Sandra Electronics - Protection Now ! (Demo)

Sandra Electronics - Protection NowSandra Plays Electronics est l'une des nombreuses marottes ouvragées en solitaire dès 1988 par Karl O'Connor - aka Regis et moitié de Sandwell District - durant sa longue et extensible carrière. Mélangeant sonorités industrielles, rythmiques hypnotiques et charpentage électronique, le projet est vite devenu Sandra Electronics, un objet collaboratif partagé avec Juan Mendez plus connu sous le patronyme de Silent Servant. Ensemble, ils sortent en 2010 un EP 10"

via Downwards, le label de Karl O'Connor - suivi, quelques années plus tard, en 2013, par un 7" Her Needs sur Minimal Wave. Le label de Veronica Vasicka qui justement se réapproprie le précité premier maxi pour en confectionner un autre, plus ample, car agrémenté de versions démos et live, intitulé Her Needs à paraître le 30 avril prochain. Mettant en relief à quel point le travail de ces deux concepteurs et figures de la techno contemporaine est intimement lié à celui de Daniel Miller et son coup de génie T.V.O.D. / Warm Leatherette sous l'alias The Normal, la teneur de Want Need est déflorée ci-après par la version démo de Protection Now. Avis aux collectionneurs : tirage limité à 999 copies. Une cassette affublée d'une même jaquette, dénommée Sessions et composée de onze brouillons enregistrés à la fin des quatre-vingt et au début des quatre-vingt-dix - principalement des morceaux Her Needs et Here And Now - sera éditée le 10 mai prochain par Minimal Wave à l'occasion du RBMA / Brooklyn Flea Record Fair, grosse bamboule new-yorkaise avec entre autres Sandra Electronics et Optimo juxtaposés au line-up.

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Tracklisting

Sandra Electronics - Want Need (Minimal Wave, 30 avril 2014) 01. It Slipped Her Mind 02. New Purpose (Extended Version) 03. Protection Now ! 04. Protection Now ! (Demo) 05. Want Need (Live) 06. Publicity (Demo)


Facit - Mat Åt Duvorna EP

Si le duo suédois Facit est encore inconnu au bataillon, sa signature sur Cititrax - appendice de Minimal Wave pour des projets contemporains tels que Kontravoid, Innergaze ou The KVB (lire) - couplée à la sortie du très prometteur EP Mat Åt Duvorna en septembre dernier devraient changer la donne. Conciliant romantisme suranné et minimalisme ondoyant, Joakim Karlsson et Mai Nestor marchent sur les plates bandes du duo lyonnais Deux, redonnant de Göteborg ses lettres de noblesse à la synth-pop hexagonale. Déjà repéré avec l'aérée Androgyn Ungdom paru via une compilation cassette de l'excellent label Flexiwaves - couchant sur ses bandes magnétiques aussi bien Ortrotasce que The Horrorist - , Facit déclame avec Mat Åt Duvorna ses intentions d'égrainer une musique synthétique à la fois mélancolique et lumineuse.

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Tracklisting

Facit - Mat Åt Duvorna EP (Minimal Wave, septembre 2013)

01. Om Igen
02. Alan Turing
03. Albatros
04. A Million Years
05. Broschyr


The KVB – Immaterial Visions Remixes EP

the kvb

Que pouvait bien-t-il faire défaut au quatrième et sublime album de Klaus Von Barrel et Kat Day, peut-être uniquement cette compilation infernale mêlant brutalité darkwave et acidité techno, attendu comme le saint graal par d’innombrable fans. Quoi de plus normal lorsque les guests se bousculant au portillon se nomment Karl O'Connor aka Regis (Ex-Sandwell District, Downwards), Juan "John" Mendez aka Silent Servant (Ex-Sandwell District, Ex-Tropic of Cancer, Downwards US), Shifted, Worn ou encore In Aeternam Vale. Un panel choisi de morceaux avalés, mâchouillés, recrachés avec une violence inouïe, humant l'asphalte et le bitume. Un ultime objet de culte qui devrait finir de séduire le profane.

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Tracklist

The KVB – Immaterial Visions Remixes EP (Cititrax / Minimal Wave, 2013)

Side-A

1: Dayzed (Regis Version)
2: I Only I See the Lights (Shifted Version)

Side-B

1: Pray to the Light Machine (Silent Servant Version)
2: Lines (In Aeternam Vale Version)
3: Old Life (Worn Version)


In Aeternam Vale l'interview

In Aeternam Vale a été initié à Lyon en 1983 par Laurent Prot, Pascal Aubert et Chrystelle Marin - projet punk expérimental devenu vite celui d'un seul homme, Laurent Prot jetant les bases d'une techno industrielle aujourd'hui consacrée par le collectif Sandwell District, dont procèdent Juan Mendez (Silent Servant) et Karl O'Connor (Regis) - boss du label Downwards. De fait, on perçoit déjà le lien souterrain, et aujourd'hui mis à nu, unissant ses deux extrémités historiques. Car, tout comme le Hot-Bip de Philippe Laurent, In Aeternam Vale constitue à la fois le témoignage d'un certain minimalisme électronique agitant la scène post-punk française au début des années quatre-vingt - bien loin d'une new wave "soft" en réponse au punk -, en plus d'alimenter par ses productions l'un des épi-phénomènes discographiques contemporains les plus intéressants outre-Atlantique et partagé par des labels tels que Minimal Wave et Dark Entries : la réédition. Ainsi, si Philippe Laurent s'apprête à sortir un split en compagnie des Américains de Soft Metals sur Electric Voice Records - auteurs d'une récente compilation remettant au goût du jour Martin Dupont et ADN’ Ckrystall, deux autres projets français d'une sensibilité proche (lire) -, le label de Veronica Vasicka, Minimal Wave (lire), puise depuis 2009 dans l'incroyable et inépuisable répertoire de Laurent Prot pour éditer deux compilations LP - une éponyme (2009), l'autre répondant au titre de Dust Under Brightness (2012) - en plus de deux EP - Dust Under Brightness/Highway Dark Veins (2012) et le dernier en date, La Piscine (2012). Ce travail de réédition, qui peut s'avérer n'être qu'un prisme réducteur à l'encontre d'un artiste quel qu'il soit, prend ici une dimension tout particulière puisque quasiment l'entièreté de la discographie d'In Aeternam Vale est alors parue en format cassette, en auto-production ou sur les labels R.R. Products et Émergence du Refus, quand la plupart de ses enregistrements depuis 1995 sont méticuleusement conservés en studio par son auteur. C'est dire l'ampleur d'une tâche que l'on scrute avec intérêt et - paradoxalement - goût de la nouveauté. Rencontre et écoute aléatoire.

In Aeternam Vale sera en concert, partageant l'affiche avec Frank Alpine, le vendredi 22 mars prochain à l'Espace B (Event/FB).

Entretien avec Laurent Prot

In Aeternam Vale n'est pas ton premier projet musical. Qu'as-tu fait avant, et quelles ont été les circonstances qui t'ont conduit à monter ce projet ?

Non effectivement In Aeternam Vale n'est pas mon premier projet musical. Avant ça je jouais dans un groupe punk nommé Sordid Blanket ou j'officiais en tant que guitariste. J'ai ensuite expérimenté un peu tout et n'importe quoi après la fin de Sordid Blanket en 1982 dans divers groupe lyonnais comme guitariste/bassiste/batteur.

Parmi les circonstances qui m'ont conduit à faire In Aeternam Vale il y avait principalement l'envie d’être détaché des contingences imposées par la musique rock au sens large et d'échapper à la structure groupe/local/répétitions, je voulais pouvoir faire de la musique à chaque instant et pouvoir la capturer quand elle était là.

Au départ, In Aeternam Vale n'était pas un groupe électronique. Qu'est-ce qui t'a poussé à emprunter cette voie ?

C'est vrai, au départ c'était un groupe expérimental au sens ou nous ne répétions pas, nous faisions des prestations scéniques chaotiques où chacun jouait ce qu'il voulait. Ce qui m'a poussé vers l’électronique c'est les possibilités de recherche et d’expérimentation que je ne trouvais plus dans une structure de groupe conventionnel mais également l'aspect mécanique minimal et horloger des premières boites à rythme et séquenceurs qui faisaient que si on ne focalisait pas la composition et les sons sur l'essentiel alors on pondait immédiatement une pure merde.

Comment décrirais-tu In Aeternam Vale et qui sont tes plus grandes influences pour ce projet ?

In Aeternam Vale était, est et restera un laboratoire. Les influences sont les Flying Lizards, The Normal, PIL, Yello, Kraftwerk, Throbbing Gristle, Suicide, Ravel.

La musique d'In Aeternam Vale a muté avec le temps, d'un son industriel à un son plus électronique et minimal. Est-ce du fait des évolutions technologiques ou de ton approche musicale et esthétique ?

Un peu des deux mon capitaine, mais également du fait du temps qui passe, de l'âge et de l'évolution de ma perception du monde.

Entre 1984 et 1995, ta discographie est plus que fournie. Pourquoi avoir décéléré depuis ? Ton besoin de produire de la musique est-il moins immédiat ?

Il y a eu en effet moins d'urgence à produire, néanmoins beaucoup de choses ont été produites depuis 1995, mais peu sont éditées.

Durant cette période, In Aeternam Vale à sorti un bon nombre de disques soit en autoproduction, soit via des labels radicaux tels que R.R. Products et Émergence du Refus de Stenka Bazin. Quels souvenirs as-tu de ce mode de diffusion pour ta musique ?

De bons souvenirs. Tous ceux qui ont trempé dans ce « mail art » musical principalement sur cassettes à l'époque étaient les artisans de quelque chose de nouveau qui consistait à mon sens à prendre possession d'un espace artistique réservé jusqu'alors à l'industrie ou aux élites mais dont la seule prétention était d’exister et de s'exprimer hors des codes et de manière autonome.

A contrario, comment expliques-tu l'intérêt pour ta musique d'un label comme Minimal Wave ? Comment Veronica t'a-t-elle contacté ?

Je ne peux pas parler au nom de Veronica, et je ne l'ai jamais questionnée sur les raisons de son intérêt pour ma musique. Ce que je peux dire c'est qu'elle m'a contacté en 2006 car elle était en possession de certaines de ces cassettes distribuées et diffusées via ces « labels radicaux » que tu citais précédemment.

Tu as sorti récemment deux EP, La Piscine et Dust Under Brightness/Highway Dark Veins. Dans quelles dispositions les as-tu composés et qu'expriment-ils à tes yeux ?

Je n'ai pas d'explication à ce qui donne l’impulsion à tel ou tel morceau, ils expriment, quand ça fonctionne, ce qui était dans l'air et les émotions d'un moment. Si c'est sincère alors peut-être que ça résonne en nous.

Tu ne fais plus beaucoup de concerts car pour toi un concert suppose énormément de préparation. Peux-tu nous en dire plus ?

Je suis davantage un animal de studio qu'une bête de scène, je n'ai pas à proprement parler de répertoire hormis ces « captures d'écrans » qui sont les morceaux que j'ai faits tout au long de ces années. Chaque concert est donc unique.

Disques, collaborations, rééditions, quel est ton futur proche ?

Un 12" à venir chez Minimal Wave. Des rééditions, oui, mais je ne peux rien dire pour l'instant. Pour les collaboration, un remix de The KVB pour bientôt chez Cititrax.

Vidéo


The KVB - Immaterial Visions

On pourrait reprocher à Hartzine de faire l’apologie des artistes que l’on apprécie, mais ce serait là réduire le talent de ces mêmes musiciens que nous suivions alors qu’ils n’étaient que de jeunes pousses. Car oui, il faut se rendre à l’évidence, The KVB fait partie de ces projets qui ont su nous surprendre et nous ravir au fil des sorties. Trois albums en trois ans pour le duo anglais qui s’est tout d’abord lancé comme un obscur caprice post-adolescent de raviver dans le coin d’une chambre les braises d’une cold-wave post-mortem sur lesquelles bien d’autres auront tenté de souffler, sans talent. La suite, nous la connaissons par cœur : après un passage remarqué sur les labels Downwards et Clan Destine Records, c’est au tour des Ricains de Minimal Wave via leur subdivision Cititrax de jeter leur dévolu sur la musique anachronique et infernale du couple Klaus Van Barrel et Kat Day, revisitant une fois encore les spectres mélodiques d’une Angleterre poisseuse et embrumée.

Tout commence par Shadows, single cinglant, clippé une fois de fois de plus par Kat Day herself et jeté en pâture aux internets par un label aussi sournois que bienveillant en guise d’outil de communication pour ce futur Immaterial Visions à paraître. Impossible de ne pas se sentir happé par ce mélange de néo-psychédélisme et d’acidité, cocktail abrasif aussi fascinant que tonitruant. Et si l’album Always Then laissait entrevoir la possibilité d’un certain virage plus noisy, Dayzed le confirme avec brio, rendant hommage à un shoegaze à faire blêmir My Bloody Valentine. Des contorsions bruitistes entrelacées de vocalises traînantes et lancinantes habillent ces mélodies d’une rugosité extrême qui avait fini par manquer à des artistes phare du genre, comme A Place to Bury Strangers, pour ne citer qu’eux.  Et pour ceux qui en douteraient encore, il suffira de se passer For a Day pour s’en convaincre. Mais si cela doit en rassurer certains, le duo n’a pas pour autant succombé à la surenchère de barouf des larsens.  Old Life, perle de minimalisme lo-fi, subjugue par un maniérisme électronique hérité des eighties et vicié par une distorsion qui monte crescendo, emmenant l’auditeur vers d’autres sphères. Très logiquement, on ne peut s’empêcher de penser à Blank Dogs ou encore The Soft Moon à l’écoute de ce court LP, bien trop court évidemment, mais doté d’une richesse intarissable. Et là où Pray to the Light Machine ravira nos corbacs 2.0 de mélodies digitales nappées de mélancolie funeste et fleurant l’odeur croupie des cimetières, Lines secoue de sa ligne de basse mortifère, petit bijou dancefloor pour tout nightclubber en mal de néons.

Donc peu ou pas de déceptions sur cet Immaterial Visions, si ce n’est l’absence des remixes attendus de Regis et Silent Servant certainement reportés afin de fournir un peu plus un single à venir. Quoiqu’il en soit le groupe prouve avec ce nouveau disque qu’il n’est plus le challenger d’autrefois, et confirme une fois pour toutes les espoirs que nous avions mis en lui. J’aimerais pouvoir dire qu’avec Immaterial Visions, The KVB a atteint des sommets, mais je crois que nos Londoniens ne finiront jamais de nous surprendre.

Vidéo

Tracklist

The KVB – Immaterial Visions (Minimal Wave/Cititrax , 2013)

1. Shadows
2. Dayzed
3. I Only See the Lights
4. Lines
5. Old Life
6. For the Day
7. Pray to the Light Machine
8. Human


Veronica Vasicka (Minimal Wave) l'interview

Minimal Wave, label éponyme de ce genre des années quatre-vingt, réédite depuis 2005 des perles obscures et oubliées d'Oppenheimer Analysis à Moderne en passant plus récemment par Deux. Et derrière tout ça se cache la discrète mais passionnée Veronica Vasicka qui, au bout de six ans, a réussi à monter un des labels les plus intéressants  pourtant fondé uniquement sur des rééditions. La patronne s'explique pour Hartzine sur ses débuts, son futur et ses différents projets....

Pourquoi as-tu lancé ton propre label ?

En 2003, je tenais une émission de radio sur East Village Radio, "Minimal-Electronik Plus" (devenue plus tard "Minimal Wave"). Je voulais que l'émission soit éducative et je m'étais lancé le défi d'amener deux heures de nouveautés chaque semaine. J'étais particulièrement intéressée par la musique synthétique des années quatre-vingt, qui m'avait déjà marquée à l'adolescence. Du coup, je me suis focalisée sur cette période pré-new wave : minimal synth et coldwave. J'ai commencé à faire de plus en plus de recherches et réalisé que beaucoup de bonne musique n'avait pas été proprement sortie. Le point déterminant a été la fois où j'ai joué dans un petit club et j'ai mis The Devil's Dancers par Oppenheimer Analysis, qui était seulement sorti en cassette à 200 exemplaires. Le public a immédiatement bien réagi ; il venait à la cabine du deejay pour demander ce que c'était. Cela a été déterminant pour le lancement du label, et m'a fait prendre conscience que je n'étais pas la seule à aimer ce genre.

Peux-tu nous décrire, avec tes mots, ce qu'est la minimal synth / minimal wave ?

Le terme minimal wave est apparu il y a peu de temps, dû au regain d'intérêt envers les racines du pré-midi electronic new wave (1978-1985), émanant principalement d'Amérique du Nord, d'Europe et du Japon. Cette musique est souvent référencée comme minimal electronic, minimal synth, cold wave, new wave, techno pop ou synthpop, tout dépend des particularités du genre, de l'année et de l'origine du groupe. Beaucoup de ces derniers enregistraient leur musique sur cassette ou vinyle qu'ils distribuaient eux-mêmes. Ils créaient leur musique avec des synthés et des boîtes à rythme qui restaient fidèles aux sons de batterie obtenus en faisant de la programmation sur synthé et des mélodies fines et pleines de treble. Ils mettaient l'accent sur le son artificiel du synthé au lieu de le faire disparaître. Les éléments principaux : un beat mécanique, répétitif et des vocaux en contrepoint de ce côté artificiel. Les groupes n'ont jamais essayé d'utiliser les synthés afin d'imiter les groupes pop mainstream de cette période. Cependant il est vrai que certaines structures de chansons sont similaires à celles de la pop. On obtient une new wave très épurée. Comme le disait Jeremy Kolosine (l'un des membres fondateurs du légendaire groupe de synthpunk Futurisk), dans Alternative Rythms (juillet 1983) : "On peut espérer que le concept de "synthpop" disparaisse. Ça peut paraître étrange de me l'entendre dire ; mais si la "synthpop" disparaît, alors on utilisera les synthétiseurs."

Il y avait plein de genres qui émergaient pendant les années quatre-vingt. Pourquoi as-tu choisi ce style en particulier ?

Ce n'était pas un choix conscient. J'ai une passion pour ce genre. Peut-être que tout a commencé lorsque j'ai reçu, à 11 ans, pour Noël, un Casio SK-1, ou peut-être la station de radio indépendante que j'ai écoutée pendant ma jeunesse et dont je faisais des compilations grâce à mon radiocassette .

minimal

Peux-tu nous décrire la manière dont tu procèdes pour sortir un vinyle ?

Premièrement, je contacte le groupe et vois s'ils sont intéressés par une réédition de leur musique. S'ils sont d'accord, je leur demande tous leurs morceaux et ensuite je sélectionne ceux qui sont, à mes yeux, leurs meilleurs ou ceux qui, ensemble, donnent un album des plus logiques. Ensuite nous faisons le mastering. Puis je fais la tracklist, et écoute en continu les morceaux jusqu'à ce que j'aie une idée pour l'artwork. A 90% je le fais moi-même, à moins que je me sente coincée et donc là je fais appel à d'autres artistes. Et pour finir nous envoyons les tracks et l'artwork à l'usine pour qu'ils nous fassent l'album.

Tu as choisi le format vinyle. Pourquoi ce choix ? Penses-tu que cela fait partie de l'image de la minimal wave ?

J'aime le vinyle pour le côté tactile qui est perdu avec le format digital (cd et téléchargement). J'aime que l'artwork amène à un autre niveau d'écoute et aussi la graduation visible sur le vinyle. L'art et la musique sont pour moi très connectés, le vinyle fut donc un choix naturel. Je pense qu'ils s'améliorent les uns les autres : vinyle, pochette, notes.

Tu as aussi créé un sous-label à Minimal Wave, Cititrax. Pourquoi cela ? Que voulais-tu explorer ?

J'avais envie de créer un label pour la musique que j'apprécie qui soit autre que de la minimal wave. J'aime beacoup les débuts de la house de Chicago et les nouveaux groupes qui utilisent les synthés d'une façon moderne. Tandis que Minimal Wave a généralement un côté froid et sombre, Cititrax est plus solaire. J'ai réédité un album culte de Chicago Z-Factor, The Dance Party Album, peut-être un des premiers exemples de house et probablement le seul album de house. Il y a aussi un groupe, Medio Mutante, qui
"wrings a mutated blend of raw and propulsive energy from their limited analogue gear." [torture un mélange mutant d'énergie brute et propulsive de son équipement analogique limité].

Tu fais aussi de la musique au travers de ton projet 2VM. Est-ce un cheminement logique ? Comment as-tu produit cet EP ? Avec l'aide de Marc Houle ?

Oui, bien sûr. Nous étions ensemble et partagions un studio ensemble. Je faisais déjà de la musique de mon côté et nous avons décidé de collaborer. 2VM était un projet à deux, et nous avons enregistré environ une trentaine de morceaux. Nous les avons envoyés au label allemand Genetic qui les a immédiatement sortis (l'EP Placita). Eventuellement, les autres verront un jour la lumière du soleil.

veronicavasicka

Ton label vient juste de sortir la compilation The Minimal Waves Tapes parmi d'autres tels que The Found Tapes, The Lost Tapes, etc. Quel est but de faire une compilation ? Comment décides-tu quels artistes seront sur une compilation et lesquels méritent une édition complète ?

Les compilations servent d'introduction pour les novices. J'ai commencé à faire des compilations car j'aimais en faire pour mon émission de radio, et essentiellement parce que c'est sympa de combiner des tracks qui vont bien ensemble. Je prends un réel plaisir à les faire, mais cela prend plus de temps vu le nombre d'artistes impliqués. Parfois, acheter la licence d'un morceau pour une compilation amènera à une sortie complète, comme pour Deux et Futurisk. Ce n'est pas tant à propos de quels artistes méritent une édition complète ou non, ça arrive naturellement lors de discussions.

Tu es aussi DJ. Comment va la nuit à New York ? N'est ce pas dur d'être une artiste dans cette ville ?

C'est vraiment bien. La vie nocturne s'est améliorée ces dernières années. Il semble que devant la crise économique, les gens cherchent plus à se libérer, à sortir. Cela a été  particulièrment bien pendant la période estivale. Je mixais une fois par semaine depuis le printemps et c'est  dur de trouver des dates. Je n'ai pas d'agent ou de RP. Tout se fait par le bouche-à-oreille. Et je réalise que plus je joue, plus les personnes entendent ce que je fais, ce qui amène à de meilleures dates. J'ai récemment mixé au MoMA (Museum of Modern Art) pour une exposition sur la typographie. Un vrai honneur. Le 10 juillet, je vais mixer au PS1 Museum à Long Island.

Tu as étudié la photographie. Souhaites-tu explorer d'autres formes d'art que la musique ?

Oui, j'ai une passion pour la photographie et je l'intègre dès que c'est possible aux albums. J'ai appris par moi-même les bases du graphisme donc cela me permet d'avoir un échappatoire et de toujours travailler pour le label. Je suis inspirée par la typograhie suisse, le mouvement futuriste italien et le mouvement situationniste des années cinquante et soixante.

Aurais-tu voulu signer des artistes sur Minimal Wave que tu n'as pas pu au final ?

J'ai toujours voulu sortir Space Museum de Solid Space. En 2005, j'étais en contact avec un des membres, Maf Vosburgh, au début du label, et je l'ai interviewé ainsi que les autres membres. Il a fini par me donner le master de l'album mais il reste toujours hésitant pour une réédition. J'aimerais toujours le faire !

Peux-tu nous en dire plus à propos du site internet ?

Je l'ai créé en 2005. Je voulais en faire une base de données en ligne autour de la musique de la fin des années soixante-dix et du début des années quatre-vingt avec des interviews, des clips vidéos... Créer une communauté de fans qui peut avoir accès à une librairie virtuelle. J'ai été fortement inspirée par le livre International Discography of the New Wave: Volume 1982 / 1983 et par un magazine hollandais de musique des années quatre-vingt appelé Vinyl.  Mais après la sortie du LP d'Oppenheimer Analysis, je me suis plus penchée sur les activités du label, les futurs vinyles et j'ai créé des moyens pour que les gens puissent les écouter comme bon leur semble.

Quel est le futur de Minimal Wave ?

Je suis actuellement en train de créer un nouveau site internet qui sera plus interactif.  Il mettra en avant des évenements autour du monde, et la communauté qui s'est créée autour du label. Le label s'agrandit de plus en plus et sert de connexion pour différents groupes actuels qui ont le même esthétisme musical. Il y a beaucoup d'albums en devenir qui sont intéressants et j'entends bien les sortir. Je travaille aussi sur une sortie Italo pour Citiras, un artiste que j'admire depuis bien longtemps ! Tous ces futurs projets seront annoncés bientôt à travers le site internet.