HZ MONTHLY MIXTAPE – SUMMER 16

L'Hz Monthly Mixtape de la rédaction, pour le soleil et pour la pluie, à télécharger ici ou écouter plus bas.

Hz Monthly Mixtape - Summer 16

Side Sun

Side Rain

Tracklist

01 - Big Black - Bazooka Joe
02 - Billy Synth & The Turn-ups - Music is forever
03 - Lydia Lunch - Atomic Bongos
04 - Mercenárias - Polícia
05 - Synthetic ID - The Caged Brain
06 - Urinals - I'm like you
07 - X Mandarina Duck - Non Stop
08 - Ritual Howls - Going UpState
09 - Truce – Surpass
10 - Giorgos Theodorakis – Stou
11 - Raw – Sisyphus
12 - Shinichi Atobe - World 3
13 - Raime - Dialling In, Falling Out
14 - Volor Flex - Into Deep
15 - Haruomi Hosono – Navigations
16 - Kablam - Nu Metall
17 - Kalekiri - Num Baxa U Volume
18 - Young Luxenberg - #JMBLC (feat. Kevin De Bruyne)
19 - Ikue Asazaki - Obokuri-Eeumi
20 - Carla Dal Forno - Fast Moving Cars
21 - The Moles - Head in the Speakers
22 - Los Mac's - Atravéz del Cristal
23 - SACW – Airport
24 - Psychic Ills - Coca-Cola Blues
25 - Au Pairs - it´s obvious
26 - Kikagaku Moyo - Green Sugar
27 - Naoya Matsuoka - Watermelon Dandies
28 - Chiemi Manabe – Untotooku
29 - Yellow Magic Orchestra - Tighten Up
30 - Severed Heads - Mambo Fist Miasma
31 - Frankie Knuckles - Your Love
32 - Ron Hardy – Sensation
33 - Ten City - That's The Way Love Is (Deep House Mix)
34 - Fit of Body - Dill Edit
35 - Utroid - The Movement
36 - OVR - Metal Slipper
37 - You - White Curtains
38 - JK Flesh - Contorted


Psychic Ills - Inner Journey Out (PREMIERE)

C’est d’une logique implacable. Psychic Ills, auteurs depuis toujours d’un rock distendu au possible, format paysage et filtre spécial grands espaces américains activé, aura fait patienter trois longues années avant de sortir le successeur de One Track Mind (lire). Il n’y a pas à dire, chez les New-Yorkais de la précieuse écurie Sacred Bones, on prend le temps. Inner Journey Out sort le 03 juin et le titre ne laisse planer aucun doute sur l’orientation de cette nouvelle livraison : l’exaltation au long cours dans toute sa splendeur, perchée haut évidemment. Le voyage intérieur de l’anti-excité du bulbe Tres Warren et d’Elizabeth Hart, bassiste attitrée, commence avec un joli casting : Hope Sandoval en action sur le single I Don’t Mind, d’humeur americana, Brent Cordero, le clavier de tournée sorti du bus pour enregistrer avec eux en studio, le batteur d’Endless Boogie, Harry Druzd, et Derek James de The Entrance Band. Entre autres. Un petit monde qui fleure bon la poussière, entouré d’un halo faiblard à l’environnement vaporeux avec, en toile de fond, cette chaleur éditrice de mirages au potentiel lysergique certain. La vie sur la route, envol plané à une vitesse de croisière pépère, les fenêtres baissées, les boots à l’air libre.
Psychic Ills sera en concert le 18 juin à Paris dans le cadre du Paris International Festival Of Psychedelic Music et le 12 août à La Route du Rock, à Saint-Malo.

Audio (PREMIERE)

Tracklist

Psychic Ills - Inner Journey Out (Sacred Bones, 03 juin 2016)

01. Back to You
02. Another Change
03. I Don't Mind (feat. Hope Sandoval)
04. Mixed Up Mind
05. All Alone
06. New Mantra
07. Coca-Cola Blues
08. Baby
09. Music in My Head
10. No Worry
11. Hazel Green
12. Confusion (I'm Alright)
13. Ra Wah Wah
14. Fade Me Out


Photoshoot : Psychic Ills & Antilles au Point Éphémère

psychic_Ills_concert_live
L'objectif d'Hartzine était au Point Éphémère le 1er octobre dernier pour le concert des Parisiens d'Antilles et des New-Yorkais de Psychic Ills.

Photos

Antilles

Psychic Ills


Psychic Ills - One Track Mind

Détail qui n'a plus la même importance qu'alors - ce temps où l'on se permettait d'acheter un disque rien que pour son aguicheuse pochette -, mais autant la superposition d'images figurant sur Hazed Dreams (Sacred Bones, 2011) avait un sens, eut égard au psychédélisme proféré par les guitares dilettantes de Tres Warren et Elizabeth Hart, autant la collection de têtes de morts ornant l'ultime One Track Mind des new-yorkais de Psychic Ills ne traduit a priori en rien l'atmosphère du disque - toujours aussi moite et nonchalante, où le flegme s'érige en matrice de l'inspiration -, sinon la part congrue laissée à une section rythmique squelettique, tapis dans l'ombre d'un nébuleux brouillard de guitares. Salutairement dépressif, ce nouvel album paru le 19 février dernier sur Sacred Bones l'est d'ailleurs tout autant que le précédent (lire), évoquant d'un même prisme kaléidoscopique l'Amérique des grands espaces comme refuge à un imaginaire perclus de béton : pas une once de Big Apple, de sa sophistication et de sa verticalité, ne transpire des cordes poussiéreuses du quatuor versant plus dans la transcription auditive d'un road trip panoramique et camé sous le soleil plombant du grand Ouest. Les yeux mi-clos, dès l'entame de One Track Mind, on s'imagine sans peine le cul vissé sur le siège d'une Mustang brinquebalante, sillonnant solitairement des routes au tracé rectiligne, s'effilochant à l'horizon d'un immaculé dôme céruléen. Le temps se dilate, les pupilles aussi, à mesure que l'on s'empare de cette psychédélique ode à la lenteur, à la langueur, cet infernal désespoir né de la conviction que toute chose est courue d'avance. Si l'urbanité semble ici un conte oublié, lointain souvenir de junkie, la nature sauvage et désertique qu'elle met en scène ne se révèle guère plus accueillante, cramant de son intangible souffle chaud toute tentative d'évasion. Les crânes barrant la couverture de One Track Mind se font de suite moins fortuits. Si One More Time dissimule un certain enjouement à remettre le couvert, See You There et sa guitare cisaillant l'atmosphère telle une épée de Damoclès indique le chemin le plus court vers l'impasse nauséeuse. Flamboyant dans l'attentisme, Might Take A While, introduit lascivement la luminescente mélopée Depot, où la guitare lead de Tres s'émancipe gracieusement d'une épaisse brume de saturations. Même chose pour la ronronnante Tried To Find It, induisant les milles gyrophares scintillant de FBI, fascinante balade immobile, ainsi que les fastes mélodiques de I Get By. L'harmonica de City Sun plante le décors de U-Turn, cette foutue ville filmée par Oliver Stone et dont Sean Penn ne s'extirpera jamais quand l'instrumentale Western Metaphor, doublée de l'indolente Drop Out, illustrent d'une même tonalité mélancolique l'indicible nuit californienne à laquelle Violent Horizon donne sa coloration. Un happy end presque euphorisant.

Audio

Vidéo

Tracklisting

Psychic Ills - One Track Mind (Sacred Bones, février 2013)

01. One More Time
02. See You There
03. Might Take A While
04. Depot
05. Tried To Find It
06. FBI
07. I Get By
08. City Sun
09. Western Metaphor
10. Drop Out
11. Violent Horizon


Moon Duo / Psychic Ills - Split 7"

Balancé en plein cœur de l'été, ce split 7", partagé entre Moon Duo et Psychic Ills, est quelque peu passé entre les mailles du filet pour le clampin arpentant les plages de sable fin, la clope au bec, la bière à la main. Pourtant chacune des deux formations a récemment sorti l'artillerie lourde, avec deux des trips psyché les plus aboutis de l'année 2011, Mazes (lire) pour l'un, Hazed Dream (lire) pour l'autre. Rien d'étonnant donc à voir ces colocataires de label (Sacred Bones) titiller conjointement cette langueur estivale cramée de soleil de leurs paraboles lysergiques explosant l'espace-temps. Une façon comme une autre d'annoncer pour 2013 leur retour discographique. Si Take Me With You n'est pas - comme son titre pouvait le laisser penser - une reprise de Prince, elle est en revanche du Psychic Ills dans le texte, distendant sa mélodie sur un motif rythmique répétitif et ne souffrant aucunement d'une adaptation vidéo réalisée par Robert Beatty et Coleman Guyon.

Audio

Vidéo


Psychic Ills - Hazed Dream

L’album Hazed Dream de Psychic Ills est un mouvement oblique. On est tenté d’abord de se laisser prendre par le piège de l’horizontalité. Par la régularité apparente de l’album, qui rappelle une avancée tranquille sur un paysage mental plan. Il y a l’image du bocage qui vient en tête avec ses obstacles franchissables ; ses haies géométriques, dérangeantes. Mais la musique que distille le groupe est bien plus excentrique. Shoegaze expérimental/psychédélisme décalé et exigu/pop obscure mais toujours rampante, jamais évidente : Hazed Dream est une énigme géographique. Pourtant, l’album ne parle pas d’errance de façon difficile. Comme l’annonce Midnight Moon, premier titre superbe et légèrement instable, ce disque tendre est accessible à pied – d’avantage en tout cas que le précédent opus du groupe. Les chansons sont simplement moins longues et moins denses que sur Mirror Eyes, elles se contentent de piétiner dans la plaine brumeuse que dessinent les échos mystérieux de la voix réverbérée. Il n’y a plus comme autrefois ces hauts sommets bizarres, ces pics dentelés et sinistres. Mais la beauté romantique subsiste grâce à l’inclinaison inattendue des chansons ; parce que les plaines, d’apparence horizontales et stables, sont sans cesse substituées par des pentes. Molles et vertigineuses. Du coup, la musique de Psychic Ills n’est pas lisse. Tout au contraire, elle s’enfonce : les guitares marquent de douces dépressions et le synthé module des abîmes capitonnés. C’est une sorte de mix entre différentes sortes de drogues et de noirceur : sur le single Mind Daze, le noir lustré et acide du Velvet Underground rencontre le brun-gris cannabique de Spiritalized. On est très loin des hauteurs new-yorkaises dans lesquelles le groupe s’est retranché pendant ses quatre années d’absence discographique. Peut-être parce que l’épuisement et le spleen sont des états boueux et métaphoriques qui ne supportent pas les vibrations des villes modernes : et si les buildings ne connaissent pas le doute, les marécages le nourrissent au contraire. Ainsi, les origines du disque sont peut-être à rechercher du côté d’un folklore rural, dépassant même les limites de la campagne américaine. Une chanson comme Mexican Wedding, avec ses boucles de guitares western et son harmonica anesthésié, le prouve par exemple somptueusement. Il n’y a en fait plus trop de territoires, de circonscriptions précises ou de lieux connus à rechercher dans le disque. A force de marcher près des immeubles immenses et d’être écrasés par les ombres des murs, par toute cette assurance en béton armé, les membres de Psychic Ills ont construit un ailleurs cosmique ; un urbanisme pastoral et ouvert sur les déséquilibres intimes.

Audio

04 Mexican Wedding by sacredbones

Vidéo

Tracklist

Psychic Ills - Hazed Dreams (Sacred Bones, 2011)

1. Midnight Moon
2. Mind Daze
3. Incense Head
4. Mexican Wedding
5. That's Alright
6. Ring Finger
7. Travelin' Man
8. Sungaze
9. Dream Repetiton
10. I'll Follow You Through the Floor
11. Same Old Song