Delphic - Acolyte

acolyte_bigJ’aime pas les fêtes de fin d’année. Ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça, ça me rend bougon un point c’est tout. S’habiller propre sur soi pour faire plaisir à la vieille Tatie Simone qui radote et pue le patchouli, s’obliger à paraître jovial en toutes circonstances alors qu’on à qu’une envie, foutre le feu au sapin… Alors se taper Delphic le soir de Noël, c’est l’étoile au sommet du conifère calciné.
Ce trio venu tout droit de Manchester s’est à priori trompé de décade, surfant sur une vague synthétique qui avait plutôt bien réussi à des artistes comme Fischerspooner ou Midnight Juggernauts, mais préfère jouer la carte du buzz comme La Roux. Mais les supercheries sont en général très vite démasquées, et le superbe clip de Doubt n’y pourra rien, y a pas grand-chose à garder dans cet Acolyte de pacotille. Voix naïves et mièvres mille fois entendues, mélodies distendues et saturées (Acolyte, Submission) volés à The Presets, merci pour eux. A côté, le dernier Infadels fait figure de chef d’œuvre, c’est pour dire.
Quand on sait que Delphic bénéficie d’échos les désignant comme le groupe phare qui va réveiller la new-wave en Grande-Bretagne, moi je préfère attendre le retour des Klaxons et jeter ce disque au feu pour éviter que les braises de mon sapin ne s’éteignent.

Akitrash

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Delphic - Counterpoint

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Tracklist

Delphic - Acolyte (Chimeric / Polydor, 2010)

01. Clarion Call
02. Doubt
03. This Momentary
04. Red Lights
05. Acolyte
06. Halcyon
07. Submission
08. Counterpoint
09. Ephemera
10. Remain


Liars - It Fit When I was A Kid (Crystal Castles remix)

liarsBonjour c'est Rigobert, je fais aujourd'hui une apparition pour crier aux oreilles de celui qui veut bien lire ces lignes  que les Liars sortiront le 8 mars prochain Sisteworld, le successeur du j'ai nommé "on s'est pas foulé comme titre de second album en l'appelant Liars". En attendant on ne cache pas notre plaisir de vous donner à réentendre le désormais classique It Fit When I was A Kid ici remixé par le duo Crystal Castles dont on attend aussi avec beaucoup d'impatience le retour l'été prochain.

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Liars - It Fit When I was A Kid (Crystal Castles remix)


Atlas Sound

atlassound

Atlas Sound, Le Point FMR, Paris 16 novembre 2009

Le temps est poisseux, le métro bondé et la nuit déjà noire. Le week-end encore dans les jambes, joyeuse décoction ondoyant entre le mauvais goût d'un concert évitable (T21) et l'odeur rance d'endroits aux effluves d'éthyles, ce lundi transpire d'une sensation charnelle, une sourde mélancolie flottant aux abords du canal Saint Martin. Lieu d'avant garde, tant plastique que musicale, occupant une caserne de pompier pour partie abandonnée, le Point FMR, accueille foule d'artistes, à l'orée d'une reconnaissance internationale, venus prendre le pouls d'un public parisien réputé sourcilleux. La salle, pourtant à taille humaine, est blindée. Après Girls et The XX, et avant The Pains of Being Pure at Heart, Bradford Cox est l'origine d'un tel attroupement révérencieux. Leader démantibulé des sinueux Deerhunter, Bradford Cox est très en verve pour présenter Logos, second volet de son side-project Atlas Sound, initié en février 2008 avec Let the blind lead those who can see but cannot feel. Ce n'est que la deuxième fois que le grand bonhomme vient trainer ses guêtres à Paris, la première, lors de l'édition 2008 de la Vilette Sonique, fut l'occasion de percevoir quel foutoir régnait au sein de Deerhunter. Formé en 2001 à Atlanta et relevant d'une collision entre bricolage post-punk et ambient techno éthérée, à la manière d'un Sonic Youth revisitant le répertoire scolastique de Brian Eno, Deerhunter s'impose dès 2007 et son album Cryptograms comme valeur sûre de la scène expérimentale américaine au même titre que les new-yorkais d'Animal Collective. Le pouvoir d'attraction de ces derniers joue d'ailleurs à plein. Si Microcastle, troisième album de Deerhunter, et son orientation pop sous méthadone, découle de cette accointance psychoactive, une amitié indéfectible se tisse entre Bradford Cox et plusieurs membres d'Animal Collective dont Noah Lennox, alias Panda Bear. Celui-ci l'invite lors d'une tournée des new-yorkais en 2008 tandis que Bradford Cox est au plus bas, vertement découragé par la profanation numérique des démos d'Atlas Sound et Deerhunter.

Convaincu d'approcher la possibilité d'un mythe, c'est donc avec une curiosité non feinte que le public attend son heure. Récente signature du label Ghostly International - plus connu pour ses références techno, mais s'ouvrant de plus en plus au versant pop de l'électronique (The Chap, School of Seven Bells, Matthew Dear) - les Choir of Young of Believers assurent une première partie qui n'a d'originalité que la barbe proéminente et la nationalité danoise d'origine gréco-indonésienne de Jannis Noya, pierre angulaire d'un collectif à géométrie variable. Les conventions d'une pop aux arrangements biens ficelés sont par trop respectées pour aimanter durablement l'attention sur les chansons extraites de This is for the White in your Eyes (2009), récent album d'un groupe cultivant plus la neurasthénie qu'une poésie lunaire trop rarement entraperçue (Claustrophobia). Il n'empêche, Bradford Cox, lui, les aime bien. Il ouvre d'ailleurs son set en leur compagnie, sur un morceau foutraque vraisemblablement écrit l'avant veille. Mine satisfaite, la grande carcasse osseuse se déploie et s'en va chaleureusement étreindre chacun des Choir of Young of Believers quittant la scène. Bradford Cox, chemise blanche, cravate et lunettes noires, regagne sa chaise et sa guitare face à une foule un brin dubitative : aucun autre musicien ne le rejoindra. Seul, il entame alors un set intimiste, où la mise à nue révélée par l'apaisé Logos (4AD / Kranky, 2009) s'avère poignante et attachante à défaut d'être mémorable. Transfigurées par un minimalisme de circonstance, et jouées avec une lenteur glaçante, Criminals, Shelia, Kid klimax et Walkabout se succèdent dans un enchevêtrement d'échos et de loops. Jetant patiemment les bases de chacune de ses orchestrations répétitives, mille feuilles de boucles de guitare, de chant et d'harmonica, Bradford Cox disparait derrière sa batterie au deux tiers des morceaux pour en rythmer l'agonie. Ce qui marche au début et qui finit par lasser. D'autant qu'il se prend allégrement les pieds dans les câbles lors d'une reprise capharnaüm d'un des poncifs de Deerhunter, Rainwater cassette exchange. Mais l'essentiel est ailleurs et plus précisément au bout de ses lèvres décharnées par la maladie, Cold As Ice et Attic Lights, qui concluent le set, résonnent durablement dans les limbes tant la voix de Bradford Cox reste fascinante. L'homme transmets par son chant pénétrant et sa gestuelle maladroite cette fragilité consubstantielle à son être déliquescent - Bradford Cox souffre du syndrome de Marfan - cette équation sans inconnu, où la maladie travaille au corps et menace à tout moment d'écourter l'instant. Entouré d'un groupe soutenant ce patchwork de fine dentelle sonique, la magie n'aurait pas été loin. On se contente là d'en percevoir l'écrin.

atlassound-walkabout-coverEt s'il fallait se convaincre d'un tel talent brut, l'écoute de Logos (4AD/Kranky), sorti le 19 octobre dernier, suffit amplement. Si Let the blind lead those who can See but Cannot Feel est un disque maladif, claustrophobe, mettant en abîme les symptômes d'un Bradford Cox meurtri génétiquement, Logos tend à une lecture rassérénée d'une fatalité incontournable. Si l'angoisse de la dégénérescence traverse de par en par Logos, ce n'est plus avec la saillie lacrymale que celle-ci chloroforme le disque. Par la captation sensible d'un regard éprouvé mais lucide, le disque émeut autant qu'il émerveille. Le morbide cède la place à la grâce. Entamé par l'aquatique The Light That Failed, qu'aucun animal collectif ne renierait, puis par la nébuleuse et acoustique, An Orchid, un premier sommet est atteint avec Walkabout et son chant espiègle, assuré par Noah Lennox. Criminals et Attic Lights, au-delà de témoigner d'une écriture délicate, égrainent une langueur éblouissante quand Sheila, et son refrain d'une froide sincérité (« Shelia, nous mourrons ensemble et nous nous enterrerons l’un l’autre, car personne ne veut mourir seul »), se pare d'une intemporalité propre à un classique du genre. Laeticia Sadier, échappée de Stereolab, prête sa voix à une odyssée narcotique de toute beauté, Quick canal, où un beat saisissant s'adjoint d'un tumulte progressif tissé de saturations shoegaze. Bradford Cox, étant de toutes les écoles, aurait pu nommer Washington school "New York school" tant sa logorrhée s'aventure sur le terrain lunaire d'un folk psychédélique subtilement défloré par ses amis funambules. Reste Kid klimax à l'électronique épurée, et Logos au rythme échevelé, toutes deux cousues d'un chant trafiqué que l'on pu croire être celui d'un Mark Linkous - Sparkelhorse - non moins inspiré. Logos est sans doute le disque le plus abouti de tout ceux que Bradford Cox a initié jusque là, avec ou sans Deerhunter. Pour preuve que l'introspection accouche parfois de miracle - car Logos est un grand disque - que la science ne saurait cerner. Un sacerdoce musical restant à confirmer sur scène avec un Bradford Cox aussi bien entouré que sur disque. Ce qui ne saurait tarder.

Thibault

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Atlas Sound - Sheila

Tracklist

Atlas Sound - Logos (4AD / Kranky, 2009)

01. The Light That Failed
02. An Orchid
03. Walkabout
04. Criminals
05. Attic Lights
06. Shelia
07. Quick Canal (feat. Laetitia Sadler)
08. My Halo
09. Kid Klimax
10. Washington School
11. Logos


On y était - The Horrors au Trabendo

thehorrorslive

The Horrors, Le Trabendo, Paris, 30 novembre 2009 : The Horrors ou le dédoublement de personnalités.

2007 : The Horrors débarquent d'Outre Manche avec un première album Strange House, précédé d'une brouette d'Eps, follement garage, déclarant un amour sans limite à leurs influences évidentes : les Cramps, les Sonics, allant jusqu'à reprendre le fantastique Screaming Lord Sutch, à la sauce hardcore. Lookés dark et ébouriffés jusqu'au bout des poils (très rares), The Horrors emballe son petit monde, loin, très loin des Arctic Monkeys et autres Kaiser Chiefs éminemment exportables : les dark boys détonnent.

2009 : virage à 180 degrés, le deuxième album Primary Colours produit par le bristolien Geoff Barrow, aux manettes de Portishead, nous embarque cette fois dans un ralenti planant, guitares distordues, chant plus proche d'Ian Curtis ou de Nick Cave, et ho mais ce serait pas du Shoegazing les gars?! The Horrors sont un peu comme Madonna, ils flairent le son du moment et barbotent allègrement dedans. On se démaquille, on démêle ses cheveux et hop, c'est parti. Surprenant mais plutôt convaincant. Du moins, en studio.

C'est donc, avec une curiosité non dissimulée mon ami, que je me suis tirée du lit, que je suis sortie dans le froid et la pluie, pour aller transmettre mon petit virus à la foule du Trabendo. Et non, je ne suis pas vaccinée. Je ne disséquerai pas la première partie, qui m'a juste laissée avec un mal de crâne monumental et une légère pulsion suicidaire.

Me voilà, en pleine possession de mes moyens pour voir arriver les cinq garçons de The Horrors, jeunes très propres sur eux, le clavier a un air de Star Trek avec sa coupe casque, tous vraiment très bien peignés, sauf, Dieu merci, le chanteur Faris Badwan qui arbore toujours une création capillaire accrobatique. Mais le malaise commence.

Les anglais enchaînent les morceaux du nouvel album, dont le titre éponyme Primary Colours, mais même pour le fan le plus averti, reconnaître les titres qui défilent constitue un défi en soit. La faute à une balance incompréhensible : le synthé couvre absolument tous les autres instruments, seule la voix du chanteur émerge péniblement. Deuxième surprise, il semblerait que le groupe ait décidé d'accélérer le rythme de la plupart de ses titres, le I can't control myself très lancinant sur l'album, pulse presque sur scène. Mais que leur est-il arrivé? On dirait que les garçons ont décidé de rejouer l'histoire du post punk, en passant à vitesse grand V de la très Dark Wave façon Warsaw, à la New Wave plus légère genre Love will tear us appart, et puis directement aux sautillement des Talking Heads avec ce synthé limite cheap, qui vire sur certains morceaux à un son Dance, oui, vous m'avez bien entendu : Dance.

Le public est pourtant là et déchaîné. Je me demande si la fièvre ne me fait pas halluciner tout le live, mais les expressions de mes compagnons de show ne dépeignent rien d'autre que la plus grande perplexité. J'émets alors une hypothèse : et si The Horrors voulaient tout simplement devenir un groupe mainstream? En faisant quelques recherches sur eux avant le live, j'avais découvert que le groupe allait faire la première partie de Muse sur je ne sais plus quelle date. Muse.

Fin de show, les lumières se rallument. Je demande au ciel s'il n'y aurait pas un troisième groupe, pour nous faire oublier cette déception inexplicable..., et là miracle, mon voeux est exaucé! Les lumières s'éteignent. Et The Horrors reviennent pour un rappel avec trois morceaux furieux du premier album et une reprise de Suicide. Les vrais Horrors. Rock. Dark. Puissant. On efface tout et on recommence. Hello Docteur Jekyll!

Visiblement, les gaillards de The Horrors ne savent plus très bien où ils en sont. Influences, ton, carrière? Je suggère un bilan de compétence, ça coûte rien et ça pourrait mettre en peu d'ordre dans tous ces désirs confus. Comme dirait une conseillère Anpe : vous avez du potentiel. Reste à trouver un moyen de l'exprimer correctement. Et sincèrement, s'il vous plaît.

Virginie Polanski.


Shanka - Rock The Folk !

shanka_cover_def_cropIl y a quelques temps, j'entendais parler d'un projet intrigant : Shanka, le guitariste de Lycosia, No One Is Innocent et Destruction Incorporated, annonçait la sortie d'un EP composé de reprises de morceaux de folk country - et entièrement autoproduit par lui seul. Avant même de l'avoir entre les mains, je me suis posée maintes questions. Pour résumer : comment un petit Français, dont l'univers musical me semblait à mille lieux de cette musique, allait-il s'approprier un patrimoine tout ce qu'il y a de plus américain ? Allait-il se rendre aussi ridicule que Roch Voisine reprenant "City Of New Orleans" ?

Si l'évocation de cette possibilité fait frémir d'horreur, on est vite rassuré. Premier bon point : François Maigret n'a pas choisi de faire un best of, mais a sélectionné cinq titres avec amour (comme les légumes dans la soupe Maggi, un peu). Tant mieux, on n'avait pas particulièrement envie d'entendre sa version de "Stand By Your Man". Dans le texte d'introduction publié sur son profil MySpace et sur sa page Facebook, il s'explique : "Ce sont mes amis Elliott Murphy et France de Griessen qui m'ont donné le 'virus' de la folk music et de la country music. C'est en rentrant d'un voyage à Nashville au printemps dernier que j'ai décidé de chercher ma propre interprétation de ce style musical en enregistrant des reprises de chansons 'à ma manière'". Alors, justement, voyons à quelle sauce il a mangé ces morceaux.

L'EP s'ouvre sur "The Cuckoo", un vieux standard anglais que le folklore américain s'est largement réapproprié. Parmi les nombreuses versions remarquables enregistrées depuis le début des années soixante, on retiendra celle, au banjo, de Clarence Ashley, la jolie interprétation de Rory Gallagher ou encore celle, plus énervée, de Janis Joplin avec Big Brother and the Holding Company. Enfin, quand je dis "énervée", ce n'est rien à côté de celle de Shanka. Au début, tout va pour le mieux, sans être très original : banjo et voix grave à la Johnny Cash. Et puis le petit coucou se transforme soudainement en un méchant vautour agressif. François nous avait pourtant prévenu : "à ma manière", il avait dit. Si l'on apprécie l'efficacité de la réinterprétation, on déplore néanmoins sur ce titre le son de la caisse claire, que l'on aurait apprécié moins mat, plus gras. Malgré sa radicalité, l'ensemble ne laisse pas un goût amer ; la douce voix de France de Griessen vient nous rassurer : non, nous ne serons pas mangés tout crus par un oiseau mutant. Ouf.

On enchaîne avec "Last Of The Rock Stars", un des titres les plus célèbres d'Elliot Murphy, sorti en 1973. En rendant ainsi hommage à son mentor, Shanka prend des risques, car il sait qu'il sera jugé par l'intéressé. Comment se sort-il de cet exercice périlleux ? Très bien, pour tout vous dire. Exit l'harmonica, place à la disto : sans en faire trop, il dépoussière l'hymne de Murph the Surf et lui donne une nouvelle jeunesse plus que méritée.

Nous voilà au morceau central de l'EP. Et ce n'en est pas un petit, de morceau : Shanka s'attaque carrément au célébrissime "Folsom Prison Blues" de Johnny Cash, composé en 1955 et performé en 1968 au sein même de la prison de Folsom, en Californie. Etait-il utile d'en faire une énième reprise ? Au vu du résultat, on est tenté de dire que c'était indispensable. Le titre est méconnaissable, jusqu'aux premières notes du génial solo, originellement interprété par le non moins génial Carl Perkins. Néanmoins, quoi qu'on puisse penser de la transformation, on ne peut pas nier le fait que la brutalité de cette nouvelle version correspond parfaitement à celle des paroles. C'était d'ailleurs l'un des objectifs de Shanka : "Mon but était de m'approprier le plus possible les chansons pour pouvoir les interpréter sans faux-semblants, quitte à aller parfois loin dans le soulignement de la violence sous-jacente des textes". Et c'est après cette phrase qu'il cite, justement, un extrait bien choisi de "Folsom Prison Blues" : "I shot a man in Reno just to watch him die". Objectif complété, mon Capitaine.

Retour au calme avec "Cherokee Fiddle", une vieille chanson de cow-boy traitant de sujets aussi primordiaux que le violon et le whisky. Les versions que l'on peut en trouver sur le net ressemblent plus à de la soupe qu'à ce qu'a dû entendre Shanka : "J'ai entendu 'Cherokee Fiddle' [...] dans un restaurant ('The Ol' Blinkin' Light') isolé au fin fond du Nouveau-Mexique". Probablement plus réjouissant que les interprétations d'Eddie South ou de Mickey Gilley. L'introduction de celle de Shanka ressemble étrangement à "Revolution" des Beatles. Ensuite - on commence à en avoir l'habitude - on retrouve la même énergie infaillible qui habite les autres titres de l'EP.

Ce dernier s'achève avec "What Would You Give In Exchange For Your Soul", un standard de gospel aux paroles plutôt naïves. Chantées par Shanka, elles prennent une toute autre signification : la question innocente devient, dans sa bouche, un réquisitoire diabolique. Décapant.

Malgré mes craintes, notre petit Français s'en est donc très bien tiré. Car, bien qu'il soit beaucoup plus éloigné géographiquement de Nashville que Roch Voisine, ses reprises sonnent plus justes. On sent en effet dans chacune de ses réappropriations un amour et une compréhension du patrimoine américain plus qu'appréciables et pour le moins touchants. Pour vous en convaincre, je ne peux que vous conseiller d'écouter, ci-dessous, son voyage mental en troisième classe sur un chemin de fer rouillé ; c'est perdu au beau milieu du désert californien, quand personne ne peut plus l'entendre, qu'il crie le mieux sa colère.

Emeline Ancel-Pirouelle

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Shanka - Folsom Prison Blues(Johnny Cash Cover)

Tracklist

Shanka - Rock The Folk ! (2009)

1. The Cuckoo
2. Last Of The Rock Stars
3. Folsom Prison Blues
4. Cherokee Fiddle
5. What Would You Give In Exchange For Your Soul


On y était - Lotus Plaza

lotusplazalockett

Lotus Plaza – Nudge – Blackthread, Paris, Espace B le 13 novembre 2009

Déluge de pop atmosphérique et inoffensive dans le 19ème un vendredi soir; le mot est passé et on croise plusieurs têtes aperçues quelques semaines plus tôt pour le vrai-faux concert de John Maus dans cette fausse-vraie salle qu'est le Panic Room. Affluence moyenne et climat détendu à l'intérieur de l'espace b. La moitié de la chambrée est affalée sur des tapis à même le sol et scrute les yeux dans les vides la prestation de Blackthread. Le flyer en dira d'ailleurs beaucoup plus que moi sur la prestation du lyonnais. Le temps d'observer le changement de plateau et l'apparition de multiples pédales d'effets et boite à rythmes et Lotus Plaza aka Lockett Pundt balance sa première boucle de guitare. Si son jeu de guitare est techniquement banal, le traitement des couches de sons est vraiment bon. Bon ok, ça remue un paquet de clichés post-rock mais l'effort replique montre est dosé : immédiate sans trop l'être, assourdissante sans trop l'être, la musique de Lotus Plaza surprend (nouveaux morceaux, parties improvisées, goût pour l'archi saturation...) autant qu'elle conforte (intentions pop palpables malgré tout) et ne déçoit que très rarement : la partie vocale (rythmes africains + boucles de voix) du show restant le seul moment faible de la piste unique interprétée ce soir la. Une sorte de Deerhunter ante-microcastle en somme. Nudge boucle la soirée... pardon la technologie numérique en termes de création musicale boucle la soirée et malgré tout l'intérêt que nous manifestons pour les derniers plug-in Fruity Loops, nous quittons la rue Barbanègre bien avant le dernier métro.

Nicolas

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No Age - Loosing Feeling

NoAge_LP_FRONTLes No age en remettent une couche. Tout juste remis d'une tournée haletante avec Deerhunter et Dan deacon, le rocambolesque "No Deachunter tour", soldée pour le guitariste du groupe, Randy Randall, par une luxation de l'épaule suite à un concours de break-dance aussi scabreux qu'aviné, les deux acolytes, via leur label Sub Pop, ont sorti début octobre l'EP Losing Feeling, . En droite ligne des deux albums précédents, Weirdo Rippers (Fat Cat records, 2007) et Nouns (Sub Pop, 2008), les quatre morceaux que contiennent Losing Feeling concassent, avec efficacité, un ineffable sens de la formule pop, aux fulgurance noise-punk revêches et accrocheuses. Marchant sur les pas de géant d'Husker Dü, Dean Allen Spunt, chanteur et batteur du groupe, et Randy Randall, affinent dans Losing Feeling la production de leurs compositions ramassées tout en conservant l'urgence comme valeur cardinale. La vidéo - toute fraîche - illustre à merveille ce que le duo d'activiste skateurs vocifère, à savoir une franche déconnade, ébouriffée et addictive. Pas mal pour des végétariens. En écoute, pour rappel, Here Should Be my Home, l'un des hymnes noise du groupe présent sur Nouns.

Thibault

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No Age - Here Schould Be My Home

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Tracklist

No Age - Loosing Feeling  (Sub Pop, 2009)

01. Losing Feeling
02. Genie
03. Aim At The Airport
04. You’re A Target


On y était - Bat For Lashes, Festival inrocks 2009

bat

Bat For Lashes, Festival des Inrocks, l'Olympia le 4 novembre 2009

Tête d'affiche de la soirée des Inrocks de l'Olympia mercredi dernier, Natasha Khan alias Bat For Lashes a offert un show de haute voltige à un public visiblement en attente de sensations.

C'est quand même particulier le Festival des Inrocks, microcosme d'hommes et de femmes satellites du milieu musical parisien, tout le monde se connaît, se fait la bise, alors ça va? La moyenne d'âge monte tout de même plus qu'à l'accoutumée, têtes grisonnantes et pattes d'oies dans tous les coins. Ce curieux phénomène de nostalgie des 80's s'explique par la présence de Bad Lieutenant, nouveau groupe du chanteur de feu New Order, Bernard Sumner. C'était génial New Order, mais il n'existe malheureusement pas de lien à effet.

Arrive Bat For Lashes. Poignante fillette à la robe rouge, petit chaperon enchanteur qui ne peut que rappeler Björk à ses débuts. Minois adorable et métissé à la voix impressionnante. La jeune femme anglo-pakistanaise installe son monde sur scène. Ce monde pop et magique, créé en deux albums Fur and Gold (2006) et Two Suns (2009), se pose ce soir à l'Olympia et déploie ses ailes, aidés par un magnifique jeu de lumière, un mélange de sonorités tout droit sorti d'un conte de Perrault et une prestation vocale tout en subtilité.

Car elle est chez elle Natasha, aucun doute là-dessus. Cette fille-là maîtrise aussi bien la douceur d'un piano/voix émouvant dans Moon And Moon, la montée en puissance de ses mélodies poussés par des percussions envoûtantes dans Two Planets, ou la danse chamanique à la fois électronique et organique de What's A Girl To Do? où les sons synthétiques ne font qu'un avec tambourins et clochettes enchanteresses.

Bat For Lashes ouvre grand la porte et on s'engouffre dans son univers sans résister, on se fait bercer. Oh Natasha! vient me border ce soir. Dommage toutes fois, que nous n'ayions pas complètement envie de dormir ce soir. Passé l'émerveillement face à une artiste au talent et à la sincérité indéniable, la comptine de Bat For Lashes se fait répétitive, et l'envie de se réveiller devient plus forte. On émerge alors dans la nuit, engourdi et las, avec une impression d'inachevé, un petit regret dans le coin de l'oreille. Les grands concerts vous laissent parfois dans cet état.

Virginie Polanski.


Hunx and his Punx - Teardrops on my Telephone (videos)

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On ne connait pas grand chose de ce groupe étrange originaire de San Francisco, outre qu'il s'agit d'un side project emmené par Hunx alias Seth Bogart de Gravy Train!!! et ancienne figure mythique de la presse alternative gay. Pendant Rock'n Roll des Bad Queer Boys du groupe de rap gay V.I.P , Hunx and his Punx, à travers son esthétique camp et son emphase de folle dingue interroge, pour mieux la déconstruire, l'imagerie populaire et hétéronormée de l'homosexualité. Queer as Punk!

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A Place to Bury Strangers - Exploding Head

page 1&4Les superlatifs ne manquent pas et chacun peut, à sa sauce, les amonceler, les superposer pour dépeindre ce que provoque l'écoute du premier album éponyme d'A Place to Bury Strangers. Facile aussi de leur coller une montagne de références, bien trop partagées pour être indicatives, des Cure à The Jesus and Mary Chain en passant par Joy Division ou My Bloody Valentine, et d'étiquettes éculées, shoegaze or not, post punk ou quoi. Et si le prolixe critique se gargarise à l'avance du second album du trio new-yorkais, Exploding head, paru sur Mute records, le lecteur, lui, se perd déjà dans cet océan de mots annonçant le déluge tellurique, le ras de marré sonique. La terre tremble dirait l'autre, les acouphènes frémissent. Mais si science du bruit il y a, celle qui habite le groupe réputé jouer le plus fort de la scène new yorkaise va définitivement plus loin qu'un simple jeu de miroir réfléchissant trente ans d'histoire noise. S'ils collectionnent depuis 2006, année de formation du groupe, les affiches prestigieuses - ils ont tourné en première partie des Brian Jonestown Massacre, Jesus and mary chain ou encore Nin Inch Nails - Oliver Ackermann (guitare et voix), Jono Mofo (basse) et Jay Space (batterie) confectionnent avant tout des morceaux à la puissance pop imparable malgré l'épaisseur bruitiste de leur texture sonore. Et en premier lieu de celle de leur guitare saturée. En cela, rien de très surprenant lorsque l'on sait qu'Oliver Ackermann dirige sa propre boîte de pédales de distorsions, Death by Audio, et non des moindre puisqu'elle fournit des groupes tels Wilco, My Bloody Valentine ou Lightning Bolt. S'ils agaçent certains à mixer fort leurs compositions - sans doute trop fort, à tel point que ceux ayant voulu transférer le single To Fix the Gash in Your Head pour l'Angleterre ont vu leur beau matériel rendre l'âme - les dix morceaux intrinsèquement sombres, contenus sur leur premier album, esquissent, à rebours de l'actuelle scène new yorkaise, la beauté frustre d'un rock ciselé, nimbé d'électricité, où la voix s'efface à dessein. Au sein de ce manifeste pour le moins compact, la noirceur lente et vénéneuse de The Falling Sun contraste avec celle intempestive et violente de My Weakness quand I Know I'll See You est un incontournable sommet pop, véritable réminiscence new orderienne. D'évidence Exploding head se situe dans le prolongement de son prédécesseur. D'abord parce que nombre des morceaux qu'il comporte ne sont pas de toute première jeunesse. Everything Always Goes Wrong comme I Live My Life to Stand in the Shadow of Your Heart figuraient à l'état brut comme face b de précédents maxis (Breathe pour le premier, Missing You pour le second), tandis que Deadbeat et Ego death - qui s'appelait alors Gimme Acid - étaient déjà jouées par le groupe en version live (SXSW radio session). Ensuite parce que le disque est cousu d'un même fil, acéré et radical, laissant l'urgence s'insinuer dans les interstices d'une production cependant plus fine et aboutie. Les guitares, empruntes d'une surf music crasse et entêtante (Deadbeat, Exploding Head), dressent ce qu'il faut d'intensité rock et d'efficacité pop pour voir se déployer, entre-deux, une rythmique folle (Is it Nothing, Smile When You Smile) ou inquiétante (Lost Feeling, Ego Death). Keep Slipping Away constitue le point d'orgue mélodique d'Exploding Head, quand I Live My Life to Stand in the Shadow of your Heart et sa basse sur-saturée le conclut de la plus brutale des manières. Un second disque et un second tour de piste en moins d'un an : A place to Bury Strangers enchaîne dès octobre les dates de concert, dont une, le 19 novembre à la Maroquinerie (Paris).

Thibault

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A Place to Bury Strangers - Smile When You Smile

Tracklist

A Place to Bury Strangers - Exploding Head (2009, Mute)

1. It Is Nothing
2. In Your Heart
3. Lost Feeling
4. Deadbeat
5. Keep Slipping Away
6. Ego Death
7. Smile When You Smile
8. Everything Always Goes Wrong
9. Exploding Head
10. I Live My Life to Stand in the Shadow of Your Heart

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On y était - Baddies

baddies
Mini-Concert de Baddies, le Point Ephemère, 14/10

Comme toute journaliste rock qui se respecte, avant d’assister à leur premier concert dans l’hexagone, je suis allée me balader sur le myspace de Baddies, fraîchement débarqués de l'extrêmement productive Manchester Southend (d’où viennent The Horrors et These New Puritans, mais non rien à voir par ici). Les quelques titres à l’écoute titillent ma curiosité et une montagne de citations plus qu’élogieuses de la presse britannique finirait presque par m’emballer complètement (« Comme Franz Ferdinand sortant de prison et perdant foi en l’humanité » ouah). Mais allez savoir pourquoi, comme avec les critiques de cinéma, quand on me martèle que c’est très très bien, je me laisse systématiquement gagner par le doute.

C’est donc avec un esprit plutôt aiguisé et dubitatif que je me rends au mini show de Baddies (6 titres et hop-là terminé). Tout de suite, leur intention ne laisse aucune équivoque : les quatre gaillards arborent un uniforme chemise-cravatte à la Hives, version bleu layette, qui proclame « c’est du sérieux, on s’est sapé» sans parler de la carrure bodybuildée du bassiste, et de l’hyper ressemblance entre le chanteur et le batteur (oh mon dieu, seraient-ce des jumeaux ???). Vous me direz, et la musique ? Alors pour la faire courte, je dirais Franz Ferdinand sortant de prison… Je blague.

Pour commencer, l’uniforme n’est pas le seul atout commun de Baddies et des Hives, leur rock bien tendu avec des mélodies accrocheuses s’en approche, en tirant nettement plus vers le punk tout de même. Mais là où les Hives détonnaient avec une production bien léchée, Baddies tombe dans un créneau bien plus lisse, celui du rock commercial à la limite de Green Day, et ce ne sont pas les Whoo-whoo-whoo à la Blur Song 2 qui vont y changer quelque chose. Certains morceaux se détachent heureusement. « We beat our chest » qui clôturera ce concert, possède un côté funky 80’s proche des Talkink Heads, plutôt plaisant et accrocheur. Dommage que le reste des morceaux reste pour leur part, dans la veine rock à guitares agressives et chant plus que passable (le leader faisait soit dit en passant parti d’une formation métal avant de créer Baddies).

Il est d’ailleurs étrange de constater que c’est finalement en live que Baddies se vautre dans un son beaucoup trop produit et agressif, les titres « Open one eye » et « Battleship » promettaient pourtant de beaux lendemains dans l’enregistrement studio. Malheureusement pour le show, la plus grande déception réside dans la « prestation vocale » de son chanteur Michael Webster qui donne plus dans la vocifération et la gesticulation que dans le chant à proprement parler, contrairement à l’album dans lequel il parvenait à de subtiles modulations.

On-t-il échangé les jumeaux ? On se le demande presque, tellement les nuances de sa voix disparaissent pour n’offrir qu’un spectacle répétitif et par là même, très lassant. Espérons que leur tournée dans toute l’Europe jusqu’au 31 décembre, soit pour Baddies une bonne salle de répétition pour la suite.

Virginie Polanski


The Wave Pictures - If you Leave it Alone

Il y a des groupes que l'on croirait d'un autre âge, d'autres que l'on imagine venus d'ailleurs. Visages poupons, mines radieuses, les Wave Pictures semblent jouer en toute décontraction les gammes de leurs grands parents américains. L'Amérique du grand ouest, celle d'une géographie fantasmée ralliant l'orgueilleuse country texane à l'intimiste folk californienne. On se surprend à deviner la boue séchée sur leurs bottes, la brindille de paille malicieusement fourrée au coin de leurs lèvres. On est pourtant loin du compte, à quelques milliers de kilomètres près. Loin d'un disque de débutant, If you Leave it Alone est le huitième du nom, en dix ans de carrière, des natifs de Wymeswold, petit village d'une poignée d'habitants, proche de Leicester. C'est dans ce coin un rien paumé, en plein cœur de la brume crachoteuse des Midlands, au centre de la Perfide, que Dave Tattersall (chant, guitare) et Franic Rozychki (basse) forment dès 1998, en guise de galop d'essai, Blind summit. Quelques reprises de vieux formats punk plus loin (des ramones aux stooges), Jonny Helm les rejoint (batterie), et le groupe, définitivement rebaptisé Wave Pictures, s'installe à Londres. Là, les trois gaillards enchaînent les concerts et tissent leur réseau, s'accommodant autant de l'avion pour sauter l'Atlantique et comploter avec Jeffrey Lewis que du channel pour traverser la manche et s'acoquiner avec Hernan Düne (Catching light: the songs of André Herman Düne 2006). Instant coffee baby, sort en mars 2008 et assoie définitivement le groupe au rang d'incontournables troublions de la scène pop actuelle tant chaque morceau est désarmant de générosité et d'espièglerie narrative (entre autres, il est question de cafetière italienne, de Casius Clay, de confiture...). Les bases de leur son semblent ici jetées, entre basse suave et guitare rêche, voix nasal et batterie sèche. Une formule adéquate pour une tripoté de morceaux potaches et enjoués transpirant de virtuosité et navigant dans les eaux territoriales de Jonathan Richman (Kiss me, Just Like the Drumer, Leave the Scene Behind). Sorti en catimini à la rentrée, If You Leave It Alone prend le pari de ne pas reprendre les choses là où les dernières notes lascives d'Instant Coffeee Baby les avaient laissées. S'il est toujours question d'avaries sentimentales ou d'autres potins rabroués, le ton change, intimement apaisé. Ce disque "n’a pas été engendré dans la difficulté. [...] J’ai plein d’exemples où avoir envisagé les choses avec légèreté et facilité s’est avéré être la meilleure solution, et cet album est l’un de ceux-là”. Dave Tattersal trace, le doigt dans le ciel, la feuille de route de ces douze compositions nimbées de soleil. D'émouvantes ballades, magnifiées d'une subtile trompette (If youleave it alone, My kiss, Come on daniel), se mélangent à d'intrépides escapades country (Canary Wharf, Bumble Bee, Softly you, Softly me), quand bien même l'humour et le handclap font bon ménage (Bye bye belly). Tiny Craters in The Sand et ses chœurs nonchalants rappelle la fougue d'Instant coffee baby, tandis que Nothing can change this love clôture d'une fragile comptine If You Leave it Alone, disque que l'on aura tôt fait de ressortir en plein hiver, à ces heures où la lumière vient à manquer.

Video

http://www.youtube.com/watch?v=wHQbHLTFXyE

Tracklist

The Wave Picture - If you Leave it Alone (Moshi Moshi, 2009)

1. If You Leave It Alone
2. Canary Wharf
3. My Kiss
4. I Thought Of You Again
5. Tiny Craters In The Sand
6. Bumble Bee
7. Come On Daniel
8. Too Many Questions
9. Bye Bye Bumble Belly
10. Softly You, Softly Me
11. Strawberry Cables
12. Nothing Can Change This Love


Girls - Album

album-art-girls-album-1024x1024L'intérêt que l'on porte à un groupe est souvent le fruit mûr d'un drôle de hasard. J'arrive à la bourre, comme d'habitude, rapide passage dans la chambre, histoire de se mettre en jambe et d'écouter quelques trucs. Je lui balance aux oreilles Blank dogs - le groupe d'un seul homme, Mike Sniper, au nom et à la cold wave très classe - lui me retourne dans les dents Hellhole Ratrace de Girls. Malaise. On passe à autre chose, très vite, car de toute façon il faut y aller, on nous attend. Si Girls me dit bien quelque chose dans la brume épaisse de ma mémoire confetti, ce refrain... ce refrain déglingué résonne comme le triste échos d'un temps pas si lointain, définitivement révolu. Les jours passent et la toile se met à fleurir, à l'image de la pochette d'Album, de ce nom à la fois simple et saugrenu, Girls, où le projet de deux mecs que l'on croirait tout droit sorti du film Clerks, les employés modèles. Une différence notable : on parle pour eux, comme pour the Pains of Being Pure at Heart et the Big Pink, de revival shoegazing. Alors autant commencer par là : qu'est ce que le shoegaze si ce n'est cette poudre aux yeux balancée à la volé par une nué de journalistes spécialistes du genre ? Réponse : une façon de rassembler sous la même enseigne, et sur une même scène, Oxford, des groupes partageant tant un son qu'une attitude. Pèle mêle, on cite les effets de manche, les nappes de distorsion ou encore la voix reléguée au simple statut d'instrument. Il s'agit d'incorporer le bruit dans un ensemble mélodique pour être shoegaze et ainsi se retrouver dans les pages du NME et du Melody Maker aux côtés de groupes aussi différents que My Bloody Valentine, Moose ou Ride. Ce qui laisse perplexe tant l'histoire de Girls s'appréhende différemment. On pénètre une intimité crue, dépouillée et extrêmement sensible, bien au delà de tout carcan rationnel. Ici, tout est question d'affect.

San Francisco, année 2000, Christopher Owens, véritable écorché vif au destin ubuesque (embrigadé dans une secte dont il s'échappe à l'âge de seize ans, il vagabonde sans le sous avant d'être rescapé par un milliardaire), est guitariste du groupe punk Holy Shit de Matt Fishbeck et d'Ariel Pink. Durant ces années d'apprentissage et d'excès en tout genre, il croise la route de Chet Jr White, bassiste et producteur débrouillard. Les deux types s'apprécient et, suite à un concours de circonstances, sortent discrètement Lust for Life via une page myspace créée pour l'occasion. C'est par ce biais que Frédéric Landini les contacte et leur propose d'ouvrir l'édition 2008 du Midi Festival. De l'aveu de Christopher Owens, "c'est plus ou moins le premier concert que l'on ai fait. Et presque la raison pour laquelle on a monté un groupe." John Anderson (guitare) et Garett Godard (batterie), après avoir répondu à une petite annonce des plus anodines, se retrouvent derechef embarqués pour la french riviera d'Hyères où l'embryon de groupe ne passe pas inaperçu. Un an plus tard, Christopher Owens et Chet Jr White sortent leur premier disque, et, en douze morceaux, catapulte leur carrière sur les devants de la scène. Il n'y a là rien d'injustifié tant le ressenti personnel magnifie des influences subtilement suggérées et minutieusement produites. La voix, rappelant celle de Lawrence Hayward de Felt, comme les guitares, évoquant le garage sixties, les Beach boys ou encore Yo la tengo, bâtissent un univers fictionnel propice au naturalisme juvénile et faussement naïf de Christopher Owens. Les grands sentiments tels l'amour et l'amitié, le doute ou l'abandon tapissent en filigrane l'ensemble d'un disque entamé pied au plancher par l'épique Lust for life. Si les figures changent, fusionnelles ou délicates, (Laura, Lauren Marie), les blessures restent les mêmes, arides et soniques (Morning light, Summertime) non loin de l'errance confondante (le magnifique Hellhole Ratrace à la mélancolie aigre-douce, Headache). Darling conclu le disque d'un ton presque enjoué et l'on comprend Christopher Owens lorsqu'il confie que ce morceau "parle du bonheur [qu'il a] à écrire des chansons". C'est déjà un tel bonheur de les écouter.

Thibault

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Girls - Lust For Life

Tracklist

Girls -  Album (Fantazy Trashan, 2009)

1. Lust for Life
2. Laura
3. Ghostmouth
4. Goddamn
5. Big Bad Mean Motherfucker
6. Hellhole Ratrace
7. Headache
8. Summertime
9. Lauren Marie
10. Morning Light
11. Curls
12. Darling


Desire - II

ii-desireLe label Italians do it better fraye agilement son chemin. S'il n'est pas pourvoyeur de têtes gondoles à fort potentiel mercantile - ce n'est pas ce qu'on lui souhaite - le voilà néanmoins confortablement installé au sein d'un mouvement musical d'ampleur, celui revisitant et magnifiant tout ce qu'il y a à magnifier des eighties et en particulier Giorgio Moroder. Fondé en 2005, par Johny Jewel et Mike Simonetti, Italians do it better cultive à dessein une marque de fabrique plus indie que commercial : l'art-work aux couleurs criardes est fait maison, les disques crachotent tandis que la communication s'opère via un blog des plus minimalistes... Dès 2007, les italiens d'Oregon font mieux que tout le monde. D'un groupe au passé discographique relativement anodin (les dispensables chrome rats vs basement rutz et plaster hounds), les Chromatics d'Adam Miller se métamorphosent, par le biais d'un maxi (nite) et d'un album (night drive) de toute beauté, en subtil et addictif panachage, associant dans les grandes largeurs d'une dérive au cœur de la nuit, cold wave noire et italo disco scintillante. Une mue confondante de talent, et ce talent à un nom, récurrent : Johny Jewel. Devenu membre et producteur des Chromatics, après que son ami Adam ne le rejoigne à Portland, Jonhy Jewel transfigure l'atonie no wawe des débuts par d'envoûtantes nappes synthétiques magistralement lovées autour de basses à la langueur hypnotique. La voix lascive de Ruth Radalet et la guitare gracile d'Adam font le reste : les Chromatics s'imposent comme une des révélations de l'année. Janvier 2008. Glass candy, formation où sévit Johny Jewel depuis le bug de l'an 2000, reprend la balle au bond et convertit avec l'album B/E/A/T/B/O/X le retour d'un glam glacial et enivrant à l'érotisme éthéré. Des synthétiseurs omniscients et une boîte à rythme dépouillée de tout superflu laissent à Ida No les coudées franches pour électriser de sa voix d'opale les dancefloors du monde entier. 2007, 2008 et donc 2009. L'année de Desire. On y retrouve Johny Jewel en compagnie de Nattie, batteur des Chromatics, et de Megan Louise, incarnation brune et montréalaise de Blondie, au timbre de voix généreusement cristallin. L'album, (inexplicablement) intitulé II, débute par les remerciements, en français dans le texte, d'une chanteuse qui nous plonge instantanément dans les affres de son intimité : à l'odyssée brève et onirique d'une rencontre fantasmée (montre moi ton visage, mirroir mirroir) succède irrémédiablement l'absence et son substrat mélancolique. La promesse, vite balayée par les violons du magnifique don't call, mue et engendre les vertiges d'une douleur aussi verte que créatrice (Colorless Sky, If I can't hold you). Si les compositions font la part belle aux claviers qui agissent moins en nappes qu'en lignes mélodiques, de furtives boucles de guitares miment ici et là les larmes d'un cœur profondément étrillé (dans mes rêves). D'énigme il n'y a pas. Sur Under your Spell Megan Louise dévoile tout, d'une simple interrogation : quelle différence y a-t-il entre l'amour et l'obsession et entre l'obsession et le désir ? Sûrement moins qu'une feuille de papier à cigarette : Desire ne prendrait pas autant aux tripes.

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Présage pour l'avenir : 2010 sera l'année de Twisted wires.

Thibault

Audio

Desire - Don't Call

Tracklist

DESIRE - II (Italians Do It Better, 2009)
1. Montre Moi ton Visage
2. Mirroir Mirroir
3. Don’t Call
4. Dans mes Reves
5. Under Your Spell
6. Colorless Sky
7. If I Can’t Hold You
8. Part II

The Drums - Summertime!

the_drums_press_shot_3Les choses auraient pu tourner autrement. Jonathan et Jacob auraient pu se détester à jamais l'un l'autre, ne pas transformer cette amitié fraternelle débutée lors d'un camp d'ado estival, quelque part sur la côte est des Etats-Unis, en une des plus belles promesses musicales des années à venir. Pis, Jonathan et Jacob auraient pu ne jamais se trouver d'affinités électives, l'un et l'autre étouffés par la certitude de n'être pas fait musicalement l'un pour l'autre et ainsi, assouvir leur amour commun de la chose musicale seuls, dans leur coin, à des jours de voiture l'un de l'autre sans jamais confondre leur talent. Mais voilà, The Drums existe et Jonathan et Jacob n'ont jamais cesser d'y croire, nous donnant ainsi à entendre sur ce premier Ep le mélange atypique et détonnant découlant de la rencontre fortuite de deux univers musicaux. Véritable pont entre deux rives , celui reliant les distorsions électriques de la surf music  aux élucubrations sonores de la  Madchester,  Summertime! est finalement l'album qui saura le mieux cette année accompagner musicalement les changements de saisons et ce, que vous les aimiez chaudes ou froides.

Ian curtis et Dick Dale apprécieront.

Benoît

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The Drums - I Felt Stupid

Video

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Tracklist

THE DRUMS - Summertime! (Twentyseven Records, 2009)

1. Saddest Summer
2. Let's Go Surfing
3. Make You Mine
4. Don't be a Jerk, Jonny
5. Submarine
6. Down by the Water