MIXTAPE : Home made 09 by Aki

Oui, c'est l'hiver et il caille sévère. Fous ta chapka, sors la vodka et écoute la sélection d'Aki, tu le regretteras pas.

01 - Caroline K – Chearth
02 - In Aeternam Vale feat. Anneq - Je Ai Dissous (Page R version)
03 - Kaitlyn Aurelia Smith & Suzanne Ciani – Retrograde
04 - K-Lone & Ill Chill - Rare Jewels
05 - John T. Gast - Jah Guidance
06 - Peder Mannerfelt - Building Of The Mountain
07 - Alessandro Cortini – Ovest
08 - Deathprod - Treetop Drive 3
09 - Hex – Exotica
10 - Kyoka - Smash/Hush
11 - Marie Davidson - La Femme Écarlate
12 - Fatima Yamaha - Love Invaders
13 - Pan Daijing – Exile
14 - Not Waving - Redacted 2
15 - Manie Sans Délire – Pyre
16 - Bourbonese Qualk - Something In The Air
17 - Rezzett – Rupez
18 - Ekman - سبعة عشر
19 - Mitchell Goor - The Self Destructive
20 - Unknown - A1
21 - Years Of Denial - Metal Wave (Broken English Club remix)
22 - James Ruskin - Take Control (Surgeon remake)
23 - Alessandro Adriani - Crow (Mick Wills cut)
24 - Restive Plaggona - Muse Of Tragedy
25 - People Skills - Gunshots At Crestridge II
26 - Skinny Puppy – Politikil
27 - Youth Code - Commitment To Complications


Hz Monthly Mixtape – September15

septembre

Chaque mois, la mixtape de la rédaction, à écouter et télécharger. Ce mois-ci, deux parties, north & south, à vous de choisir.

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Hz Monthly Mixtape - September15 PART NORTH

01. John Lemke - Kleinod
02. Angel Ho - Yah Cunt
03. Haf Haf - Kuro No Meiro
04. Skinny Puppy - Sleeping Beast
05. Helena Hauff - Spur
06. SNTS - le B1
07. Szeb - Gomb V2
08. Rrose - Purge
09. Ben Vedren & Pit Spector - Rave 3000
10. Jedsa Soundorom - Champagne (jef k Remix)
11. Positive Centre - Great Excavator
12. Ryo Murakami - Bias

Hz Monthly Mixtape - September15 PART SOUTH

01. Plapla Pinky - Appel
02. Night Court - Hector’s Crew
03. Crystalite Feat. Kristen - Cut By A Laser
04. S3A - Theuz Hamtaak
05. Savant - Shadow In Deceit
06. The Magic Valley Tarot Society - MVTS5
07. Shannon and the Clams - How Long?
08. Young Thug x Lotic - Halftime x Phlegm
09. Brookee Burnside - Freestyle 1
10. Lou Barlow - Nerve
11. Destroyer - Times Square
12. Blank Realm - Gold
13. Low - What Part Of Me
14. Cymande - Getting It Back
15. Here We Go Magic - Ordinary Feeling


From the Vault : Story of Skinny Puppy (1/2)

L’histoire de Skinny Puppy pourrait être celle d’une banale rencontre, celle de cEvin Key, encore connu sous le nom de Kevin Crompton, alors claviériste du très pop Images In Vogue, et de Kevin Ogilvie, futur vocaliste en puissance. Elle naîtra plutôt d’une dissociation culturelle et sociale qui, avec l’émergence de la musique industrielle new wave ou punk,  invite nos deux comparses à repousser les limites des carcans musicaux imposés afin d’installer leur vision du monde, une dissection pessimiste et désenchantée du genre humain. Crompton claque la porte du néo-romantisme barbant d’Images In Vogue pour renouer avec la percussion et la programmation, ses domaines de prédilection. Tous deux attirés par l’étrange et les images chocs, Ogilvie et Crompton composent leur première bande, intitulée Back & Forth. Il s’agit d’un entrelacs d’éléments bruitistes et expérimentaux sous couvert de dance music, aussi aliénant qu’aliéné et démontrant l’attirance du duo pour les choses de l’étrange. Ogilvie, rebaptisé Nivek Ogre, y pose ses première psalmodies,  et y révèle sa voix rauque et éraillée.  Edité à 50 copies, seulement 35 seront mises à disposition du public, la moitié étant proposée avec un mixage accéléré dû à une erreur de manipulation durant l’édit. Un joyeux foutoir qui, loin de desservir le groupe, attirera l’attention du très indépendant label Nettwerk Productions.

De prime abord réticent à quitter le milieu de l’auto-production, pensant clairement se faire mettre en laisse par l’autorité toute puissante des maisons de disque, Skinny Puppy accepte de signer un contrat le liant pour deux albums à l’unique condition d’avoir le contrôle total de sa production. C’est durant cette période que le duo engage Bill Leeb, claviériste de talent rebaptisé pour l’occasion Wilhelm Schroeder, avec qui Ogre avait sympathisé, celui-ci traînant également dans le giron d’Images In Vogue. Ils s’adjoignent également des services de Dave 'Rave' Ogilvie (rien à voir avec Ogre), jeune producteur talentueux qui fera ses armes aux côtés de Skinny Puppy et dont l’incroyable génie accompagnera les Canadiens tout au long de leur carrière. Il est d’ailleurs considéré comme l’homme de l’ombre du groupe ou, selon certains, son quatrième membre.

Premières morsures

Remission est la première sortie de notre chiot maigrelet. Sous couvert de mélodies new wave, en somme tout en adéquation avec son époque, le groupe livre une excroissance électro tuméfiée et maladive. Des titres  comme Glass Houses cultive une certaine touche nightclub tout en plantant un pied dans la tombe, car ne nous leurrons pas, avec Remission, Skinny Puppy commence à jalonner  sa musique de références auditives douloureuses qui deviendront peu à peu la marque de fabrique du groupe. Nivek Ogre scande des lyrics à la limite du dérangeant, de façon hachée et erratique, sa voix habitant la rythmique des morceaux de la manière la plus effrayante qui soit. Avec ce premier EP, le trio nous livre une vision digressive, violente et pernicieuse de la dance music sévissant à l’époque, une perle électro-indie lacérée au couteau. Et encore, ce n’est qu’un début.

Un an plus tard, nos puppies passent au long format avec Bites. Si l’on ne constate pas de véritable changement (quoique), on dénotera une certaine affirmation du trio pour plonger l’auditeur dans une ambiance macabre.  Certains titres parlent d’eux-mêmes : Dead Lines, Blood On The Wall, Basement… Le style s‘affine également - enfin cela reste une allégorie puisqu’on peut voir en Assimilate une forme d’enseignement à coups de marteau dans le crâne. On a connu plus raffiné. Bites laisse néanmoins apparaître quelques écorchures dans sa structure mélodique, constat d’un refus de s’appuyer sur des codes prédéfinis. Blood On The Wall se teint de vomissures post-synthétiques et de relents mécaniques tandis que Social Deception nous offre une immersion suffocante dans les méandres d’un dark-ambient des plus nauséabonds. Ogre affirme son chant, sorte de spoken-word maléfique passé à la moulinette de divers filtres, avec lesquels il joue avec un insatiable sadisme. Un album aussi éprouvant moralement qu’indéniablement inventif. Assimilate permet d’ailleurs aux Canadiens de rentrer dans les charts US et même européens, où l’album recevra un accueil des plus chaleureux. Pas si étonnant quand on sait que le talent de groupes comme Throbbing Gristle ou Cabaret Voltaire est maintenant reconnu et que nous sommes en pleine crise EBM.

Now, the show must start!

C’est sans réelle tension que Bill Leeb décide de quitter le groupe en 1986, celui-ci n’ayant pas réussi à affirmer sa place au sein de la formation et travaillant désormais sur son propre projet aux côtés de Rhys Fulber et Michael Balch, Front Line Assembly. Bill Leeb retrouvera à nouveau sporadiquement les membres de Skinny Puppy, d’abord Ogre, la même année, autour de Muteual Mortuary, puis bien plus tard, cEvin Key sur Cyberaktif par l’intermédiaire du label Wax Trax !.

Le départ d’un membre marque l’arrivée d’un autre. Dwayne R. Goettel, ex-membre du groupe dark-synth Psyche, rejoint les rangs de Skinny Puppy, devenant rapidement l’une des pierres angulaires du groupe de Vancouver. Lassé de jouer les seconds couteaux pour les frères Huss, c’est tout naturellement que Goettel accepte l’invitation des puppies, apportant dans ses bagages un lot de noirceur qui finira de constituer les fondations du groupe. Si l’on a trop souvent tendance à réduire le band canadien au seul couple Key-Ogre, il est impensable de renier le travail abattu par Goettel sur la musique de ces pionniers de la dark-indus. Mind : The Perpetual Intercourse, second LP du groupe, abonde en ce sens. Ce nouvel album se veut résolument plus sombre, alternant pistes électro-expérimentales et indus post-apocalyptique. Pas encore véritablement libéré d’une certaine emprise dance, des morceaux comme Dig It, Chainsaw ou Gods Gift (Maggot) plongent malgré tout l’auditeur dans l’horreur absolue. Dig It d’ailleurs, malgré sa fascination perfide, se hissera en haut des charts indie, offrant à Skinny Puppy sa première tournée américaine.

Sur scène, le trio déploie une énergie et une intensité incommensurables. Les prestations des puppies attirent des foules toujours plus curieuses d’accéder à ce petit théâtre de la souffrance. Car en effet, si le live permet une mise en exergue grand-guignolesque et virulente des tubes du groupe, les planches deviendront peu à peu le terrain de jeu de Nivek Ogre, rivalisant d’ingéniosité pour élaborer les mises en scènes les plus scabreuses et innommables. Entre auto-flagellation et scarification, le chanteur harangue les spectateurs de sa voix mécanique, couvert de sang… et parfois d'un peu du sien. Ogre s’impose rapidement comme le leader de Skinny Puppy, ou du moins son porte-parole, livrant à travers des shows transgressifs et malsains les messages qui deviendront la clé de compréhension de la niche morbide du chiot.

Lorsqu’un an plus tard, Cleanse, Fold & Manipulate déboule dans les bacs, le groupe décide d’intervenir de lui-même afin de ne pas trop perturber son auditoire grandissant, et c’est en ces termes que Skinny Puppy définit son troisième opus : « Cleanse, Fold & Manipulate est notre disque le plus difficile d’accès réalisé à ce jour ».  En effet, si First Aid agrippe l’auditeur autour d’une plongée aussi macabre que sinistre, le reste de l’album continue de battre ses tympans beats métalliques syncopés, décharnés, aidés d’un chant sépulcral et de mélodies d’une noirceur abyssale. Les paroles de Nivek Ogre deviennent de plus en plus abstraites, s’ancrant au personnage bourreau/victime qu’il s’est lui même créé, distillant un climat de terreur et de paranoïa tout au long de l’album. Bien que moins accessible, Cleanse, Fold & Manipulate n’en demeurera pas moins un incommensurable succès, ouvrant la brèche sur une toute autre manière de penser la musique.

Si pour beaucoup, VIVIsectVI semble être le point d’apothéose de la carrière de Skinny Puppy, celui-ci n’aura pas été accouché sans douleur. Pondu dans la tourmente, VIvisectVI s’ancre dans une période trouble et incertaine du groupe, née notamment de dissensions entre Nivek Ogre et cEvin Key concernant le leadership et l’orientation musicale de SP, des tensions liées à la consommation narcotique grotesque et des plus inquiétantes du chanteur, etc. Pourtant, aussi bestial qu’épuré, VIvisectVI est le chantre douloureux des convictions sociologiques du trio de Vancouver. Un résumé sale, politisé et dépravé des causes contre lesquelles nos buveurs de sirop d’érable se sont toujours dressés. Un condensé râpeux d’extrémisme musical et de poésie hystérique. Alliage contre-nature de sonorités hurlantes et de nappes ambient. VIvisectVI donnera lieu à l’une des tournées les plus conséquentes du groupe, marquée par les prestations les plus sanguinolentes d’un Ogre tourmenté - celui-ci se lacérant avec virulence où mettant en scène le dépeçage d’animaux afin de protester contre la vivisection, ce qui vaudra au groupe quelques allers-retours sous les verrous.

Vidéos


Skinny Puppy - HanDover

Chaque nouvelle sortie de Skinny Puppy est communément l'occasion de se recueillir sur les cendres métalliques de l'indus en chouinant que « putain, c'était mieux avant, mais pourquoi qu'ils ont tous fait de la merde après Maman ? ». Parce que d'une, mon petit chéri, le genre est mort au début des glorieuses nonante, et que de deux, les Canadiens au sang froid ont emprunté une voix tout à fait louable en s'aventurant sur les terres de l'électro(nica), de la minimale, du dub, bref, se nourissant, avides, des courants électro fondateurs des 90's, faisant bruisser les machines en y incorporant leur belle noirceur cradingue. Quand leurs homologues de Ministry se sont tournés vers les murs de guitares et les hurlements de Belzébuth (petits joueurs). Cependant, le temps sans doute faisant son affaire, les dernières livraisons du groupe, depuis leur reformation en 2004, n'avaient guère de quoi décorner un bouc.


Alors, avec ce HanDover entre les pattes, à quoi t'attendre ? Déjà, tu remarques que l'horrible pochette et ses abominables mains pleines de doigts s'inscrivent bien dans la lignée de l'iconographie pourrie du groupe. Plus intéressant, le disque est une évolution constante du son, naissant dans les limbes d'une ambiant inquiétante - un peu chiante - pour aller ensuite s'exploser sur un dancefloor démoniaque trop bath. Le remarquable Ovirt d'ouverture, en demi-teinte, en est d'ailleurs la parfaite illustration. Le chant ne va pas te conter fleurette, mais l'instru endigue savamment la rage jusqu'à la moitié du disque. Car alors que tu commençais juste à craindre de devoir te contenter d'un album assez propret, et après la petite ballade pourrie Wavy et le quasi rappé AshAs qui laisse pantois, on te fait comprendre que la tension monte d'un cran avec Gambatte, puis le joyau Icktums, anxieux et burné comme tu aimes. Oui, tu pourrais presque secouer tes dreads vert fluo dans ta combi latex de 93 dessus tellement c'est bien. La rave mortelle se poursuit avec Point, plus noise mais toujours aussi racée, et le taré Brownstone. Tu restes un peu dubitatif sur Vysirus et son instru spéciale blockbuster très très znor... Heureusement, Village est le second titre parfait de l'opus, débridé et flippé à souhait. Là, alors que tu reprends lentement ton souffle, le disque se clos en douceur au son du dub chamanique de Noisex, montée extatique de sept minutes qui finit en crise d'épilepsie de la drum machine.

Alors, tu n'as plus honte de dire que tu écoutes du Skinny Puppy de 2011. Parce que, finalement, les Canadiens ont trouvé une cohérence dans un son moderne, bien qu'un peu daté. Même s'il faudra t'y replonger plusieurs fois avant de t'en imprégner véritablement. Tu leur pardonnes leurs précédents albums inaudibles avec leurs ballades acoustiques pourraves, et aussi ce chant débile sorti d'on-ne-sait-où sur les premières pistes de HanDover. (« Mais... ça sent le punk californien ! Mais t'es horrible ! ») Certes, gamin, il n'y a pas que du bon dans cet album-là, mais Skinny Puppy t'as prouvé qu'il n'était pas encore un vieux chien crevé.

Audio

Skinny Puppy -  Icktums

Tracklist

Skinny Puppy - HanDover (SPV, 2011)

1. Ovirt
2. Cullorblind
3. Wavy
4. AshAs
5. Gambatte
6. Icktums
7. Point
8. Brownstone
9. Vyrisus
10. Village
11. NoiseX


On y était - Skinny Puppy

6Skinny Puppy, Paris, La Maroquinerie, le 15 juillet 2010

Aussi loin que je me rappelle, les monstres ne m’ont jamais effrayé. Quoi ?! Vous pensez que je me paye votre tête ? Et bien pas du tout. Tout môme déjà, je m’enfilais des plâtrées de films d’horreur, passant en revue les classiques de la Hammer, les péloches grand-guignolesquesdu non moins chtarbé Hershell Gordon Lewis, puis m’enfilant tous les slashers potaches 80’s (Freddy, Vendredi 13, Maniac Cop…) avec une régularité déconcertante pour un gamin de neuf ans. Cependant, je dois avouer avoir toujours éprouvé une certaine angoisse mêlée d’une fascination morbide face au légendaire cannibale dévoreur de chair infantile.Kevin Ogilvie ne pouvait donc pas trouver meilleur pseudonyme pour aiguiser mon appétit de découvrir ce qu’il se cachait derrière ce ridicule nom de groupe : « chiot maigrelet ».

Près de quinze ans après avoir commencé à me défoncer les tympans à coup d’électro-goth barbare et de schizo-indus tordu, je m’apprêtais enfin à découvrir, en live et en (mort) vivant, Skinny Puppy sur scène.Du pur inédit ! Nos Canadiens n’ayant pas foulé notre beau pays (ouais là j’exagère) depuis des lustres, c’est tout le gratin goth, indus et même métaleux qui s’était rameuté pour cette toute première date d’une tournée européenne déjà annoncée comme dantesque.Et là, je ne vous parle pas du premier cercle. Preuve en fut, la queue infernale devant une Maroquinerie qui n’affichait étonnamment pas sold out, mais exhibait un agglutinement disproportionnel et démentiel. Il fallait s’armer de patience pour pénétrer dans l’antre de la souffrance…

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C’est d’ailleurs à peu près à ce moment que je remarquais que je n’avais pas vraiment respecté le dresscode, plutôt porté sur le corset, bottes trashville et panoplie Demonia pour les madames… Pour les monsieurs, jeans slim noirs, t-shirts à l’effigie de la concurrence : NIN, Front Line Assembly… Rassurez-vous, je resterai digne en évitant une chronique de leur dernier album cela dit en passant. Donc vous pensez bien qu’avec mon t-Shirt vert, mon jean bleu et mes baskets Nike, c’est un peu comme si je débarquais de la Gay Pride pour ces corbacs toujours en mal d’obscurité. Donc après m’être tapé une demi-heure de débat vide de sens sur la pseudo reformation d’ATR (Atari Teenage Riot pour les ignares) tenu par mes voisins de queue, j’entre enfin dans la salle où règne un capharnaüm de tous les diables.

L’installation est tout simplement surréaliste pour la petite salle de la Maroquinerie ; si l’on exclue le backline musical déjà imposant, la scène regorge d’éléments qui serviront à la diffusion de différents visuels, ainsi qu’un étrange caisson au-dessus duquel proémine un large écran LCD. Mais à quoi tout ceci peut-il servir ? Pas trop le temps de se torturer avec ce genre de questions… cEvin Key et un autre mec tout chelou débarquent sur scène. Dans la salle, les ténèbres se sont installées et d’étranges coulures envahissent les écrans alors que les premières notes de Love In Vein se font entendre. Le show peut alors commencer…

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Le public, excité comme une puce, sautille, siffle, applaudit… Cependant, il manque un élément essentiel. La bombe est bien présente, mais toujours dépourvue de détonateur. Celui-ci apparaît en rampant, le visage dissimulé derrière un étrange masque conique, et vêtu d’un costume excentrique alliant camisole et combinaison de latex. La foule exulte alors, devant un Nivek Ogretoujours plus facétieux, mimant un vieillard se déplaçant à l’aide d’un déambulateur. Le morceau culte de Last Rights met d’entrée de jeu jeunes et vieux dans l’ambiance. OhGr captive de par sa gestuelle de pantin de bois et de sa voix rocailleuse, inondé dans un flux d’images distordues, noyé dans un magma de samples convulsifs… Un chien maigrelet certes, mais avec une mâchoire de cerbère.

La suite du spectacle se poursuivant par un mémorable Hatekill et l’indémodable The Addiction corrosif à souhait. Si le groupe laisse de côté pour le moment Mythmaker qu’il est semble-t-il venu défendre, celui-ci s’attarde pourtant à illustrer plus ou moins les thématiques. C’est ainsi que le spectateur est le témoin de la cure de jouvence opérée par Ogre fallacieux et outrancier, qui abandonne peu à peu ses prothèses mécaniques, semblant se repaître de l’énergie que lui procure le public.

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La foule est alors en délire. Comment ne pas l’être devant cet étalage de beats monstrueux, de battements secs et furieux, de nappes râpeuses et nervurées, de spoken-word d’outre-monde…Un assemblage quasi-malsain de machines et de chair qui se font écho et recrachés à l’unisson. Un flux organique âpre se glissant insidieusement dans les tympans et glissant le long de la colonne vertébrale par les voies du système nerveux central. Oubliez votre corps, il n’est que la viande bonne à nourrir la bête.

Nivek Ogre se glisse alors subrepticement dans le caisson préparé à l’occasion, et la machine se remet en route. Un assaut violent frappe de plein fouet la Maroquinerie alors que l’aura du charismatique chanteur enveloppe la scène. Les images d’Ogre filmé depuis le caisson sont retroprojetées en négatif sur l’écran géant prédominant le plateau. Skinny Puppy est à son plus haut, et ne joue pourtant que depuis une quinzaine de minutes… Mon cerveau n’arrive plus à fonctionner, et je reste obnubilé par les images qui défilent devant mes yeux.

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Il suffira d’une fraction de seconde pour me réveiller de ce merveilleux cauchemar. Un malheureux instant pour faire basculer mon état proche de la catalepsie à la déprime la plus profonde. Ce court moment sera celui où le groupe quittera subitement la salle, comme pris d’un excès de nerfs, laissant derrière lui un écran figé et grésillant, ainsi qu’une salle plongée dans l’incompréhension. Cinq minutes plus tard les lumières se rallument, éveillant chez le spectateurla crainte… Dix minutes plus tard, les organisateurs (D-Side) finissent par avouer qu’il s’agit d’une panne électrique indépendante à la salle (mouais, non-compatibilité entre le matos US et frenchie ouais !!!) et que le concert reprendra dans vingt minutes…Trente minutes plus tard, nos courageux orga n’ayant pas les couilles d’annuler le concert, ils préfèrent annoncer le report de celui-ci pour la fin août, prétextant que les billets seront toujours valables… Mouais j’aimerais bien voir ça ! Surtout que depuis, rien n’a été programmé dans ce sens et que le pauvre petit goth lambda venu du fin fond de Conflans-Sainte-Honorine doit être bien embêté à l’heure qu’il est.

C’est donc le moral dans les pompes que j’ai regagné mes pénates, gardant quand même en tête que quinze minutes de Skinny Puppy valent mieux que pas de Skinny Puppy du tout…