Rabit - Les Fleurs du Mal

"Ainsi aurons-nous vu linguistes, sémiologues, sociologues, psychanalystes...; s'emparer, avec la suffisance des spécialistes, de ce qui dans la peinture ou la poésie des XIXe et XXe siècles avait hautement attenté à l'ordre des choses. Et il est loin d'être indifférent que le surréalisme et ses choix en aient électivement fait les frais. Non plus pour être occultés comme ce fut longtemps le cas mais au contraire pour devenir matière à la fabrication d'une esthétique surréaliste qui n'a jamais existé, à la seule fin de faire oublier quelle révolte fondamentale est à l'origine de ce qui aura été au XXe siècle la plus large tentative pour repenser tout l'homme, et qui plus est en donnant la prérogative à la sensibilité. D'où l'urgence d'en finir avec son projet de "repassionner la vie", en ce qu'il justifie toutes les formes d'insoumission sensibles, passées ou à venir, comme autant de réponses inventées à la seule question qui vaille et qui est de savoir comment vivre. Inassignable à quelque programme théorique qui soit, c'est précisément d'avoir misé, à l'encontre de toute préoccupation culturelle [...]" - Du trop de Réalité, Annie Le Brun

Que peut la poésie ? Voilà une question jamais résolue, une question qui, néanmoins, reste d’un maintenant très actuel. Une question à laquelle Rabit (lire), avec Les Fleurs du Mal, essaie peut-être d’apporter une tentative, une piste de réponse.

Est-ce un hasard complet si le producteur texan et boss du label Halcyon Veil en vienne à produire un LP intitulé Les Fleurs du Mal ? Est-ce un hasard complet si ce qu’on nomme parfois les musiques monstrueuses s’emparent des radicalités sensibles d’une poésie qui propose comme horizon des infinis possibles ? Est-ce un symptôme si plusieurs albums sortis ces derniers mois se questionnent sur la poésie en convoquant dls textes plus ou moins radicaux de cette matière de l’art ?

Que peut la poésie ? En voilà une question… On a l’impression d’être à la fin du XIXe, à la fin d’une époque. Avec quoi peut-on sortir de l’époque pour en faire une autre, ou essayer en tout cas d’en inventer une autre ? Il y a le trouble et, pour y répondre, deux possibilités : soit le renier, l’exclure, le classer, le dominer, soit s’en emparer, en faire une matière, un matériau de possibles et d’inconnus à inventer.

Si "je" est "un corps qui fait aussi être le monde, de cette manière-là" comme le théorise Jean-Luc Nancy, alors peut-être que "je", et les phénomènes que perçoit et restitue "je", est une possibilité d’étendre cette matière commune de la perception. De faire de "je" un "on". Un "on" comme puissance et non comme Bloom. "Les grands Veilleurs sont morts. Sans doute, on les a tués" disait Tiqqun dans Théorie du Bloom. Peut-être qu’au contraire on peut, doit les abolir pour se redonner sa commune puissance.

La poésie est monstrueuse. C’est une abolition permanente. Une dégradation qui dure, encore, toujours. Elle est communication sans communication. Elle est débarrassée. Elle démembre. Elle désidentifie. Elle dit, sensiblement. Elle est pour elle. Elle n’est jamais ce qu’elle est. Elle est toujours bizarre et hors. La dégradation est ce moment d’une infamante destitution, d’une métaphysique vitale, d’une diminution morale et d’une action qui cause un dommage, qui rend quelque chose inutilisable, qui rend l’usage impossible. Alors comment vivre ? Et comment Rabit répond à cette question fondamentale ?

"Confusion dans le détail, diffusion dans l'ensemble ; c'était toute la quantité de contour et de relief qui peut s'ébaucher dans de la nuit. L'effet de profondeur et de perte du réel était terrible. Et cependant le réel était là" - Victor Hugo

Les Fleurs du Mal de Rabit sont habitées d’une matière trouble et tordue, louche et interlope. Accumulation de couches, de voix, puis des frôlements, des bouts du poème de Baudelaire, un abandon au profit du son seul, et à nouveau le poème. Rabit produit un album qui s’empare de Baudelaire, pour en convoquer son irréductible maintenant. Des synthétiseurs hésitants, des monstruosités électroniques, une matière assez électro-acoustique qui joue sur une stratégie de tension et de silence, d’accumulation et de respiration, d'élévation et de déréliction. Une matière comme un poème, une matière où le blanc aurait un son, où le rythme serait non plus une perspective mais la tentative sensible même.

Les Fleurs du Mal offre une curieuse atmosphère, entre l’intensité d’une beauté chelou et l’inconfort de la nécessité d’une écoute attentive. Rabit provoque dans son LP une piste sonore volontairement flou, étrange, bizarre. Une hybridation entre électronique, poésie et expérimentation sonore. Ce n’est pas une mise en son ou en musique du recueil de Baudelaire mais bel et bien un essai sonore et plastique. Il y a une matière ambigüe, difficilement saisissable, non immédiate. Une force, une puissance qui se fait jour peu à peu, une inquiétante étrangeté qui ne peine pas à convaincre mais qui fait exister le moment, le maintenant de l’écoute.

Comment vivre alors ? Est-ce que cet album de Rabit nous donne des pistes ? Si rien n’est évidant, si tout est imbriqué et bizarre, il n’en est pas moins question d’une intensité et d’une puissance VNR. Les samples nous troublent, l’accumulation agit comme confrontation. C’est un LP beau et étrange, qui donne une image sonore à l’hybridité que l’on retrouve partout et qui fait trait à l’époque. C’est aussi un agencement particulier qui offre une prestation forte, une radicalité sensible. Une radicalité qui grince et qui dérange les sens et l’écoute. Ça grouille et ça ne cesse de grouiller. Il y a des sons partout, des samples et des morceaux de voix, des collages, des grincements, des ruptures permanentes dans les linéarités envisagées à l’écoute. C’est vraiment de l’ordre d’une tension permanente, sans équilibre ou en tout cas sans centre. C’est un LP décentrée où l’auditeur se retrouve dépourvu de tout confort connu. C’est brillant et bouleversant, c’est très puissant et très mental.

Cette convocation de la poésie par Rabit (et d’autres) semble redonner une responsabilité à l’art - la responsabilité inhérente aux arts en général, celle de pouvoir changer la vie. Pour un moment ou une durée infinie, cette convocation replace l’art dans son contexte social, politique et vital. Rabit travaille un matériau trouble, d’un poème trouble. Il fait entrevoir la puissance des monstruosités qui habitent le monde. Des monstruosités loin d’être négatives, au contraire. Des monstruosités qui, par leur apparence sensible, produisent du sens. Du sens dans une réalité qui en manque cruellement.

Avec Les Fleurs du Mal, Rabit re-passionne la vie, en fait le pari. Donner une responsabilité à l’art, ça n’est pas lui retirer sa spontanéité ou le contraindre à produire tel ou tel contenu, c’est lui permettre de trouver les matières, les expériences, les phénomènes qui sonnent comme des solutions à une situation saturée de signaux mous et avilissants. C’est redonner la possibilité à l’art de toucher la vie même. L’art et la vie confondus. Par le sensible, une insurrection mentale. Par le sensible, beau et trouble, permettre à chacun-e d’envisager une puissance commune.

La poésie est monstrueuse, elle est vitale. Jamais elle ne pourra se résigner. Espérons que les arts non plus, jamais ne finiront par se résigner et toujours produiront des "formes d'insoumission sensibles, passées ou à venir, comme autant de réponses inventées à la seule question qui vaille et qui est de savoir comment vivre".

Tracklist

Rabit - Les Fleurs du Mal (Halcyon Veil, 02 novembre 2017)

01. Possessed
02. Bleached World
03. Roach
04. Ontological Graffiti
05. Dogsblood Redemption
06. Prayer
07. The Whole Bag
08. Humanitys Daughter
09. Rosy Cross
10. Ontological II
11. Prayer II (Gemme)
12. Elevation


Jesse Osborne-Lanthier - A.T.L.H.F.V.A.M.L.T.H.A.T.U.

Ça n’en finira donc jamais sur le label du Texan Rabit, une sortie, une calotte. C’est déjà la sixième. Et cette fois encore, elle est absolument monstrueuse. Toujours le même format, une trentaine de minutes, entre mixtape et EP, et toujours la même efficacité des sorties d’Halcyon Veil...

Jesse Osborne-Lanthier, est intéressant à plus d’un titre. D’abord, il sort beaucoup de choses, dans des labels aussi différents que Raster-Noton, MIND Records, Where To Now? ou bien pour celle qui nous intéresse Halcyon Veil. Il vit également entre deux continents, à Berlin et à Montréal principalement. On pourrait dire qu’il est un croisement entre la techno, l’électro-acoustique et l’expérimentation large de l’électronique. Cette esthétique, hybride et chimérique, c’est ce qu’on trouve dans A.T.L.H.F.V.A.M.L.T.H.A.T.U. Mi mouvement mécanique, mi grime, mi expérimentation, mi électronique noire.

L’EP se découpe en huit petits mouvements qui vont du bruit mécanique à une sorte d’électroacoustique proche d’une esthétique GRM drone, en passant par quelques re-visitations des ossatures grime, ou encore un travail sur des fréquences sonores qui font penser à la voix humaine. On retrouve bien sûr aussi quelques traits des expérimentations néo-vogue, quelques signaux, quelques sonorités qui nous font nous figurer cela en tout cas. C’est comme si parfois Jesse Osborne-Lanthier réduisait à des figures minimales de reconnaissance possible les sons qu’il utilise. Tel mouvement évoquant telle esthétique. Il y a comme une sorte de dé-construction en tout cas, quelque chose de l’ordre du décortiqué pour n’en garder qu’une chair passée à la moulinette de la vitesse ou de la lenteur. Ce travail de la vitesse et du rythme est essentiel dans cet EP. Les accélérations et les décélérations sont permanentes, jusqu’à en faire une figure, un des tropes de l’EP. Ce travail du rythme est ici une manière de produire le sonore. Décélération et accélération, changeant parfois imperceptiblement les fréquences utilisées par Jesse Osborne-Lanthier.

Le tour de force est toujours de rendre une matière monstrueuse, narrative, à savoir donc une matière hybride ou chimérique, qui mélange les genres. Ici le pari est d’en faire une matière narrative non hiérarchique, une matière narrative sensible, où l’on peut broder à travers les différents mouvements de l’EP, ses propres histoires, ses propres fils d’imagination. Et dans ce cas précis, on peut dire que c’est un coup de maitre réussi par Jesse Osborne-Lanthier. Il y a presque quelque chose dans cet EP de la sorcellerie, ou d’une potion qu’on mélange à différentes vitesses pour en faire varier les effets ou les goûts. Quelque chose de l'ordre, en tout cas, d'un paganisme sonore. Presque une partition mystique, ou bien au contraire une partition solaire. Sans doute cette impression vient du dernier mouvement en featuring avec Bataille Solaire. On y retrouve des voix d'église bizarres, comme celles d'un rituel inconnu. Voilà, cet EP a quelque chose du rituel inconnu.

En tout cas, il y a cette idée d’une matière tendue, et d’une matière troublante. Les matières sonores sont tantôt très rugueuses, tantôt très bizarres, tantôt tourbillonnantes, tantôt linéaires, d’ici ou là surgissent des fréquences improbables, des court-circuits à la linéarité éventuelle de l’EP. On est toujours débordés par les pistes, toujours à côté de ce que l’on attend, toujours ailleurs de ce que l’on peut imaginer. Cette force-là est assez rare. Il n’est pas question, ici, d’expérimentation abstraite, mais bel et bien d’expérimentation sensible, de celles qui vous font pour un temps changer un rapport au quotidien, à la durée, au temps, à l’espace parcouru, à la médiocrité du réel. Ces sorties-là ne sont pas si nombreuses, et il nous paraissait nécessaire de le souligner. L’insurrection sensible par la musique a de beaux jours devant elle. Tentons d’imaginer nos fictions et nos récits pour l’accompagner.

C’est en tous les cas, encore une bien belle sortie chez Halcyon Veil, et on en est très heureux. On pense presque à aller s’installer au Texas, au moins sur Soundcloud.

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Jesse Osborne-Lanthier — A.T.L.H.F.V.A.M.L.T.H.A.T.U.

Tracklist

Jesse Osborne-Lanthier - A.T.L.H.F.V.A.M.L.T.H.A.T.U. (27 juillet 2016, Halcyon Veil)

01. North Face Killah
02. Microchipped
03. Submitting To A Pile
04. Weed Kit
05. Web MD
06. That Captagon Sting
07. CRS
08. Velocity, Bilocation, Pyrokinesis (feat. Bataille Solaire)


Conspiracion Progresso - Various from Halcyon Veil

Imaginons une brèche, un croisement bizarre entre beaucoup d’histoires. Imaginons un rapprochement fortuit venu d’un esprit étrange, celui de l’autonomie italienne milanaise des années 70 (occupation, manifs sauvages, sabotage et Molotov), d’un club actuel de la ville (le Progresso), et de la scène queer monstrueuse qu’on aime beaucoup. Tout ça sous l’égide d’un Texan voyageur.

C’est un peu le pari de Conspiracion Progresso, sorti mi-avril chez Halcyon Veil, le label de Rabit qu’on aime définitivement beaucoup. Trois crews dans une compilation. Janus le crew « rhizomatique » berlinois, ça y est Deleuze est arrivé là aussi, Halcyon Veil, le label du Texan Rabit donc, et Principe Discos, label lisboète dont on a déjà beaucoup parlé et qui vient de sortir un excellent DJ Marfox.

Cinq titres, cinq formes-manifestes. W.I.I.A de Bekelé Bernahu du collectif Janus, une sorte de collage fractionné afro drone expé; un morceau de Hvad  avec une voix caverneuse, des expérimentations GRM belle époque, des saccades, des pulsations énervées et une bass techno; un morceau de Kuduro radical de DJ Nigga Fox qui finit sur une basse très très grasse;  un morceau de Zutzut dans la tradition néo-dancehall monstrueux bounce, voix bouclée, sample très accéléré quasi vogue, et percussions; et pour finir la tambouille une sorte de morceau techno-kétamine de Draveng.

Milan, autonomie radicale, scène queer radicale, un club et le tout sous un titre évocateur Conspiracion Progresso… La question est, est-ce qu’on assiste à la renaissance de sociétés secrètes insurrectionnalistes? Auquel cas il est peut-être temps de préparer des Molotov pailletés, et d’aller saboter la mollesse de la scène électronique comme elle va sur la FM et dans bon nombre de clubs hétéro-gay-flics… Auquel cas, il est peut-être temps de radicaliser nos pratiques de la « fête », d’en finir avec un folklore consumériste qui ne cherche qu’à reproduire les mêmes formes en permanence en changeant à peine d’apparence dans une posture de « transgression ». Auquel cas, il est peut-être temps de remettre au goût du jour avec une compilation ou une autre le mot d’ordre de bashback « queer insurrection ». Auquel cas, il est peut-être le temps d’imaginer politiquement et musicalement une insurrection « freaks ».

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Tracklist

Conspiracion Progresso
A1 -Bekelé Berhanu - W.I.I.A.
A2 -Hvad - Bleeding Grey Wall
A3 -DJ Nigga Fox feat. Vipra - Lento Violento
B1 -Unknown Artist - Untitled
B2 -Zutzut - Jala
B3 -Draveng - Internal Debate


Why Be - Snipestreet

On vous a déjà parlé d’Halcyon Veil le tout nouveau label du producteur texan Rabit. Il faut dire que la première sortie était plutôt très marquante puisque il s’agissait de l’EP d’Angel Ho, dont décidément on pense toujours beaucoup beaucoup beaucoup de bien. Halcyon Veil revient donc avec une deuxième sortie, un deuxième EP celui de Why Be, membre du crew Dj Hvad, contributeur pour Janus, habitant plus ou moins au Danemark et originaire de Corée. On a aussi pu l’entendre collaborer avec Total Freedom. Ça brosse déjà un portrait plutôt intéressant du personnage…

Why Be

Quatre titres sur cet EP, intitulé Snipestreet, et toujours un croisement entre grime, vogue house et techno. Des cloches, des vocaux super bouclés, des kicks techno, un morceau d’anthologie Deeq, et un dernier assez épique. On est tantôt dans une BO digne de la science-fiction, tantôt dans un dancefloor à contre-temps, une ambiance où les corps se font bousculer dans l’idée qu’ils ont de leur propre danse. Il y a quelque chose dans cet EP qui se joue entre des ambiances, des petites fictions sonores et le dancefloor. Un truc qui accroche entre production de narration et corps dansant. En tout cas il y a cette accroche tout à fait suffisante pour qu’on se dise que, là aussi, il se passe quelque chose dans l’appréhension de la musique, un truc qui renouvelle et qui développe à la fois cette base techno, ces influences grime et cette manière de sampler typique de la vogue house.

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Tracklisting

Why Be - Snipestreet (Halcyon Veil, 15 octobre 2015)

01. Heroin Hat
02. Whalin (Kyselina OST)
03. Deeq
04. Late (Laser Ha)


Angel-Ho - Ascension

Non Records et Halcyon Veil pour la sortie, Arca au mastering, déjà plutôt bon signe. Ascension est la première sortie du label de Rabit, producteur texan assez génial dont on attend le LP avec une grande impatience ainsi que la première sortie du collectif Non Records, basé entre Londres, Richemond, et Cape Town. À la commande Angel-Ho un sud-africain de Cape Town d’une vingtaine d’année qui a fondé le collectif Non avec Nkisi et Chino Amobi. Le tout via soundcloud entre les États-Unis, l’Angleterre et l’Afrique du Sud.

Un EP de 5 titres, ponctués par des « cunt », des bruits de vitres brisées, des samples de master at works, des rires super sinistres, un chien qui aboie, des ambiances type field recordings, des instruments difficiles à identifier, quelques glitch sur-joués, et des samples hyper-bouclés. Ascension fonctionne par sur-impression et collage de différentes couches sonores, il y a quelque chose de l’ordre d’une désorientation de l’écoute dans ce processus. Les samples acquièrent des matières sonores extrêmement étranges dans certains morceaux. Inside the flux of Mind, qui ouvre l’EP, joue particulièrement sur le sample d’un aboiement de chien, réduit, puis augmenté dans sa durée, ce sample est l’élément qui prend en charge l’ensemble de la tension du morceau. Il devient tout à la fois plus abstrait et « mélodique » quand la boucle est accélérée, et très concret quand elle est simplement répétée.

L’EP est aussi clairement politique voire manifeste. À la fois queer et traitant des questions post-coloniales. Des titres y font d’ailleurs clairement référence, Removals ou Revolter par exemple. L’EP avait d’ailleurs été dans un premier performé par Angel-Ho en février. Angel Ho avait aussi participé au mouvement de protestation contre la présence d’une statue d’un colon blanc sur le campus de son université en avril dernier, elle a finalement été déboulonnée. D’ailleurs il est le seul noir de sa promo aux beaux-arts de Cape Town, preuve s’il en est pour lui que la société sud-africaine est encore particulièrement ségréguée tant dans l’éducation, que dans l’espace même du pays.

L’EP désoriente clairement l’écoute, et l’auditeur, elle ne joue ni sur des canons rythmiques, ni sur des sonorités dancefloor, pourtant elle reste extrêmement « club » et « vogue ». Bref, ce type est brillant, son EP est vraiment tout à fait incroyable, radical dans l’approche, radical dans le propos, radical dans le traitement du son, et putain qu’est-ce que c’est bien !

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