House of Wolves l'interview

Du séminal Fold In The Wind paru en 2011 (lire) au plus récent troisième album éponyme (lire), Rey Villalobos, aka House Of Wolves, fait définitivement partie de ces quelques artistes avec lesquels Hartzine entretiendra toujours une histoire d'amour, du moins aussi longtemps que le californien nous gratifiera de ses chansons à la grâce et à la délicatesse infinies. Avec une constance étonnante, l'ami Rey nous avait déjà ravis il y a quelques mois avec son dernier LP qui, tout en soulignant le sens mélodique inouï de son auteur, prenait davantage d'ampleur et d'oxygène avec l'apport d'un quatuor à cordes et une section rythmique plus marquée. Une richesse sonore témoignant d'une volonté d'évolution artistique ne reniant pour autant rien d'un passé discographique frisant le sans faute. Toujours en très grande forme, c'est avec un split EP en compagnie d'Emily Jane White, à paraitre sur le label français Discolexique, que nous revient déjà House Of Wolves. Un EP sur lequel chacun reprend un titre de l'autre (Keeley pour House Of Wolves et Just Shy Of Survival pour Emily Jane White) et se fend pour l'occasion de deux nouveaux titres. Six tracks, donc, qui trouvent ensemble une cohérence étonnante, témoignant d'une longueur d'onde partagée entre les deux artistes. Et comme ces deux-là sont loin d'être des manchots,le tout s'écoute avec délice et délectation, dans une certaine légèreté de ton sur laquelle on n'aurait pas forcément parié sur ce coup, malgré le poids émotionnel de certains textes. En témoigne notamment l'irrésistible "Up High And low", qui dévoile une facette plutôt détendue du bulbe de son auteur.

Profitant de leur passage à Rennes le 21 mars dernier dans le cadre de leur tournée commune, et ce jour là, dans le cadre des 20 ans du festival Rennais Les Embellies, on a posé quelques questions à Rey Villalobos, déjà sept années après une première rencontre marquante.

House Of Wolves nous a également fait l'honneur d'une session live quelques heures avant son concert, nous offrant un petit moment de grâce et de générosité dans un coin de loge exigu et pas loin d'un évier, choisi par Rey Villalobos lui-même pour son acoustique et son intimité. La vidéo est à (re)découvrir ici-même.

INTERVIEW  (Rennes, Église du Vieux Saint-Étienne, le 21 Mars 2018)

Te voilà déjà de retour en tournée avec Emily Jane White quelques semaines après la tournée de House Of Wolves pour le dernier album. La scène est-elle un exercice que tu aimes de plus en plus ?
You are back again on tour with Emily Jane White a few weeks after having been on tour for the last album of House Of Wolves. Is being on stage an exercise that you increasingly cherish ?

C'est un défi que de jouer et de présenter ses chansons quand on se produit dans des endroits différents, et après chaque concert, on se demande ce qu'on peut améliorer. J'aime refaire cet exercice encore et encore. Le résultat n'est jamais figé : continuer à faire de la scène, apprendre, améliorer le set...C'est toujours très amusant de voir tout ce qu'on peut faire et c'est aussi un défi que de faire ça en solo parce qu'on se retrouve sur scène, complètement seul, à se demander comment on va faire pour faire en sorte que personne ne s'ennuie pendant 40-45 minutes, et comment on peut jouer avec le set sans un groupe avec soi.

It's a challenge to play and present your song when you play in different situations and after each show you wonder what you can do better. I am enjoying doing it again and again. It's a work in progress all the time : to continue to be on stage and to learn and to make the set better...it's always really fun to see what you can do and it's also really a challenge to do that solo because you're just up there totally by yourself wondering how you're going to keep everyone interested for 40-45 minutes, and what can you do to the set without band.

Ton dernier album, plus riche musicalement, t'a aussi amené à jouer avec groupe, contrairement à tes débuts. Qu'est que cela change dans ton approche de la scène ?
Musically richer, your last album has brought you to play with a band, contrary to when you started performing. What has it changed in the way you perceive being on stage ?

J'ai joué avec des groupes avant. J'ai été dans un groupe de rock donc ça n'a pas vraiment changé mon approche de la scène sauf que quand on joue dans un groupe, les questions de logistique sont tellement plus compliquées en comparaison avec une tournée solo... Mais c'est tellement génial de jouer avec des personnes avec qui le courant passe. J'ai joué avec une altiste, Olive, à Paris, et il y a aussi mon ami Mike, et quand on trouve des gens comme eux avec qui on crée une alchimie, l'énergie change complètement et on en vient à ajouter juste assez de dynamique pour être encore plus dans l'instant.

I've played with band before. I actually was in a rock band before so it hasn't really changed my perception of being on stage except when you play with band, logistics are much more complicated comparing to when you're solo. But then playing with people you click with is so awesome. I've played with a violist, Olive, in Paris, and there's my friend Mike, and when you find people like them with whom you can connect, the energy changes completely and you add just enough dynamic to be more into the moment.

Tes deux premiers albums apparaissaient très intimistes. Le 3ème, « House Of Wolves », est apparu beaucoup plus ouvert, plus ample (dans les orchestrations notamment, - de piano, + de cordes). Aujourd'hui, c'est un split EP avec Emily Jane White qui sort... Qu'est-ce que cela dit de ton évolution artistique ? Es-tu de plus en plus ouvert à l'extérieur ?
Your first two albums came as very intimate. The third one, « House Of Wolves », came as more opened, it gained momentum (especially with the arrangements, less piano, more strings). Today, it's a split EP with Emily Jane which is out now... What does it say about your evolution as an artist ? Are you more opened to exterior influences ?

J'ai fait les deux premiers en solo et le suivant a été enregistré en live, avec un groupe -batterie, basse, guitare et piano -, et quand on a joué cet album de bout en bout, on a joué fort...J'aurais aimé pouvoir amener ces personnes mais le coût était tout simplement trop élevé...Et pour l'album d' après, je me demandais s'il fallait mieux faire quelques chose de plus doux, ou carrément glam rock...On peut prendre n'importe quelle chanson et lui donner des accents rock ou super low fi donc j'aime bien tester les deux et envisager toutes les possibilités d'une chanson.

I did the first two solo and then the next one was recorded live, with a band -drums, base, guitar and the piano-, and when we tracked that album we were playing loud, we were rocking loud...I wanted to bring those guys but it was just so expensive...And for the next record I was wondering if I should be doing it with more mellow accoustics, or go glam rock...You can take any song and make it rock or super low-fi so I like going both and try and dicover all the possibilities for a song.

Avais-tu besoin de bousculer les codes édictés par toi-même concernant ta musique, l'envie d'une évolution plus marquée ?
Did you feel like you had to shuffle the lines of conduct you drew concerning your music, some sort of urge for a more affirmed evolution ?

J'en avais assez de faire de la folk ombrageuse, je venais de faire à la suite deux albums folk donc j'avais envie de tester quelque chose de différent, pas non plus un album glam rock complètement fou, mais différent.

I was tired of doing dark folk, I had made two folk records back to back so I wanted to something not full on crazy glam rock but different..

Le piano est de moins en moins présent dans ta musique, y compris sur cet EP. Quel est aujourd'hui ton rapport à ce qui est pourtant ton instrument de prédilection ?
The piano is less and less present in your music in general, and that's the case too on this EP album. How do you relate now to what's your favourite instrument ?

C'est vraiment juste une question pratique, on voulait faire rapidement cet EP donc on a travaillé avec une guitare. De plus, quand on est on tournée, personne ne va vouloir trimballer un piano partout avec lui...Mais ce serait super de refaire un album avec piano. Christophe (NDLR: le patron du label Discolexique) a réussi à nous avoir un piano pour la date de Lille donc à Lille on s'accompagnera juste d'un piano, sur ce tour.

It's really only just a question of convenience, with this EP, we wanted to do it quickly so we worked with a guitare, and also, when touring, you don't want to carry a piano around with you...but we'd love to do a full piano album again, and in fact Christophe managed to get us a piano for our date in Lille so we're playing with just a piano in Lille on this tour.

A propos de « House Of Wolves », j'ai beaucoup entendu et lu de références à Elliott Smith et notamment son album « Figure 8 », te présentant comme son successeur. Que penses-tu de cette filiation ?
About « House Of Wolves », I've read and heard many references to Elliott Smith, and especially his « Figure 8 » album, that presented you as his successor. How do you feel about this filiation ?

Vous rigolez, c'est incroyable...Je suis honoré...

That's amazing, are you kidding me ? I feel honored...

Pour ce split EP, comment vous êtes vous rencontrés et qui a proposé à l'autre une collaboration ?
For this split EP, how did you meet and who asked the other for a collaboration ?

Je reprends une de ses chansons, et elle reprend une des miennes, et c'est comme ça qu'on s'est rencontré. En 2015 je donnais une interview pour une émission de radio à Toulouse et ils passaient des morceaux, et là j'ai entendu une de ses chansons et j'ai trouvé que c'était un bon morceau. Je l'ai mis sur une playlist qu'on m'avait demandé pour un blog. Et on a fini par demander à Emily si elle voulait qu'on travaille ensemble, et on s'est rencontrés sur Facebook.

I'm covering one of her songs and she is covering one of mine, and this is how we met : I was in Toulouse in 2015 doing a radio interview show and as they were playing songs, I heard one of her songs and I thought it was a good song, I put it then on a playlist I did for a blog. And we ended asking Emily if she wanted to do the collaboration and we met online on Facebook.


Peux-tu nous parler de la genèse du disque ? Comment avez-vous procédé pour l'écriture et l'enregistrement ?
Can you tell us about the making of the record ? How did you do its writing and recording ?

J'ai enregistré ma reprise d'Emily dans ma ville natale à coté de Santa Barbara, avec Tom Flowers dans le studio qu'il a chez lui, avec une guitare acoustique et un vieux micro des années 60, je crois. Et pour les deux titres originaux, je les ai enregistré à L.A, chez Fireproof Recordings et j'ai embauché un de mes amis, Duncan, pour jouer la guitare lead... Et moi j'ai seulement apporté ma guitare acoustique.

I recorded Emily's cover song near Santa Barbara in my home town, with Tom Flowers in his home studio with an accoustic guitare and an old sixties microphone. And for the two originals I recorded them in L.A at Fireproof Recordings and I just brought my accoustic guitare down and I hired a friend of mine, Duncan, to play the lead guitare.

En quoi vous sentez-vous proches artistiquement avec EJW ?
In which ways do you feel artistically close to EJW ?

J'aime ses suites d'accords, comme dans la chanson « Keeley », je me retrouve dans ses suites d'accords, dans ses mélodies.

I like her chords progression, like in the song « Keeley », I could feel myself in the chords progression, in her melodies.

Comment places-tu ce split ep dans ta discographie? Y trouve-t-il une place cohérente ou est-ce une parenthèse?
Where would you classify this split in your discography ? Does it fit organically or is it a parenthesis ?

Je pense qu'il fait partie d'un ensemble assez organique, l'album suivant pourrait être assez similaire, plutôt folk, assez low fi, ou peut-être sera-t-il plus glam rock...ou peut-être les deux à la fois...

I think it's quite organic, the next one could be quite similar, folkish, quite low fi, or maybe it will be more glam rock... or maybe both...

Ce split EP apparaît assez cohérent sur la globalité. Comment avez-vous procédé pour trouver cette homogénéité ? Etait-elle voulue ou s'est-elle présentée naturellement ?
This split EP sounds like a whole. How did you manage to find this homogeneity ? Was it something you were aiming for or did it come as something natural ?

On a eu de la chance parce que c'est venu plutôt naturellement, j'enregistrais, elle jouait...on a été très chanceux.

We were kind of lucky and it came rather naturally, I recorded, she played...we were really lucky.

Dans une interview pour Hartzine en 2011, tu nous présentais l'idée qui alimentait ton projet musical comme une « nostalgie lointaine et entêtante ». Le dirais-tu de la même manière aujourd'hui ?
In an interview for Hartzine in 2011, you labelled what nourrishes your music as « a haunting far away nostalgia ». Would you describe it in the same way today ?

Pareil. La nostalgie d'une époque plus simple, comme une chanson d'amour...Je reste fidèle à mon slogan.

The same, a nostalgia for a more simpler time, like a love song...I'n sticking with my slogan.

Toujours en 2011, tu nous disais à propos de « Fold In The Wind » que ton ambition était de « faire un album très tranquille de chansons d'amour que je pouvais jouer seul ou avec un groupe » . L'ambition pour le troisième album, voire cet EP, était-elle différente ?
Still in 2011, you told us about « Fold In The Wind » that you wanted to make « a very chill album of love songs that – you – could tour solo or with a band. Was it a different ambition for the third album and this EP ?

Je n'ai pas pensé à la tournée quand j'ai monté cet album, j'ai juste assemblé les morceaux...Je me rappelle avoir pensé à ça pour les deux premiers albums, le troisième est un album pour un groupe, il a besoin de batterie et d'une guitare basse pour être joué, mais pour cet EP, je l'ai fait sans arrières pensées, sur ce projet je me suis simplement contenté de faire de chouettes chansons.

I didn't think about the touring aspect on that album, I just put the songs on there... I remember thinking that for the first two ones, the next one is more of a band album that needs drums and bass but for this EP I did it without any thoughts, I was just focusing on making cool songs for this project.

interview réalisée par Marie Baudouin & Sylvain Le Hir

Session

Le duo de choc est toujours en tournée actuellement dans toute la France:

27/03 : Dijon – adresse sur réservation au sabotage_box(at)hotmail.com
28/03 : Bourg-en-Bresse – La Tannerie
29/03 : Saint-Étienne – Le Fil
30/03 : Romans-sur-Isère – La Cordonnerie
31/03 : Toulon – Hôtel des Arts
01/04 : Toulouse – La Sainte Dynamo
04/04 : Nancy – Crypte de la Basilique Saint-Epvre (festival Off Kultur #2) Pays Bas
24/03 : Den Haag (NL) – PAARD Belgique
25/03 : Liège (B) – La Halte / Brunch JauneOrange (concert à 13h)
25/03 : Namur (B) – Chez Lisa (concert à 19h)


Hartzine Live Session: House Of Wolves, Rennes, 21 mars 2018

Du séminal Fold In The Wind paru en 2011 (lire) au plus récent troisième album éponyme (lire), Rey Villalobos, aka House Of Wolves, fait définitivement partie de ces quelques artistes avec lesquels Hartzine entretiendra toujours une histoire d'amour, du moins aussi longtemps qu'il nous gratifiera de ses chansons à la grâce et à la délicatesse infinies. Profitant de son passage à Rennes le 21 mars dernier dans le cadre de sa tournée commune avec Emily Jane White pour cause de split EP à sortir sur le très bon label Discolexique, et ce jour là, dans le cadre des 20 ans du festival Rennais Les Embellies, on a rencontré le californien.
Avant de vous proposer une longue interview à paraitre très prochainement dans nos pages, voici donc une vidéo en guise de prélude, House Of Wolves nous faisant également l'honneur d'une petite session live quelques heures avant son concert. Un chouette moment de grâce et de générosité dans un coin de loge exigu, entre une table et un évier, choisi par Rey Villalobos lui-même pour son acoustique particulière.
Le très beau track Searchlights est à retrouver sur le split EP d'House Of Wolves et d'Emiliy Jane Whiteà paraitre chez Discolexique.

Le duo est actuellement toujours en tournée:

27/03 : Dijon – adresse sur réservation au sabotage_box(at)hotmail.com
28/03 : Bourg-en-Bresse – La Tannerie
29/03 : Saint-Étienne – Le Fil
30/03 : Romans-sur-Isère – La Cordonnerie
31/03 : Toulon – Hôtel des Arts
01/04 : Toulouse – La Sainte Dynamo
04/04 : Nancy – Crypte de la Basilique Saint-Epvre (festival Off Kultur #2)
Pays Bas
24/03 : Den Haag (NL) – PAARD
Belgique
25/03 : Liège (B) – La Halte / Brunch JauneOrange (concert à 13h)
25/03 : Namur (B) – Chez Lisa (concert à 19h)

Vidéo


House Of Wolves - House Of Wolves

On se lasse facilement de la constance. Et pourtant, nous passons notre vie à courir après ce sentiment de sécurité sans pour autant pouvoir nous empêcher de le remettre régulièrement en question chaque fois que nous le touchons du bout des doigts. Ainsi semble être faite la nature humaine. Dans le pire des cas, on parlera d’insatisfaction chronique, dans le meilleur, de volonté d’évolution perpétuelle. Choisissez votre camp, chers lecteurs, et décidez de regarder la vie, ses surprises et ses vicissitudes du mauvais ou du bon côté. Quoiqu’il en soit, il sera toujours questions de mouvement. Ce phénomène est particulièrement prégnant dans le cadre de la création musicale. Nombreux sont ces artistes qui, avec plus ou moins de bonheur, ressentent au cours de leur carrière le besoin, parfois la nécessité, de faire évoluer leur style, voire d’opérer un changement radical de cap afin de mieux se réinventer. Rey Villalobos, déjà auteur sous le patronyme d’House of Wolves de deux albums délicatement folk aussi indispensables qu’atypiques dans le paysage musical actuel, le clair-obscur Fold In The Wind (lire ici) et le crépusculaire Daughter Of The Sea (lire ici), semble être à son tour à la croisée des chemins. Et c’est indéniablement vers la lumière et la clarté qu’il se dirige à l’écoute des huit nouveaux morceaux composant ce troisième essai éponyme sorti le 30 septembre sur le label rémois Discolexique. Point de révolution, non, mais une évolution certaine, assumée, qui l’amène à bousculer quelque peu les codes intimistes qu’il avait savamment mis en place jusqu’à présent afin de densifier son propos.

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L’utilisation plus discrète du piano, jusqu’alors centrale dans l’œuvre du Californien, apparaît comme le changement le plus important opéré par le compositeur. Non pas que Rey Villalobos ait renié son instrument de prédilection mais ce désir de le fondre dans un collectif instrumental plus ample (particulièrement palpable tout au long d’Alabama, morceau fleurant bon les racines de l’Amérique sous couvert du regard paternaliste de Neil Young) était certainement le prix à payer afin de changer de dimension. Car le but évident de cette évolution est d’offrir un écrin encore plus luxuriant mais toujours aussi soyeux aux pépites jalonnant ce disque. D’emblée, l’introductif I’m Here You’re There plante le décor : si le songwriter n’a strictement rien perdu de son sens mélodique, l’apport du quatuor à cordes ainsi que l’affirmation plus marquée d’une section rythmique élargissent notre champ de vision afin de nous emmener vers des contrées bien plus vastes… Mais ce, sans que notre hôte n’oublie encore et toujours de nous tenir la main. Cette (r)évolution de velours se poursuit alors tout au long de ce « Figure 8 » (huit morceaux, n’est-ce pas au final la meilleure structure possible pour un album?), appellation collant si bien aux aspirations d’House of Wolves, tant pour la référence au microphone que pour le regretté Elliott Smith dont Rey Villalobos s’affirme essai après essai comme le successeur idéal et légitime, en témoignent Firefly, douce ritournelle d’un classicisme renversant et Keep All Your Lovers, morceau tout en tension maîtrisée, qui ressuscitent l’âme du natif du Nebraska sous toute ses formes. Alors que Oh Little One soutenu par un chant aérien et des cordes aussi vertigineuses que bouleversantes déverse en nous, âmes consentantes, son pouvoir lacrymal en jouant la simple (mais si honorable) carte de l’honnêteté, apesanteur et pesanteur viennent s’entremêler sur Darkness, conférant à l’ensemble une ambiance aussi enivrante qu’addictive que n’aurait pas renié Low en pleine session d'enregistrement de I Could Live In Hope ou The Curtain Hits The Cast. Témoignage de cette mutation assumée, c’est sur les deux morceaux les plus lyriques et orchestrés que se clôt cette escapade de moins de trente minutes ; Time et sa structure en trois temps jouant sur les nuances du désespoir et Holy Roller Coaster, valse délicate toute en retenue, douce comme un Your Sweet Love de Lee Hazlewood contre laquelle il serait vain de tenter de ne pas succomber. Love And Other Crimes, définitivement.

Loin de se reposer sur un credo où il régnait déjà en maître, House of Wolves, au détour d’un album enregistré en trois jours, est parvenu à ajouter quelques cordes à son arc tout en conservant la quintessence même de ce qui le rend si original et originel. Les influences du passé ne sont nullement oubliées (l’amour de Rey Villalobos pour Chopin confère une certaine dramaturgie à son œuvre ou encore la réverbération, signe distinctif des Everly Brothers particulièrement appréciés par le Californien) mais elles alimentent désormais judicieusement un univers musical qui se veut plus riche en matière d’orchestration et d’arrangements. Cette évolution ne semblait pas si évidente à réaliser, surtout après Daughter Of The Sea qui se voulait volontairement dépouillé de (presque) tout artifice. Elle s’impose cependant à nous avec une déconcertante aisance nous confortant dans notre incommensurable amour pour ce songwriter hors-pair. Après le crépuscule, l’aube pointe le bout de son nez au pays d’House of Wolves, présageons une journée des plus radieuses.

Audio

House Of Wolves - House Of Wolves

Tracklist

House Of Wolves - House Of Wolves (30 septembre 2016, Discolexique)

01. I'm Here, You're There
02. Oh Little One
03. Darkness
04. Alabama
05. Firefly
06. Keep All Your Lovers
07. Time
08. Holy Roller Coaster


House Of Wolves - Love Is A War

Au détour de deux albums aussi indispensables qu'atypiques dans le paysage musical actuel, Rey Villalobos, officiant sous l'appellation d'House Of Wolves, a su rendre ses lettres de noblesse au Folk empreint d'une extrême délicatesse et reprendre les choses là ou Elliott Smith les avaient si tristement laissées à l'orée de ce millénaire. Si son premier essai, Fold In The Wind, avait posé les bases de ce retour aux sources (lire ici), Daughter Of The Sea (lire ici), l'année dernière, avait dépassé nos plus folles espérances plongeant toute âme prête à se perdre dans ces compositions d'une  bouleversante authenticité et d'une rare pureté dans un état de douce béatitude.

L'annonce d'un nouvel album du Californien dont la sortie est prévue le 16 septembre prochain sur le label français Discolexique doit donc d'ores et déjà être considéré comme un événement majeur de cette année musicale, espérant que cette parution n'aura d'intimiste que la beauté des pépites qu'assurément elle contiendra. Pour vaincre cette attente déjà trop longue, Rey Villalobos nous gratifie d'une nouvelle composition, Love Is A War, hommage à son grand père ayant combattu durant la seconde guerre mondiale, qui apparaitra en bonus track sur l'édition vinyle de ce prochain essai à paraître. Une orchestration un peu plus poussée ne délaissant cependant nullement la fragilité et l'intensité émanant des compositions de ce songwriter hors-pair laisse présager de bien belles découvertes à venir. Pas encore les vacances, déjà vivement la rentrée !

Vidéo

House Of Wolves - Love Is A War
Vidéo par Tyler T. Williams


House of Wolves - Daughter Of The Sea

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Si d’ores et déjà on peut affirmer que 2015 restera assurément un excellent cru en matière de sorties musicales, elle le devra en grande partie à Daughter Of The Sea (lire ici), second album d’House Of Wolves, venu balayer nos espérances les plus folles quant à la capacité pour Rey Villalobos de donner à Fold In The Wind (lire ici), déjà considéré à l'époque comme un coup de maître, un successeur au moins à la hauteur de ce premier essai. Rare, touchant, bouleversant, les adjectifs et superlatifs manquent afin de retranscrire l’émotion émanant de ces huit nouvelles compositions dévoilées au printemps et n'ayant jusqu'à présent fait l'objet que d'une sortie dématérialisée.

Il ne manquait donc plus qu’à offrir à ces orfèvreries un écrin digne de contenir tant de richesse. C’est Microcultures qui se charge de donner vie physiquement à Daughter Of The Sea via un projet de crowfunding actuellement en cours auquel vous pouvez apporter votre participation et ainsi acquérir cette œuvre aussi belle qu’atemporelle. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, House of Wolves sera de surcroît en concert en France en Septembre (Sare le 3, Paris le 07 au Pop In, Angers le 8 et en concert privé à Paris le 10/09…dans l’attente d’éventuelles dates complémentaires). Des formules différentes pour toutes les envies et toutes les bourses, donc, mais avec un dénominateur commun, l’assurance de contribuer à l'émergence d'un disque intimiste dont vous savourerez à chaque écoute le caractère on ne peut plus précieux.

Audio


House of Wolves - Daughter of the Sea

Have You Ever Been In Love entonnait  Faris Nourallah sur Se Busca, petite merveille d’album pop rempli de douces mélodies sucrées-salées sorti en 2011. Musique et affaires de cœur au fil des décennies se sont conjuguées à tous les temps. Des niaiseries amoureuses jusqu’à la haine en passant par la passion ou encore le doute, ce thème est assurément l’exutoire le plus évident pour tout songwriter voulant afficher au grand jour ses bonheurs, frustrations et autres états d’âmes. Mais il est également pour l’auditeur la source d’identification la plus profonde et à ce petit jeu du « chante le moi, je te dirai si tu me parles », force est de constater qu’ils ne sont pas si nombreux, ces messagers du quatrième art, à venir nous frapper en pleine poitrine jusqu’à provoquer chez nous ce sentiment si intense d’être enfin compris, qui plus est au travers de la magnificence d’une œuvre.

2011 est également l’année de la sortie de Fold In The Wind, premier album de House Of Wolves (lire), projet du soliste Rey Villalobos qui anglicisa son patronyme pour donner vie à sa formation. En plein revival dream-pop et shoegaze qui secouait alors le petit monde de l’indie avec notamment l’émergence au premier plan du label Captured Tracks, cet album était venu tel un ovni se poser sur nos platines, parenthèse enchantée faite de douceur et de mélodies imparables soutenues par des orchestrations fines et savamment distillées. Quatre années ne furent pas suffisantes afin d’épuiser les innombrables ressources de ce premier essai en forme de coup de maitre et ce, malgré le caractère intimiste du propos…jusqu’à ce que le compositeur californien ne dévoile huit nouvelles pépites dépassant nos plus folles espérances.

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Car Daughter Of The Sea (disponible d’ores et déjà en version digitale sur Bandcamp et en édition cd limitée via Dusk Dais Dawn mais qui bénéficiera dès septembre d’une distribution physique plus large) surplombe avec Maestria son prédécesseur de la plus étonnante des manières. En  effet, ce disque parvient de manière magistrale à pousser encore un peu plus nos émotions dans leurs retranchements au gré de ses variations sur différents « t’aime » tout en insufflant à l’ensemble une identité encore plus minimaliste et humaine. Sur l’inaugural (et bien nommé) Beautiful Things - dont on vous a présenté récemment la mise en images (lire) -, Rey Villalobos reprend les choses là où Perfume Genius les avait laissées il y a trois ans déjà après la sortie dePut Your Back N 2 It avec le même sens de la mélodie imparable et la même humilité que le natif de Seattle. Le piano, instrument de prédilection du californien, adorateur de Chopin, règne subtilement en maître tout au long de ce morceau, soutenu par de délicats arrangements aussi précieux qu’aériens. Les invités d’honneurs se succèdent alors tout au long de ce Daughter Of The Sea dont la souffrance et l’émotion émanant de certaines compositions n’ont d’égal que l’incommensurable beauté qu’elles recèlent. Le fantôme d’Elliott Smith vient éveiller ces frissons nous parcourant l'échine sur Martians, merveille de folk song acoustique évoquant les plus beaux moments de Roman Candle ainsi quesur Daughter Of The Sea, somptueuse ballade narrant les rêves de retrouvailles d’un amoureux séparé de sa bienaimée par la mer…au-delà de l’amertume mais supporté par le chant des oiseaux, divers bruits de la nature environnante ayant été intégrés à l’enregistrement lors des sessions studio en Irlande. Mais l’apogée de ce second essai est très certainement One, morceau à la sensibilité à fleur de peau où les émouvantes incantations du songwriter sont simplement soutenues par de somptueux arpèges de guitare et quelques délicates nappes de mellotron ; le genre de morceau conviant à la table des hôtes les plus fidèles compagnons musicaux de nos pensées les plus introspectives, Nick Drake et Sybille Baier en tête. On pense également à Tom McRae au travers de Take Me To The Others dont l’âpreté du propos et la puissance émotionnelle apportée par la voix à la fois forte et fragile de Rey Villalobos nous ramènent aux vieux souvenirs de The Boy With The Bublegun et des souffrances pleines de rancœur alors merveilleusement mises en musique par le britannique qui ne retrouvera d’ailleurs plus jamais ces élans de grâce. Une jolie comptine de moins de deux minutes invoquant les éléments (Rain),  Le sépulcral Love magnifiant la rupture en sublimant la douleur, sorte de marche funèbre que ne renierait pas Gem Club et l’ultime Just Shy Of Survival, bénéficiant quant à lui du précieux apport en fond sonore de la pluie de l’île d’émeraude et achevant cette plongée dans les abysses des (res)sentiments amoureux, assènent les derniers uppercuts de ce combat en huit rounds dont on ne peut ressortir indemne.

En vingt-cinq minutes, pas une de plus, Daughter Of The Sea se révèle à nous sous la forme d’une œuvre grandiose dénuée de (presque) tout apparat, un disque si intimiste et sincère qu’il ne peut que nous toucher au plus profond de nos âmes. Car il est bien question de spiritualité à l’écoute de cette musique touchée par la grâce, non pas dans l’excès que peut atteindre toute forme de dévotion mais dans le recueillement et l’introspection qui accompagnent nos interrogations les plus secrètes. Puisse House Of Wolves recevoir en retour tout ce qu’il mérite : notre plus grande considération…et tout notre Amour.

Audio

Tracklisting

House of Wolves - Daughter of the Sea ({Dusk, Dais, Dawn}, 7 avril 2015)

1. Beautiful Things
2. Daughter of the Sea
3. One
4. Martians
5. Take me to the Others
6. Love
7. Rain
8. Just Shy of Survival


House of Wolves - Beautiful Things (PREMIERE)

House of Wolves - Daughter Of The SeaAvec l'auto-produit LP Fold in the Wind, le Californien Rey Villalobos avait mis tout le monde d'accord via son patronyme scénique House of Wolves, notamment quant à la possibilité de faire encore des folk-songs remarquablement minimalistes et touchantes en 2011 (lire). Ayant franchi le cap de travailler enfin avec un label digne de ce nom, le tout jeune jeune {Dusk, Dais, Dawn} instigué par son ami Darragh Nolan de Sacred Animals, l'Angelin a confectionné sur la route de ses multiples tournées solitaires le LP Daughter of the Sea, sorti le 7 avril dernier, dropant ses célestes mélodies quelque part en lévitation entre les acclamées Angel Olsen et Liz Harris. Réalisé par ses soins lors de son premier passage en France, la mise en images du gracile morceau d'ouverture, Beautiful Things, est à découvrir ci-après, sachant que notre homme traîne encore ses guêtres et sa gratte le 5 mai à Tourcoing, le 7 à Caen et le 9 à Grenoble après une date remarquée le 2 mai dernier à l'Olympic.

Vidéo (PREMIERE)

Audio

Tracklisting

House of Wolves - Daughter of the Sea ({Dusk, Dais, Dawn}, 7 avril 2015)

1. Beautiful Things
2. Daughter of the Sea
3. One
4. Martians
5. Take me to the Others
6. Love
7. Rain
8. Just Shy of Survival

TOUR


Vidéo (première) : House of Wolves - Ageless

Telle une carte postale écornée et lessivée de soleil, ayant emprunté les trajectoires les plus obliques pour arriver au bout de quelques années à destination, cette vidéo d'Ageless d'House Of Wolves, réalisée par Robinson Ferreux, s'avère être le fruit d'un hasard que l'on subodore tout autant fructueux.

A peine rentré d'une tournée européenne - dont une escale sous nos hospices le 17 octobre dernier à Paris (lire) - Rey rencontre Robinson à Santa Barbara lors d'une soirée entre amis. Celui-ci vit entre la Californie et la France et très vite la discussion se cristallise autour d'un projet, né et alimenté par l'envoi de quelques liens et de cette chronique. L'idée réside dans le potentiel cinématographique du LP Fold in the Wind, toujours disponible par ici, et qu'on est loin, très loin de mésestimer. Ageless est ainsi la première pierre d'un édifice pouvant s'avérer vertigineux, tant la grâce d'une fragile mélodie trouve ici sa parfaite réplique à l'aune de ce plan délicatement mobile et nimbé de lumière.

Vidéo


House of Wolves interview, chronique et mixtape

Une onde glacée me parcourt le dos. Je tressaille devant cet écran blanc me rougissant salement les yeux. S'il y a une plombe que je ne rature plus mon fatras de feuilles racornies, le vide immaculé suspendu au cliquetis de mes doigts sur le clavier réveille au plus profond de mes viscères une rage âpre, rugueuse. L'envie de tout envoyer chier. De me cramer jusqu'au bout et de m'effacer, par la petite porte. Les lèvres suppurant l'alcool de la veille, je reluque d'un mauvais œil l'addition. Je ne mérite pas plus d'être lu que cette armée de connards dressant le panurgisme musical en art de la graille. Internet pousse au crime, de la prostitution à la duplication, sans même que ne s'étiole ce flot intarissable de fadaises sur des produits de basse consommation. Un mec à la condescendance toute justifiée m'invectivait autour d'un jus de bière dégueulasse. Dans ce merdier, l'important c'est de ne jamais être blasé qu'il disait. Sinon, t'arrête. Mais l'envie de marteler mon putain de clavier jusqu'à m'en briser les phalanges m'arrache la gueule quand je repense à toutes ces vêpres fallacieuses, tous ces concerts que je ne regarde plus qu'au fond d'un verre de vodka à l'aigreur orgasmique. Des kilomètres de prestations scéniques aussi merdiques que ne le sont les albums qu'elles supportent, des artistes mous du gland, se pavanant mollement devant un public flasque et attifé, substituant à quelques grammes de cocaïne des quintaux de morphine. Je contemple autour de moi ces piles de CD non déflorés de leur cellophane, je scrute ces barres de téléchargement à faire pâlir l'oblongue muraille de Chine. Difficile de ne pas se sentir indigne et corrompu. A quoi servent ces mots décharnés et juxtaposés mécaniquement dans l'espoir de rendre intelligible de putatives critiques qui n'en sont pas ? Un brouhaha pas plus important qu'un appareil photo jetable, une science du néant ne respectant plus une foutre once de de probité créative ? J'en suis là et ces quelques balafres supputent un acharnement non feint. Allez vous faire foutre, la musique peut être plus qu'un divertissement. Et si je suis prêt à vous gerber dessus, les molaires inondées d'une saloperie de bile noirâtre, reste, pour me retenir de le faire, ces quelques chansons tombées du ciel - celles d'House of Wolves, glanées je ne sais où - qui, par leur nudité confondante, balayent d'un revers de manche tout verbiage neurasthénique. J'écoute et réécoute Fold in the Wind, produit et mixé par John Askew, et je me laisse saisir en tenaille dans les tréfonds de mon poitrail, arnaché que je suis à cette voix, réplique céleste d'un Elliott Smith ragaillardi, et au moindre chuintement de chaque instrument, nonobstant leur élégiaque parcimonie. Plutôt que de baratiner le chaland, Rey Villalobos, dans la poussière de son Los Angeles natal, se présente à vous, seul, le temps d'une entrevue et d'une mixtape à découvrir ci-dessous. Une infime mise en bouche avant un précieux concert, qu'Hartzine s’enorgueillit d'organiser le 17 octobre prochain à la Mécanique Ondulatoire (FB).

Entretien

Qui es-tu Rey ?
Who are you Rey?

Dans mon ancienne vie, je buvais, fumais deux paquets de clopes par jour et courais les filles. J'essaie encore de savoir qui je suis dans cette vie-ci.

In my past life i would drink, smoke 2 packs a day,and have affairs. Still trying to figure out who i am in this life.

Pourquoi un tel nom de groupe, House of Wolves ? Quelle est l'histoire...
How did you come up with this band name, House of Wolves? What's the story...

Je me fais appeler House Of Wolves depuis que je suis petit, mon père avait commencé à m'appeler comme ça quand j'étais enfant et c'est resté. Ce nom est la traduction de notre nom de famille Villalobos de l'espagnol à l'anglais. Donc ça faisait sens de l'utiliser comme mon nom de groupe pour mon projet solo.

I've been going by House of Wolves ever since i was little, my dad started calling me that when i was little kid and it just stuck. The name comes from the translation of our last name Villalobos from Spanish to English. So it made sense to use it as my band name for my solo project.

Peux-tu expliquer en quelques mots quel est ton ambition musicale ?
Could you introduce your musical project in a few words?

Une nostalgie lointaine et entêtante.

Haunting far away nostalgia.

Comment la musique est-elle entrée dans ta vie ? Quel est ton premier souvenir à ce sujet ?
How did music enter in your life? What are your first memories about it?

Mon tout premier souvenir est celui de ma mère me chantant tout un tas de chansons alors que j'étais haut comme trois pommes. C'est une chanteuse, d'origine italienne, ayant repris tout au long de mon enfance des standards américains tel que Frank Sinatra, Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Lena Horne, Nat King Cole... mais aussi du rock, de la folk ou de la bossanova des années soixante. J'ai commencé à étudier le piano classique à six ans, en apprenant le répertoire ragtime de Scott Joplin. Je me suis ensuite mis à bosser mes chansons favorites dont je tire encore mon inspiration, de Chopin à Debussy, en passant par Beethoven, Schubert, Gershwin... et les Beatles.

My very first memories were my mother singing to me when i was a only a few years old, she's a singer and throughout my childhood and being Italian she would be singing all the time, mostly the classic American standers: Frank Sinatra, Ella Fitzgerald,  Billie Holiday, Lena Horne, Nat King Cole, etc, and also rock, folk, and bossanova music from the 60's were huge in mi casa. I started studying classical piano at 6, my first memories of playing music were learning from the Scott Joplin ragtime piano songbook, then learning my favorites and most influential music Chopin & Debussy, Beethoven, Schubert, Gershwin, the Beatles.

Tu vis à Los Angeles, en Californie. Peux-tu nous dire en quoi ceci influence ta musique et si cela a de l'importance sur ton inspiration ?
You live in Los Angeles, California. Can you describe how that affects your music and if it's an important inspiration?

Je suis né et j'ai grandi à L.A., et j'ai vécu un peu partout sur la côte ouest. Je suis certain que ça influe sur la musique mais ce n'est pas quelque chose qui est forcé ou évident. Mais je pense que l'atmosphère détendue du style de vie californien transparaît avec le temps.

I was born and raised LA, and lived all up and down the West coast, i do believe it has an effect on the music, but it's not something that is forced or apparent, but i do think the mellow atmosphere of the California life style comes through over time.

Quelles sont tes influences ?
What are your influences?

Le passé, la tranquillité, le temps... pour les influences musicales, John Lennon et Franck Black, Chopin.

The past, stillness, time… music influences, john lennon & frank black, chopin.

As-tu des ambitions particulières avec ce premier album, Fold in the Wind ?
Do you have specific goals for your first album, Fold in the Wind?

Je voulais simplement faire un album très tranquille de chansons d'amour que je pouvais jouer seul ou avec un groupe. J'avais mis de côté une poignée de morceaux doux et intimes qui me berçaient dans un coin de ma tête depuis quelques années. J'espère que les gens aiment et que je vais pouvoir continuer à tourner avec cet album.

I just wanted to make a very chill album of love songs that i could tour solo or with a band. I had been saving up a handful of mellow intimate songs that have been lulling around in the back of my mind for a few years, i hope people like it and i can keep touring with the album. 

Quel type de sentiments essayes-tu de faire passer à travers ta musique ?
What kind of feelings are you trying to convey with your music?

Je ne réfléchis jamais à quelque chose de spécifique pour ensuite essayer d'écrire un morceau dessus. Ça ne vient pas de la tête, mais plus du coeur. Les morceaux viennent à moi selon ce que je ressens à un moment donné. Si je dois expliquer ce que j'essaie de transmettre avec ma musique en général, je dirais que ce sont des morceaux qui expriment toutes les possibilités de la vie.

I never think of something specific and then try and write a song about it, it does not come from a place of thought, more heart, the songs are coming to me from what I'm feeling in that moment's time. if had to express what I'm trying to convey with my music in general, i would say songs that express all the possibilities in life.

Dis m'en plus au sujet de ces deux merveilleuses chansons, Jealous et Acres of Fire...
Tell me more about this two beautiful songs,
Jealous and Acres of Fire...

J'ai écrit Jealous en studio pendant que j'enregistrais. C'était une simple idée que j'avais et que je jouais entre les prises et mon producteur, John Askew l'a entendu et m'a dit : "Qu'est-ce que c'est ? Il faut qu'on l'enregistre !". Donc je me suis assis et j'ai terminé d'écrire les paroles sur le moment et on l'a enregistré. J'ai écrit et enregistré Acres Of Fire sur un vieux piano ; le morceau parle d'un garçon qui veut récupérer une fille et couler des jours heureux avec elle.

I wrote Jealous in the studio while i was recording, it was only an idea i had and i was playing around with it between takes and my producer John Askew heard it and was like: "what's that, we need to record that!" So i sat down and finished the lyrics right then and we recorded. I wrote and recorded Acres of Fire on a old piano, the song is about a boy wanting a girl to come back into his life and live happily ever after.

Tu cherches un label ou tu es satisfait de sortir ta musique uniquement par le biais d'internet ?
Would you like to find a label or could you satisfy yourself with internet?

J'adorerais travailler avec un label, mais je suis aussi tout à fait à l'aise avec le D.I.Y.

I would love to work with a label, and I'm also totally cool with D.I.Y.

Tu viens pour une tournée en Europe. Comment est né le projet ? Est-ce ta première fois en Europe ?
You begin a tour in Europe. How was born the project? It's your first time in Europe?

J'ai joué en Europe l'été dernier, à Berlin et en Finlande où on m'a réinvité cet été pour jouer dans un festival en plein air à Helsinki. Mais c'est ma première tournée officielle en Europe en tant que House of Wolves. J'ai récemment signé avec l'agence de booking Antistars, j'ai envoyé ma musique à Viktor Mueller (le patron d'Antistars) en mai dernier, il a vraiment aimé mes morceaux et on a commencé à travaillé ensemble pour cette tournée.

I played in Europe last summer in Finland and Berlin and I got invited back to play an outdoor rock fest in Helsinki again this summer, but this is my first official European tour as House of Wolves. I recently signed with Antistars Booking Agency, i sent Viktor Mueller (Antistars owner) my music last May, he really liked my songs and we started working together for this tour.

Merci à toi d'avoir répondu à nos questions et plus spécialement encore pour cette mixtape faite exclusivement pour Hartzine. Peux-tu nous introduire celle-ci ? 
Thanks for the interview and the mixtape specially released for Hartzine! Could you introduce it to us?

Les huit premiers sont des morceaux de mes amis, puis j'ai rajouté à la fin deux morceaux qui tournaient en boucle dans ma voiture cet été.

The first 8 songs are a mix of my friends bands, then i close two songs that have been on repeat in my car radio this summer.

Traduction : Marie-Eva Marcouyeux

Mixtape

01. Y La Bamba - Crocodile Eyes

J'ai rencontré la chanteuse Luz Mendoza et le bassiste Ben Meyercord quand je vivais à Portland. Luz m'avait vu jouer par hasard un mardi soir un peu morne, il n'y avait probablement que cinq personnes dans le bar. En fait, elle a été la première personne à acheter mon disque, je venais juste de récupérer les CD à l'usine ce soir-là. Mi Encanta Y La Bamba.

I met the singer Luz Mendoza and Ben Meyercord the bassist when i was living up in Portland. Luz randomly saw me playing out one lonely Tuesday night, there was probably only 5 people were (à effacer) in the bar, she was actually the first person to buy one of my cd's, i had just picked them up from the factory that night. Mi encanta Y La Bamba

02. Sharon Van Etten - For You

J'ai rencontré Sharon en 2009 à New-York où l'on faisait un concert ensemble. Elle fait partie de mes nouveaux compositeurs préférés. J'adore ses chansons, elles sont tellement géniales !

Sharon and i met in 2009 in New York City, when we played a show together, she's one of my favorite new songwriters, i love her songs, so good!

03. Sacred Animals - Welcome Home

Darragh est un de mes bons amis d'Irlande, on s'est rencontré en 2006. On va collaborer sur certains projets cet automne. Je vais chanter avec lui sur un des morceaux de son nouvel album et on est en train de travailler sur l'écriture d'un single tous les deux, dans le style Lennon/McCartney, j'ai vraiment hâte !

Darragh's a good friend of mine from Ireland we met back in 2006. We are collaborating on some projects together this fall, i'll be singing with him on one of his songs on his new album and we're working on writing single together Lennon/McCartney style, really looking forward to it!

04Hosannas - Obsolete People

On s'est tous rencontré à Portland quand j'enregistrais mon album là-bas. On a fait beaucoup de concerts ensemble, et leur ancien clavier, Christof Hendrickson joue avec House of Wolves en tournée.

We all met in Portland when i was recording my album up there. We've played lots of shows together, and their old keyboard player Christof Hendrickson plays in House of Wolves when im touring.

05Sutja - Like Always

J'ai rencontré Sutja grâce à Ashley Jex (Jaxart Records) de Los Angeles. Cet automne je vais chanter sur un des morceaux que Sutja enregistre pour son prochain album, ça va être cool !

I met Sutja through LA based Ashley Jex (Jaxart Records) - this fall I'm singing on one of Sutja's tracks he's recording for his new album he's working, going to be rad!

06Cloud Seeding - Ink Jar

C'est le projet de Kevin Serra et Marissa Nadler de NY. Kevin est l'un de mes meilleurs amis, il a démarré ce projet Cloud Seeding cette année et vient juste de sortir ce magnifique morceau, Ink Jar.

Project of Kevin Serra and Marissa Nadler out of NY, Kevin is one of my best friends, he started the Cloud Seeding project this year and just released this beautiful song Ink Jar.

07. Gardens and Villa - Cruise Ship

Mes potes de Santa Barbara, en Californie, où j'ai vécu. On a fait des tonnes de concerts ensemble.

My homies from Santa Barbara CA we're I've lived, and played tons of shows together.

08Ramona Falls - Russia

Ramona Falls est le projet solo de Brent Knopf qui est également un membre de Menomena. Brent et moi étions colocataires à Portland, en Oregon. D'ailleurs, si vous cherchez une super chambre à louer, faites-moi signe.

Ramona Falls is the solo project of Brent Knopf who's also a member of Menomena, Brent and i were roommates up in Portland Oregon, if you're looking for a awesome room to rent let me know.

09. Lower Dens - Hospice Gates

10. Waylon Jennings - Crying

Tracklisting

House of Wolves - Fold in the Wind (Autoproduit, 2011)

01. 50′s
02. Jealous
03. Acres of Fire
04. Ageless
05. Follow Me
06. Fold in the Wind
07. Roses in the Nordic Countries
08. Love Labored Lost
09. There She Goes
10. Waves
11. Flight