Carter Tutti Void - f(x)

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Il aura fallu quelques décennies pour se rendre à l’évidence… L’indus, celle proclamée par les pères fondateurs du genre n’est plus… Beaucoup sont morts, d’autres le sont plus ou moins mêmes s’ils bougent encore… Le genre ne semble plus inspirer bien grand monde et pourtant tant d’artistes se targuent d'être influencés par ce mouvement qui aura bousculé la fin des seventies avant de se faire écraser voire engloutir par le punk et la new wave… C’est pourtant avec une intégrité et une régularité qui poussent au respect que Chris Carter et Cosey Fanny Tutti, tous deux ex-Throbbing Gristle, nous livrent quelques œuvres majeures qui continuent d’alimenter le mythe. Leur récent Carter Tutti plays Chris & Cosey en est le parfait exemple. Et tandis que les anciennes légendes tendent à se tourner vers des registres plus lucratifs (EinstürzendeNeubauten, Cabaret Voltaire, William Bennett…) la relève gronde. Car la jeunesse n’a pas oublié les jeunes années où la musique était provocatrice et expérimentale, et rêve secrètement de collaborer avec ses idoles parfois oubliées. Cap passé pour la talentueuse Nik Colk Void leader des anciennement peu fréquentables Factory Floor avant leur passage pop chez DFA, mais aussi du feu groupe noise Kaito. On se souvient de son bref passage chez Perc pour un morceau techno froid et percutant. Ensemble ils montent Carter Tutti Void, cerbère tech-indus qui vrille les tympans sur l’inattendu Transverse paru il y a trois ans chez Mute. Bien qu’impeccable, l’album sonne comme une piste qui n’en fini plus de gonfler jusqu’à l’assaut final, jusqu’ici rien de neuf sous le soleil. Un disque qui fait son petit effet, mais rapidement oublié, ou presque…

Tout commence un soir de mai, la foule se rend en masse pour assister au concert come-back de Cabaret Voltaire - bon en fait Richard H. Kirk en solo, qui ne fait lui-même plus parti du groupe, marrant non ? – avec en première partie Carter Tutti Void.  Sauf que les héros ne sont pas ceux que l’on croit et l’on ressort abasourdis par ces nouvelles mélodies faisant gonfler les effluves de kérosènes dont mon nez sont déjà bien emplies. Mes tympans se vrillent et souffrent encore des assauts bruitistes qui me donneront des acouphènes toute la nuit tout en assaillant mon imaginaire de rêves étranges… Il m’aura fallu attendre jusqu’à ce jour de 11 septembre, date de sortie de f(x) pour comprendre que ce concert avait créé un sentiment de vide que je n’arrivais pas à combler, car mes amis et je vous passerais tous les superlatifs inutiles de fans transis, ce disque est peut-être la réponse pour tous ceux qui attendaient un vrai disque d’indus depuis maintenant presque vingt ans. Le concept est simple, une trame principale, que le trio s’amuse à déconstruire, remodeler, reconstruire, détruire, morceau après morceau, donnant à chaque fois une version différente et méconnaissable de la précédente, si bien que chaque track sonne tout-à-fait différemment de l’autre. Chaque chanson est un peu la même, et pourtant elle ne l’est pas. On se prend alors à chercher des énigmes, des solutions, mais le piège, c’est peut-être qu’il n’y en a pas.

Avec f(x), Nik Void marque un peu plus son identité, on retrouve des sonorités très marquées chez elles, et on sent que le couple Carter-Tutti lui a lâché un peu la bride et a appris à lui faire confiance. C’est une vrai collaboration à trois, où chacun semble avoir trouvé sa place. Les genres se mélangent, s’imbriquent, et ne forment qu’une pièce qui évolue au gré des morceaux ; du dub aqueux au harsh-noise viscéral, de l’electro-pop bruitiste à la tech-indus vindicative… Tout y est. Et malgré ce registre lexical pour le moins agressif l’ensemble reste néanmoins accessible. Sans déconner. f(x) pourrait autant s’écouter en toile de fond, qu’en club ou servir de soundtrack… Il pourrait aussi s’appeler "Guide à l’apprentissage de la musique industrielle pour la ménagère"… Vous pensez que je déconne ? Ma copine qui n’écoute que des trucs à la Cocorosie a adoré alors essayez sur votre grand-mère pour voir ! Je ne dis pas que l’album est tout lisse loin de là ! Mais il est clair qu’à travers leur musique, Carter Tutti Void a réussi à atteindre des sommets qu’aucun artiste n’avaient égalé depuis des lustres. Une baffe sonore qui s’écoute en boucle sans qu’on arrive à dire stop. Impossible de mettre une note… ou un barème… euh bac + 10 peut-être ?

Vidéo

Tracklist

Carter Tutti Void - f(x) (Industrial Records, 11 septembre 2015)

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Amelie Ravalec l'interview

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Musique industrielle pour peuple industriel. Le mot est du performer Monte Cazazza à l'encontre du label Industrial Records, fondé par Throbbing Gristle - via lequel celui-ci sortira ses deux premiers EP en 1979 et 1980 avant de migrer pour Sordide Sentimental de Jean-Pierre Turmel et Yves Von Bontee. Que voulait-il dire au moment de glisser ce qui deviendra le slogan de moult formations se réclamant, ou rattaché indûment par la presse, à la mouvance industrielle ? C'était une blague... Je ne pensais pas que l'expression allait être prise avec autant de sérieux. Il n'empêche, la formule est assez générale et laconique pour embrasser l'origine de ce courant du post-punk, historiquement contemporain d'un punk vite asséché de créativité et récupéré, et trouvant ses racines dans quelques esprits issus des milieux artistiques affiliés à la vague des happenings, intellectualisant au sein de COUM Transmissions un actionnisme conciliant improvisations free jazz et rituels chamaniques incorporant automutilation, pratiques sexuelles, sang et scatologie. Les esprits en question, instigateurs d'un rock psychédélique inversé, narrant pour Simon Reynolds un interminable mauvais trip, et ce, en pleine décomposition de la société anglaise aboutissant aux années Thatcher, se nomment Génésis P-Orridge, Cosey Fanni Tutti, Peter Sleazy Christopherson et Chris Carter, qui, ensemble au sein de TG, et sans se départir d'une approche expérimentale, tant au niveau de la recherche que de l'effet sensoriel produit, s’embringueront sur les chemins d'une "anti-musique" bruitiste, faite d'instruments traditionnels, de boîtiers d'effets, de synthétiseurs et de samplers archaïques dont le Gristle-izer bricolés par Carter, ou Tesco-Disco, selon l'expression de P-Orridge, aux rythmiques inspirées des chaines d'assemblages et de la division fordiste mais débilitante du travail. Ce dernier d'ailleurs, lors de l'un des premiers concerts du groupe éructera à la face de quelques punks venus les insulter : Vous ne pouvez pas avoir l'anarchie et avoir de la musique en même temps. Doublant cet effort d'improvisation par une conceptualisation de son activité artistique - lutte frontale contre la monotonie, l'uniformité, le contrôle des masses et la mystification - TG s'imposera au fur et à mesure une organisation quasi paramilitaire, entre bunkerisation de son studio d'enregistrement, adoption de tenues militaristes et création de son propre label destiné à préserver son indépendance totale. Au-delà des aspects plus que limites de leurs paroles et de leur imagerie suggestive - utilisant une photo du camp d'Auschwitz comme logo du label, s'inspirant pour celui de TG de l'éclair qu'avait adopté la British Union of Fascists et jouant avec ambiguïté d’histoires de viols, de tueurs en série, de meurtres d'enfants et de pédophilie pour alimenter ses textes - TG va, par l'entremise de son label et de puissance magnétique, favoriser l'émergence d'une scène industrielle avec notamment Clock DVA, The Leather Nun, ou encore Whitehouse et Nurse with Wound, groupes dans lesquels il ne se reconnaîtra que peu. Dans une interview récente donnée à Vice, Richard H. Kirk du trio Cabaret Voltaire, rattaché à l'étiquette indus du fait de sa pratique du collage sonore, des thématiques abordées et de ses quelques sorties sur IR, va même plus loin, au-delà de toute généralisation abusive : "Il n’y avait qu’un groupe de musique industrielle, c’est Throbbing Gristle, et beaucoup de gens les ont copié après. (...) Tout le monde part du principe que parce que les Cabs viennent de Sheffield, et que Sheffield avait une grosse industrie sidérurgique dans les années 70, on faisait de la musique industrielle. Cabaret Voltaire ne s’est pas mis à la musique pour faire le même bruit qu’une usine, c’est ce qu’on entendait déjà tous les jours, pourquoi faire un truc pareil ? On voulait faire quelque chose qui ressemblait au son d’une autre planète, pas celui d’une putain d’usine à métaux !" Le débat reste entier.

A mi-chemin entre contextualisation, tentative de définition et mise en perceptive historique de la filiation industrielle, Amelie Ravalec, jeune réalisatrice déjà auteure en 2012 du documentaire Paris/Berlin: 20 Years Of Underground Techno, a sorti en mai dernier avec son acolyte Travis Collins Industrial Soundtrack For The Urban Decay reposant sur des images d'archives et de nombreuses interview de membres de TG - par ailleurs futurs Psychic TV, Coil et Chris & Cosey - Test Dept, Cabaret Voltaire, SPK, Z’EV, In The Nursery et Clock DVA, d'artistes américains tel Boyd Rice de NON, de fanzines avec RE/Search de V. Vale ou encore de labels d’époque tel Sordide Sentimental ou d’autres apparus au début des années 90 tel les allemands Ant-Zen ou Hands Production. Déjà visionné au quatre coins du globe, le film tient enfin ses premières projections parisiennes avec une diffusion dans le cadre de l’Étrange Festival le 4 Septembre en leur présence plus celles additionnelles de Jean-Pierre Turmel et d'Ellen Zweig, réalisatrice d'un documentaire sur Stefan Joel Weisser aka Z’EV également projeté, suivie par une série de projections à La Clef du 17 au 22 septembre. L'occasion était trop belle pour ne pas lui poser quelques questions sur ses motivations.

Amelie Ravalec l'interview

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Peux-tu nous relater la genèse de ce second projet et décrire l'aventure humaine qu'il a représenté pour toi ?
Can you talk about the origins of this second project and describe the human adventure it embodies ?

L’idée de réaliser un documentaire sur la musique industrielle m’est venue il y a quelques années. Voulant me documenter sur la question, j’ai lu de nombreuses publications, livres et fanzines mais n’ai trouvé aucun film exclusivement dédié à la musique industrielle, ce qui m’a donné envie de réaliser Industrial Soundtrack For The Urban Decay. Quelques mois après avoir sorti Paris/Berlin, j’ai donc contacté les artistes que je voulais interviewer et nous avons commencé à tourner. J’ai ensuite monté le film, ce qui a pris une bonne année, et nous avons ensuite passé de longs mois à finaliser la post-production et à négocier les droits. Nous avons littéralement tout fait nous mêmes, tournage, montage, post-production, négociation de droits, distribution, promotion, presse… Cela représente un travail énorme, jour et nuit pendant quasiment 3 ans.

I thought about making a documentary on industrial music a few years ago. When I discovered industrial music, I read numerous publications, books and fanzines but never found a movie devoted to the subject. This led me to start working on Industrial Soundtrack For The Urban Decay. I was busy at the time with my first film Paris/Berlin, but a few months after releasing it, I got in touch with the artists I wanted to interview and we began to shoot. Then I edited the movie, which took a year or so, and Travis and I spent months completing the post-production and licensing the rights. We did everything ourselves: shooting, editing, post production, licensing, distribution, advertising, press... That was a huge amount of work, day and night for almost three years.

Après un premier documentaire consacré à l'underground techno entre Paris et Berlin, pourquoi t'être investi dans un second traitant de la musique industrielle ? Est-ce une façon pour toi d'exposer une filiation de l'un envers l'autre ?
After making a first documentary dealing with underground techno between Paris and Berlin, why choose to make another one dealing with industrial music ? Is it a way to showcase a legacy from one to another ?

J’ai découvert la musique industrielle par les artistes techno que je préférais, comme Ancient Methods ou Adam X, qui mixaient de la musique industrielle avec de la techno depuis des années. Ce fut donc un cheminement personnel plutôt naturel. Bien que les passerelles entres les deux genres existent et soient importantes, ce n’est pas ce que j’ai choisi d’explorer dans le film, car le sujet pourrait presque faire un film à lui tout seul !

I discovered industrial music thanks to some of my favorite techno artists such as Ancient Methods or Adam X, who had been mixing industrial music with techno for years. Though there are obvious bridges between the two genres, this is not what I wanted to delve into in the movie, because the subject could deserve a movie in its own right.

À son encontre, on parle de la musique industrielle comme un violent télescopage entre musiques concrètes et musiques électroniques, avec en toile de fond théorique le futurisme italien du début du siècle. Quelle est la définition de la musique industrielle que tu as voulu faire transparaître du film ?
Industrial music is seen like a violent confrontation between musique concrète and electronic music, with a theoric background in italian futurism from the beginning of the century. What definition of industrial music did you try to convey in this movie ?

La musique industrielle englobe une collection d’influences variées, tels que les mouvements d’art avant-gardistes comme le dadaïsme, le futurisme et le surréalisme, les premières expérimentations électroniques, la musique concrète, les bandes sons de films de science-fiction des années 50/60, la littérature, avec notamment William Burroughs et Brion Gysin et leurs techniques de cut-up, J.G. Ballard, les penseurs et philosophes Foucault, Baudrillard, Deleuze… Ce mélange est ce qui pour moi rend la musique industrielle captivante et c’est ce que j’ai choisi d’explorer dans le film.

Industrial music gathers a collection of various influences, the avant-gardist movements dadaism, futurism and surrealism, electronic experimentations, musique concrete, soundtracks from 50's or 60's science-fiction movies, literature from William Burroughs and Brion Gysin and their cut-up techniques, J.G. Ballard and philosophers Foucault, Baudrillard, Deleuze. To me, this mix of influences is what makes industrial music so fascinating, and that's what I chose to explore in this movie.

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La musique industrielle est-elle intimement liée par sa dimension politique et contestataire au contexte historique qui l'a vu émerger en Europe et plus particulièrement au Royaume-Uni ? Quelles en ont été les manifestations ou conséquences ?
Is industrial music closely related to the historic context it was born in, in Europe and more specifically in the UK, thanks to its political and protest dimension? What has been its expressions or results?

Absolument, et nous en parlons d’ailleurs dans le film. Le contexte politique des années Thatcher a marqué toute une génération d’Anglais, amenant oppression culturelle et chômage important pour toute la classe ouvrière. Paradoxalement, cela a permis à de nombreuses personnes de prendre le temps de se concentrer sur leurs activités artistiques et c’est d’ailleurs grâce à ça que de nombreux groupes de musique industrielle ont vu le jour.

Definitely, and we reflect on this in the movie. The political context of the Thatcher years left its mark on a whole generation of English people, leading the working class into significant cultural oppression and unemployment. Ironically, this allowed many people to take the time to focus on their cultural activities, and that’s how many industrial music bands got started.

Selon toi, quelles sont les principales figures de ce mouvement ? As-tu réussi à toutes les interviewer ?
According to you, who are the main advocates of this movement? Did you manage to interview them all?

Nous avons réuni dans le film une grande partie des figures majeures de la musique industrielle. Nous avons interviewé tous les membres de Throbbing Gristle, premier groupe industriel, mais aussi Cabaret Voltaire, SPK, Clock DVA, Test Dept et bien d’autres groupes et musiciens. Nous nous sommes aussi intéressés à des personnages comme V.Vale, qui a édité la publication de référence sur la musique industrielle (Industrial Culture Handbook, 1983) et Jean-Pierre Turmel, qui édite le fanzine et label Sordide Sentimental depuis 1978 et fut l’un des premiers à faire découvrir Throbbing Gristle en France. Certains groupes comme Neubauten ou Laibach et quelques journalistes n’ont pas souhaité faire partie du film et c’est dommage, mais les artistes que nous avons interviewés nous ont procuré largement assez de matériel pour le film.

We featured most of the major industrial music artists in the film. We interviewed every member of Throbbing Gristle, the first industrial band, but also Cabaret Voltaire, SPK, Clock DVA, Test Dept amongst many other bands and musicians. We also interviewed people like V. Vale, who published Industrial Culture Handbook, 1983, now considered the reference publication on Industrial music, and Jean-Pierre Turmel, owner of fanzine / label Sordide Sentimental since 1978, who was the first person to share Throbbing Gristle’s music in France. Some bands like Neubauten or Laibach and a couple of journalists didn't want to be included in the movie and that's a shame, but the artists we interviewed gave us more than enough content to tell the industrial music story.

Comment peux-tu expliquer la relative méconnaissance du public pour la musique industrielle alors que celle-ci reste et restera pour longtemps encore un terreau fertile de créativité pour nombre d'artistes ? Est-ce une musique aujourd'hui uniquement d'initiés ?
How do you explain that people barely know industrial music, event if it offers now and for a long time a fertile ground for creativity to many artists ? Is it only a music for insiders ?

C’était une musique d’initiés au début, et le noyau du mouvement l’est encore aujourd’hui, mais de nombreuses personnes ont maintenant entendu parler de la musique industrielle. Beaucoup d’artistes également se revendiquent aujourd’hui de son influence. Bien que la musique industrielle ne fasse pas intégralement partie de la culture populaire, elle est tout de même aujourd’hui bien plus connue qu’elle ne l’était à ses débuts. Chris Carter nous racontait par exemple que Throbbing Gristle était devenu bien plus populaire quand le groupe s’est reformé en 2004 qu’à leurs débuts. Tout d’un coup, ils se sont mis à vendre des milliers de disques et à jouer en tête d’affiche de gros festivals.

It used to be a niche genre, and it still is for the core of the movement today, but many people have now heard about industrial music. Many artists claim its influence too. Though industrial music isn't totally part of  pop culture, nowadays it's far more recognize. Chris Carter was telling us that Throbbing Gristle became far more popular when the band reformed back in 2004 than when they first started. They then began to sell thousands of records and started headlining huge festivals.

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Tu travailles également pour Fondation Sonore qui a édité une belle compilation en support de ton documentaire Paris/Berlin: 20 Years Of Underground Techno. Penses-tu faire de même ? Est-ce le but de la division label de Fondation Sonore ?
You're working for Fondation Sonore too, they released a nice compilation to support your documentary Paris/Berlin : 20 Years Of Underground Techno. Do you consider doing the same ? Is it the purpose of the label section of Fondation Sonore ?

Nous avons monté Fondation Sonore en 2011 avec Gregorio Sicurezza, et avons lancé le label un an après. Nous sortons la musique que nous aimons, ce n’est pas directement relié à mes films, cependant il était évident de sortir une compilation pour Paris/Berlin car elle regroupe tout nos morceaux technos préférés et de nombreux artistes que nous avons invités à jouer pour la Fondation. J’ai bien sûr pensé à éditer une compilation pour Industrial Soundtrack mais malheureusement je ne pense pas qu’elle verra le jour pour des raisons de droits.

I founded Fondation Sonore with Gregorio Sicurezza back in 2011, and we launched the label a year after. We release music we love and this is not directly related to my films, but doing the Paris/Berlin compilation was obvious to us, as it gathers all of our favorite techno tracks and many artists we invited to play for our gigs. Of course, I’d like to make a compilation for Industrial Soundtrack, but unfortunately I don't think it will ever be released because of licensing issues.

Comment vas-tu promouvoir ton film désormais ? Ou sera-t-il diffusé ?
How do you plan to promote your movie now ? Where will it be released ?

Le film est sorti en mai 2015, nous avons eu une centaine de projections dans des cinémas, centres culturels et festivals dans le monde entier et nous en confirmons encore tous les jours. Nous allons également sortir le DVD très bientôt. Toutes les infos sont disponibles sur le site.

The movie was released theatrically May 2015. So far, we had more than 100 screenings in cinemas, cultural centres and festivals all around the world, and we’re still confirming more every day. We’re also about to release the DVD. All the info available on our website

As-tu d'ores et déjà un nouveau sujet d'étude pour un troisième documentaire ?
Do you think about a new theme for a third documentary already ?

Je réfléchis à plusieurs projets pour la suite mais pense me tourner vers la fiction pour mon troisième film.

I’ve got several projects in mind but my third movie will probably be a feature film.

Vidéos


Who are you Vinyl-On-Demand?

Vinyl-on-demandVinyl-On-Demand, ou VOD pour les intimes, a tout des petits labels indé parmi lesquels on aime farfouiller pour dénicher la perle rare. Mais c’est sans compter le travail impressionnant de Frank Maier, digger devant l’éternel, pour débusquer des petits bijoux discographiques parfois oubliés et souvent introuvables et auxquels VOD offre une seconde vie. Un travail de restauration phénoménal au service d’oeuvres cultes qui apparaitront rapidement comme le Saint-Graal pour tout aficionado de musique industrielle ou expérimentale.

Interview avec Frank Maier

VINYL ON DEMAND
Quelles furent tes premières expériences musicales ?
What were your initial musical experiences?


Je n’ai jamais été un musicien ou cru que je pourrais en être un bon. J’ai joué de l’orgue pendant un an mais ça ne m’a jamais plu - lire les partitions, etc. En 1979/80, un de mes amis un peu plus âgé m’a fait écouter Lucifer d'Alan Parsons Project. En 1981, ma tante m’a acheté un disque de Jean­-Michel Jarre et je crois que ça a fait de moi un auditeur actif et un consommateur d’électronique et d’électronica.

I was never a musician or felt I could be a good one. I played organ for a year and never enjoyed it reading notes etc. In 1979/80 a slightly older friend on mine played Alan Parsons Lucifer to me. In 1981 my aunt bought me a Jean Michel Jarre Record and I guess this totally hit me for electronics and electronica as an active listener and consumer.

Comment as-tu eu l’idée de créer VOD ?
How did you get the idea to create VOD?

L’idée du concept de VOD était une évolution issue de la frustration d’être coincé dans une sorte de vide musical à collectionner et acheter de la musique créative. Traîner dans les magasins de disques était devenu quelque peu ennuyant, rien n’étais très inspirant mais paradoxalement, les sorties de la culture cassette que je collectionnais depuis des années et que j’écoutais une fois de temps en temps semblaient ouvrir un nouvel univers d’exploration de sons “nouveaux” qui bénéficiaient de toute cette créativité individuelle qui me manquait dans la musique contemporaine.

En 2003, j’ai quitté mon boulot de manager et décidé que je voulais lancer un label et sortir toute cette merveilleuse musique issue de la culture cassette qui datait de la fin des années 70 au milieu des années 80 et qui n’était pas correctement couverte et rendue accessible à un public plus large qui aurait pu ressentir la même excitation et la même joie en écoutant cette musique.

The idea to the concept of VOD was an evolution out of the frustration to be stuck in some musical vacuum in collecting and buying creative music. Shopping at record­stores became somewhat boring to me, nothing was very inspiring but in contradiction, the cassette­culture releases I was collecting over the years and was listening to every once in a while seemed to open up a new universe form e in exploring „new“ sounds that has all this individual creativity I was lacking from contemporary music.

In 2003 I quit my regular manager­jobs and decided that I wanted to start a label and release all this wonderful cassette­culture music from the late 70’s to mid 80’s which wasn’t properly covered and made available to a broader audience of people that could maybe feel the same excitement and enjoyment when listening to the music,

Comment décrirais-­tu l’esthétique musicale de VOD ? Est-­elle une réflexion de ce que tu écoutes ?
How would you describe the musical esthetics of VOD? Is it the reflection of what you listen for?

Oui absolument, puisqu’écouter des vinyles est une sorte de religion pour moi et même un rituel quand j’écoute le disque. Le design et la qualité d’une sortie ont une grande importante, incomparable avec n’importe quelle production de CD.

Selon moi et mes croyances, un CD est d’abord considéré comme un objet qu’on a l’habitude de passer et d’écouter de manière passive, dans une voiture, chez soi en faisant le ménage ou tout autre type d’activité. Il ne peut pas vraiment transmettre la valeur ajoutée et les rituels/habitudes ainsi que les émotions qui peuvent être atteints avec un vinyle.

Un vinyle nécessite que tu t’assoies, que tu te détendes, que tu prennes un verre de vin et que tu prêtes toute ton attention à la Musique que le diamant t’apporte via tes enceintes.

Yes, absolutely, as listening to analogue Vinyls is some kind of religion to me and even a ritual when listening to the record. Design and quality of a release has a great importance, uncomparable to any CD­Production.

In my opinion and believe a cd is primarily considered as something to be used to play and just passively listen, in a car, at home while cleaning the house or some other more indirect and passive enjoyment. It can’t really transport the value­add’s and rituals/habits and emotions that can be achieved with a solid Vinyl.

A Vinyl wants you to sit down, relax, drink some wine and fully pay attention to the Music that the needle transports to you via your speakers.

Pourquoi travailles-­tu essentiellement sur des rééditions ? La musique actuelle ne t’intéresse-­t’elle pas ?
Why do you essentially work on reeditions? Doesn’t current music interest you?

C’est devenu ma mission et ma philosophie de couvrir la culture cassette et de la rendre accessible à un public plus large. C’est mon UPV (Unique Principe de Vente). Les gens qui s’inscrivent savent à quoi s’attendre même s’ils ne connaissent pas l’artiste. J’aime que les abonnés me contactent et me disent : “Wow, je n’avais jamais entendu parler d’eux, ils m’avaient complètement échappé dans le temps”.

J’essaie d’écrire une histoire correcte du potentiel créatif du début des années 80 et pas simplement de ressortir des vinyles produits à cette époque quand quelques personnes ont eu la chance de signer un contrat avec un quelconque label, ou avaient assez d’argent pour produire leur propre disque onéreux et trouvaient par chance un distributeur capable de le promouvoir.

La bonne vision d’ensemble n’est pas de prendre marché du début/milieu des années 80 et de penser que ça s’arrêtait là. La créativité musicale de cette époque était comme un iceberg. Un petit pourcentage était capable d’avoir du succès (plus ou moins), mais la plupart de la créativité restait sous la surface, cachée pendant de nombreuses années, presque perdue à jamais puisque beaucoup d’artistes ne croyaient plus en leur musique, avaient arrêté d’en produire et ne pouvaient plus retrouver leurs cassettes/enregistrements. J’essaie de retransmettre l’histoire correctement et d’agir comme une plateforme.

En ce qui concerne la musique contemporaine : il se trouve que je l’apprécie aussi, c’est pour cette raison que j’ai aussi les deux autres labels VinylOverDose et Pripuzzi­ Records. Toutefois, promouvoir la musique contemporaine nécessite un effort important pour convaincre la machinerie du marketing, un important réseau de contacts dans la presse, d’être ouvert d’esprit envers les plateformes comme Soundcloud, Facebook, YouTube, Bandcamp, MySpace... afin de faire connaître aux gens et aux distributeurs quelque chose de nouveau et les convaincre de dépenser leur argent dans un nouveau vinyle.

Quelques labels qui ont réussi sont capables de vendre d’importantes quantités de disques (1000/­2000) de nouveaux groupes mais c’est difficile et je n’ai tout simplement pas le temps quand je me concentre sur la culture de cassettes et que je sors 50­73 disques par an que je dois produire.

It has become my mission and philosophy to covert he cassette­culture and bring it to a broader audience. It is my USP (unique Selling Position). People subscribing know what to expect even not knowing the artist. I like subscribers contacting me and telling me „wow, I didn’t know about them, they totally slipped through my radar back then“

I am trying to write a proper history of the creative potential in the early 80’s ad not just reissue Vinyls that had been produced back then when some people had the luck to get a contract with some record­label or had enough money to produce their own expensive record and luckily found a distro able to promote.

It’s simply not the big picture when taking the market of the early/mid 80’s and think this was it. The creativity in music back then was like an iceberg. Just a few percent were able to present themselve (more or less) successfully, but most of the creativity kept underneath the surface, hidden for many many years, almost lost forever as many of those artists lost faith in their music, stopped producing, can’t even find their tapes/recordings anymore. I try to write proper history and act like a plattform

For contemporary music: I do indeed also like contemporary music, thats why I have also the 2 sublabels VinylOverDose and Pripuzzi­Records. However promoting contemporary music needs a high effort in promoting, convincing, a marketing­machinery, a great network of press­contacts, an active open mind for platforms like Soundcloud, Facebook, Youtube (channels), Bandcamp, Myspace..... in order to make people and distributors/shops aware of something new that shall be convince people to spend money on a new Vinyl.

You have several successful labels that are able to sell a large amount (1000­2000) records on new bands but it’s hard and I simply don’t have the time to do so when you focus on the cassette­culture and release 50­73 records per year which you need to produce and take care of this value­chain.

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Tes sorties sont très accomplies. On trouve souvent sur le même disque l’original, le live, les faces ­B, les remixes, etc. Comment as-­tu accès à toutes ces données ?
Your releases are very complete. We often find on the same record, original, live, face­B, remix, etc. How do you get access to such rich database?

Le processus se fait en relation intense avec les artistes. Une fois que l’artiste a compris ma mission et ma philosophie, ils deviennent enthousiastes et se mettent à chercher dans leurs cartons de cassettes qu’ils ont entreposées quelque part. Je leur dis de tout envoyer et je les numérise puis on commence le processus, qui reste ouvert en termes de design et de sélection audio jusqu’à ce que ce soit un produit fini avec les morceaux choisis pour la sortie.

It’s a process with a very intense relationship to the artists. Once the artist understands my mission and philosophy they get excited and start going through their old boxes of tapes which they stored somewhere. I tell them to sent all and digitalize them and then we start the process and the process is an open­end, in design and audio­selection until it’s a finished product with tracks chosen for the release.

In the beginning of this process is just the contact and my awareness that the artist has done something important or great/creative in music for me. Everything else develops from there. And yes, I am a completist, I want to see the big picture and give an overview of the artists work rather than just providing the audience out there with some kind of „best­off“. I want the audience to experience the development of the artists creativity over a period of time on a release.

Comment choisis-­tu les artistes ou les albums avec lesquels tu veux travailler ?
How do you choose the artists or albums that you want to work with?

Il y a plusieurs manières de procéder. Au début, j’utilisais ma banque de données de 2000 cassettes issue de cette culture cassette et je les écoutais afin de voir s’il y avait un groupe que j’admirais vraiment pour son travail. Au fil du temps, tu écoutes aussi les recommandations des abonnés et des gens qui te disent d’écouter tel artiste de cette culture, ou Soundcloud, etc., ou ils t’envoient un CD gravé, ou c’est l’artiste qui te contacte ou te propose une sortie en plus d’écouter son travail y compris non distribué et qui n’avait pas été déterré depuis trois décennies voire plus.

Mais ça devient clairement de plus en plus difficile aujourd’hui car il y a beaucoup de labels (à temps partiel) qui font (ou tentent de faire) la même chose et qui sortent le travail d’un artiste que tu aurais aimé sortir sur un marché déjà saturé et de moins en moins capable de gérer le flux de sorties dans le domaine de la réédition/de la culture cassette du début des années 80.

There are a few ways. In the beginning I was using my database of 2000 Tapes from the Cassette­culture and listened to them to see if there is a band I really admire for their work. As time goes by you also listen to recommendations from subscribers and people telling you to check out this Cassette.culture­artist or soundcloud etc.. or they sent you burnt CD’s to listen or the artist approaches you and offers you a release and to listen to his work including previously unreleased work that are unearthed for 3 decades or more.

But it’s definitely getting more difficult these days as you now have many (part­time) labels that (try to) do the same and with it, deliver an artists­work you would have liked to release to an already saturated market that is nowadays hardly able to cope with the flood of releases in the re­issue / early 80’s cassette­culture market.

Avec plus de 1000 disques à ton actif et avec le recul, comment vois-­tu ton label aujourd’hui ? As-tu des regrets ? Y a-t-il des choses que tu voudrais changer ?
With more than a thousand records to your credit and in retrospect, how do you now see your label? Do you have regrets? Things you would like to change?

Tout ce que j’ai, c’est cette réalité à laquelle je suis confronté, fondée sur les décisions que j’ai prises ces 12 dernières années et que je pourrais seulement regretter si j’avais su les conséquences des actions et façons de faire des autres labels.

Donc je ne peux pas avoir de regrets. Je peux simplement me confronter à la réalité et trouver certaines choses très tristes.

Je trouve dommage que le marché se soit tellement saturé en si peu de temps et je suis triste qu’il y ait un changement démographique auquel nous devons faire face puisque les personnes intéressées par les vinyles du début des années 80 sont confrontés à d’autres problèmes dans la vie et doivent dépenser leur argent dans l’achat d’une nouvelle machine à laver, dans les affaires familiales, doivent économiser pour une nouvelle voiture/maison, un bébé, etc. Et l’intérêt pour la musique se dissipe peu à peu à cause de tous les problèmes auquels chacun doit faire face dans la vie, notamment celui de ne plus trouver le temps d’écouter un disque/vinyle.

Je trouve ça triste que l’ambiance entre les concurrents (en particulier dans le domaine de la direction artistique) soit devenue très cruelle et mauvaise et que ce marché manque de respect et de reconnaissance. La parole ne veut rien dire aujourd’hui quand on peut tirer un bénéfice. Ce business est devenu encore plus malhonnête et tu es confronté à plein de mensonges et personne ne veut être tenu pour responsable dans toute la chaîne de production d’une sortie.

Cette récente évolution (un environnement difficile couplé avec un marché saturé), je ne peux la regretter puisque je ne peux rien y faire mais ça me rend très triste, et quand tu utilises un modèle académique pour définir la marge de profit dans certains domaines (le modèle des cinq forces de Porter), tu réalises que c’est presque impossible de vivre d’un label quand tu as besoin dans les faits de vendre 400 copies ne serait­-ce que pour rentrer dans les frais, ce qui n’est pas toujours évident.

I only have this reality I am facing based on what I have decided the past 12 years and I can only regret if I had known the outcome for other label actions/ways to be taken.

So I can’t regret. I can only look at the reality and find certain things very sad.

I find it sad that the market has become so saturated in such a speed and I am sad that there is a demographic change that we need to face with the ones interested in early 80’s Vinyl have to cope with other issues in live and spent their money on new washing­machines, family­business, save money for a new car/house, baby etc.... and that the interest if slowly vanishing because of all the problems everyone has to deal with in life including no time to enjoy a nice hour to listen to a record/vinyl.

I find it sad that the climate between the competitors (especially in the A&R­Field) has become very cruel and mean and that the business lacks respect and appreciation, a word means nothing today when others can benefit/profit a few USD/Euros. The business itself has become a lot more dishonest and you are confronted with many lies and no one wants to be responsible in the whole value­chain of a production to a release.

This development in recent years (tough environment in combination with a saturated market) I can’t regret as I can’t change it but it’s making me very sad and when you would now use academic model is to define a profit­margin in a certain area (Porters 5­forces model) you would realize that it is almost impossible to make a living with a label when you actually need to sell 400 copies to reach a break­even in cost and sometimes need to struggle in selling this quantity.

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Peux-­tu nous parler de tes prochaines sorties du VOD ?
Can tell us about your future releases on VOD?

Mon programme de 2015 est fixé et je ne prévoirai rien au-delà étant donné que je dois suivre attentivement le marché sur le moment. C’est devenu beaucoup plus difficile de vendre les artistes confidentiels et les gens préfèrent se concentrer sur les noms plus connus quand ils collectionnent les vinyles à cause des problèmes d’argent et de place, ou de leur partenaire qui leur demande d’arrêter d’en acheter.

I have the schedule for 2015 fixed and will not plan beyond 2015 as I carefully need to follow the market at the moment.It has become a lot harder to sell the less known and people like to concentrate on the bigger names when collecting Vinyls because of cash and space­issues or partners telling them to stop buying more Vinyls.

Peux-tu nous dire la sortie dont tu es le plus fier ?
Can you tell us the release you are the most proud of?

Je suis fier de ce que j’ai accompli avec le label et fier que le niveau de qualité ait augmenté régulièrement au cours des années. Je suis fier de presque toutes les sorties depuis ces 12 dernières années.
 Je suis fier et heureux quand les gens et les artistes sont heureux et quand la production d’une sortie se fait sans incident majeur à toute les étapes de la chaînes de production.

I am proud of what I have achieved with the label and proud that the level of quality has been steadily increased over the years. I am proud of almost every release the past 12 years.
I am proud and happy when people and artists are happy and when a release was smoothly produced without big problems in complete value­chain of production.

Traduction : Marie-Eva Marcouyeux et Juliette Indjic

Vidéos


Industrial Soundtrack For The Urban Decay

Industrial Soundtrack For The Urban Decay2Alors que sort sur le label belge Fondation Sonore en mars 2014 la bande originale de son premier documentaire, Paris/Berlin: 20 Years Of Underground Techno, Amélie Ravalec - bien aidée du journaliste australien Travis Collins -, est en pleine préparation d'un nouveau film traitant de la musique industrielle, Industrial Soundtrack For The Urban Decay, dont un trailer à découvrir ci-après vient d'être révélé. Se proposant de partir à la rencontre d'une large frange des acteurs de ce mouvement ultra-provocateur et contestataire apparu à la fin des années 1970 en Angleterre, contemporain du punk, mais radicalement plus novateur dans toutes ses expressions artistiques - des membres de Throbbing Gristle, par qui tout a pris une ampleur inédite avec Industrial Records, et par qui, après leur séparation, tout a continué dans des directions différentes avec Psychic TV, Coil et Chris and Cosey, aux autres formations londoniennes tel Test Dept et de Sheffield avec Cabaret Voltaire, In The Nursery et Clock DVA, en passant par des artistes américains tel Boyd Blake Rice de NON, sans oublier les fanzines avec RE/Search de V. Vale - et dont l'ancêtre est Search & Destroy - ou encore les labels d'époque tel Sordide Sentimental ou d'autres apparus au début des années 90 d'indus tel le bavarois Ant-Zen ou de techno industrielle tel l'allemand Hands Production -, le documentaire ambitionne également de restituer le contexte social, politique et urbanistique de l'époque à travers un important travail sur la base d'images d'archives. Devant voir le jour d'ici la fin de l'année 2014, un don est même conseillé si, comme nous, vous êtes curieux du résultat. En attendant une mixtape réalisée par Amélie Ravalec, débordant dans ses choix du sujet, aidera à patienter.

Trailer Industrial Soundtrack For The Urban Decay

http://vimeo.com/86841887

Mixtape by Amélie Ravalec

01. Clock DVA - Buried Dreams
02. The fabulous Sandra Electronics - Cubs! Do your best
03. Cabaret Voltaire - The voice of america / Damage is done
04. Crass - Asylum
05. The Present Moment - The high road
06. Column One - W. Transmission 4
07. Belfegore - Belfegore
08. A wooden bow - FF
09. Burial Hex - Cristal Tears
10. Pump - The decoration of the duma
11. Karl O Connor - Understand
12. Aun - Druids
13. The normal - Warm Leatherette
14. Neva - Irradié
15. Throbbing Gristle - Slug Bailt
16. Viron - Röntgentopogramm
17. Dive - Final Report
18. Non- Sunrise
19. Atrox - Versuch Einer Versohnung
20. Sophia - The End of the World
21. SPK - A Heart That Breaks (in no time or place)
22. Demdike Stare- Erosion of democrity
23. Throbbing Gristle - Heaten heart
24. Crass - Mother Earth
25. Tormentum - Zwei
26. DAF - Als Wär’s Das Letze Mal
27. Bruce Gilbert - Angel Food
28. The Present Moment - Intrigue
29. Peter Wright - The buried bones of Ruamoko