Mixtape: Hartzine Horror Show I

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Comme chacun le sait, la veille de la Toussaint, c'est l'occaz parfaite pour les mômes d'arpenter les rues déguisés et de quémander des bombecs... C'est aussi l'opportunité pour les adultes de se baffrer de popcorn en matant de vieux films bien flippants ou de grosses niaiseries bien dégueulasses... C'est surtout pour nous l'opportunité de tomber le masque et de révéler notre vrai visage. Si ta vie est un cauchemar alors en voilà la bande-son... Les autres vous n'avez qu'à appuyer sur play ! Creepy Halloween!

Hartzine Horror Show I by Hartzine on Mixcloud

Et n'oubliez pas, pour nous...

Tracklisting

01. Pharmakon – Primitive Struggle
02. Alien Sex Fiend – R.I.P ( Blue Crumb Truck)
03. Ausgang – Weight
04. Skinny Puppy – Lust Chance
05. Naka Naka – Vibrocalyx
06. Hecate Vs Lustmord – Heresy resurrected
07. Pharmakon – Autoimmune
08. Burzum –Dunkelheit
09. Sunn O))) – Alice
10. Ennio Morriconne – The Thing Theme
11. Umberto – The Child
12. Techno Animal – DC-10 (feat. Sonic Sum)
13. White Zombie – I, Zombie
14. Interlude – Interview with a vampire – Furious Lestat
15. Death in June – Torture Garden
16. John Carpenter & Alan Howarth – Halloween II Main Theme


Appaloosa – Savana

Oappaloosa-savanariginaire de Livourne en Italie, Appaloosa pratique une musique difficile à définir, dont la particularité est d’inclure deux basses qui génèrent un groove diabolique. Autour de cela, des élans noise se drapent d’atours funky, mais de façon déviante, ou psyché, et le chanté alterne avec l’instrumental, des pointes électro faisant en certaines occasions une apparition décisive (Minimo, morceau d’ouverture génial, sur lequel la puissance des quatre cordes fait merveille, doté de sons synthétiques ingénieux). Atypique, la formation italienne possède, ce que l’on remarque d’emblée, son propre style, et ne se réfère à aucun autre combo connu, si ce n’est, dans l’esprit, d’autres Italiens comme Aucan.

De surcroît, il trouve une belle cohérence au beau milieu de ces pistes sinueuses mais malgré tout accessibles à qui veut bien se donner la peine de s’en imprégner, et Genny, lui aussi porté par des basses proéminentes et un rythme implacable, confirme dans le même temps l’identité d’Appaloosa et son habileté dans le registre instru. Alerte et bien breaké, proche dans le contenu de ce que peuvent produire les géniaux Marvin, de Montpellier, ce morceau laisse ensuite la place à un Boston Gigi légèrement moins vivace, plus psyché, notamment grâce à ses boucles de clavier et sa batterie assénée. L’effet est saisissant et on se prend vite au jeu du quatuor, qui sur Mons Royal Rumble nous régale d’un funk cosmique et sensuel absolument irrésistible, au chant suave, aux fulgurances sonores marquantes et animé par des motifs non-moins remarquables. Le panel est large, mais Appaloosa le maîtrise assez pour que l’on ne s’y perde pas, et livre ensuite un Chinatown Panda saccadé, d’abord orientalisant, puissant et vivace, fort, à l’image d’un certain nombre de morceau de Savana, de sons merveilleux. En outre, des voix, samplées ou réelles – il semblerait que la première option l’emporte -, donnent du cachet à cette composition inqualifiable, à la croisée de styles divers dont l’amalgame est effectué avec brio.

Comme si cela ne suffisait pas, les protégés d’Urtovox proposent, suite à cela, l’éponyme Savana, dans un esprit funk complètement barré, dans un même élan planant et incoercible, pour enchaîner avec Tg et son rythme changeant, aussi fin que puissant. L’affaire est dans le sac, comme dirait l’autre, et le groupe atteint avec ce troisième album des sommets d’excellence que Non Posso Stare Senza Di Te, précédente sortie datant de 2005, laissait déjà poindre.
Les réjouissances ne sont cependant pas terminées, puisque Civilizzare, sur lequel la dualité basses-synthés fonctione à plein, le tout sous le joug d’une batterie caméléon, s’ajoute à la liste des réussites de ce disque épatant, rejoint en cela par Glù et son chant déglingué, crié, qui met un terme à un Savana dont le contenu dépasse de loin ce que l’on peut entendre d’expérimental, dans le monde musical, actuellement.

Audio

Appaloosa -

Vidéo

Tracklist

Appaloosa – Savana (2010, Urtovox)

1. Minimo
2. Genny
3. Boston Gigi
4. Mons Royal Rumble
5. Chinatown Panda
6. Savana
7. Tg
8. Civilizzare
9. Glù


Das Simple - Das Simple

splashGroupe français dont le MySpace le définit comme issu de Dubaï et du Vatican, et qui se présente comme oeuvrant dans une veine « Chanson allemande / Religieux / Tropicale », Das Simple officie en fait dans un créneau noise puissant et agité. On ne s'en étonne guère, Nicolas Dick de Kill The Thrill étant à la production, et le quatuor insuffle à cet univers mouvementé une folie vocale et rythmique semblable à celle des Messins le Singe blanc.

On oscille entre force débridée, sur l'inaugural Tsla, et relatives accalmies auxquelles succèdent de véritables coups de boutoirs instrumentaux (Tales of The Galactic Serpent (Part 1)), et l'ensemble s'avère probant, malgré la présence de guitares évoquant très brièvement le courant néo. Les plages massives (All The Nice Things You Can Buy In Dubaï) côtoient les envols d'une section basse-batterie impulsive, qui n'hésite jamais à s'emballer pour ensuite retomber, le tout de façon parfois déroutante mais ajustée, la voix faisant de même, souvent au sein d'un seul et même morceau. Les moments de sérénité, telle l'intro de Dance N.5, qui s'en tiendra d'ailleurs jusqu'à sa fin à un climat lancinant et menaçant, assurent l'instable  équilibre de cet album exigeant, sauvage et hybride, et se voient suivis de morceaux à la Well Spotted à l'allant contagieux, dotés de dualités vocales bienvenues (Nimrod, If You Want To See I Follow The Bombolone). L'impact est toujours réfléchi, jamais gratuitement frontal, et Das Simple fait preuve d'ingéniosité dans les sons qui lézardent ses compositions, à l'instar de Das Model, défunts Lillois évoluant dans un esprit similaire bien que plus strictement noise.

Sur Tales Of The Galactic Serpent (Part 2), dont l'intitulé démontre les penchants de la formation pour un registre modérément sérieux, Ramon Kalifa et ses acolytes livrent la preuve d'une belle capacité à convaincre sur la durée, dans une atmosphère mélodique dont on sent qu'elle peut à tout moment imploser. Souple et intense, elle monte progressivement en puissance mais reste dans la retenue pour prendre fin sur des notes apaisées. Puis Plesim, d'un format lui aussi étendu, impose un tempo lourd, taillé dans une sorte de post-hardcore noisy et déjanté.
Exigeant, puissant mais réfléchi, ce premier long jet n'en est pas moins bien ficelé, intéressant du début à la fin. Il aurait cependant, à mon sens, gagné en lisibilité en se faisant plus « clair », moins porté sur les sautes d'humeur et la versatilité rythmique et vocale, ceci n'empêchant pas le contenu de susciter un intérêt certain. On attend donc de Das Simple qu'il épure son panel musical et bride sa folie, sans la dénaturer bien sur, pour offrir au final un rendu plus cohérent. On le sait doté des qualités nécessaires à cette nécessaire évolution et pour l'heure, on profite pleinement des huit titres de cet opus éponyme, dont Coloured Food Tastes Good, ses guitares à la Sleeppers et ses breaks bien sentis. Et Das Simple, déjà aguerri mais encore perfectible, s'inscrit désormais de façon légitime dans la catégorie des possibles futures pointures du genre.

Audio

Das Simple - Coloured Food Tastes Good

Tracklist

Das Simple - Das Simple (Self-Release, 2010)
1. Tsla
2. Tales Of The Galactic Serpent (Part 1)
3. All The Nice Things You Can Buy In Dubaï
4. Coloured Food Tastes Good
5. Dance N.5
6. Nimrod, If You Want To See I Follow The Bombolone
7. Tales Of The Galactic Serpent (Part 2)
8. Plesim


Chaos Physique – The Science Of Chaotic Solutions

cpOn savait Amaury Cambuzat performant avec Ulan Bator, groupe expérimental issu de nos contrées. Il se montre tout aussi prolifique, décalé et intéressant dans ce qu'il produit, avec son label Acid Cobra Records, basé en Angleterre, cet album de Chaos Physique constituant l'éclatante preuve de l'intérêt que peut susciter son catalogue. A l'instar de ce que font des structures hexagonales comme Kythibong, Ruminance ou A tant rêver du roi, Le Son du Maquis ou encore Clapping Music, Acid Cobra Records s'adonne à la gestion de groupes aux styles non-conventionnels, et ce brillant opus de huit titres met à l'honneur un trio qui, pour un coup d'essai, réalise un sans-faute.

Qu'il opte pour un climat psyché répétitif et obsédant (Cul De Sac, excellente entrée  en matière), sur un format outrepassant les cinq minutes, réitère le même procédé sur un format moins étendu (Sun Run Fun Gun et sa trame toute en retenue, dotée d'un arrière-plan menaçant à tout moment de rompre), ou impose une plage courte et rythmée (l'entraînant Litany For A Monkey, noisy et mené par l'implacable batterie de Pier Mecca), Chaos Physique fait preuve, d'emblée, d'un savoir-faire déroutant. L'amorce est donc concluante et Spaghetti Frogs, qui vient prolonger ce qu'exhale Litany For A Monkey, nous régale d'un krautrock digne de Neu !, le tout dans une ambiance alerte et grinçante du plus bel effet.

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En outre, la diversité des atmosphères ne nuit aucunement à la valeur du rendu, et le trio, au sein duquel se distingue également Diego Vinciarelli, bassiste de Sexy Rexy dont l'album éponyme captive tout autant que celui décrit en ces lignes, fort de ce premier volet probant, enfonce le clou sur les titres restants, à commencer par Jeux De Promesses qui voit le chant en français, qui ne dépareille nullement, prendre les manettes. Psychédélique, sombre, à la linéarité rompue par la frappe sobre de Pier, il complète et étoffe parfaitement la palette liée à ce premier long-jet, Amaury y allant de son chant songeur, et trouve en Arum Titan, le morceau suivant, son digne prolongement. Textuellement, comme dans le climat qui s'en dégage, ce dernier s'avère attrayant au possible, posé aussi, mais porteur, comme nombre des chansons de l'opus, d'un enrobage sonore obscur et tendu, parfaitement élaboré.

Chaos Physique réinstaure ensuite un krautrock vivace sur Neutrons Protons, incoercible et animé par une guitare volubile. Sa durée réduite lui permet de plus d'afficher un mordant constant, et met à genoux un auditeur déjà conquis par ce qu'il vient d'entendre.

C'est alors que se profile Socrate Rook, pièce maîtresse de ce disque majeur, d'une durée atteignant les treize minutes. On y oscille entre rêverie haut perchée, digne des groupes actuels ou passés  les plus « enfumés », et soubresauts rythmiques et soniques jouissifs, un fracas sonore indescriptible mettant fin à cet ultime plage de la plus belle des manières.

Pour conclure, on se trouve ici en présence d'un disque précieux, digne du parcours et de la dextérité de ses géniteurs, parfaitement représentatif de leur esprit et excellent de bout en bout. Et qui donne, de surcroît, l'irrépressible envie de découvrir les autres groupes de ce label hautement recommandable.

Audio

Chaos Physique - Litany For A Monkey

Vidéo

 

Tracklist

Chaos Physique – The Science Of Chaotic Solutions (Jestrai/Acid Cobra Records, 2009)

1. Cul De Sac
2. Sun Run Fun Gun
3. Litany For A Monkey
4. Spaghetti Frog
5. Jeux De Promesses
6. Arum Titan
7. Neutrons Protons
8. Socrate Rook


Marvin - Hangover the Top

at010-artwork_DigisleeveJe m'y attendais. Un rapide tour de table, le temps de se partager les sorties de mars et d'avril... qui veut chroniquer Hangover The Top ? Silence. Les regards se braquent sur moi... Pourquoi moi putain ! Ils s'esclaffent. Ah oui... très drôle... bon, bon, ben ok je prends... Je rumine dans ma barbe... font vraiment chier... Et ce n'est pas parce que les Montpellierains de Marvin m'indiffèrent, non, au contraire, leur second disque à paraître le 6 avril prochain via Africantape rythme depuis un bon moment ce mal de crâne aussi tenace que matinal. Celui qu'on trimbale, claudiquant fiévreusement dans le dédale du métro, après une nuit d'agitation mâtinée de houblon. Non, c'est plus la morne lassitude de LA vanne éculée. Je vous le donne en mille, si Tom Waits casse la pipe, ce sera encore à moi d'évoquer cette voix trempée dans un fût de Bourbon ! Ben ouais... Du coup, je pense sérieusement à me mettre à la Badoit, histoire de faire taire les langues fourchues... Chose plus facile à dire qu'à faire. Mais revenons-en à notre trio qui mérite bien autre chose que la complainte d'un chroniqueur vaguement enhardi. Hangover The Top est le second album d'un groupe pratiquant dans ses oraisons noise un syncrétisme rock époustouflant, extirpant à la fois du math-rock, du post-rock et du post-punk de quoi cadencer effrontément neuf morceaux étonnamment divers. Choses nouvelles au regard de leur premier effort auto-produit (s/t, 2007), au déluge de guitare, batterie et synthés viennent se greffer d'éparses parties chantées quand une intempestive influence hard-rock surgit avec sagacité dès le morceau introductif (Roquedur). Enregistré par Miguel Constantino et mastérisé par Jason Ward en décembre 2009, Hangover The Top insinue par l'intensité sonore de chacune de ses joutes électriques, une production soignée et une complexification de ses structures rythmiques susceptibles d'élargir l'audience de ces trois infatigables baroudeurs. Car si la réputation d'Émilie, Greg et Fred n'est plus à faire lors de concerts déclenchant partout où ils se tiennent un joyeux bordel gorgé de sueur, l'album, par sa transposition roborative de morceaux éprouvées scéniquement risque d'embraser pas mal d'oreilles abasourdies, notamment celles ne s'étant pas encore remises du Sad Cities Handclappers d'Electric Electric. Si Dirty Tapping et Good Radiations, cisaillées d'un chant trituré de vocoder, sortent inévitablement du lot par leur accessibilité et leur immédiateté toutes trouvées, 12 comme Conan le Bastard s'évertuent à pousser le bouchon le plus loin possible d'un rock abrasif et joué mille blindes à l'heure. On Reste bien tranquille, le temps d'une grivoiserie savamment métallique, et l'on se jette sans coups férir sur Fear et sa mitraille incandescente à haut voltage. Désorienté, tourneboulé, la fin approche et les sept minutes de Here come the warm Jets, reprise du morceau clôturant le premier album solo de Brian Eno (Here come the warm Jets, 1974), sonne presque comme une ode revigorante aux lendemains qui déchantent. Décidément, Hangover the Top porte bien son nom. Le paracétamol n'a pas fini de pourrir mon estomac.

En plus d'une foultitude de concerts en France et ailleurs, les Marvin donnent une release party, à l'occasion d'Hangover the Top, le 3 avril prochain à la flèche d'or en (bonne) compagnie de Gablé, Papier Tigre et Fordamage. Be there.

Audio

Marvin - Good Radiations

Tracklist

Marvin - Hangover the Top (Africantape, 2010)

1- Roquedur
2- Au 12
3- Dirty Tapping
4- Reste bien tranquille
5- Conan le Bastard
6- Good Radiations
7- Moustache 34
8- Fear
9- Here come the warm Jets (Brian Eno cover)


Bauhaus en deux temps

Bauhaus n'est pas mort. Incroyable mais vrai, ses membres ont formé deux groupes : un (Blank Dogs) signé sur la mecque indé rock/garage/psyché du moment (In the Red) et un autre (The Horrors) appelé a être la « new big thing ». Toujours en balance entre sa quête de l'immédiateté et son côté grandiloquent, Bauhaus a tranché en affectant à chacun de ses nouveaux projets ces caractéristiques qui ont contribué à l'explosion de la scène batcave. A Blank Dogs l'immédiateté, àThe Horrors la grandiloquence. Alors forcement l'oreille non avertie aura l'impression de parfois entendre la même chanson d'un cd à l'autre. Il existe une solution pour s'y retrouver : les accoutrements diffèrent (option elephant man pour Blank Dogs, option adulescent gothique pour The Horrors).Ps : On me dit que Bauhaus est bel et bien mort...

Nicolas

TRACKLIST

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Blank Dogs - Under and Under (In the Red, 2009)

1. No Compass
2. L Machine
3. Night Night
4. Open Shut
5. Setting Fire to Your House
6. Around the Room
7. Blue Lights
8. New Things
9. Falling Back
10. Tin Birds
11. Slowing Down
12. Face Watching
13. Books
14. Nothing Ugc
15. From Here

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The Horrors -  Primary Colours (XL Recordings, 2009)

1. Mirror's Image
2. Three Decades
3. Who Can Say
4. Do You Remember
5. New Ice Age
6. Scarlet Fields
7. I Only Think Of You
8. I Can't Control Myself
9. Primary Colours
10. Sea Within A Sea

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