The Garment District - The Feral Surfers (PREMIERE)

Jennifer Baron_Photo by Greg Langel

Photo © Greg Langel

Avec le long format Melody Elder, sorti en 2011 via Night People et idoine occasion à une interview fleuve (lire), l'ex-The Ladybug Transistor Jennifer Baron arrimait son projet The Garment District à une place de choix sous le soleil éclatant d'une pop sépia et expérimentale, aux effluves délicatement psychées. Reprenant du service dès 2014 avec If You Take Your Magic Slow (lire), la résidente de Pittsburgh vient de sortir tout juste un an après la sortie de ce dernier, le 20 juillet, un LP exclusivement instrumental via Kendra Steiner Editions, Luminous Toxin, qui résonnent en écho de son 7" Nature Nurture édité via La Station Radar et comportant un remix signé Sonic Boom (lire). Temporalité dilatée, langueur mélodique et nuage synthétique sont plus que jamais au programme de ce disque, dressé en véritable bande sonore d'une mélancolie doucereuse, celle dans laquelle on se complaît aisément les dimanches soirs par temps de pluie. Et, d'entre toutes, la lente digression The Feral Surfers fait plus qu'accrocher les cœurs. On l'écoute ci-après, en exclusivité et en entier.

Audio (PREMIERE)

tracklisting

The Garment District - Luminous Toxin (Kendra Steiner Editions, 20 juillet 2015)

01. 1 East 91st Street
02. The Feral Surfers
03. Espy Waltz
04. Echolalia
05. Goldvein
06. Meeting of The Dark Sky Association
07. Rancho Los Feliz
08. Women Who Keep the Lights


The Garment District - If You Take Your Magic Slow

The Garment District - If You Take Your Magic SlowC'est pas peu dire que l'on a longuement évoqué le précédent disque de l'ex-The Ladybug Transistor, Jennifer Baron, sortant en 2011 sous le patronyme de The Garment District son génialement désuet Melody Elder (lire). On a d'ailleurs été tout aussi concis lorsque l'on a entreprit la présentation de son label d’adoption, Night People (lire), géré par un Shawn Reed qui nous avait mis sur la voie de ce nouvel LP, If You Take Your Magic Slow, paru concomitamment sur la structure DIY, le 15 juillet dernier,avec un fabuleux best-of consacré à The Deep Freeze Mice (lire). Révélé à l'aune des deux morceaux Secondhand Sunburn et Cavendish On Whist, trouvant chacun son contre-point filmique à visionner ci-après, la psychédélie pop de la résidente de Pittsburgh n'a pas fini de colorer un été qui s'annonce aussi alangui que ses compositions vrillent et tournoient dans le ciel, entre sinuosités mélodiques et sonorités anachroniques. L'artwork, fabuleux, est une nouvelle fois l'oeuvre de Shawn Reed, sérigraphiste de son état.

Vidéo

http://vimeo.com/100561757

http://vimeo.com/98070603

Audio

Tracklisting

The Garment District - If You Take Your Magic Slow (Night People, 15 juillet 2014)

01. Secondhand Sunburn
02. Weird Birds and Strange Days
03. Bell, Book and Candle
04. Cavendish on Whist
05. Miraculous Metal (Album Mix)
06. Soon We See Green
07. Song for Remy Charlip
08. June's End
09. Velvie Woolvine
10. Jonquil Place


Who are you Night People Records?

Que ce soit les Peaking Lights (lire), Alex Zhang Hungtai de Dirty Beaches (lire), Ela Orleans (lire), Jennifer Baron de The Garment District (lire), ou William Cody Watson de feu Pink Priest (lire), nombreux sont ceux à participer à ce concert ininterrompu de louanges à l'adresse de Shawn Reed, instigateur et cheville ouvrière du label Night People - à l’œuvre depuis 2005 pour presque deux cents références - et moitié du duo Wet Hair qu'il forme avec Ryan Garbes depuis 2008. La liste est longue, donnant presque le tournis, de formations ayant eu le privilège de voir leurs compositions cornaquer esthétiquement par ce natif de l'Iowa, ancien étudiant des Beaux-Arts spécialisé dans l'estampe et la reprographie. Merchandise, Rene Hell, Uncanny Valley, Femminielli, Terror Bird, Blanche Blanche Blanche, Russian Tsarlag, Yves/Son/Ace, Blessure Grave, The Pheromoans, Dan Melchior, Naked On The Vague, German Army, Featureless Ghost, et plus récemment, Dylan Ettinger, Unhappybirthday ou Roladex... Si citer ceux-ci pêle-mêle exhaustivement ne rime à rien, sinon à niveler leur qualité et talent respectif par la juxtaposition nauséeuse, cela permet de saisir de quoi on parle à la lisière de ce qu'ils évoquent d’authentique : d'un engagement sans faille et permanent, à l'abri des circonvolutions cycliques et éphémères des modes, d'une éthique artistique ne brandissant pas le DIY autrement que comme un parti-pris et une nécessité, d'un modèle autonome et autogéré viable non sans effort économiquement, d'une volonté de révéler au plus grand nombre, sans pour autant se corrompre, des musiciens aussi barrés qu'inspirés, délayant à la marge leurs divagations psyché, kraut, post-punk, voir bruitistes et électroniques. Night People ratisse large, se jouant des étiquettes comme des nationalités - juxtaposant ainsi sur ses bandes magnétiques, patiemment dupliquées maison, expérimentations électro-noise chinoises avec Xiao Hong & Xiao Xiao Hong, garage punk US avec Lantern et pop synthétique dégénérée de Melbourne avec Fatti Frances - le tout selon une esthétique radicale et réfléchie, trouvant son inspiration dans la culture fanzine punk et érigeant chaque sortie - LP ou cassette - telle une œuvre d'art à part entière, accessible et diffusable. Surtout Shawn Reed se nourrit de son expérience de musicien crapahuteur - avalant les kilomètres en bagnole, dormant quelques heures par nuit l'arrache sur des matelas défoncés, le tout pour jouer devant un public clairsemé mais passionné aux quatre coins des États-Unis - pour conférer au label cette dose vitale d'humanité agissant tel un catalyseur d'émotion et de motivations : les rencontres, les échanges, les idées et les partages incessants se retrouvent tous, presque palpables, sans filtre, ronéotés sur les pochettes sérigraphiées de chaque sortie. Comment, à ce titre, ne pas mentionner le split Double Feature d'Ela Orleans et Dirty Beaches (lire) co-réalisé par La Station Radar (lire) et Night People ? Décidément, l'obstination à produire des disques n'est pas encore pour tout le monde au vingt-et-unième siècle qu'une question de blé - contrairement à ce que l'on aimerait nous faire croire (lire) - et peut encore s'affranchir de toutes autres considérations que celles amicales et artistiques. L'histoire que Shawn Reed a patiemment accepté de nous compter - la sienne - s'intime auréolée des oripeaux de l'exemple, par ailleurs agrémentée de la compilation Tape Gun, parue début 2014 et brassant deux années de nouvelles sorties, à télécharger et écouter ci-après, avec entre autres D. Vassalotti - échappé des excellents Merchandise - Idiot Glee ou Beat Detectives. Histoire d'enfoncer le clou, à défaut d'entamer notre intérêt, Shawn offre avec le morceau Endless Procession un long et sinueux extrait du prochain album à paraître cette année de Wet Hair, The Floating World.

Entretien avec Shawn Reed

by Dirty Beaches 2
Shawn, qui es-tu et quelles ont été tes premières expériences musicales ?
Shawn, who are you... and what were yours firsts musical experiences?

J’ai grandi à Muscatine, une petite ville industrielle au bord du Mississippi dans l’Iowa. Les racines de ma famille sont imprégnées par la culture rurale de cet État qui en est l'élément constitutif. Je me suis mis à la musique punk au collège en écoutant une émission de radio nocturne qui diffusait de la musique alternative. Au lycée, à la fin des années 90, j’ai commencé à jouer dans des groupes locaux. La vente par correspondance a joué un grand rôle dans ma quête de musique et de découvertes, c'était un lent processus, avant l'arrivée d'internet. En 99, je me suis retrouvé à l’école d’art de l’Université de Northern Iowa avec pour spécialités la gravure et l'estampe. Ce fut une période formatrice tant à l’école qu’en dehors : c'est à ce moment que j’ai rencontré des personnes clés qui m’ont aidé à consolider et façonner mon lien entre les musiques underground et l’art visuel. J'étais très proche de deux de mes professeurs d'estampes, Aaron Wilson et Tim Dooley. Ils m'ont imposé un haut niveau d'exigence s'agissant de mes productions en arts visuels et m’ont également fait découvrir des styles de musique plus arty en dehors des genres punk, hardcore et indie qui ont eu un grand impact sur mon approche tel John Cage, Can, Sun Ra, Throbbing Gristle ou Royal Trux.

Au même moment, avec tous les punks du campus, on a lancé un espace DIY dans un garage et on s'est mis à inviter des groupes en tournée pour venir jouer à Cedar Falls. Nos propres groupes ont ainsi commencé à partir en tournée et à sortir leurs propres disques. Créer un réseau au sein de la scène musicale DIY est ainsi devenu une partie de plus en plus importante de ma vie. J'ai découvert de nouveaux styles comme le free jazz, le psych-rock, le post-punk ou le krautrock tout en poussant mon art visuel dans des directions similaires, en allant aussi loin que je le pouvais en mêlant sérigraphies, textiles et sculptures. J'ai alors pris connaissance de la scène noise du début des années 2000, notamment Paper Rodeo de Providence, American Tapes du Michigan... J'ai contacté une galerie à New York qui travaillait avec de nombreux artistes que je trouvais intéressants. Malgré leur étonnement que je connaisse Little Cakes, les choses sont parties de là puisque j'ai exposé dans leurs galeries de New York et Tokyo avant qu'elles ne ferment. J'ai apprécié la plupart des personnes avec qui j'ai travaillé dans ce milieu mais globalement je ne m'y suis pas retrouvé. J'expose toujours mais pas avec cet engagement que j'ai pour la musique underground qui offre une autonomie et de réelles opportunités.

My name is Shawn Reed, I grew up in a small industrial Mississippi River town in Iowa called Muscatine. I grew up in the country and my family has deep roots in rural farming culture in Iowa which is the main historical back drop of the state and its economy. I got into punk music in middle school from listening to a late night radio station that played sub culture alternative music. In highschool in the late 90's I started playing in locals bands. Mail order became a big part of my experience trying to find music and check things out it was a slow pre internet process.  In 99 I ended up in Art school at the Univeristy of Northern Iowa for Printmaking. It was a formative time both in and out of school. I met some key people that would help solidify and shape my connection to underground music and visual art. I had two printmaking Professors I was very close to Aaron Wilson and Tim Dooley who set a high standard for what was expected from me concerning the visual art I was making and would go on to make. They also introduced me to some weirder and more arty music outside the punk/hardcore/indie context that had a big impact (John Cage, Can, Sun Ra, TG, Royal Trux etc).

At that same time a group of us local punks in college together at the time started a DIY space in a garage and began inviting bands on tour to come and play our small college town of Cedar Falls IA. It quickly led to our own bands starting to go on tours and to put out our own records and my formative years of networking in the DIY music scene became a bigger and bigger part of my life. I was finding out about more and music and got pretty heavily in to Free Jazz, Psych Rock, Post Punk, Krautrock etc. I was pushing my visual art in similar ways reaching out as far as I could doing instillation work that ranged from silkscreen to textiles and sculptures. Around that time I became aware of deep under ground art and music like the early 2000's Noise scene things like Paper Rodeo zine out of Providence RI, American Tapes out of Michigan etc. I had reached out to a gallery in NYC called Little Cakes since they worked with many artists I found interesting at the time. They in turn thought it was wild someone living in Cedar Falls Iowa knew about them and  things just went from there with me eventually getting invited into the Little Cakes family of artists. I ended up  showing at there their Gallery in NYC and Tokyo before the gallery eventual decided to close doors.  I had really enjoyed the main people I was working with in the gallery scene but overall I didn't relate to the context of it on a larger scale. I still show at galleries but haven't pursued it as much as I have working with underground music. I thought the music scene offered more organic and self directing opportunities and economy.

Night People Tapes

Peux-tu nous dire comment Night People a démarré et quelle était l’idée de départ ?
Tell us how did Night People started and what was the fundamental idea? 

Aux alentours de 2004, j'ai déménagé à Iowa City pour mes études et j'ai lancé Raccoo-oo-oon avec Daren Ho, un vieil ami rencontré dans les concerts à travers l'État. Mes anciens acolytes, Andy Spore et Ryan Garbes, se sont rapidement joints au groupe. On souhaitait jouer une musique libérée des carcans formels, entre écriture et improvisation, en utilisant tous instruments sur lesquels on mettait la main et avec Miles Davis, Can, Neu Suicide ou Sun City Girls comme principales influences. Après avoir fait tourner quelques démos, on a enquillé les dates tout en sortant divers CD-R et cassettes via WoodsistTime-LagRelease the Bats ou Not Not Fun. Jouer avec Raccoo-oo-oon a renforcé nos liens avec la contre-culture de l'époque et nous avons créé Night People Records pour soutenir les groupes avec lesquels nous traînions ainsi que pour mettre en valeur d'un point de vue créatif tout ce que nous faisions en dehors de Raccoo-oo-oon. L'économie du label a ainsi toujours été très liée aux tournées. Faire des concerts le meilleur moyen de promouvoir ses disques et de tisser des relations : la plupart des groupes du label sont des amis rencontrés en chemin. C'est Andy qui a trouvé le nom du label. Il veut dire au sens propre, plonger dans la musique jusqu'au bout de la nuit.

Pour prendre un exemple récent, mes amis de Merchandise sont venus en tournée à Iowa City. Après le concert nous nous sommes retrouvés chez moi à écouter des piles de disques jusqu'au petit matin, à parler de l'importance des sons et de ce que l'on pouvait s'apporter les uns aux autres. Cette nuit a scellé la décision de sortir sur Night People leur album malgré plusieurs autres offres provenant de labels plus importants et lucratifs. Au-delà de la musique, cela a trait avec un certain style de vie embrassant la musique et l'art : c'est le faire parce qu'il n'y a pas d'autres alternatives au vu de l'amour et du désir que tu portes à ces choses-là.

Quand Raccoo-oo-oon s'est dissous avec les départs de Daren à New York et d'Andy à Los Angeles, j'ai décidé de m'occuper du label à temps plein afin de voir jusqu'où je pouvais mener l'aventure. Terminant mes études, ma vie était à un tournant. Raccoo-oo-oon est une part importante de ma vie et je voulais faire perdurer toutes ces relations établies grâce à cette culture faite de correspondance, d'échanges et de tournées. C'est à ce moment que j'ai embrayé sur Wet Hair, au départ comme un projet solo. Ryan a vite rejoint le projet histoire de donner plus d'intérêt à la démarche. Comme je ne voyais pas de réel futur dans le monde de l'art, pour ce qui est d'exposer et d'être dépendant des conservateurs et collectionneurs, j'ai choisi d'orienter encore plus fortement le label dans une direction visuelle propre. J'ai pensé que si je faisais tous les artworks du label et sérigraphiais tout à la main, cela créerait un modèle esthétique et une base pour un catalogue futur intéressant. L'aspect visuel du label aiderait à susciter une confiance et un intérêt pour celui-ci permettant de faire connaître des musiques obscures et inconnues par-delà le monde. Ma volonté fut de conférer au label une sorte d'aura, provoquant le culte et le désir de collection, tout en gardant un côté personnel afin que ceux qui achètent les disques s'emparent d'un objet incarnant l'amour et la dévotion que je ressens pour la musique et l'art présentés. C'est un moyen de rendre l'art accessible au lieu de vendre celui-ci dans une galerie à un prix exorbitant pour un public limité. C'est aussi un moyen pour combiner cet intérêt que j'ai pour le design et celui pour les rencontres et les organisations d'expositions.

Je voulais me prouver que je pouvais faire fonctionner le label de qualité en restant totalement DIY, et ce sans aucun soutien ou financement autres que ceux générés par le label lui-même. J'espérais aussi pouvoir faire connaître de nouveaux groupes plutôt que d'essayer de plaire à un public et des goûts pré-établis. Ce versant du label a été un succès. Des groupes comme Peaking LightsDirty Beaches ou The Twerps ont tous vu les avantages de ce procédé. Les aspects financiers du label sont difficiles, je me sens plus que jamais étranger au mode de fonctionnement traditionnel de la musique indie, de la presse et des labels. Je ne sais pas combien de temps le label pourra survivre mais je n'ai aucun doute ou regret à son encontre. Je voulais simplement amener un public vers une musique à laquelle je crois. Ça n'a aucun rapport avec l'argent ou la hype, c'est juste une question de maintenir la créativité et ce genre de relations positives et excitantes qui m'ont amené à créer ce label.

Around 2004 I moved to Iowa City for graduate school and ended up starting Raccoo-oo-oon with an old friend who I knew from going to shows around the state Daren Ho. My former allies going back Andy Spore and Ryan Garbes were soon added to the band as well. We wanted to play more free form music that bordered between being rehearsed and being improvisational  We used any instruments we could get a hold of. Early on Miles Davis, Can, Neu, Suicide, Sun City Girls etc where big influences.  After a demo cassette we sent around to friends and labels we started a heavy touring schedule and started releasing music on a variety of labels like Woodsist, Time-Lag, Release the Bats and Not Not Fun. Touring with Raccoo-oo-oon just lead deeper into the subculture of the time and we started Night-People Records as a way to document who we were playing with and hanging out with and also what we were all doing creatively outside Raccoo-oo-oon. The label became economically connected to touring and still is. Touring is a good way to get the merchandise on the road out in the world in an initial way and it helped make connections through trading etc. most of the bands the label has represented were friends met on the road. Andy came up with the name of the label, its basically just a literal thing, staying up late getting deep with music.

A recent example was when my friends Merchandise recently came through Iowa City on tour, after the show we ended up back at my place staying up late into the morning hours playing piles of records talking about music and life getting deep on the sounds and what we had to introduce to each other, that night settled Merchandise working with Night-People on there next record despite many offers for them from much bigger and lucrative labels. Its about the lifestyle of it, its about love of music and art, its doing it for the sake of doing it because you have no other choice because of the love and desire you have for it.

When Raccoo-oo-oon disbanded with Daren moving to NYC and Andy moving to LA I decided to take the label on as a full time project to see how far I could push it. I had just finished up graduate school and everything in my life was going through a big transition, Raccoo-oo-oon was a huge part of my life and I wanted to keep and continue the connections I was making through that lifestyle and culture relating to correspondence, trading, and touring. I had started Wet Hair around that time as a solo project Ryan quickly joined the band so we could keep pushing forward with making music and touring taking on very different approaches to music then Wet Hair in order to keep it interesting and cover more territory and interests. Because I didn't really see the right future in the art world as far as showing in galleries relying on curators and collectors etc.  I choose to aim the label even more into a distinct visual direction. I thought if I did all the design work for the label and silkscreened everything by hand it would create an aesthetic template and foundation for an evolving roster of interesting music. The visual side of the label would help create trust and interest in the label so that I could introduce new and obscure music from all over the world. I wanted the label to have a bit of a collector and cult feel but also wanted it to be hands on so thepeople buying the records were buying something that embodied the love and devotion I feel to the music and art presented. It was a way to put art into hundreds of peoples hands for cheap instead of selling it in a gallery for a lot of money with limited reach to an audience. It also combined my interest in design with my interest in meeting people and curating.

I wanted to prove to myself that I could do the label at a high level totally DIY without any backing or funding other then what the label could generate for itself. I hoped I could introduce new bands and music and shift taste towards them instead of trying to appeal to an audience or things that had already been established. I think that aspect of the label has been a success  bands like Peaking Lights, Dirty Beaches, The Twerps etc have all seen the benefits of that process. The financial aspects of the label are very difficult, I feel more like an outsider then ever to the more mainstream way indie music, press, labels etc operate. I don't know how long the label will be able to survive but I don't have any doubts or regrets about it, I just wanted to help bring an audience to music that I  believe in, its not about money or hype its just about trying to sustain creativity and the kind of positive exciting connections that got me interested in doing a label in the first place.

Merchandise LP Front

Avec plus de 200 sorties au nom du Night People, comment juges-tu ton travail ?
With more than two hundred releases to your credit, how do you judge your work? 

Night People est un label maison. J’ai vécu dans la même baraque pendant neuf ans à Iowa City et le label faisait plus que partie des murs : la salle de répétition et l'atelier de sérigraphies se trouvaient dans la cave, mon salon me servait de bureau et de chambre d'écoute tandis que le grenier et le placard permettaient d'entreposer le matériel de livraison et la marchandise. Je restais la plupart du temps seul dans cette maison en essayant jour après jour de pousser le label, de continuer de le faire fonctionner et d'en améliorer tous les aspects. Je raconte tout ça au passé parce qu'après cette une longue expérience à Iowa City, où j'ai ressenti un lien profond avec la musique et l'art, j'ai décidé de partir. Suite à une récente tournée avec Wet Hair et Merchandise, certaines choses ont changé dans ma vie et j'ai décidé d'arrêter de vivre dans une petite ville étudiante. J'ai vécu une année à Minneapolis et désormais je réside à Saint Paul dans le Minnesota. Indépendamment de ça, le label continue et je travaille sur de nouvelles sorties.

Il m'est difficile de dire comment je juge mon travail. Il y a des choses que je veux toujours améliorer comme l'efficacité, répondre aux mails plus rapidement, être plus rapide pour tout l'assemblage... C'est dur parce que c'est tellement prenant, je double des centaines de cassettes par mois, imprime des milliers de pochettes de disques et gère un nombre hallucinant de mails ou de courrier, c'est vraiment difficile de tenir le rythme tout en s'en sortant à peine financièrement. La partie financière est la seule qui m'angoisse vraiment, j'adore le travail même quand c'est vraiment fastidieux.

En ce qui concerne mes designs et la musique que je produis, c'est juste l'expérience et la confiance que j'ai dans mes goûts, en plus de mon instinct. C'est vraiment juste une question de confiance en soi et de ressenti de la musique et de l'art. C'est plus une question de sensation qu'une réelle décision.

Its a house label, I had lived in the same house for 9 years in Iowa City and the label was part of the house itself in a way. I had the band rehearsal space and silkscreen studio in the basement. The dinning room was my office and listening room. The attic and closest held shipping material and merchandise. For the most part it was just me sitting in the house in Iowa City day in and day out trying to push the label and keep it going and make it better on all levels all of the time. I say that all in past tense because after a long haul in Iowa City and a deep connection and outward of expression of myself towards music and art there I have decided to leave. Following a recent tour with Wet Hair and Merchandise some things changed in my life and I decided to finally get out of living in a small college town and am now living in Saint Paul after one year in Minneapolis. Regardless the label is still going and I am currently working on new releases.

Its hard to answer how I judge the work. I know there are things I always want to be doing better like efficiency of the operation, getting the mail out quicker, getting faster at all the assembly etc. Its hard because its so hands on, I dub hundreds of tapes a month, print thousands of records sleeves and deal with crazy amounts of emails and physical mail its really hard to keep up with while still barely getting by financially. The financial part is the only thing that really stresses me out, I love the work even it it is very tedious.

As far as judging my designs and the music I am releasing its just experience and trusting my taste and gut instincts. Its really just having confidence and feeling the music and art. Its more of a feeling then a decision really.

Comme musicien et propriétaire de label, le DIY a donc une influence déterminante sur ton travail...
As a musician and a label owner, the DIY have a strong influence on your work...

Je ne revendique rien en faisant les choses avec des méthodes DIY, c'est avant tout par nécessité. Ceci dit je souhaite avoir le contrôle et être impliqué au maximum. Le DIY a donc un aspect pratique et une organisation que j'aime. Si tu disposes de toute une pile de disques ou cassettes Night People, cela rend vraiment bien, comme une œuvre d'art. En ce qui concerne la musique, je tente d'être éclectique tout en créant des liens. D'une manière ou d'une autre, je crois que cela fonctionne. Comparativement à d'autres labels, Night People est un projet artistique : je le vois telle une famille d'iconographie visuelle et de groupes avec lesquels je travaille en constante évolution. Je me sens très proche de courants esthétiques tels ceux de Push Pin Graphic, la Factory d'Andy Warhol, Sun Ra et plus encore des projets punks comme celui uniforme de Crass. Je ne peux me résoudre à compromettre ce travail graphique dans le but de vendre ou de rendre les choses plus faciles. Le DIY reste la toile de fond.

I don't have any real political points I am trying to make by doing things in a DIY way, its mostly out of necessity but its also because I want to have control and be really involved with the label, I like it being hands on and very curated in the way that it is. If you lay out a pile of NP releases all together it looks really nice like one big work of art. I try to have a lot of variety in the music but somehow present links between it all, I think it works for the most part. I think Night-People is a bit more of an art project then a lot of other labels, its like an evolving family of visual iconography and bands that I work with. I very much relate to groups like the Push Pin Graphic aesthetic or Andy Warhol's Factory, the Sun Ra band family, even more punk things like the Crass aesthetic and uniformity  I can't bring myself to compromise aesthetics for sales or to make things easier and so DIY is the backdrop of that I guess.

Quelle est la ligne artistique du label ?
What's the artistic guideline of the label?

L'unique ligne directrice est que tout les artworks sont sérigraphiés par mes soins. Ryan et Justin de Wet Hair m'aident de temps à autres avec des éléments visuels. On travaille si bien ensemble que l'esthétique est vraiment homogène. Au début, certains des groupes participaient à leur direction artistique mais j'essaie de rester le graphiste principal - si ce n'est le seul. Je peux imaginer un jour abandonner la sérigraphie des albums en faveur de designs plus élaborés mais je n'y suis pas encore. J'étais très fier du design de Spill Into Atmosphere de Wet Hair et j'imagine éventuellement Night People prendre le même chemin mais pour l'instant je veux conserver le côté artisanal et la sérigraphie. Tout est principalement réalisé à la main par le biais de techniques de reprographie.

The only guideline thus far is that everything is silkscreen and all art is done by me. Ryan and Justin from Wet Hair help with visual things at times since we collaborate a lot, we work so well together that its really seamless aesthetically. Early on some of the bands contributed to there own art but I try to keep it where I am the principle designer if not usually doing all the design. I could see at some point not silk screening the records in favor of being able to have more elaborate designs but I'm not quite there yet. I was really proud of the Wet Hair Spill Into Atmosphere design and I could see Night-Peoplegoing that way more potentially but for now I want to keep it hand made and silk screened.  All the design is done mostly by hand with heavy use of a sort of xerox aesthetic.

Quelle est la création dont tu es le plus fier ?
What is the release you are the most proud of?

Imaginary Falcons de Peaking Lights a été une sortie particulière. Ce sont de bons amis, je les ai rencontrés à une période de ma vie où j'étais déprimé. Ce sont des personnes fantastiques, je leur porte en tant que personne et en tant que groupe une estime sans égale. Je croyais en Imaginary Falcons quand bien même personne ne les voyait avoir le succès qu'ils ont maintenant. Je l'ai perçu dès le premier jour et je suis simplement heureux d'avoir pu travailler avec des personnes si formidables et un groupe aussi unique.

http://www.youtube.com/watch?v=olvMFWqbY4Q

Plus récemment, Personality Matrix de Featureless Ghost fait partie de mes fiertés. Ce sont aussi des personnes géniales et le vinyle sonne bien. J'espère que les gens les soutiendront, le groupe est doué sur scène et rend si bien sur disque. C'est un groupe spécial.

http://www.youtube.com/watch?v=YTmG9md0rzc

L'album Total Nite de Merchandise, sorti en avril 2013, est une autre sortie importante. Les membres de ce groupe ont fait preuve de tant d'amour et de confiance en choisissant de travailler avec Night People plutôt qu'avec tous les autres label qui voulaient sortir ce disque. C'est un super album, magnifique pour un enregistrement maison. Il y a quelque chose à la fois d'épique et qui te fait te sentir tout petit. Nous partageons une communauté d'esprit, s'agissant de notre amour pour la vie et de cette ferveur à rester fidèles à nous-mêmes, rester indépendants sans céder aux pressions extérieures merdiques, jouer comme on l'entend et pas l'inverse. Ils comprennent l'essence du label, le fait qu'il instigue une évolution constante tout en conservant ses fondations esthétiques initiales. Wet Hair et Merchandise sont très proches. Avec certains groupes, Night People représente une famille. Si tu parles à aux membres de Peaking Lights, Dirty Beaches ou Merchandise ils ne te diront pas autre chose. Total Nite a poussé l'esthétique visuelle encore plus loin et je suis très fier du résultat final.

http://www.youtube.com/watch?v=up3wlAxR9a4

Peaking Lights Imaginary Falcons was a special release, they are good friends, I met them at a time in my life when I was often depressed and they really are such fantastic people that I have a lot of love and admiration for them and the band. That was a release I just really believed in and I think a lot of people wouldn't see a band like them becoming as popular as they are now but I saw it from day one so I'm just happy I could have some part in working with such great people and such a great unique band.

Featureless Ghost Personality Matrix recently is a release I can really get behind, they are great people too and the vinyl sounds so good, I hope people get behind that band because they are so good live and it translates so perfectly to vinyl, I just think they are a special band right now.

The Merchandise record that came out in April 2013 was another big one, the members of that band showed the label so much love and trust picking Night-People to work with over so many other labels that wanted to release this record. Its also a great record, really stunning as a home recorded document, there is something both epic and humbling about the sound presented. Its really just about the connection we both have to the love of life itself and how both the band and myself have such devotion to sticking to your spirit and doing what you want and trying to not give into shitty outside forces making them come play on your terms not the other way around. They get the idea of the label and what it is, how its about constant change but somehow maintaining the core foundation of the identity/aesthetic and how it is presented. Wet Hair and Merchandise are close, Night-People in ways is like a family with some of the bands, I think if you talk to bands like Peaking Lights, Dirty Beaches, Merchandise etc. they would say the same thing about it. The Merchandise record pushed the visual of aesthetic further as well and I am very proud of the overall product of that record.

Peux-tu nous expliquer l’histoire commune que tu as avec Peaking Lights ?
Could you explain to us your common history with the band Peaking Lights?

Aaron et Indra ont déménagé de San Francisco à Madison qui est à environ quatre heures d'Iowa City. Ils ont joué un concert à Iowa City que j'avais organisé et nous sommes immédiatement devenus très bons amis. Ce sont des personnes géniales et on a beaucoup en commun, en termes de goûts musicaux et de vision du monde. Notre amitié s'est bâtie à partir de ça. Wet Hair est parti en tournée avec eux, Night People a sorti plusieurs de leurs disques. Nous sommes toujours en contact et je fais en sorte de les voir dès que j'en ai l'opportunité. Ils me manquent vraiment depuis qu'ils sont partis à Los Angeles. Je pourrais disserter pendant des heures sur eux et leur groupe.

Aaron and Indra moved from San Francisco to Madison WI which is about 4 hours from Iowa City. They played a show in Iowa City that I put on and we just became really good friends immediately. Its just one of those things, they are greatpeople and we have a lot in common with the music we like and how we feel about the world so the friendship just grew from there. Wet Hair has toured with them, NP has put over several releases by them, we still talk often and any chance I get to see or hang out with them I make extra effort towards. I've really missed them since they moved to LA. I could talk endless about how great of people they are and how good their band is.

Peux-tu nous en dire plus sur le mystérieux Lazy Magnet ?
Can you tell us more about the mysterious Lazy Magnet?

Lazy Magnet c'est Jeremy Harris. Harris est un vieil ami de tournée, on se croise deux fois par an. Il a habité Providence pendant longtemps. Ça fait plus de dix ans qu'il fait Lazy Magnet, un projet en constante évolution. Son autre groupe, Meager Sunlight est vraiment pas mal aussi. Harris est une des personnes les plus intéressantes qu'il m'ait été donné de rencontrer, c'est un vétéran de la route et il a une capacité folle à s'extraire de tous les problèmes. C'est très inspirant de voir quelqu'un se persévérer ainsi année après année et dont les créations deviennent de plus en plus abouties.

Lazy Magnet is Jeremy Harris. Harris is an old tour friend, we seem to run into each other a couple times a year. He lived in Providence a long time. He has been doing Lazy Magnet for over 10 years and its constantly changing and evolving. Meager Sunlight his other current band is really great too. Harris is one of the most interesting people I have ever met, he's a true road warrior and just keeps pushing through any problems that come up in life etc. It just inspiring to see a person stick to it year after year and get better and better at what they are creating.

wet hair - spill into the atmosphere

Après le magnifique Spill Into Atmosphere, quelle sera la suite pour Wet Hair ?
After the gorgeous Spill Into Atmosphere, what will happen next for Wet Hair?

Pour le moment nous nous reposons un peu tout en travaillant à notre nouvel LP qui s'appellera The Floating World et qui sortira courant 2014. On rentre juste d'une tournée avec Merchandise. Je pense que ces morceaux sont nos meilleurs à ce jour, ils ont une structure plus complexe que tout ce que nous avons fait auparavant avec plusieurs couches de mélodies et de grooves entrelacés. Je ne sais pas si cela plaira mais nous aimons vraiment ce sur quoi nous bossons. Ce sera notre sortie la plus originale, allant plus loin dans des aspects musicaux compliqués à décrire.

We are chilling out right now, working slowly on new material and recording it as we go. We just did a tour with Merchandise. I think these new songs are our best yet, they are more structurally complex then anything we have done, there are many layers of melodies and grooves going in and out of each other in these new songs in a way I find interesting. I don't know if any one else will get it but we really love the new stuff we are working on and I think its our most original sounding material to date, I think it goes further into aspects of our sound that are hard to describe.

Quel est le futur proche pour Night People ?
What’s in the near future for Night People?

Je vais continuer à promouvoir le LP Totale Nite de Merchandise, je travaille sur la réédition d'un LP Deep Freeze Mice en plus d'un nouveau LP de The Garment District. En plus de beaucoup d'autres cassettes.

I'm going to keep pushing the Merchandise Totale Nite LP, I am working on Deep Freeze Mice reissue LP in the works, an LP by the Garment District and plenty more cassettes to follow that.

Mixtape

V.A. - Tape Gun Compilations (Night People / Download)

01. Roladex - Cathode Rays
02. Dice Parks - Eurobot
03. Unhappybirthday - Himutsu
04. Beat Detectives - Your Love
05. Fingers Pty Ltd - Local Park
06. Fatti Frances - Slow
07. Boy Friend - Labyrinth
08. Some Ember - Wave of Fear, Wave of Joy
09. Regional Curse - Traditional Ascension
10. Dead Channel - Subterranean City
11. Cellophan Spill - Season 3
12. Dylan Ettinger - Juice
13. Tender Meat - Sweet & Sour Diesel
14. D.Vassalotti - Swallow My Pride
15. The Savage Young Taterbug - Disc Jockey Inside Corona Bottle (featuring Spacey Tracey)
16. Sleepy Filter - The Name
17. The Ukiah Drag - Silver Mint
18. Idiot Glee - Position A


The Garment District remixed by Sonic Boom

Nous ne nous lasserons décidément jamais de faire de la place  à Jennifer Baron alias The Garment District (lire) tant son album Melody Elder (lire) - paru via le label de Shawn Reed  Night People - ressemble au quartier effervescent de New-York auquel son non de scène fait référence, un panorama à la fois étourdissant de vitalité et empreint d'une certaine nostalgie. Aujourd'hui c'est au travers d'un remix que la jeune femme nous revient et non des moindres puisque c'est de Nature Nurture dont il est ici question; titre nodal et intemporel de son dernier album qui se voit revisiter avec sensibilité et minutie par l'une des figures les plus influentes dans la construction de l'univers musical de l'ex Ladybug Transistor :  Sonic Boom. Qui d'autre que la Station Radar pouvait ainsi transformer en un objet rare et indispensable cette rencontre aussi élective que féconde. Le 7", agrémenté d'une face B composés de deux titres inédits, est donc disponible en vinyle depuis le 15 octobre via le site du label (ici) ; occasion rêvée de faire le point avec les éminents tenanciers de cette belle maison en une mini interview et une mixtape à délecter  sur le pouce.

Audio

Interview

Comment êtes-vous rentré en contact avec Jennifer et comment est né l'idée de ce maxi 7" ?

Jerome : On a découvert Melody Elder son premier album sorti en cassette sur le label Night People, on s'envoit mutuellement nos sorties avec Shawn. J'ai pas mal échangé de mails avec Jennifer et à sa demande je l'ai mise en contact pour des chroniques en france/eu. La suite, un jour elle nous a envoyé un mail pour nous parler de ce projet...

Ce n'est pas Fleur qui est à l'origine de l'artwork du disque. Pouvez-vous nous donner quelques pistes sur celui-ci ?

Fleur :  C'est Jesse Treece un artiste qui vit et travaille à seattle qui a créé l'artwork. Après avoir contacté Jennifer pour lui parler de sa musique, ils ont pensé à travailler ensemble. Et Jennifer lui a mailé des images "vintages" collectées dans des vieux magazines de ses grand parents, elle en a sélectionné certains, ceux qui correspondaient le plus à sa musique et à elle. Le design du 45T a été créé à partir de sa sélection. Vous pouvez voir ses magnifiques collages via son site web

Jennifer travaille sur un prochain album... verra-t-il le jour sur La Station Radar ? Si, oui, quels en sont les détails ?

Jerôme : Jennifer commence à composer son nouvel album. Nous n'en savons pas plus pour l'instant. Ça a été un vrai plaisir de travailler avec elle. Nous aurons toujours plaisir à l'accueillir elle et sa musique.

Concernant le futur proche de La Station Radar, à quoi doit-on s'attendre ?

Fleur : Nous préparons une nouvelle compilation, la première compilation LSR était sortie sur CD, celle ci sera un double vinyle, à paraître en 2013. Un second pressage de « Mars is heaven » d’Ela Orleans. Et d’autres vinyles, LPs que l'on dévoilera un peu plus tard… Et aussi un nouveau projet de micro-édition de sérigraphies et petit fanzines, avec des éditions de cassettes.

Mixtape

1. G.U. Hsu - The English Sound table
2. Neu - Isi
3. Broadcast - Echo's Answer
4. Ed Askew - Peter and David
5. Animals & M - Terraplane Fixation
6. The clean - At bottom
7. Oval - Allesin Gedankun
8. Pumice - Greenock
9. Spacemen 3 - Feel so good
10. Angus Mac Lise - Soundtrack Counter Culture Chronicles
11. Delya Derbyshire - Sychrondipity Machine
12. Sonic Boom & Spectrum - 2 chord & 12 b.


The Garment District Lofiles Mix

Jennifer Baron fignole actuellement la suite de l'excellent Melody Elder, paru l'année passée sur Night People (lire). L'été se profilant, elle vient de profiter d'une invitation par le webzine Lofiles pour composer l'une des bandes sons de l'été, à écouter ci-après, la fleur au fusil.

Mixtape

01. KPM Library Record - Wild Flight
02. Carole King (demo) - A Road To Nowhere
03. American Spring - Sweet Mountain
04. White Fence - A Pearl Is Not a Diamond
05. Supreme Dicks - Summertime (Childhood's Impossible Now)
06. Twerps - Dreamin
07. Tyrannosaurus Rex - King of the Rumbling Spires
08. Judy Henske & Jerry Yester - Raider
09. The Human Expression - Calm Me Down
10. Alessandro Alessandroni - Transport
11. Blues Control - Iron Pigs
12. Arc Light - Rose Athens
13. The Cyclist - Technicolor
14. Orchestral Manoeuvres in the Dark - So In Love
15. Sagittarius - My World Fell Down
16. Alessandro Alessandroni - Devil's Nightmare
17. Lee Hazlewood and Suzi Jane Hokom - Nobody Like You
18. Cluster & Eno - Für Luise
19. Asei Kobayashi & Micky Yoshino - A Letter In The Past


The Garment District - Bird or Bat

On savait que la musique de The Garment District - patronyme derrière lequel se réfugie Jennifer Baron, longuement interviewée par ailleurs (lire) - était plus que transposable à l'image. L'ex-Ladybug Transistor avait déjà essaimé à l'occasion de la sortie de Melody Elder sur Night People (lire) trois de ses comptines acidulées sous la forme de vidéos on ne peut plus chiadées, Nature Nature faisant même figure d'exception dans son approche expérimentale (lire), Jennifer collaborant avec le cinéaste Keith Tassick. À l'heure où ce dernier clip vient d'être primé par le Pittsburgh Technology Council et qu'un remix de ce morceau est entrepris par Sonic Boom, Jennifer divulgue l'adaptation filmique d'une autre de ses splendeurs noctambules contenues dans Melody ElderBird or Bat - sur laquelle Jowe Head des Television Personalities et autres Swell Maps carène de sa basse ondoyante une prétention pop touchante - se trouve ainsi agrémenté d'un footage à la délicatesse d'orfèvre signé Albert Birney.

Vidéo


The Garment District Mixtape

The Garment District Mixtape for Hartzine
Pittsburgh, PA, 09 dec 11


(TL/DL)

01. Joe Raposo - Seahorse
02. Jan & Dean - Save For A Rainy Day
03. Tyrannosaurus Rex - Once Upon The Seas Of Abyssinia
04. John Cale - Big White Cloud
05. Laserdisc Visions - Data Dream
06. Harald Grosskopf - So Weit So Gut
07. Mayo Thompson - Fortune
08.The Orkustra (Bobby Beausoleil) - Punjab's Barber (excerpt)
09. Roy Harper - Committed
10. Bill Fay - Screams in the Ears
11. Gary Higgins - Looking for June
12. Jim Sullivan - Jerome
13. Judy Henske & Jerry Yester - Horses on A Stick
14. David Hess - Ice Cream Song
15. Television Personalities - Three Wishes
16. The Stranglers - Golden Brown
17. The Golden Dawn - This Way Please
18. Faine Jade - USA Now
19. Pisces - Children Kiss Your Mother Goodnight
20. L'Infonie - J'ai Perdu 15 Cents Dans Le Nez Froid D'un Ange Bronze
21. Yellow Magic Orchestra - Computer Games
22. Matching Mole - O Caroline
23. Kaleidoscope - The Sky Children


Chronique, Interview et mixtape : The Garment District

New-York, downtown. Entre la Cinquième et la Neuvième Avenue et de la 34e à la 42e rue, The Garment District étale ses fastes et imprime les modes vestimentaires : cet immense quartier absorbe - outre de nombreux entrepôts et d'innombrables ateliers de confection de vêtements - l'Empire State Building, le Madison Square Garden en plus de l'un des plus grands magasins du monde, le Macy's. La démesure à l'américaine, comme souvent, pour un lieu réputé être l'une des places fortes mondiales de la création et de l'habillement. The Garment District, encore et toujours, ou le patronyme sous lequel Jennifer Baron déploie solitairement sa verve mélodique. "The Garment District - nous apprend elle dans l'interview qui suit - évoque un sens de l’artisanat, du travail créatif et de la production, qui, je l’espère, se retrouve dans ma musique et mes vidéos. J’aime beaucoup l’idée de prendre un concept englobant un espace qui aurait certaines connotations - et qui implique une quantité inimaginable de travail et d’énergie humaine à une échelle de consommation en masse - pour l’associer avec un projet très artisanal, tactile et viscéral." A l'écoute de Melody Elder - LP disponible digitalement par ici et récemment sorti en cassette via l'inestimable label de Shawn Reed, Night People - les mots de Jennifer tombent sous le sens de cette musique cousue main, intimiste et expérimentale, mais tutoyant sans relâche d'imprescriptibles desseins, telles l'harmonie, la filiation ou l'innovation. Une tension vitale entre l'un et l'infini qui confère à ses chansons une insondable mélancolie, celle légère et bleutée, que l'on porte avec discernement sur une vie déjà bien remplie. Car si The Garment District est un récent projet pour cette multi-instrumentiste patentée, Jennifer est loin d'être née de la dernière pluie. Habitant désormais Pittsburgh, elle connait bien New-York pour y avoir fomenté - à la mi-temps des années quatre-vingt dix - et ce en compagnie de son désormais ex-mari Jeff et d'une triplette composée de Gary Olson, Edward Powers et Javier Villegas, The Ladybug Transistor, l'une des formations les plus excitantes affiliées au collectif Elephant 6.

1995, l'indie rock se fait escroquer sur l'autel de la renommée : si Pavement et Sonic Youth résistent nonchalamment, le haut du pavé est tenu par des groupes aussi excitants que Silverchair et Bush. Une sale époque enfantée par la glorification commerciale de Cobain et ses apôtres. Dans l'ombre, Big Apple assure le passage de témoin. Le do it yourself pop incarné par Sarah Records (lire) migre de Bristol à l'autre rive de l'Atlantique : à l'initiative de Robert Schneider et de ses Apples In Stereo, une flopée de groupes, à la fois fascinés par les sixties - des Byrds aux Sonics en passant par les inévitables Beach Boys - et l'avant-gardisme, envahissent les ondes dès 1995 sous la bannière de l'Elephant Six Collective. Parmi eux se distinguent les Neutral Milk Hotel, The Olivia Tremor Control, Elf Power, Of Montreal et donc The Ladybug Transistor. Participant à substituer à la pression commerciale le plaisir de jouer une pop légère - en agrémentant celle-ci d'instruments jusqu'alors incongrus, tels le violon et le saxophone -, The Ladybug Transistor connait son apogée à l'orée d'un troisième album, The Albemarle Sound (1999), avant de glisser lentement mais sûrement dans un relatif anonymat. Groupe à géométrie variable, leur sixième album Clutching Stems, est paru en juin dernier, toujours sur Merge Records.

Jennifer quitte l'aventure dès 2002 et coupe pour un temps toutes relations avec l'univers discographique. L'occasion pour elle de déménager et d'approfondir ses autres lubies liées notamment à l'art contemporain. Il lui aura ainsi fallu un peu moins d'une dizaine d'années pour se réapproprier la production d'un disque, avec cette ferme volonté de ne pas reprendre les choses là où elle les avait laissées. "J’avais l’habitude de me concentrer sur l’idée du “morceau”, et parfois, ça peut finir par restreindre et bloquer l’élan créatif. J’ai voulu essayer différentes approches avec Melody Elder." Dès Only Air, morceau introductif, on perçoit cette liberté de ton ne pouvant aller de pair qu'avec un projet d'album conçu sur la durée, dans son entièreté, avec comme fil conducteur l'omniprésence de claviers aux sonorités anachroniques, à situer quelque part entre un psychédélisme très sixties et cette vision panoramique que conférait Ennio Morricone aux films pour lesquels il composait. Unique chanson à prétention pop de Melody Elder - sur lequel Jowe Head (Television Personalities, Swell Maps) love sa basse - Bird Or Bat ferait, sortie de son contexte, immédiatement penser aux volutes sirupeuses des trois New-Yorkaises d'Au Revoir Simone, si elle n'était pas sertie d'une relecture déconstruisant celle-ci dans ses moindres recoins (Bird Or Bat Reprise). Entre sinuosités mélodiques (The Parlance, Apple Bay Day), ambient cinématographique (I Am Not The SingerSupermoon) et patchwork sonores du plus bel effet (Mountain Highway Hymnal RainGaza DriftPush), difficile de ne pas sentir Jennifer coucher sur bandes magnétiques d'éparses bribes de sa propre biographie. L'interview qui en découle témoigne dans ses grandes largeurs de cette générosité curieuse tandis que la mixtape composée par ses soins - à écouter et télécharger plus bas - ne fait qu'enfoncer le clou tant elle regorge de trésors cachés.

Interview

Qui es-tu Jennifer ?
Who are you Jennifer?

Un être en construction : née sous le signe du Lion, rêveuse, amoureuse de la mer, insomniaque, sceptique, accro au café, oiseau de nuit, collectionneuse, grande sœur et fille aînée. Une partie de l’histoire : je m’appelle Jennifer Baron, multi-instrumentiste de The Garment District. Avant, je jouais de l’orgue, du mélodica et des percussions avec un groupe de soul de Pittsburgh, The New Alcindors, avec qui j’ai eu le privilège de pouvoir utiliser un ampli qui appartenait à Clarence White de The Byrds, alors qu’on enregistrait dans le légendaire Castle Studios de Nashville.

Alors que je vivais à Brooklyn jusqu’en 2002, j’ai fondé en partie The Ladybug Transistor (Merge Records). Parmi de nombreuses expériences enrichissantes, alors qu’on tournait aux États-Unis, au Canada, en Europe et en Scandinavie, on a joué avec Belle & Sebastian, Broadcast et Mercury Rev au Bowlie Weekender (le premier All Tomorrow’s Parties). Puis on a tourné avec nos potes de Of Montreal, The Lucksmimths et d’autres membres de Elephant 6. On a collaboré avec Kevin Ayers de Soft Machine sur une reprise de son morceau Puis-je ? (voir), pour la compilation Pop Romantique: French Pop Classics (Emperor Norton Records).

J’ai travaillé au sein de l’immense Brooklyn Museum of Art et à la Mattress Factory de Pittsburgh. C'est une galerie d’art contemporain pionnière en la matière et un lieu de résidence où beaucoup de mes artistes préférés ont travaillé comme James Turrell, Yayoi Kusama, John Cage, Kiki Smith, et Rolf Julius. J’aime et collectionne tout ce qui est fait main de façon presque obsessive, et j’aide au fonctionnement de Handmade Arcade, une foire aux travaux manuels et DIY à Pittsburgh. En 2010, j’ai co-produit un livre sur l’art des panneaux rétros : Pittsburgh Signs Project - 250 Signs of Western Pennsylvania.

A work in progress: Leo, dreamer, ocean craver, insomniac, skeptic, optimist, coffee junkie, nocturnal, collector, big sister, first born. Part of the story: I am Jennifer Baron, multi-instrumentalist of The Garment District. I previously played organ, melodica and percussion in the Pittsburgh soul combo, The New Alcindors, with whom I once had the privilege of using a Fender guitar amp that belonged to Clarence White of The Byrds, while recording at Nashville’s legendary Castle Studios.

While living in Brooklyn until 2002, I was a founding member of The Ladybug Transistor (Merge Records). Among my many transformative experiences then were touring in the U.S., Canada, Europe, and Scandinavia; performing with Belle & Sebastian, Broadcast and Mercury Rev at The Bowlie Weekender (the first All Tomorrow’s Parties); touring with musical comrades such as Of Montreal, The Lucksmiths and Elephant 6 friends; and collaborating with Soft Machine co-founder Kevin Ayers on a cover of his song “Puis-Je?” for the “Pop Romantique: French Pop Classics” compilation (Emperor Norton Records).

I have worked at the vast Brooklyn Museum of Art and in Pittsburgh at the Mattress Factory, a pioneering contemporary art space, where many of my favorite international artists have worked in residence, including James Turrell, Yayoi Kusama, John Cage, Kiki Smith, and Rolf Julius. I am an obsessive crafter/collector and I help run Handmade Arcade, Pittsburgh's DIY/indie craft fair. In 2010, I co-produced a book about vintage signs: Pittsburgh Signs Project: 250 Signs of Western Pennsylvania.

Peux-tu présenter The Garment District en quelques mots ?
Can you describe The Garment District in few words?

Parfois vague, parfois articulé, des chansons et des sons qui divaguent entre pop psyché, bande-son, expérimentation et musique d’ambiance au synthé. Un ami le décrit mieux, en disant que Melody Elder rentre dans sa playlist “rêverie”, quand un rédacteur de Tiny Mix Tapes écrit que Bird Or Bat est à classer au rayon ballades nocturnes. J’approuve volontiers tout ça.

Sometimes hazy, sometimes articulate—songs and sounds that hover at the intersection of psych-pop, soundtracks, experimentation, and synth-driven ambience. A friend describes it better, saying Melody Elder is going into his “reverie playlist,” and a Tiny Mix Tapes blogger wrote that “Bird Or Bat” is his “new night-walk jam.” I’ll gladly take that. 

Peux-tu expliquer le choix du nom du groupe, The Garment District ?
How did you come up with the band name?

The Garment District, c’est moi, parfois aidée de quelques amis et membres de ma famille. J’ai eu l’idée du nom car il reflète ma passion pour la mode vintage, la couture et les travaux manuels, ainsi qu’un respect profond pour les femmes - dont beaucoup restent anonymes - travaillant dans de dangereuses conditions tout autour du monde.

J’aime créer et fabriquer, et ce nom est en phase avec mes autres intérêts artistiques. Je suis très attirée par la façon dont certains mots résonnent et par leur graphisme, à la fois quand ils sont parlés/entendus et quand ils sont écrits en police de caractère. Pour moi, The Garment District évoque un sens de l’artisanat, du travail créatif, de la production et de l’innovation, qui, je l’espère, se retrouve dans ma musique et mes vidéos. J’aime beaucoup l’idée de prendre un concept englobant un endroit/espace qui aurait certaines connotations - et qui implique une quantité inimaginable de travail et d’énergie humaine à une échelle de consommation en masse - pour l’associer avec un projet très artisanal, tactile et viscéral. Surtout que ce premier projet est en édition limitée, via des K7 faites maison. Quand je vivais à New-York, j’adorais faire du shopping, en quête de bricoles et autres tissus vintage sur Canal Street et dans les entrepôts de Brooklyn.

The Garment District is me, with the occasional help of a few patient family members and friends. I came up with the name to reflect my love for vintage textiles and fashion, sewing and crafting, as well as my deep respect for the women —many anonymous— who toiled in dangerous conditions in specific neighborhoods in cities around the world.

I am a crafter, so the name suits my other artistic outlets. I am very drawn to the way certain words sound and look, both when spoken/heard and when written as typeface. For me, The Garment District implies a sense of making, creative labor, production, and innovation that I hope is reflected in my music and videos. I like the idea of taking an overarching concept of a place/space that has certain connotations, and that involved an unfathomable amount of human labor and energy on a mass commercial scale, and co-opting it for a project that is very homespun, tactile and visceral, especially given that my debut release is via a handmade limited-edition cassette. When I lived in NYC, I was obsessed with shopping for vintage trimmings on lower Canal St. and in Brooklyn warehouses.

Comment définirais-tu ta musique et quelles sont tes influences essentielles ?
How would you describe your music, and who are your biggest influences?

Quand je compose, je ne pense pas concrètement ou consciemment en termes d’influences. Je me concentre sur l’écoute de ce qui se passe dans ma tête, comment l’interpréter et lui donner vie avec des sons. J’espère parvenir ainsi à créer quelque chose indépendant de ce qui se passe cérébralement. Le cinéma (je regarde beaucoup de documentaires), tout comme la musique, avec des films comme Picnic at Hanging Rock, The Swimmer, Bunny Lake Is Missing, The Wicker Man, Grey Gardens, Seconds, Suspiria, ainsi que le cinéma expérimental des années 60-70, m’inspirent pour y parvenir. Je considère l’inspiration comme une force, une énergie, plutôt que comme une influence littérale. Tout ça s’infiltre dans l’inconscient et finit par se retrouver de façon artistique sans que l’on puisse le reconnaître. J’admire énormément et je peux être exaltée par une grande variété de différents types de musique : la musique psychédélique des années 60-70, la folk, la pop, le garage, le freakbeat ; le rocksteady et le ska, les débuts de l’électro, le free jazz ; le hip-hop new-yorkais des années 1980 ; la pop et la new wave écossaise, néo-zélandaise et australienne, les bande-sons et les musiques de séries et de dessins animés.

Je m’inspire tout aussi bien de Sesame Street, de la BBC Radiophonic Workshop, des livres pour enfants de Remy Charlip que de mes albums préférés, notamment ceux des Beach Boys, Lee Hazlewood, Gene Clark, Syd Barrett, The Left Banke, The Zombies, The Soft Machine, Kraftwerk, Brian Eno, Love ou The Kinks.

Il y a des albums qui feront toujours partie de ma vie et puis il y a aussi ces moments où l’on a le plaisir de découvrir quelque chose qu’on n’avait jamais entendu avant, et où on réalise à quel point garder l’esprit ouvert est important. Par exemple, lorsque j’ai écouté une réédition de UFO de Jim Sullivan en 2010. Mes parents nous ont élévés, mes trois frères et moi, avec la trinité “Léonard Cohen-Bob Dylan-Neil Young”. Les LP des Beach Boys ont été nos premiers jouets. Ce genre d’inspiration provient de quelque chose d’inaccessiblement beau et qui ne pourra jamais revenir, et pourtant encourage la création. Des projets contemporains m'inspirent aussi : KWJAZ, Rangers, Matrix Metals, Peaking Lights, Wet Hair, James Ferraro et The Soft Moon.

Je me sens souvent un peu dépassée par toutes ces nouvelles musiques qui se propagent à la vitesse du feu, surtout que la musique est partagée de façon digitale. Je me tiens souvent en retrait et n’écoute que la musique dont je dispose en vinyle. Ecouter, c'est découvrir la vision d’une personne de manière plus complète, authentique et viscérale. Je sais que ce n’est pas toujours faisable ou approprié, alors j’essaie aussi d’adopter un mode de partage de la musique plus temporel et fracturé.

Certains de mes groupes préférés des années 90 me font toujours monter les larmes aux yeux : Neutral Milk Hotel, Gorky's Zygotic Mynci, Broadcast, Beachwood Sparks, The Supreme Dicks, My Bloody Valentine, The Olivia Tremor Control et même les Français de Fugu. Il y a pas mal de rééditions d’albums des années 60 aux années 80 qui sortent sur des labels comme Sundazed, Light in the Attic, Dark Entries, et Numero Group. Ça me fait tourner la tête.

When I write music, I don’t concretely or consciously think about influences. I focus on listening to what is in my head and interpreting and giving it form via sound. My hope is that it takes on a new life that is out of my control cerebrally. Films (I am addicted to watching documentaries)—as much as music—such as Picnic at Hanging Rock, The Swimmer, Bunny Lake Is Missing, The Wicker Man, Grey Gardens, Seconds, Suspiria—and experimental cinema of the 1960s-1970s—inspire me to translate what I hear in my head into music. I think more in terms of inspiration as an energy force, rather than a traceable or literal influence. Things seep into your subconscious and may end up making their way into your artistic voice in unrecognizable or partially discernible ways. I am endlessly in awe and of and uplifted by a massive range of music—1960s-1970s psychedelia, folk, pop, garage, freakbeat; 1950s-1960s rocksteady and ska; early electronic music; free jazz; 1980s NYC hip hop; 1970s-1980s pop and new wave from Scotland, New Zealand and Australia; and film soundtracks and TV and cartoon theme shows.

I can be just as inspired by a Sesame Street interstitial or a BBC Radiophonic Workshop vignette, or by children’s books by Remy Charlip, as I can by my favorite albums by The Beach Boys, Lee Hazlewood, Gene Clark, Syd Barrett, The Left Banke, The Zombies, The Soft Machine, Kraftwerk, Brian Eno, Love, or The Kinks. There is music that will always just BE in my life, and then there is that amazing moment when you discover something you have never heard before, when you realize how crucial it is to always keep your mind open and listening and waiting. An example of that came for me when I first heard the 2010 reissue of Jim Sullivan's haunting UFO. My parents raised my three brothers and me on what I call the "Leonard-Cohen-Bob-Dylan-Neil-Young-Trinity," and their Beach Boys’ LPs were our first toys. That kind of inspiration comes from something that is so unattainably beautiful and can never be repeated, yet it also propels you to create. Contemporary stuff I listen includes KWJAZ, Rangers, Matrix Metals, Peaking Lights, Wet Hair, James Ferraro, The Soft Moon.

I get quite overwhelmed by the rapid-fire influx of new music, especially given the way music is shared digitally, so I often retreat and only want to listen to music I own on vinyl. For me, it’s a more complete, visceral and authentic experience of someone's vision, but I know that is not always feasible or relevant, so I try to also embrace the more temporal fractured exchange of music. Some of my favorite music from the 1990s still moves me to tears, such as Neutral Milk Hotel, Gorky's Zygotic Mynci, Broadcast, Beachwood Sparks, The Supreme Dicks, My Bloody Valentine, The Olivia Tremor Control, Fugu (from France). There are astounding 1960s–1980s reissues to keep up with on labels like Sundazed, Light in the Attic, Dark Entries, and Numero Group—it makes my head spin.

Si tu es obligée de t'exiler sur une île déserte, quels disques emmènerais-tu avec toi ?
If you were stranded on a desert island what records would you want with you?

J’ai un besoin maladif de vivre près de la mer, en partie parce que je suis née au Jersey Shore Medical Center. Toutes mes photos de bébé sont à la plage. La mer me procure un sentiment de bonheur absolu que je ne peux pas retrouver ailleurs, alors le bruit des vagues pourrait me suffire. Mais comme je ne peux pas vivre sans musique :

I crave the ocean, partially because I was born at the Jersey Shore Medical Center. All of my baby pictures are on beaches. The sea provides a state of bliss that I cannot attain elsewhere, so the waves would serve as album numero uno. But I cannot live without music, so for starters:

Mayo Thompson - Corky’s Debt to His Father
The Golden Dawn - Power Plant
John Cale - Paris 1919 & Vintage Violence
Kaleidoscope - Tangerine Dream
Judy Henske and Jerry Yester - Farewell Aldebaran
Harald Groskopf - Synthesist
Jim Sullivan - UFO
Gene Clark - Echoes and Roadmaster
The Beach Boys - Pet Sounds
Brian Eno - Here Come the Warm Jets & Talking Tiger Mountain (By Strategy)
New Order - Power, Corruption & Lies
Neil Young - Neil Young

Quels sentiments/message essaye-tu de faire passer dans ta musique ?
What kind of vibe/message are you trying to convey with your music?

Ce que j’entends dans vos oreilles. Je vais laisser ça à ceux qui m’écoutent. J’espère sincèrement que des relations importantes et viscérales se créent entre mon public et ma musique. Quand j’écris, je ne pense pas à faire passer un message. Pour moi, Melody Elder reflète des sons rééls et imaginaires issus de la folk et de la psyché, des décors et des protagonistes, ainsi qu’un son inhabituel mais vaguement familier. Je reste très attachée aux objets en général, en incluant des instruments analogues, et aussi aux mélodies évocatrices, aux expériences de fracture, texture et aux sentiments provoqués par des endroits et des expériences diverses. Je préfèrerais laisser la parole à ce qu’a écrit un de mes amis musiciens à propos de Melody Elder:

"Ta musique me rappelle quand j’avais dix ans, et que j’étais resté à la maison, malade un jour d’école, à regarder Inside/Out sur PBS. L’album me donne envie d’un retour mélancolique au temps d’une lointaine solitude virginale, et d’un bonheur magique, elfique, comme sous l’effet de champis hallucinogènes."

What I hear into your hears. I will leave most of that up to listeners. I genuinely hope that meaningful relationships and visceral connections are formed between listeners and my music. When I write, I don’t actually think about a message. For me, Melody Elder reflects real and imagined folk-psych sounds, settings and heroes, as well as an unusual yet vaguely familiar sound. I am very attached to objects in general, including analog instruments, and to evocative melodies, fractured experience, texture, and impressions of places and experience. I’d rather defer to what a musician friend of mine wrote, after he heard Melody Elder:

"Your music makes me feel like I am 10 years old, stayed at home sick on a school day watching Inside/Out on PBS. The record gives me the oddest combination of wistful wanting to go back to some far away virginal loneliness and a more blissful almost mushroom-tripping elfin magic thing."

As-tu des attentes particulières avec Melody Elder?
Did you have specific goals for Melody Elder?

Sortir une K7 sur Night People était un rêve pour moi. J’aimerais beaucoup sortir Melody Elder sur vinyle. J’espère pouvoir commencer à jouer sur scène très bientôt. Ça me manque terriblement et on n’arrête pas de me poser la question. Quand je ne voyage pas, je deviens claustrophobique et je me sens comme piégée. Les voyages en Europe me manquent, et j’aimerais beaucoup revenir en France, qui est un pays très beau. En ce moment, je me concentre sur de nouveaux morceaux, et je répète avec un batteur et un bassiste tous deux très talentueux. Je pense pouvoir enregistrer cet hiver. C’était très satisfaisant de pouvoir entendre les morceaux prendre une nouvelle forme. J’enregistre également des nouveaux morceaux dans notre studio très lo-fi de Golden Mountain Frequencies.

C’était assez libérateur de pouvoir écrire et enregistrer Melody Elder, après avoir été dans des groupes qui suivaient une routine plus ou moins huilée en termes de composition, enregistrement et tournées. Quand j’écris, j’écoute attentivement la composition pour tenter de trouver la forme la plus authentique, afin de lui donner un enregistrement permanent, et j’essaie de filtrer et extraire les mélodies qui me viennent naturellement. J’avais l’habitude de me concentrer sur l’idée du “morceau”, et parfois, ça peut finir par restreindre et bloquer l’élan créatif. J’ai voulu essayer différentes approches avec Melody Elder.

Releasing a tape on Night People is a dream come true. I’d love to release Melody Elder on vinyl. I hope to start playing live again soon. I miss it desperately, and keep getting asked about that. If I don’t travel I feel claustrophobic and landlocked. I miss traveling on a semi-regular basis to Europe, and would love to return to beautiful France. Currently I am focusing on new songs, rehearsing with an amazing drummer and bassist, and plan to record this winter. It’s been satisfying to hear the songs take on a new life. I am also recording new stuff at our totally lo-fi Golden Mountain Frequencies home studio.

It was somewhat liberating for me to write and record Melody Elder, after being in bands that followed a more structured existence, in terms of writing, recording and touring. When writing, I listen closely to a composition to figure out what is the most authentic way for it to be given a permanent record in sound and try to sift through and filter the melodies I hear naturally. I used to be firmly focused on the idea of "the song," and sometimes that can be restrictive and can inhibit creativity, thus I tried to allow for a variety of approaches on Melody Elder.

Comment as-tu rencontré Jowe Head ?
How did you meet Jowe Head?

Le légendaire et indéfinissable Mister Jowe Head, un type vraiment merveilleux ! Je suis une grande fan de Television Personalities et des Swell Maps, et je l’ai rencontré pour la première fois à la fin des années 90. Il est resté chez nous, à Brooklyn, dans une maison victorienne à la réputation assez mythique au coeur de Flatbush, où des groupes restaient assez souvent. Un documentaire français y a même filmé une des scènes avec Salman Rushdie et Paul Auster ! Jowe répétait dans notre studio de Marlborough Farms (tenu par Gary Olson de The Ladybug Transistor), et montait sur scène avec nos potes Hamish Kilgour de The Clean et Lisa Siegel de The Mad Scene.

Lors d’un énorme blizzard sur la côte est, on était tout deux coincés. Jowe et moi avons spontanément enregistré quelques morceaux avec Ed Powers, le premier batteur de The Ladybug. On se donnait le nom de Cabin Fever, Jowe écrivit des paroles inspirées par le western de 1953, Shane, avec Jack Palance et Van Hefli et les deux morceaux ont fini sur une compilation de Windless Air Music. On est resté en contact au fil des ans et malgré la distance. J'ai été très touchée lorsque Jowe nous proposé d'ajouter des basses sur Bird Or Bat.

The legendary and elusive Mister Jowe Head, a truly delightful fellow. I am a huge Television Personalities and Swell Maps fan, and first met lovely Jowe in the late 1990s, when he stayed at our place in Brooklyn—a fairly legendary Victorian house in tree-lined Flatbush, where bands crash regularly, and where a French documentary once filmed a scene with Salman Rushdie and Paul Auster! Jowe was rehearsing in our Marlborough Farms studio (run by Gary Olson of The Ladybug Transistor), and playing shows with our friends Hamish Kilgour (The Clean) and Lisa Siegel of The Mad Scene.

During a massive East Coast blizzard, when we were trapped indoors, Jowe and I spontaneously recorded a few songs with original Ladybug drummer, Ed Powers. We dubbed ourselves Cabin Fever, Jowe penned lyrics based on the 1953 Western, Shane, starring Jack Palance and Van Hefli, and two songs ended up on a Windless Air Music compilation. We remained in touch over the years and the distance, and it was very special to me that Jowe offered to add bass to Bird Or Bat.

Only Air est un superbe morceau. Peux-tu me raconter dans quelles conditions tu l'as composé ? Tous les morceaux ont une histoire particulière pour toi ?
Only Air is a magnificent song. Can you tell me in what conditions you composed it? All the songs have a particular story for you?

Merci beaucoup. Je m’intéresse à la convergence entre une musique pop pure et des sons plus ambients, expérimentaux et élusifs, ainsi qu’aux contradictions comme le fait de vouloir contrôler et laisser faire. Faire de la musique est pour moi similaire à de l’alchimie, ou peut-être à avoir de la fièvre. Ce n’est pas facile d’en discuter et parfois, il vaut mieux garder le procédé caché ou privé.

Je me souviens du jour où j’ai écrit Only Air, qui commence par une suite d’accords très spécifique et sur une rythmique assez distincte, à la fois pour le couplet cadencé et le refrain frénétique, le tout sur un Hohner vintage. Je suis très orientée sur la mélodie et pas vraiment sur le chant, alors j’écris diverses mélodies qui se superposent et des harmonies avec différents instruments, comme ici, la guitare, le mélodica et du synthé.

C’étai un vrai bonheur de travailler avec Kevin C. Sea (The Artificial Sea), car c'est un sacré collectionneur de matériel vintage, un manipulateur ingénieux de synthé et artiste du son. Only Air est vraiment la rencontre choc de quelque chose de flottant et d'insouciant, malgré une nostalgie latente, dénuée de ce qu’implique le chant.

Le narratif, les idées et les expériences peuvent se traduire par des ambiances, des textures et la mélodie. Quand j’ai découvert dans des archives les films de Greenwich Village dans les années 60 pour la vidéo (éditée par Keith Tassick), j’ai trouvé vraiment étrange la façon dont ils allaient avec la musique en termes d’ambiance et de tempo. J’ai vécu dans le East Village et j’ai passé tellement de temps à me balader jour et nuit dans les environs de Manhattan. De nombreuses années plus tard, je rêve encore de mes errances dans les rues de New-York. Je suppose qu’il s’agit de ma façon d’exprimer mon amour pour ces expériences passées, et pour ces années et cet endroit, dans le Village que je ne connaissais en fait pas, donc il s’agit moins de nostalgie que de désir.

Merci beaucoup. I am very interested in the convergence of pristine pop music and the vibe/feel of more ambient experimental and elusive sounds, and in contradictions like wanting to have control and letting go. I think there’s something akin to alchemy, or maybe having a fever, about writing music. It’s difficult to discuss and sometimes best to keep the process hidden or private.

I do recall the day I wrote “Only Air” which began as a very specific chord progression and slightly distinct rhythm, for both the lilting verse and the frenetic chorus, on my vintage Hohner. I am very melody oriented, not much of a vocalist at all, so I write multiple layered melodies and harmonies on instruments, such as with the guitar, melodica and dueling synth lines on “Only Air.”

It was a joy to work with Kevin C. Smith (The Artificial Sea), because he is quite the vintage gear collector, circuit bender and sound artist. "Only Air" is definitely a collision of something buoyant and carefree, yet with undertones of longing, and purposely stripped of the implications of vocals.

Narrative, ideas and experience can be conveyed through vibe, texture and melody. When I discovered the archival 1960s-era footage of Greenwich Village for the video (edited by Keith Tassick), it was uncanny the way it naturally fit the music in terms of vibe and tempo. I used to live in the East Village and spent so much time walking around lower Manhattan at all hours of the day and night. Many years later, I still have dreams that I am wandering aimlessly around the streets of NYC. I suppose this is my love letter to those experiences, and to a time and place in the Village that I actually never knew, so it’s not nostalgic, but rather longing.

Melody Elder sort sur Night People Records. Peux-tu expliquer en quelques mots ton histoire avec le label ?
Melody Elder was released on Night People Records. Can you say a few words about your history with this label?

J’ai vu Wet Hair jouer à Pittsburg en 2010, dans un endroit appelé The Shop, un ancien bâtiment aux usages divers qui a été transformé en salle de concert et galerie d’art. J’étais allée voir un autre groupe - je ne me souviens plus du nom - et en fait, j’ai été renversée par Wet Hair. J’adore leur mélange de bruits électroniques et de musique pop entraînante : une atmosphère très distincte se crée et qui leur est unique, mais qui me rappelle aussi mes groupes préférés comme New Order, The Clean et Spacemen 3.

J’ai été vraiment emballée par leur sélection de K7 et 45 tours en édition limitée et j’ai échangé quelques mots avec Shawn. Quelques mois plus tard, j’envoyai quelques morceaux en cours à Shawn et il me demanda si je voulais enregistrer une K7. J’ai tout de suite accepté. J’admire Night People et leur soin pour le fait-main - en termes de donner un nom et de créer le désign pour un K7 - et  j’étais déjà fan de Wet Hair, de Peaking Lights, Dirty Beaches, Naked on the Vague et Dan Melchior. J’ai toujours voulu sortir une K7, car avec mes groupes précédents, je ne l’avais fait que sous la forme de CD et de vinyles. Je suis infiniment reconnaissante envers Shawn pour avoir répondu à ma musique.

I saw Wet Hair play in Pittsburgh in 2010, at a space called The Shop, a former mixed-use complex that's been rehabbed as a performance/gallery venue. I went there to see another band—I cannot recall whom—and ended up being blown away by Wet Hair. I love their fusion of electronic noises and catchy pop music—it’s a distinct atmosphere that seems their own, but also recalls some of my favorite bands, such as New Order, The Clean and Spacemen 3.

I was taken with their selection of beautiful limited-edition cassettes and 45s, and spoke briefly with Shawn. A few months later, I sent a few tracks in progress to Shawn, and he asked me if I wanted to do a tape. Instant affirmative. I admire Night-People's attention to the slow handmade process—in terms of both dubbing and designing tapes—and I was already a fan of Wet Hair, as well as of Peaking Lights, Dirty Beaches, Naked on the Vague, Dan Melchior. I have always wanted to release music on tape, because in my previous bands, I have only done so on vinyl, 7" and CD. I am incredibly grateful that Shawn responded to the music.

Peux-tu expliquer comment a été créée la pochette de Melody Elder ?
How'd you come up with the album art for Melody Elder? Is the album art and packaging as important as the music itself?

Le design de la pochette a été créé par Shawn Reed. C’était la première fois que j’étais impliquée dans une sortie sans participer au design. J’admire la vision esthétique constante de Night People, et tout particulièrement celle de Shawn et son utilisation des couleurs, de la texture et du collage. J’étais en territoire inconnu - un challenge à titre personnel : il était très difficile de ne pas prendre part à cette étape du processus, encore moins car je suis quelqu’un de très visuel. Je suis attirée par les juxtapositions de couleurs vives, qui m’entourent chez moi, à travers mes collections de choses vintage, et j’étais contente des déclinaisons de jaunes et de violet, du collage et de ses qualités tactiles d’objet fait-main.

C’est un honneur pour ma musique d’être représentée ainsi. J’ai toujours un lecteur cassette dans ma vieille Volvo et quand j’étais enfant, pendant l’âge d’or des K7, je passais mon temps à faire des mixtapes et à en dessiner les pochettes. Parmi ces K7, on trouvait des groupes que j’aime toujours : Game Theory, New Order, The Velvet Underground, Prince, The Smiths, Galaxie 500, The Go-Betweens, Orange Juice, The Feelies, Psychic TV, The Jesus and Mary Chain. Quand j’achetais des K7, je refaisais souvent les pochettes, et il m’en reste des tonnes. Je suis fascinée par le côté précieux des K7 en éditions limitées. C’est une sorte de devise culturelle. Les K7 sont brutes et encombrantes, mais aussi magiques. Cette fine et fragile bande qui contient tellement de données, d'énergie et de communication. Sortir une K7 s’est fait dans le prolongement naturel de mon appartenance à la scène DIY et artisanat indé.

The artwork was designed by Shawn Reed. This was my first time being involved in a release that I did not have a direct hand in designing/packaging. I admire the consistent visual aesthetic of Night-People, particularly Shawn’s use of color, texture and collage. It was unknown territory for me—a challenge personally—to have to let go of that stage of the process, especially since I am a very visual person. I am drawn to bold juxtapositions of color—which surround me at home in my obsessive collections of vintage wares—and I am thrilled with the yellow and purple color scheme, the collage-based process and the handmade tactile qualities.

It’s an honor for me to have my music represented in such a visual way. I still have a tape player in my old Volvo, and I was a kid during the heyday of cassette culture, constantly making mixes with hand-designed artwork. Those tapes included bands I still love—Game Theory, New Order, The Velvet Underground, Prince, The Smiths, Galaxie 500, The Go-Betweens, Orange Juice, The Feelies, Psychic TV, The Jesus and Mary Chain. When I purchased tapes, I would often remake the artwork myself, and I still have crates filled with them. I am mesmerized by the precious and limited-edition nature of tapes. It’s a kind of cultural currency. Tapes are both raw and clunky but also magical. This thin tiny fragile strip of tape holds so much information, energy, effort, and communication. Releasing a tape was a natural extension of my participation in the DIY/indie craft scene.

As-tu des side-projetcs ?
Do you guys have any side-projects?

Greg, mon mari, et moi, avons développé un concept de film documentaire centré sur un artiste et musicien inconnu et novateur de Western Pennsylvania qui s’éternise pour le moment au stade de projet. Récemment, on m’a demandé de venir jouer du synthé sur scène, pour accompagner mon ami Taichi Nakatami, un guitariste accompli, né au Japon, qui était auparavant dans le groupe Harangue.

My husband Greg and I have developed a documentary film proposal about an obscure, pioneering musician-artist from Western Pennsylvania that is languishing in the concept phase. Recently, I was asked to play synthesizer live, accompanying my friend Taichi Nakatani, a talented guitar player (born in Japan) who used to be in the band Harangue.

Quels sont tes amis ? Parle nous de la scène de Pittsburgh...
Who are your friends? What is the music scene like in Pittsburgh?

Certains de mes amis dont je me sens le plus proche vivent en fait tout autour du monde, comme à New-York, San Francisco, Los Angeles, la Grande-Bretagne, l'Australie et même au Bangladesh. Je fais de la musique dans une sorte de cocon, et comme entre deux trains. En fait, j’ai fini Melody Elder en faisant le ménage dans ma tête, et en évitant certains éléments toxiques qui font partie des écueils quand on est associée avec la naissance d’une certaine scène.

Ceci dit, je suis un être social, et tout le monde est affecté par son environnement, qu’on l’admette ou pas. L’espace dans lequel j’évolue est un poids sur ma conscience. Il y a vraiment des moments où je ne me sens pas à ma place dans la ville où je vis actuellement. New-York fut ma première véritable histoire d’amour avec un endroit. N’importe quel jour, on peut s’y sentir comme un voyageur du monde, du temps et  de l’esprit. C’est ce genre de ville. J’ai cette ville dans la peau, jusque dans mes veines et elle restera toujours un de mes “chez moi”.

Ceci dit, je suis très attirée par la topographie géniale de Pittsburgh, ses artistes, son architecture, ses quartiers authentiques, ses magasins d’occasion et les magasins de musique. Ce que je préfère à propos de Pittsburgh, c’est le rôle remarquable qu’elle a joué dans l’histoire de la musique américaine, en termes de jazz, de soul et de funk (Kenny Clarke, Billy Strayhorn, Gene Ludwig, Betty Davis, Henry Mancini), de rock'n'roll (Fantastic Dee-Jays, Swamp Rats, The Duchess, Todd Tamanend Clark, The Cynics) et des DJ novateurs des années 50 et 60, les discothèques pour ados et les hit singles. C’était au temps où des DJ comme Terry Lee, Mad Mike et Porky Chedwick créaient la demande et ont propulsé dans les charts de nombreux groupes inconnus et remis au goût du jour des morceaux comme Hanky Panky de Tommy James.

En plus de cet héritage musical s’ajoute une scène underground musicale et artistique assez active avec des labels indé comme Dynamo Sound Collective, As Above So Below, Mind Cure Records, and Machine Age. Il y a pas mal de nouveaux endroits alternatifs et de des musées fantastiques. Mon mari Greg dirige le label de K7 As Above So Below, qui a sorti les deux premiers Rangers et celui du groupe Dreams West de North Carolina. Ici, un mélange de brutalité urbaine et de verdure alimente créativité et innovation.

L’architecture de Pittsburgh m’inspire avec le Alcoa Building - le premier gratte-ciel en aluminium du pays -, la prison et l’église de H.H. Richardson, et les bâtiments modernistes et “brutaux” de Mies van der Rohe et de Paul Schweikher, ainsi que les chefs-d’œuvre de Frank Lloyd Wright et les maisons alignées typiques construites pour les ouvriers en sidérurgie. Les gens sont surpris de voir que Pittsburgh contient des parcs aux grandes étendues, des funiculaires et des vues aux airs très européens, et on peut se perdre dans la nature sauvage d’un parc national à une heure de la ville. Une ville a besoin de ces caractéristiques, et moi aussi.

Some of my close friends I feel most connected to actually live in places all over the world, such as NYC, SF, LA, the UK, Australia, and even Bangladesh. I make music in something of a cocoon, with one foot on and one off the train that might be termed a scene. I completed Melody Elder basically in a vacuum of my own mind, blocking out some of the toxic hazards that can sometimes be associated with the construct of a scene.That said, I am a social creature, and everyone is impacted by and thinks about their surroundings—whether they admit it or not. A sense of place weighs heavily on my mind. There are definitely times when I do not feel like I belong in the city I currently live in. My first true love affair with a city came when I lived in NYC. On any given day you have the potential to feel like a world, time or mind traveler there, it’s just that kind of city. It got under my skin and into my veins and will always be one of my “homes.”

That said, I am very compelled by Pittsburgh’s amazing topography, art scene, architecture, authentic neighborhoods, thrift shops, and record stores. One of my favorite things about Pittsburgh is its remarkable role in America’s music history, in terms of jazz, soul and funk (Kenny Clarke, Billy Strayhorn, Gene Ludwig, Betty Davis, Henry Mancini), rock and roll (Fantastic Dee-Jays, Swamp Rats, The Duchess, Todd Tamanend Clark, The Cynics) and 1950s/1960s pioneering DJs, teen dance clubs and pop hits. This is where tastemaking DJs such as Terry Lee, Mad Mike and Porky Chedwick created hits for many obscure groups and where songs like Tommy James's "Hanky Panky" were literally revived and made into hits here—so music is in the fabric.

Adding to this legacy is a fairly active underground music/arts community, with independent tape/vinyl labels, such as Dynamo Sound Collective, As Above So Below, Mind Cure Records, and Machine Age. There are several new alternative spaces and house venues, and amazing museums. My husband Greg runs a tape label called As Above So Below, which released the first two RANGERS tapes and just released the debut by North Carolina-based Dreams West. The mix of grittiness and green here fuels creativity and innovation.

Pittsburgh’s architecture inspires me, with the Alcoa Building—our country’s first aluminum skyscraper—H.H. Richardson’s jail and church, and modern and Brutalist buildings by Mies van der Rohe and Paul Schweikher, plus Frank Lloyd Wright masterpieces, and signature row houses built for steelworkers. People are surprised to learn that Pittsburgh is home to amazing sprawling parks, dramatic funiculars and vistas that are actually quite European, and you can get lost in the wilderness in state parks one hour from the city. Cities need these characteristics and so do I.

But alas, you asked about the “s” word! Recently, I have seen inspiring shows here by KWJAZ, Spencer Clark, Dolphins Into the Future, Khaira Arby, Hamiet Bluiett, Onra, Real Estate, Woods, Crystal Stilts, Jandek, Kurt Vile, Polvo, Bert Jansch (RIP), Van Dyke Parks, Spectrum, Ford + Lopatin, Weyes Blood, Eddy Current Suppression Ring, Peanut Butter Wolf, Zombi. Thanks to an industrious arts collective, Pittsburgh is now home to VIA, an annual new media and music festival, that hosted the world premiere of RVNG Intl's FREAKWYS Ensemble (James Ferraro, Laurel Halo, Daniel Lopatin, David Borden, Samuel Godin). I’m not sure how any of this has inspired my own music. Here’s a CliffsNotes version of Pittsburgh’s music landscape from my warped mind: in the 1990s, when I lived in NYC, Pittsburgh’s independent music scene, which also has roots in punk rock, seemed to be dominated by (sorry to use a cliché) “math rock,” with bands like Don Caballero and Modey Lemon (its members now have interesting solo projects here). The climate seems to have opened up to include pop, experimental, folk, rap, and soul music. It’s been interesting to see bands like Black Moth Super Rainbow, Zombi, DS Miller, Girl Talk, Majeure, Sagas, and Hunted Creatures, and visionary artists whose work crosses boundaries of video, visual art and music—such as Jacob Ciocci (Extreme Animals, Paperrad) and Spencer Longo (who now lives in L.A.). I recently met Kenny Rakentine, of Specialist Morgen J, who just released a great cassette on UUU tapes, affiliated with the terrific American music blog, Friendship Bracelet. I recently collaborated with Pittsburgh-based Buscrates 16-Bit Ensemble, who did the remix of my song, “Bird Or Bat,” and who is a member of ELQ.

Traduction : Simone Apocalypse.

Vidéos

Mixtape

The Garment District Mixtape for Hartzine
Pittsburgh, PA, 12.09.11


(TL/DL)

01. Joe Raposo - Seahorse
02. Jan & Dean - Save For A Rainy Day
03. Tyrannosaurus Rex - Once Upon The Seas Of Abyssinia
04. John Cale - Big White Cloud
05. Laserdisc Visions - Data Dream
06. Harald Grosskopf - So Weit So Gut
07. Mayo Thompson - Fortune
08.The Orkustra (Bobby Beausoleil) - Punjab's Barber (excerpt)
09. Roy Harper - Committed
10. Bill Fay - Screams in the Ears
11. Gary Higgins - Looking for June
12. Jim Sullivan - Jerome
13. Judy Henske & Jerry Yester - Horses on A Stick
14. David Hess - Ice Cream Song
15. Television Personalities - Three Wishes
16. The Stranglers - Golden Brown
17. The Golden Dawn - This Way Please
18. Faine Jade - USA Now
19. Pisces - Children Kiss Your Mother Goodnight
20. L'Infonie - J'ai Perdu 15 Cents Dans Le Nez Froid D'un Ange Bronze
21. Yellow Magic Orchestra - Computer Games
22. Matching Mole - O Caroline
23. Kaleidoscope - The Sky Children

Tracklist

The Garment District - Melody Elder (Night People, 2011)

01. Only Air
02. The Parlance
03. Bird Or Bat
04. I Am Not the Singer
05. Nature-Nurture
06. Supermoon
07. Bird Or Bat Reprise
08. Highway Mountain Hymnal Rain
09. Apple Bay Day
10. Gaza Drift
11. Push

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The Garment District - Melody Elder

New-York, downtown. Entre la la Cinquième Avenue et la Neuvième Avenue, de la 34e rue à la 42e rue, The Garment District étale ses fastes et imprime les modes vestimentaires : cet immense quartier absorbe - outre de nombreux entrepôts et d'innombrables ateliers de confection de vêtements - l'Empire State Building, le Madison Square Garden en plus de l'un des plus grands magasins du monde, le Macy's. La démesure à l'américaine, comme souvent, pour un lieu réputé être l'une des places fortes mondiales de la création et de l'habillement. The Garment District, encore et toujours, ou le patronyme sous lequel Jennifer Baron déploie solitairement sa verve mélodique. "The Garment District - nous apprend elle - évoque un sens de l’artisanat, du travail créatif et de la production, qui, je l’espère, se retrouve dans ma musique et mes vidéos. J’aime beaucoup l’idée de prendre un concept englobant un espace qui aurait certaines connotations - et qui implique une quantité inimaginable de travail et d’énergie humaine à une échelle de consommation en masse - pour l’associer avec un projet très artisanal, tactile et viscéral." A l'écoute de Melody Elder - LP disponible digitalement par ici et récemment sorti en cassette via l'inestimable label de Shawn Reed, Night People - les mots de Jennifer tombent sous le sens de cette musique cousue main, intimiste et expérimentale, mais tutoyant sans relâche d'imprescriptibles desseins, telles l'harmonie, la filiation ou l'innovation. Une tension vitale entre l'un et l'infini qui confère à ses chansons une insondable mélancolie, celle légère et bleutée, que l'on porte avec discernement sur une vie déjà bien remplie. Car si The Garment District est un récent projet pour cette multi-instrumentiste patentée, Jennifer est loin d'être née de la dernière pluie. Habitant désormais Pittsburgh, elle connait bien New-York pour y avoir fomenté - à la mi-temps des années quatre-vingt dix - et ce en compagnie de son désormais ex-mari Jeff et d'une triplette composée de Gary Olson, Edward Powers et Javier Villegas, The Ladybug Transistor, l'une des formations les plus excitantes affiliées au collectif "Elephant 6".

1995, l'indie rock se fait escroquer sur l'autel de la renommée : si Pavement et Sonic Youth résistent nonchalamment, le haut du pavé est tenu par des groupes aussi excitants que Silverchair et Bush. Une sale époque enfantée par la glorification commerciale de Cobain et ses apôtres. Dans l'ombre, Big Apple assure le passage de témoin. Le do it yourself pop incarné par Sarah Records (lire) migre de Bristol à l'autre rive de l'Atlantique : à l'initiative de Robert Schneider et de ses Apples In Stereo, une flopée de groupes, à la fois fascinés par les sixties - des Byrds aux Sonics en passant par les inévitables Beach Boys - et l'avant-gardisme, envahissent les ondes dès 1995 sous la bannière de l'Elephant Six Collective. Parmi eux se distinguent les Neutral Milk Hotel, The Olivia Tremor Control, Elf Power, Of Montreal et donc The Ladybug Transistor. Participant à substituer à la pression commerciale le plaisir de jouer une pop légère - en agrémentant celle-ci d'instruments jusqu'alors incongrus, tels le violon et le saxophone -, The Ladybug Transistor connait son apogée à l'orée d'un troisième album, The Albemarle Sound (1999), avant de glisser lentement mais sûrement dans un relatif anonymat. Groupe à géométrie variable, leur sixième album Clutching Stems, est paru en juin dernier, toujours sur Merge Records.

Jennifer quitte l'aventure dès 2002 et coupe pour un temps toutes relations avec l'univers discographique. L'occasion pour elle de déménager et d'approfondir ses autres lubies liées notamment à l'art contemporain. Il lui aura ainsi fallu un peu moins d'une dizaine d'années pour se réapproprier la production d'un disque, avec cette ferme volonté de ne pas reprendre les choses là où elle les avait laissées. "J’avais l’habitude de me concentrer sur l’idée du “morceau”, et parfois, ça peut finir par restreindre et bloquer l’élan créatif. J’ai voulu essayer différentes approches avec Melody Elder." Dès Only Air, morceau introductif, on perçoit cette liberté de ton ne pouvant aller de pair qu'avec un projet d'album conçu sur la durée, dans son entièreté, avec comme fil conducteur l'omniprésence de claviers aux sonorités anachroniques, à situer quelque part entre un psychédélisme très sixties et cette vision panoramique que conférait Ennio Morricone aux films pour lesquels il composait. Unique chanson à prétention pop de Melody Elder - sur lequel Jowe Head (Television Personalities, Swell Maps) love sa basse - Bird Or Bat ferait, sortie de son contexte, immédiatement penser aux volutes sirupeuses des trois New-Yorkaises d'Au Revoir Simone, si elle n'était pas sertie d'une relecture déconstruisant celle-ci dans ses moindres recoins (Bird Or Bat Reprise). Entre sinuosités mélodiques (The Parlance, Apple Bay Day), ambient cinématographique (I Am Not The Singer, Supermoon) et patchwork sonores du plus bel effet (Mountain Highway Hymnal Rain, Gaza Drift, Push), difficile de ne pas sentir Jennifer coucher sur bandes magnétiques d'éparses bribes de sa propre biographie.

Audio

Tracklist

The Garment District - Melody Elder (Night People, 2011)

01. Only Air
02. The Parlance
03. Bird Or Bat
04. I Am Not the Singer
05. Nature-Nurture
06. Supermoon
07. Bird Or Bat Reprise
08. Highway Mountain Hymnal Rain
09. Apple Bay Day
10. Gaza Drift
11. Push


The Garment District - Nature-Nurture

Avec Nature Nature, et après Only Air et The Parlance, Jennifer Baron, résidant à Pittsburgh, égraine pour la troisième fois un extrait mis en image de son récent album, Melody Elder, paru sous le patronyme de The Garment District via Night People. La vidéo de Nature-Nurture est une collaboration avec le cinéaste expérimental Keith Tassick, qui a collecté et retravaillé plus de sept cents images du journal télévisé nocturne prises par Jennifer - et exposées par ici via un blog dédié - selon un ordre aléatoire épousant les pulsions d'une musique essentiellement centrée sur des synthétiseurs et autres claviers analogiques. De quoi faire patienter le quidam sans déflorer une future interview, sertie d’une mixtape en cours de préparation, de celle qui jouait jusqu'en 2007 avec The Ladybug Transistor, mythique dépositaire d'une indie-pop lumineuse et cuivrée.

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