Liberation - S/T (FULL STREAM PREMIERE)

"C'est bien simple, en Australie, ce mec est une légende". Le mot d'Alex Poveda, moitié d'All Night Wrong et tête pensante et agissante du label Svn Sns Records, en dit long, lui qui partagera l'affiche le 23 juin prochain dans l'antre de l'Espace B (Event FB) avec la gracile Carla Dal Forno (lire) et donc David West chantre d'un nouveau projet solitaire : Liberation. Une légende qui emmagasine les projets solitaires mais qui a également co-fondé le monument Rat Columns, l'incontournable trio post-punk Rank/Xerox, en plus de ses participations aux géniaux Lace Curtain, Burning Sensation, Total Control ou Whalehammer. Tu parles d'un CV. A mille lieu de rabâcher ses partitions, David West utilise Liberation au pied de la lettre de ce nouveau patronyme discographique, avec la ferme volonté d'en extirper la puissance cathartique vis à vis de sa propre inspiration. L'homme s'est donc débarrassé le temps d'un album de ses guitares, ne s'entourant que de machines pour bâtir sa nouvelle cathédrale à la nef résolument pop et au choeur intensément romantique. Un véritable puit de lumière inonde en clair-obscur les délicates formes que prend ce premier album éponyme qui verra le jour le 11 juin prochain via le Night School Records de Michael Kasparis (lire). Essentiellement écrit et composé à Melbourne dans sa maison, le disque, à écouter ci-après en intégralité, se déguste avec le même émerveillement que si l'on avait découvert un Frank Tovey délaissant son Fad Gadget non pour de la country fadasse mais pour cette sorte de musique dansante pour adultes mélancoliques. Chef d'oeuvre.

Audio (FULL STREAM PREMIERE)

Vidéo

Tournée

June 3rd - Dublin, Tenterhooks (IRE) +
June 4th - Aberdeen, The Tunnels (UK) +
June 7th - London, Bethnal Green Working Men's Club (UK)
June 8th - Glasgow, Stereo (UK) +
June 9th - Manchester, Gullivers (UK) +
June 11th - DIYSpace For London, (UK) ^
June 12th - Hope and Ruin, Brighton (UK) ^
June 13th - Undertone, Cardiff (UK) ^
June 17th - Aarhus, Denmark (DK) *
June 21st - De Gym, Groningen (NL) *
June 23rd - Espace B, Paris (FR) *
June 25th - West Germany, Berlin (DE) *

* with Carla Dal Forno (Blackest Ever Black)
+ with Apostille (Night School)
^ with CC Dust (Perennial, Night School)

Tracklisting

Liberation - S/T (Night-School Records, 11 juin 2016)

01. You Do The Rest
02. Looking For A Lover
03. Move Me
04. Forget
05. Distant Song
06. Demonstrate
07. Whatever You Want
08. Cold And Blue
09. Leaves Falling
10. Flight Number

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On y était : Solids à l'Espace B

Solids venait parcourir l’Europe sur l’intégralité du mois de septembre, dont un arrêt à Paris, à l’Espace B, histoire de défendre leur premier album, Blame Confusion: dix morceaux affichant sans pression ce qui est probablement le plus haut capital sympathie entendu depuis un certain temps. Ils sont deux, batterie et guitare, font pleine face au public, et déroulent avec aisance une piste toute lisse de riffs férocement étourdissants. C’est à la fois brut et saisissant, je veux dire que cela bouscule et rassure à la fois : le jeu ample et souple du batteur, détachant athlétiquement chaque membre de son auguste buste pour gravement violenter ses cymbales, les mélodies évasives du guitariste, le genre de suite de notes qui formalise et conditionne une véritable présence, celle d’un ami proche, ce type de tonalité qui fonctionne comme une pommade ou un parachute, des bras dans lesquels se reposer. C’est très plaisant. C’est-à-dire que ces airs, ces frissons, ces sensations, cela me fait penser à cet état proche de l’ivresse, là où l’on se laisse tendrement écouler dans un torrent d’échos, le sourire signant un visage, rentrer dans cette espèce de brume où la distorsion prend l’ensemble de l’espace, où seule surnage une paire d’accords auxquels on se raccroche, dans lesquels on se laisse langoureusement traîner. Cela possède quelque chose de profondément grisant. Ça me plaît. D’autant plus que les canadiens ne lésinent pas sur les moyens, vraiment. Deux forts amplis se tiennent droit devant nous, crachent une épaisse masse de décibels, bastonnent bien plus lourd que sur disque, et le batteur trace ces espèces d’autoroutes infinies qui plongent littéralement dans un tourbillon d’étourderie, on en sort comme profondément groggy, c’est putain de délicieux. Concert parfaitement réjouissant des canadiens, que l’on retrouvera deux jours plus tard au Levitation.

Vidéo


On y était : Dead Rider @ Espace B

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On y était : Dead Rider, le 16 juin à l'Espace B - par Samuel Falafel.

Dead Rider venait assurer vertes pantalonnades et style de patron début juin, à Paris, en massive présence d’une trentaine de personnes qui n’avaient point d’autre choix que de se laisser glisser dans la moite et trouble atmosphère d’un groupe qui, de manière on ne peut plus claire, s’en bat sagement les couilles. Retournons donc patiemment sur cette soirée, sobrement accueillie par l’Espace B.

J’aime ce style. J’aime leur attitude de maraudeurs. J’aime cette interlope collection de délectables anormalités. Ces personnages possèdent l’élégance et l’aplomb de ceux qui se lancent sans gêne aucune dans la plus crapuleuse et lascive des décontractions. Todd Rittmann arbore sur son vierge crâne un bob qui donne cet air louche au bonhomme, cet air de vieille ganache complètement tarée : cela le rend parfaitement charmant, aguicheur, mesurant chacun de ces amples et imprévisibles mouvements. J’adore ça. Putain, vraiment, c’est très excitant. Cette ambiance étrange aux humides contours s’appose doucement sur la foule, perle lentement comme une goutte de sueur sur le front d’un athlète massivement bodybuildé, c’est extrêmement délicieux, d’autant plus que ses associés ne sont pas en reste, proposent une allure de nababs : je n’arrive décidément pas à choisir entre le batteur – son diaphane béret comme ses gestes nerveux traduisant une haute démence – et le mec au synthé, au visage sobrement habité par l’envie d’émasculer tout un chacun, au regard absent, froid et pervers, souvent perdu dans un sombre coin de mur.

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All photos © Céline Non

Ce groupe possède un style définitif, de celui qui sublime et fait même écho à la musique ici déployée. Car, musicalement, on se situe sans peine dans la noblesse d’esprit d’un groupe comme U.S. Maple – soit l’ancienne bande légendaire de Rittmann – sauf qu’ici, précisément, s’ajoute à l’atmosphère élastique, mollasse et sexuelle une délétère ambiance d’une ringardise absolu, parcourue d’improbables passades de riffs, de psychotiques revirements de situations et de basses et félones sonorités. Dead Rider déroute complètement, c’est cela qui fait que ce groupe défonce, que l’on assiste enfin à quelque chose qui semble parfaitement personnel et renvoie sauvage au seuil de la porte d’un monde nouveau - certes peuplé d’infâmes solos et d’absurdes gimmicks funk - mais dont il est bon de laisser passer la fraîche élégance sur nos frêles corps défraichis, tel le vent révélateur de la pleine Vérité. Putain de concert, honnêtement, jetez-vous sur les disques si vous le pouvez.


On y était : White Fang & Dame Blanche à l'Espace B

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White Fang ou l’histoire de Portlandgnar, par Sonia Terhzaz

Erik Gage, Kyle Handley, Jimmy Leslie et Chris Uehlein se connaissent depuis le lycée, sont originaires de la ville de Portland, en Oregon, aux États-Unis, et jouent depuis 2005 du lo-fi punk sous le nom de White Fang.

Dans la plus stricte éthique DIY, Eric Gage, le chanteur, a créé, en 2008, à l’âge de 18 ans, le label Gnar Tapes & Shit, éditant des cassettes après avoir auparavant beaucoup traîné avec les gars de Marriage Records - un autre label indépendant de Portland créé en 2001. En bon aficionado, Erik Gage s’est d’ailleurs fait tatouer le logo de Marriage Records sur sa poitrine grassouillette à l’instar d'un Kurt Cobain tatouant sur son bras décharné celui de K Records, le label de Calvin Johnson qui, d’ailleurs, en bon élitiste, n’avait guère apprécié.

Au commencement de cette soirée à l’Espace B organisée par Gone With The Weed était…. Dame Blanche. Scène parisienne que j’ignorais. En cliquant sur le bandcamp du groupe, on tombe sur la jolie Shannon Doherty de l’époque Mall Rats et sur une couverture d’album à la belle expressivité. Et puis la musique a commencé et l’effet escompté n'a pas eu lieu. Un shoegazing appliqué, à bien regarder ses pieds, en quête d’intériorité mais l'énergie n'est pas passée. Y'en avait qui kiffaient, ouais ouais, mais quand, en plein concert, on pense davantage à fumer, boire ou pisser, on sait qu'on passe à côté. Dommage, d’autant que l’album Taking Happiness est chouette à écouter.

Après donc avoir trépigné d’impatience, les White Fu...ing Fang, débraillés comme on s’y attendait, commencent à jouer. Et là, dès que ça chante, on a vraiment envie de balancer les jambes et d'agiter les bras. Comme dans Mortal Kombat. Le chanteur ouvre la voie puisqu’il lève ses membres de la même façon sans égaler le jeu de jambes de Robert Pollard, le chanteur de Guided by Voices dans I’m A Scientist - à la 21ème seconde. Fallait mettre les baskets de compèt' parce qu’on avait envie de sauter, de se jeter, de tout envoyer valdinguer. Pourtant, étrangement, et peut-être heureusement, le public de l’Espace Berbère se tenait bien. D’ailleurs, doit-on s’en étonner ? Y-a-t-il a des comportements types, caractéristiques, propres à des types de publics, dans des lieux spécifiques ?

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L'ambiance musicale proférée, volontairement régressive, donnait tout de même l'envie de faire l’abruti. Les Fang auraient dû engager des chauffeurs de scène canadiens : le mec de Fubar David Lawrence et Tom Green par exemple qui auraient pu faire un remake de Grateful to Shred de White Fang ou plutôt Great Balls of Fire pour reprendre le titre de Jack Hammer et Otis Blackwell. D’ailleurs, en écoutant le morceau de White Fang, je croyais comprendre Great Balls of Fire ! Na na na ! Great Balls of Fire!  Na na na! On s’en rappelle d’ailleurs de ce morceau des White Fang Shui, il reste en tête, même après le concert : il possède l’efficacité d’une bonne musique de jeu télé. Une de leurs spécificités.

Mais pourquoi, grands dieux, avoir pensé aux Balls ! En même temps… guère étonnant compte-tenu des titres et les thèmes des chansons. Shit on My ShoeFeeling Shitty, Wrecked,  Pissing in the Driveway pour ne retenir que celles qui ont été interprétées avant-hier à l’Espace B. Wrecked, de l’album High Expectation, a ce son garage bien cracra qui donne envie de l'être dans ces moments là. Oh please, can i be totally wrecked just this on time?

L’histoire de l’indie-rock à Portlandia a-t-elle toujours été aussi joyeusement désinvolte ? Peut-être bien… Si on se souvient, en 1963, de la reprise de Louie Louie (de Richard Berry, à ne pas confondre… mais oui mais oui) par deux groupes portlandiens, The Kingsmen en 1963, définie comme l'urtext qui a défini le punk rock (Roger Sabin, Punk Rock, So What? The Cultural Legacy of Punk en 1999) ou Paul Revere & The Raiders, un des pionniers du rock garage. C’était déjà plutôt amusant, et donc nonchalant.  Maintenant c’est toujours plus goofier. Est-ce à cause des hipsters ?

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Sur scène, l'occupation de l’espace par les Fang est pour le moins intéressante, avec leur bonhommie, leurs gros bidons rebondissant, leurs gros tétons et le panicule adipeux bien voyant. Ce n’est plus du slacker mais du gnar et du cochon. Mais telle est leur revendication. Dans la pochette de High Expectation, sorti en 2012,  ils se targuent d’être le groupe le plus stupide de la planète. Sous leurs airs et revendications débiles, ils se consacrent pleinement, avec un vrai engagement, à la découverte musicale, à l’échange et à l’édition (limitée) à travers le Label Gnar Tapes & Shit  - le terme gnar signifiant à la fois cool, mais aussi extrêmement repoussant - permettant à la moultitude de petits groupes locaux et de tout horizon de diffuser et d’échanger leur musique sous format cassette. Ils ont la culture cassette dans la peau, le check tape, l’esprit punk DIY érigé au plus haut, et perpétuent cet art postal hérité des années 70. Ils animent également l’émission Gnar FM, l’unique station à ne diffuser que ces icônes de la scène Gnar. Un peu comme l'émission des Français de The Brain Radioshow, créée en 1999 et consacrée à la Freaky Deviant Electro musique. Donc une vraie désinvolture au service d’une contre-culture mais un engagement, également, de tous les instants au nom de la découverte et de l’exploration musicale. Voilà pour la petite histoire de Gnarnia. Dear White Fang, I really like your gnarlternative scene.

Un moment déterminant au cours de leur set… La pirouette acrobatique d’un des membres du groupe, évoquant, inévitablement, la fameuse position en 69 aérien, sur la très émouvante musique d'Aerosmith, des deux patineurs artistiques dans le film Blades of Glory (Les Rois du Patin) interprétés par Will Ferrell et John Heder. Là c’est Eric Gage, le chanteur, qui a soudainement soulevé Chris Uehlein, ce dernier continuant malgré tout à jouer de la gratte la tête en bas, les balls écrasant le faciès de Gage, les jambes en l’air bien écartées. De la Herr guitar ! Mais d’ailleurs, où sont passés les guitar heroes maniant si bien l’art de la flamboyance frôlant l’absurde et l’absence totale de retenue ? Des héros épiques à la Steve Harris, guitariste d’Iron Maiden (avis à tous ceux qui mettent des t-shirt d’Iron Maiden comme la claviériste de Dame Blanche) jouait en simulant un tir à la carabine, ou encore Richard Kruspe, du groupe Rammstein, raffolant d’effets pyrotechniques, qui crachait de belles grosses flammes avec sa guitare !  Émouvant !

Pour la petite histoire, White Fang est aussi le héros d’une nouvelle de Jack London, l’histoire d’un animal, mi-loup mi-chien, qui doit affronter de nombreuses épreuves et lutter pour sa survie dans un monde hostile. La vie est un mortal Kombat !

Vidéo

http://vimeo.com/46067037


On y était - Chevalier Avant Garde et Micro Cheval à l'Espace B

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Chevalier Avant Garde, Micro Cheval, Espace B, Paris, le 9 novembre 2013

L’objectif d’Hartzine était à l'Espace B à Paris le 9 novembre dernier à l'occasion du concert de Chevalier Avant Garde (Fixture Records) et Micro Cheval (SVN SNS RCRDS).

Vidéos


On y était - Jef Barbara à l'Espace B (vidéos)

Le 19 décembre dernier l'Espace B et Hartzine Events accueillaient Jef Barbara et Femminielli. Une incroyable et improbable soirée, finie aux lueurs de l'aube, dont les caméras de Tricatel offrent une double réminiscence avec deux morceaux de leur protégé : Sébastien et Larmes de Crocodile, à visionner ci-après. Venu étoffer son émission évènement l'Année Bisexuelle sur Paris Première, le label de Bertrand Burgalat sortira début 2013 une suite à l'excellent LP du Montréalais, Contamination (lire).

Prochains concerts Hartzine, dès demain et jeudi soir avec The Box, Prince Innocence, Blackmail, Milan et UV Pop. PLus d'infos, ici.

Vidéos

Avec : Jef Barbara, Asaël Robitaille (guitare) et Jackson Macintosh (basse).
Vidéo réalisée par Myrtille Moniot.


PHOTOSHOOT : Cult of Youth à l' Espace B

L’objectif d’Hartzine était à l'Espace B le 26 septembre dernier pour la performance des New-Yorkais de Cult of Youth.

Photos


On y était - Ike Yard, Cult Of Youth et Object à l'Espace B

Ike Yard, Cult Of Youth et Object, le 26 septembre 2012 à l'Espace B

Par un mercredi soir pluvieux de septembre guère attractif, une troupe de fidèles curieux s'est quand même réunie à l'Espace B pour soutenir deux groupes qui génèrent chacun leur petit culte, et dont le facteur commun réside dans leur éthique cold/post-punk malgré des sensibilités somme toute très éloignées.

Formation franco-italienne entre autres issue du combo rock-indus français Ulan Bator, Object offre une copieuse première partie avant l'arrivée des deux "têtes d'affiche". Malgré un nom en référence à The Cure, le quatuor enchaîne des compositions post-rock quasi-instrumentales, plutôt inspirées et pas excessivement épiques, avec une énergie et une poigne qui évoquent un Killing Joke - la double section rythmique, ornement souvent inutile, rajoute ici une profondeur intéressante à l'affaire.

Mais c'est plutôt pour Ike Yard que le petit cercle cold parisien s'est déplacé ce soir. Auteur d'un mini-classique paru sur Factory en 82, le trio est revenu avec une brillante compilation d'inédits, un nouvel album décent mais un peu anachronique et une série de maxis offrant des remixes par la scène techno-arty contemporaine (Regis, etc). Leur son à l'époque était une sorte de mixture pré-électro avec un je-ne-sais-quoi de coolitude no-wave new-yorkaise, reposant sur quelques trépignements de boîte à rythme, deux ou trois cliquetis épars et un bourdonnement de fond. Ne faisant presque pas allusion à leur répertoire d'antan, leur live tente un lifting en demi-teinte de leur hybride si unique, qui équivaut à une sorte d'IDM hypnotique aux tonalités indus et aux articulations un peu limitées, instaurant néanmoins une ambiance racée par moments. La performance en demeure plaisante, et teintée d'une certaine auto-dérision, notamment lorsqu'un des trois geeks cinquantenaires du groupe se marre après des applaudissements véhéments : "Well you know, it's only pre-programmed shit…"Cult Of Youth détonne après ce que l'on vient d'entendre. Le groupe de Brooklyn se voue corps et âmes à un post-punk acoustique aux accents presque celtiques, qui ne manque pas de rappeler Death In June, le côté néo-faf en moins - leur public est beaucoup plus roots que celui du groupe de Douglas Pearce. L'exécution est tellement intense qu'on se laisse vite prendre (particulièrement sur les derniers morceaux), même si certains s'amuseront à lancer des comparaisons moqueuses avec les Pogues...


The KVB - Closing In (vidéo)

The KVB, on ne présente plus mais on en parle encore. Pourquoi ? Parce que notre homme égraine sa troisième vidéo de l'album Subjection/Subordination, à se procurer par ici sur Clan Destine Records (lire). Les deux premières étant à visionner par . Mais aussi et surtout parce que Klaus Von Barel investira l'Espace B pour une soirée sous notre égide, le 14 janvier 2012, avec 19 New Projects en première partie. Une date à marquer d'une croix blanche, tant il est difficile de se méprendre quant au magnétisme enivrant de telles déflagrations post-punk.


On y était - Rien & Centenaire

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Rien + Centenaire, Paris, Espace B, 5 juillet 2010

Il s'agit d'une première. Bien qu'à proximité d'une gare pas comme les autres, où l'ensemble de la rédaction d'Hartzine vous a récemment convié le temps d'une soirée Hartzbreaker de haute volée, je n'ai jusque là jamais franchi les quelques ruelles séparant le Métro Corentin Cariou dudit Espace B. Cette salle, aujourd'hui gérée par le label indépendant La Compagnie Générale du Rock, se veut un lieu à la programmation aussi pointue que variée, nichée qu'elle est au fond d'un bar-restaurant tout ce qu'il y a de plus classique. Possible donc de passer devant sans s'arrêter, puis de revenir sur ses pas sans feindre la bonne surprise. Quoi de mieux qu'un vrai comptoir de bar pour assister à de vrais concerts ? Ce n'est pas mon gosier qui vous dira le contraire, d'autant que l'affiche promettait son lot de monts et merveilles : un fleuron du label Clapping Music, Centenaire, et un joyau de l'écurie l'Amicale Underground, Rien. On est entre de bonnes mains.

La rue fourmille et trépigne en attendant l'ouverture des portes. L'ambiance est détendue, une légère brise caresse mes joues tandis que la jactance ne fait nulle part défaut. La salle est au trois quart pleine lorsque le synthé au son granuleux de Centenaire sonne le tocsin. Le groupe est en roue libre, terminant une série de concerts - en trio - qui avait peu ou prou commencé lors du festival Clapping Music en févier dernier (lire le report). Visiblement flattés de jouer devant un public bien plus nombreux que la veille - coincés qu'ils étaient entre un groupe de ska et un groupe de reggae - les trois Centenaire donnent tout ce qu'ils ont dans le buffet et ce malgré une chaleur des plus incommodantes, ayant peu à peu raison de la moitié de l'assistance. Et si Damien Mingus, Aurélien Potier et Stéphane Laporte s'écartent par leur spontanéité revêche des ambiances feutrées d'alors, leurs ritournelles au bon goût noise ne sont pas sans rappeler quelques cousins de label, Clara Clara en tête. Moins étirés qu'auparavant, leurs antiennes se font brutes de décoffrage, la voix de Damien fuyant de temps à autres sa justesse, mais nous laissent malgré tout un peu sur notre faim : d'intense, leur set n'en est pas moins bref. D'autant que pour eux l'heure est à la pause scénique et à la composition acharnée. On a hâte de voir le résultat, pourvu qu'il soit dans la même veine.

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Faut-il aimer pour souffrir ? Certains signes ne trompent pas : lorsque le quatuor grenoblois Rien débute son set, une foule, plongée dans l'obscurité, s'entasse dans une atmosphère d'étuve infernale. En guise d'introduction, une voix vocodée et saccadée, délayant un humour bravache du plus bel effet (Valery Giscard d'Estaing est une salope, allez-y les garçons), souligne l'absence totale de micros sur scène : si Rien peut être présenté comme l'ultime avatar d'un post-rock à cours de formules gagnantes depuis God Speed You! Black Emperor, leurs instrumentations vagabondes, aussi tranchantes que mélodiques, vont nécessairement plus loin qu'une simple quête de cimes pour amateurs gogos de sensations fortes. Jouant en quasi intégralité leur dernier effort, l'Ep #3 (lire la chronique), tout en piochant ici et là dans les plus anciens Requiem pour des Baroqueux (2003) et Il ne peut y avoir de Prédiction sans Avenir (2007), les quatre Rien bâtissent un édifice sonore caréné de rythmiques à la puissance de feu époustouflantes, où les guitares se jouent d'une apesanteur que l'on jure factice l'espace de quelques riffs tourneboulants. Une sourde brutalité se déploie dans un écrin de velours : là où les notes se font cristallines, le revers de manche ne se fait que plus bestial, insurmontable. Devant moi, les têtes vrillent, les corps se dénudent, la sueur se répand en flaque. L'esprit navigue mais le corps parle, et la raison retrouve grâce : même les pores de mes bras suintent d'une transpiration abondante quand j'exhale un souffle chaud continu asséchant aussi vite ma gorge que je ne vide mon verre. Faut-il souffrir pour continuer à aimer ? Ma réponse est négative et je retrouve l'air tiède de l'été peu avant la fin d'un concert légèrement galvaudé par une telle inconvenance thermique. Néanmoins, je n'apprécie Rien qu'à sa trop juste valeur : un néant obnubilant, trou noir extatique d'un quotidien cousu de petits tracas.


On y était - Lotus Plaza

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Lotus Plaza – Nudge – Blackthread, Paris, Espace B le 13 novembre 2009

Déluge de pop atmosphérique et inoffensive dans le 19ème un vendredi soir; le mot est passé et on croise plusieurs têtes aperçues quelques semaines plus tôt pour le vrai-faux concert de John Maus dans cette fausse-vraie salle qu'est le Panic Room. Affluence moyenne et climat détendu à l'intérieur de l'espace b. La moitié de la chambrée est affalée sur des tapis à même le sol et scrute les yeux dans les vides la prestation de Blackthread. Le flyer en dira d'ailleurs beaucoup plus que moi sur la prestation du lyonnais. Le temps d'observer le changement de plateau et l'apparition de multiples pédales d'effets et boite à rythmes et Lotus Plaza aka Lockett Pundt balance sa première boucle de guitare. Si son jeu de guitare est techniquement banal, le traitement des couches de sons est vraiment bon. Bon ok, ça remue un paquet de clichés post-rock mais l'effort replique montre est dosé : immédiate sans trop l'être, assourdissante sans trop l'être, la musique de Lotus Plaza surprend (nouveaux morceaux, parties improvisées, goût pour l'archi saturation...) autant qu'elle conforte (intentions pop palpables malgré tout) et ne déçoit que très rarement : la partie vocale (rythmes africains + boucles de voix) du show restant le seul moment faible de la piste unique interprétée ce soir la. Une sorte de Deerhunter ante-microcastle en somme. Nudge boucle la soirée... pardon la technologie numérique en termes de création musicale boucle la soirée et malgré tout l'intérêt que nous manifestons pour les derniers plug-in Fruity Loops, nous quittons la rue Barbanègre bien avant le dernier métro.

Nicolas

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