On y était : Heart of Glass, Heart of Gold 2016

C'est après avoir traversé la discographie de Teenage Fanclub, tutoyés les cimes du vulcania, longé deux verges que nous sommes finalement arrivés sur les versants ondulés de la Viadéne; lieu sacré où se tient le Hog Hog 2016. Après deux éditions ardéchoises il est désormais temps de découvrir les joies du Cantal. Arrivée vendredi fin d'après midi, à temps pour entendre un titre ou deux  du tandem parisien  Apes & Horses, mais surtout à temps pour voir nos chers écossais sur la scène 1.

Une centaine de personnes pas plus sont massés devant la grande scène pour le concert de Teenage fanclub, une affluence de concert de kermesse en somme ,pour un groupe culte approchant les trente ans de carrière c’est une belle aubaine. La qualité sonore parfaite, la franche communion et un setlist “best of ” agrémenté de deux singles de l'excellent nouvel album : Here  finiront par ravir nos cœurs d’aficionados.

teenageTransition sonore radicale, mais ultra dépaysante, puisqu’enchaîne sur la même scène le trio sororal Israélien A-wa avec leur étonnante “folk’n’beat yéménite”. Robes traditionnelles baskets, chants ancestraux teintés d’électro sont au rendez-vous, souffle dès lors au Hog hog un vent frais désertique au bonheur contagieux.

Un petit tour au “platine” pour chauffer la scène 2 avant le set de Bergen Kremer que nous louperons malheureusement, dû à un petit moment “fan de” avec Norman Blake ( leader des Teenage Fanclub ).

Il est minuit et demi et on retourne sur la grande scène pour retrouver Ninos du brasil et leur ambiance carnaval tribal brésilien. Le duo italien martèle, télescope leurs toms devant une foule dont l’hypnose révèle l’extase.

Pour conclure notre vendredi de la plus belle des manières on se dirige vers le chalêt (le club), au poutre massive et à la charpente triangulaire, pour se déhancher sur les pépites africaines qu’exhument Brian Shimkovitz depuis près de douze ans avec son désormais culte label Awesome tapes from Africa. Soirée digger oblige on achève le dancefloor sur le set d’Hugo mendez du label Sofrito et ses trouvailles tropicales venant de toutes horizons.

Ce n’est que le samedi vers midi que je me rend compte, que vallonnées, les courbes felliniennes du camping offre une activité sportive naturelle, qui sera la caution health du weekend, avec le savoureux Burger de l’Aubrac.

Au delà du festival et sa belle programmation, les entre deux et le champ des possibles sont tels que tout semble être une invitation a l'oisiveté : du kayak au disquaire, au pop up shop, j'en passe et des meilleurs, on aimerait que ça dure une semaine alors qu’on est que le lendemain matin. Cette sensation va d’autant plus se préciser que nous nous dirigeons vers la piscine.

pizzaLa diversité gonflable qui y règne est indécente, de la tranche de pizza à celle de pastèque en passant par le bretzel, là tout n'est que palmes et flotté, flux d'âmes apaisés. Aux abords de l'eau les guitares légèrement saturés de Frankie Cosmos bercent gentiment les festivaliers. On alterne entre plongeon, déferlante dans le toboggan et danse enivrée sur le dj set d’apéro soviet, moment coup de coeur mongol !

Un gros apéro plus tard, on retourne aux choses sérieuses. 22h et des poussières, la piscine est paisible, l’Aligot sommeille et la scène 2 est chauffée à blanc. Les sœurs Larson : Taraka et Nimai accompagnées de Ryan montent sur scène et là comme souvent avec les groupes américains le show est ultra rôdé, rien ne dépasse, le son est au rendez-vous et la trans de Prince Rama s’opère.

Les deux sœurs entretiennent leurs looks , poses gourous MadMax paillettes avec un audacieux cameltoe pour la chanteuse.

Le public est ultra réactif, tant que Taraka les rejoins malgré elle suite à ce qui semble être un slam raté, mais ultra pro le chant reste précis malgré la chute. Les titres s’enchainent, particulièrement ceux de Top Ten Hits Of  The End Of The World pour mon plus grand plaisir, préférant l’énergie glam  à la pop trop sucrée du dernier album X-Treme Now.

princeramaLa frontwoman se dandine façon Madonna dans son legging Mona Lisa qui orne la couverture du nouvel album , sa sœur hypnotise ses fûts avec ses boucles tribales et Ryan fait office de Tony Micelli  alternant guitare, clavier et autres bidouillages.

Le public semble conquis et réclame un rappel mais l’heure c’est l’heure et les darons de Frustration sont attendus sur la scène 1.

Je retrouve au bar extérieur Ryan et Taraka autour d’une clope que la chanteuse me jalouse, mais responsabilité vocale oblige elle décline l’offre des volutes.

On parle de Trump, de la tournée et du festival vegan parisien le smmmile qu’ils retrouveront le weekend suivant. Ryan tente de baragouiner des bribes de phrases en français et même en italien avec la même agilité que Paganelli interviewant Balotelli,on reviendra donc à la langue de Gascoigne. Très souriant, très sympa, très Williamsburgh, bref une soirée américaine.

Je zappe Frustration, en sachant que ça jouera bien qu’ils donneront tout etc… mais ce n’est pas mon truc, un peu trop réchauffé pour moi donc répit au bungalove, avant de nous diriger vers le chalet jusqu’à l’aube.

On entend depuis notre cosy logis les premières notes de “hebrew house”de l’écossais Mr. T.C en sachant qu'on rate un énorme concert, mais la détente, la bonne compagnie et le get 27 -ce breuvage sournois- auront raison des premiers titres. Sacha Mambo prendra le relais, nous entraînant jusqu’à l’aurore.

Le réveil est compliqué, l’heure du départ approchant à notre plus grand regret. Une longue route nous attendant, nous ne verrons pas Black Devil Disco Club et partons le cœur serré. C’était mon premier Hog Hog et c’était plus qu’une prolongation de vacances. De l'accueil à la sécu en passant par les gens de la technique, on reconnaît la qualité d'un lieu aux gens qui l'anime. Loin de l'attroupement, de l'urgence de changement de plateau de certains festivals, où l'on peut passer plus de temps à courir qu'à se poser devant une scène, ici tout est mis en œuvre pour que rythme et confort cohabitent.

Ajoutez à ça une météo idyllique, Heart of Glass Heart of Gold, Haut les coeurs 2017 !

Texte par David Boring


On y était : Heart of Glass, Heart of Gold 2014

15405808737_f5d4601919_k

Photos © Patrice Bonenfant

Heart of Glass, Heart of Gold, 19 au 21 septembre 2014 par Alex P.

La première édition ayant été une superbe fête (lire notre report), il allait donc de soi que l'on allait remettre le couvert pour la deuxième, toujours à Ruoms dans les gorges de l'Ardèche, toujours dans la joie et la bonne humeur.On arrive sur le site du festival un peu tard en ce vendredi 19 septembre, la faute à une Opel Corsa en fin de vie et à des routes barrées suite aux intempéries qui ont sévi dans la région les jours précédant le festival. On s'installe dans notre bungalow cinq étoiles, on se colle quelques bières en speed et il est déjà temps pour nous d'aller jouer aux DJ.

Mondkopf arrive sur la grande scène et dix minutes plus tard, c'est le déluge, scène inondée, public douché, les concerts en extérieur, c'est mort pour ce soir. Tant pis, on est chaud, on va ambiancer le bar jusqu'à l'ouverture du club avec le classieux représentant de Border Community, Wesley Matsell, puis mes copains de Red Axes. Si jamais t'as lu le report du dernier Baleapop, copie/colle le passage les concernant et ajoutes-y les mots-clés "kétamine", "voix de robot" et "petit zizi". Ça peut paraître un peu abstrait comme ça mais je te promets qu'aucun autre discours ne serait plus proche de la réalité, et puis la bienséance m'oblige à ne pas donner trop de détails, laisse ton imagination faire le taff.

Le lendemain, le soleil est revenu en force et comme on est d'humeur sportive, on va squatter le playground du site pour une partie de tour du monde endiablée remportée par notre Jérémy Lin à nous, le seul gars capable de scorer du milieu de terrain puis d'enchaîner avec un air ball sur un double pas. On retourne près de la piscine pour le concert de Taulard. Les quatre Grenoblois vont balancer leur post-punk à synthés avec énergie et sincérité, je me sens presque comme à la grande époque de l'Alternation. Leur live est encore plus convaincant que le disque et les paroles hyper déprimées pour des gens de leur âge procurent une sensation aigre-douce parfaite. Le monde est de plus en plus flingué, les jeunes doivent s'adapter. Notre voisin de bungalow, Matt Elliott, distillera ensuite ses arpèges de guitare beaux et délicats malgré sa nuit blanche forcée de la veille (on fait pas exprès mais on est vraiment débiles parfois, sorry Matt). Moodoïd investi la scène avec son space rock psyché et même si c'est bien foutu et que ça joue bien, je ne rentre pas dedans. Bravo aux musiciennes qui ont vraiment fait le boulot, la prestation du frontman en revanche n'a pas réussi à me convaincre.

15406381590_e7d1033f9b_k (1)

Le point d'orgue du festival arrive avec le roi de la fête du Moyen-Orient, Omar Souleyman, toujours accompagné de son fidèle claviériste. Ça doit être la quatrième fois que je le vois et comme à chaque fois, je me laisse prendre par la transe. Omar, t'es un grand. Vient ensuite La Femme, désagréable comme un verre d'eau glacée balancé sur ta peau nue alors que tu bronzais tranquille au soleil, une putain de blague de merde en somme. Je suis plutôt de ceux qui pensent qu'il faut respecter tout le monde, mais merde, y'a des limites. Et dire qu'Hartzine les avait fait jouer il y a de ça quelques années... Oui, tout le monde peut avoir un passé douteux. Après, ce qui est pratique au HoG HoG, c'est qu'il y a mille façons de s'amuser, donc je m'éloigne de la scène et y revient pour le concert de Cheveu. J'ai toujours eu un rapport particulier avec ce groupe : je l'ai vu un paquet de fois et j'ai des souvenirs de concerts géniaux comme de performances vraiment pourries, dur à expliquer. C'est donc avec un certain scepticisme que je me mêle au public pour voir ce qu'ils vont nous servir ce coup-ci. Il me faudra à peine un morceau pour comprendre que ce soir, ils ont décidé de sortir le grand jeu. Un set hyper serré et une débauche d'énergie impressionnante pour ce qui sera clairement l'un des meilleurs live du week-end. Et puis ce fût également l'occasion de voir notre rédacteur vedette enflammer le dancefloor et exécuter des mouvements dont je ne pensais pas capable un homme blanc.

On file ensuite au club pour le live sous amphétamines de Golden Teacher. Le contexte club tassé et moite est idéal, c'est la grosse fête. Les gars d'Optimo devaient assurer la suite de la soirée mais ces nazes ayant loupé leur avion, c'est Mondkopf qui les remplace au pied levé, en format DJ, histoire de se venger de la veille. Alors c'est peut-être cool pour lui mais ça l'est beaucoup moins pour nous. C'est mou, sans surprises, et ça me donne la triste impression de quelque chose de parfaitement inoffensif. Un jour sans pour Paulo. On se finira en famille au bungalow jusqu'au lever du soleil.

Le lendemain il fait toujours aussi beau, climat idéal pour la pool party orchestrée par Acid Arab. Ça envoie les youyous, ça s'éclabousse dans la piscine, c'est l'éclate, un truc entre spring break, Intervilles et une séance d'aquagym musclée, ça défonce, rien de mieux que de finir là-dessus. La prochaine édition reste pour le moment enveloppé de mystère et d'incertitudes avec entre autres un changement de site, mais faites confiance à l'équipe du Heart of Glass, Heart of Gold pour revenir avec cette formule unique qui, en deux éditions, a placé le festival sur la carte des événements qui comptent en France.

Photos



Heart of Glass, Heart of Gold (19/21 septembre 2014)

F1000019Du 19 au 21 septembre prochain se tiendra la seconde édition du jeune festival Heart of Glass, Heart of Gold, événement qui a tout pour devenir l'un des meilleurs rendez-vous héxagonaux en terme de musiques actuelles tant par sa programmation à la fois éclectique et exigeante que par le fait qu'il s'agit probablement là du plan le plus sûr pour prolonger l'été dans le cadre idyllique des gorges de l'Ardèche. Ici on n'est pas à l'usine, c'est ambiance partage et amour au milieu des bungalows et en bord de piscine.

De The Soft Moon à Amen Dunes en passant par Omar Souleyman, Optimo ou encore Public Service Broadcasting, impossible de tirer la gueule, alors fais pas le con et réserve ton billet dès que possible parce que j'entends encore chialer celles et ceux qui ont loupé la première édition. Et puis la Team Hartzine sera une nouvelle fois derrière les platines pour faire bouger ton boule entre deux concerts de haute volée, qu'est-ce qu'il te faut de plus sérieux ? Programmation complète, playlist et interview en cinq questions d'un de ses concepteurs, Jean-Marie Sevain .

Crédit photo : Eleanor Logan.

Interview

Hog Hog
Vous remettez les couverts pour une deuxième édition, quels enseignements avez-vous tiré de la première expérience, que ferez-vous différemment cette fois-ci ?

La première expérience a été géniale ! D'abord dans la création de l'événement, depuis l'idée émise un soir de concert à Lyon, puis sa construction avec tout le travail que cela implique, et enfin LE weekend de cette première édition qui reste gravé dans toutes les mémoires de celles et ceux qui ont eu la chance d'y participer, en tant que festivaliers, artistes, organisateurs, bénévoles et techniciens. Les premiers enseignements que nous avons tirés étaient qu'il fallait repartir sur une deuxième édition, de façon plus structurée mais en gardant cette fraîcheur qui a illuminé Hog Hog en 2013. C'est notre plus grand défi : maîtriser un maximum de paramètres pour permettre un maximum de liberté.

La programmation est à nouveau très éclectique, comment tout ça s'est mis en place ?

Elle n'est pas si éclectique que cela car tout est lié. Ce n'est parfois pas toujours évident pour le profane, mais on s'adresse à un public connaisseur et curieux qui pourra établir des ponts entre les artistes proposés. Construire une programmation nécessite beaucoup de patience et d'humilité, faire des choix, trancher, prendre des risques, suivre son instinct, rebondir, saisir les opportunités et surtout aller au bout de ses idées et n'avoir aucun regret. A tous ces paramètres, le niveau des prestations scéniques a une importance capitale à Heart of Glass, Heart of Gold, les groupes qui ne servent à rien sur scène ne nous intéressent pas ! On veut pouvoir proposer des groupes qui ont quelque chose à donner sur scène, que ce soit dans leur présence ou plus simplement dans le son, mais il faut qu'il y ait quelque chose. Les groupes "hype" on s'en fout, ça ne suffit pas à faire pas un bon concert.

L'ambiance de l'édition précédente était géniale, refaire ça sur le même site était une évidence ?

Oui. Dans la mesure où nous n'avons pas fait le plein en 2013, on veut pousser l'expérience sur ce site jusqu'au bout. Avec plus de monde ce sera encore plus génial ! Et puis ce site possède tout de même de sérieux atouts : une scène principale qui ressemble à un écrin, des piscines complètement dingues et surtout beaucoup d'espaces à exploiter. Ce qui ne veut pas dire que nous ne sommes ancrés ad vitam, rouiller ce n'est pas notre truc, mais aujourd'hui nous sommes très bien où nous sommes.

A quoi doit-on s'attendre de nouveau côté animations extra musicales ?

C'est un scoop, nos extras vont s'appeler "Intras". Nous travaillons encore dessus et ce volet n'est pas encore bouclé, mais il y aura un introduction au monde littéraire de façon ludique, il y aura aussi du vin, des ateliers de sérigraphie, des activités pour les enfants, les terrains de sport (toujours)... bref nous proposerons plus que l'an passé ! On y travaille.

Quel est le meilleur conseil que vous puissiez donner aux festivaliers pour vivre l'expérience à fond ?

Réunir une vraie bande de potes et ne pas tout donner le premier soir !

PLaylist idéale

01. Amen Dunes - Lonely Richard
02. Hookworms - Away Towards
03. Golden Teacher - Dante And Pilgrim
04. Jenny Wilson - Opposition
05. Taulard - Pourquoi suis-je allé au Boom-
06. Gentle Friendly - Autumn nite
07. Wesley Matsell - Total Order of Being
08. Red Axes - Kicks Out Of You feat. Abrao
09. Утро - Как Же Я Был Слаб В Те Дни
10. Monkopf - La Dame En Bleu (Live remix)

Programmation

hoghog-poster-web
Vendredi 19 septembre
Amen Dunes
BRNS
Fear of men
Matt Elliott
Mondkopf
Red Axes
The soft moon
Wesley Matsell
YTPO

Samedi 20 septembre

2 boules vanille
Apes & horse
Gentle Friendly
Golden Teacher
Hookworms
Jenny WIlson
La Femme
Moodoïd
Omar Souleyman
Optimo DJ’s
Public Service Broadcasting
Taulard

Dimanche 21 septembre

Acid Arab
& more