Femminielli - L'enfer et ses Fils (FULL STREAM)

En veux-tu, en voilà, inutile de le préciser, mais Bernardino Femminielli possède, en plus d'une créativité à tout crin, s'exprimant inlassablement, à son corps plus ou moins défendant, presque machinalement, une vertu qui, chez d'autres, concoure avec acuité aux ravages de la folie. Bernardino est multiple, omniscient, chevalier servant de l'ubiquité. Car Bernardino est plusieurs, dans sa tête, dans nos têtes. Tantôt une voix réconfortante, caressant dans le sens du poils de lubriques incartades sensorielles. Tantôt un râle désinhibant, réduisant en cendres rouges toute tentative confuse d'évasion. A la fois amical et perfide, l'homme que l'on interviewé il y a fort longtemps (lire), a cette terrible faculté de souffler le chaud et le froid, parfois d'un même mouvement, de nous faire danser dans les vents contraires, et ce, sans jamais se perdre dans de trop mûres contradictions. Ainsi, en prélude vicié d'un second LP, intitulé Plaisirs Américains et dont la sortie est annoncée pour le 15 avril prochain, le concupiscent Québecquois livre, toujours sur Mind records (lire), une très sombre cassette baptisée L'enfer et ses Fils. Prenant le contre-pied de ses intonations gainsbouriennes entrevues à l'occasion des singles Boy's Trottoir et Tatouage du successeur de l'inaugural Double Invitation - qui charriait lui du côté de Moroder (lire) - , Femminielli fait ici la synthèse de ses penchants les plus obscurs, glaviotant des structures synthétiques proches de celles instiguées avec Jesse Osborne-Lanthier au sein de Femminielli Noir (lire), d'une myriade éparse de textes, susurrés ou chantés, documentant les tréfonds chaotiques de la damnation. Un embrasement de ces turpitudes savamment imagée par l'artwork de la cassette, signé Thea Govorchin. Et plus il se dédouble, plus Femminielli nous dédouane de toute retenue.

Audio (FULL STREAM)

Tracklisting

Femminielli - L'enfer et ses Fils (MIND Records, Mars 2016)

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B. side