The KVB l'interview

The KVB, l'interview

Entre Hartzine et The KVB c’est une histoire qui dure… Nous les avons repérés, ils nous ont filé le track exclu, Discipline, pour notre compile sur le feu label BEKO DSL, on les a invités sur Paris, organisant au passage leurs deux premières dates françaises… On est pas peu fier de se dire qu’on a un modestement participé à l’éclosion du groupe dans le paysage musical hexagonal. Chroniqués à maintes reprises dans nos colonnes, on s’est dit qu’on allait faire l’impasse sur Of Desire (pourtant excellent disque synthétisant tout ce que le groupe fait de mieux…) pour mieux s’intéresser à leur aspirations de carrière. C’est avec toute la timidité qui les caractérise que Nick et Kat ont répondu à nos questions… Pour rappel le duo se produira le 5 Juillet à Paris à l'occasion des cinq ans de Petit Bain.

Hello, vous étiez de passage récemment à Paris, comment s’est passé le concert ?

Hello, you were in Paris recently, how was the show?

Vraiment génial. Pour nous, c'est assurément le meilleur concert qu'on ait jamais donné à Paris. Toutes nos dates françaises ont été fabuleuses, et Paris n'est qu'un de ces temps forts.

It was really great. For us it was definitely the best show we’ve played in Paris so far. All of our shows in France were fantastic, and Paris was just one of the many highlights.

On vous suit depuis longtemps, vous nous aviez d’ailleurs offert le morceau Discipline pour notre compilation sur Beko DSL, on vous a vu grandir, évoluer… Comment expliquez-vous ce succès si fulgurant ?

We've been following you since a while, you also gave us the exclusive track Discipline for our compilation Beko DSL, we've seen you grow, evolve... How do you explain this dazzling success ?

On s'est simplement attachés à faire ce qu'on aime en essayant de rester aussi productifs que possible, qu'il s'agisse d'écrire de nouvelles chansons ou de créer des visuels pour les concerts. On cherche continuellement à s'améliorer.

We’ve just kept focused on doing what we like and have tried to keep as productive as possible, whether it’s writing new songs or making new visuals for the live shows. We always want to keep improving what we do.

Comment qualifieriez vous votre musique ? On parle souvent de darkwave, de shoegaze, de post-punk… Mais vous êtes au-dessus de tout ça… D’où viennent vos influences ?

How would you describe your music? We often speak of darkwave, shoegaze, post-punk... But you are above of all that ... What are your influences?

Nos influences sont très diverses, du jazz à la techno industrielle. Je n'avais jamais entendu parler de « darkwave » ou « coldwave » avant d'entamer ce projet, et je continue à m'étonner de voir ces labels affectionner notre musique, alors qu'on ne peut pas dire que j'aie écouté beaucoup de « coldwave ».

Our influences are very varied, we like elements of everything from Jazz to Industrial Techno. I’d never heard of genres like “dark wave” or “cold wave” before I started this project, and it’s still a bit strange for me to see these labels attached to our music, as I wouldn’t say I’ve ever listened to much “cold wave”.

Vous changez régulièrement de label (Clan DestineRecords, A Records, Cititrax…), comment se porte le choix des personnes avec qui vous souhaitez travailler ?

You regularly move from one label to another (Clan Destine Records, A Records, Cititrax ...), how do you choose the people you want to work with?

Tout vient de nos rencontres et des personnes qui ont envie de sortir notre musique. On a connu beaucoup de labels, tous différents, mais ça tient à ce qu'on voulait rester dans la nouveauté et atteindre d'autres publics. Et puis on n'a jamais été tenus par des contrats à long terme. Pour l'heure, on est contents de bosser avec Invada.

It just comes through who we meet and who wants to release our music. We have used a lot of different labels, but that’s just been because we’ve wanted to keep things fresh and keep reaching new audiences. We’ve also never been tied down to any long-term contracts yet. At the moment we are very happy working with Invada.

The KVB - Of Desire

On était un peu anxieux concernant votre dernier LP Of Desire, vous sortez parfois deux albums par an, et on avait un peu peur que la formule soit éculée… Pourtant Of Desire s’avère être un disque magistral et innovant… Quelle est votre recette pour enchainer des disques aussi percutant et surprendre à chaque fois ?

We were a bit anxious about your last LP Of Desire, you sometimes get out two albums per year, and we were a little bit afraid that the formula might be overused... However Of Desire turns out to be a masterful and innovative album... How do you succeed in creating such powerful and surprising LPs every time?

Pour Of Desire, on voulait juste sortir un LP qu'on pourrait voir comme l'apogée de tout ce qu'on a fait jusqu'à présent, concentré dans un même album. Notre objectif était de combiner les chansons plus intuitives de nos tous premiers enregistrements et les sonorités expérimentales de Mirror Being, rehaussées de quelques idées neuves et une nouvelle approche de la production.

With Of Desire we just wanted to make an LP that could be seen as the pinnacle of everything we’ve done so far, together on one LP. Our goal was to combine the more immediate songs of our first few records, with the experimental sounds of Mirror Being, combined with a few new ideas and a different take on the production.

In deep est le premier clip où vous vous mettez en scène, pourquoi avoir attendu si longtemps ?

In deep is the first music video where we can see you playing, why did you wait so long?

La vidéo ne nous montre pas vraiment en train de jouer de nos instruments, mais oui, on nous voit. Je pense que si ça n'est jamais arrivé avant, c'est parce qu'on a fait toutes nos précédentes vidéos nous-mêmes et que l'intention portait davantage sur la texture des vidéos et l'émotion du corps.

You don’t actually see us playing instruments in the video, but yes you do see us. I guess the reason we haven’t been seen in a video before is because we’ve made all our previous videos ourselves and the intent has been more on the videos texture and bodily affect.

On retrouve dans Of Desire des morceaux beaucoup plus électroniques que d’habitude comme Silent Wave ou Awake… Était-ce un besoin d’aller dans de nouvelles directions ? De se réinventer ?

We can find in Of Desire much more electronic tracks than usual, like Silent Wave or Awake... Was it the answer to a need to go in new directions ? To reinvent yourselves?

Ces pistes sont le résultat de nos expérimentations récurrentes avec davantage de synthés et de séquenceurs, mais je n'irais pas jusqu'à dire qu'elles sont le signal d'une nouvelle direction. Il y avait quelques morceaux électroniques sur nos albums, mais je dirais que celles-ci sont mieux peaufinées que tout ce qu'on a fait jusqu'à maintenant.

Those tracks were the result of our increased experimentations with using synths and sequencers more, but I wouldn’t say they are necessarily signaling a new direction. We’ve always had a few electronic tracks on our albums, but I’d say these ones are more refined then anything we’ve done like that before.

The KVB c’est pour Klaus Von Barrel… Qu’est ce qui se cache derrière ce pseudonyme ?

The KVB stands for Klaus Von Barrel... What is behind this pseudonym?

Klaus Von Barrel n'existe plus et l'histoire de ce nom devrait rester un mystère.

Klaus Von Barrel doesn’t exist anymore and the history of that name should remain a mystery.

Vous avez eu aussi un projet plus pop, Die Jungen. Était-ce une parenthèse ou prévoyez vous de continuer le projet ?

You also had a pop project, Die Jungen. Was it just a break or are you planning to go on with this project?

Ce projet est terminé. J'ai sorti un disque, mais j'ai trouvé que le concept était allé aussi loin qu'il le pouvait. Quand j'ai du temps, je travaille sur des projets neufs et différents, et je dirais qu'on retrouve des éléments de Die Jungen dans certains morceaux que j'ai produits, mais si je venais à les diffuser ce ne serait pas sous ce nom.

No that project is finished. I released one record, but as a concept I felt it had gone as far as it could. When I have time, I am sometimes working on new, different projects and I’d say that there are elements of Die Jungen in some of the tracks I have made, but if they are ever released it wont be in that name.

Enfin, Nick, Kat, vous êtes en couple à la scène comme à la ville. Comment équilibrez-vous cette relation ?

Last question : Nick, Kat, you're a couple on stage and in life. How do you balance this relationship?

C'est naturel, on est ensemble depuis maintenant cinq ans et pour nous, c'est complètement logique de travailler avec la personne dont tu te sens le plus proche. On aime être ensemble et ce n'est pas difficile d'être sans arrêt en compagnie de l'autre, sur la route ou à la maison.

It’s natural for us, we have been together over five years now and for us it makes complete sense to make work with the person you feel most in tune with. We enjoy being together so it’s not difficult for us to be in each others company all the time, either on the road or at home.

Audio

The KVB - Silent Wave


The KVB – Mirror Being

Est-il encore besoin de présenter The KVB, projet lunaire des Londoniens Nick Wood et Kate Day, couple à la ville comme sur scène ? D’ailleurs, les habitués des soirées Hartzine ont encore en mémoire leurs prestations à l’Espace B ou au Garage Mu où nous les avions invités. Puis vint la sortie de Minus One, paru l’an dernier sur A Records, label bien connu des fans de The Brian Jonestown Massacre, puisqu’Anton Newcombe en est le manager attitré. Album qui imposera le son unique du duo et lui permettra d’acquérir la reconnaissance du grand public, le propulsant dans la stratosphère des charts. C’est donc tout naturellement que la maison de disques continue de pousser son nouveau poulain grâce à la sortie immédiate d’un nouvel EP intitulé Out Of Body, du pur The KVB (From Afar) alliant shoegaze romantique et psychédélisme urbain. Si on retrouve parfois quelques influences de l’ancien projet solo de Nick (Die Jungen), ce dernier maxi sonne clairement comme un croisement du Psychocandy de The Jesus and Mary Chain et du Isn’t Anything de My Bloody Valentine, version Suicide pour le mécanisme des rythmiques synthétiques glaciales qui parcourt des titres comme Heavy Eyes ou encore Between Suuns. Cerise sur le gâteau, Joe Dilworth, le batteur attitré de Stereolab, se pose derrière les fûts et apporte une touche rafraîchissante à ce condensé de mélodies anxiogènes à consommer sous hallucinogènes. Encore une fois, nos deux jouvenceaux (à peine la vingtaine passée) nous surprennent par leur malice et leur constant renouvellement, car Out of Body n’était finalement qu’un début…

THE KVB

En parallèle, à peine six mois plus tard sort Mirror Being, compilation de tracks électro-coldwave enregistrés durant la période Minus One, et paraissant sous la forme de cassette via leur propre réseau de distribution, The Flesh Tapes. On connaissait l’amour de The KVB pour les sonorités technoïdes brutales via l’excellente session de remixes d’Immaterial Visions et leur implication dans le projet Worn, revisitant à l’occasion des titres d’Ike Yard ou ERRAS, mais on était loin d’imaginer le duo se consacrer à la réalisation de compositions 100% instrumentales. A travers ce huit-titres dont Obsession et Poetics Of Space apparaissent comme le point d’orgue, Nick et Kate laissent entrevoir leur passion pour des mélodies nettement plus industrielles, concoctées à l’aide d’une panoplie d’instruments analogiques. Perdu quelque part entre la tiédeur synthétique de Cabaret voltaire et les pérégrinations proto-indus d’un Silent Servant, Mirror Being sort The KVB des sentier battus et laisse entrevoir une troisième voie à ce groupe dont on ne se lasse décidément jamais. Alors que l’on soit plus rock ou plus électro, les Londoniens  en offrent pour tous les goûts. Pour ma part, il serait bien difficile de choisir entre les deux.

The KVB sera en concert le 9 avril au Batofar avec Future en première partie. Des places sont à gagner par ici.

Audio

Tracklist

The KVB – Mirror Being (The Flesh Tapes, 19 janvier 2015)

01. Atlas
02. A Tenuous Grasp
03. Dys-Appearance
04. Obsession
05. Poetics Of Space
06. Chapter
07. Mirror Being
08. Descent

The KVB – Out of Body (A Records, 30 mai 2014)

01. All Around You
02. From Afar
03. Heavy Eyes
04. Cartesian Bodies
05. Across The Sea
06. Between Suns


The KVB - Across The Sea

THE KVBD'un projet solitaire, The KVB est devenu la route toute tracée de Nicholas Wood et Kat Day vers la reconnaissance de leurs aïeux - celle des pairs et du public étant déjà dans la poche. Après une tournée en Australie avec The Brian Jonestown Massacre et l'album Minus One sorti sur A Record - le label d'Anton Newcombe - , le duo quitte pour la première fois son home studio du sud de Londres pour aérer ses compositions du côté de Berlin avec le leader de The Brian Jonestown Massacre et The Warlocks aux manettes. Un comble, la légendaire boîte à rythme du groupe est troquée contre Joe Dilworth de Stereolab à la batterie. Le résultat ? Un EP, Out Of Body, à paraître le 2 juin via Cargo Records laissant miroiter, avec en toile de fond d'introspectifs questionnements, une orfèvrerie pop indécelable jusqu'alors, le clavier s'émancipant sur Across The Sea - premier extrait à découvrir ci-après - d'une guitare de moins en moins claustrophobe.

Audio

Tracklisting

The KVB - Out Of Body EP (Cargo Records, 2 juin 2014)

01. All Around You
02. From Afar
03. Heavy Eyes
04. Cartesian Bodies
05. Across The Sea
06. Between Suns


Ike Yard - Cherish 8 The KVB remix (PREMIERE)

Cherish 8 (The KVB remix)Ike Yard est l’un de ces groupes new-yorkais perçus comme précurseurs malgré le nombre famélique de ses productions - un album éponyme en 1982, culte et paru par l'entremise de Factory America - branche éphémère de Factory Records - , faisant suite à Night After Night, un 12" édité l'année précédente par Les Disques Du Crépuscule. Jouant un post-punk froid et acéré comme personne d'autre à ce moment là de ce côté-ci de l'Atlantique, il n'a pas fallu attendre leur reformation en 2011 et un second LP Nord sur (lire) pour qu'une kyrielle de musiciens reconnaisse sa filiation, notamment par l'entremise d'une série de trois EP de remixes accompagnant la réédition dudit album prophétique. De producteurs techno, d'hier et d'aujourd'hui, tels Regis ou Arnaud Rebotini, à plusieurs formations dark-wave dont Tropic Of Cancer et The KVB, chacun à ainsi fait voeux d'allégeance tout en posant élégamment sa griffe. Il en va des derniers cités, Nicholas Wood et Kat Day, qui, sur le troisième et dernier EP, disponible depuis décembre dernier, ont ré-arrangé Cherish 8, la transfigurant en lente et magnétique digression synthétique, véritable contre-pied léthargique à l'intense relecture d'Half A God par Powell.

Audio (PREMIERE)

Tracklisting

Ike Yard - Remix EP #3 (Desire Records, 16 décembre 2013)

A1. Half a God - Powell remix
A2. Cherish 8 - The KVB remix
B1. Cherish 8 – Vessel remix
B2. NCR – Bandshell remix


The KVB – Immaterial Visions Remixes EP

the kvb

Que pouvait bien-t-il faire défaut au quatrième et sublime album de Klaus Von Barrel et Kat Day, peut-être uniquement cette compilation infernale mêlant brutalité darkwave et acidité techno, attendu comme le saint graal par d’innombrable fans. Quoi de plus normal lorsque les guests se bousculant au portillon se nomment Karl O'Connor aka Regis (Ex-Sandwell District, Downwards), Juan "John" Mendez aka Silent Servant (Ex-Sandwell District, Ex-Tropic of Cancer, Downwards US), Shifted, Worn ou encore In Aeternam Vale. Un panel choisi de morceaux avalés, mâchouillés, recrachés avec une violence inouïe, humant l'asphalte et le bitume. Un ultime objet de culte qui devrait finir de séduire le profane.

Audio

Tracklist

The KVB – Immaterial Visions Remixes EP (Cititrax / Minimal Wave, 2013)

Side-A

1: Dayzed (Regis Version)
2: I Only I See the Lights (Shifted Version)

Side-B

1: Pray to the Light Machine (Silent Servant Version)
2: Lines (In Aeternam Vale Version)
3: Old Life (Worn Version)


The KVB - Immaterial Visions

On pourrait reprocher à Hartzine de faire l’apologie des artistes que l’on apprécie, mais ce serait là réduire le talent de ces mêmes musiciens que nous suivions alors qu’ils n’étaient que de jeunes pousses. Car oui, il faut se rendre à l’évidence, The KVB fait partie de ces projets qui ont su nous surprendre et nous ravir au fil des sorties. Trois albums en trois ans pour le duo anglais qui s’est tout d’abord lancé comme un obscur caprice post-adolescent de raviver dans le coin d’une chambre les braises d’une cold-wave post-mortem sur lesquelles bien d’autres auront tenté de souffler, sans talent. La suite, nous la connaissons par cœur : après un passage remarqué sur les labels Downwards et Clan Destine Records, c’est au tour des Ricains de Minimal Wave via leur subdivision Cititrax de jeter leur dévolu sur la musique anachronique et infernale du couple Klaus Van Barrel et Kat Day, revisitant une fois encore les spectres mélodiques d’une Angleterre poisseuse et embrumée.

Tout commence par Shadows, single cinglant, clippé une fois de fois de plus par Kat Day herself et jeté en pâture aux internets par un label aussi sournois que bienveillant en guise d’outil de communication pour ce futur Immaterial Visions à paraître. Impossible de ne pas se sentir happé par ce mélange de néo-psychédélisme et d’acidité, cocktail abrasif aussi fascinant que tonitruant. Et si l’album Always Then laissait entrevoir la possibilité d’un certain virage plus noisy, Dayzed le confirme avec brio, rendant hommage à un shoegaze à faire blêmir My Bloody Valentine. Des contorsions bruitistes entrelacées de vocalises traînantes et lancinantes habillent ces mélodies d’une rugosité extrême qui avait fini par manquer à des artistes phare du genre, comme A Place to Bury Strangers, pour ne citer qu’eux.  Et pour ceux qui en douteraient encore, il suffira de se passer For a Day pour s’en convaincre. Mais si cela doit en rassurer certains, le duo n’a pas pour autant succombé à la surenchère de barouf des larsens.  Old Life, perle de minimalisme lo-fi, subjugue par un maniérisme électronique hérité des eighties et vicié par une distorsion qui monte crescendo, emmenant l’auditeur vers d’autres sphères. Très logiquement, on ne peut s’empêcher de penser à Blank Dogs ou encore The Soft Moon à l’écoute de ce court LP, bien trop court évidemment, mais doté d’une richesse intarissable. Et là où Pray to the Light Machine ravira nos corbacs 2.0 de mélodies digitales nappées de mélancolie funeste et fleurant l’odeur croupie des cimetières, Lines secoue de sa ligne de basse mortifère, petit bijou dancefloor pour tout nightclubber en mal de néons.

Donc peu ou pas de déceptions sur cet Immaterial Visions, si ce n’est l’absence des remixes attendus de Regis et Silent Servant certainement reportés afin de fournir un peu plus un single à venir. Quoiqu’il en soit le groupe prouve avec ce nouveau disque qu’il n’est plus le challenger d’autrefois, et confirme une fois pour toutes les espoirs que nous avions mis en lui. J’aimerais pouvoir dire qu’avec Immaterial Visions, The KVB a atteint des sommets, mais je crois que nos Londoniens ne finiront jamais de nous surprendre.

Vidéo

Tracklist

The KVB – Immaterial Visions (Minimal Wave/Cititrax , 2013)

1. Shadows
2. Dayzed
3. I Only See the Lights
4. Lines
5. Old Life
6. For the Day
7. Pray to the Light Machine
8. Human


Die Jungen & The KVB, le 19 septembre au Garage MU

L'ambiance s'électrise dans l'antre du collectif MU. Oui, les éternels fêtards, ceux qui n'hésitent pas à saluer leur dix ans d'activisme - de Filmer la Musique à une kyrielle de performances et d'installations expérimentales - par autant de concerts, avec entre autres King Dude, Wooden Shjips, Tristesse Contemporaine, Holy Strays, Crash Normal, Avgvst - pour ne citer que les plus récents programmés. Garage comble donc, portes clauses, la scène est réduite, les conditions DIY, ce qui n'empêche pas la dark wave de The KVB, vrillée de guitares et de synthés, de cogner, à l'abdomen et dans les têtes. Surtout dans les têtes. Car le son est fort, le couple en forme, les morceaux d'une mélancolie froissée aussi belle que sans issue. Si le set de Die Jungen, le projet solitaire et parallèle de Nic, fut un brin en dedans, renfrogné et non encore totalement assumé, celui de The KVB prend de l'assurance, de l'ampleur, de la hargne, signe d'un avenir certain. En témoigne Lost, filmé par Kagda pour Hartzine et extrait live de leur 7" paru l'année passée sur Downwards (lire).

VIDÉOS


The KVB - Subjection/Subordination

La première fois qu’il nous a été donné de nous frotter à la musique du très discret Klaus Von Barrel, celui-ci sévissait sous le sobriquet de Die Jungen, livrant une dream pop humant le cuir usé d’une vieille Plymouth, l’huile de moteur et la gomina. De doucereuses pop songs semblant s’ancrer dans la désuétude des sixties. The KVB changea la donne avec un Into The Night signé chez Downwards révélant les penchants du musicien anglais pour les ambiances plus ténébreuses, devenant par la même occasion l’un des emblématiques fleurons du label hétéroclite mais ombrageux du producteur Karl O’Connor, aux côtés de Tropic Of Cancer et Pink Playground. Quelques jours avant sa venue à l’Espace B, nous nous devions de lever le voile sur la dernière production de cet artiste résolument majeur paru en octobre dernier sur le label Clan Destine Records.

On se laisse volontiers pénétrer par les volutes shoegaze éraillées de Closing In, hommage passéiste et persistant convoquant les fantômes d’un post-punk des plus mancuniens. Slalomant hors-piste entre cold wave exaltée et dark wave hypnogène, Subjection/Subordination nous plonge dans un état de semi-coma permanent, oscillant entre cauchemar nébuleux, vicié, fiévreux… et hallucination apathique, quasi-lynchienne. Un univers moribond où se croisent vrilles bruitistes et manifestes pop aux couleurs délavées. Des titres comme Slow Death ou Again And Again en sont l’exemple parfait. Si l’on ne peut s’empêcher de penser à la fine fleur du label Factory sur le très corrosif Who Knows, Klaus Von Barrel pervertit ses mélodies de riffs incisifs. La voix lointaine, noyée dans l’écho des larsens, le musicien déploie son spleen, ses pensées s’enchevêtrant dans un marasme  de déflagrations électriques, s’évaporant comme un nuage de fumée au milieu du crépitement de multiples étincelles. Cependant, bien que faisant appel à de bonnes vieilles méthodes que n’auraient pas reniées Joy Division ou Suicide, la musique de The KVB est loin de paraître rétrograde. La profusion d’éléments électroniques est là pour nous le rappeler. Un usage que Klaus utilise sans abus, comme sur Sleeping Walking, où la boîte à rythme dessert la trivialité d’une ligne de percussion lourde et abyssale, figeant le track dans un abîme caverneux. Une délicate pousse noirâtre, bordée d’épines, que l’on ne peut malgré tout s’empêcher de caresser. Un album bercé par une digue de claviers spectraux, hantant des mélodies déchaînées par le tumulte de lignes synthétiques menaçantes, dont la seule rémittence permise est dûe à cette voix à la fois monocorde mais captivante l’habitant. Voyageant inlassablement entre lumières et ténèbres, l’aura musicale de Subjection/Subordination se distancie de quelconques étiquettes pour se révéler au fil d’hymnes DIY comme un objet étonnant d’intense fascination.

Difficile de décoller ses esgourdes de cette compilation de tracks s’imbriquant habilement pour former l’une des plus viscérales et jouissives découvertes de cette fin d’année 2011. C’est à ce titre qu’Hartzine conviera The KVB autour d’un concert exclusif le 14 janvier prochain à l’Espace B, permettant de saluer le talent de l’artiste sur les planches et de s’abreuver de mélodies délicieusement écorchées dont Klaus a l’art et la manière de nous sublimer.

Vidéo

Tracklist

The KVB – Subjection/Subordination (Clan Destine Records, 2011)

1. Closing In
2. Burning World
3. Slow Death
4. Nightmares #2
5. 8 Hours
6. Sleep Walking
7. Who Knows
8. Again And Again


Vidéo : The KVB - Leaning

A travers ses deux projets concomitants, Die Jungen et The KVB, Klaus Von Barrel a confortablement meublé l'année écoulée, au point de délivrer - à l'occasion de son récent LP Subjection/Subordination, paru via Clan Destine Records - l'une des plus belles chansons du cru 2011, The Burning World (lire).

Il ne faut pas plus d'une tournée européenne - démarrant dans moins de deux semaines et dont deux dates, le 14 janvier à Paris à L'Espace B (event FB, préventes) et le 16 janvier à Bruxelles au DNA (event FB), sont organisées par nos soins - pour que le jeune homme s'empresse d'enfoncer le clou et signifier sa présence en 2012. En témoigne Always Then, nouveau LP - toujours sur Clan Destine Records - dès à présent en pré-order via ce lien. Leaning, mise en image par Klaus lui-même, en est un premier extrait.

En prime et en stream, Captive, également tirée d'Always Then et If That's What You Think, morceau de Die Jungen offert pour les fêtes.

Vidéo

Audio

Tournée

13.01. Lyon - Sonic
14.01. Paris - L'Espace B
16.01. Bruxelles - DNA
17.01. Würzburg - Cairo Studiobühne
18.01. Munich - Hotter
19.01. Dresden - Ostpol
20.01. Budapest - Küss Mich
21.01. Prague - Final Club
22.01. Berlin - Death Disco (King Kong Club)
23.01. Hamburg - Astrastube
24.01. Hannover - Glocksee


The KVB - Sleep Walking (première)

The KVB, on ne présente plus mais on en parle encore, bis repetita. Pourquoi ? Parce que notre homme offre, avec l'obsédante ballade Sleep Walking - dont la mise en image est tirée de Yantra de James Whitney (1957) - sa quatrième vidéo de l’album Subjection/Subordination, à se procurer par ici sur Clan Destine Records (lire). Les trois premières étant à visionner par ici ou . Mais aussi et surtout parce que Klaus Von Barrel investira l’Espace B le 14 janvier 2012, avec 19 New Projects en première partie. Un concert estampillé Hartzine tout bonnement immanquable.

Cliquez sur ce lien pour l'event FB. Quant aux préventes, elles sont disponibles par ici.

Vidéo


The KVB - Closing In (vidéo)

The KVB, on ne présente plus mais on en parle encore. Pourquoi ? Parce que notre homme égraine sa troisième vidéo de l'album Subjection/Subordination, à se procurer par ici sur Clan Destine Records (lire). Les deux premières étant à visionner par . Mais aussi et surtout parce que Klaus Von Barel investira l'Espace B pour une soirée sous notre égide, le 14 janvier 2012, avec 19 New Projects en première partie. Une date à marquer d'une croix blanche, tant il est difficile de se méprendre quant au magnétisme enivrant de telles déflagrations post-punk.


the KVB - Nightmares #2 / Slow Death

Klaus Von Barel est (déjà) de retour. Après Into the Night, dont on avait évoqué le brio par ici, l’insatiable Anglais saute de label en label dans le but de révéler sa musique toute trempée d'amertume et d'électricité. C'est ainsi qu'après Free Loving Anarchist et Downwards, c'est au tour de Clan Destine Records (lire), de recueillir le natif de Southampton pour un LP cassette, Subjection / Subordination, à découvrir d'ores et déjà en stream par ici et à commander en quelques clics par . Nightmares #2, premier extrait de l'album, explicite à merveille le titre de celui-ci, tant par sa musicalité claustrophobe que par sa mise en image insoutenable. La grande bouffe, avec les mains et les corps. S'ensuit Slow Death, et là, pas besoin de dessin.

The KVB - Nightmares #2 from klaus von barrel on Vimeo.

The KVB - Slow Death from klaus von barrel on Vimeo.


The KVB - Into The Night

On avait découvert la musique de feu et de glace de The KVB, projet originel de l'insaisissable Die Jungen (lire),  via la sortie d'une cassette sur le label Free Loving Anarchist créé  par Tara et James des Pink Playground pour satisfaire leur insatiable sens de partage. Les Texans font une nouvelle fois preuve d'affabilité envers leurs protégés de Southampton en leur ouvrant la porte du label anglais Downwards, spécialiste dans l'édition limitée de  vinyles  particulièrement soignés.  C'est ainsi qu'Into The Night - paru initialement et digitalement d'abord sur la compilation Jesus in Space 2011, The Resurrection puis via nos rendez-vous hebdomadaires chez BEKO - se voit enfin offrir l'écrin physique qu'il mérite.

Audio

The KVB - Into The Night

Vidéo

Tracklist

The KVB - Into The Night (Downwards, 2011)

A. Into The Night
B.1 Lost
B.2 Hide & Wait
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