Arcade Fire - The Suburbs

arcade-fire-pochetteIl est des disques dont on a l'impression que le monde entier les attend littéralement comme le messie, se perdant en supputations et conjectures vaseuses des mois avant leur sortie, traquant la toile à la recherche du moindre indice et guettant l'annonce d'un concert comme un vautour surveille un agneau, de loin, l'air désabusé, mais prêt à foncer dessus à corps perdu au premier signe de faiblesse.
Imperméable à l'hystérie ambiante, Arcade Fire n'ayant jamais vraiment compté parmi mes groupes préférés, je me suis quand même prise à essayer d'imaginer ce à quoi allait bien pouvoir ressembler le troisième album des Canadiens dès la divulgation de son titre. The Suburbs... Un intitulé ô combien évocateur qui réveillait dans mon esprit des fantômes bien plus anciens que ceux de Win Butler et de ses camarades. J'imaginais déjà un remplaçant plus moderne au Theme for a Drive Through Suburbia (1980-82), composé par Glenn Branca à la demande de l'artiste Dan Graham pour illustrer dans l'une de ses vidéos les longs travellings dégoulinant le long d'alignements sans fin de pavillons dans une quelconque banlieue américaine. Cette "nausée pastorale", qui devait donner "l'impression de traverser la banlieue en voiture familiale, le week end", constituait la symphonie urbaine parfaite, aussi étouffante que l'ennui qui s'abat comme une chape de plomb sur le spectateur au fur et à mesure que les maisons défilent à l'écran, toutes strictement identiques, habitations-témoins de familles modèles dont l'existence n'est qu'un interminable et monotone recommencement. J'attendais d'Arcade Fire un éloge de l'ennui, terre fertile pour les musiciens de tout temps.
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Les premières notes de l'album ont résonné dans ma tête comme un parpaing, leur gaieté enjouée abattant d'un coup tous les espoirs que j'avais placés en Arcade Fire. Si le premier morceau éponyme est loin d'être le plus mauvais de l'opus, sa mélodie presque trop guillerette dépare son titre de toute la portée dramatique qu'on lui avait attribuée. La banlieue, ce n'est pas ce piano qui fait dodeliner les têtes, ce n'est pas l'espoir de s'en sortir. Et le fait de répéter l'heureux mot "bored" dans à peu près tous les morceaux ne rattrape pas vraiment les paroles superficielles, qui consistent en des interrogations de trentenaire en pleine crise identitaire, se demandant si le temps est venu d'avoir un enfant et de s'acheter un Renault Espace. Si elles sont moins lyriques que celles des deux précédents albums, on ne peut cependant leur reprocher leur cohérence qui, du début à la fin, aborde de façon plus ou moins délicate le mal-être de ce pauvre Butler. Moins baroque et prétentieux que ses prédécesseurs, The Suburbs est aussi plus chiant et long, long, long comme un trajet en nationale sous la pluie ; les titres défilent dans l'indifférence générale, comme ces patelins glauques et désertés où les seules âmes qui vivent son réfugiées au resto routier. Une des seules éclaircies de l'album reste ce Month Of May presque punk - voilà une musique qui savait parler de la banlieue - qui nous sauve à peine de l'engourdissement qui a fini par nous gagner. Malgré leur sens certain de la mélodie et de l'atmosphère et la voix toujours aussi extraordinaire de l'ami Winnie, les morceaux manquent de relief et la plupart finissent par sombrer dans la mollesse la plus totale - puis, inévitablement, dans l'oubli.
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Finalement, Arcade Fire a peut-être réussi le pari d'être aussi chiant que le quotidien au ralenti d'une banlieue pavillonnaire - mais on doute que ç'ait été volontaire. The Suburbs possède un peu le même pouvoir abrutissant qu'une télé toujours allumée mais que personne ne regarde ; de la part de l'un des groupes les plus intéressants des années 00, on aurait pu s'attendre à un travail autour du vide, de la conformité et de l'ennui plus intéressant qu'un album à placer entre la musique d'ascenseur et le bruit de fond. C'est raté. Suggestion de bande-son pour votre prochaine traversée des faubourgs : Glenn Branca, Patti Smith et le MC5.

Audio

Arcade Fire - Month Of May

Vidéo


Vidéo du concert au Madison Square Garden de New-York le 5 août 2010, réalisée par l'ex-Monty Python Terry Gilliam.

Tracklist

Arcade Fire - The Suburbs (Merge Records,  2010)

1. The Suburbs
2. Ready To Start
3. Modern Man
4. Rococo
5. Empty Room
6. City With No Children
7. Half Light I
8. Half Light II (No Celebration)
9. Suburban War
10. Month Of May
11. Wasted Hours
12. Deep Blue
13. We Used To Wait
14. Sprawl I (Flatland)
15. Sprawl II (Mountains Beyond Mountains)
16. The Suburbs (Continued)


The Pipettes l'interview

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Earth vs. the Pipettes. Un titre parfait et prémonitoire si l'on s'en tient aux premières critiques qui proviennent d'Outre-Manche du deuxième album de The Pipettes. En effet, le second opus des jolies Anglaises est sorti il y a quelques semaines en Angleterre et le moins qu'on puisse dire est que la presse britannique n'est pas tendre avec le groupe. Les plaisanteries ne manquent pas et la plus facile concerne leur titre Stop The Music ("Arrêtez la musique") que la presse espère avec médisance être un projet imminent pour The Pipettes...

Depuis 2006, des membres sont partis, d'autres sont arrivés, la pop bubblegum a été remplacée par de la pop synthétique des 80's... Pourquoi ces changements ? Hartzine a voulu comprendre et surtout donner la parole aux victimes avant que toute la Terre ne soit contre The Pipettes pour perpète...

Qu'ont fait The Pipettes ces quatre dernières années ?

Après le premier album, nous avons tourné pendant deux ans. Ensuite, nous avons commencé à écrire le second, nous l'avons enregistré, et voilà !

Avez-vous pensé à changer le nom du groupe étant donné que presque tous les musiciens et chanteuses ont quitté The Pipettes ?

Non, nous n'y avons sincèrement pas pensé. The Pipettes, c'est davantage un idéal que juste une somme d'éléments. Cet idéal n'ayant pas changé, il n'y avait aucune raison de changer le nom.

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Le nouvel album est assez différent du premier dans le sens où il est beaucoup plus commercial ; en êtes-vous conscientes ? Etait-ce un choix délibéré ? Avez-vous eu envie de toucher un public plus large ?

Ah bon ? Vous trouvez vraiment que notre musique ressemble aux chansons commerciales actuelles ? Ce serait le cas si nous étions en 1983, tout comme notre premier album aurait été commercial s'il était sorti en 1957 au lieu de 2006. Toucher un large public n'est pas une fin en soi pour un groupe comme le nôtre. Rechercher un objectif tel que celui-là irait à l'encontre de la manière dont nous avons envisagé notre carrière depuis le début même si tout le monde n'est pas d'accord avec cela... Mais la chance nous a souri jusqu'ici alors nous continuons de garder la foi...

Ne craignez-vous pas que ce changement de direction déçoive vos fans et la presse indie en France aussi ? Qu'aimeriez-vous leur dire pour les convaincre qu'ils ont tort ?

Je suppose que c'est une question de goût. Il est clair qu'il est moins dangereux de miser sur un groupe de filles des années 60 que sur Stock Aitken and Waterman. De toute évidence, cela n'allait pas plaire à tout le monde. En fait, cette nouvelle direction prend tout son sens si vous comprenez ce que nous, The Pipettes, essayons de faire. Nous n'avions pas envie de nous répéter sur ce deuxième album et nous ne l'avons pas fait ! Là, nous pensons déjà au troisième et nous sommes extrêmement enthousiastes ! Quoi de plus ennuyeux et prévisible qu'une couverture médiatique identique pour chaque album ! La plupart des critiques que nous avons lues jusqu'à présent pointent du doigt la différence entre les deux albums et le changement de certaines des chanteuses. Or, c'est précisément ce que nous avons toujours voulu !

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La nouvelle direction pop semble attacher moins d'importance à l'ironie... Dans les textes aussi. Est-ce vrai ou est-ce juste une impression ?

Nous ne pensons pas que l'ironie soit bénéfique à la musique en ce sens qu'elle implique un manque d'engagement émotionnel et un certain dénigrement de son public. En réalité, nous ne pensions pas vraiment être ironiques à l'époque de notre premier album... Bien sûr, il y aura toujours de l'humour dans la musique de The Pipettes mais il sera toujours sincère.

Etes-vous nostalgique de l'époque « Stock, Aitken et Waterman » ?

Ils ont toujours été une influence. Ils ont écrit quelques supers chansons et nous admirons leur méthode « usine à tubes pop » et leur esthétique aussi... Nous sommes fières de pouvoir dire que nous avons certains idéaux en commun.

Préparez-vous une tournée mondiale ? Pensez-vous venir en France ? A quoi ressembleront vos concerts ?

Nous allons bientôt pouvoir annoncer des dates. La grande différence cette fois-ci, c'est que ce sont les hommes qui porteront les robes à pois. Il n'y a pas de raison que nous soyons les seules à avoir cette chance ! Sinon, nous comptons toujours chanter des chansons entraînantes et amusantes sur l'amour et l'amitié, qui donnent envie de positiver et, le plus important, de danser!

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Tennis - Cape Dory

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Le duo mixte ne serait-il pas en passe de devenir la forme de groupe la plus répandue ?  Après cette année Memoryhouse, Terror Bird, She & Him et j'en passe, Tennis fait doucement parler de lui sur les blogs qui comptent  à la faveur d'un 7" prometteur sorti récemment chez Underwater Peoples.  Couple à la scène comme à la ville, Patrick Riley et Alaina Moore ont mijoté ces perles pop durant un road trip de quelques mois qui les a emmenés loin de leur pépère sédentarité citadine. Il en ressort trois chansons pleines de vie et d'amour, remplies d'une liberté insouciante désaltérante telle une eau bien fraîche. On espère continuer le voyage.

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Family Of The Year - Here Is The Sun (EP)

foty_epcoverQuels imposteurs ces Family Of The Year ! Ce groupe originaire de Los Angeles, sous un emballage folk, nous offre en réalité 5 titres dont la teinte s'avère des plus éclectiques et attrayantes. Here Is The Sun en référence au titre de leur premier EP (Where's The Sun?) est un EP digital conçu spécialement pour la France et qui reflète la riche diversité des compositions du groupe. Ce recueil nous propose à la fois un folk brillant sur Stupidland ou Stairs et une pop électro délicieuse sur The Barn (remixé par Panic Bomber) ou sur le magnifique Castoff. Au total, 5 titres différents mais fondamentalement liés par les harmonies irrésistibles des voix féminines et masculines de Joe Keefe et Meredith Sheldon et qui nous renvoient aux Beach Boys ou à MGMT. Le premier EP ainsi que l'album Songbook sont téléchargeables sur le site du groupe avec donation optionnelle. Quant à  Here Is The Sun, sa sortie digitale est prévue pour le 6 septembre 2010. En attendant,  Hartzine vous offre Castoff.

Audio

Family Of The Year - Castoff

 

Tracklist

Family of the Year - Here Is The Sun (Volvox Music, 2010)

1. Stupidland
2. Stairs
3. Castoff
4. Charlie Song
5. The Barn (Panic Bomber's Memory Remix)


Ducktails – Apple Walk

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C’est l’été, il fait chaud, il fait beau et les Beatles sont de retour les enfants… Et oui, les Beatles !!! Oubliez directement toutes les conneries qu’on a pu vous raconter sur John Lennon et Georges Harrison. Ringo Starr, lui, n’a en revanche bel et bien jamais existé.La preuve en est leur dernier clip ultra cul-culte tourné entre les plages de Trouville-sur-Mer et les Jardineries de Gally intitulé Apple Walk. Ma main à couper si c’est pas une vieille repompe du White Album ça ! Aïe ça pique ! Enfin, j’arrive pas bien à comprendre pourquoi ils ne sont plus qu’un maintenant. Et c’est bizarre ce nom, queue de canard… Et pourquoi pas les scarabées tant qu’on y est ? Et c’est qui ce connard de hippie sur la plage… Ils sont compliqués ces artistes… Tiens donne-moi plutôt encore du gâteau aux herbes de Provence. La gastronomie finalement, y a que ça de vrai.

Vidéo


Wild Nothing - Evertide

evertideAprès le magnifique Gemini sorti sur le prolifique label Captured Tracks il y a quelques semaines,  Jack Tatum aka Wild Nothing s'offre une escapade européenne élégante qui nous ravit encore une fois. Evertide EP inaugure la naissance de Warmest Chord (www.warmestchord.com), créé par des membres de Rough Trade et Make Mine, et dont la spécificité sera d'accompagner ses productions musicales virtuelles par une œuvre graphique matérielle, ici un hologramme de l'artiste français Franz Vesolt (www.vesolt.com). Les 75 exemplaires de cette « pochette » ont déjà été envoyés aux plus rapides et chanceux, mais vous pouvez toujours vous consoler en téléchargeant les 3 titres toujours disponibles sur le site du label.

Evertide nous propose encore la nostalgie et le shoegazing gracieux de Gemini, essentiellement sur Golden Haze et Take me In, proches des camarades Beach Fossils, le côté kitsch en plus.  Quant à Your Rabbit Feet, qui comporte des passages rythmiques captivants familiers à Slowdive, à Yo la Tengo ou à New Order, il vous rend addict dès la première écoute.

Audio

Wild Nothing - Your Rabbit Feet

Tracklist

Wild nothing - Evertide EP (2010, Warmest Chord)
1. Your Rabbit Feet
2. Golden Haze
3.  Take Me In


Rencontre avec Clara Clara

itw-clara-clara-1-webPhotos © Emeline Ancel-Pirouelle pour Hartzine

Un son lyonnais

On avait rencontré les trois de Clara Clara lors d'un concert au Point FMR, le 10 mars dernier, faisant coup double : la seconde soirée fêtant les dix ans de Clapping Music correspondait peu ou prou à la date de sortie de Comfortables Problems, second disque des Lyonnais, après AA paru confidentiellement en janvier 2008 sur SK records. Voilà pour le contexte de notre entrevue, attablés au café du Point FMR, où Amélie Lambert, François et Charles Virot ont répondu avec enthousiasme à mes questions un brin fouillis après une rapide mais efficace séance photo. Ah si, j'oublie de dire une chose importante : un peu partout sur la toile et dans la presse chiffonnée fleurissait ce nom à redondance bègue tiré "selon l'explication à la con d'un manuel d'espagnol qu'Amélie avait" (clarissimo ?). François poursuit : "Mais il y a aussi l'explication qui claque mais dont on a su qu'après la teneur ! Clara-Clara est une énorme œuvre d'art de Richard Serra qui a été installée aux Tuileries... Les gens du quartier trouvaient le truc horrible et ils ont tout fait pour la foutre à la décharge, ce qui a été fait !" A Amélie de trancher : "Ça fait longtemps qu'on l'a choisi, plus de quatre ans... pour la sonorité, c'est tout ! Et je ne m'appelle pas Clara !" Et l'excitation soudaine de la presse ? Hilarité générale, "ah bon ? C'est gentil de nous l'apprendre !" J'enchaîne sur une autre question existentielle, histoire de planter le décor pour de bon : Clara Clara, un groupe dijonnais ou lyonnais ? "Le groupe est de Dijon à la base mais ça fait sept ans que je suis à Lyon, on n'a plus aucun lien Charles et moi avec Dijon... Seule Amélie y habite encore." Je profite de l'occasion pour lui demander si la "scène active" dont il est question dans leur bio est bien celle de Lyon... "Oui c'est le mec de SK, qui est un label lyonnais, qui parlait de la scène locale... Mais si on se sent de Lyon, c'est avant tout parce qu'on répète dans un endroit qui s'appelle Grrrnd Zero où il y a pas mal de concerts organisés (dont on peut trouver un aperçu compilé et téléchargeable gracieusement ici) et un bon réseau de musiciens comme Chewbacca et Duracell. Tout le monde fait des groupes avec tout le monde ce qui renforce cette impression de faire partie d'un truc." Charles précise : "D'ailleurs j'ai un groupe avec le mec de Duracell, ça s'appelle Ours Bipolaire, mais c'est un peu en stand-by." Et de poursuivre sur l'identité musicale de Clara Clara : "On a des influences revendiquées comme The Ex ou Lightning Bolt... Le son du bassiste m'a vraiment impressionné..." François développe : "Au début on écoutait Deerhoof et Lightning Bolt mais avec le temps je ne les écoute plus du tout, genre le dernier Deerhoof oui mais le dernier Lightning Bolt, quasiment pas." "Animal Collective ? C'est pratique pour les journalistes d'en parler à propos de nous car au moins les gens connaissent... Mais le parallèle n'est vraiment pas évident, mis à part sur les voix du premier album... Mais bon. En fait, j'écoute essentiellement des groupes que je connais, des gens de notre entourage comme Duracell."

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Comfortables Problems

Conjuguant dans l'urgence et la spontanéité des structures pop alambiquées à la puissance distordue de leurs instruments respectifs (clavier, basse, batterie), les Clara Clara ont fait de Comfortables Problems la jonction entre ce qu'a pu faire le groupe sur son premier disque et ce que François a composé, en échappée solo, sur le boisé Yes or No (Clapping Music / Atelier Ciseaux). C'est ce compromis, savamment décliné du long de ces huit morceaux à la densité tourneboulante, qui fait de Comfortables Problems un disque rafraîchissant, intensément brut tout en restant pop. Que l'on se surprenne à taper du pied ou à secouer crétinement la tête sur Under the Skirt, One On One ou Paper Crowns n'a rien d'étonnant, bien au contraire, c'est presque la réaction normale d'un mec encore en vie. Mais s'il y a une chose qui fascine c'est cette capacité "à beuter" - comme le dit si joliment Amélie - sans jamais tomber dans l'assourdissement pur et simple comme une pelletée de groupe noise avant eux. Violent mais positif donc ? "C'est un peu l'esprit oui... Un son agressif et des compositions pas méchantes... Ce que j'aime avant tout, c'est jouer sur les deux terrains." Amélie d'ajouter : "Faire de la grosse pop ça perd de suite de son intérêt... On aime ce gros son de basse hyper rentre-dedans, super violent, et qui contre bien le coté poppy... D'ailleurs, je ne pense pas qu'on ira un jour vers une pop gentille, ça restera comme ça, l'énergie c'est trop important ! D'un autre côté, on va pas tomber dans le dark, on est des gentils ! Même si on ne sait pas trop ce qu'on va faire après..." François et Charles la coupent d'un grand éclat de rire... "Quoique le dernier riff est un peu darkos, c'est vrai ! Mais même si c'est sombre on fera pas la gueule sur scène pour autant !"

Contre les apparences et l'étiquette qu'on leur appose vite fait, bien fait, de chantres du bordel étayant leur science du bruit comme un gosse range sa chambre, la petite fabrique d'algorithmes pop se défend en arguant d'un abandon de l'improvisation au profit de la grande planification :  "L'idée de nos morceaux part du synthé, on rajoute le reste après. Amélie s'adapte lors des répétitions alors que Charles et moi on vient avec des trucs préparés." "Comfortables Problems on a mis huit jours pour l'enregistrer et par la suite c'est François qui a fait les voix et les arrangements, ce qui donne le côté plus abouti et qui évacue le stress lié au temps passé dans le studio... Huit jours c'est beaucoup pour nous, vu que toutes les précédentes sessions d'enregistrement ont duré au maximum une journée ! C'est vrai huit jours ça passe hyper vite mais les morceaux étaient écrits et joués avant, enfin... Comme on est toujours super organisé, on a dû écrire quelques parties pendant l'enregistrement..." Vrai, il n'y a plus d'improvisation ? "Non non, une fois la chose composée, on s'écarte pas trop de ce que l'on a prévu ! A une époque on faisait des impros sur scène, mais là on a arrêté, on en refera peut être... Enfin si... Mais c'est quand on se plante ! Au lieu de se bloquer sur un truc, on continue à jouer et on se dit : "Bah pourquoi pas"... Mais on ne recherche pas le bordel pour le bordel, c'est juste plus complexe et parfois on n'est pas hyper concentré sur ce qu'on joue... Moi perso je respecte mes parties, j'essaye quoi... Enfin on essaye tous ! (rires)"

Au-delà des voix, où l'on passe des cris du groupe au chant de François, ce qui change entre les deux albums c'est avant tout "la rythmique et le fait que François joue debout de la batterie : c'est plus carré ! Les synthés aussi... J'ai progressé, les lignes sont plus complexes... La basse ça reste en gros la même chose... Pour en revenir à la batterie, avant c'était du gros binaire, du gros bourrin, c'était l'efficacité qui primait, non mais c'est vrai (rires), on faisait pas trop dans la finesse et là, le fait de jouer debout..." François coupe Amélie dans l'hilarité générale : "Ah oui c'est vrai qu'au clavier c'était méchamment complexe ! C'était un scandale ! On l'appelait d'ailleurs..." Amélie ne le laisse pas finir (dommage, on ne saura jamais !) et persiste : "Non mais c'est vrai, jouer debout ça t'a réappris à jouer de ton instrument !" La petite tablée s'anime, je n'ai même plus à poser mes questions pour en avoir les réponses : "Non ça m'a désappris à jouer ! Je m'explique... Avant je gérais mon truc avec une batterie hyper minimale, genre cymbale, grosse caisse et caisse claire, et ça débordait... Je débordais à chaque fois des temps... Puis je me suis intéressé à The Ex et j'ai commencé à jouer des trucs plus complexes, avec plus d'éléments à la batterie... J'aurais pu continuer dans le style mais j'en ai eu marre et j'ai tout viré pour revenir à la forme originale et depuis je me démmerde avec ça... J'ai donc désappris la complexité ! Et puis, c'est plus facile de jouer de la batterie debout, ça donne plus de puissance... Et chanter aussi d'ailleurs car t'as plus de souffle... Et non ce n'est pas une histoire de style (rires)... Ouais, trop balèze de jouer avec un micro à la Madonna !"

J'en profite pour embrayer sur la petite révolution d'un chant conférant plus de consistance et d'originalité aux morceaux du groupe. François et Amélie se neutralisent, Charles se lance : "L'idée du chant est vieille en fait. Au tout début, François chantait accompagné de la flûte traversière d'Amélie, puis quand elle est passée au synthé François a arrêté de chanter..." "Disons que j'avais un peu perdu confiance dans ma voix" précise François... Charles renchérit : "Bientôt la tendance c'est presque de ne travailler qu'autour des voix mais là, c'est encore dans notre imagination... On traîne avec des groupes qui donnent envie de s'y mettre..." S'agissant de l'apport du chant, "c'est sûr ça donne un coté plus pop, les gens sont rassurés d'entendre une voix, c'est plus accessible... Même si avant les mélodies étaient vraiment plus pop." Amélie intervient, le sourire en coin : "C'était déguisé par contre ! Notamment parce que c'était le bordel en concert !" Et François de résumer : "Bon là disons que c'est plus carré, plus formaté (rires)... Je m'avance peut-être un peu trop là... Putain surtout avec les groupes qui jouent ce soir ! Tu es là ce soir ? Tu nous diras ?"

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Clapping & les à-côtés

L'appel de la clope se fait sentir, le temps s'écoule tel un sablier liquide entre mes doigts. "L'actualité de Clara Clara tu la connais, mais si tu veux, avec Réveille, autre groupe dans lequel je joue, on sort un vinyle, sur Clapping, et là on est en pleine tournée... Ce serait cool d'en parler et si tu as le temps d'écouter... Sinon seul avec ma guitare, comme tu as pu le constater..." Je saute sur l'occasion pour le sonder sur l'origine du décalage entre son jeu de scène au sein de Clara Clara, débordant d'envie, et seul face au public, d'une timidité sans égale. Au Midi Festival par exemple, "je n'avais pas peur du public... Je m'en foutais un peu, je ne me focalise pas dessus... Et puis ça juge à fond... Au Midi il y a un mec qui a écrit que je suis un con juste parce que j'ai un short que je l'ai déchiré exprès... Le mec a même remarqué que je n'avais pas les mêmes chaussettes... J'ai jamais pensé qu'un mec écrirait un truc pareil et franchement mes chaussettes et mon short ça sortait de la machine d'un ami... Le mec te taille alors qu'il ne parle même pas de musique ! Seul, j'avoue, c'est un peu particulier... Les gens te captent pas trop... Alors qu'en groupe, quoi qu'il arrive, on est ensemble. Ça détend... Comme hier soir avec Réveille quoi... Ok, hier j'étais peut-être un peu trop détendu ! (rires)" Avec un sens avéré de la formule laconique, Charles nous apprend qu'en plus d'Ours Bipolaire, il a un groupe, "Robe et Manteau, qui est actuellement en tournée avec Réveille et dans lequel je joue du synthé tandis que Jonathan gère la batterie... Pour le moment on n'a qu'une démo enregistrée à l'arrache avant notre départ mais une fois la tournée terminée on va composer à nouveau des morceaux qu'on jouera sans doute avec François..." Affaire à suivre donc.

"Avec Clapping ça se passe hyper bien ! Si on s'intéresse autant à nous c'est que Julien fait vachement bien son boulot ! Il m'a repéré suite à un concert que j'ai donné en solo et puis dans la foulée on a bossé sur mon premier album avec Clapping. Puis j'ai amené Clara Clara... On va continuer avec eux autant que possible même si au final on connaît pas trop les groupes de Clapping... sauf Karaocake... et puis Réveille forcément..." Amélie chambre, "François prend la possession du label en fait !" Directeur artistique ? "Non non, si je dois faire un truc ce sera un peut différent... ! (rires)"

Après quelques échanges d'adresses mails, on les laisse s'enquérir du programme de la soirée. Pour nous, direction le comptoir histoire de s'en jeter une avant d'en transpirer jusqu'à la dernière goutte. En rentrant chez moi, ligne 2, rame bringuebalante, je jette quelques mots sur mon calepin dont voici la teneur : les deux frères, aussi inséparables que dissemblables, enfouissent sous des allures je m'en foutiste parfois incomprises (voir ), un stakhanovisme musical se nourrissant bien plus de spontanéité et de rencontres que de mots châtiés pour en parler. Avec Amélie, ils forment le type de groupes qu'on a envie de voir réussir rien que pour leur décontraction et leur justesse musicale, entre saillie de basse corrosive et refrain entêtant. Quelques mois plus tard, mon opinion n'a pas évolué d'un iota et Comfortables Problems continue de cracher dans mes écouteurs.

C'est d'ailleurs bientôt l'heure du Midi Festival et Clara Clara en sera.

Audio

Clara Clara - One On One

Vidéo


The Divine Comedy - Bang Goes The Knighthood

divinecomedybanggoestheknighthoodLa première fois que j'ai été déçu par Divine Comedy, c'était en 1994. Un concert donné à Bruxelles. Il s'agissait du dernier concert de la tournée « Promenade » et l'Irlandais était bien décidé à fêter l'événement : « We have to be extremely drunk tonight !» Chose promise, ... Ce qui a donné un concert-foutoir. Neil était ivre et s'évertuait à faire de l'humour bon marché. Ainsi, sur The Booklovers, Enzo Scifo et les autres joueurs de l'équipe de foot belge avaient détrôné Emily Brontë, Franz Kafka etc.
Par la suite, après avoir été amoureux des albums Liberation et Promenade, j'ai détesté Regeneration, Absent Friends et Victory for The Comic Muse et me suis souvent demandé pourquoi Neil Hannon voulait tant ressembler à Jacques Brel ou Sweeney Todd, et s'éloigner de l'Europop-pop et de Scott Walker. A maintes reprises, il a quitté sa pop baroque emphatique mais grâcieuse pour nous présenter une grosse tarte rococo à souhait.
Quatre années de silence (ou presque) depuis le Victory for the Comic Muse et voici le nouvel album écrit et produit par mon ex-crevette-en-costard-préférée.
Deux cd, le 1er contient 12 nouvelles chansons et le 2e est un cd bonus live enregistré à la Cité de la musique en 2008 à conseiller aux fans de Vincent Delerm.
Neil Hannon maîtrise sa voix dès Down in the Street Below. Elle est impeccable et se fait sobre parfois même (sauf sur la fin à la Luis Mariano de Can You Stand Upon One Leg). Les arrangements sont toujours classieux, la retenue est souvent de mise mais Divine Comedy franchit encore parfois la frontière de la sobriété et nous ressert la pâtisserie redoutée.
Plusieurs morceaux sont toutefois vraiment réussis. Et parmi ceux-ci, Neapolitan Girl, At the Indie Disco, Assume the Perpendicular, et surtout le délicieux duo Island Life comptent parmi les meilleurs morceaux de Divine Comedy de ces dernières années.
Au final, un album bien meilleur que ses trois précédents mais qui présente quelques fautes de goût. Je ne suis pas fâché sur toi, Neil. Je suis même heureux de savoir que tu vas mieux. Simplement, je n'attends malheureusement plus que tu me bouleverses.

Audio

The Divine Comedy - Neapolitan Girl

Tracklist

The Divine Comedy - Bang Goes the Knighthood (Divine Comedy Records)

1. Down In The Street Below
2. The Complete Banker
3. Neapolitan Girl
4. Bang Goes The Knighthood
5. At The Indie Disco
6. Have You Ever Been In Love
7. Assume The Perpendicular
8. The Lost Art of Conversation
9. Island Life
10. When A Man Cries
11. Can You Stand Upon One Leg
12. I Like


Porcelain Raft - Gone Blind

porcelainraftVous le savez mieux que moi. Perdre son temps est une activité à temps complet, surtout lorsque l'attention est aspirée malgré elle dans l'abîme de l'infini virtuel. La nuit s'écoule tel un sablier liquide tandis que les clopes écrasées regorgent d'un cendrier dégueulant son infamie. Le casque vissé sur les oreilles, les yeux mi-clos fixant les volutes de fumée blanche s'amusant de mes cernes noires, j'écoute, je me perds. Et difficile de s'y retrouver avec Porcelain Raft, jeune Londonien se la jouant délicieusement en solo, à l'électro-pop vaporeuse sertie d'effets et de delay des plus délicats. Inutile de dire que son talent ne s'accorde pas au pluriel puisque deux EP sortis en mars, Curve et Gone Blind, sont téléchargeables ici et pour presque rien. Quand la science musicale se conjugue à l'essence des rêves.

Audio

Porcelain Raft - Tip of your Tongue (Gone Blind Ep)

Bonus

Porcelain Raft - Flow (Curve Ep)


Django Django - Wor

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Vous pouvez l'avouer. Comme moi, vous avez pleuré toutes les larmes de votre corps devant le sabordage en règle de l'épopée des Ecossais de The Beta Band. Comme moi, vous aviez en travers de la gorge ces trois albums tarabiscotés et dégénérescents (the Beta Band, Hot Shot II et Heroes to Zeros) qui succédèrent au coup de maître The Three Eps, patchwork de trois maxis, paru en 1998, où l'insouciante jeunesse des protagonistes avait enfanté un chef d'œuvre d'amateurisme folk expérimental. Alors si comme moi vous êtes prêt à retenter l'expérience, fiez-vous sans plus attendre à Django Django, véritable petite merveille écossaise, croisant ses influences psychés, pop et folk pour un rabotage tout en douceur de nos conduits auditifs. Déjà remarqués dans l'excellente compil Sisters, avec l'hybride Storm, leur quête altière de collages sonores dadaïstes, entre envolées lyriques et guitares épileptiques, prend un nouveau tournant avec le single Wor à écouter ici. La face b est tout autant passionnante avec Skies Over Cairo, morceau instrumental teinté de synthétiseurs aux sonorités arabisantes. De tous les groupes bègues que la planète dénombre (Clara Clara, Nice Nice, Neon Neon et j'en passe), Django Django est de loin le plus prometteur. Inutile de vous le préciser, l'album est attendu de pied ferme. Reste plus qu'à leur trouver un label.

Audio

Django Django - Wor

Bonus

Django Django - Storm


Jónsi - Go

Ajonsi-go-covervant même de pénétrer dans l’univers sinueux de Jónsi Þór Birgisson et de s’abandonner totalement à ce premier essai solo du chanteur de Sigur Ros, impossible de ne pas se figer à l’écoute du single et morceau d’ouverture : Go Do. Comment ne pas rester ébahi devant cet envol majestueux dont les surcouches de voix composent à elles-seules une mélodie. L’organe vibrant de Jónsi se croisant à celui de mille oiseaux claquant des ailes et filant droit vers le soleil. Les percussions rappellent de secs battements de pieds marquant l’excitation et l’impétuosité de cette folle odyssée. Go Do fait partie de ces rares titres qui vous collent un sourire béat et que vous vous repassez en boucle, atteint d’une étrange déprime une fois la dernière note jouée. Un track qui jusqu’à ses arrangements inspire la liberté, donne l’envie de se déshabiller, de courir nu en pleine nature, et de se rouler à poil avec ses potes dans les talus… Ça fait trop gay ? Bon, tant pis pour le lectorat de Têtu…
Pourquoi avoir parlé avec tant d’honneur de Go Do avant même d’avoir présenté cet exercice de style qu’est Go ? Car bien triste, à l’image du fabuleux Tornado, sera le reste de l’album. On attendait beaucoup de cette farouche entreprise de l’Islandais de s’affranchir de son groupe afin d’explorer un univers plus électronique, plus à l’image des préoccupations de ce pinson un brin mélancolique. A cela nos attentes étaient peut-être démesurées. Ce qui n’excuse pourtant pas les facilités prises par Jónsi qui livre au final un album aux 2/3 pop (Boy Lilikoi, Animal Arithmethic…), se sabordant lui-même par un chant en anglais pas désagréable mais soyons honnête loin d’apporter le dépaysement et le lyrisme de la langue qui a lui-même inventé, le Vonlenska. Et alors que ses poèmes deviennent des maux, ses mots deviennent pour nous un problème. Les textes restent assez vides pour un auteur aussi visionnaire qu’est cet habitant de Reykjavík dont la voix de fausset nous laissait autrefois imaginer d’étranges histoires.
Jónsi le borgne aura beau s’accompagner de Grizzly Bear, Antony & The Johnsons ou même Bonnie « Prince » Billy, force est de constater que n’est pas Thom Yorke qui veut. L’artiste n’arrive pas totalement à se décoller de la musicalité de Sigur Ros tout en la pourrissant d’une superficialité grasse voir affligeante. De tristes heures pour l’Islande, après l’égale déception pour le Standing on Top of Utopia de Kasper Bjorke. Une malheureuse entreprise qui s’éteint fort heureusement dans un Hengilas vaporeux où le multi-instrumentiste retrouve sa langue d’origine et les climats nébuleux dont il nous avait auparavant habitués. Reste le magnifique Go Do pour se consoler de cette terrible maladresse. Allez hop tout nu !

Akitrash

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Jónsi - Tornado

Tracklist

Jónsi – Go (Parlophone, 2010)

1.Go Do
2.Animal Arithmetic
3.Tornado
4.Boy Lilikoy
5. Sinking Friendships
6. Kolnidur
7. Around us
8. Grow till tuss
9. Hengilas


Dinosaur Feathers - Fantasy Memorial

l_94413350a6574180a6fcc9d8f1f98c35Fantasy Memorial, premier album fabriqué à la maison du trio new-yorkais de Dinosaur Feathers, est sorti ces jours-ci, en catimini, non labellisé et avec comme seule force de vente cette petite notoriété qu'ils se sont sagement forgée sur les nombreuses scènes qui les ont accueillis depuis la sortie de leur premier EP Early Morning Risers l'été dernier. Mais on prédit à ce Fantasy Memorial, après s'être refourgué de mains en mains et avoir assouvi l'appétit de blogueurs avertis, une autre vie, plus académique celle-là, confortablement installée dans les circuits de la distribution musicale upper-class. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce disque s'avère être à lui seul un monde nouménal renfermant entre sa première et sa toute dernière note tout ce que Brooklyn, et plus largement New-York, ont artistiquement enfanté de mieux durant ces dix dernières années de parenthèse musicale enchantée, parenthèse maintenant achevée après la sortie avénementielle de Merriweather Post Pavilion.
On pourra donc aussi et surtout appréhender Fantasy Memorial comme le générique de fin d'une décennie new-yorkaise qui nous aura fait oublier la précédente et qui peu à peu se libère de cette casquette de champion désormais bien trop lestée de poids morts-nés pour continuer à être portée si fièrement. Au final, les mauvaises langues diront peut-être de cet album qu'il n'est au mieux qu'une simple vulgate surannée, un vilain ersatz de ceux qui l'ont précédé, les plus enthousiastes d'entre-nous affirmeront quant à eux qu'il s'agit bien d'un album digest(e),  parfait pour ceux qui n'ont pas envie de s'embêter à collectionner la discothèque idéale des noughties. Certes cet album n'ouvre sur aucune terre promise, mais ne manque rien non plus et surtout pas de rendre hommage à cet esprit  "grand Bazar" cher à Animal Collective, à cette finesse mélodique aperçue chez Grizzly Bear, à cette fantaisie rythmique révélée par TV On The Radio et enfin à cet effet happy days dont les chansons de The Drums vous inondent. I ♥ NY.

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Dinosaur Feathers - Vendela Vida

Tracklist

Dinosaur Feathers - Fantasy Memorial (Self-Released, 2010)

1. I Ni Sogoma
2. Vendela Vida
3. Teenage Whore
4. Family Waves
5. Sleeping In
6. History Lessons
7. Crossing The Cannon
8. Holy Moses
9. Know Your Own Strength
10. Fantasy Memorial


Best Coast / Jeans Wilder - Split 45t

pochettesplitA ma droite, Andrew Caddick et Melissa Duenas (Jeans Wilder). A ma gauche, Bethany Cosentino et Bobb Bruno (Best Coast). Deux duos californiens. Au centre, Atelier Ciseaux, ou un tout jeune label franco-canadien. Le tout est une initiative réunissant tout ce petit monde sur un bel objet, un 45 tours, fait main, édité à trois cent cinquante exemplaires. Sorti le 18 janvier, cette sixième référence du label, après l'intimiste François Virot et le foutraque Lucky Dragons, est à commander ici. Cela pourrait être anecdotique, deux morceaux pour à peine dix minutes. Cela pourrait. Ce serait sans entrevoir la lumière éblouissante et habilement surannée qui se dégage des guitares de Best Coast, exhumant sur Up All Night les quelques soupçons d'indolence et d'insouciance d'une jeunesse vertement dissipée. The Amps et Kelley Deal ne renieraient en rien cette nuit sans étoile, brouillant l'antique surf music de saturations crasses. Ce serait sans faire grand cas du reggae lo-fi de Jeans Wilder sur Tough Guy, qui d'une voix détachée mais attachante nous amène à penser qu'Andrew Caddick à plus à voir avec l'écurie Paw Tracks (Black Dice, Panda Bear) dans l'art de la décontraction qu'avec ses amis de Wavves dans la culture de l'ennui sauvageon et bitturé. Ce serait surtout passer à côté de deux groupes dont il sera très bientôt question, dans ces pages ou ailleurs, ailleurs ou dans ces pages. Dépêchez-vous, il reste trois cent quarante neuf exemplaires. Le mien est commandé.

Thibault

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Jeans Wilder - Tough Guys

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Tracklist

JEANS WILDER / BEST COAST - SPLIT 45t (Atelier Ciseaux, 2010)

Side A : Jeans Wilder - Tough Guy

Side B : Best Coast  - Up All Night


Vampire Weekend - Cousin (remix)

vampire-weekend_ctzpkwijxsex_fullBonjour c'est Rigobert. A l'occasion de la sortie du nouvel et second décevant album des ex-génies de brooklyn, les Vampires qui ont du bouffer trop d'ail durant leur Week-end-end, nous vous offrons un remix Mumbai party de Cousin premier extrait de Contra(sté)

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Vampire Weekend - "Cousinz (Toy Selectah Mex-More Remix)


Portishead - Chase the Tear (video)

Sans doute lassé par la lenteur du procès Portishead - trois albums en seize ans - Geoff Barrow a retrouvé cette année l'instantanéité rock en enregistrant, en à peine douze jours, avec Billy Fuller (Fuzz Against Junk) et Mat Williams (Team Brick), le premier album de Beak. Sans doute la probabilité d'un nouveau départ pour Geoff Barrow tant les douze morceaux de ce disque éponyme tranchent par leur intensité volubile avec la lourdeur surannée de Third que les bristoliens sortirent l'année précédente. On était cependant loin d'imaginer que l'ami Geoff allait embarquer tout son monde dans sa fièvre motorik. C'est ce qu'annonce aujourd'hui Chase the Tear, morceau réalisé par le trio au profit d'Amnesty International. La voix de Beth Gibbons, soutenue par un motif rythmique aussi répétitif qu'addictif, est à couteaux tirés, dégageant une intimité confondante et acérée. Claustrophobes s'abstenir.

Thibault

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