On y sera : Heart Of Glass, Heart Of Gold 2017

Les différents reports (lire  ou bien encore ) et autres articles publiés dans nos pages en attestent : entre le HOG HOG et nous, c'est une véritable histoire d'amour qui s'est nouée depuis la première heure. Comment pourrait-il en être autrement, tant les souvenirs de soirées dantesques, de rencontres inoubliables et surtout de fun à tous les étages s'entrechoquent dans nos mémoires. Certes, il semble progressivement que le gigantisme ait vécu et que les amoureux de la chose musicale aiment de plus en plus s'encanailler à nouveau dans des festivals estivaux à taille humaine, ayant tout autant le sens de l'accueil que celui de l'écoute. Mais s'agissant du Heart Of Glass, Heart Of Gold, on parle là du mètre-étalon en la matière : tout d'abord, le cadre est splendide. Un centre de vacances en plein Aveyron réquisitionné pour l'occasion, avec piscine surplombant le lac, mini aquaparc et bungalows ou tentes ecolodge pour loger les festivaliers. Rien que ça. Parce qu'ici, on ne déconne pas avec l'accueil, les conditions sont tout bonnement parfaites, à en faire oublier nos souvenirs de tentes quechua et files d'attentes interminables pour espérer une douche ou un moment d'intimité. Et ça, quand un public se sent chouchouté, ça pose une ambiance.

Ensuite, évidemment, le line up est chaque année parfait, taillé pour faire monter la température à des hauteurs insoupçonnées. Et si les inter-plateaux de la team Hartzine DJ's font partie de la légende, la programmation se suffit amplement à elle-même. Ainsi, cette année, on y croisera les New-Yorkais de Beach Fossils qui, avec leur tout frais nouvel album Somersault, prouvent qu'ils en ont encore sous la pédale et continuent de chatouiller les cimes atteintes avec Clash The Truth (lire).  Le collectif islandais FM Belfast sera aussi dans le coin, histoire de défendre son titre de spécialistes ès electro-ribouldingue en faisant transpirer les popotins grâce à leur électro-pop survitaminée mais jamais stéroïdée. H-Burns tentera, lui, de transporter le public dans les ambiances cinématographiques de son dernier-né Kid We Own The Summer, tandis que les fêlés du casque Poni Hoax rendront justice à leur ambitieux mais inégal Tropical Suite, du moins s'ils ne sont pas eux-mêmes trop aspirés par l'ambiance locale avant de monter sur scène. On citera enfin la présence des merveilleux The Pilotwings, duo "à mi-chemin entre le secret le mieux gardé d'une micro scène house/techno indée et la fierté nationale" (lire) qui devrait sérieusement enfiévrer la piste du club.

On vous épargne le coup du name dropping à rallonge, en vous laissant consulter vous même la programmation intégrale juste ici. Pour acheter vos précieux sésames pendant qu'il en reste, c'est par  que ça se passe. Et enfin, pour toutes les autres infos dont vous pourriez avoir besoin, c'est sur le site du festival, ici-même. Reste plus qu'à vous donner rendez-vous là-bas pour une nouvelle édition qui s'annonce une fois de plus mémorable et qui constitue sans conteste la meilleure façon de prolonger l'été dans la plus pure félicité.

Vidéo

Heart Of Glass, Heart Of Gold 2017
Du jeudi 14 au dimanche 17 septembre
Saint-Amans-Des-Côts, Aveyron
44°40’00″N 2°40’56″E


Heart of Glass, Heart of Gold 2016: interview de Melville Bouchard

Après une année de hiatus, le jeune festival Heart Of Glass Heart Of Gold fait son grand come back dans un nouveau lieu mais toujours avec la même envie de faire plaisir, de proposer une expérience loin des champs de boues et des grand halls sans âme, de faire rimer musique et plaisirs simples, festival et détente. Rencontre avec Melville Bouchard, l'un des fondateurs de l'événement histoire de prendre la température avant de faire durer l'été quelques jours de plus en leur compagnie en septembre prochain.
 
Vous êtes de retour aux affaires après une année d'absence, s'agissait-il d'une remise en question nécessaire ou de s'adapter à une certaine réalité ? 
Rien de tout ça, aucune remise en cause ni adaptation. Ce n’était pas une volonté au départ, la situation s’est imposée à nous. Nous n’avions tout simplement plus de site. Mais ça nous a permis de nous retrouver entre copains/copines pendant un an plutôt qu’entre « collègues », et de réfléchir sur nous-mêmes. Du coup, ça a resserré les liens qui nous unissent au sein de l’équipe. On pense plus les uns aux autres, et par les temps qui courent c’est nécessaire.
 
Monter ou plutôt remonter un festival est une tâche titanesque, à quoi avez-vous consacré la plupart de votre temps cette année ? 
À trouver un site pour commencer. On a fait les VRP auprès des sites d’une large partie sud de la France, en passant par le Jura, l’Ain. Donnez moi un nom de camping, n’importe lequel, et je donne sa capacité et sa localisation. On a même fait le salon du tourisme de plein air à Montpellier en Novembre, t-hhirt HoG HoG corporate, flyer et sourire, pour inlassablement expliquer et convaincre que nous sommes gentils et sérieux, que les festivaliers ne vont pas tout péter ou ruiner. Le label 3 étoiles que nous a décerné A Greener Festival en 2014 nous a beaucoup aidés à contrebalancer l’image déplorable des festivals dans l’imaginaire collectif des patrons de camping.

Depuis janvier, le travail consiste à rassembler les énergies, les gens. De nouvelles personnes nous ont rejointes cette année, elles ont donné un nouveau souffle en plus de leur temps. A présent, nous sommes une dizaine à travailler bénévolement sur l’affaire, avec des niveaux d’implication divers, et certains sont à mi-temps voire à plein temps certaines semaines. Remonter des équipes aussi bien administratives, que techniques, que de production, de régie, communication, gestion des bénévoles, des bars, logistique... et trouver des financements pour boucler le budget car nous n’avons aucune subvention et nous avons le devoir d’équilibrer à nouveau cette année. Nous y travaillons toujours d’ailleurs. Partenaires, mécènes, venez à nous, vous verrez c’est un bon investissement.

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Qu'est-ce qui a motivé le changement de lieu ? Quelles similitudes/différences y voyez-vous en comparaison de l'ancien ? 

Nous avons été virés du précédent site, et par ricochet un peu virés du département. Ça a été très dur car nous avions été réglos avec tout le monde. On parlait de nous en bien partout, y compris en Ardèche, mais n’étant pas du « pays » c’était peut-être devenu un inconvénient. On n’a pas tout compris mais en deux coups de cuillère à pot, on nous a éjectés.

La France, c’est ça aussi: l’ostracisme. Je vous laisse chercher les synonymes de ce mot, ils marchent tous à des degrés divers dans nos villes et nos campagnes. Bref, passée la sidération, nous nous sommes relevés pour nous battre. Pas d’autre mot, se battre, ne pas se laisser écraser par la situation et continuer à exister.

Et nous avons fini par trouver un camping magique, naturel, bordé d’un lac, brut. A Saint-Amans-des-Cots en Aveyron, aux abords de l’Aubrac. Là est la différence majeure, le site est très sauvage comparé au précédent. La région est époustouflante, franchement ça vaut le détour. Et en plus des bungalows, il y a les tentes Ecolodge aussi! Elles sont incroyables ces tentes, avec un plancher, des lits, un frigo, une cuisine, bref, tout le confort! Nous allons y passer un weekend ensemble en équipe fin Avril pour travailler, découvrir les lieux pour certains, et manger de l’aligot saucisse et du Roquefort.

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Avec cette nouvelle formule vous vous inscrivez dans la même continuité ou pensez-vous qu'il y a une véritable rupture avec les éditions précédentes dans la manière de concevoir l'événement ? 

Nous sommes dans la continuité absolue. Nous voulons que ce soit parfait au niveau de l'organisation, pour que tout soit relax au possible pendant le weekend. La rupture, ou disons la différence, est surtout dans nos têtes, c’est plus fluide qu’avant, plus direct aussi. Et c’est tant mieux car la tâche est immense, les difficultés et les sources de friction peuvent être fréquentes. Mais nous sommes des grands à présent!

Votre priorité a toujours été les groupes qui assurent des performances live de haute volée, malgré tout comptez-vous toujours réserver une place à la scène club/techno ? 

Oui, la volonté est là. En plus cette année le club est dans un grange aveyronnaise, toit de lauze noir, structure apparente en bois à l’intérieur, on dirait une nef, elle est splendide. Nous voulons voir et entendre des choses incroyables à l’intérieur après une heure du matin!
 

Avez-vous réalisé quelques rêves en bookant certains groupes cette année ? Qui sont les artistes qui vous excitent le plus sur cette édition ? 

Franchement Teenage Fanclub qui sort un album en septembre, et qui signe chez nous pour ce qui sera sûrement la seule date en France à cette période, c’est déjà un rêve qui se réalise! On a toujours un peu de mal à y croire, mais on l’a voulu très très fort.  Voilà, on continue à rêver, car sans rêve nous serions morts, et à bosser comme des malades, parce que ça ne va pas se faire tout seul! Et tous les groupes que nous contactons ou programmons nous excitent, c’est notre fuel!
 
Lac
Les habitués de deux éditions précédentes doivent-ils s'attendre à des surprises ? 

Il y aura forcément plein de surprises du fait que plein de choses sont en gestation. Mais nous allons continuer à développer nos activités dites « intras »:  les karaoké, le yoga au bord de la piscine, des trucs intéressants, des trucs débiles. Il y aura aussi des sessions captées par la Blogothèque sur le site. Et comme pour l’édition précédentes, elles seront belles, singulières et accessibles à tous, ça sera bien.

Pour les festivaliers, la surprise viendra surtout du site. Nous même, nous n’en revenons pas tellement il est beau ce camping des Tours qui nous accueille. En plus, l’équipe Tohapi est tellement gentille, disponible et contente de faire l’évènement avec nous! Sinon, nous allons essayer de limiter certaines surprises, les mauvaises tant qu’à faire, en ayant des scènes couvertes et surtout plus de surfaces à l'abri pour les festivaliers. On y travaille.
Un autre facteur très surprenant est le niveau très élevé des réservations, 40% à 5 mois de l’évènement, c’est dingue. C’est sûrement le signe que les gens nous suivent, nous aiment et nous font confiance. C’est très touchant, nous en sommes très heureux. Cette année nous pourrions rapidement être complets, et ce bien avant l’été! Alors pour éviter cette mauvaise surprise, soyez prévoyants!


On y était - Heart of Glass, Heart of Gold

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Sept heures de voiture sur une autoroute du soleil qui n'aura jamais aussi bien porté son nom et on arrive sur le site idyllique du festival Heart of Glass, Heart of Gold près de Ruoms en Ardèche. On prend nos quartiers dans un bungalow tout confort avec vue dégagée sur la vallée et après la bière de rigueur au bord de la piscine, on déambule pour se familiariser avec ce qui va être notre terrain de jeu pour les deux prochains jours.

Les festivaliers sont toujours en train d'arriver lorsque les premiers groupes commencent à jouer sur la grande scène extérieure, et la première chose que l'on remarque c'est la qualité du son. On n'est pas chez les ploucs ici et la sono est à la hauteur des conditions d'accueil grand luxe. On finit par se poser pour apprécier le set très classe d'Au Revoir Simone. Les trois belles distillent leur dream pop voluptueuse entre nonchalance et retenue et tout semble facile, ça commence bien. Gramme prend le relais et on change d'univers. L'équipe de darons balance son néo-disco survitaminé à la gueule du public et force est de constater que ce dernier est conquis. Ça danse, ça crie, mode fête définitivement activé. C'est d'ailleurs l'autre truc que l'on remarque : ici pas d'attitudes blasées, les gens sont venus pour faire la fête. Devant les groupes, pendant les DJ-sets, ça respire la joie de vivre sans temps morts, fait suffisamment rare pour être souligné.

Zombie Zombie attaque son set et prouve une nouvelle fois qu'il s'agit probablement du groupe français le plus intéressant du moment. C'est en formation à trois (Mister Jaumet aux machines, claviers, sax et deux batteurs) qu'ils vont gifler l'auditoire. Certains regretteront la présence de ce deuxième batteur car Cosmic Neman semble en faire un peu moins derrière les fûts mais si l'aspect spectacle est modifié, je retiendrai pour ma part la scénographie qui claque et la synchro impressionnante de cette section rythmique inédite. Retour au bar pour se remettre de nos émotions et profiter du kara-okay piloté de main de maître par Retard, véritable communion alcoolisée entre artistes et festivaliers, à l'image du Purple Rain de Connan Mockasin (voir la vidéo).

Ensuite, c'est l'heure des choix : Cold Pumas sur la petite scène extérieure ou Fairmont dans le club ? Désolé les p'tits chats mais je file vers notre Canadien préféré car j'ai beau le voir régulièrement, je ne me lasse jamais de son électro raffinée et intense. Ce qui est intéressant, surtout au vu de l'interprétation de ses derniers titres, c'est l'impression de voir muter un artiste purement électro en quelque chose de plus pop avec l'utilisation qu'il fait des claviers et de la voix. Tout ça pour dire que je retournerai encore le voir. Seul petit bémol, la qualité de la sono du club laisse à désirer. Mais ce léger couac sera corrigé dès le lendemain avec l'arrivée d'un nouveau système son. En plus d'être adorable, elle est pro cette équipe du HoG HoG. La fête se poursuit jusqu'au petit matin. Fade out.Il fait toujours aussi beau et on part se soigner la gueule de bois du côté de la piscine. Trempette, toboggan, toboggan, trempette, transat, bronzette. On est bien. Un petit tour au village histoire de déguster des produits du terroir (Ardèche, gros) et retour sur la petite scène pour Sean Nicholas Savage. On a le droit à la formation à cinq et les gars forment un mélange de looks improbable (mention spéciale au clavier et à son bel ensemble slip/chaussettes). Il est 18h mais la bouteille de tequila a déjà bien tourné sur scène et c'est un Sean bien éméché qui envoie ses compositions swing nostalgiques avec l'attitude théâtrale d'un Morrissey maigrichon qui s'est niqué les dents en BMX. Mais au-delà d'avoir un vrai talent de stand-up, le mec chante surtout très bien et le groupe assure sans oublier de finir consciencieusement la bonne copine mexicaine. Loose and tight, ils m'ont collé le sourire.

Place à Motorama sur la grande scène. Malgré un problème technique avec une pédale du guitariste, la sensation twee pop du moment répond présent et délivre un super set énergique et sincère, une vraie petite machine à tubes. Et puis c'est bien la première fois que je trouve l'anglais avec l'accent russe mignon. La Russie m'a toujours fait flipper.

La belle musique en costard d'Efterklang et l'intimisme psyché au parfum de Syd Barrett de Connan Mockasin poursuivent une soirée qui avait déjà très bien commencé. Et puis le ton monte avec Fuck Buttons. Avec le dispositif vidéo et les nappes progressives soniques qui les caractérisent, le public est plongé entre transe et hébétement. Au-delà de l'électro et au-delà du rock, ce qui divise fédère. Agressive mais belle, frénétique et contemplative à la fois, l'expérience en galvanise certains et en pétrifie d'autres, c'est parfait.

C'est au tour d'I.R.O.K. Ce groupe n'a jamais réussi à me convaincre sur disque mais le fils du punk et de la noise que je suis se devait de vérifier l'affaire sur scène. Gros son, rythmique afro-punk de feu, mais je ne suis pas dedans. Peut-être parce que l'on voit exactement où tu veux en venir avec tes gesticulations, Mickey. Le contrôle de la scène et du public façon gourou, c'est cool, mais même tes "Sit down! Sit the fuck down!" de petit dictateur n'en feront rien, toi et ta vilaine peau ne pouvez vous permettre ce genre de facéties sans que ça fasse plouf, c' est pas du David Yow. Le frontman de The Jeus Lizard a 50 piges mais c'est la catégorie de troll au-dessus. Finalement c'est les derniers relents de Rage Against The Machine qui auront raison de moi, direction le club.

La dernière fois que j'ai vu un DJ-set d'Étienne Jaumet à Paris, c'était pas terrible, mais là le mec enchaîne une playlist pointue et les interventions micro dont il nous gratifie depuis sa cabine sont en parfaite adéquation avec l'ambiance camping. Pendant ce temps-là, les machines analogiques s'entassent sur la scène et Arnaud Rebotini prend place au milieu de sa tour de contrôle. chemise ouverte, chaîne en or qui brille - c'est pas pour autant que le gars danse le mia. Deux heures durant il va masser la foule de fêtards avec force. Le bouc est rasé mais ça pèse toujours aussi lourd, performance taille patron, comme toujours, bonne nuit.

Vidéos

SEAN NICHOLAS SAVAGE

SUMMER CAMP

GRAMME

ACTION BEAT

CONNAN MOCKASIN