Wire - Send Ultimate

send-ultimateSymbole, à l'instar de The Fall, d'une excellence constante et d'une exemplaire longévité, Wire, mené par Colin Newman, a sorti en 2003 l'un de ses albums les plus vindicatifs, Send, qui se voit ici réédité, doublé d'un second CD au contenu aussi probant que celui de l'album d'origine.
Ce dernier offre, d'un In The Art Of Stopping plutôt shoegaze à 99.9 et ses penchants indus féroces, onze morceaux sans concessions, dont ce Comet ravageur, à l'énergie punk dévastatrice ou Being Watched, lancinant, lézardé par des riffs mordants. L'ensemble ne souffre aucune critique négative et tient ses promesses sans faiblir, que ce soit sur The Agfers Of Kodack, rythmé et lui aussi punk dans l'esprit, ou Nice Streets Above, proche de Ministry dont il parvient à égaler la performance sur Psalm 69.
Plus loin, Spent réitère la démarche pour un résultat égal, cru et jouissif, de même que ce Read And Burn galopant, porté par des riffs détournés du meilleur effet. Le savoir-faire de Newman et ses collègues n'est plus à démontrer, et Send vient s'ajouter aux autre standards de la troupe comme Pink Flag ou Chairs Missing, sans oublier le petit dernier, Object 47, qui nous apporte la preuve apaisée, mais non dénuée de virulence, que Wire n'a pas, loin s'en faut, perdu la main. Les réjouissances se poursuivent sur You Can't Leave Now, à la fois sombre et allégé par un chant obscur et mélodique, puis un Half Eaten court et frontal, au rythme électro-indus auquel se greffent des guitares une fois de plus jouissives. Avec le 99.9 décrit plus haut, il va sans dire que Wire frappe un grand coup avec ce disque remonté et batailleur, dont le second volet lié à cette réédition augmente l'intérêt déjà conséquent.
En effet, c'est d'entrée de jeu un Don't Understand aux riffs killers qui nous est livré, donnant le ton de ces onze titres additionnels parfaitement en phase avec le contenu du premier CD. Et jamais la tension ne se relâchera, l'atmosphère plus posée de Trash/Treasure, mélodique mais pervertie par un arrière-plan sonore déviant, poursuivant la marche avec panache. Le tout aboutira à un 12 Times X punk-rock digne de Pink Flag, livrant au passage de nombreuses pépites « maison » telle Raft Ants, assez similaire dans son contenu bien que brièvement modéré par des breaks courts. Il y a aussi Germ Ship, aux grattes bavardes, noisy, suivi de 1st Fast, lui aussi court et brutal, ces titres formant une série punk-rock de haute volée dont Artificial Gravity viendra casser l'élan avec brio, tout en amenant autre chose sur le plan stylistique avec ses prétentions e-électro portées par des séquences indus récurrentes et obsédantes. DJ Fuckoff et son psychédélisme sonique agité prend ensuite le relais, 12 Times U s'en tenant, lui, à cet indus mâtiné d'electro décidément très présent sur Send, et d'une efficacité, d'une inspiration aussi, à toute épreuve.
Ce sont ensuite deux «mix » différents ; celui de Our Time, posé et châtoyant, puis celui de Desert Diving, en parfait mid-tempo à mi-chemin entre attitude « sage » et passages plus colériques, qui nous sont offerts. Ceci pour le plus grand bonheur de nos écoutilles, émoustillées par cette grosse vingtaine de titres plus que solides, et de notre esprit, mis à mal par ces alternances entre plages punk-rock directes et morceaux indus non-moins puissants, achevées avec brio par 12 Times X. Une ressortie de haute volée donc, à porter à l'actif d'un Wire plus que jamais en verve, qui outre son extrême qualité nous donne l'irrépressible envie d'aller remettre le nez dans la discographie du groupe.

Audio

Wire -The Agfers of Kodack

Vidéo

Tracklist

Wire - Send Ultimate  (2010, Pinkflag)

CD 1 :

1. In The Art Of Stopping
2. Mr Marx's Table
3. Being Watched
4. Comet
5. The Agters Of Kodack
6. Nice Streets Above
7. Spent
8. Read And Burn
9. You Can't Leave Now
10. Half Eaten
11. 99.9

CD 2 :

1. Don't Understand
2. Trash/Treasure
3. Raft Ants
4. Germ Ship
5. 1st Fast
6. Artificial Gravity
7. DJ Fuckoff
8. 12 Times U
9. Our Time (minimal mix)
10. Desert Diving (alt mix)
11. 12 Times X


Cap’n Jazz - Oh, Messy Life

capnjazzL'homme sage qui sait ce que parler veut dire m'a justement dit aujourd'hui que je parlais bien souvent pour ne rien dire, que mes longues dithyrambes sur les artistes mis en lumière dans ces pages invitaient plutôt le lecteur/auditeur au silence qu'à l'écoute. Alors je l'écoute et ne dis rien de plus,  si ce n'est que si le sage a raison, il suffit juste d'une phrase se terminant ainsi... Pour apprécier ce qui va suivre. En tout cas je ne peux n'empêcher de vous dire que le label Jade Tree réédite en vinyle, le 15 juin prochain, la compilation séminale du groupe de post-punk de Chicago, CAP'N JAZZ qu'elle avait sortie en 1998. Tais-toi maintenant...

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Cap’n Jazz - Oh, Messy Life