Fujiya & Miyagi - Fujiya & Miyagi

« Sur cet album, j’ai essayé de trouver des points positifs et de ne pas me reposer uniquement sur mon mépris total du monde qui nous entoure »

C’est pétri d’enthousiasme et écorché de bonnes intentions que David Best présente ce nouvel album éponyme de Fujiya & Miyagi, trio slash quatuor qui pianote des trucs sur des synthétiseurs depuis plus de quinze ans maintenant. Et chez le groupe de Bristol, le dédain du monde qui nous entoure a souvent l’emballage pop et le goût électro-kraut. Un rock qui n’en est pas vraiment, quoi. Et cela tombe bien, Fujiya & Miyagi n’est pas vraiment un album non plus. Pour préciser, c’est la compilation de leurs trois derniers maxis, respectivement EP1, EP2 et EP3, parus au cours de l'année dernière, soit la réunion un brin flemmarde de compositions précédentes où l'ambiance claire des dancefloors montent d'un cran sur l'échelle du digital. Des sonorités très numériques pour des danses nettes aux couleurs acidulées, mélancoliques malgré tout. Fijuya & Miyagi présente donc une cohésion un peu chelou, forcément disqu-ontinue, pour ne pas dire inégale, qui n’enlève rien à la découpe super précise et fascinante du fake duo nippon. Le format est toujours carré, rien n’en dépasse, c’est clean à piquer les yeux tellement le son est lustré. Calibrage maximal et émotion stérilisée. Solitaire a les mêmes atomes crochus que les notes emblématiques de l'introduction du In The Grace Of Your Love des Rapture de 2011. Sans virer 100% DFA, hein. Mais là-dessus, une sensation demeure, ce petit balancement de tête qui demeure bien vivace malgré les beats un peu coincés. Le dernier tiers du disque veut d'ailleurs son pesant de cacahuètes, se révélant à qui veut bien l’attendre. Et entendre. Fijuya & Miyagi se mérite, passé le mur des répétitions. L’effort est long à savourer mais il reste en bouche longtemps, et c'est juste ici que les choses prennent tout leur intérêt. Putain de point positif !

Tracklist

Fujiya & Miyagi - Fujiya & Miyagi (Impossible Objects Of Desire, 07 avril 2017)

01. Magnesium Flares
02. Serotonin Rushes
03. Solitaire
04. To The Last Beat of My Heart
05. Extended Dance Mix
06. Outstripping (The Speed Of Light)
07. Swoon
08. Freudian Slips
09. Impossible Objects Of Desire
10. Synthetic Symphonies
11. R.S.I.


Fujiya Miyagi - Serotonin Rushes

Fujiya Miyagi, est un style à lui tout seul… Quatre Britanniques très influencés par la culture nippone, mais aussi le krautrock, l’électro allemande pré-chute du mur mais aussi l’indie-pop avant-gardiste anglaise…  La voix de David Best (Miyagi) rappelle la suavité de Robert Del Naja de Massive Attack , mais dont la vocalise a tendance à épouser la mélodie de ses comparses à la manière de Clinic. Fans de la première heure depuis que le morceau Photocopier avait déchiré la toile, c’est tous naturellement que nous piétinons d’impatience à la sortie du nouvel album du quartet, qui on l’espère nous fera oublier  Artifical Sweeterness, triste album sans âme faisant tache dans la discographie quasi parfaite des musiciens de Brighton. En attendant on se régale autour de Serotonin Rushes, premier extrait très disco-punk du futur LP, rappelant à la fois le meilleur de !!! et de LCD Soundsystem, tout en gardant cette touche toute particulière à Fujiya Miyagi.

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Tracklisting

Fujiya Miyagi - EP1 (Impossible Objects Of Desir, 27 mai 2016)

01. Serotonin rushes”
02. To The Last Beat Of My Heart
03. Freudian Slips”
04. Magnesium Flares”


Fujiya & Miyagi – Ventriloquizzing

fujiya-miyagi-ventriloquizingIl ne suffit pas d'enfoncer l'avant-bras dans l'anus de votre voisin et de parler comme Kenny pour être ventriloque. Selon David Best, leader discret du quatuor agitateur Fujiya & Miyagi, ces petites poupées sont le reflet effrayant du musèlement d'un peuple, pour qui d'autres se chargent d'être la voix.  C'est autour de cette métaphore flippante que l'entité électro-kraut nourrie aux sushis et au riz cantonais conceptualise un quatrième album épais, lourd et désabusé. Habitué à travailler dans un total confinement, le quatuor de Brighton s'offre pourtant les services  d'un Thom Monahan déjà coupable de la production des derniers Au Revoir Simone et Vetiver. Ventriloquizzing ne pouvait décidément pas être gai.

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Si le succès de Fujiya & Miyagi a toujours reposé sur les influences du groupe pour le rock-choucroute allemand, rares furent les réelles démonstrations du combo attestant du sujet. Revanche prise sur un Ventriloquizzing ouvrant majestueusement sur une dynamique post-jazzy à la Neu ! La voix du Maître Miyagi trainassant sur la montée de ligne de basse d'Ampersand, avant que les synthés n'explosent à leur tour, projetant l'auditeur au centre d'un big-bang sonore étourdissant. Le rétro est d'ailleurs à l'honneur de ce nouvel opus. On imagine parfaitement Best en Fred Astaire trainspotter, glissant et se balançant entre des gouttes de pluie colorées sur le très fougueux Pills. Joie retrouvée ? Pas vraiment. En atteste Sixteen Shades of Black and Blue, premier single collant aux fringues comme une vieille odeur de tabac. Premier track vraiment sombre et presque crade de l'album, qui laisse un goût d'acier dans la bouche. Le timbre monocorde de David Best s'accroche à un tempo tassé, répétitif... La voix du chanteur ne s'était plus montrée aussi convaincante depuis Photocopier, et retrouve ici son sens de l'oppression. YoYo fait également parti de ces titres étouffants, cadencés par l'entrelacement d'un orgue saturé et d'une basse sous influence, le titre rappelle par instant l'Atlas Air de Massive Attack. Et si le groupe de Brighton a beaucoup souffert de la comparaison musicale qui lui a été faite auprès de ses compatriotes bristoliens, celui-ci a pourtant tendance à ralentir dangereusement le tempo comme sur Ok, semblant tendre le bâton pour se faire battre. Rigoureusement lente, la mélodie roule, rebondie comme une balle toujours insaisissable. Si le morceau fait la part belle à un fantastique jeu de batterie, c'est une nouvelle fois la basse de Matt « Ampersand » Hainsby qui sera mise au centre de ce Ventriloquizzing. Car même dans la tourmente, Fujiya & Miyagi n'en perdent pas leur fascination pour le groove. Même lorsque le quatuor assène le très kraut Tinsel & Glitter, la formation a retenu la leçon du Future Days de Can et cède aux expérimentations sans perdre le sens de la rythmique qui le définit. Le tout tiré au carré, sans souffrir une seconde de la redondance du murmure de Mr Miyagi. Un arsenal de titres saccadés, passant de l'escalade à la chute libre, permettant à la pop de sortir des sentiers battus.
Alors si Dieu sait qu'on attendait ce nouvel opus, nous voilà comblés. Car derrière la machine à gigoter par moment quelque peu emphatique, Fujiya & Miyagi se réinventent, dévoilent un vrai sens de l'écriture et passent habilement le cap de l'adolescence. Les mauvaises langues n'ont plus qu'à fermer leur clapet à l'écoute de ce joyau noir. Nos quatre pantins se libèrent de leurs attaches et prouvent avec Ventriloquizzing que l'on peut aussi danser avec sa tête.

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Fujiya & Miyagi – Ventriloquizzing

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Tracklist

Fujiya & Miyagi – Ventriloquizzing (Yep Roc, 2011)

1. Ventriloquizzing
2. Sixteen Shades of Black and Blue
3. Cat Got Your Tongue
4. Taiwanese Boots
5. Yoyo
6. Pills
7. OK
8. Minestrone
9. Spilt Milk
10. Tinsel & Glitter
11. Universe


Fujiya & Miyagi

fujDeux ans à peine se sont écoulés depuis Lightbulbs, objet sonore narcotique pour dancefloor sub-aquatique, que le trio britannique Fujiya & Miyagi s'apprête à remettre le couvert. Toujours attaché à injecter une bonne dose de krautrock dans ses mélodies suintant la pop paranormale, Sixteen Shades of Black & Blue, second extrait du futur Ventriloquizzing, ne fera pas défaut à ses habitudes... On retrouve sans déplaisir la voix trainante de Maître Miyagi trottinant sur une ligne mélodique électro-blues écorchée, pincée de quelques accords de synthé aux échos inquiétants... Une sublime mise en bouche en attendant leur show de ventriloquie prévu pour le tout début d'année prochaine.

Audio

Fujiya & Miyagi - Sixteen Shades of Black & Blue