Village Label de la Villette Sonique 2016

Pour la onzième année consécutive La Villette Sonique, dont la programmation promet de riches émotions entre les venues de Tortoise, de Tolouse Low Trax, Suuns, Sleaford Mods, Not Waving, Housewives, Helena Hauff, Container ou Beak, se pare d'un village label offrant la possibilité à plus d'une cinquantaine de structures discographiques d'établir directement le contact avec le chaland, présentant ainsi nouveautés et autres raretés à un public forcément curieux, à l'heure où cette activité, presque devenue philanthropique, se fait trouve de plus en plus semée d'embûches (lire ici, et surtout ). Ainsi donc Permalnk, Cranes Records, Howlin Banana, Balades Sonores, Le Turc Mécanique, SK Records, Midnight Special Records, In Paradisum, Monster K7, Bookmaker Records, Antinote, Teenage Menopause et... Svn Sns Rcrds, qui nous offre ci-après une mixtape inspirée de ce prémisse d'été à venir, auront leur stand, prêt à faire rimer as usual indépendance et exigence. L'ensemble sera ponctué par une programmation spécifique estampillée village label et dont on connait pour le moment deux remarquables présents : Usé issu de la turbulente écurie Born Bad et Belly Button, chantre dans les années 90 d'un jazz-core expérimental sur les sillons de Vicious Circle.

Mixtape

01. Λένα Πλάτωνος - Μια Άσκηση Φυσικής Άλυτη
02. Micro Cheval - I Wonder
03. Full Moon Fuck - Introduce
04. Chevalier Avant Garde - Black Holes
05. Psychic TV - Wicked
06. Tsantza - Silex
07. All Night Wrong - Brain Wave Parameters
08. Anne Cessna and Essendon Airport - Lost in Madagascar
09. Gremlock - Obsolete
10. David Sylvian & Ryuichi Sakamoto - Bamboo Houses
11. Night Riders - Future Noir


Tsantza - Surin I (PREMIERE)

Le duo Parisien réducteur de têtes Tsantza donnera une suite le 7 mars prochain à son premier maxi cassette, paru en octobre 2014 sur Svn Sns Rcrds (lire), via un second volume s'inscrivant dans une même lignée, à la fois tonale et graphique. Doublement animé d'une volonté d'économie de moyens dans le matériel utilisé et d'une démarche méthodique dans la restitution de leurs enregistrements live aux entournures improvisées, les deux échappés de Night Riders poursuivent leurs desseins analogiques avec des armes aussi tranchantes rythmiquement que celles préalablement usitées, taillant intentionnellement dans la lourdeur des entre-chocs électroniques. Imprimant rotativement une cohorte de motifs sonores savamment triturés en contre-fort d'un balancement matriciel tutoyant les tambours de l'occultisme, Tsantza affute avec superbe son Silex et pose à grands fracas ses Surin sur la table, dont le premier qui se voit affublé d'une vidéo auto-produite, à découvrir ci-après, presque aussi indiciblement dérageante que n'est hypnotisant son substrat hardware.

Video (PREMIERE)

Tracklisting

TSANTZA - II - Tape EP (Svn Sns Rcrds, 07 mars 2016)

1. Silex
2. Surin I
3. Surin II


All Night Wrong - S/T (PREMIERE)

Les parisiens Alexandre Poveda et David Gamelin perpétuent depuis maintenant six ans le label Svn Sns Rcrds (lire), structure lancée à la base pour servir leurs propres projets collectifs (To The Happy Few) et respectifs (Chief Black Cloud). Puis vint le temps de l'ouverture et de collaborations ponctuelles (Holy Others, I Do Not Love, Happy New Year, Micro Cheval) et plus étroites (Chevalier Avant Garde, Night Riders / Tsantza) - les secondes devant d'ailleurs déboucher toute sur une actualité 2016. Quatre ans donc que la doublette n'avait donc pas fait paraître quoi que ce soit de son fait depuis Digital Graveyard (lire). Le temps de se recentrer sur soi, d’abandonner définitivement toute immixtion de guitares dans leurs arcanes bidouillées d'électroniques, le temps de ralentir les tempos aussi et de creuser dans le délétère et l'introspectif s'agissant des atmosphères décavées. Après quelques concerts sous le patronyme All Night Wrong, les deux acolytes accouchent aujourd’hui d'une première pièce à leur nouvel édifice, sorte de labyrinthe obscur déroulant ses méandres entre sensualité rampante et tressaillement synthétique, entre une voix burnée mais elliptique, faisant de sa propre absence une présence avérée (Brain Wave Parameters, Acqua Alta), et d'inextricables paysages hologrammiques où se croisent réminiscences synth-wave et fractales acid (Maximum Torso, Self-Proclamed Psychic). Éloge de la lenteur, patibulaire à souhait, mais néanmoins crooner à l'image d'un John Mauss ayant ingéré une dose létale de psilos, ce premier effort éponyme d'All Night Wrong est au moins aussi remarquable que l'artwork cornaquant cette série ultra-limitée à cinquante exemplaires à se procurer par ici.

Audio (PREMIERE)

Tracklisting

All Night Wrong - S/T (Svn Sns Rcrds, 27 janvier 2016)

A1. Brain Wave Parameters
A2. Acqua Alta
B1. Self-Proclaimed Psychic
B2. Maximum Torso

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Night Riders l'interview

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Sur l’asphalte rincée de la chanson française et des multiples revival synth-cold-blabla-pop-wave, les Night Riders chevauchent bon train vers l’horizon noir, le moteur animé d’un joli ronron mélancolique. Future Noir, c’est ça. Une ambiance urbaine et ténébreuse. Des boucles sombres et dansantes qui chantent la dystopie joyeuse. Des thèmes obscurs portés par une voix profonde et tout en souffle. Une grosse cylindrée, carénage au ras du sol, qui serpente sous les réverbères baveux d’une mégalopole américaine. Une certaine idée de l’onirisme urbain et un album diablement réussi. Rencontre avec les Night Riders. Une interview où l’on parle de compositions et de lives ratés mais aussi de Snoop Dog et de « voyages initiatiques sous scaphandre ». Le double LP Future Noir est sorti sur Svn Sns Rcrds et C'est ça le 10 novembre 2014.

Night Riders l'interview

Night Riders 1
Est-ce que vous pouvez vous présentez rapidement ?

Nous sommes Night Riders, Nous sommes une femme et trois hommes, nous pratiquons une musique à machine à forte consonance synthétique et nous existons depuis 2011.

Le passage de l'EP à l'album s'est fait naturellement ou c'est un format qui vous a demandé beaucoup d'efforts ?

Plutôt naturellement oui, même si cela impliquait forcément du travail. C’était en 2012, nous sortions tout juste d’une période très compliquée de questionnements et remises en questions profondes sur le bien-fondé de notre groupe… La cause : le développement chaotique de notre second EP, 1984, écrit et enregistré en Italie, puis en France pour tenter de rattraper l’irrattrapable. Cette période a été longue, lourde, fatigante et le résultat était loin d’être à la hauteur de nos attentes.

Toute cette période s’est révélée finalement très constructive, c’est à ce moment que nous avons décidé de nous recentrer, de faire les choses nous-mêmes et comme nous l’entendions avec notre label, de nous débarrasser de « managers », « labels » et autres parasites pour remettre la musique au centre de nos préoccupations.

Nous avons donc décidé, au mois d’avril 2012, de prendre tous nos petits instruments et d’aller enregistrer dans la maison d’un ami à Orléans pendant dix jours avec pour ambition de faire dix titres. C’était une façon de se reconstruire et reprendre confiance en nous, de partager du temps… l’antithèse de notre précédente expérience.

Chanter en français, ça signifie quoi pour vous ?

Pour des Français, ça signifie plus de liberté, plus de créativité et surtout plus de finesse… parler de stase, d’étoiles, de conquête spatiale, et autres voyages initiatiques sous scaphandre sur tout un album demande plus de vocabulaire que d’imagination.

J’ai l’impression que ça va plus loin que ça. Non seulement vous chantez en français mais chaque titre suggère un vrai travail de recherche sur la langue. Vous vous efforcez d'aller chercher des mots, des thèmes et des images peu communs. Quelle place accordez-vous au texte dans la composition ?

Les mots ont effectivement une place importante. Disons que nous nous servons de la musique pour donner de la force aux textes et inversement, nous travaillons énormément sur la résonance, les harmonies et les associations d ‘idées et nous nous soucions essentiellement de l’atmosphère et les sentiments qui en découlent… Il n’y a pas vraiment de rimes, mais des effets de style et des mélodies dans la suite des mots. Les mots et les notes sont des images, nous travaillons les deux de façon assez similaire, le terme « composition » fonctionne pour l’ensemble de notre musique - l’ordre des titre, l’ordre des mots, l’image, des textes à l’arrangement le plus insignifiant. Nous sommes des sensibles.

Dans une interview parue dans Subjective, vous mentionnez que la voix de Charlotte constitue le lien entre vous quatre. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ? Si la voix vous lie, qu'est-ce qui vous sépare ?

Charlotte est le pilier du groupe selon moi - son identité, sa voix hyper singulière - et nous la poussons à s’affirmer et à se surpasser continuellement pour aller dans ce sens… Night Riders existe en partie grâce à notre rencontre, et mon envie que se soit elle qui porte le projet. Bien entendu c’est un équilibre entre nous quatre mais Night Riders sans la personnalité de Charlotte pourrait limite sonner pop foireuse, ou synth pop comme on dit en France… pour moi c’était soit Charlotte soit Snoop Dog pour que le projet ait du sens.

Pour remettre les choses dans leur contexte, il est important de préciser que nous abordions la question du live avec Subjective, et par cette phrase je voulais surtout dire qu’en concert nous n’avons pas vraiment de repères autres que la sauce de Charlotte. Elle fait 50% du live, quand elle est en forme, nous autres n’avons pas grand chose a faire que de jouer le mieux possible nos parties et aller dans son sens… au contraire, quand Charlotte n’a pas la pêche, nous ramons comme des malades pour faire vivre notre musique, le minimalisme et la lenteur n’aidant pas vraiment dans les moments de profonde solitude.

Les parties instrumentales de l'album sont travaillées et raffinées. Comment on gère cette tension entre musique chantée et volonté de soigner ses productions ?

On ne se pose pas vraiment la question en ces termes… il y a une bien entendu une réflexion, pas mal d’humour et des envies à la base de chaque composition mais nous ne cloisonnons pas les différents éléments de notre musique. Notre but est vraiment de nous surpasser et d’expérimenter, d’être généreux et éviter de se limiter. Le fait de pratiquer la musique depuis longtemps et dans des genres très variés nous évite les travers du remplissage, les mélodies trop faciles mais surtout ça nous permet une approche très personnelle de la composition tout en utilisant tous les codes « pop » super rincés de la musique « moderne ».

Le fait de nous produire et nous enregistrer nous permet aussi de pousser notre envie le plus loin possible sans réserves aucunes, et le faire le plus vite possible afin garder l’essence d’une idée sans la dénaturer… dans cette idée nous ne faisons plus de maquettes, car j’accorde de plus en plus d’importance au premier jet.

Night Riders 2

Être un groupe 100% machines, c'est un choix, un positionnement ou un simple hasard ?

Nous ne faisons pas de différence entre machines et instruments, d’ailleurs je trouve ça super désuet comme concept… La musique industrielle a presque 50 ans et le post-punk presque 40, et on n'a jamais dit d’un New Order ou d’un Depeche Mode que c’étaient des groupes à machines.

Que se soit en live ou en studio, nous utilisons autant d’instruments « classiques » que modernes. Le choix, c’est la liberté, d’autant plus quand on est dans une idée de traitement et d’identité sonore. Pour en revenir a ta question, le hasard, sûrement pas. Le positionnement, je ne pense pas même si le poids des tendances se fait sentir malgré nous. Un choix, oui bien entendu.

Vous êtes tous multi-instrumentistes. Comment répartissez-vous les rôles pour le live et les enregistrements ?

Pour les lives, c’est au coup par coup, selon ce que chacun doit assurer comme partie « principale », et si c’est vraiment pertinent… Il y a parfois des grattes que nous ne jouons pas, certaines percussions que nous programmons plutôt que de les jouer, etc. Il nous semble évident qu’il est important de penser le live en tant que tel et se permettre des variations et les répétitions sont le bon moment pour les envisager et les adapter.

Pour les enregistrements, ça se joue a l’énergie et surtout à l’envie, si l’un de nous part sur un délire, les autres suivent avec ce qu’ils ont sous la main.

Est-ce que tu (Anthony) as des souvenirs de plantages sévères en live ? Un combo Charlotte pas en forme et des instruments qui n'arrivent plus à se trouver ?

Oui oui le combo est déjà arrivé… un long moment de solitude à assumer devant pas mal de monde. On ouvrait pour Sleigh Bells à la Maroquinerie, c’était un de nos premier live, et disons juste que le public a été relativement sympa avec nous vu la faiblesse du live…

Une autre fois au Point Ephémère, on ouvrait pour FM Belfast, arrive le moment du dernier morceau que l’on nommera « bouquet final » pour l’occasion, et là, échec… aucun de nous ne jouait dans le même tempo, je te laisse imaginer le résultat. Depuis, Super ! (le tourneur), ne nous a jamais recontactés…

A la lecture de vos précédentes interviews, on a le sentiment d'une réflexion profonde sur la production et le travail d'artiste, et en même temps, les références au cadavre exquis, les improvisations en live témoignent d'une attitude très brute et très spontanée. Comment est-ce que vous gérez la tension entre réflexion et spontanéité dans le travail ?

Il n’y a pas vraiment de tension ou d’extrême entre les deux aspects, c’est un parti-pris et une démarche, et les deux aspects font partie de notre démarche artistique. Il y a l’expérience et sûrement le fait que l’ont nous a enseigné certaines mécaniques pendant nos études il y a… très très longtemps, mais le fait de conceptualiser ou tout simplement mettre des mots sur des envies nous aide a ne pas perdre de vue l’essentiel.

Nous nous considérons comme des « artistes » au sens large, donc plutôt dans la recherche, aller au bout d’une réflexion et intellectualiser certains aspects, mais le but est de concrétiser cette idée le plus vite possible et de ne jamais revenir dessus…

D’un point de vue exclusivement musical, nous sommes boulimique de composition, nous avons beaucoup d’envies et nous sommes toujours enthousiastes à l’idée d’ouvrir une nouvelle porte pour nous y engouffrer, apprendre et creuser dans ce sens. A force, nous cultivons une certaine idée du groupe et ce que nous pouvons nous permettre et ce que nous nous interdisons.

Tu as l'air de dire que vous avez tous une formation académique liée à l'art. Est-ce que c'est quelque chose qui influence la culture du groupe (méthodes de travail, langage, cohésion, etc.) ?

Pas uniquement académique, mais oui, nous sommes trois dans le groupe à avoir fait des études « d’arts » à un moment de notre vie.

Nos études ont forcément marqué notre perception, surtout quand tu es jeune et étudiant, mais difficile à illustrer, si ce n’est de conceptualiser et expérimenter comme je te disais dans la question précédente... Je pense que ces années nous ont surtout aidés à nous trouver et nous assumer ; avoir un certain recul sur ce que l’on produit et rester ludiques quant à notre approche.

Au-delà des méthodes, et pour faire court, nous sommes tous autodidactes et il n’y a que Charlotte qui maîtrise vraiment le solfège, à partir de là tout est possible en termes d’expression… mais cela ne nous empêche pas de nous considérer comme des musiciens et certaines connaissances de nous envier cette approche.

Vos principales sources d'influences ?

Le cinéma, la nuit, les villes, les ambiances, des images, les rencontres, des sensations, l’emprise de drogues douces… musicalement, il y en a beaucoup trop.

Pourquoi Future Noir (titre de l'album) ?

En hommage a un courant filmographique de la fin des 70’s, « Future Noir » ou « Tech Noir », le fameux club new wave foiré de The Terminator. On partage cette petite obsession pour ce genre de films et on a décidé d’en faire un album « concept », ça colle bien à l’époque.

Audio

Vidéo

http://vimeo.com/97033695

Tracklisting

Night Riders - Future Noire (Svn Sns Rcrds / C'est ça, 10 novembre 2014)

A1. Sombre Danse
A2. L'Echo Résiduel
AA1. Lovotics
AA2. Future Noir
B1. L'Espace Et Le Temps
B2. Jupiter
BB1. Adieu Mon Capitaine
BB2. Epilogue (03-06-12)


Tsantza - Classiques anti-victimes mixtape

Pour la petite histoire, la photo qu'on te file pour la mixtape c'est un jeune qui a volé le laptop de Jean-Baptiste, qui a pris une photo de lui, l'a mise sur l'ordi, et s'est fait sauter par la police... du coup on a récupéré l'ordi, nos prod et... sa toph de fils de.... Tsantza est le projet analo-techno de deux échappés de Night Riders, projet dénommé ainsi en hommage aux réducteurs de têtes indiens Jivaros. Explications : l'idée était de proposer une approche hardware avec très peu de machines, développer une méthode, enregistrer live et improviser sur certains thèmes préalablement composés. Le but était aussi de travailler dans une idée très rythmique mais beaucoup plus lente et lourde que les tempos utilisés dans le genre depuis longtemps, l'esprit deep du truc, bien cérébrale, et pas très bling. Après la seconde face de leur cassette à paraître en novembre sur Svn Sns Rcrds AA1 dévoilée il y a quelques jours par The Drone (lire), les deux Tsantza nous donnent à écouter la première A1, qui, en plus d'avoir un nom facile à retenir, colle parfaitement à leurs dires. En prime, ils nous ont confectionné un mix vinyle one shot enregistré à Château d'Eau sagement intitulée Classiques anti-victimes. C'est une mixtape que l'on pourrait qualifier de classics, et anti-élite, très orientée garage et dub 2000, house de rasta, ambiance mystiques, minimal et voodoo. Je dirais que même si c'est très éloigné de notre son, c'est le genre de musique qui nous a le plus influencés : les mélanges improbables, l'approche futur, et le truc des mouvements underground hyper fédérateurs, tout comme les ambiances, le mix "à l'arrache" hyper orienté dub, avec rewind schlagos et tout le folklo jamaïquain. Aussi on a préféré ne pas mettre la playlist pour que l'auditeur ait son propre point de vue. Dans cet ordre d'idée, il y a un maxi hyper limité hors-album de Sbtrk caché dans le mix - qui l'eut cru, hahaha. Oui, qui l'eut cru. Tsantza sera en concert ce vendredi 17 octobre avec Geena au 114 (Event FB).

Audio (PREMIERE)

Mixtape


Night Riders - L'Espace et le Temps

Night RidersSi l'on vous rabâche de vous radiner à l'Espace B demain (concours), c'est que les parisiens Night Riders fêtent leur précédent EP, Soleil Noir (lire) paru en avril sur Svn Sns Rcrds, en plus de L'Espace et le Temps en écoute en intégralité ci-après et faisant montre de deux versions dudit morceau, en plus de deux relectures signées Marie Madeleine et Blackmail (lire). Une route qu'on suit sans hasard pour un LP à voir le jour d'ici peu.

Audio


Gremlock - Fist (FULL STREAM PREMIERE)

Gremlock-CoverGremlock est le projet du créateur de vêtements Jason Lorn, basé à Los Feliz, Los Angeles. Inutile de googleliser la chose, le mec est aussi secret que sa musique n'est vénéneuse, intimant sur les cendres d'une scène death rock angelino - dont il fut acteur - de mélancoliques balades grimées de synthétiseurs à la respiration lo-fi et d’elliptiques vocalises fleurant bon le désenchantement. Le soleil plombant la Cité des anges est définitivement noir et Fist, le premier EP de celui-ci - à paraître le 13 janvier prochain sur - en est l'un des échos les plus fidèles. Détournant l'affiche du film Cruising de William Friedkin en guise d'artwork, Gremlock délaie sur cet EP cassette, à découvrir ci-après et à pré-commander , la trame d'une synth-wave ne sacrifiant aucunement l'ironie et l'étrange sur l'autel de la dépression poisseuse. En témoigne la mise en image du morceau-titre, Fist.

Audio (PREMIERE)

Video

http://www.youtube.com/watch?v=88rBvJAQLII


Micro Cheval – EP (STREAMING PREMIERE)

Celle qu'on imagine proche cousine ou non de Franck Esposito, et présentée la semaine passée à l'occasion de la vidéo de Space Shit (lire), dévoile l'intégralité de son EP cassette - édité à cent exemplaires numérotés - à paraitre le 30 septembre prochain via Svn Sns Records, qui, soit dit en passant, avec beaucoup de reserves déontologiques, est un putain de label. Ces mêmes réserves qui n'empêchent aucunement de révéler combien ce maxi, s'emparant des poncifs synth-pop afin de mieux les transcender - substituant notamment à la froideur des vocalises du genre une âme fragile et discrète incarnée par les touchantes élucubrations de Laurène Exposito -, trouve refuge dans les méandres noctambules de cet été en pleine décomposition. Les pré-orders de ladite cassette sont encore possible via , quand bien même la release party aura lieu à l'Espace B le 9 novembre en ouverture du duo canadien Chevalier Avant Garde (Event FB).

Audio

Tracklist

Micro Cheval – EP (, 30 septembre 2013)

A1. Subculture Dictature
A2. The Tropic & The Sun
A3. Les Particules Elémentaires
B1. Space Shit
B2. You Came For Us
B3. Beyrouth


I Do Not Love l'interview

Dans ce monde virtuel d'instantanéité où le post du jour dévore celui de la veille, seul le surgissement messianique de l'improbable, autrement connu sous le nom de celui qu'on n'attendait plus est capable de vous faire subitement oublier le plaisir éphémère du beaucoup pour l'amour de l'important .

Une nuit, rattrapé comme il se doit par cette fâcheuse boulimie de nouveauté, vagabondant de liens en liens à la recherche d'un je-ne-sais quel apaisement, se détacha du reste du monde la splendeur d'une musique dont je ne connaissais encore pas le nom. Il en va donc de ces moments comme les rencontres amoureuses où soudainement le manque se fait moins prégnant, l'envie de passer à autre chose moins pesante, où la réalité n'est plus tout à fait la même qu'avant. Je ne saurais reconnaître aujourd'hui les raisons obscures qui m'ont amené jusqu'à elle, seulement depuis je n'ai de cesse d'y revenir, mes histoires quotidiennes devenant les titres obscurs de cette musique.
Les morceaux de Gregory Carl Miller -  qu'il compose en douce dans une pièce exiguë d'étudiant sous le nom fascinant d'I Do Not Love - sont devenus les amis et les confidents de ma solitude et je n'aurais pourtant jamais imaginé que le plus infime devienne le plus grand, qu'un jeune homme frêle d'à peine 20 ans, à la discographie tout aussi mince, puisse un jour jeter un voile d'ignorance, aussi léger soit-il, sur mes icônes d’antan. C'est bien là, dans la subjectivité de l'évidence, que réside le mystère du goût. Ceci n'a rien à voir avec une quelconque histoire de technicité, cela n'est ni une affaire de moyens ou de label mais merci quand même.  Il s'agit juste d'un rencontre fortuite lors d'un moment opportun,  qui pourrait sobrement ou naïvement être intitulé  parce que c'était lui, parce que c'était moi.
Cependant, de la même manière que je ne jugerai jamais vos affinités électives - aussi contrastées soient-elles des miennes -  pardonnez-moi ces élucubrations et lisez l'interview qui suit, puis étonnez-vous et écoutez.

Peux-tu nous raconter la genèse de ce nom de scène, I Do Not Love ? Ça a un quelconque rapport avec le poème de Neruda "I do not love you as if you were salt-rose, or topaz, or the arrow of carnations the fire shoots off. I love you as certain dark things are to be loved, in secret, between the shadow and the soul." ?
How did you come up with your stage name I Do Not Love? Is it related to this poem by Neruda: ''I do not love you as if you were salt-rose, or topaz, or the arrow of carnations the fire shoots off. I love you as certain dark things are to be loved, in secret, between the shadow and the soul."

Même si cette hypothèse est très flatteuse, et en fait assez appropriée, ce n'est pas le cas ; je ne suis pas si intellectuel que ça. Le nom de I Do Not Love m'a été suggéré par un ami, Wintermoths. J'avais passé tout l'hiver de 2009 à écrire comme un dingue, dans l'espoir de parvenir à nouveau à communiquer avec une ex-petite amie (situation qui, bizarrement, était aussi à la base de Worship). Je voulais qu'elle et ses amis entendent ce que j'avais à dire, mais comme je savais qu'ils rejetteraient tout ce qui aurait pu être fait sous mon pseudonyme, j'ai décidé de mettre de côté mon ancien projet pour faire peau neuve, en commençant par une "battle of the bands" organisée par une école.

Quand je lui ai raconté mon histoire, cet ami me donna l'idée de participer sous le nom de I Do Not Love You, I Love What I Thought That You Were. J'ai ensuite juste raccourci le nom et j'ai envoyé une lettre de motivation au comité qui organisait le battle of the bands, en précisant bien de ne surtout pas mentionner mon véritable nom (Gregory Carl Miller). Alors, bien sûr, c'est justement ce qu'ils ont fait : mon véritable nom fut inclus dans tous les emails de la programmation du concours.
Cela va sans dire que je n'ai pas remporté le concours, et que tout le monde a déserté les lieux dès que j'ai commencé à jouer.

Though your hypothesis is quite flattering, and surprisingly appropriate, it is false; I am not nearly so intellectual. The name I Do Not Love was inspired by the suggestion of a friend, Wintermoths. I had been writing furiously at the time, the winter of 2009, in the hopes of communicating with the other half of a recently ended relationship (which funnily enough, was also the goal of  Worship). I wanted for her, her friends, to hear what I had to say, but knowing that they would reject and ignore anything done under my previous pseudonym, I decided to cut my ties with my past project and begin anew in conjunction with a school organized battle of the bands.
My friend told me, when discussing the circumstances, to perform as I do not love you, I love what I thought that you were. I truncated this name, and submitted my letter of interest to the organizing committee with the specific instructions to not include my proper name (Gregory Carl Miller). Naturally, this, my proper name, is what they included, solely, when distributing emails of the event's lineup.
Needless to say, I did not win the battle of the bands, and the intended audience left as soon as I began to play.

Ce qui me frappe de prime abord en t'écoutant c'est la gravité de ta voix, ce sentiment que tu chantes depuis les entrailles de la terre, perdu au fond d'un cratère de je-ne-sais quel volcan éteint. Plus sérieusement, ton chant, dans l'approche que tu en as, ressemble beaucoup au travail que John Maus réalise sur sa voix (grave, raisonnante, religieuse) Peux-tu nous en dire plus sur ce choix ?
What really strikes me first of all when i listen to your music, is how deep/solemn your voice sounds, as if you were singing from the insides of the Earth, lost inside some crater. More seriously though, your vocals are a bit similar to the kind of stuff produced by John Maus (deep, echoey, religious). Could you tell us a bit more about your vocal style?

On me pose souvent cette question, notamment car le son de ma voix quand je parle est bien moins plaisant. Je pense qu'avoir une tonalité de voix basse est assez adapté aux émotions présentes dans les morceaux ; certains sons peuvent plus facilement exprimer certaines émotions, et je ne souhaite rien de plus que d'être compris et apprécié pour ce que je fais.
Toutes considérations esthétiques mises à part, je choisis de chanter dans une tonalité différente de ma voix de tous les jours pour créer un décalage nécessaire et mystique. Cela permet aussi une liberté qui ne serait pas possible autrement. J'aimerais qu'on me donne une chance, qu'on essaie de me connaître. Et je crois - en rapport avec ce que je décrivais précédemment par exemple - qu'on n'écoutera pas ma musique et qu'on ne me prendra pas au sérieux si l'on se fie aux idées préconçues à mon propos.
Bien entendu, j'essaie de modérer, d'équilibrer, en optant parfois pour des tonalités plus naturelles, allant jusqu'à la simple parole (Face B de Death et Worship). Je donne beaucoup d'importance à la sincérité à l'état pur. Je me révèle de façon authentique et je dois avoir plusieurs cordes à mon arc pour ce faire.

I am asked this question with some frequency, particularly because my speaking voice is noticeably less pleasant. I think that a lower tone lends itself to the emotional content expressed; certain sounds do better at expressing certain feelings, and I want nothing more than to be understood and appreciated.
Aside from aesthetics, the choice to generally sing in a way that is different from my speaking voice also allows for a necessary amount of disconnect and mystique, it allows for an otherwise unavailable degree of freedom. I would like for people to give me a chance, to know me, and I think, particularly in the case described in the previous question, that people will not listen, or take me seriously if they begin with misinformed preconceived notions about my being.  
So, of course, I temper, or try to balance the use of differentiation with more natural tones, even flat speaking (Side B of both Death and Worship.), for I do value raw honesty. I want to expose myself, in a real way, and therefore must use a variety of tools to do so.

À l'inverse, ta musique est quant à elle souvent lumineuse, atmosphérique et se complaît parfois dans les aigus… Cette opposition  est-elle recherchée et volontaire ? Nous dit-elle aussi quelque chose sur ta manière d'être au monde ?
On the other hand, your music is very often luminous, atmospherical, with sometimes very high notes... Did you mean for this clash of music vs vocals to happen? Is this supposed to tell us something about how you relate to the world in general?

Ma musique est vraiment mauvaise ; je suis vraiment mauvais.

My music is terrible; I am terrible.

D'ailleurs, comment composes-tu ? De façon casanière, la nuit, seul dans ta chambre d'étudiant, en suivant certains rituels… ?
How do you write anyway? At night in your student flat? Do you have any rituals?

La manière dont je compose est franchement risible. Je ne parviens presque jamais à écrire ce que je voulais faire à la base, et ça ne sonne jamais bien. J'aimerais vraiment pouvoir traduire ce que je ressens, dire les choses comme je veux les dire, mais j'en suis incapable. Composer est pour moi une lutte, parce que tout est difficile et je suis dénué de talent.

My writing process is a joke. I almost never write what I would like to, and what I write always sounds terrible. I wish that I could convey what I feel, I wish that I could say the things that I am trying to say, but find myself hopelessly unable to. Writing is a struggle, because everything is a struggle, and I am talentless.

Qu'est-ce qui t'inspire le plus et finalement quels sont les sujets que tu aimes traiter à travers ta musique ?
What inspires you the most? What are the themes you like to talk about throughout your music?

Rien ne m'inspire, tout est sans espoir. J'écris surtout à propos du désespoir, le côté vain des choses, la déchéance et l'amour. J'ai toujours espéré tomber amoureux un jour et être heureux, mais au fur et à mesure que le temps passe, je me surprends à trouver toutes ces choses de plus en plus furtives, voire impossibles. J'aime parler de ce que je veux, et de ce que je n'ai pas : un but, le sens de la vie, le bonheur, et l'amour.

I find nothing inspirational, all life is hopeless; I tend to write about hopelessness, despair, loss and romance. I have always wanted to fall in love, to be happy, yet as time progresses, I find these things growing more and more elusive, more impossible. I like to talk about what I want, and what I do not have: purpose, meaning, happiness and love.

Les clips qui accompagnent tes chansons sont tous réalisés par tes soins et tu t'y mets d'ailleurs toujours en scène, dans ta chambre sur For Joanna, sur un vélo lors d'une balade en campagne sur Selfish… C'est une façon de nous dire que tu es le propre héros de tes chansons ?
You direct all the videos for your songs, and you always appear in them: in your room on For Joanna, on a bike in the country on Selfish... Is this a way to let us know you are the actual hero of your songs?

Je t'assure que je ne me prends en aucun cas pour un héros. En revanche, même si j'ai un peu honte de l'avouer, je me prends souvent pour la victime. Mais, sache qu'en vrai, je ne suis pas victime, et les douleurs que je ressens, je me les inflige à moi-même la plupart du temps, ou je les imagine. Quel sale con je fais.
Je me mets en scène dans mes propres vidéos parce que je souhaite montrer au monde ce que suis véritablement. Il serait stupide dans ces conditions de mettre en scène quelqu'un d'autre qui agisse à ma place, ou d'utiliser l'art des autres pour représenter mes sentiments. Dans les deux cas, quelqu'un, ou quelque chose, est marginalisé.

I can assure you that I do not consider myself a hero by any stretch of the imagination. I, although I am ashamed to admit it, do sometimes feel as though I am a victim. But please know this: I am not a victim, and any suffering that I feel is largely self-inflicted, self-imposed, or entirely imagined. I am an ass.
I like to ~*star*~ in my music videos because I would like to show that these are very personal. It would be silly to have somebody else act in my place, or use their art to represent my feelings. In either case, someone, or something, is marginalized.

La musique est-elle pour toi un exutoire, un amusement, une chose sérieuse et par-là même quelle définition donnerais-tu de la musique en général ?
Is music a cathartic outlet, a hobby, or should it be taken seriously? How would you define music in general?

Je répondrais à cette question en me fondant exclusivement sur mon expérience avec I Do Not Love, parce que je pense que la musique peut être tout ce que l'on veut bien en faire. Ceci dit, pour ce projet, la musique en tant qu'art donne les moyens de s'exprimer. Il y a parfois un côté cathartique à tout ça, mais le but principal est de transmettre un message. J'aimerais être pris au sérieux, être écouté. Chaque morceau est un appel à l'aide, au progrès. D'une certaine façon, toute création orale est musique.

I will answer this question based exclusively on my perspective as I Do Not Love because I think that music is whatever you make it. However, for this project, music, art, is a medium for self expression. Therefore, it will have cathartic qualities at times, but its main purpose is to convey meaning. I wish to be taken seriously, listened to. Every song is a plea, a cry for improvement, for aid. In a broader sense, music is any aural creation.

Le passage obligé des influences artistiques, désolé. Quelles sont-elles ?
And now... The regulatory question about your artistic influences... Sorry about this in advance! What are they?

Je m'inspire de la spontanéité douce du sadcore, du désespoir atmosphérique du DSBM, de l'intensité de l'indus, de la violence du hardcore, de la vivacité de la jangle pop, du côté sombre de la goth music, de la profondeur du shoegaze et de l'élan de l'électro.

I draw upon the soft frankness of sadcore, the atmospheric desperation of DSBM, the intensity of industrial, the violence of hardcore, the vivacity of jangle pop, the darkness of goth, the depth of shoegaze, and the drive of electro.

Ta première cassette est sortie récemment via nos amis de SVN SN RCRDS. Dans quel état d'esprit as-tu composé Worship ? Es-tu fier du travail accompli ?
Our friends from SVN SNS RCRDS recently released your first cassette. How did you feel about Worship when you were writing it? Are you happy with it now?

Je ne suis pas très content de mon travail sur Worship, et je ne pense pas que ça puisse changer. Écrire cet album a été très difficile pour moi. Tous mes albums sont mauvais. J'espère que je n'ai pas déçu SVN SNS RCRDS, ils ont été géniaux avec moi.

I am not happy with Worship, but do not think that I could not ever be. I felt terrible writing it. None of my releases are good. I hope that I have not let SVN SNS RCRDS down,  for they have been absolutely wonderful to me.

La scène, c'est une chose que tu aimes ?
Do you like playing on stage?

J'aime beaucoup jouer sur scène, même si peu de gens m'y invitent. Je joue une fois tous les 2-3 mois, en général dans la maison d'un pote. J'espère que je pourrais bientôt jouer de façon plus régulière, et d'ailleurs, si ça intéresse quelqu'un, il n'y a qu'à me demander.

I am very fond of performing, though very few people enjoy having me. I play once every few months, usually in a friend's home. I hope to change this irregularity and if anybody would ever like for me to play, they only need to ask.

Des projets ?
Any future projects/plans?

Je suis en train de terminer un EP, un split EP avec VHS et un nouveau LP. Tout ça est aux trois-quarts fini. Je suis également en train d'organiser une tournée fin juin. Je suis persuadé que rien de tout cela n'aboutira, alors j'aurais peut-être dû tout simplement répondre : "Non, aucun".

I am finishing an ep, a split VHS ep, and a new lp. All of these projects are about 3/4 complete. Also, I am beginning to arrange a tour for the end of June. I am sure that nothing will come of any of this, so a simpler answer would have been "no".

Traduction : Simone Appocalypse

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To The Happy Few - Digital Graveyard EP

Quand on y pense à deux fois, la France est bel et bien un étrange pays. Si l'on ne cesse de scruter le nombril brooklynois de Big Apple, se délectant de la moindre des immondices cotées à la bourse de la hype, on est souvent incapable de reconnaître ce qu'il se fait à deux rues de chez soi. Sans doute un complexe tout aussi insoluble que cette intenable équation hexagonale associant football et indie rock. Le label parisien Svn Sns Records, par le biais de son émanation To The Happy Few - regroupant Alex Poveda et David Gamelin, âmes soeurs du label (lire) -, fait voler en éclat tous ces faux semblants, permettant d'unir à la fine fleur australo-new-yorkaise d'Happy New Year sa gouaille, à la fois synthétique et orgasmique, tout en concentrant sa musique sur le registre de l'émotion et de la sensation. Et pour comprendre celles-ci, rien ne vaut l'embrasement d'un Parc des Princes suite à une frappe enroulée victorieuse de Pedro Miguel Pauleta contre Marseille. Participant comme quatre-vingt-dix-neuf autres groupes à la compilation beko_100, To The Happy Few sort dans les jours qui viennent l'EP Digital Graveyard, préalablement défloré ici et . Entamant mercredi prochain à l'Espace B, à l'occasion du Fake Series 1, une tournée européenne, passant notamment par Lille et Bordeaux, en compagnie d'Eleanor Logan et ses deux compères d'Happy New Year, le trio nous offre en écoute l'inédit I'm Outta Here.

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Tracklist

Face A
1. E.V.P
2. I'm Outta Here
3. Grandmastercrash

Face B
1. Dissolved
2. Crack Labels
3. Kirkebrann


Happy New Year – Happy New Year

Happy New Year ! Non, il ne s’agit pas d’une mauvaise blague ou d’un poisson d’avril, mais bien du pseudonyme du groupe mené par Eleanor Logan et signé chez SVN SNS RECORDS. On connaît l’expertise du jeune label français pour nous dénicher les talents musicaux des plus fascinants (Holy OtherDreamsIndigochild…) mais Happy New Year la coupe tout bonnement, distillant une pop post-apocalyptique vacillant entre poésie lumineuse et mélodie sépulcrale. On se plonge les yeux fermés dans cet album hypnotique, ode à des étendues désertiques, parcours d’une balade amoureuse sous un manteau de flocons cendreux. Eleanor Logan redessine les contours de Brooklyn de sa voix suave dans une douce transe mélancolique et hallucinatoire.

On se laisse délicatement happer par le romantisme vénéneux et tumultueux d’Eleanor Logan qui nous berce de ses mélodies épineuses, dont on ne ressort sans quelques écorchures. D’un chuchotement, la Brooklynoise balaye Julia Holter et consorts avec qui elle partage cet amour pour les rythmiques downtempo capiteuses drapées de collages lo-fi surréalistes, notre chanteuse évoluant dans une sphère bien moins expérimentale mais dont la musicalité révèle des profondeurs abyssales. Il suffit d’écouter Winter Sun pour s’en convaincre, spleen crépusculaire et exaltant, métaphore schizophrénique plongeant l’auditeur dans les affres du clair-obscur. Pourquoi se débattre, on se laisse délicieusement sombrer comme attiré par les ténèbres de ce Gold Medallion, dont toute lumière semble avoir été effacée pour la sortie de l’album. Le titre auparavant enjoué et bouillonnant arbore des contours fantomatiques, sublimant une obscurité qu’Eleanor caresse de sa voix lascive. Cette atmosphère spectrale, nous la retrouvons tout au long des sublimes Modern Living ou encore Movies, laissant défiler sous nos yeux embrumés des images aux couleurs délavées, d’une rare désolation. Les pistes se succèdent avec une rare volupté, emportant l’auditeur dans sa frénésie obsessionnelle exsudée avec raffinement et perversion.

Happy New Year transcende les codes d’une pop surannée pour nous offrir une pièce magistrale anxiogène et postmoderniste, dithyrambe de lambeaux de vie réduits en poussière par de magnifiques mélodies irradiant d’une noirceur épineuse. Une fête triste où cotillons et serpentins macèrent dans des effluves d’alcool, de larmes, de sang, tandis que des rires joyeux retentissent aux loin. Happy New Year nous offre le plus bel album de ce début d’année, et c'est donc avec un plaisir sans retenue que nous accueillerons la musicienne originaire de Brisbane et sa troupe, le 11 avril, à l’occasion de notre Festival Fake Series.

Vidéos

Happy New Year - "Gold Medallion" from One Line Creative on Vimeo.

Tracklist

Happy New Year – Happy New Year (SVN SNS RCRDS, 2012)

1. Modern Living
2. Twins
3. Movies
4. Cranes
5. Winter Sun
6. Summer
7. Gold Medallion
8. High Sea


Svn Sns Rcrds mixtape

(TC/DL)

01. To The Happy Few - E.V.P (Software Sex)
02. I Do Not Love - I Am So Ugly
03. Happy New Year - Winter Sun
04. Full Moon Fuck - Made U A Tape
05. IndigoChild - Sunshowers (MIA rmx)
06. Holy Strays - Trust Your Blood (Forest Swords Cover)
07. Glitter Bones - Race To Heaven
08. Disco Inferno - When The Story Breaks
09. Chief Black Cloud - Blue Moon (Cover)
10. Tones Of Tail - Performance
11. White Ring - One Nation Under God (Rick Ross Rmx)
12. Holy Other vs Hood - Pity U / Resonant 1942

01. TO THE HAPPY FEW est le groupe dont nous faisons partie avec David. Il s'agit ici d'un nouveau titre inédit qui figurera sur un EP prévu pour début 2012.

02. Derrière I DO NOT LOVE se cache Gregory Carl Miller, un jeune homme bourré de talent qui nous vient du Massachusetts. Voici un morceau inédit de ce romantique au timbre de voix abyssal. Son EP Worship est sorti chez nous sous format cassette il y a un mois (disponible par ici).

03. HAPPY NEW YEAR est le projet solo d'Eleanor Logan, une Australienne expatriée à Brooklyn. L'histoire de notre rencontre est assez drôle puisqu'elle nous a contacté suite à une interview que nous avions eu dans le webzine new-yorkais Impose (lire) et il se trouve que je suis également de nationalité australienne. On est immédiatement tombé sous le charme de cette musique d'une rare intensité. Son premier album verra le jour sous forme de galette vinyle en février prochain, Winter Sun en est le premier extrait. Une tournée européenne est également prévue pour le mois d'avril.

04. FULL MOON FUCK est l'un des deux projets solo de David (moitié de Svn Sns et frontman de To The Happy Few). Voici un extrait de son EP qui devrait voir le jour sous forme de cassette début 2012, et puis on trouvait que le titre du morceau était approprié pour cette mixtape.

05. INDIGOCHILD est un petit prodige de 15 ans du fin fond du Wisconsin et sa split cassette avec HOLY OTHER était notre troisième sortie. Depuis, on a beaucoup entendu parler du second mais croyez moi, ce petit gars n'a pas fini de faire parler de lui. Voici son remix de la chanson Sunshowers de MIA.

06. HOLY STRAYS, en plus d'être un jeune homme très talentueux, est également un très bon pote. Il était donc hors de question de faire une mixtape sans lui. Voici sa reprise d'un morceau de FOREST SWORDS, véritable tour de force, ou comment transformer un morceau drone ambiant en danse tribale funky jazzy.

07. GLITTER BONES. Leur vinyle Returning The Magic était notre quatrième sortie, Race To Heaven en est un extrait. Leur musique est le parfait accompagnement pour une balade dans les nuages sur le dos de Falkor le dragon à tête de labrador de l'Histoire sans fin.

08. DISCO INFERNO est un groupe mythique, probablement l'un de nos préférés. Actif de 1989 à 1995, il a très largement contribué à ouvrir la voie de la pop d'aujourd'hui, par l'utilisation des samples notamment, et tout ça presque dans l'indifférence générale, malheureusement. Cette chanson est extraite de l'album Technicolor, leur dernier disque. Et pour celles et ceux qui veulent poursuivre plus loin l'exploration de ce groupe fantastique, le label One Little Indian a récemment réédité une collection de tous leur singles et faces B intitulée 5 EPs (lire).

09. David revient avec son autre projet solo CHIEF BLACK CLOUD et propose ici sa réinterprétation de ce classique repris par le passé par des gens tels que Billie Holiday ou Elvis Presley.

10. Nous sommes plus fan de Bauhaus que de TONES OF TAIL mais ce morceau est d'une efficacité redoutable et nous hante depuis toujours. On retrouve dans les deux projets cette même mise en place rythmique subjuguante.

11. La witch haus est une vaste fumisterie. En dehors de quelques groupes précurseurs et inventifs, il n'y a pas grand chose de valable. Juste des suiveurs en quête de hype qui se clonent les uns les autres. Du coup, voici un remix de WHITE RING qui fait du bien avec son ambiance hip-hop apocalyptique. On en profite également pour saluer Rick Ross qui a eu des problèmes de santé dernièrement et lui souhaiter un bon rétablissement.

12. On a fait se rencontrer sur ce mashup un titre de HOLY OTHER, extrait de la split cassette avec INDIGOCHILD mentionnée un peu plus haut, avec un titre de HOOD extrait de l'album Silent '88. HOOD est un groupe auquel on voue un culte depuis toujours, c'est et ça restera une source d'inspiration constante, à l'image de Disco Inferno. C'est un groupe dont on ne parle jamais assez.

Commentaires par Alex Poveda


Who are you Svn Sns Records ? : interview & mixtape

Le sceau de l’amitié - éthyle ou numérique - s'il facilite les échanges, n'explique pas leur pertinence. A contrario, la curiosité, l'engagement et l’irrévérence, en ces temps de grandes messes grégaires et médiatiques, font que certaines initiatives convergent avec un naturel tout aussi déconcertant que ne l'était l'ignorance préalable. Avec feu Beko DSL (lire) en qualité d'entremetteur - à l'occasion d'une collaboration digitale à redécouvrir par ici - l'idée de présenter plus en détail Svn Sns r-Records, le label d'Alex Poveda et David Gamelin, allait germer il y a tout juste six mois pour aboutir - après un premier volet dédié il y a deux semaines à Hands In The Dark (lire) - à la seconde partie de notre série Who are you ? Et si Alex et David se sentent autant impliqués dans cette aventure discographique à tirages limités, c'est avant tout parce qu'ils mesurent - au-delà de leurs groupes respectifs - à quel point les sonorités mutantes et synthétiques du vingt-et-unième siècle méritent d'être hiérarchisées dans cette nasse aux contours incommensurables que représente internet. Entre moutons de Panurge et imposteurs resquilleurs - si bons soient-ils dans leur art de la gruge - difficile de s’adonner les yeux fermés sans se faire entuber. Incapable de suivre la cadence, les grandes divisions de l'industrie du disque abandonnent le terrain et la démarche de "label" reprend alors tout son sens, à savoir celle permettant, selon des critères artistiques, de choisir, puis de proposer sous format cassette ou vinyle, des projets originaux plus que prometteurs. A ce jeu, nos deux compères font très fort : Holy Other, qui squatte désormais des stades blindés, a sorti sa première split tape, en compagnie d'Indigochild, via Svn Sns Records, quand Gregory Carl Miller (I Do Not Love) - récent auteur de Worship, disponible par ici - et Eleanor Logan (Happy New Year) - avec un LP annoncé pour février - subjuguent, tant par leur timbre de voix respectif que par leur aura mélodique, au charme instantané. Interview et mixtape de deux passionnés.

Entretien avec Alex et David


D’où vous est venue l’idée et la volonté de créer Svn Sns Records ?

Au départ, on a décidé de monter cette micro structure afin de pouvoir sortir nos projets musicaux. David et moi représentons les deux-tiers de To The Happy Few et David officie également en solo en tant que Chief Black Cloud. Il s’agissait donc simplement d’une démarche DIY de faire de la musique et de la sortir sous la forme qui nous paraissait la plus cool. Après s’être fait plus ou moins bourrer le mou par quelques labels qui te promettent tout un tas de conneries pour mieux disparaître ou te faire patienter indéfiniment, on s’est dit que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Après ça a dégénéré… Je tiens à préciser que l’immense majorité des gens derrière les petits labels avec qui on a eu l’occasion de discuter sont des personnes réellement passionnées et amoureuses de musique. Ces gens font ça pour les bonnes raisons, on n'a juste pas eu de chance avec quelques structures étrangères. Mais cela a finalement débouché sur quelque chose de positif.

Peux-tu nous expliquer la signification d’un tel nom, Svn Sns Records ?

Le nom vient du fait que nous sommes un peu obsédés par le chiffre sept et que nous sommes tous les deux nés au mois de juillet. C’est aussi en rapport à notre enfance/adolescence bercée par le hard rock et un clin d’œil à une chanson d’Iron Maiden… Ce qui est assez marrant quand j’y pense puisque ça n’a jamais été notre groupe préféré.

Le fait d’être basé à Paris est-il un avantage quand on fait vivre ce type de structure ?

Je ne sais pas du tout si le fait d’être basé à Paris est un avantage. En fait, je pense que sous certains aspects c’est même plutôt le contraire. Être musicien ou avoir un label sont des activités qui coûtent, financièrement et en terme de temps. Donc quand tu vis dans une ville où tout est hors de prix, surtout les loyers, tu dois te démener, jongler avec les boulots alimentaires, faire des sacrifices. Mais en disant ça, je ne pense pas que ça soit nécessairement plus facile dans d’autres régions, chaque endroit a ses avantages et ses inconvénients et présente différentes problématiques. Au mois le truc sympa avec Paris c’est que tu peux voir un paquet de concerts, d’expos et rencontrer pas mal de gens différents.

Votre mode de production est essentiellement DIY. Tu peux nous en expliquer le fonctionnement ?

Comme tu le sais DIY signifie Do It Yourself, c’est un mode de fonctionnement très répandu et qui selon moi est bien parti pour se généraliser de plus en plus quand on voit la faillite du système qui a prévalu jusqu’à présent, à savoir majors et labels traditionnels, distributeurs et grandes enseignes, soit, pour schématiser vite fait, un traitement de la culture qui est équivalent à celui réservé à n’importe quel autre produit de grande consommation et qui pour moi, n’est plus du tout en phase avec la réalité. L’idée toute simple derrière notre démarche et de faire les choses par nous-mêmes avec les moyens à notre disposition. Là où le terme DIY peut revêtir tout un tas de significations politiques ou éthiques (notamment dans le milieu punk/hardcore dans lequel j’ai longtemps évolué), nous voyons ça comme une nécessité plus que comme quelque chose à grande valeur morale. C’est le seul moyen que l’on a trouvé pour sortir les artistes qui nous aimons et souhaitons défendre sur des supports que nous affectionnons (cassettes et vinyles). Du coup on a démarré en se saignant un petit coup en injectant nos sous dans les premières sorties, mais étant donné que l’on a eu la chance de plutôt bien écouler nos sorties dès le début, on peut dire maintenant qu’une sortie finance la suivante. Les moyens sont forcément limités mais l’aspect positif de la chose est que nous avons une liberté absolue en ce qui concerne nos choix (on fonctionne uniquement au coup de cœur) et la même chose est valable pour les artistes (nous n’intervenons jamais sur leur travail créatif, si ce n’est pour donner un avis quand on nous le demande). D’ailleurs je pense que pas mal d’artistes apprécient cette façon de faire, ils ont la main sur tout et n’ont aucun compromis à faire. L’aspect financier est de facto beaucoup moins lucratif mais au moins ils échappent aux DA débiles qui cherchent à imposer tel ou tel visuel ou encore le fait de chanter en français parce que c’est mieux pour le marché hexagonal. Après, chacun son truc.

Après la sortie de la cassette de I Do Not Love, quels sont les projets immédiats et futurs du label ?

Les deux sorties suivantes (début 2012) seront le premier album de Happy New Year en vinyle et un EP cassette de To The Happy Few. Et pour après, en vrac, une cassette de Full Moon Fuck, un vinyle de Indigochild et encore d’autres trucs.

Sur le beko_hartzine (écouter), c'est un peu grâce a vous que l'on retrouve la fantastique Eleanor de Happy New Year. Vous pouvez m'en dire plus à son sujet et ce qu'elle a dans les cartons niveau projets ?

Nous sommes très heureux de travailler avec Eleanor, sa musique est comme tu dis fantastique et c’est quelqu’un d’hyper cool. Notre rencontre est assez marrante puisqu’elle nous a contactés suite à une interview que nous avons eu dans le webzine new-yorkais Impose (lire). Elle nous a écrit parce qu’elle trouvait que l’on partageait la même vision des choses et sa manière de nous aborder a été vraiment chouette. Là où l’immense majorité des gens t’envoient un lien soundcloud ou bandcamp (ce qui n’a rien de mal bien sûr), elle a simplement souhaité avoir une adresse postale pour nous envoyer son premier vinyle 7’ qu’elle avait sorti toute seule, sans même nous donner le nom de son projet. Une semaine plus tard le vinyle est arrivé et on s’est pris une énorme gifle, il n’y avait plus à se poser de question. En plus le truc marrant c’est qu’Eleanor a beau vivre à Brooklyn, elle est australienne et je le suis également, du coup il y a des points communs en dehors de la musique. C’est la beauté de cette activité, tu fais des rencontres inhabituelles et tu partages des trucs. De toutes façons l’aspect humain est hyper important pour nous. Sinon, niveau projets en plus de la sortie du LP (février a priori), il y a une tournée européenne en prévision pour le mois d’avril et on l’accompagnera sur la route avec To The Happy Few. Si tout se passe bien ce sera pour le mois d’avril.

Beko vient de tirer sa révérence digitale (lire). J’en profite pour connaître ton sentiment à propos de cette structure originale et défricheuse.

Mon premier sentiment lorsque j’ai appris la fin de Beko a été : « ah merde ! », parce que comme tu dis, c’était vraiment difficile de trouver meilleur endroit pour découvrir et redécouvrir des groupes plus intéressants les uns que les autres. Après quand tu vois l’énergie investie dans ce projet - sortir des choses chaque semaine pendant un bon moment, ça relève presque de l’exploit surhumain - tu comprends pourquoi ça ne pouvait pas durer beaucoup plus longtemps. Mais plus qu’une fin, c’est un nouveau départ pour Reno et son acolyte car ils n’ont pas fini de nous régaler avec leurs goûts souvent irréprochables. J’ai hâte de connaître la suite.

Qui sont les amis de Svn Sns Records ?

Et bien, même si c’est difficile de répondre à cette question sans prendre le risque d’oublier quelqu’un ou de vous infliger une liste indigeste, je dirai évidemment Reno et feu Beko, Toma et Les Boutiques Sonores qui font un travail énorme sur Paris et tout ça avec la plus grande gentillesse, Le Pied de Biche (galerie/librairie fondée et tenue par ma chère et tendre) qui a accueilli entre autres des artistes Svn Sns pour des concerts et qui vend l’ensemble de notre catalogue, Seb de Holy Strays parce que c’est juste un mec adorable, Dwight et Jehri de chez Get Off The Coast, Haruka chez Big Love, Michael chez Rough Trade et Hartzine (et tu sais bien que ce n’est pas de la lèche en plus). Voilà, en tout cas j’espère que t’es content de nous avoir mis dans une position délicate auprès de toutes celles et ceux que l’on a pu oublier...

Mixtape

(TC/DL)

01. To The Happy Few - E.V.P (Software Sex)
02. I Do Not Love - I Am So Ugly
03. Happy New Year - The Drop
04. Full Moon Fuck - Made U A Tape
05. IndigoChild - Sunshowers (MIA rmx)
06. Holy Strays - Trust Your Blood (Forest Swords Cover)
07. Glitter Bones - Race To Heaven
08. Disco Inferno - When The Story Breaks
09. Chief Black Cloud - Blue Moon (Cover)
10. Tones Of Tail - Performance
11. White Ring - One Nation Under God (Rick Ross Rmx)
12. Holy Other vs Hood - Pity U / Resonant 1942

01. TO THE HAPPY FEW est le groupe dont nous faisons partie avec David. Il s'agit ici d'un nouveau titre inédit qui figurera sur un EP prévu pour début 2012.

02. Derrière I DO NOT LOVE se cache Gregory Carl Miller, un jeune homme bourré de talent qui nous vient du Massachusetts. Voici un morceau inédit de ce romantique au timbre de voix abyssal. Son EP Worship est sorti chez nous sous format cassette il y a un mois (disponible par ici).

03. HAPPY NEW YEAR est le projet solo d'Eleanor Logan, une Australienne expatriée à Brooklyn. L'histoire de notre rencontre est assez drôle puisqu'elle nous a contacté suite à une interview que nous avions eu dans le webzine new-yorkais Impose (lire) et il se trouve que je suis également de nationalité australienne. On est immédiatement tombé sous le charme de cette musique d'une rare intensité. Son premier album verra le jour sous forme de galette vinyle en février prochain, Winter Sun en est le premier extrait. Une tournée européenne est également prévue pour le mois d'avril.

04. FULL MOON FUCK est l'un des deux projets solo de David (moitié de Svn Sns et frontman de To The Happy Few). Voici un extrait de son EP qui devrait voir le jour sous forme de cassette début 2012, et puis on trouvait que le titre du morceau était approprié pour cette mixtape.

05. INDIGOCHILD est un petit prodige de 15 ans du fin fond du Wisconsin et sa split cassette avec HOLY OTHER était notre troisième sortie. Depuis, on a beaucoup entendu parler du second mais croyez moi, ce petit gars n'a pas fini de faire parler de lui. Voici son remix de la chanson Sunshowers de MIA.

06. HOLY STRAYS, en plus d'être un jeune homme très talentueux, est également un très bon pote. Il était donc hors de question de faire une mixtape sans lui. Voici sa reprise d'un morceau de FOREST SWORDS, véritable tour de force, ou comment transformer un morceau drone ambiant en danse tribale funky jazzy.

07. GLITTER BONES. Leur vinyle Returning The Magic était notre quatrième sortie, Race To Heaven en est un extrait. Leur musique est le parfait accompagnement pour une balade dans les nuages sur le dos de Falkor le dragon à tête de labrador de l'Histoire sans fin.

08. DISCO INFERNO est un groupe mythique, probablement l'un de nos préférés. Actif de 1989 à 1995, il a très largement contribué à ouvrir la voie de la pop d'aujourd'hui, par l'utilisation des samples notamment, et tout ça presque dans l'indifférence générale, malheureusement. Cette chanson est extraite de l'album Technicolor, leur dernier disque. Et pour celles et ceux qui veulent poursuivre plus loin l'exploration de ce groupe fantastique, le label One Little Indian a récemment réédité une collection de tous leur singles et faces B intitulée 5 EPs (lire).

09. David revient avec son autre projet solo CHIEF BLACK CLOUD et propose ici sa réinterprétation de ce classique repris par le passé par des gens tels que Billie Holiday ou Elvis Presley.

10. Nous sommes plus fan de Bauhaus que de TONES OF TAIL mais ce morceau est d'une efficacité redoutable et nous hante depuis toujours. On retrouve dans les deux projets cette même mise en place rythmique subjuguante.

11. La witch haus est une vaste fumisterie. En dehors de quelques groupes précurseurs et inventifs, il n'y a pas grand chose de valable. Juste des suiveurs en quête de hype qui se clonent les uns les autres. Du coup, voici un remix de WHITE RING qui fait du bien avec son ambiance hip-hop apocalyptique. On en profite également pour saluer Rick Ross qui a eu des problèmes de santé dernièrement et lui souhaiter un bon rétablissement.

12. On a fait se rencontrer sur ce mashup un titre de HOLY OTHER, extrait de la split cassette avec INDIGOCHILD mentionnée un peu plus haut, avec un titre de HOOD extrait de l'album Silent '88. HOOD est un groupe auquel on voue un culte depuis toujours, c'est et ça restera une source d'inspiration constante, à l'image de Disco Inferno. C'est un groupe dont on ne parle jamais assez.


I DO NOT LOVE - Selfish

Si je ne vous conseille pas de googliser I DO NOT LOVE, au risque d'être définitivement choqué par la race humaine, une attention toute particulière est en revanche recommandée pour la prochaine sortie du jeune homme sur le label français Svn Sns Rcrds (lire). S'il fallait nous geler l'écume à la commissure des lèvres, et ce à quelques encablures d'un hiver que l'on présume glacial, la verve hantée de Gregory Carl Miller tombe à point nommé avec Selfish - à découvrir ci-dessous par le son et l'image - ténébreux prélude de l'imminent EP cassette Worship.

I DO NOT LOVE - Selfish - SVNSNS006 by SVN SNS RCRDS