Deena Abdelwahed - Khonnar

Agenda : live à la Gaîté Lyrique, à Paris, le 31/01 (event FB)

Il y a chez Deena Abdelwahed quelque chose qui relève de l’assertion, comme si déjà trop de symboles gravitaient autour d’elle pour qu’elle puisse s’en défendre sciemment : la scène techno arabe - construction et poursuite d’un rêve de transgression -, le village global, la circulation de l’information, la question des genres, de leur représentation et le féminisme peut-être aussi. Ca fait beaucoup pour une seule femme.

Passons sur les détails de cette carte d’identité trop engagée pour ne pas être nourrie de nos propres constructions et parlons plutôt de musique. Parce que celle de Deena Abdelwahed mérite qu’on s’y attarde, située aux confins des émotions et des souvenirs. Khonnar, son premier album, vient de sortir chez InFiné et il engloutit d'un air mutant les affres de notre conscience. Il détaille une techno brute et accidentée, tantôt réchauffée de boucles orientalisantes et tantôt théâtre d’expérimentations plus obscures, qui recrée malgré elle l’espace de la friche, d’un lieu hybride entre l’architecture de la mémoire et l’âme de la création. L’espace de la détermination.

Définitivement, Khonnar a vocation a sortir des clubs tant les carcans explosent à son écoute. Et la tête haute. Les rythmiques, resserrées et arides, assèchent les mélodies d’un son modulaire (Al Hobb Al Mouharreb, basé sur un poème d’Abdullah Miniawy), comme pour mieux illustrer les contrastes et souligner ses paradoxes. Ken Skett... est le rouleau compresseur du disque, à peine sorti de derrière les fagots qu’il assène déjà des kicks désinhibants que l’on attendait après Fdhiha et son ambiance lourde que soufflent la moiteur des corps animés et des libertés interdites.

Porte-parole de sa propre musique, Deena Abdelwahed livre un recueil complexe et affirmé avec Khonnar, à la personnalité nourrie et sûre d’elle. Dérives modulées, lignes synthés et voix embrouillées, le message est pourtant clair. Il se prend de front, décousant toutes les suppositions : écoute et deviens.

Audio

Tracklist

Deena Abdelwahed - Khonnar (InFiné, 16 novembre 2018)

01. Sarata
02. Ababab
03. Tawa
04. Fdhiha
05. Ken Skett...
06. Al Hobb Al Mouharreb
07. 5/5
08. A Scream In The Consciousness
09. Klabb V1
10. Rabbouni


Murcof / Wagner - EP.01

L’interprétation est un exercice périlleux. En traduisant une œuvre avec son doigté, sa personnalité, et jusqu’à son pouls, l’artiste s’implique au niveau de son être. Il doit donner une lecture suffisamment respectueuse du contexte original tout en y imprimant son individualité, son émotion, voire sa sacralité dans le cas de cette Gnossienne 3 de Satie, délicate accession à la connaissance de soi par celle du divin, et retranscrite ici par deux artistes signés sur InFiné, Fernando Corona dit Murcof, et Vanessa Wagner. Le premier est un artiste électronique mexicain aux expérimentations ambient empreintes de classique moderne tandis que la seconde est une pianiste orfèvre reconnue pour ses interprétations de Debussy.

Le tandem, qui a déjà joué Satie en live, a choisi, pour la sortie de son premier EP sur le susnommé label, de ne pas mêler les approches et de délivrer, tour à tour, une appréciation personnelle de cette Gnossienne. Et ce bel exemple d’interprétation double, qui met aussi à l’honneur une œuvre du multi instrumentaliste David Moore, montre la variabilité du schéma d’un morceau quand il est exprimé par une technique acoustique ou synthétique, soumis à une lecture fine ou bien expérimentale, joué en direct ou sur support. Pour ce dernier point, on renverra les intéressé(e)s aux prestations live du duo, qui officiera notamment le 20 juin prochain en l’église Saint-Eustache de Paris dans le cadre du Festival 36h.

Audio

Murcof / Wagner - EP.01

Tracklist

Murcof + Wagner - EP.01 (29 avril 2016, InFiné)
1. David Moore – What Arms Are These For You! (Wagner version)
2. David Moore – What Arms Are These For You! (Murcof version)
3. Erik Satie – Gnossienne 3 (Wagner version)
4. Erik Satie – Gnossienne 3 (Murcof version)


The (Hypothetical) Prophets - Fast Food (PREMIERE)

Parue le 4 mars dernier via Infiné, la réédition du LP Around The World With, seul et unique album de The (Hypothetical) Prophets, réunion du Français Bernard Szajner et du Britannique Karel Beer, s'inscrit dans la lignée de dépoussiérage de l'oeuvre dense, plurielle et avant-gardiste du premier cité, que l'on a récemment interviewé (lire), par le label Parisien. L'histoire du duo The (Hypothetical) Prophets, que nos collègues de The Drone ont restitué dans ses méandres les plus alambiqués (lire ici et ), est finalement celle d'un coup manqué dans l'univers de la pop culture, ne déchaînant pas les foules, mais néanmoins ultra-pertinent s'agissant à la fois de la portée musicale, aux avant-gardes protéiformes de la musique électronique et synthétique, que de celle politique, agitant le mouchoir rouge de la subversion sur chacun des morceaux que compte un disque qui de vait être initialement enregistré dans autant de langues que de pays dans lesquels il était censé sortir. Mention spéciale à Wallenberg, hommage appuyé à un juste oublié Raoul Wallenberg, Szajner étant issu d'une famille de Juifs Polonais exilés en Allemagne puis en France, mais aussi à la très pop et ironique Fast Food pourfendant la gastronomie, et par extension le mode de vie consumériste, avec lesquels l'Oncle Sam a toujours vendu du rêve. Le clip, réalisé à partir d'images d'époque et mettant en scène l'un des principaux intéressés refusant une bière entre collègues pour s'octroyer un hamburger en solitaire, est à découvrir ci-après.

Vidéo (PREMIERE)

Audio

Tracklisting

The (Hypothetical) Prophets - Around The World With The Prophets (Infiné, 4 mars 2016)

01. Around The World With The Prophets
02. Back To The Burner
03. Fast Food
04. I Like Lead
05. Person To Person
06. The Fisherman's Friend
07. On The Edge Of The White Zone
08. Wallenberg (French version)
09. Back To Siberia
10. Fast
11. Terminal New York
12. Budapest 45


Irène Drésel - Lutka

Il est des efforts qu’on ne saurait négliger. Irène Drésel, ou Irène Billard si on lui préfère son profil d’artiste plasticienne, auteure par le passé de quelques tentatives électroniques louables mais poussives, vient de balancer chez InFiné un nouveau morceau aussi sexy sur le fond que la forme, une minimal progressive au beat étouffé appuyée par un drone discret comme un bruit blanc.

Lutka est un clubbing de backroom, une ambiance d’alcôve intérieur cuir et velours qui, sans renouveler le genre, sécrète sur quatre minutes trente de développement sensitif une fragrance voluptueuse, relevée par un clip réalisé par l’artiste visuelle Florence Lucas (Flokim). Entre métaphores acidulées et porno chic, la vidéo dispense un érotisme très féminin qui sublime l’abstraction de la production musicale en une illustration imagée du fantasme et du voyeurisme sensuel.

Vidéo


On y était - Cubenx + Composer au Point Éphémère

En ouverture d'un showcase de quarante-huit heures qui s'étale sur toutes les facettes du fidèle et subtil label InFiné, deux nouvelles signatures à ranger du côté art-pop de son catalogue se présentent ce soir au Point Éphémère. Composer, tandem réunissant deux musiciens issus de l'expérimental comme du folk et rejoints sur scène par une chanteuse, exécute son premier véritable live et s'en sort honorablement. Le set s'entame dans une certaine abstraction, et on croirait presque que Composer cherche à recréer une sorte de David Sylvian dernière période version électronica (ambiance glitch + vocaux mélodiques posés sur le tas). Le reste de la prestation s'étale sur les morceaux les plus pop de leur joli premier LP, et révèlent finalement une série de micro-tubes qui dépassent, par leur qualité, un certain nombre d'artistes dans le domaine. C'est certes un peu trop innocent par endroits, mais on constate un souci du détail et des atmosphères qui font toujours leur effet.

La "tête d'affiche" de la soirée est en fait Cubenx. Le Mexicain s'était fait remarquer comme producteur d'électro-tech auparavant, mais a fait un coming out cold wave/shoegazing sur InFiné. On peut dire que c'est attendu par les temps qui courent, mais le résultat est bourré de classe et son album a généré un succès d'estime mérité. Sur scène avec Alfredo Nogueira, collaborateur vocal d'un peu tout le monde (Apparat, Telefon Tel Aviv), l'élégant Latino ne fait même pas un clin d’œil aux 2/3 tracks électro de son album et se plonge toujours plus loin dans le cold, au point de rappeler, par sa présence et par le tact glacé mais sensuel de ses tracks (quelques inédits délicieux), le Français Colder, dont certains se rappellent encore des deux albums sur feu Output. Une potentielle mini-star indé de 2012 - même le NME l'a déjà repéré, ce qui n'est pas toujours de bon augure au demeurant...


Francesco Tristano - Idiosynkrasia

cover-idiosynkrasia-300x300Cherchez Idiosynkrasia, ou plutôt idiosyncrasie dans tout bon dictionnaire, puisque ce mot en est l’étymologie et vous en découvrirez le sens : particulier. Ce terme correspond tout à fait à celui de Francesco Tristano, jeune prodige diplômé de la prestigieuse Juilliard School et lauréat de nombreux prix classiques comme celui du Concours International de piano XXème Siècle d'Orléans. Il est un dicton qui dit que nul n’est prophète en son pays. Le jeune Luxembourgeois est bien plus que cela. Après avoir affirmé son talent classique dans quelques-unes des plus grandes salles du monde, notre Mozart du nouveau millénaire s’attache à démontrer que musique baroque et sonorités électroniques peuvent être complémentaires. Bien des artistes s’y sont essayés avant lui (nous nous rappelons tous de la performance artistique de Jeff Mills au Pont du Gard) sans pour autant atteindre sa maestria. Les éloges fusent (Tristano est le seul artiste classique à avoir fait la couverture d’un magazine électro), les collaborations s’enchainent (Murcof, Moritz Von Oswald…) et la renommée ne se fait pas attendre pour ce jeune artiste boulimique de nouvelles expériences.

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Peut-être afin de prendre du recul sur Aufgang, projet qu’il partage avec Rami Khalifé et Aymeric Westrich ou plus certainement afin de se plonger dans un registre plus personnel, Francesco Tristano revient avec un troisième album à l’image de sa personne : mystérieux, ambitieux, flamboyant… Accompagné ici d’un des emblématiques parrains de la techno made in Detroit, j’ai nommé Carl Craig, le pianiste explore une nouvelle facette de son art à travers neuf tracks traversant les courants et les genres. Voyage intemporel mettant l’auditeur en suspension, les morceaux s’imbriquent les uns dans les autres pour saisir l’assistance sans jamais l’extirper de sa rêverie. Un effort louable de ces deux artisans d’une fusion mélodique fantasmagorique dont la longueur aurait pû sembler indigeste (plus d’une heure ! Piste cachée). Pourtant, il n’en sera rien. Tristano invente et se réinvente au fil des albums. L’ouverture sur Mambo fait montre du talent de son auteur, où celui-ci se sert des touches de son instrument comme procédé de percussion. Une mélodie appuyée par des tonalités graves qui dessert une atmosphère lugubre avant de déboucher sur Nach Wasser Noch Eride, solo piano mélancolique et vertigineux. Une complainte à couper le souffle qui trouverait autant sa place dans un concerto que dans un opéra-rock. Et que dire de la structure de Wilson qui puise son énergie dans l’influence jazz des deux musiciens. Un morceau s’élevant crescendo s’ébouriffant par une soudaine percée de la boite à rythme à laquelle vient se mêler le jeu habile de notre petit génie. Idiosynkrasia quant à lui porte bien son nom, piste nettement plus dancefloor qui fait le pas entre les récentes productions d’Aufgang et l’initiation dub-techno découverte sur Bio/Auricle/On. Après tout Carl Craig ne fut pas associé à Basic Channel pour rien, et c’est d’ailleurs un peu de Paperclip People que l’on retrouve sur Frangance de Fraga. Un autre titre où l’instrument à queue cède le pas devant des sonorités plus synthétiques, le petit maître démontrant qu’il est à aussi à l’aise derrière son piano qu’aux commandes de machines. Si Lastdays rappelle Nach Wasser Noch Eride autant dans sa structure que dans son intention, Eastern Market avance un peu plus loin dans l’ère du rétro-futurisme, rappelant les hymnes de Model 500 revus à la sauce électronico-accoustique. Et si faire un nouvel éloge sur Single and Doppo reviendrait à faire croire à nos chers lecteurs que j’ai des parts de marché chez Infiné, impossible de passer sous silence la réussite exemplaire d’un Hello revisité de la plus belle manière qui soit. Onze minutes de folie pure, où le l’auteur de Tres Demented s’approprie l’élogieux morceau d’introduction de Not For Piano, en en récupérant la sève, pour la remodeler en un assemblage volcanique voilé de nappes stratosphériques. Une claque si sévère qu’on arrive mal à l’attribuer à une main humaine.

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Une réussite supplémentaire à ajouter au palmarès du fringuant trentenaire, à qui il ne reste plus grand-chose à prouver si ce n’est à lui-même. Musicien d’avant-garde avant tout, la musique de Francesco Tristano s’évade des carcans qui lui sont imposés pour explorer des terrains encore vierges quand elle ne sort la mélodie de ses chemins balisés. Idiosynkrasia porte bien son nom, et ce nouvel opus du jeune pianiste permet une fois de plus au label Infiné d’affirmer son intention de sortir la musique électronique des sentiers battus.

Audio

Francesco Tristano – Mambo

Vidéo

Tracklist

Francesco Tristano - Idiosynkrasia (Infiné, 2010)

01. Mambo
02. Nach Wasser Noch Eride
03. Wilson
04. Idiosynkrasia
05. Fragrance De Fraga
06. Lastdays
07. Eastern Market
08. Single And Doppio
09. Hello - Inner Space Dub


Bachar Mar-Khalifé - Oil Slick

bachar1Dans la famille Khalifé, la musique est plus qu’un art, c’est une tradition. On ne présente plus le père, Marcel Khalifé, récompensé par l’UNESCO pour son travail allant dans un sens moralisateur pacifique et prônant en faveur d’un engagement pour le patrimoine musical, le « musicien arabe » se veut l’un des plus grands compositeurs de son époque. Aujourd’hui ce sont ses deux fils, Rami et Bachar qui lui emboîtent le pas.Mon premier en exploitant très tôt les talents innés qu’il se découvrit pour le piano et que mon second se fascinant de la même manière pour les sonorités plus lourdes des percussions. Ensemble ils réalisent une poignée de cinémix, avant que l’aîné rejoigne Aufgang, aux côtés de Francesco Tristano et Aymeric Westrich, laissant aux soins du cadet d’appuyer les performances live du pianiste luxembourgeois, au cours de ses représentations solo. C’est donc bien au décollage en solitaire de Bachar que nous assistons à travers cet Oil Slick.

Mais qui dit effort solo ne dit pas forcement enregistrement esseulé et misanthropique, au contraire. Si cet album se veut avant tout le reflet d’un état des lieux très personnel de l’artiste, il se veut aussi comme un partage émotionnel transmis à travers une musique que le mélomane ira puiser dans ses racines. C’est donc entouré de musiciens tels qu’Alexander Angelov, Aymeric Westrich ou encore de son frère Rami que Bachar se permet de pousser des vocalises d’une voix fluette, parfois presque naïve, le long des six titres que couvre cet album riche et condensé. Et si l’on retrouve volontiers l’influence de son entourage sur le puissant et chichement jazzy Progeria, on s’attardera plus longuement sur le trouble et poisseux Marée Noire. Enroulé autour d’un slam de son auteur, la voix parasitée par le vocoder, ce morceau dont le texte fait indirectement référenceà la catastrophe pétrolière survenue en 2006 à Beyrouth. Il permet à Bachar de livrer une ballade poignante marquée par l’amertume et le dégoût de soi, couché sur un piano ivre et des nappes inquiétantes. A noter également qu’il s’agit ici du seul morceau en français dans le texte, puisque Bachar Mar-Khalifé a tenu à utiliser sa langue d’origine, ce qui apporte un dépaysement des plus bienvenus comme sur la langoureuse amourette Around the Lamp, où il partage le chant avec la vocaliste Lita Jana. Hymne à la lenteur absolue, berceuse en apesanteur voilée d’une aura doucereuse et mystérieuse. Et si la réussite d’un Distance, presque pop, ou d’un Democratia engagé n’était pas à craindre, le vrai tour de force vient des dix minutes extrêmement déconcertantes procurées par NTFntf’, qui malgré sa structure expérimentale en chausse-trappes provoque chez l’auditeur des sensations fortes. Dix minutes qui permettent à l’artiste de se livrer à son art et démontrer à travers ce « never to forgive » toute la puissance des instruments à percussion.


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Hélas, Bachar Mar-Khalifé prêche trop près de son troupeau, et Slick Oil peine à se démarquer du terrain sur lequel il s’avère vouloir braconner. Une belle intrusion dans la world music, mais qui rappelle que d’autres s’y sont essayés avant lui (Kwal en tête). Quantà l’originalité musicale, il semble la devoir plus à ses collaborateurs qu’à lui-même, tant celle-ci porte les stigmates des productions d’Aufgang ou s’enclave dans la parfaite lignée des compositions de Francesco Tristano. On déplore alors l’économie des rythmiques percussionnistes, qu’on aurait pensé trouver au cœur de l’œuvre, face à un déploiement massif de l’instrument à queue, certes ici magnifié. Les années d’apprentissage du jeune homme face à l’instrument au conservatoire de Boulogne n’y changeront rien. Oil Sick n’en reste pas moins un objet tout à fait inédit et suffisamment bohème pour susciter l’intérêt de l’auditeur assoiffé de découverte, mais qui ne marquera pas l’émancipation d’un Bachar Mar-Khalifé qui devra apprendre à se détacher de ses liens s’il veut mieux affirmer sa personnalité.

Audio

Bachar Mar-Khalifé – Marée Noire

Tracklist

Bachar Mar-Khalifé - Oil Slick (InFiné, 2010)

1. Progeria
2. Distance
3. Around the lamp
4. Marée Noire
5. Democratia
6. NTFntf'


Aufgang – Air On Fire

aironfire-1Nous avions rencontré Aufgang lors de leur passage à la Machine du Moulin Rouge, le temps d’un live endiablé qui ne nous avait pas laissés de marbre. Vous en souvenez-vous ? Sinon, pour les piqûres de rappel, c’est ici et ici. Ceux-ci nous avaient d’ailleurs confessé en coulisse travailler secrètement sur de nouveaux morceaux et avaient pu régaler l’auditoire d’une écoute en avant-première d’un Dulceria explosif et savoureusement châtoyant. Pourtant nous ne pensions pas revoir Francesco Tristano, Rami Khalifé et Aymeric Westrich nous revenir aussi tôt pour autant.Et pourtant, c’est à peine quelques mois après la sortie de leur album que le combo classico-électro débarque avec un nouvel EP dangereusement inflammable et nettement plus abyssal.
Si Dulceria semble taillé pour le dancefloor, brassant arpèges légers et sonorités house, le second morceau plonge l’auditeur dans un chausse-trappe qui va très lentement l’entraîner vers des ténèbres inexplorées auparavant. Cette relecture du morceau phare Aufgang, tout bonnement intitulée Auricle Dub, évoque immédiatement les structures minimalistes d’artistes comme Delta Funktionen ou Claro Intelecto, les instruments à cordes frappées en plus. Douce Violence (tout est dans le titre), deuxième véritable inédit de ce nouveau maxi, enfonce un peu plus le clou dans la noirceur. Spirale descendante, brutale, matraquée par le martellement agressif des kicks d’Aymeric et de l’affrontement au piano de Francesco et Rami. Une chute sonore aux accents corrosifs et à la tonalité oppressante. Warm Snow sonnera alors comme l’œil du cyclone, un brin d’accalmie bienvenu et permettant de reprendre son souffle. Les doigts de fées de nos deux pianistes se baladant langoureusement sur les touches de leursinstruments jusqu’à en tirer des larmes maculant chaque ligne, chaque portée, chaque note…
Et si nous voyons doublement l’occasion de nous repaître du sublime Channel 7, une version siglée Krazy Baldhead me fait craindre le pire. Je dois confesser que maladroit comme je suis, tout album ou titre siglé Ed Bangers ou catégorisé French Touch 2.0, 3.0, 3.0,5 et un quart… se retrouve le plus souvent sottement dans ma corbeille ou piétiné avec rage. Comme je peux être empoté parfois. C’est donc pour cette raison que je préfère dire qu’Air On Fire ne comporte que cinq titres. Je n’ai pas le droit ? Aïe ! Bon, alors, malheureusement il s’agira ici du seul bémol de ce nouvel essai du trio international puisque l’électro grassouillette du Marseillais dessert mal les ambitions d’Aufgang, à contrario de l’Américain Sutekh qui déstructure parfaitement les harmonies en escalier du track, pour en façonner une bombe expérimentale du plus bel effet.
Au final, ce sera essentiellement Aymeric et sa boîte à rythme savante qui seront mis en avant sur ce nouvel opus qui en définitive ne dévoile que trois réels inédits. On savourera néanmoins l’exposition d’une plus large incursion de la musique électronique dans la musique d’Aufgang, ce fameux quatrième homme. Et on succombera tout simplement devant cet énième démonstration de fusion entre classique et électronica. Dorénavant, c’est certain, le futur se conjugue à l’imparfait.

Audio

Aufgang - Dulceria

Tracklist

Aufgang – Air on fire EP (In Finé, 2010)

01. Dulceria
02. Aufgang (Auricle dub)
03. Douce violence
04. Warm snow
05. Channel 7 (233 Channels remix Sutehk)
06. Channel 7 (Krazy Baldhead Remix)


Aufgang l'interview

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Comment est né Aufgang ?

Aymeric (batterie): Aufgang est réellement né en 2005. On se connaît tous les trois depuis à peu près 2000. Nous nous sommes rencontrés à New-York. Mais la date officielle de la naissance d'Aufgang est 2005, dans le cadre du festival du Sonar à Barcelone où nous avons eu l'opportunité de jouer pour la première fois.

Pourquoi avoir choisi se nom qui se traduit plus où moins en allemand par « montée » ?

Francesco (piano): Aufgang ne signifie pas réellement « montée » en réalité, on ne peut pas vraiment le traduire... Tout en gardant cette idée de « montée » il peut représenter le lever du soleil, comme l'escalier qui monte, où le monte-charge... Selon la déclinaison, cela ne pas vraiment dire la même chose, tu ne trouveras pas d'équivalent en français. D'ailleurs, on l'aime bien, c'est un terme un peu archaïque, personne ne l'utilise en allemand. Enfin si... On l'a vu à Berlin, c'était le terme utilisé pour représenter le passage pour aller à la mezzanine du lobby de l'hôtel, donc il y a toujours cette idée de « montée », mais ça reste conceptuel. Mais c'est une idée que nous aimons bien, d'aller toujours vers le haut, ce que nous essayons de traduire dans nos morceaux aussi, comme Sonar qui monte perpétuellement... Après nous avons un Libanais, un Français breton et d'origine chilienne, moi je suis luxembourgeois d'origine italienne, donc nous n'avions pas de terrain commun. Alors un nom allemand pourquoi pas ?

Pour la plupart vous venez d'horizons plus « classiques », comment avez-vous appréhendé cette approche de la musique électronique ?

Rami (piano): Nous avons toujours aimé écouter d'autres musiques que le classique. Aymeric par exemple produit du hip-hop. Durant sa période au Conservatoire lorsqu'il travaillait sur les percussions, il produisait d'autres types de musique, Francesco pareillement... Nous improvisons et composons depuis assez longtemps maintenant... Ce terrain d'entente commun nous a permis de développer un style hybride... Ce n'est pas de la fusion, ce n'est pas non plus du classique que l'on mixe sur un beat, c'est réellement un langage propre au 21ème siècle qui casse toutes les barrières, qui peut justement séparer toutes les structures et mêler tous les courants entre eux.

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L'accroche que l'on peut voir sur l'album et les affiches  « 2 pianos + 1 batterie » n'est pas tout à fait juste puisque vous utilisez également des boites à rythmes, séquenceurs...

Aymeric : C'est le côté humain qui est mis en avant. C'est les instruments que l'on nous voit réellement jouer sur scène... Nous sommes accompagnés de beaucoup de machines, de séquences, de synthés, ça pourrait presque être un quatrième musicien. Mais physiquement, sur scène, ça reste deux pianistes et un batteur. Après il faut demander pourquoi ils vendent ça comme ça... (Rires).

Francesco : Moi je pense qu'il est là le quatrième homme, quelque part derrière le rideau. On ne le voit pas, et c'est bien je trouve. C'est l'acteur silencieux, mais il est toujours présent. Nous n'avons pas de morceaux totalement acoustique, il y a toujours une partie de production, même si c'est en finesse. Par exemple pour le live on a quatre micros par piano, pour l'enregistrement on en avait huit. Il y a toujours cette interaction avec la technologie, et on passe un temps fou à programmer ces machines afin qu'elles répondent à nos attentes. Malgré tout à chaque fois on change un peu le set up, on tente d'humaniser un peu plus les machines pour que ça devienne quelque chose d'organique qui se confonde dans notre jeu acoustique de batterie et de pianos.

Avez-vous pour volonté d'introduire les instruments baroques dans les clubs ?

Francesco : Effectivement, pourquoi pas ! Déjà c'est assez rare de voir un piano à queue dans club non ? Alors deux ensemble...  Je pense que ça reste du jamais vu. Nous sommes très ouverts, comme je te le disais, on change souvent notre set up et nous envisageons des collaborations avec des orchestres avec d'autres instruments.  Nous sommes évidemment très inspirés par la musique baroque... Un clavecin... L'utilisation d'un clavecin en night-club, ça ce serait vraiment génial. Deus ex-machina, on fait descende le clavecin d'en haut... Le robot-clavecin.

Rami : Les éléments les plus fantaisistes nous donnent de l'énergie pour créer, pour aller plus loin, à partir du moment où cela sert la musique.

Quel est votre optique lorsque vous composez ?

Aymeric : Notre motivation c'est de chercher à créer une musique unique, différente tout en y insufflant nos influences. Nous composons de multiples manières, mais l'improvisation reste le centre de notre manière de procéder. On peut jammer, faire pas mal d'essais, puis bricoler... Notre façon de travailler change à chaque fois. Mais le but est de créer un objet unique, qui nous plaise et nous corresponde.

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Vous qualifieriez-vous comme des laborantins du son ?

Aymeric : Oui (ensemble), nous sommes très méticuleux et très perfectionnistes, et ce sont vraiment deux mots qui correspondent à notre travail et à notre façon de composer.

Francesco : Après ce n'est pas comme si nous effectuions une étude de marché. Par exemple, nous ne pouvons pas cibler notre public, on ne peut pas dire le public qui aimera Aufgang sera untel. Nous ne le savons pas. Si nous jouons dans une boîte, dans une salle de concert ou dans une église, c'est certain que le public sera différent et nous nous adaptons tels des caméléons, on change la set-list, nous modifions la tonalité... Mais l'intérêt c'est de jouer pour ces publics très différents. Que ce soit des raveurs ou un auditoire d'intellectuels, on s'en fout... Si on arrive à toucher déjà un public, on est content, et s'il est éclectique et varié, nous sommes d'autan plus ravis.

Rami : Le message c'est que si on arrive à toucher beaucoup de personnes grâce à notre musique, c'est qu'au final, elle réussit à représenter une certaine ouverture d'esprit et de ne pas enfermer les courants musicaux dans des cases séparées. C'est vrai que même si le mot semble fort, c'est un peu un rêve pour nous de pouvoir jouer avec nos instruments dans une boite de nuit. C'est quelque chose dont on parlait entre nous sans qu'on arrive vraiment à le matérialiser concrètement. Et puis les choses arrivent, sur 6 dates, nous avons joué dans 4 night-clubs, c'est assez intéressant, intriguant et excitant de ne pas savoir où on va...

On ressent beaucoup d'influences dans votre musique, que ce soit le jazz, le classique orchestral, la techno de Détroit...

Aymeric : Le rock aussi...

Je n'y avais pas pensé...

Aymeric : C'est plus dans l'énergie en fait...

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Mais alors d'où vous vous viennent réellement vos influences ?

Rami : Elles viennent de partout.Ça peut venir quand tu marches dans la rue, chaque être humain a sa propre sensibilité. Nous ne sommes pas influencés que par la musique.

Aymeric : Tous les arts nous inspirent.

Rami : Et pas seulement les arts, il suffit qu'un élément tragique se passe...

Aymeric : L'économie ! Nous allons faire un morceau sur l'économie (Rires).

Rami : Les influences, ça reste quelque chose de très personnel...

Francesco : Déjà nous sommes trois personnes différentes, avec trois cultures différentes, trois ambiances différentes, trois parcours différents... Il y a déjà tout un mix d'influences, après ce n'est pas à nous de les déterminer. Nous préférons laisser faire les médias et surtout le public, puisque si ça lui parle c'est qu'il a déjà une référence par rapport à ce qu'il écoute.

Votre titre Barock vient d'être remixé à la fois par Robert Hood, Mondkopf et Wareika. 3 nouvelles approches pour 3 nouvelles révolutions, quelle est la prochaine étape d'Aufgang ?

Rami : Le prochain album...

Francesco : Non, il ya un EP avant...

Rami : Oui, c'est sûr... Mais pour l'instant on continue à jouer le premier album et on a besoin de se renouveler... Mais nous avons des idées.

Et vous comptez rendre réel ce quatrième homme ?

Francesco : Mais il existe déjà sauf qu'on ne le voit pas. C'est tout simplement la meilleure partie de nous trois.


On y était - Aufgang

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Photos © Patrice pour hartzine

Aufgang , La Machine du Moulin Rouge, le 25 Mars 2010

Retour sur le plancher des vaches pour le trio baroque mais expérimentaliste Aufgang, il en va de même pour moi, accompagné cette fois-ci de Patrice, à la Machine du Moulin Rouge. Je ne vais pas réitérer ma campagne de glaviotage sur ce club qui prend de plus en plus des allures de Bataclan. J'aimerais d'ailleurs beaucoup rencontrer  le nouveau tôlier de cette salle, car malgré tous les reproches que je peux brandir vindicativement sur ce lieu sans âme, force est de constater, au vu de la programmation, que des efforts considérables ont été fait pour recadrer l'ex-Loco dans un contexte hype de la nuit parisienne.

Mais ne nous attardons pas. Et si je reste un peu frustré de n'avoir pu assister à la prestation de Grand Pianoramax, pour cause d'entretien avec le combo cosmopolite Aufgang, excusez du peu, c'est avant tout pour la présence  ce soir là du poète-MC Mike Ladd plutôt que le grand machin-chose en question. Peu savent que ce manieur de mots, jouant avec son flow comme on dessine des avions en papier, fut prof de lettres à Cambridge. C'est sur ces derniers verbes que je déboule dans la chaufferie, après avoir dévalé une bonne quarantaine de marches en roulé-boulé. Appelez-moi Colt Sivers, même pas mal. La voix de l'homme imposant s'éteint sur quelques notes de Léo Tardin, le public applaudit. Mother Fuck... J'ai tout raté.

Mais qu'importe le spectacle attendu est dans la grande salle, sur la grande scène et donné par de très grands artistes quoi qu'on en pense. Si Rami Khalifé, Francesco Tristano et Aymeric Westrich ne révolutionnent pas la musique après de précédents essais remarquablement menés par Jeff Mills ou Carl Craig et Moritz Von Oswald,  le trio s'applique à gravir un échelon supplémentaire dans l'hybridation de la musique baroque et de la culture dancefloor. Le spectateur se demandant où sont les sièges en voyant au loin les deux pianos à queue se prendra rapidement les pieds dans l'escalator, sans espoir de redescente.

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C'est d'ailleurs dans cette optique gravitationnelle qu'est construit le set d'Aufgang commençant dans un registre moins ludique et plus Barock, les notes se font légères et virevoltent, soufflant sur mon visage comme un vent frais alors que la rythmique batterie/boîte à rythme affole pourtant déjà mes baskets. Décollage sur Channel 7, avant un lâchage sur Sonar. Impossible de ne pas s'abandonner devant cette attraction fiévreuse sur laquelle Rami et Francesco semblent prendre un malin plaisir à jouer au ping-pong, tapant frénétiquement chaque note qu'ils se renvoient au rebond. Aymeric quant à lui donne la mesure, et avec quelle cadence. Ce feu d'artifice explose dans un bouquet final euphorique qui me retourne l'estomac et me fait chavirer. L'auditoire est au septième ciel, et moi avec lui.

Les trois musiciens ne font plus dans la demi-mesure et assurent le show. Rami les mains plongées dans son instrument, gratte ses cordes, les chatouille, les énerve...  Aufgang est explosif, Aymeric explosant ses fûts, déchainé comme un diable, tandis que ses deux comparses s'agitent sur leurs pianos comme plongés dans un état second, dansant et transpirant. Le très housy Good generation m'aide légèrement à redescendre, les harmoniques plus claires se mariant parfaitement aux samples lumineux, rappelant le soleil de Barcelone et les odeurs s'échappant du marché de la Boqueria. Si je vous dis que le show m'a envoûté, vous me croyez maintenant ?

Photos

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On y était - Aufgang au Café de la Danse

large_5460Aufgang, Café de la Danse, Paris, 19 novembre 2009

Le problème, au Café de la Danse, quand on est assis à l'extrême droite de la salle, c'est qu'on est obligé de composer avec le bruit des mecs qui vont pisser. Le concert commence, quelqu'un se sèche les mains. Bon.

1 Mac + 1 violoncelle

Pour ouvrir la soirée, le label InFiné a misé sur un duo réunissant l'un de ses protégés, le producteur parisien Erwan Castex, alias Rone, et le violoncelliste Gaspar Claus. Le résultat : un seul et long morceau en demi-teintes. Rone, scotché à son écran, tripote frénétiquement les boutons de sa console tandis que Gaspar s'essuie les doigts sur le bois de son instrument. Ah, en fait, l'histoire des toilettes, ça faisait peut-être aussi partie de la performance. A la fin du set, le public fait comprendre discrètement qu'il aimerait un rappel. "On nous avait dit de faire court". Nos deux bougres, presque gênés de se tenir sur scène devant une salle pleine, nous font l'honneur d'un dernier morceau. Planant, mais pas transcendant.

2 pianos + 1 batterie

Je voulais commencer cet article par une allusion vaseuse aux CD de relaxation Nature & Découvertes avec cris de baleine intégrés, mais finalement, Aufgang mérite bien mieux que ça. D'autres ont déjà dû faire ce jeu de mot non moins vaseux auparavant mais je tiens à le préciser à nouveau : malgré son nom, ce groupe ne fait pas de la musique d'ascenseur. Ah ah. Quoi qu'il en soit, je ne suis pas très sensible à ce genre de musique (comprenez : totalement ignorante), et l'écoute de l'album ne m'avait fait ni chaud ni froid. Ça n'a pas été le cas de ce concert. Bon, au début, quand je me suis retrouvée au milieu d'une marée de trentenaires branchés experts dans l'art de danser en mettant l'ambiance avec leur bras, je ne me suis pas totalement sentie à ma place, moi qui aie subi plus de pogos que de soirées hype. Mais j'ai été très rapidement convaincue par la performance de ces trois-là. C'est relojes especiales agréable, de temps en temps, d'écouter des types qui touchent vraiment leur bille en musique - dont la plus grande prouesse n'est pas le solo de "Stairway To Heaven", je veux dire. (Et non seulement ils sont doués, mais il faut en plus qu'ils nous promènent leurs faces de mannequins Armani sous le nez - franchement, il y a des claques qui se perdent.) Je ne vais pas vous rejouer le couplet de leur formation, ni celui de leurs influences ; d'autres s'y sont déjà collé, et très bien. Rappelons juste que les deux pianistes, Rami Khalifé et Francesco Tristano, se sont rencontrés en l'an 2000 de notre ère à la prestigieuse Juilliard School de New York. L'année suivante, ils rencontrent le futur batteur d'Aufgang, Aymeric Westrich, qui a officié un temps au sein de Cassius, et que Rami avait rencontré dans sa prime jeunesse au conservatoire de Boulogne-Billancourt. Tous mettent en commun leur goût de la musique électronique et de l'expérimentation sans limite. Bach... Not For Piano... Concours international de piano d'Orléans... Bla, bla, bla. Festival Sonar de juin 2005. C'est parti.
Oublions un peu tout ça, et revenons au Café de la Danse. Emmenés par le jeu carré d'Aymeric, les deux autres n'hésitent pas à malmener leurs pianos à queue en allant bidouiller on ne sait quoi avec les cordes à l'intérieur. Si Francesco évoque Fluxus lors des interviews, ce n'est pas sans raison. Et, soyons honnêtes, je serais bien incapable de citer une autre référence : je n'ai aucune idée d'où vient cette musique ; la seule chose dont je suis sûre, c'est qu'elle est terriblement passionnante. Ce soir, je rentre chez moi avec un préjugé en moins.

Emeline Ancel-Pirouelle