, à la vénérable Salle de la Cité où les Bumpkin Island, dont on nous avait dit le plus grand bien, passaient leur grand oral des Trans Musicales : les neuf musiciens sont visiblement ravis d'être là, et enchaînent leurs titres de pop pastorale avec application. C'est joli, c'est propret, mais j'avoue ma déception, pas vraiment emporté par ces chansons visiblement influencées par les pontes du genre, quelque part entre Sigur Ros et Arcade Fire. Derrière ces louables intentions, ça manque cruellement de corps, et sans doute d'un peu de vice.

Aussitôt le concert terminé, il fallait ensuite se dépêcher de rejoindre la Liberté, où Lewis Floyd Henry, l'homme-orchestre londonien, devait relever le défi de faire bouger à lui seul une foule compacte et bigarrée, avide de sensations fortes. Contrat plutôt bien rempli pour l'Anglais qui, assis sur sa chaise et armé de sa guitare, réussit à conquérir le public grâce à son énergie communicative et ses compositions fleurant bon les références hendrixiennes : comme on l'avait prédit, le charisme du bonhomme, ajouté à son blues tellurique, auront suffit à remporter la mise.

On ne pourra pas en dire autant du Slovène Magnifico qui, malgré ses habits de lumière - un costume blanc que les Leningrad Cowboys n'auraient pas renié s'il s'étaient mis au disco - ne nous emportera pas dans son tourbillon folklorique quelque peu... étrange. En fait, on se contentera de ne pas avoir d'avis sur la question, en se disant que les Trans sont aussi traditionnellement une terre d'asile pour des énergumènes de ce genre, et ce, certes pour le pire, mais bien souvent aussi pour le meilleur.

Je plie donc les gaules peu après ce soir-là, pour me réserver la chance d'être opérationnel le deuxième jour. Il arrive un âge où si l'on veut qu'un lendemain existe aux Trans Musicales, mieux vaut rejoindre piteusement son lit pour profiter de quelques heures de sommeil, lui qui est d'ores et déjà condamné à se raréfier au fil du festival... Les tentatives désespérées de mes collègues Hartziners pour m'attirer dans la spirale funeste du bar pro n'y feront rien, je quitte les lieux, bien décidé à en découdre sévère vendredi.

Vendredi 2 décembre

C'est donc un autre match qui commence, avec au programme de la soirée le top départ du raoût du Parc des Expositions. Si musicalement, les choses sérieuses avaient déjà commencé la veille, la multiplication des scènes et des artistes programmés sonne tout de même toujours le passage à la vitesse supérieure le vendredi.

Je m'étais promis d'être diablement efficace aujourd'hui, dès le début d'après-midi. C'était sans compter sur le petit vin des Abruzzes qui accompagna ma pasta. Du coup, ça traîne en longueur, et le premier objectif du jour, à savoir assister au concert des très attendus Juveniles à l'Ubu, est compromis. C'est essoufflé que j'arrive là-bas, et même pas étonné de voir une foule nombreuse jouer des coudes pour entrer dans la salle. Déception. Mais bon, heureusement, mes deux acolytes, plus efficaces sur ce coup, avaient eux, mieux géré leur début de journée : ils sont à l'intérieur, ils pourront me raconter.

Suite à une inénarrable journée, c'est plein d'espoir que j'arrive au Parc des Expo, prêt à prendre en pleine face la musique totalement azimutée de Breton. Fidèle à ses promesses, le combo délivre un set barjot, dans l'immensité du Hall 9 au public encore clairsemé. Un fourre-tout qui fait se percuter dubstep, hip-hop, électro et j'en passe, mais qui grâce à un sens de la mélodie étonnamment aiguisé, trouve une vraie cohérence. Plutôt bonne surprise, donc, au début d'une nuit qui s'annonce longue... Après être entré à nouveau dans une faille spatio-temporelle au bar pro - et oui, mais c'est vrai qu'il était bon ce DJ du bar pro ! - il fut temps de se diriger vers le concert de Colin Stetson, un peu par simple curiosité : le type a signé sur Constellation, et a développé une technique respiratoire qui lui permet de souffler des minutes entières - des heures ? des années ? - dans ses instruments à vent... Bon, comme on l'a dit déjà à propos de Magnifico, une des spécificités des Trans est de permettre à des artistes inclassables de jouer devant un public nombreux... On entendra plus tard beaucoup de commentaires élogieux sur la performance du Monsieur, mais moi et mes compères du moment, on s'est tout de même assez vite ennuyés. Décision est donc prise de voguer vers d'autres horizons. Ce qui veut dire, en langage de festivalier : nouveau passage au bar. Après tout, j'ai une heure devant moi avant d'aller voir SBTRKT...

SBTRKT, eux aussi attendus au tournant puisque précédés d'un buzz persistant, ont déployé, comme on s'y attendait, leur dubstep vrombissant aux basses gargantuesques. Ça dépote sévère, mais malheureusement un peu trop à notre goût : les finesses mélodiques qu'on avait décelées dans leur musique n'ont pas totalement résisté à l'exercice du live, parfois assourdissant. Mais attention, on fait la fine bouche, à propos d'un groupe qui aura montré quand même, ce soir-là, de très bonnes choses. Il fut alors temps de se réhydrater quelque peu, avant d'en remettre une couche avec un autre groupe "hype-du-moment", les Factory Floor. Je recroise Thibault au bar, qui quant à lui semble avoir très mal vécu son live des SBTRKT. C'est pas grave, à l'heure qu'il est, il aura vite oublié. J'entends au loin les assauts rock de Stuck In The Sound : un peu plus et je rejoignais le public apparemment conquis... Mais il a fallu que le chanteur la ramène : "Vous êtes là Rennes ? Prêts à faire du bruit ?". Ben non. Ce genre d'encouragement, c'est plus fort que moi, je peux pas.

Direction Factory Floor, donc, pour un live attendu : quand on est couvé par Stephen Morris, et qu'en plus on a signé chez DFA, forcément, ça éveille l'intérêt. Pour le coup, à les entendre jouer, ils sont malgré l'heure tardive dans une sacrée forme. Meilleure que la mienne en tous les cas : les Anglais déploient avec vigueur leurs énormes beats synthétiques, qui ne m’émoustillent pourtant qu'assez peu. La foule, elle, semble totalement hypnotisée. A priori, pari gagné pour les Britons.

Samedi 3 décembre

Troisième et dernier jour de festival, il est grand temps de remercier l'industrie pharmaceutique de mettre à notre disposition, à nous pauvres pêcheurs, cette friandise magique qu'est le paracétamol. Mais bon, pas franchement le temps de profiter de mon mal de cheveux : Hanni El Khatib, coup de cœur de cette fin d'année et qui joue ce soir les titres de son excellent premier album, accepte de répondre à nos questions, et on ne voudrait pas le faire attendre. Entretien fort sympathique, que nous ne manquerons pas de partager avec vous très bientôt. Le gars est visiblement heureux d'être là, ça promet pour ce soir. En attendant, il est temps de recharger ses accus au pub avec quelques pintes bienvenues, tandis qu' Hélène, notre photographe en chef, s'en va voir à l'Aire Libre si l'indispensable bande de Kütü Folk y est. En tous les cas, regrets éternels : je n'aurai pas vu mes petits chouchous Evening Hymns, que je m'étais pourtant juré de ne pas rater... Ah, le pouvoir de la Guinness...

Heureusement, à la nuit tombée, c'est tout bonnement le concert le plus explosif des Trans qui m'attend au Hall 3, et le public, venu en masse, ne s'y est pas trompé : Hanni El Khatib embrase la salle, en arrosant le public de ses titres garage hautement corrosifs. Compositions de qualité, charisme, énergie, sauvagerie : tout y est. Tout simplement, pour moi, le meilleur concert vu aux Trans cette année. Et chacun leur tour, à mes amis Hartziners de ne pouvoir en profiter, la salle étant pleine comme un œuf. Je vous raconterai.

A peine le temps de me remettre de mes émotions au bar VIP, et le destin - ainsi que la géographie des lieux - se chargeait de me propulser de nouveau au Hall 3, devant les gredins de Janice Graham Band, bande de branleurs mancuniens qui ont décidé de dépoussiérer le ska made in UK. Et le ska british, c'est pourtant pas franchement ma tasse de thé. Mais l’énergie déployée par le groupe, mise au service de leurs chansons plutôt bien foutues, réussi à me faire entrer dans la danse : cuivres rutilants, guitare tranchante, refrains percutants, ça passe comme une lettre à la poste, et ça a le mérite d'être ravigotant - une Redbull d'économisée, une.

Pas le temps de chômer, c'est le dernier soir, on enchaîne donc avec Spank Rock, qui m'était inconnu sur scène. La bonne occasion, donc, d'autant plus qu'avec un nouvel album produit entre autres par Boys Noize loin d'être mauvais, ça risquait d'être intéressant. Malheureusement, alors que l'individu décide visiblement de débuter son live sur les chapeaux de roue, ça manque cruellement de puissance dans la salle. Résultat, presque comique : des artistes excités comme des puces sur scène, devant un public obligé de tendre l'oreille... Presque gêné pour eux, je quitterai donc les lieux assez vite. Mais une fois de plus, ce fut peut être une erreur de ma part : il paraîtrait que les Américains, au fil du concert, ont rectifié le tir pour finir en boulet de canon avec leurs tubes électro hip-hop barrés. Bon, en même temps, c'est pas trop ma came, je m'en remettrai.

Et puis, question musique de barré, il restait Don Rimini à aller voir pour clôturer la soirée. Le Français, perché sur une installation scénique giganstesque, offre à une foule ivre de son et d'alcool une dernière rasade de décibels, en forme de bouquet final : c'est joyeux, festif, parfois même un peu débile, ça ne changera pas la face du monde, mais ce soir-là, Don Rimini a réussi à atteindre l'objectif qui lui était assigné : clôturer les festivités en beauté par une boum géante au Hall 9, et fournissant ainsi au public un dernier moment de transe collective.

Au final, année après année, le bilan des Trans Musicales est invariable : des concerts qu'on aura loupés, d'autres auxquels on n'avait pas prévu de participer, des déceptions, des surprises, des confirmations, des découvertes, des rencontres... et puis de la joie. Beaucoup de joie. Vivement les prochaines.

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