Tame Impala l'interview

Tame Impala. 2010. Innerspeaker. Ça vous rappelle de bons souvenirs ? Entre leur superbe concert à la Maroquinerie et leur bonne position dans le top 2010 de la rédac', on est allé à la rencontre de ces jeunes Australiens qui se sont prêtés aux questions en anglais de notre Akitrash national.  Jay, Dominic et Nick nous parlent notamment de la conception d'Innerspeaker, de Kevin (le leader du groupe) et même d'un mythique groupe de r'n'b... Vous vous demandez où était Kevin pendant ce temps-là ? Bah nous aussi...

Interview


Bilan de l'année 2010

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Une année 2010 résumée en deux morceaux par tête de pipe. A écouter ci-dessous et à télécharger par ici.

Histoire de joindre la lecture à l'écoute, retrouvez notre bilan 2010 par .

Tracklist

01. Trentemoeller - The Mash And The Fury
02. Tristesse Contemporaine - 51 Ways To Leave Your Lover
03. Porcelain Raft - Tip Of Your Tongue
04. Terror Bird - Shadow in the Hall
05. Ikons - Slow Light
06. Tame Impala - Make Up Your Mind
07. Braids - Lemonade
08. Blank Dogs - Another Language
09. Wavves - Post Acid 
10. Daedelus - Stampede Me (feat. Amir Yaghmai)
11. Caribou - Odessa
12. Destroyer - Chinatown
13. Summer Camp - Jake Ryan
14. Coma Cinema - Her Sinking Sun
15. Gil Scott-Heron - Me And The Devil
16. Beach House - Silver Soul
17. Zola Jesus - I Can't Stand
18. Julianna Barwick - Sunlight, Heaven


On y était - Soy Festival - Spectrum, Tame Impala & Liars...

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Soy Festival - Spectrum, Tame Impala & Liars, dimanche 31 octobre 2010, Le Lieu Unique, Nantes.

Hier soir, dimanche, jour d’Halloween, c’était le dernier soir du Soy festival, festival de musique indé à Nantes.

J’étais pas super motivé pour y aller. Deux soirs que je sortais plus, une espèce de fatigue latente ne me mettait pas dans les conditions optimum pour un concert rock… J’aurais préféré un p’tit Postal Service, blotti dans mon canap’ avec une bonne couverture et une pizza chaude pour absorber l’alcool des derniers jours. Je dois avouer que j’ai failli partir après le premier concert. Pourtant, le son était bon, la salle était sympa et malgré le monde, on n’était pas entassé les uns sur les autres. Ils avaient bien fait les choses chez Yamoy.

Le premier concert, c’était Spectrum. Groupe mythique paraît-il... Enfin, surtout son chanteur ! Alors, on écoute.... Un theremin, une voix lente et monocorde, un riff de gratte et une batterie basique s’installent. Putain, c’est lent ! J’espère qu’ils vont se réveiller sinon c’est opération sac de couchage et hop, une sieste en attendant le prochain groupe. On se croit dans l’Angleterre des années 90. C’est du rock progressif à ce qu’il paraît et, oui ça progresse un peu, mais le côté avec un riff de gratte j’te fais un morceau de 4min30, eh bien, ça m’emmerde. Sauf si on est face à des Mogwai ou des God Speed - désolé pour ceux qui seront choqués par cette comparaison hâtive et sûrement malvenue mais j’suis pas Philippe Manœuvre ! Des petits relents pop - par toujours super assumés - accrochent l’oreille, les débuts de montée donnent envie de grimper avec le groupe. Mais bon, il faut se l’avouer, grimper les Vosges ou grimper les Alpes, c’est pas la même. Et là, on était proche des Monts d’Arrée… Au fur et à mesure, la musique est devenue plus intense mais décidément, je n'accroche pas. Si t’aimes pas Suicide, forcément, tu aimeras pas, dixit Antonin. Et oui, ceux qui sont férus du style ont trouvé leur compte. Bon, c’est vrai que ça fait vingt ans qu’il fait la même chose le chanteur à travers les divers groupes dans lesquels il joue mais il le fait bien. Il était vraiment emballé Antonin… Alors qu’ Alexandre - le photographe - et moi, on a trouvé ça chiant…

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Pour se remettre du groupe et des soirées précédentes, on est allé se prendre des bières. La bière est dégueu au Lieu Unique mais ça on le savait déjà. Et puis elle fait son office, me convaincant qu’il fallait laisser sa chance au deuxième groupe avant d’aller dormir.

En revenant de la pause clope, Tame Impala était sur scène. Mais ils ont quinze ans ! (Antonin). C’est Hanson ? (Anissa). En effet, ils sont jeunes mais ils ont tout compris au rock psyché des années 70. Bien péchu, avec des sons de gratte travaillés dans tous les sens, ils savent nous emmener dans leur monde. J’ai eu comme une envie de fractale pendant le concert. Un buvard et c’était parti. Le public avait l’air conquis. La preuve, on a eu le droit lors du dernier morceau à une réaction que je n’avais vu qu’en concert de jazz. A la sortie d’un break de trois heures à tendance électronique, lorsque le groupe est retombé sur ses pieds pour relancer encore pour quelques minutes leur chanson, des applaudissements ont retenti. Et oui, on a aimé et on en redemande. Alors merci les jeunots androgynes de Tame Impala. Seul défaut, mais c’était pas de leur fait. Les lumières étaient pas top et la machine à fumée, bin, c’était pas Etienne Daho. Un pet de fumée dans un coin qui ne servait qu’à asphyxier le chanteur trente secondes n’aura pas sû apporter à l’envoûtement auditif l'envoûtement visuel.

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Pour clore la soirée, on avait Liars (lire). C’est plus ce que c’était m’ont dit certains avant le concert. Je pense qu’ils auraient quand même dû venir voir. Ce groupe est totalement déroutant. Du rock, enfin… C’est énorme ! Je comprends mieux Thibault et ses Putain, mais Liars, c’est le meilleur groupe du monde ! Ok, il était pété mais c’est vrai que ça envoie sévère. On était transporté en plein squat berlinois avec un groupe qui fout ses amplis à 11 version Spinal Tap. C’est lourd, c’est gras, c’est brut. Et en même temps, c’est plein de finesse. Comme un magret de canard ! Qu’est ce que ça fait du bien. J’ai l’impression de ne pas avoir vu de concert rock depuis des plombes. Entre le chanteur et son bide de faux maigre qui boit trop de bière, le batteur, une marmule aux tresses gauloises et le gratteux chétif, la scène est pleine. Le son est plein, les oreilles sont pleines. Oh mon dieu, je saigne des oreilles ! Mais qu’est-ce que c’est bon de se prendre un bi-réacteur dans la gueule.

Bref, malgré un début difficile, une bonne soirée. Du bon rock. Merci Soy… et à l’année prochaine.


On y était - Tame Impala à La Maroquinerie

5146210609_bd1ffce011_zPhotos © Patrice Bonenfant pour Hartzine

Il y a des mois qui commencent mieux que d’autres… Novembre sera donc de ceux-là, puisqu'en ce jour férié de la Toussaint nous nous préparions à accueillir les artistes les plus buzzés de la sphère musicale. On ne sait pas bien si c’est le dépaysement australien où le look coincé entre les frères Hanson et les Black Keys du quatuor de Perth qui attira la foule mais la salle affiche avant même son ouverture doublement complet. Il faut dire que leur premier single illustré par nos Frenchies de Megaforce fait déjà le bonheur des webnautes et que la musique de Tame Impala s’inscrit avec coolitude dans un répertoire rétro-moderniste seventies qui force le respect. Mais chut, déjà les lumières s’éteignent…

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Ce qu’il y a de cool avec les premières parties, c’est qu’elles nous permettent souvent de découvrir les groupes de demain, de se frotter à d’autres tendances, d’aller s’acheter une bière, d’appeler sa copine, de finir son Sudoku… Et allez savoir pourquoi, au regard du jeu des deux jeunes pépées de My Bee’s Garden, ma première pensée fut pour Fab… Puis en écoutant plus longuement (je dirais vingt bonnes secondes), je me dis que finalement ça ferait un très mauvais concert en appart’… A vrai dire, la seule chose réellement potable à garder du quintet parisien serait l’incroyable jeu du batteur habité jusqu’à la moëlle, se jetant sur ses futs comme si sa vie en dépanadait. Melody, la chanteuse, s’éreinte la voix avec une réelle conviction sans pour autant ne serait-ce qu’effleurer nos poitrines, alors de là à pénétrer nos cœurs... Le groupe s’enfonce très rapidement dans une mélasse électro-folk qui sans être irritante, minaude trop pour charmer. Bref, les minutes s’enchaînent sans grâce, et les morceaux se répètent à l’identique. Heureusement qu’une pause est imposée entre chaque chanson, car j’aurais eu bien du mal à les différencier. L’aventure se clôture sur une reprise acoustique d’Only Swallow de My Bloody Valentine, assez bien tentée ma foi. Mais les Parisiens n’égalent en rien les mythique Irlandais, et livrent un dernier hommage trop pompeux pour être honnête.

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Les vingt minutes de changement de plateau seront donc les bienvenues pour assurer la digestion et permettre au public de se mettre en jambe avant l’arrivée de Tame Impala, aussi en forme que décalé. En véritable laborantin, Kevin Parker en plus d’insuffler à sa musique une dimension cosmique, joint l’image à la musique en projetant les formes captées par les instruments, retranscrites par un oscilloscope. Des ondes s’étirant, se brouillant, jusqu’à parfois atteindre la symétrie parfaite dans ce qui semble être la projection d’une galaxie fantasmée en mouvement perpétuel. Chez nos Australiens, la gestuelle importe peu : le bassiste Nick Allbrock passera la moitié du concert dans un état semi-comateux, les yeux dans le vide, comme perdu dans ses pensées alors que Dominic Simper semble se noyer dans ses cheveux.

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Mais très sérieusement, on sent dès le démarrage d’It's Not Meant To Be que nous n’assistons pas à n’importe quel concert. La voix de Kevin porte loin et s’élève au-dessus de nos têtes, répandant un sentiment d’apaisement. La salle plane à vingt mille lieux de ses baskets à l’instar des membres de Tame Impala, qui eux n’en portent pas. Redescente avec le popeux Solitude Is Bliss que l’assemblée connait déjà par cœur. Jeu de guitare bourdonnant et chant en écho, le combo abat la carte du single d’entrée de jeu et mon petit doigt me prédit qu’on pourra s’asseoir sur un rappel. S’enchaîne alors une démonstration de néo-psychédélisme à travers les puissamment aériens Why Won't You Make Up Your Mind? et Alter Ego avant de glisser vers le blues-rock le plus rêche sur Lucidity, véritable terrain de jeu pour Jay qui semble prendre un plaisir fou derrière sa batterie. Quelques mots lancés par Kevin sur son plaisir de revenir jouer à Paris (plantade sonore au Nouveau Caz’) permettront à celui-ci de lancer l’ambitieux Expectation prenant réellement toute sa démesure en live. Le titre qui pouvait paraître longuet sur l’album en devient fascinant de variations et scotche littéralement le public. Celui-ci sera pourtant désarçonné par les quelques minutes d’expérimentations de Kevin sur son oscillateur, tiraillant un signal sonore jusqu’au pétage de tympans. Il ne s’agit là que d'un intermède annonçant le glorieux Desire Be, Desire Go, track chevaleresque qui sera stoppé dans sa course par l’insertion de Sundown Syndrome avant de reprendre son ascension et de terminer sous une pluie d’applaudissements. Doté d’une rythmique unique et prenant des allures de charge héroïque, Desire Be, Desire Go reste après tout le morceau favori de la rédaction, provoquant dans nos chères têtes blondes de légers frissons à chaque écoute. Mais pourtant ma plus grande surprise viendra de cette reprise du hit nineties des bluebloy, Remember Me, repris à la sauce garage, sur lequel plane le fantôme de 13th Floor Elevators. Si j’avoue que tel le profane, je ne connaissais pas cette version de Tame Impala, elle est depuis devenue l’ode de mes nuits. En tout cas, l’assistance semble moins inculte et acclame le morceau furieusement, lui offrant les éloges qu’il méritait. N’en reste pas moins qu’en un instant, nos bushmen blancs injectent un peu du sang de Liverpool dans leurs cœurs de koalas. Et si Innerspeeker regorge pourtant de nombreuses pépites, c’est dans ses premières compos que le quatuor ira trouver le groove qui lui permettra de clôturer son show, Half Full Glass Of Wine baissant le rideau de façon grandiose sur un concert qui ne le fut pas moins. Bye bye, les Tame Impala tirent la révérence. Et non, pas la peine d’attendre, il n’y aura pas de rappel, je vous l’ai dit. Le public s’en va conquis, ayant l’impression d’avoir assisté à la naissance d’un nouveau mythe. Surveillez-les de près, ces gars là pourraient devenir les Beatles des années 10… Bon au moins ses Doors

Photos

Setlist

1. It's Not Meant To Be
2. Solitude Is Bliss
3. Why Don't You Make Up Your Mind?
4. Alter Ego
5. Lucidity
6. Expectation
7. Interlude
8. Desire Be, Desire Go
9. Sundown Syndrom
10. Desire Be, Desire Go (suite)
11. Remember Me
12. Skeleton Tiger
13. Half Full Glass Of Wine