Liberation - S/T (FULL STREAM PREMIERE)

"C'est bien simple, en Australie, ce mec est une légende". Le mot d'Alex Poveda, moitié d'All Night Wrong et tête pensante et agissante du label Svn Sns Records, en dit long, lui qui partagera l'affiche le 23 juin prochain dans l'antre de l'Espace B (Event FB) avec la gracile Carla Dal Forno (lire) et donc David West chantre d'un nouveau projet solitaire : Liberation. Une légende qui emmagasine les projets solitaires mais qui a également co-fondé le monument Rat Columns, l'incontournable trio post-punk Rank/Xerox, en plus de ses participations aux géniaux Lace Curtain, Burning Sensation, Total Control ou Whalehammer. Tu parles d'un CV. A mille lieu de rabâcher ses partitions, David West utilise Liberation au pied de la lettre de ce nouveau patronyme discographique, avec la ferme volonté d'en extirper la puissance cathartique vis à vis de sa propre inspiration. L'homme s'est donc débarrassé le temps d'un album de ses guitares, ne s'entourant que de machines pour bâtir sa nouvelle cathédrale à la nef résolument pop et au choeur intensément romantique. Un véritable puit de lumière inonde en clair-obscur les délicates formes que prend ce premier album éponyme qui verra le jour le 11 juin prochain via le Night School Records de Michael Kasparis (lire). Essentiellement écrit et composé à Melbourne dans sa maison, le disque, à écouter ci-après en intégralité, se déguste avec le même émerveillement que si l'on avait découvert un Frank Tovey délaissant son Fad Gadget non pour de la country fadasse mais pour cette sorte de musique dansante pour adultes mélancoliques. Chef d'oeuvre.

Audio (FULL STREAM PREMIERE)

Vidéo

Tournée

June 3rd - Dublin, Tenterhooks (IRE) +
June 4th - Aberdeen, The Tunnels (UK) +
June 7th - London, Bethnal Green Working Men's Club (UK)
June 8th - Glasgow, Stereo (UK) +
June 9th - Manchester, Gullivers (UK) +
June 11th - DIYSpace For London, (UK) ^
June 12th - Hope and Ruin, Brighton (UK) ^
June 13th - Undertone, Cardiff (UK) ^
June 17th - Aarhus, Denmark (DK) *
June 21st - De Gym, Groningen (NL) *
June 23rd - Espace B, Paris (FR) *
June 25th - West Germany, Berlin (DE) *

* with Carla Dal Forno (Blackest Ever Black)
+ with Apostille (Night School)
^ with CC Dust (Perennial, Night School)

Tracklisting

Liberation - S/T (Night-School Records, 11 juin 2016)

01. You Do The Rest
02. Looking For A Lover
03. Move Me
04. Forget
05. Distant Song
06. Demonstrate
07. Whatever You Want
08. Cold And Blue
09. Leaves Falling
10. Flight Number

Capture d’écran 2016-06-03 à 09.37.53


Billy Bao - C (PREMIERE)

"Je me suis fait baiser et je me ferai baiser à nouveau. (...) Je ne peux pas enregistrer ce processus, mais je peux exprimer ma désolation." Cette phrase du Nigérian installé au Pays-Basque Billy Bao à propos de ses expérimentations noise-punk en dit long, en termes de portée, en termes de liberté aussi : c'est violemment déstructuré, résolument engagé. Ayant quitté Lagos pour s'installer à Bilbao, Billy Bao n'a pas trainé pour enregistrer des disques en solitaire, étrillant de distorsion l'hypocrisie contemporaine, puis s'acoquiner avec trois autres musiciens basques, biens installés dans la filiation punk locale, pour former un groupe empruntant son nom au sien, Billy Bao. Ensemble ils perforent une harsh-noise patibulaire et menaçante de baisses de pression free-jazz et autres divagations électroniques sur lesquelles fulmine l'afro-baroudeur qui ne va pas par quatre chemins pour dire ce qu'il pense : "Je ne suis pas focalisé sur la note juste. Les mecs - Mattin, Alberto L. Martin et Xabier Erkizia - se chargent de cet aspect. Je suis intéressé par les idées et il plus difficile d'en avoir que de savoir jouer d'un instrument." Après quatre albums, dont les deux plus récents Urban Disease et Buildings From Bilbao respectivement sorti en 2010 sur PAN et en 2012 sur l'excellent label espagnol Burka For Everybody, le fantasque quatuor sortira un double LP, Lagos Sessions, constitué de quatre longues et imposantes vêpres bruitistes, génialement décousues, constituant chacune une face. Enregistré live avec une palanquée d'invités - dont Ambido, Diana Bada, Duro Ikujenyo, Mark Ido, Oduyomi Isaiah Oluseye, Joel Isioma Okoh, Orlando Julius, Mendo, Emeka Ogboh - et doublement édité sur support physique via le Castillan Munster Records et le Night School Records du ce cher Michael Kasparis (lire), on écoute ci-après la face C, certainement la plus calme mais aussi la plus habitée, présentant une géographie sonore insaisissable.

Audio (PREMIERE)

Tracklisting

Billy Bao ‎– Lagos Sessions (Munster Records / Night School Records, 4 mars 2016)

01. Side A
02. Side B
03. Side C
04. Side D


Apostille - Virile Strain Transmission

L’apostille, c’est cette note discrète en pied de page, sans rapport avec le contenu, un truc auquel personne ne fait gaffe mais qui garantit l’authenticité. Un sceau. Apostille de son propre label Night School Records (Molly Nilsson, Sally Dige, Paper Dollhouse…), aussi discret qu’efficace à promouvoir par l’expérimentation pluristylistique la diversité de son catalogue, Michael Kasparis vient de sortir son troisième album, Virile Strain Transmission, au titre étrangement parfumé d’eugénisme masculinisé dans un label à dominante féminine.

Après un Perpetual Dirt à la noise-pop technoïde et un Powerless entrelaçant EBM et new wave, l’Écossais s’extrait de plus en plus de son approche pop mais continue à synthétiser sa démence maîtrisée et offre sept morceaux de « souche virile » à classer entre IDM pour survivants de l’apocalypse musicale et raving techno pour gabbers nyctalopes. En écoute intégrale et captivante ci-dessous.

Audio


Paper Dollhouse l'interview

Astrud Steehouder, désormais rejointe par l’artiste multi-media Nina Bosnic, conduit la barque de Paper Dollhouse au confluent de multiples esthétiques, entre épure minimaliste et électronique lascive à la patine techno-industrielle. Un second LP du duo est paru le 2 mars dernier sur Night School Records (lire), trois ans après l’inaugural A Box Painted Black sorti en 2012 sur Bird Records. Prenant le parti d’accentuer la linéarité synthétique de ses compositions et optant pour une langueur atmosphérique plutôt qu’une quelconque mélodie, les deux Anglaises signent avec Aeonflower une peinture à la fois intime et émotionnelle d’un univers parcourant erratiquement les sinueuses frontières du rêve. Les Londoniennes de Paper Dollhouse ayant répondu à nos questions et envoyé une mixtape juste avant de chopper l'Eurostar, elles seront en concert ce soir à la Mécanique Ondulatoire aux côtés des New-Yorkais d'Uniform (lire). On s'y retrouvera forcément.

Paper Dollhouse l'interview

Paper Dollhouse 1
Comment est né le concept de Paper Dollhouse et comment avez-vous trouvé le nom?
How did the whole concept of Paper Dollhouse come about and how did you come up with the name?

Paper Dollhouse vient au départ du film Paperhouse; il a une connotation industrielle et pastel caractéristique qui collait aux sons que je sortais à l’époque. C’est aussi un clin d’œil aux maisons de poupées et aux mondes miniatures. Le lien de fragilité prend tout son sens dans l’approche lo-fi que je pratiquais alors dans ma cuisine et enregistrais sur mon ordinateur. C’est plutôt transparent. Beaucoup de ces sons n’ont pas été publiés parce qu’ils ressemblaient à des démos, mais je pense que je pourrais les sortir prochainement. Nina et moi avons commencé à travailler ensemble après cette première période de trucs purement solo mais le nom se prête encore à des univers imaginaires dans lesquels on est libres de créer nos sons, ambiance et vision en rapport avec cette idée.

Paper Dollhouse originally came from the film Paperhouse; it has a really distinct industrial and pastel tone that worked with the sounds I was coming up with at the time. It’s also a nod to dollhouses and miniature worlds. The link of fragility made sense with the lo-fi recordings I was making in the kitchen and recording into my computer at the time. Kind of diaphanous. Loads are still unreleased as they sounded like demos but I think they might be released as they are soon. Nina and I started working together after this initial period of purely solo stuff but the name still lends itself to imaginary worlds where we’re free to create sounds, light and vision in accordance with the idea.

Comment décrirais-tu Paper Dollhouse, et quelles sont vos plus grandes influences dans ce projet?
How would you describe Paper Dollhouse, and who are your biggest influences in this project?

Elles changent plus ou moins avec le temps. Des trucs minimaux et de la folk glacée, des guitares chaudes et métalliques, ce son Rowland S Howard typique. J’écoute dans l’ensemble beaucoup de musique électronique, je suis une grande fan d’Aphex Twin même si ça ne se sent pas forcément. Le catalogue de Finders Keepers, des trucs punk, jungle, rave, les filles de Bird Records.

They sort of change over time. Icy folk and minimal stuff, searing, metallic guitars, that Rowland S Howard sound. I listen to a lot of electronic music as a whole, I’m a huge Aphex Twin fan though that may not come across. The back catalogue of Finders Keepers, punk stuff, jungle, rave, the girls of Bird records.

Quels genres de sentiments introduis-tu dans tes chansons?
What kind of feelings do you put in yours songs?

C’est plutôt une question d’humeur que des sentiments ou pensées en particulier. Je n’ai pas écrit beaucoup de paroles ces derniers temps. Parfois, elles viennent d’un trait, je les écris sur le dos d’une enveloppe puis je les perds. Au stylo à bille noir en général, même si j’ai aujourd’hui un style à plume. Ceci étant, on peut créer beaucoup d’ambiances par la musique sans dire un mot. Mais les paroles me manquent, je vais y revenir.

It’s pretty mood-based rather than specific feelings or thoughts. I haven’t written many lyrics recently. Sometimes they come out complete and I’ll get them out on the back of an envelope then lose them. Black biro usually, though I got a fountain pen today. That said you can create a lot of mood through wordless music obviously. I miss lyrics though, gonna get back into it.

Pourquoi avoir choisi Night School? Vous vous sentez proches d’eux? Quelle est votre histoire avec Michael?
Why have you chose Night School? Do you feel close to them? What's the story between you and Michael?

Je pense qu’il s’agit d’une reconnaissance autant pour Bird / Finders Keepers que pour Night School, qui nous ont permis de sortir un split. Bird a produit une cassette rose d’Aeonflower pendant que Night School se chargeait du vinyle. Je trouve les deux superbes. C’est génial d’être impliquées auprès des deux labels, je suis une grande fan de leurs catalogues et tous deux tracent leur route avec une grande conviction. J’ai acheté l’album de Space Lady chez Night School, ce qui a amorcé la communication même si je connaissais le label et les groupes dans lesquels Michael s’était précédemment impliqué. C’est vraiment un type investi qui travaille sans relâche pour offrir aux artistes de Night School une excellente plateforme pour ce qu’ils font. Il travaille pour Monorail et joue aussi pour Apostille. Comme je l’ai dit, il travaille dur. Bird / Find Keepers ont pléthore d’enregistrements magiques, d’artworks, de projets et de gens aujourd’hui encore chers à mon cœur.

I think it’s a testament to both Bird / Finders Keepers and Night School that we were able to do a split format release. Bird released a pink cassette of Aeonflower while Night School picked up the vinyl. Each looks beautiful in my opinion. It’s wicked to be involved with both labels as I am a huge fan of their catalogues and both are walking their own paths with complete conviction. I bought the Space Lady record from Night School which began communication though I knew of the label and bands Michael had been involved in before. He’s a really committed guy who works relentlessly hard on giving the artists on Night School a really good platform for what they’re doing. He works at Monorail an performs in Apostille as well. Like I say, he works hard. Bird / Finders Keepers is a magic plethora of records, artwork, projects and people who are always close to my heart.

Paper Dollhouse 3

Tu as un side-project? Tu t’impliques dans d’autres groupes ou projets artistiques?
Have you side-project? Are you involved in other band or other artistic project ?

Pas pour le moment, même si j’ai aussi très envie de jouer de la guitare et de la batterie bruyantes dans un groupe au son plus dense. J’y travaille. Paper Dollhouse est très ouvert dans le sens où les sorties passées et présentes vont probablement résonner différemment, c’est un son évolutif dans lequel j’espère injecter ma nouvelle boîte à rythme lumineuse (TR8), un nouveau synthé et davantage de vraie batterie à un moment donné. De la weird pop et de l’electro à petite dose, du field recording et plus de poésie.

Not at the moment though I really want to play loud guitar and drums in a heavier band as well, working on it. Paper Dollhouse is pretty open in the sense that the releases past and present are probably going to sound quite different, an evolving sound where I hope to inject my new, light-up drum machine (TR8), a new synth and more real drums at some stage. Weird pop and electro in small doses, field recordings and more poetry.

De quels groupes contemporains te sens-tu proche?
Which actual bands do you feel close to?

Les groupes que je connais, probablement. Il y a peu, on a joué avec le label Folklore Tapes, et je suis une bonne amie de Maghapi et Emma Tricca, une artiste folk de Bird Records qui habite de l’autre côté de ma rue, à Londres. Dernièrement, j’ai fait quelques trucs avec DB1 sur Hidden Hawaii, excitée à l’idée d’en voir l’évolution, et un peu de scoring pour un documentaire. On fait des trucs avec le collectif Old Apparatus, dont un récent concert où on a installé des tonnes de néons, de ballons à l’hélium et une lumière noire. C’était dingue.

The bands that I know probably. We recently played a show with the Folklore Tapes label, I’m good friends with Magpahi and Emma Tricca, a folk artist on Bird records who lives across the road from me in London. I’ve been doing some things with DB1 on Hidden Hawaii lately, excited to see how that turns out, plus some scoring for a documentary. We do stuff with the Old Apparatus collective including a recent show where we set up loads of neon, helium balloons and a black light. It was wicked.

Quelle est la suite? Partez-vous bientôt en tournée avec Paper Dollhouse?
What’s next for you & are you going on tour with Paper Dollhouse soon?

Continuer à jouer avec mon nouveau matos, monter un nouveau studio pour Nina, écrire de nouvelles prods.

Work on playing around with new gear, setting up a music studio for Nina, writing new stuff.

Vidéo

Mixtape

01. DIAT - Schadenfreude
02. Animals & Men - Don't Misbehave In The New Age
03. Suburban Lawns - Janitor
04. Come On - Mona Lisa
05. Suburban Homes - Conformity in the UK
06. Photodementia - Gyrectomy
07. der Zyklus - Elektronisches Zeitechno
08. Emeralds - Geode
09. Sammy Osmo - Verlaten Dierentuin Wassenaar
10. T.R.A.S.E. - Sketch-3
11. Ausmuteants - Hate This Town
12. The Chills - Pink Frost
13. Galwad Y Mynydd - Niwl Y Mor

Tracklisting

Paper Dollhouse - Aeonflower (Night School Records, 2 mars 2015)

01. Oracle
02. Stand
03. Helios
04. Psyche
05. Your Heart
06. Diane
07. Silence
08. In The Sun
09. Black Flowers
10. Siren


Molly Nilsson - Happyness

Molly-Nilsson

En 2015, Molly Nilsson reste la preuve vivante qu'il est possible de sonner kitsch - les saxo synthétiques tout ça tout ça... - tout en continuant à fasciner, d'être 100% DIY et avoir un retentissement qui déborde largement les undergrounds, et de ne jurer que par le dépouillement intégral sur scène - un seul lecteur CD comme accompagnement - tout en radinant à ses shows un nombre incalculable d'inconditionnels. C'est que la néo-Berlinoise à une voix, une sacré voix même, qu'elle appose sur disque comme d'autres enfilent les pintes. Ainsi, après History (2011) et The Travels (2013), celle que l'on a interviewé au temps de sa collaboration avec John Maus (lire) sortira le 3 novembre prochain via Night School Records et son propre label Dark Skies Association son nouvel LP dénommé Zenith et déjà défloré par la vidéo de l'ode mélancolique 1995. Second extrait balancé en pâture à la vindicte populaire, la vidéo d'Happyness, à découvrir ci-après, a été tournée par l'inénarrable Michael Kasparis avant le show de la diva Suédoise le 15 septembre dernier au Berghain. Rien que ça.

Vidéo

Tracklisting

Molly Nilsson - Zenith (Night School Records / Dark Skies Association, 3 novembre 2015)

01. The Only Planet
02. 1995
03. H.O.P.E.
04. Mountain Time
05. Bunny Club
06. Intermezzo: Palimpsest Galore
07. Happyness
08. Lovers Are Losers
09. Clearblue
10. My Body
11. Titanic
12. Bus 194 (All There Is)
13. Tomorrow


Apostille - The Collector (PREMIERE)

Apostille ChathamAprès la cassette Perpetual Dirt parue l'année dernière via Goaty Tapes (lire), Apostille - projet multidimensionnel et solitaire de Michael Kasparis - sortira Powerless sur Night School Records le 27 avril prochain. Celui qui tire les ficelles du label sur lequel parait son premier véritable disque (lire), et qui s'est donc permis le luxe de graver dans la profondeur de son sillon les estimables voix de Molly Nilsson, Julia Holter, Mara Barenbaum de Group Rhoda ou encore celle de Suzy Soundz de The Space Lady avant d’asséner son tintamarre flirtant avec un synth-punk aux résonances industrielles et new-wave, expose par ce biais l’incroyable diversité que recèle les méandres de son cerveaux, sorte de dialogue triangulaire psycho-maniaque entre Frank Tovey, Alan Vega et Genesis P-Orridge, avec en toile de fond cette Ecosse accueillante mais impénétrable et un penchant plus qu'avéré pour une électronique dure sur l'homme. A l'affiche d'une soirée Hartzine à l'Espace B lundi 30 mars prochain avec Happy Meals et Night Riders à ses côtés (Event FB), celui qui banane avec Luke Younger du bon vieux punk des familles au sein The Lowest Form, offre ci-après The Collector à la vindicte populaire. Qu'on lui en rende grâce.

Audio

Tracklisting

Apostille - Powerless (Night School Records, 27 avril 2015)
1. Life
2. The Collector
3. Panic Attack At The Station
4. Control
5. Worry
6. Deserter
7. Good Man
8. Olivia's Eyes
9. Slurry


Paper Dollhouse - Helios

Paper Dollhouse, projet de la londonienne Astrud Steehouder désormais rejointe par l'artiste multi-media Nina Bosnic, partage plus qu'une simple esthétique ultra-minimaliste doublée d'une électronique lascive avec le duo DVA Damas, récent auteur de l'EP Wet Vision sur Downwards North America (lire). Joe Cocherell s'est en effet fendu l'année passée d'un split EP en compagnie de Montalk (= Paper Dollhouse?) sur l'énigmatique label Resilience intitulé Interpretations of Paper Dollhouse - scellant ainsi, par cette relecture aux résonances techno-industrielle, une amitié née dans les tréfonds d'un club au Nord de l'Angleterre. Et tandis que les seconds sortent de la pénombre avec un maxi long de quatre titre sur l'extension US de Downwards drivée par Juan Mendez, les premiers cités instiguent un second LP à paraître le 2 mars prochain sur Night School Records après l'inaugural A Box Painted Black sorti en 2012 sur Bird Records. Prenant le parti d'accentuer la linéarité synthétique de ses compositions et optant pour une langueur atmosphérique plutôt qu'une quelconque mélodie, les deux Anglaises signent avec Aeonflower une peinture à la fois intime et émotionnelle d'un univers parcourant erratiquement les sinueuses frontières du rêve. La kaléidoscopique mise en images d'Helios, réalisée par Patrick Stein et premier extrait de ce-dernier, est à découvrir ci-après.

Vidéo

Tracklisting

Paper Dollhouse - Aeonflower (Night School Records, 2 mars 2015)

01. Oracle
02. Stand
03. Helios
04. Psyche
05. Your Heart
06. Diane
07. Silence
08. In The Sun
09. Black Flowers
10. Siren


On y était : The Space Lady à l'Espace B

The Space Lady

On y était : The Space Lady le 2 octobre 2014 à l'Espace B, par Sonia Terhzaz

Il y a quelques années, je tombais par hasard, de manière fortuite et mystérieuse, sur une compilation gravée qui me fit le plus grand effet : un assemblage de « musiques incorrectes » et dissonantes, de sons bruts produits au moyen d’instruments mal accordés, d’un goût des plus suspects, des morceaux mélodiques exécutés « à la mode » karaoké avec des synthétiseurs de fortune, des voix chevrotantes, sonnant faux mais toujours habitées. Je l’appelais ma compilation Cono va, l’affublant ainsi d’un nom énigmatique et régressif (me dira-t-on) à l’image de son contenu. Ignorant tout de ces artistes, inconnus du grand bataillon médiatique, dans cette compilation surannée et non légendée, il a fallu les retrouver un par un, chercher méthodiquement sur internet en tapant : « weirdest music ever », « awesomely strange music », « mad singer with a crazy voice »…

Je retrouvais ainsi les Shaggs ou Daniel Johnston parmi les plus médiatiques, jusqu’aux personnalités les plus hermétiques, Hermine Demoriane, Johnny Arcesia, Shooby Taylor, Gloria Balsam ou encore Dean Milan : tous les nouveaux chantres de ma cosmogonie Cono va, évoluant dans un monde musical interlope… J’appréhendais, par la même occasion, une communauté de fidèles, dévoués à la cause de l’outsider musique, plongés dans la découverte de petites perles d’étrangeté musicale, partageant un engouement pour des figures artistiques atypiques émergeant du grand fatras mélodique. Cet enthousiasme pour une musique ou, plus généralement, un art hors-normes, semble plus manifeste aux Etats-Unis, sans doute en raison d’un cloisonnement moins systématique des genres, dans un pays quelque peu privé d’une tradition artistique vraiment ancienne. Ce jeune terreau favoriserait une approche plus décomplexée, ne privilégiant pas nécessairement la distinction des genres, et davantage ouverte à différentes expressions d’art populaire… Là où les individualités expriment leur singularité et par-là même leur liberté, cette liberté de créer et d’être en marge de façon non refoulée ou même inconsciente. Pure inventivité et authenticité... C’est le doux rêve de chaque créateur inspiré !

C’est alors que Tibo m’a fait découvrir un Cono va que je ne connaissais pas, la chanteuse Suzy Soundz aka The Space Lady, avec pour titre d’introduction Major Tom, une reprise élégante et éthérée d’un morceau de Peter Schiling, un musicien de synth pop allemand, issu de son album Error In The System sorti en version anglaise en 1983. Le morceau était déjà bien halluciné et pourtant, Susan Dietrich Schneider se l’approprie avec une facture tout aussi inusitée mais avec grâce, singularité et sombre sobriété que je n’ai, par la suite, cessé de retrouver, à l’écoute de ses autres « tubes », revisités et réunis dans une compilation intitulée The Space Lady’s Greatest Hits chez Night School Records. Elle avait commencé dans les années 70 à se produire dans les rues de San Francisco, toute frêle, munie de son accordéon et son éternel accoutrement (un casque de Gaulois rehaussé d’une lumière clignotante rouge). C’est désormais avec un Casio qu’elle synthétise et immortalise, trente ans après, ces mêmes reprises. Elle confère à chaque morceau une nouvelle intensité, donnant ainsi de la fragilité à un titre musclé de Steppenwolf, Born To Be Wild, imitant le son des heavy bikers et leur « lourd tonnerre métallique » avec son synthé enchanteur. Le choix des morceaux, tout comme celui des titres, est si évocateur de l’univers idiosyncratique et poétique de The Space Lady : de I Had Too Much To Dream Last Night des Electric Prunes (sélectionnée dans la compilation Songs in the Key of Z - The Curious Universe Of Outsider Music, une autre compilation dans le champ de la « musique incorrecte » concoctée par Irwin Chusid) au titre de Stan Jones, Ghostriders In The SkyImagine de John Lennon, ou encore à Synthesize Me - titre qui lui sera dédié, au plus près de son univers spiritu-alien, écrit et composé par Joël, son premier mari, à une époque où ils vécurent heureux dans une grotte au-dessus du Mont Shashta et eurent trois enfants cosmiques. Ces chansons (exceptée la dernière) lui servent de canevas et permettent d’exprimer sa créativité et de développer son univers singulier. Son style et sa force expressive s’affirment en toute liberté en dépit du fait qu’elle souhaitait ardemment rester au plus près des originaux. « People began telling me how “different” and “original” my interpretations were, when I was actually trying my best to recreate what the original artists had done. » Une involontaire inventivité... C’est peut-être ce qui caractérise un Cono Va, à savoir cette propension à créer, de manière presque non intentionnelle, sans même prendre conscience du décalage, et par-là même, de la puissance créative qu’il induit. C’est, finalement, la douceur de Suzy et son humilité, notamment au cours des petits intermèdes mélodiques, qui nous font chavirer. Les termes « psychédélique» et « cosmique », qui ponctuaient joyeusement tous ces interludes, comme des gimmicks envoûtants en guise de présentation, apparaissaient comme des tentatives un peu maladroites d'animation scénique. En effet, elle qui effectuait, après toutes ces longues années passées à chanter dans les rues, sous l'indifférence des passants, faisant de son univers sub-terranéen son gagne pain, sa première tournée européenne, semblait médusée à la découverte de cette petite notoriété.

L'un des aspects les plus frappants de la musique outsider est sans doute sa tendance à représenter le monde en termes transcendants et métaphysiques. Les Cono va recréent une cosmogonie personnelle qui étaye « la réalité » de leur monde et qui finalement est intimement liée à l’esprit de révolte, de par ce refus de se voir infliger un univers. Outre ce que peut signifier un tel regain d'intérêt pour un art des marges évoluant en dehors des circuits traditionnels (même si très souvent récupéré), pour un public érudit cultivant par tendance un art du décalage et se targuant d’être à la pointe de l’intelligibilité, et bla bla bla, ces Cono va m’ont laissée coite et m'emballent secrètement, et je n'aurai de cesse, désormais, de les chercher là où les rencontres et la recherche digitale me porteront.

The Magic Girls

The Space Lady & Microcheval - The Space Girls © Svn Sns Rcrds


Prostitutes - Hate's In The City

Prostitutes - NouveaureeJames A. Donadio envoie du bois depuis 2011 sur Stabudown, Opal Tapes, Digitalis Recordings et plus récemment en 2014 sur Spectrum Spools avec le LP délicieusement nommé Petit Cochon. Pas le temps de pavoiser, le résident de Cleveland dégoisera un EP violent du slip le 8 septembre prochain sur Night School Records (lire) - de plus en plus enclin à accueillir des archétypes électroniques sans concession tel les Russes de Love Cult (lire). Le morceau Hate's In The City, scindé en deux, installe une pression sexuelle, émanant d'un funk blanc aux forceps, dans un fracas techno aux résonances punk.

Audio

Tracklisting

Prostitutes - Nouveauree (Night School Records, 8 septembre 2014)

01. Late To Take It Light
02. Hate's In The City
03. Punk's In The Street
04. Dragged It Home To Bed
05. So Goddam Gaunt


Charcoal Owls - Tin Roof

Le duo Charcoal Owls est composé du prolifique multi-instrumentiste Tom James Scott, jouant pour sa pomme et pour le compte d'une autre collaboration, Liberez, et du poète et vocaliste Russell Walker des très respectables Pheromoans et The Bomber Jackets dont on a causé en bien dans un récent RE(FLUX). Et si le groupe n'a pas encore une foultitude de cordes à son arc discographique, avec deux cassettes, Completely Smashed sur OneC Records en 2011, et Remastered Gardens sur Night People en 2010, nul doute que son premier LP, Tin Roof, édité le 7 avril prochain par Night School Records, imprimera ce qu'il faut de poésie expérimentale, entre mélodies cotonneuses, instrumentation abstraite et spoken word caustique et dépenaillé, pour faire date. Les quelques morceaux, égrainés ci-après, en rendent fidèlement compte à mi-chemin entre nonchalance et élégance - avec une mention spéciale à l'introductive Twickenham Slags.

Audio

Trailer

http://www.youtube.com/watch?v=KMEmPGL6o9g

Tracklisting

Charcoal Owls - Tin Roof (Night School Records, 7 avril 2014)

01. He's Always In Here
02. Artificial Eyes
03. Twickenham Slags
04. Johnny
05. Anxious Under Tin
06. Grace Period
07. Pink Slip
08. The Rundells
09. 225 Says You'll stay
10. Wild Cards
11. The Day Toby Young Died
12. Clapham Monster
13. I Just Can't Say When


Love Cult - It's True (PREMIERE)

Love Cult - KnowSi l'on a déjà évoqué Love Cult à l'occasion du morceau My Boy et de sa mise en image complètement pétée (lire), l'EP vinyle Know du duo carélien composé d’Anya Kuts et d’Ivan Afanasyev sort aujourd'hui même via Night School Records, approfondissant un peu plus la notion de no-tech - pour northern technology - revendiquée par le groupe et insufflant l'idée d'un spleen déshumanisé et d'une technologie hantée, viciée, à rebours de sa mécanique dansante naturelle - le rythme - entre froideur, obsession et déconstruction.

Audio (PREMIERE)

Tracklisting

Loce Cult - I know (Night School Records, 13 janvier 2014)

1. Mise En Abyme
2. My Boy
3. Lust Undone
4. It's True


Love Cult - Know EP

Love Cult - KnowLove Cult, duo carélien composé d'Anya Kuts et d'Ivan Afanasyev, sortira le 13 janvier prochain via Night School Records un EP 12", sobrement intitulé Know, filant la trame onirique de son premier album paru l'année passée sur Public Information, Fingers Crossed. Si l'on croyait tout savoir sur la structure emmenée par Michael Kasparis (lire), on était pourtant loin de se douter que le Britannique s'enticherais à son tour - et avec un brio certain - de cette vague immersive, alliant charnellement techno intimiste et ambient contemplative. Se détachant sensiblement de ses productions noise et drone d'antan - dilapidées par le biais du label Full of Nothing et estampillées no tech pour northern technology -, Love Cult ébruite un spleen vespéral, à mi-chemin des productions de Downwards et Tri Angle, telle une ode fantomatique à l'étrangeté du quotidien. En témoigne la vidéo bien pétée du single My Boy à découvrir ci-après.

Audio

Vidéo

http://vimeo.com/75861409


Who are you Night School Records?

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Quel peut être le point commun entre l'adulée Molly Nilsson, la renommée Julia Holter, la fantasque Nikki Nevver de Terror Bird, la théâtrale Canadienne Sally Dige et l'élégante Mara Barenbaum de Group Rhoda ? Voire même avec la stratosphérique Suzy Soundz et sa visionnaire incarnation devenue culte The Space Lady ? A priori, leur féminité militante, leur voix pénétrante au timbre inclassable et donc mémorable, leur caractère insaisissable, leur éparpillement géographique - l'une étant suédoise et établie à Berlin, d'autres de San Francisco et deux d'entre elles tartinant leurs toasts de sirop d'érable - , ou encore le fait d'avoir toutes été, à un moment ou un autre, mises en scène dans nos colonnes ou à l'occasion de l'une de nos soirées. Ainsi, l'interviewée Molly Nilsson (lire) foula l'estrade de l'Espace B en avril 2012 (voir) à l'occasion du premier Fake Series du nom, tout comme Sally Dige (lire) en décembre 2012 et Group Rhoda en mai dernier. En trois ans, Nikki Nevver a quant à elle traîné ses guêtres à l'International - pour notre tout premier concert en compagnie d'Ela Orleans -, l'Espace B et la Mécanique Ondulatoire. Seules les intouchables Julia Holter et Suzy Soundz nous fuient, mais pas tant que ça (lire). Mais non, parmi toutes ces propositions, rien n'y fait, tel n'est pas là leur véritable dénominateur commun. Celui-ci se prénomme Michael Kasparis, instigateur depuis 2011 - et un 7" de Golden Grrrls - du label Night School Records. Le Londonien, un temps collaborateur de l'impeccable blog new-yorkais International Tapes et musicien de son état au sein de Please et de son projet solitaire Apostille, apparaît d'ailleurs en creux d'une autre histoire discographique puisqu'il travailla à Glasgow aux côtés de Fleur et Jérôme, maturant à ce moment précis l'idée directrice de La Station Radar (lire). Le monde est certes petit, mais le milieu de la musique indépendante est lui minuscule et... interconnecté, Michael m'écrivant en début d'année pour m'entretenir d'un LP co-réalisé avec l'Américain Slumberland de Golden Grrrls. De ce même goût pour les caresses vespérales et les nappes synthétiques obnubilantes a germé l'idée de cette interview, mais aussi et surtout de la mixtape, à écouter et télécharger en fin de papier, mettant en relief les aspérités d'un label se jouant, malgré les apparences, d'une esthétique musicale trop orientée : s'il convient de son attachement aux perspectives que recèlent ces divas du DIY, écoutant avant tout son cœur dicter ses choix de sorties, le trentenaire fait montre d'un éclectisme tutoyant l'expérimentalisme noise - avec les Écossais de Divorce, ennemis jurés de tout ORL patenté - électronique - avec les Lisboètes hallucinés de Yong Yong - et rock - avec l'exubérant Benedict Roger Wallers caché derrière le patronyme de The Rebels. Un sacré bouillon de culture underground qu'incarne notamment l'orgiaque cassette-compilation Appeal (2011), jetant un pont entre la micro-structure et une myriade d'autres jalonnant le Royaume-Uni, mais pas que, avec The Pheromoans, Haxan Cloak, Girls Names,  Mushy,  Meddicine ou Dignan Porch. On pense alors à Clan Destine Records, Night People, Mannequin, Captured Tracks... soulignant un peu plus tout l'attrait d'un label déjà auteur de trois LP en 2013, et pas des moindres avec le précité et éponyme Golden Grrrls, l'inestimable All This Time de Terror Bird (lire) et l'ultime The Travels de l'ange Molly (lire). Et ce, sans compter la surprenante sortie d'un 7" de Suzy Soundz, Major Tom/Radar Love - dont la face B est à écouter en exclusivité ci-après - précédant de quelques mois un Greatest Hits réactivant de fait le message de paix et d'harmonie sur terre de la Space Lady. Reprenant seize des meilleurs morceaux de celle qui arpentait, munie de son clavier et d'un casque ailé, les rues de Boston à la fin des années soixante-dix, puis celles de San Francisco dans les années quatre-vingt, et qui aujourd'hui écrit son autobiographie, la compilation rassemble des enregistrements de 1990 remastérisés par Brian Pyle d'Ensemble Economique. Une bonne connaissance de plus.

Audio (PREMIERE)

Audio

Entretien avec Michael Kasparis

Apostille

Raconte-moi comment l'aventure Night School Records a commencé ?
Tell me how did Night School get started? 

Je m'occupe seul du label avec l'aide de quelques amis talentueux. Tout a démarré pendant une période difficile de ma vie durant laquelle je vivais chez un ami et je me sentais déprimé. J'ai pris toutes les décisions importantes relatives au label le jour de Noël 2010, après être resté éveillé jusqu'à quatre heures du matin la veille à regarder Until the Light Takes Us. C'était plus excitant que de se poser les questions existentielles habituelles du style mais qu'est ce que je fous ? Et puis j'ai rencontré pas mal de personnes du milieu qui entubaient et baisaient les artistes, ou qui dirigeaient leur labels n'importe comment, sans aucun sens éthique. Ça a compté, je me suis dis que je pourrais le faire de manière transparente et honnête, en fonctionnant à l'enthousiasme pur.

Le label a commencé par deux sorties : Beaches de Golden Grrrls et Outside de Terror Bird. Les premiers sont des amis et je ne comprenais pas pourquoi personne n'avait encore sorti un disque d'eux, ils étaient si bons - et le sont toujours. Je suis complètement fan de Terror Bird. Je suis tombé amoureux de la voix de Nikki donc je lui ai simplement demandé si je pouvais sortir quelque chose. J'ai vendu un tiers de ma collection de disques pour financer ces sorties puis j'ai dû me débrouiller pour les fabriquer. Tout a été fait dans la difficulté et l'erreur. Au lieu de faire des étiquettes pour Beaches, j'ai découpé des formes que j'ai ensuite peintes à la main. Je me suis aussi coupé le doigt avec le massicot pour les quatre premières sorties dont il existe des éditions très limitées... avec mon sang. Pour le nom... j'allais à beaucoup de cours du soir à l'époque, pour apprendre des trucs, et je suis tombé sur un mauvais film d'horreur du même nom donc j'ai pensé que ça représentait bien mon état d'esprit à ce moment-là.

The label is just me, with some help from talented friends. It started at a difficult time for me, when I was living at a friend's house and feeling bleak; I made all the relevant decisions on Christmas Day 2010, after staying up till 4 am the previous night watching Until the Light Takes Us. I suppose it was something exciting to think about instead of all the usual "what the fuck am I doing?" sort of life questions. Also, I had come into contact with a lot of people who were screwing over artists, or were running labels badly and with no sense of ethics and I just thought I could do it in a transparent way powered by pure enthusiasm.

It started with two releases: Beaches by Golden Grrrls and Outside by Terror Bird. The former were friends of mine and I didn't understand why no one had released a record by them, they were/are so good. Terror Bird was utter fandom. I fell in love with Nikki's voice so I just asked her if I could put something out. I sold a third of my record collection to fund these records, and then had to figure out how to make them. Everything was done with trial and error. Instead of doing labels for "Beaches" I cut out shapes and hand painted the labels. I also sliced my finger up on a guillotine for the first 4 releases so there are very limited editions with my blood on some of them. The name - I was doing a lot of 'night classes' at the time, learning things, and I came across a bad slasher flick with the same name so I thought it represented how I was feeling at the time.

Quelle est la direction artistique du label ? Y a-t-il une esthétique musicale, un concept que tu essaies de garder à chaque sortie ? Il y a une évolution depuis les débuts, non ?
What's the artistic guideline of the label? Is there a musical aesthetics, a concept which you try to keep at every release? There is an evolution compared with the origin, no isn't it?

J'aime l'imaginer comme une sorte de tribune libre où je peux exprimer différentes idées et voir ce qui se passe. Je n'ai pas de recommandations, ni de directives, ni d'indications méthodiques ou une idée définie de ce qui est ou de ce qui doit être. Financièrement, c'est contre-productif, les labels ayant une idée très précise de ce qu'ils sont, une identité fixe, arrivant plus facilement à créer une communauté de fans. Mais selon moi c'est du marketing et c'est moralisateur, ce que j'essaie d'éviter. Ça engendre l'inertie, la médiocrité. J'aime surprendre les gens.

L'unique ligne directive est que, pour chaque sortie, je dois avoir un instinct viscéral à son sujet, sur son existence. Je suis bien conscient que certaines personnes qui n'aiment qu'un seul type de musique n'apprécieront qu'un ou deux groupes sur le label, et c'est bien, je suis heureux de pénétrer par petites touches dans leur monde. Mais ce que je trouve le plus intéressant c'est quand quelqu'un achète un disque de Golden Grrrls et un autre de Yong Yong en même temps. Je jouais à Brighton l'autre jour et quelques personnes sont venues me dire qu'elles adoraient le label - elles achetaient des disques de Group Rhoda et portaient des T-shirt de Divorce - et ce genre de choses signifie beaucoup. Ça montre que certaines personnes ont des idées similaires et que personne n'est seul.

Et oui, il y a une évolution. Mais si tu écoutes la cassette Appeal (LSSN003 d'avril 2011) tu auras un aperçu assez large du catalogue ! Il y a des trucs comme Haxan CloakBill KouligasMaria MinervaHeatsick dessus à côté de Golden Grrrls, Hard Skin, The Lowest Form. Je pense qu'aujourd'hui, les gens ont des goûts plus larges - en tout cas en ce qui me concerne - et je ne vois pas pourquoi un label ne devrait pas simplement suivre son cœur.

I like to think of it as a sort of open forum where I can gently nudge different ideas into the open air and see what happens. I don't have methodical guidelines or a set idea of what it is or should be. This is counterproductive financially as labels that have a very set idea of what they are, a fixed identity, tend to do better at building a 'fanbase.' But to me this is branding and is a little didactic, which I try to avoid. It engenders stasis, mediocrity. I like surprising people.

The only guideline for each release is that I have to have a gut instinct about it, about seeing it in the world. I'm well aware that some people who like certain musics will only like one or two things on the label and that's great, I'm happy to penetrate their world a little. But what I find most interesting is when people buy a Golden Grrrls record and a Yong Yong release together, for example. I was playing a show in Brighton recently and some people came up to me and said they loved the label - they were buying Group Rhoda records and had a Divorce T-shirt on - and that sort of thing means a lot. It shows that some people have similar ideas and that one is not alone.

And yes, there is an evolution. But if you listen to the Appeal tape I did - LSSN003 from April 2011 - you'll get a pretty broad preview of the scope! It had stuff like Haxan Cloak, Bill Kouligas, Maria Minerva, Heatsick on there next to Golden Grrrls, Hard Skin, The Lowest Form. I think these days people have wider tastes - I certainly do - and I don't see why a label shouldn't just follow its heart.

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Quels genre de labels t'inspirent dans ta démarche ?
What kind of labels inspired you in your approach?

Mmmh... un mélange entre les entreprises de mes amis et mes labels préférés à travers l'histoire. ESP – pour la liberté totale qui permet aux artistes de faire tout ce qu'ils veulent. En plus, ils ont l'air cool. El Saturn – un des premiers labels DIY ! Sun Ra est un modèle de quelqu'un d'à la fois clairement business man (si si, il l'était !) mais qui avait aussi l'air de venir complètement d'un autre monde (ou pour dire simplement « et complètement à l'ouest »). La Vida Es Un Mus – Mon ami Paco le dirige et il m'a été d'une grande aide au début. Il a une approche très pratique des choses et ça se voit dans ses disques. Il ne fait aussi jamais de compromis. Hospital Productions – le label de Dominick Fernow est un très bon exemple d'un label dirigé par un artiste qui s'occupe autant de ses propres travaux que de ceux des autres. Dischord – pour toutes les raisons que tu peux imaginer. Je n'aime plus tant de trucs sur le label mais comme modèle, c'est assez imbattable. Elektra – si tu regardes l'éventail des sorties d'Elektra de ses débuts à son incorporation à WEA en 1969, c'est assez dingue. Elektra a sorti AMM (un groupe anglais d'impro avant-garde de 1967), Bread, en passant par Funhouse. Et c'était par amour de la musique. Enfin je l'espère. Peut-être pas. Ils n'ont pas du gagner beaucoup d'argent avec AMM en tout cas.

Mmm... a mixture of friends' endeavours and my favourite labels through-out history: ESP - for the sheer freedom, allowing the artist to do whatever they want. They also look great. El Saturn - one of the original DIY labels! Sun Ra is a big inspiration for basically being a business man (come on, he was!) but also being other worldly. La Vida Es Un Mus - my good friend Paco runs this and he was a big help early on. He has a real hands-on approach to everything and it shows in his records. He also never compromises. Hospital Productions - Dominick Fernow's label is a great example of an artist-run label that equally deals with his own material and that of others. Dischord - For all the reasons you can imagine. I don't like that much on the label any more but as a model it's pretty unbeatable. Elektra - If you look at the range Elektra put out from it's inception to it's incorporation into WEA in 1969 it's pretty wild. Elektra put out AMM (1967 British improv avant garde group) through to Bread via Funhouse. And it was because they loved the music. I hope. Maybe not. They probably didn't make a lot of money out of AMM at least.

En tant que patron de label, est-ce que le DIY a une forte influence sur ton travail ? Est-ce que tu considères encore Night School comme un label artisanal ?
As label owner, does the DIY have a strong influence on your work? Do you still consider Night School like a bedroom label?

Oui, carrément. Bien que je ne sache pas exactement ce que ça signifie, DIY. C'est souvent utilisé par certaines personnes comme moyen de se sentir supérieur. Il y a des labels qui s'occupent d'absolument tout mais, pour ma part, j'aime toujours pousser le raisonnement jusqu'à l'absurde. Par exemple, un label peut être DIY mais il paye quand même quelqu'un pour presser un vinyle. Tu vois ce que je veux dire ? Où est-ce-que ça s'arrête ? Je suis DIY dans le sens où personne ne me dit ce que je dois faire. Je me fais aider pour distribuer les disques et parfois j'engage des gens pour la promotion, tout dépend de la sortie. Parfois je fais les sérigraphies des jaquettes, parfois des amis le font et il m'arrive d'avoir un budget qui me permet de les payer. Night School Records est un label artisanal puisque je n'ai pas de bureau, j'ai un boulot alimentaire, et il ne me rapporte pas vraiment d'argent. Ma chambre est si petite que si j'avais 200 LP invendus, il faudrait que je dorme dehors.

Yes definitely. Though I don't actually know what that means, DIY, I think it's often used as a means for people to feel superior over other people. There are labels where people do absolutely everything but I always like to reduce things to their absurd end. So for example, such and such might be a DIY label but you're still paying someone to press a vinyl record. You know what I mean? Where does it stop? I'm DIY in that no one tells me what to do. I have help distributing the records and sometimes I hire people to get the word out, depending on the release. Sometimes I sit and screen print sleeves, sometimes I have friends who do that and I might have a budget to give them some money. Night School Records is a bedroom label in that I don't have an office, I have a day job, and I don't really make any money out of it. My bedroom is so small that if I had 200 LPs leftover from a pressing I would have to sleep outside.

Quelle est la sortie dont tu es le plus fier ?
What’s the release of which you are most proud?

Chaque sortie est unique et je suis fier de chacune d'entre elles pour différentes raisons. Je suis fier du LP de Golden Grrrls parce que beaucoup de personnes ont pu l'entendre. Et Group Rhoda a été le premier LP que j'ai sorti. En ce moment, ma plus grande fierté est All this Time de Terror Bird, forcément. C'est un disque où, intimement, je me suis impliqué à toutes les étapes. D'ailleurs, toutes les chansons me font littéralement craquer.

Each release is different and I'm proud of them for different reasons. I'm proud of the Golden Grrrls LP in that a lot of people got to hear it. Group Rhoda was the first long player I did so I'm proud of that. At the moment I'm most proud of All this Time by Terror Bird, naturally. It's the record I've been most intimately involved with at every stage and every song on it almost makes me burst.

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Quels sont les artistes de Night School qui représentent le mieux l'approche artistique du label ?
What are the artists on Night School who represent most the artistic approach of the label?

Wow, je ne sais pas. Peut-être Apostille - c'est-à-dire ma propre musique - parce que c'est presque aussi ouvert musicalement que le catalogue du label. Peut-être est ce une réponse trop évidente... ?

Wow I don't know. Maybe Apostille (as in, my music) because it's almost as open in musical strains as the labels' roster. Maybe that's too obvious an answer...

Julia Holter, Golden Grrrls, Terror Bird, Group Rhoda... le label recèle une constellation de jeunes chanteuses délayant une pop expérimentale et synthétique. Es-tu obsédé par ce type de voix ?
Julia Holter, Golden Grrrls, Terror Bird, Group Rhoda... The label reflected a constellation of young women singing only an experimental and synthetic pop. Are you obsessed by this king of voice?

Haha, c'est une bonne question que je me suis d'ailleurs déjà posée. Je dois d'abord préciser un truc : je ne suis pas à la recherche de jeunes femmes qui chantent par dessus des synthés. En revanche, j'aime les voix féminines. Je les trouve plus puissantes que la plupart des voix masculines. Moins prudentes peut-être. Je ne sais pas. C'est difficile de parler de cet aspect, étant un homme : c'est condescendant - voire même sexiste - de ma part de rechercher ce genre de choses - et peut-être même louche et pervers. Pour ma défense j'ai aussi sorti The Rebel - dont Man V Cock est probablement la meilleure parodie de la misogynie existante -, Divorce avec pas un seul synthé et Yong Yong. Ceci étant dit, il y aura cette année beaucoup plus de sorties du genre de celles que tu as mentionnées.

Et puis, je suis plus intéressé par la perspective que par les voix. J'aime des points de vue différents de ceux dont te gavent les médias. Quelqu'un comme The Rebel a une vision du monde différente de celle de la plupart des gens et je trouve ça très intéressant. C'est la même chose avec Nikki de Terror Bird. La dernière chose par laquelle j'ai envie est de juger la musique d'un groupe est le sexe du musicien.

Haha that's a good question and one I've thought about. I have to say that I don't go looking for young women singing over synths, but I do love the female voice. I find it more powerful than most male voices. Less guarded maybe. I don't know. It's hard to talk about this aspect as a male; I think it would be patronizing and maybe even sexist for me to just go for that sort of thing - and also maybe creepy. In my defense I've also released The Rebel - "Man V Cock" is probably the best send-up of misogyny you can think of - Divorce (not a synth in sight) and Yong Yong. Having said this, this summer will see a lot more of the sort of stuff you mentioned from Night School...

Maybe it's not the voices so much as the perspective that I am interested in. I like different perspectives from what you are force fed by consensus media opinion. Someone like The Rebel sees the world in a different way to a lot of people and I find that very appealing. The same goes with Nikki from Terror Bird. The last thing I want to do is judge music on the gender of the musician.

Comment choisis-tu les artistes avec lesquels tu travailles et quelles sont tes relations avec eux ?
How do you choose the artists with whom you work and what are your relations with them?

J'aime penser que j'ai de bonnes relations avec chacun d'entre eux. Tant que tout le monde est honnête et fait les choses pour de bonnes raisons il n'y aura jamais de problème. Je choisis les artistes uniquement en fonction de leur musique et j'espère que ce sont des gens bien après coup. Il doit y avoir des musiciens qui sont des personnes affreuses mais heureusement, je n'ai pas encore sorti leurs albums. Ce n'est pas pour dire que je n'aime pas la musique de gens horribles, c'est certainement le cas, mais je n'ai pas eu de problème de communication avec les artistes. Ça fait partie du jeu, et maintenant, je considère la plupart, si ce n'est tous, comme des amis - s'ils ne l'étaient pas déjà avant.

Je ne pourrais jamais sortir un disque en lequel je ne crois pas et dont je ne pense pas que le monde a besoin de l'entendre.

I'd like to think I have good relations with all of them. I feel like as long as everyone is honest and does things for the "right reasons" there will never be a problem. I choose artists purely based on their music and hope that they are good people afterwards. There must be some musicians that are horrible people but thankfully I haven't released any of their records yet. That's not to say that I don't like horrible people's music, I probably do, but I haven't had a problem communicating with artists. It's part of the fun anyway, and most if not all of them I would now consider friends if I didn't before.

I would never put a record out that I didn't believe in and that I didn't think needed to be in the world.

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Peux-tu nous présenter les derniers LP de Terror Bird, Divorce et Golden Grrrls ? Quelles sont leurs histoires ?
Can you present us your ultimate three LP of Terror Bird, Divorce and Golden Grrrls? What's the story of this releases?

Haha OK, par ordre de sortie alors !

Divorce : Je suis ami avec Andy et Vic depuis l'adolescence. Leur musique a toujours été bien mais je crois qu'avec Divorce ils ont vraiment réussi ce qu'ils cherchaient à faire. La première fois que je les ai vus, ça m'a vraiment déconcerté, ça ressemblait aux débuts des Swans mais dénué de l'excès de masculinité (même si j'aime les Swans à leurs débuts, que ce soit clair). Ils ont évolué dans ce type de groupes qu'il est très difficile de décrire précisément. Ce n'est pas du simple noise rock. C'est vraiment unique.

Ils ont travaillé de manière obsessionnelle sur le disque pendant des mois puis on a décidé de faire des pochettes sérigraphiées. Le groupe les a faites lui-même soit 1000 pochettes en trois couleurs ! Quand j'évoquais le sujet avec eux pendant cette période j'avais l'impression qu'ils avaient des envies de meurtre. Mais ils s'en sont sortis et ce disque se définit par l'amour absolu qu'ils ont pour ce qu'ils font. Ils peuvent sembler un peu tendus en tant que personnes mais au fond ils sont portés par l'enthousiasme, la sueur et le sang. Littéralement. Ce disque te donne l'impression de passer ton cerveau à l'eau de Javel et je suis très reconnaissant qu'il existe. Je suis vraiment excité à l'idée de retravailler avec Divorce !

Golden Grrrls : Je crois que le groupe et moi-même sommes assez fiers de ce disque. Nous apprenons au fil du temps et ce disque m'a presque fait pleurer à quelques occasions. C'est POP et j'étais très fier que mes amis aient réussi leur coup. Chaque morceau est parfait à mes yeux.

Ils ont enregistré dans une usine de colle, ont utilisé des réservoirs de colle comme réverb, et beaucoup de personnes y ont participé à différents niveaux. Nos amies Laetitia de Manchester et Roxanne de Londres ont fait l'artwork.... Laetitia fait partie de Comfortable on a Tightrope avec notre pote Perry, tandis que Roxanne joue dans Veronica Falls et a un don pour le graphisme et ce genre de trucs. Des amis à Glasgow qui dirigent la structure Good Press nous ont aidé avec les dépenses, Mike l'a sorti sur Slumberland à San Francisco et un label japonais, Tugboat, a signé un contrat de licence pour sa sortie là-bas. Du chemin a été parcouru depuis la chambre de Ruari - un des membres de Golden Grrrls. Ça me rend si heureux de voir ce disque rendre d'autres personnes heureuses.

Terror Bird : Bon, comme je l'ai déjà dit, ce disque signifie beaucoup pour moi, pour différentes raisons. Chaque sortie dans laquelle je suis impliqué tient une place particulière dans mon cœur, j'investis beaucoup dans chacune, et All this Time, c'est un disque dont je parle à Nikki depuis des années, depuis le début de Night School. J'ai toujours voulu faire un album de Terror Bird mais je voulais le faire une fois que je serais devenu un peu plus à l'aise avec le processus et que j'aurais pu lui rendre justice.

En gros, pendant des mois, je me levais le matin et je trouvais ces chansons brutes que Nikki avait écrites dans ma boîte mail et ça me stupéfiait à chaque fois. Chaque nouvelle chanson devenait ma préférée. Le truc drôle c'est que parfois elles arrivaient par paquet de 3 ou plus et je me disais Mais comment PEUT-elle faire ça ? Elle est souvent blasée à propos de ça aussi. Donc quand après deux mois, je les ai rassemblées dans leur état brut, je sentais que ça allait être un super album de pop. La voix de Nikki est l'une de mes préférées de tous les temps et je crois que les morceaux de ce LP racontent une histoire, ils se répondent entre eux. Ils sont un peu tristes, quelques-uns sont drôles de la même manière que les Smiths étaient drôles, mais ce sont tous de superbes morceaux qui, je l'espère, touchent les gens autant qu'ils m'ont touché.

J'ai vraiment l'impression que Terror Bird devrait être écouté par le plus de gens possible. Je ne comprends pas vraiment ce que signifie le fait d'être mainstream ou même si c'est important mais ces chansons devraient être écoutées par tout le monde. Elles sont universelles et elles ont un sens. Elles - comme Terror Bird - ne sont pas un exercice à la mode et vide de sens dans l'assimilation de la pop culture. Ce sont les chansons d'un être humain qu'elle a écrites sur sa vie et son cœur. Que peut-il y avoir de mieux ?

Haha OK, in order of release!

Divorce: I've been friends with Andy and Vic since I was a teenager. They've always done good music, but I think it's Divorce that really nailed what they were trying to do. The first time I saw them it really floored me: like early Swans stripped of the over-bearing masculinity (but I like early Swans, don't get me wrong.) They've evolved into the sort of band that is really difficult to describe accurately. It's not 'normal' noise rock or whatever. It's just really unique.

The record they worked on obsessively for months and then we decided to screenprint the covers. The band did this themselves - 1000 sleeves in three colours! When I was talking to them about it during the time I felt like they wanted to kill me and themselves. They got through it and it is a record defined by the sheer love of what they do. They may sometimes be a little tense as people but at heart they are driven by enthusiasm, sweat and blood. Literally. That record is like washing out your mind with bleach and I am very thankful it exists as it does. I'm really excited to be working on future Divorce stuff!

Golden Grrrls: I think the band and I both are pretty proud of the record. We're both learning as we go and this record almost brought a tear to my eye a few times. It's POP and I was really proud of my friends for pulling it off. Each song on it is perfect in my eyes.

They recorded it in a glue factory, used glue tanks as reverb units, and loads of people contributed to it in different ways. Our friends Laetitia in Manchester and Roxanne in London did the artwork… Laetitia does Comfortable on a Tightrope with our friend Perry, while Roxanne plays in Veronica Falls and also has a great eye for graphics and such. We had friends in Glasgow who run Good Press help out with the lay out, Mike in San Francisco put it out on Slumberland, a Japanese label called Tugboat licensed it for release there. It's gone a long way from Ruari's (Golden Grrrls' guy) bedroom. It makes me so happy to see this record make other people happy.

Terror Bird: Well, as I said before, this record means a lot to me for various reasons. Each release I'm involved has a unique place in my heart, I invest a lot in each one, and for All this Time it was a record I talked to Nikki about for years, since the beginning of Night School. I always wanted to do a Terror Bird album but I wanted to do it when I was a little more comfortable in the process and could do it justice.

Basically for months I would wake up in the morning and in my inbox would be these rough songs that Nikki had written and I would be floored every time. Each one would be my new favourite. The funny thing is sometimes it would come in batches of 3 or something and I'd just be like "how can she DO this!?" She's often quite blase about it too. So when after a couple of months I pieced them together in their rough state, I felt like this was going to be a really amazing pop record. Nikki's voice is one my favourites of all time and I think the songs on this LP tell a story, they speak to each other. They're a little sad, some of them are funny in the way the Smiths were funny, but they're all great songs that I hope touch people in the same way they touched me.

I really feel that Terror Bird should be heard by as many people as possible. I don't know what "the mainstream" is or whether it should be paid attention to but these songs should be heard by everyone. They're universal and they actually mean something. They - and Terror Bird itself - is not some empty trendy exercise in pop culture assimilation. These are the songs of a human being writing about her life and her heart. What can be better than that?

À quoi ressemblera le futur proche de Night Schools Records ? Peux-tu présenter une des prochaines sorties, ou un projet secret ?
What’s the near future for Night Schools Records? Can you present any of the new releases or secret project?

Toujours plus ! Il y a pas mal de projets cette année. Certains vont vraiment surprendre les gens, d'autres les réjouiront et d'autres encore les perturberont probablement. On ne peut pas faire mieux.

More and more! There's a lot lined up this year. Some of it is really going to surprise people, some of it is going to make people happy and others is going to probably confuse people. Exactly the best way.

In a Circle Mixtape

loops
Plutôt que de présenter un mix de trucs que j'écoute et de trucs « cool » du passé j'ai préféré rester « dans la famille ». Dedans, il y a des artistes avec qui j'espère travailler, une inspiration secrète, des amis, quelques passages issus de précédents disques de Night Schools et un ou deux indices pour le futur. Je vous laisse décider qui est quoi.

Rather than present a mixture of things I'm into and "cool" stuff from the past I thought I'd keep it "in the family." There's a few artists on there that I'm hoping to work with, a secret inspiration, some friends' music, some cuts from previous Night Schools records I've released and one or two hints at the future. I'll let you decide which is which.

01. Divorce - Cunts in a Circle (from DIVORCE, Night School 2012)
02. Osmiroid - Casanova Technique (self released Cassette 2013)
03. The Rebel - Man v Cock (from TITRACK LUXURY OR BUMS ON A ROCK, Night School 2012)
04. Terror Bird - The Wrong Way (from ALL THIS TIME, Night School 2013)
05. Yong Yong - Tocha (Lord Prince Infinito Edit) (from LOVE - forthcoming LP release Night School 2013)
06. The Space Lady - Synthesize Me (Self Released, 1990)
07. Golden Grrrls - Think Of The Ways (from GOLDEN GRRRLS, Night School 2013)
08. Paco Sala - 06 (from THE FOG Cassette, Digitalis 2013)
09. Apostille - Dirt (demo) (from forthcoming release on GOATY 2013)
10. Occult Hand - Jessica Part 1
11. The Only Child - Pain Brought Forth (Demonstrations pt. 3)
12. Group Rhoda - Concrete Jungle (demo) (from TIME SAFARI, forthcoming on Night School)
13. Sally Dige - Doppelganger (from self titled 7" 2012 on Fabrika)

Mixtape's artwork by Alex Humphreys
Traduction Marie-Eva Marcouyeux

Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=shUKSNAx74A

https://www.youtube.com/watch?v=7yz55xPma_Y

https://www.youtube.com/watch?v=W6tJqY2owp8


Molly Nilsson - Dear Life

Molly TravelMolly Nilsson - que l'on avait interviewée (lire), fait jouer (voir), chroniquée (lire) puis revue en concert à l'occasion du festival Les Femmes S'en Mêlent (lire) - opérera son retour discographique le 21 juin prochain par le biais à la fois de son propre label Dark Skies Association et de la structure londonienne Night School Records - bientôt à l'honneur sur Hartzine et déjà hôte de Terror Bird, Group Rhoda ou Julia Holter. L'album, dénommé The Travels - sans doute en référence aux multiples tournées à rallonge entamées par la Suédoise décolorée, lecteur CD en bandoulière -, comptera parmi son tracklisting non encore dévoilé le morceau Dear Life, mis en images par Chris Filippini et la Berlinoise d'adoption elle-même. Celui-ci met à nu un zeste de ses penchants euro-dance comme matrice cinégénique d'un clip centré sur la figure rasée et inquiétante de Tómas Lermarquis à la recherche de l'ange Molly - affublée d'ailes de circonstances. Troublant.

Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=7yz55xPma_Y


Terror Bird - Do You Remember?

En mai paraîtra la troisième sortie de Terror Bird sur Night School Records. La chose s'appellera All This Time et précédera de peu un autre disque de la Canadienne via le label Svn Sns Records partagé avec le Berlinois Cyan Kid. Do You Remember? en est un premier extrait, brut de décoffrage, s'étirant sur quelques myriades synthétiques et habité comme toujours par la voix de Nikki Never s'extirpant d'une cathédrale en ruine. Si le titre interpelle - car oui l'on se souvient de ce concert à L'International avec Ela Orleans et Holy Strays comme si c'était hier (voir) - il apostrophe en creux sur ce mois de mai, définitivement chargé pour la native de Vancouver. Dès le 2 du mois, elle entamera une tournée marathon à travers l'Europe. Hartzine Events vous donne rendez-vous en sa présence le 22 mai prochain - le jour de son anniversaire.

Audio

Tournée

May 2 - Klub 007///Prague, Czech Republic
May 3 - Brno//TBA
May 4 - Bang Bang Club///Graz, Austria
May 5 - The Rhiz///Vienna, Austria (Dendritic show)
May 6 - Zagreb///TBA
May 7 - Tunel Klub///Rijeka, Croatia
May 8 - Italy TBA
May 9 - Moog Slow Bar///Ravenna, Italy
May 10 - Dal Verme///Rome, Italy (Nofi Recordings show)
May 11 - Italy TBA
May 12 - Switzerland TBA (Cold Kings show)
May 13 - Switzerland TBA (Cold Kings show)
May 14 - Switzerland TBA (Cold Kings show)
May 15 - ZUKUNFT///Zurich, Switzerland
May 16 - Lyon, France TBA
May 17 - Nasti Club//Madrid, Spain
May 18 - Zarazoga, Spain venue TBA (Lemon Cat show)
May 19 - Bilboa, Spain venue TBA (Lemon Cat show)
May 20 - El Chico///Bordeaux, France (Unexpected Cold show)
May 21 - Un Brin Folk///Angers, France
May 22 - Paris, France venue TBA (Hartzine show)
May 23 - Café Central///Brussels,Belgium (Fantastique Nights show: www.lefantastique.net).
May 24 - Belgium TBA
May 25 - Netherlands TBA
May 26 - De Onderbroek///Nijmegen, Netherlands
May 27 - Oetinger Villa///Darmstadt, Germany
May 28 - MUDD CLUB///Strasbourg, France
May 29 - Kassel, Gemany///TBA
May 30 - Wismar, Germany w/ unhappybirthday//TBA
May 31 - Hamburg, Germany venue TBA w/ unhappybirthday
June 1 - Essen/Mulheim Germany venue TBA w/ unhappybirthday
June 2 - AZ///Cologne, Germany w/ unhappybirthday
June 3 - Karlsruhe, Germany TBA w/ unhappybirthday
June 4 - Germany TBA
June 5 - Naherholung Sternchen///Berlin, Germany TBA w/ unhappybirthday & Pacific Strings
June 14 - Pokefest///Košice, Slovakia
June 21 - Braunschweig, DE TBA w/ unhappybirthday
June 22 - King Georg//Cologne,DE w/ unhappybirthday
June 23 - Bunker Ulmenwall/Bielefeld, DE w/ unhappybirthday