Zola Jesus - Night (vidéo)

65024054_640 La part sombre des années 80 revue et corrigée par Zola Jesus, nouvelle prêtresse d'une Dark Wave revenue des enfers de l'ignorance. On attend d'ailleurs la demoiselle de pied ferme fin mai à l'occasion du festival Villette Sonique. Mais finalement la jeune femme n'est qu'un prétexte introductif pour saluer ici le travail remarquable de la vidéaste Jacqueline Castel qui, à la tête de l'agence new-yorkaise FUTURE PRIMITIVE FILMS, met en boite l'avant-garde du rock américain de Moon Duo à Blank Dogs en passant par US Girls. Les films qu'elle réalise sont de véritables expériences visuelles marquées du saut de l'intelligence artistique, expériences qui, ajoutées à celles, cette fois-ci sonores, de la musique que ces images accompagnent susciteront sans doute en vous l'étonnement et ça c'est le signe que vous n'avez pas encore totalement basculé dans ce que Georg Simmel appelait le caractère "blasé" de la vie moderne.

Vidéo

Bonus


LoneLady - Nerve Up

WARPCD186 Correct AGI gridPour en finir avec Joy Division… Non, Julie Campbell n’est pas la fille cachée de Ian Curtis. Et d’ailleurs mis à part le tracklist dont on retrouve dans les titres la même ambiguïté que dans ceux du groupe de Salford, la comparaison s’arrêtera là. On ressent bien entendu l’influence du chanteur maudit dans les textes de la jeune Mancunienne, mais son univers musical est plus à rapprocher de New Order période Movement ou Low-Life ainsi que des premiers PIL.
Ce n’est pas pour rien que Rob Ellis (PJ Harvey) et Guy Fixen (My Bloody Valentine) en ont fait leur protégée. Cette jeune femme frêle, légèrement androgyne et à l’apparence arachnéenne se construit une solide réputation en chauffant le public de la dernière tournée de The Wire, qui sentent le vent Post-Punk tourner dans sa mèche rebelle.
Cette LoneLady partage un timbre de voix que lui envierait la sus-citée Polly Jean et autre Siouxie, calme mais écorché, soufflant la douleur et attisant les larmes. Et c’est sur ce point que l’Anglaise marque ses points, s’éloignant de toute ré-édit, pré-fabric, sa voix chaude et subtilement éraillée dépareille des vaines tentatives de copie de hululements mortifères sans renier cette part d’obscurité qui l’habite (Fear no More), préférant se forger sa propre identité que de ressembler à un vague copycat.
Les mélodies explorent également un spectre assez large de sonorités s’étalant essentiellement sur la grande période post-punk eighties. Impossible de ne pas penser à Gang of Four!, A Certain Ratio, Suicide ou The Fall… Ces groupes que LoneLady affectionne tant et à qui elle rend de merveilleux et tragiques hommages à travers des futurs hits comme Intuition ou Cattletears. Comme il est bon de se fondre dans cette atmosphère fiévreuse où le rasoir semble avoir remplacé le médiator. Les riffs de guitares électrisants et crissants, généreusement enveloppés par les synthés qui jouent discrètement au second plan (Army), mais donnent cette teinte authentique et reconnaissable des années enfumées de la petite bourgade anglaise.
On se félicitera encore de cette trouvaille signée Warp, qui s’éloigne de plus en plus du bricolage electro-IDM pour nous proposer des artistes venus d’horizons très différents mais avec toujours cette pointe d'originalité. Et LoneLady de nous prouver qu’on peut sonner rétro tout en restant avant-gardiste.

akitrash

Audio

Lonelady - Immaterial

Tracklist

LoneLady - Nerve Up (Warp, 2010)
01. If Not Now
02. Intuition
03. Nerve Up
04. Early The Haste Comes
05. Marble
06. Immaterial
07. Cattletears
08. Have No Past
09. Army
10. Fear No More