Andrew Douglas Rothbard l'interview

Andrew Douglas Rothbard est un musicien californien actif depuis 1995 au sein de différentes formations, dans des rôles variés. Il a joué de la basse et du synthé au sein de The VSS, groupe indie noise de San Francisco, puis splite et forme avec trois de ses membres Slaves qui deviendra début 2001 Pleasure Forever, formation indie un peu pompeuse signée sur Sub Pop et dont il était le frontman. Las des nombreuses tournées (en compagnie de The Damned ou Les Savvy Fav notamment) et d’un style dans lequel il ne se retrouve plus vraiment, il sort en 2006 chez les californiens de Smooch Record un premier album solo : Abandoned Meander.

Un premier effort, d’une grande densité oscillant entre psyché folk et électronique qui s’inscrit dans une série de cinq albums basés sur la loi des cinq. Plus précisément sur thèse, antithèse, synthèse, parenthèse et paralysie, comme défini dans la trilogie Illuminatus de Robert Anton Wilson et Robert Shea. Je n’ai pas lu ce livre, qui se dit humoristique sur la paranoïa américaine face aux conspirations, mais on peut aisément saisir l’esprit operation mindfuck que décrit Wilson à travers la musique d’Andrew.

Les deux albums suivant montrent une évolution musicale qui se détache de plus en plus d’une psyché folk et tend vers une abstraction électronique quasi baroque que l’on retrouve sur Exodusarabesque et Frequenseqer sorti en K7 chez Tapes from The Gates. Véritable maelstrom organique et complexe sa musique très inspirée par les psychotropes altère volontiers nos communications neuronales.

Après une première sortie digitale le 2 novembre 2015, le mindfucker Andrew Douglas Rothbard sort un fabuleux et tout aussi stupéfiant quatrième album Cantosynaxis (basé sur la parenthèse donc) via Tapes From The Gates courant janvier. Entretien et mixtape.

Andrew Douglas Rothbard l'interview

Andrew Douglas
Pourrais-tu nous en dire plus sur toi car j’ai le sentiment que ça devient de plus en plus difficile de te trouver sur le net ?
Could you tell us a little about yourself as I feel that it’s getting more and more difficult to find you on the Internet ?

J‘ai joué dans plusieurs groupes pendant des années et puis au bout d’un moment j’ai fini par jouer solo. J’ai passé tellement de temps à faire des concerts, que toutes ces heures je voulais les retrouver et les passer en studio. À partir d’un moment j’ai arrêté les live, j’ai écouté beaucoup d’albums psychés des années soixante, et j’ai fait un LP. Beaucoup de vieux albums que j’aime étaient plutôt brut avec des effets imperceptibles. Créant une vibe mais pas un univers. Pas suffisamment sophistiqués pour créer réellement un univers. J’ai essayé de reproduire certains de ces effets avec du matériel moderne. Grosse erreur. Puis j’ai enregistré mon premier album Abandoned Meander et quelques personnes l’ont trouvé plutôt cool. J’ai donc continué comme ça en faisant de longs breaks entre chaque sorties. Le temps que j’ai passé entre chaque album je l’ai consacré à des recherches psychédéliques. Et me voilà neuf ans plus tard toujours sur la même voie. Je n’ai pas d’agent et je suis le studio et le label. Je n’utilise pas les médias sociaux et j’arrive à peine à encoder mon site web. http://www.andrewdouglasrothbard.com/etc.html

C’est un projet musical qui utilise internet pour distribuer sa musique pas un projet internet qui crée du contenu pour le web. A part ça j’ai découvert que j’étais paumé et inconnu et que ça m’allait parfaitement.

I played in various bands for years, and ended up just going solo at some point. Most of my time spent performing was so that I could trade in those hours for studio time. At a certain point, I stopped playing live, listened to a lot of studio psych albums from the 1960's, and made an LP. A lot of the old albums I liked were pretty crude, with transparent effects. Creating a vibe, but not a world. Not sophisticated enough to actually create a whole world. I tried to replicate some of those sounds with modern equipment. Big mistake. I released my first album Abandoned Meander and a couple of people thought it was pretty cool. I just kept going from there with massive breaks in between. Most the time in between was spent doing other kinds of psychedelic research. Here I am 9 years later still on that same path. I don't have a publicist, and I am the studio and the label. I don't use social media, and can barely code my website. This is a music project that uses the Internet to distribute the music, not an Internet project that creates content for the web. Other than that, I have discovered that I am lost and unknown and that's very acid and absolutely appropriate.

Est-ce que tu vis toujours en Californie et comment se passe ta vie là-bas ?
Do you still live in California and How is life there ?

J’ai déménagé à San Francisco en 1995. J’ai de la chance d’avoir déménagé ici à l’époque et aujourd’hui je trouve assez idiot de ne pas expulser ce lieu de mon système. C’est au-delà du j’aime ou J’aime pas pour moi. Ça a été un périmètre créatif avec des années d’idées superposées que je retrouve à chaque coin de mon quartier. Historiquement, j’avais besoin d’être capable de recréer mentalement mes trips, mes défaites et mes quelques réussites au quotidien pour pouvoir continuer ce projet. La région de la baie n’est qu’une partie de la Californie et la Californie n’est qu’une partie de l’Amérique. je pourrais vivre n’importe où maintenant parce que j’ai vingt ans de musique de valeur faite en Californie à terminer. A ce stade chaque morceau est pour moi un coin de rue de plus.

I moved to San Francisco in 1995. I am lucky to moved here when I did, and rather foolish for not getting the place out of my system by now. It's beyond like or dislike for me. It's been a creative compass with years of ideas superimposed onto every corner of the immediate area. Historically, I needed to be able to mentally recreate drug trips, defeats, and a few actual successes on a daily bases to keep this project going. The bay area is only one version of California, and California is only one version of America. I could live anywhere at this point because I have 20 years worth of music made in California that needs to be finished. Every song is just another street corner to me at this point.

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Ta musique devient de plus en plus électronique et il y a de moins en moins de guitares et de voix, y a t-il une raison particulière ? Cantosynaxis est un peu comme si Richard D James rencontrait Kevin Shields et Bach.
Your music is getting more and more electronic and there is less guitars and vocals,is there a reason ? Cantosynaxis is (sorry) a bit like Richard D James meets Kevin Shields meets Bach.

Je ne suis pas aussi austère que RDJ ou MBV.

Je suis un peu du genre une parodie profonde. C’est ce qui m’a amené du prog à l’acid gaze et au kraut rock. Je suis plus à fond dans Steve Howe en fait. My bloody Relayer ou les trucs du genre. Je ne peux me poser en tant que policier du bon gout quand il s’agit de solo de guitars. Je me suis mis plus à la musique électronique parce que ça devenait un peu bizarre de faire de la musique traditionnelle en solo. La musique électronique est plus basée sur ta relation entre les machines et les logiciels ce qui est plus cohérent que de créer 24 pistes où je joue tout solo. Les machines ont une personalitées de base et semblent ajouter une deuxième âme au projet. Ça a résolu un problème existentiel à à peu près tous les niveaux. Je suis sûr que je n’aurais pas été conscient de ces problèmes si je n’avais pas joué dans des groupes pendant des années. Je pense que mes albums sont devenus plus de la programmation qu’être assis à droite à gauche avec ma guitare à chanter comme je le faisais. C’est un changement qui s’est fait sur du long terme parce qu’avant je travaillais mon chant tous les jours. Quand j’ai commencé à intégrer des machines dans mes compos j’ai senti que je disparaissais dans le mix, et j’ai adoré cette sensation. C’est plus intéressant pour moi d’insérer des données et connecter des modules que de jouer autour d’un feu de camp. En fait c’est une réflexion totale sur mon environnement.

I really am not as austere as RDJ or MBV. I am kind of deep pastiche. This is what brought me back to prog from acid gaze and kraut rock. I'm more into Steve Howe really. My Bloody Relayer or something. I just can't be a taste crime cop when it comes to things like guitar solos. I got deeper into electronic music because it was kind of strange doing more traditional arrangements as a solo person. Electronic music is more about your relationship to hardware or software, which made more sense then just creating 24 tracks of myself playing everything. Machines have base personalities, and seem to add a second mind to the project. This solved an existential dilemma for me on pretty much every level. I'm sure I would have been unaware of this dilemma if I hadn't played on bands for so many years. I think my albums have become more about programming than me sitting around with a guitar and singing like I used to. It was a change that happened over a long period of time, because in the beginning I would work on vocals everyday. When I introduced the machines into the process, I felt like I disappeared in the mix, and I really liked that feeling. Like it's more interesting for me to input data and connect modules than to sit around the campfire. It's a total reflection of my environment.

Concernant la théorie des cinq, Cantosynaxis représente la Parenthèse n’est-ce pas ? Est-ce que tu pourrais nous en dire plus sur cette théorie et comment l’interpréter dans ta musique ?
Concerning the law of five, Cantosynaxis is Parenthesis right ? Could you tell us more about this whole theory and how to interpret it in your music ?

Toute cette théorie a été créé par Robert Anton Wilson et Robert Shea dans les années soixante-dix. Ça vient de leur livre, une trilogie, qui s’appelle Illuminatus.

J’ai récemment relu ces livres et je ne conseillerai à personne de le faire. J’étais juste obsedé par un certain passage du troisième volume et je pensais que c’était suffisamment obscure pour baser une série d’album conceptuel dessus. A l’époque où j’ai sorti Abandoned Meander, la scène musicale en Californie était au sommet du néo-hippisme et c’était assez étrange de voir à quel point les gens prenaient ça au sérieux. Je pense que c’est pour ça que j’ai voulu aller au bout du truc. C’est pareil pour le mythe des années soixante. Biensûr que ce n’était pas magique sauf si tu te crois que ça l’était.

Je pense que l’aspect instrumental sans voix des deux précédents albums correspondent aux cycles tel que je les interprète. La Parenthèse est le cycle de la bureaucratie et je pense que le fait que la moitié des titres de Cantosynaxis soit de la même durée que la moitié de ceux de Frequenseqer révèle sous certains aspects le fait d’être figé sur place. Maintenant que je vais entrer dans le cycle de la Paralysie, je n’ai pas d’autres choix que d’emprunter le chemin qui ramème à la Thèse. Ce qui signifie qu’il va falloir remplir le cercueil avec un peu de tout pour ce long voyage qui mène à la réincarnation.

This whole theory was created by Robert Anton Wilson and Robert Shea in the 1970s. It came from the Illuminatus Trilogy books. I recently read those books again, and I would not suggest anyone read them. I was just obsessed with one certain appendix of the third volume, and thought it was obscure enough to base a series of concept albums on. The music scene around the time I released Abandoned Meander in California was at the peak of neo hippy, and it was kind of strange to see how many people took it seriously. I think that's why I am following through with it. The whole myth of the 60's is like that too. Of course it wasn't magic, unless you believe it was. I think the more instrumental non vocal aspects of the last two albums fit the stages as I interpret them. Parenthesis is the stage of bureaucracy, and I think the fact that Cantosynaxis is as long as Frequenseqer with half the tracks reflects a certain sense of being frozen in place. Now as I enter in the Paralysis stage, I have no choice but to consider it a gate way back to a Thesis. This means we need to pack the coffin with a little bit of everything on the long journey to reincarnation.

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Que penses-tu de la description de Tapes From The Gates à propos des artistes qui de part leurs oeuvres créent une nouvelle mythologie ? Te concernant je trouve que ça marche plutôt bien.
What do you feel about the description from Tapes Of The Gates about artists creating a new mythology ? cos I feel that it works pretty well for you.

Si tu traînes avec moi pendant une semaine, tu réaliseras qu’il vaut mieux se représenter les personnes de façon abstraite. J’aurais probablement dû mourir dans ma vingtaine pour rejoindre un quelconque cercle mythologique. Mon truc principal désormais c’est comment naviguer dans un monde qui quantifie tous les aspects d’une vie numérique en paramètres Internet et embrouille tout processus de vie réelle. Malheureusement pour la plupart des gens la perception de la réalité est forgée par des programmes qui quantifient leurs propres algorithmes. Avant cette ère, c’était plus facile d’être dans le mystique, plus facile de laisser une marque sur une petite tribu et laisser le mythe exploser hors de proportion. La plupart de mes héros ont été délimités par des sites web médiocres et niés par une génération actuelle qui s’est transformée en produit qu’ils se revendent. Ce procédé à fait de milliardaires de non-artistes, sauf si on considère un artiste une personne qui crée des apps.

If you hung out with me for a week, you would realize people are better in the abstract. I probably needed to die in my 20s to join that any sort of mythological circle. My whole thing now is how to navigate a world that quantizes every aspect of digital life through Internet metrics, and confuses that process with actual living. Unfortunately, most people's current perception of reality is being shaped by programs that quantity their own algorithms. It was easy to have mystique before this era. Easy to leave a small mark on a small tribe, and have the myth blow out of proportion. Most of my hero's have been delimited by tacky websites, and negated by a current generation that have turned themselves into a product they have sold back to their selves. This process has made billionaires out of non artists. Unless you consider someone who makes an app an artist.

Concernant les labels, tu es sorti sur plusieurs comme Peaking Mandala, Easterelics, Smooch, Tapes From The Gates, qu’est-ce qui te fais en changer et quelle est ta relation avec ces labels ?
About labels, you’ve been on different like Peaking Mandala , easterelics ( Is that your studio ?), Smooch, Tapes from The Gates, what makes you change and what’s your relationship to these labels ?

À la base j’ai essayé que Sub Pop sorte Abandoned Meander, puis ils m’ont dit de jeter tous mes albums de Freak Folk. Bon conseil. Peaking Mandala était un label que j’ai monté qui a,à ce jour, sorti qu’une seule sortie physique. Ça me semblait parfait juste un seul album alors je l’ai laissé comme ça. Quand j’ai commencé à sortir plus d’albums numériquement j’ai ressenti le besoin d’utiliser un nouveau nom. Easterelics est le nom de mon studio, j’ai donc fini par l’utiliser comme nom de label dernièrement. J’ai aussi sorti un unique morceau sous le nom d’Easterelics, histoire d’embrouiller encore plus les choses. Je ne suis pas sûr de savoir vraiment quoi penser d’un label numérique. Smooch c’était mon ami Andrew, il a plié tout son label et a disparu au Texas. Tapes From The Gates c’est mon ami Chris. Tapes From The Gates est le meilleur label avec lequel j’ai bossé pour l’instant en tant qu’artiste solo. Chris a parlé de les sortir en vinyles et j’espère qu’Il le fera. J’ai tellement de morceau en attente que je ne sais pas si un label pourrait en gérer la sortie. J’adorerais avoir une relation forte avec un vrai label mais en ce moment l’industrie a implosé.

Originally I tried to get Sub Pop to release Abandoned Meander, and they told me to throw away my freak folk albums. Good advice. Peaking Mandala was a label I started that produced one actual physical product. It seemed perfect with just one product so I let it go at that. When I started to release more music digitally, I felt like I needed a new name for the releases. Easterelics is the name of my studio, so I sort of ended up using that recently as a 'label' name. I also released a one-off studio sampler under the name Easterelics, confusing matters more. I'm not sure how to interpret the idea of a digital label really. Smooch was my friend Andrew, and he folded his entire label and disappeared to Texas. Tapes From the Gates is my friend Chris. Tapes From the Gates is the best label I have worked with so far as a solo musician. He has been talking about getting into vinyl, and I hope he does. I have so many tracks in the cue at this point, that I don't really know if any label could handle releasing all the material. I would love to have a strong relationship with a real record label, but the industry has kind of imploded at this point.

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Lors d’une interview à l’époque d’Abandoned Meander, tu as dit que tu n’écoutais aucune musique contemporaine, est-ce que c’est toujours le cas et si non qu’est-ce que tu écoutes et est-ce que ça t’influences ?
In an interview back during Abandoned Meander, you said that you don’t listen to contemporary music is that is still the case and if not what are you listening to and does it influence you ?

Comme je l’ai dit avant, je me suis plongé dans le musique des années soixante et soixante-dix quand je créais Abandoned Meander. Je voulais vraiment essayer de retranscrire au mieux ces sons vintages. Pendant des années le simple fait d’écouter de la musique et d’habiter à San Francisco a été pour moi une étrange voie. Il y a toujours jusqu’à ce jour une propagande du Summer Of Love dans le Haight-Ashbury. Je me suis finalement permis d’écouter certaines de mes musiques préférées des années 80-90 durant l’enregistrement d’Exodusarabesque ( son deuxième album). J’écoutais principalement beaucoup de classiques de Creation et Warp. Je crois que tout ça est devenu vintage maintenant donc je n’écoute toujours pas vraiment de musique contemporaine. C’est le genre de trucs qui me font perdre du temps de sommeil la nuit tu sais ! En ce moment je réécoute la première vague de musique psychédélique et progressive pour contre balancer toute la technologie que j’utilise. Je me suis rendu compte au bout d’un moment que beaucoup de la musique électronique que je faisais sonnait comme Brainticket https://www.youtube.com/watch?v=iNw6jDKLx5E en 1982 ou un truc du genre, donc faut que je fasse avec.

Like I mentioned before, I ended up immersing myself in music from the 1960's and 70's when creating Abandoned Meander. I really wanted to try and get those vintage sounds dialed in right. The combination of only listening to that music and living in San Francisco created a strange portal for me for many years. There is still a lot of Summer of Love propaganda in the Haight to this day. I finally allowed my self to start listening to some of my favorite music of the 1980s and 90's during the making of Exodusarabesque. Mainly I just was listening to a lot of Creation and Warp classics. I guess that stuff is sort of vintage now, so I can safely still not be contemporary. This is the kind of thing I lose sleep about at night you know! Right now I am back to listening to that first wave of psychedelic and progressive because it counterbalances a lot of the technology I am using. I realized after a while that a lot of the electronic music I make sounds like Brainticket in 1982 or something, so I just have to live with that.

Tu as dit aussi dans une autre interview (pour progarchives) que ta musique était “unprogressive”, vraiment ?
You also said in another interview (for progarchive) that you music is « unprogressive », really ?

C’était une pique à Progarchives pour avoir filé à Exodusarabesque une chronique de merde et me demander ensuite une interview. Je pense qu’ils ont plusieurs chroniqueurs, ce qui est un peu une mauvaise idée. Un gars m’aimait bien,et un autre a détesté l’album et ensemble ils m’ont emmené dans leur abîme. En fait j’utilisais pas mal ce site pour apprendre des trucs sur des groups obscures, et je me suis rendu compte que ces prog rockers c’était une scène plutôt rude. Ils ont vraiment des critères très pointus pour accepter ce qui est progressif ou non. Ils sont probablement juste amère de créer de la musique qui est à peu près détesté par tout le monde. Je me définirais comme proto-prog. Je vais toujours chercher de la musique psyché de San Francisco entre 65 et 70 comme une sorte de baromètre qui me permettrait l’entrée à quelque chose comme Canterbury ou vers le prog symphonique italien. Grateful Dead sont totalement proto-prog.

This was a dig on Prog Archives for giving Exodusarabesque a shit review, and then asking me for an interview. I think they have several different moderators, which is kind of a bad idea. One guy liked me, and another hated the album and together they were pulling me into their abyss. I actually use that site a lot to learn about completely obscure bands, and I realized that it's a tough scene with those prog rockers. They really have a tough criteria for what they will accept as progressive. Probably just bitter about creating music that is pretty much hated by the entire world! I would call myself proto prog. I always gut check San Francisco psychedelic 1965-70 as some sort of barometer for what I am doing as an entry point into something like Canterbury or Italian Symphonic Prog. Grateful Dead are total proto prog.

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À l’écoute de ta musique on sent direct que tu es un grand musicien et producteur, comment est-ce que tu écris et est-ce que tu as un instrument avec lequel tu débutes l’écritures ?
Something great about your music is that we can really tell that you’re a great musician and a producer, what’s your writing process and do you have an instrument you start writing with ?

Mon procédé semble être faire des allers retours entre ce que je veux vraiment faire ou pas faire. Et à la dernière minute possible, je me crée une date limite et je fonce jusqu’à la ligne d’arrivée. Je ne me sens jamais confiant de ce que je fais et j’ai toujours envie d’arrêter tous les jours. Un des trucs qui m’a vraiment aidé ces dernières années c’est d’utiliser des synthétiseurs modulables et des séquenceurs pour produire un dialogue créatif entre moi et une sorte de vecteur musical alterné.Ça aide d’arrêter complètement le procédé de penser, ce qui m’est nécessaire pour trouver la musique. Ça m’indique que je ne parviens pas à produire ça que de moi même mais plutôt que ça provient d’un autre lieu. Je ne peux pas arrêter le processus et il n’y a pas d’échappatoire.Ça ne provient pas de cette personne qui déambule et flotte sur cette terre tous les jours. Ça provient d’un subconcient navigateur qui a traversé de grands tronçons pour trouver des lieux silencieux dans lesquels cette information peut être exorcisé. Ça implique l’abandon total de son égo pour se rendre en ces lieux. Seul un idiot s’attribuerait le mérite pour quelque chose comme ça après avoir voyagé dans cette avion.

My process seems to be going through a lot of back and forth as to whether or not I really want to do this. Then at the last possible minute, I create an impossible deadline and race to the finish line. I never feel great about what I am doing and want to quit every day. One of the things that has totally helped me in the last several years is using modular synthesizers and sequencers to generate a creative dialog between me and some kind of alternate musical vector. It helps to stop the thought process completely, which is necessary for me to find the music. This sort of indicates that I am not actually coming up with this on my own, but rather it's being channeled from some other place. I can't stop the process, and it's impossible to walk away. It's not really coming from the living waking person that is floating around this earth every day. It is coming from a subconcious navigator who gone to great lengths to find silent places where this information can be exorcised. That involves total surrender of one's ego self to get to that place. Only a fool would take credit for something like that after traveling to that plane.

Le prochain album est supposé être le dernier de la pentalogie, est-ce que tu travailles dessus en ce moment, as-tu une idée de comment il sonnera et est-ce que ce sera la fin d’Andrew Douglas Rothbard en tant que projet solo ?
The Next album is supposed to be the last in the theory of five, are you working on it right now, do you know how it will sound like and will it be the end of Andrew Douglas Rothbard as a solo project ?

J’ai eu de nombreuses envie d’arrêter et de faire de la musique de façon anonyme ce qui est probablement pas nécessaire. J’ai des fans qui viennent de nulle part tout le temps et me motive exactement au moment où je suis convaincu d’abandonner. En plus de la musique, j’ai tourné des films de 8 et 16 mm pendant des années et je suis sur le point de finir ce que j’appelle “Sound Film Series". Ce sont des images celluloids transformées en morceaux qui ne figurent pas sur un album, mais avec des éléments plus cinématiques bien au-delà d’un clip video. Travailler sur des films m’a causé une dépression profonde il y a des années en fait. J’ai perdu ma capacité à trouver le silence et ma tête était rempli d’images, ce qui courcircuitait mes trips. J’imagine qu’aucun homme ne peut avoir deux maîtres.

I have been having a lot of thoughts of quitting and releasing music anonymously, which is probably unnecessary. I have fans that come out of nowhere all the time and push me along at the exact moment I have made up my mind to stop. In addition to music, I have been shooting 8 and 16mm film for years, and am close to finishing what I call the 'Sound Film Series'. Just celluloid images cut to tracks that never made it onto albums, but with more cinematic elements that go beyond just being music videos. Working with film actually caused me to have a complete nervous breakdown a few years ago. I lost my ability to find silence, and my head was filled with pictures and it just short circuited my trip. No man can have two masters I suppose.

Quel est ton role au côté de Michandi Shalimar http://michandishalimar.com/ et est-ce que tu as plus de collaborations en projet ?
What is your role in Michandi Shalimar ? and do you have more collabs coming ?

Michandi est ma principale collaboration avec ma femme. Ça a commencé sous le nom de Godseye, nom sous lequel nous avons joué pendant un certain temps. Nous créons lentement un nouvel album dans une maison hanté dans l’est d’Oakland. On fait un peu notre phase Freddy Les Griffes De La Nuit avec ce nouvel album, ce sera assez dépouillé et très home studio. À part ça la plupart de mes collaborations ont échouées misérablement. C’est assez dur de bosser avec moi.

Michandi is my main collaboration with my wife. It started out being called Godseye and we were performing under that name for a while. We are slowly creating a new album in a haunted house in East Oakland. We're having a kind of Exile on Main Street moment with the new album, and it's going to be kind of stripped down and very home studio. Other than that, a lot of my planned collabs have failed pretty miserably. I am hard to work with.

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Je suis assez impressionné par tes instruments et principalement ton matos analogique. ( liste de son matos : Coronado XII, Villager XII, EJ-200, Epi Dot, Strat, Supro Arlington Res-O, Wulri Console Piano, SH-101, MC-4, MC-202, TB-303, TR-606, TR-707, JSQ-60, Juno 60, STO, Dixie II, Maths, Optomix, Polivoks VCG/VCF/VCA, Ripples, Disting, Dark Energy CEM3340, EHX Black Finger, 414 MkII, AKG C414, SM-57, Twin Reverb, Sunn 200s, GA73 Pre, 2340-A, 80-8, Echoplex, OC71, OC72, OC75, OC81D, SFT337, Vox, Boards, Words and Ektachrome100-D ) Est-ce que tu utilises un ordinateur ? Qu’est-ce que ça représente pour toi l’analogique a une époque où tous ces logiciels et ces applications démocratisent l’accès à la musique mais aussi le désacralise ?
I’m also really impressed about your gear and specially your analog gear,no computers during the process right ? what analog means to you when all these apps and softwares exist and democratize the access to sound writing but also desecrate it.

J’ai commencé en utilisant un Roland Juno 6 branché dans un ampli de basse à un niveau de décibel assez élevé. J’essayais de recréer le son des conditions de live en studio en faisant des prises micro de basse et en passant le signal dans une ou deux bandes. C’est l’époque bénite où t’étais en mesure de trouver du matos de chez Roland bon marché et où je pouvais remplacer facilement mon Juno pour les tournées. Je pense que j’en ai changé trois fois. Ces dernières années j’utilise un vieux Roland MC pour synchroniser ou contrôler mon Juno avec la 303 ou le SH 101 plus la TR directement dans 1/2 bandes sur 8 pistes. J’ai plus de contrôle sur le son avec comme ça. J’ai commencé à synchroniser de nouveaux eurorack de modules analogique dans le mix pour arriver à des titres comme Mystic Overreach ou Prognoz Relikt. En ce moment j’utilise un Roland MC 4 pour contrôler 4 modules pour lancer avec la CV1, et les fonctions VCA et VCF sont modifiées avec la CV2. Puis je peux synchroniser en din la 303 ou la 202 pour avoir plus de contrôle sur les modules. J’ai une 303 quicksilver qui n’est pas aussi cool que le mod DevilFish mais j’adore le nouveau CPU. J’adore utiliser la 303 comme micro compositeur j’utilise le cv et le gate en sortie pour de nouveaux modules comme Math ou Clouds. C’est comme vivre un rêve de cette façon. Mon objectif maintenant c’est de céer de la polyphonie en utilisant des données lancées pour plusieurs oscillateurs en meme temps et séquencer des accords. Je suis sûr qu’il y a un moyen plus facile d’y parvenir mais en y arrivant de la mauvaise manière ça créera probablement un nouveau son. Quand je n’avais pas une thune, j’appréciais vraiment mes logiciels crackés d’Ableton et Reason mais les synthés sont vraiment creux. J’adore aussi utiliser des échantillons donc parfois l’ordinateur est plus facile à utiliser. Je suis en fait super enthousiaste à l’idée de me choper des eurorack digitaux avec des capacities de façonner plus complexe. J’ai vraiment l’impression que c’est la prochaine ère pour les modulaires . J’étais un hardcore de l’analo jusqu’à ce que j’utilise des instruments modifiables puis j’ai realisé qu’il y avait de la place pour les deux. Enfin l’analo c’est plutôt mortel. Matrix/Runout sur Cantosynaxis c’est juste des synthés Roland synchronisés en Din et des TR enregistrées en une prise sur 1/4 de bande sans overdub. C’est probablement mon morceau préféré sur l’album. Ceci dit j’utilise aussi des ordinateurs sur tous mes albums. Je préfère utiliser du Hardware, des micros et des amplis mais je ne suis pas un puriste pour autant.

I started out using a Roland Juno 6 in a live environment through a bass amp at fairly high decibel levels. I would attempt to recreate the exact sound from stage in the studio trying to mic up the bass cabinet and running the signal to 1" or 2" tape. It was the golden era of being able to find cheap Roland gear, and I was able to easily replace my Juno for tours. I think I went through about 3 of them. For the last several years I started using old Roland MC's to sync or control my Juno with the 303 or SH 101, plus TR's straight to 1/2" tape using about 8 channels. I have a lot more control over the sound using this method. I started syncing newer euro rack analogue modules in this mix, and came up with tracks like Mystic Overreach or Prognoz Relikt. Right now I use a Roland MC 4 to control 4 modules for pitch with CV1, and VCA or VCF functions are modified with the CV2. Then I can Din Sync the 303, or a 202 for more control over more modules. I had my 303 quicksilvered, which is not as cool as the devil fish mod, but I love the new CPU. I love using the 303 as sort of a micro composer, using the cv and gate out to newer modules like Maths or Clouds. That's kind of living the dream right there. My goal now is to create polyphony using just pitch data for several oscillators at once, and start sequencing chords. I am sure there is an easier way to accomplish this, but it will probably create a whole new sound for me in the process by doing it the wrong way. When I had no money, I really appreciated my Reason and Abelton software cracks, but the synth sounds are kind of thin. I also love to use samples, so sometimes the computer is easier to work with. I am actually really interested in getting into some digital euro rack stuff with more complex wave shaping capabilities. I think that's the next wave for modular really. I was hard core analog until I started using Mutable Instruments, and realized there's room for both. Analog is pretty great though. Matrix/Runout on Cantosynaxis is just din synced Roland synths and TRs recorded in one take to 1/4" tape with no overdubs. It is probably one of my favorite tracks on the album. That being said, I use computers on all the albums as well. I prefer to use hardware and amps and mics, but I am not a purist at all.

Cantosynaxis est sorti le 2 Novembre digitalement sur itunes et ton bandcamp et sortira trés prochainement en cassette chez Tapes from the gates, mauvaise synchro ou tu ne pouvais juste pas attendre ?
Cantosynaxis was released the 2nd of November on itunes and your bandcamp and will be soon on tape from Tapes from the gates, bad synchro or you just couldn’t wait ?

Je voulais que l’album sorte le jour des morts.C’était une decision impulsive après quatre ans ou plus de hiatus. Le fait qu’il y ait une sortie cassette qui se fasse après tout ce rituel digital rajoute un petit plus. Je savais que si je choisissais ce jour pour libérer ces morceaux, les Dieux seraient avec moi et me donneraient leurs bénédictions pour le passage au cinquième album. Je peux désormais laisser une trainée convenable de poussière shamanique alors que je sors me chercher des tacos.

I wanted the album to be released on Day of the Dead. It was an impulsive decision after a four plus year hiatus. The fact that there will now be a cassette of the particular digital ritual being performed adds a nice little ripple after the fact. I knew that if I chose that day to unleash those songs, the Gods would be with me and grant me safe passage to album number five. Now I can leave a proper shaman dust trail while I go out and grab some tacos.

Andrew Douglas Rothbard Mixtape

01. Vangelis - Spiral [Excerpt]
02. Peanut Butter Conspiracy - Crystal Tear [ADR Remix]
03. Picchio Dal Pozzo - Merta
04. T.O.N.T.O.S Expanding Head Band - Ferryboat
05. Schicke-Führs-Fröhling - Wizzard
06. ADR - Tense of Presence Tips On Perpetual Precipice
07. Mothers of Invention - King Kong Parts I and II
08. Barretta & Bordeaux - La Drogue
09. Billy Nichols - Life Is Short [ADR Remix]
10. Flower Pot - Wantin' Ain't Gettin' [ADR Remix]
11. ADR - Szczuczyn
12. Heldon - Borelo Pt. 8 Deterrioration
13. Manuel Göttsching - Glorious Fight
14. Moebius & Beerbohm - Narkose
15. GD - Beautiful Jam (Port Chester, New York 2-18-71)
16. Ceyleib People - Tanyet [ADR Remix]
17. Brainticket - Voyage Part 1 [Excerpt]
18. ADR - Prognoz Relikt Minus Wurli Console 65
19. Marks & Lebzelter - Essence Of It's Own


Phil Kieran l'interview

Phil-KieranSi Phil Kieran est loin d'avoir la renommée d'un Max Cooper, producteur comme lui émanant de Belfast, il n'en a pas moins le réseau et la reconnaissance de ses pairs. En témoigne son ultime projet sous le patronyme franchouillard de Le Carroussel, fraîchement passée à la moulinette de la crême internationale en la matière avec en guest sur cet EP de remixes Andrew Weatherall, David Holmes, Ivan Smagghe ou Felix Martin d'Hot Chip. Celui qui s'invite de par son électronique onirique et tripée sur les set de James Holden à huit du mat' au Berghain répond à nos questions, avec gouaille.

Selon toi, entre tes débuts et aujourd’hui, ta musique a-t-elle évolué (en style, genre ou sources d’inspiration) ou te semble-t-elle être restée la même ?
From the beginning of your career up today has your music changed (in style, genre, inspiration) or it has been always the same?

Oui, ma musique évolue continuellement, pour la simple raison qu’à mon avis, les gens qui ne font pas évoluer la leur finissent par disparaitre en l’espace de deux ans. J’aime simplement rester en mouvement et faire ce qui me semble le mieux sur le moment, pas ce qui est à la mode ou ce qui est vendeur, juste ce qui m’apparaît comme étant le futur de la musique. Je n’ai sans doute pas toujours raison mais j’estime qu’essayer de faire quelque chose de neuf te rend plus intéressant que si tu te contentes de copier l’artiste phare du moment.

Yes, it changes all the time, for one reason I find people that make the same music will disappear in a couple of years. I just like to move around and make what feels right at the time, not just what is in fashion or what is selling, just how I see the future of music. I don't always get it right but I think that trying to make something new, makes you more interesting than copying the most successful artist at the time.


Le Carrousel est le nom de ta nouvelle identité musicale mais aussi celui de ton nouvel album : pourquoi as-tu choisi ce nom ? Et de qui est constitué Le Carrousel ? Y-a-t-il un quelconque projet collectif ou es-tu seul derrière cette entité ?
Le Carrousel is the name of your new project and also the title of your new album: why did you choose this French name? And who is Le Carrousel? I mean behind this name there is a collective music project (like a band) or there’s only you with your mind and your ideas?

Je suis celui qui est assis sur le fauteuil du pilote mais je fais appel à beaucoup de musiciens pour mettre en son mes idées. Je suis incapable de jouer du violoncelle, ou encore bien de la guitare. Il est donc préférable d’engager des spécialistes. Le nom de ce projet trouve son origine dans l’idée d’un carrousel tournant comme la planète peut le faire chaque jour, du matin au soir, encore et encore. C’est plus profond que ça, mais néanmoins je trouvais l’idée plutôt psychédélique.

I am the main guy behind the driving seat, but I used lots of musicians to bring out my ideas. I can’t play cello or I can’t play guitar (very well) so it’s best to get people who do it almost every day. The name Le Carrousel is based on the idea of a carousel rotating, like the planet rotating every day, we go round like night time, morning time, again and again: sometimes enjoying it and sometimes not. It goes much deeper than that, but I though the image was quite psychedelic.

Plusieurs titres de Le Carrousel ont été remixés par des DJ célèbres comme The Hacker ou Ivan Smagghe. Que peux-tu nous dire de ces collaborations ? Les connaissais-tu auparavant ? Avez-vous réellement travaillé ensemble ou chacun de votre côté ?
And always for Le Carrousel album, some tracks have been remixed by some well kwon international DJ such as The Hacker, Ivan Smagghe, etc.: what about the collaboration with them? Did you already known them? Did you work together or each one on his sight?

Certains sont des amis proches et d’autres simplement des personnes rencontrées au détour de mes pérégrinations. À vrai dire, la seule personne que je n’ai jamais rencontrée en chair et en os se trouve être Jesse Somfay : j’ai simplement consulté son profil Facebook et l’ai contacté par ce biais. En tous les cas ce sont toutes des personnes que j’apprécie vraiment en tant qu’artistes et à qui j’ai demandé comme une faveur de pouvoir créer ensemble quelque chose de spécial.

Some people are close friends and some people are guys we met on the way, the only person I have not actually met in the flesh is Jesse Somfay: I just looked hill up on Facebook and contacted him there. It’s all people I really like as artists and called in some favours just to put this special thing together.

Quel est ton morceau préféré de cet album ?
Which is your favourite track of this album?

Sans doute le remix fait par The Hacker sur le remix album.

Possibly The Hacker remix on the remix album.

Phil-Kieran-November-Chart

Si cet album devait être choisi comme BO d’un film, quel genre de film cela pourrait-il être ?
If the music of the album could be taken for a movie soundtrack, it would be for which kind of film?

Un film bourré de sentiments… Peut-être un film au rythme lent, un film psyché, coloré.

I guess it would have a lot of feeling, maybe slow paced, psychedelic, colourful.

À ton avis, quel genre de personnes va tomber amoureux de ce disque ?
Which kind of people do you think we will fallen in love with your last album?

J’espère que ce disque aura du sens pour les gens et qu’il les accompagnera longtemps.

I would hope for it to have a lot of meaning for people and that it will stay with them for a long time.

Qu’en est-il de l’illustration de l’album ? Pourquoi as-tu choisi ce rose éclatant ?
What about the illustration of the album: why did you choose a so bright pink colour?

C’est une variation de la pochette de l’album original, réalisée par Glenn Leyburn, qui est aussi réalisateur. Nous avions imprimé la pochette sur une énorme toile qu’on étendait sur scène pour certains concerts. On l’a découpée en 225 carrés de 12’’ de côté et on les a utilisés pour en faire la pochette du vinyle en édition limitée.

It’s a variation of the original album cover, it was designed by Glenn Leyburn who is also a film director. We had the original cover blown up onto a huge canvas and displayed at some shows we done, then taken down and cut up into 225 squares 12" then used as the limited edition vinyl covers.


As-tu prévu de monter bientôt sur scène ? Et si oui, où et quand ?
Have you planned some live concerts? If yes when and where?

Oui, une fois mes corvées d’été terminées !

Yes just finished loads over the summer.

Interview : Daniela Masella
Traduction : SLH

Audio

Vidéo

http://www.youtube.com/watch?v=Q5ZTPuzL5og

http://www.youtube.com/watch?v=Yoif4exh7Zk

http://www.youtube.com/watch?v=8we9AhcXrjQ&feature=share&list=UU1zXdxvmfWX3zfTot-bXmEA


JJ - N°3

jj_no3_covNe croyez pas que la vie de chroniqueur soit aisée… Comme tout le monde, vous pointez au pôle emploi ou galérez 45 heures par semaine au SMIC horaire. Votre mec ou nana s’en fout un peu de vous parce que, franchement, le Pulitzer c’est pas pour demain. Vous passez tellement de temps à écrire que vous en avez perdu la notion de la parole. Parfois, c’est à peine si vos potes vous reconnaissent ou vous saluent, tellement vous avez changé. Vous vous prostituez pour des places de concerts, des interviews… Et vous sentez meurtri lorsque l’artiste avec qui vous avez passé la soirée la veille ne vous reconnaît même plus le lendemain. Vous sombrez dans l’alcoolisme, les stéroïdes, la malbouffe, le proxénétisme…
Mais de temps en temps, pas très souvent, mais quelquefois, un moment d’apaisement vient frapper à vos carreaux. Ce mois-ci il est personnifié par le duo suédois JJ, signant son second album sur le label qui monte, Secretly Canadian après un passage remarqué chez Sincerely Yours. Tout simplement intitulé n°3, car et oui, n°1 était en fait leur premier single. Jusqu’ici vous me suivez ?
Si le duo reste un vrai mystère se cachant derrière les initiales de Jules et Jim, en hommage à François Truffaut, leur musique flirte également avec l’irréel. Pop aérienne et doucereuse couvée d’une voix vaporeuse, on les rapprochera immédiatement des sur-buzzés The XX. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que JJ. ouvrira pour les quatre Anglais lors de leur tournée américaine. Mais moins maniérés que leurs comparses britanniques, le couple offre des mélodies un brin exotiques qui dénotent avec ce fond délicat et éthéré (Voi Parlate, lo Gioco, You Know…). Et malgré cette ambiance Sunset and Coconuts si précieuse aux harmoniques planantes de ce nouvel essai, notre séraphique chanteuse n’oublie pas de soigner ses textes abordant une très large palette de thématiques qui…
Non, non mais en fait je suis en train de me foutre de vos gueules, cet album est à chier, comme le précédent d’ailleurs… Allez hop, gardez vos 15 euros pour sponsoriser des artistes qui en valent vraiment la peine. D’ailleurs, il en faut de l’esprit pour appeler son album numéro 3, sûrement pour le dépareiller du précédent au cas où nous n’aurions pas fait la différence. Et un disque de plus à la benne… Je commence à mieux comprendre pourquoi son industrie se casse la gueule… Comme une petite envie de suicide moi aujourd’hui…

akitrash

Audio

JJ - Let Go

Video

Tracklist


JJ - N°3 (Secretly Canadian)

01. My Life
02. And Now
03. Let Go
04. Into the Light
05. Light
06. Voi Parlate, Io Gioco
07. Golden Virginia
08. You Know
09. I Know
10. No Escapin’ This


Beach House - Silver Soul en vidéo

beach_houseSalut les bouffeurs de nems et les brouteuses de gazon, c’est George Abitbol, l’homme le plus classe du monde. Aki fait actuellement la sieste, et d’ailleurs j’en profite pour vous révéler que cet imposteur n’a de niakoué que la taille de la bistouquette, et qu’en réalité c’est le fils non-avoué d’une figurante toxicomane de l’épisode 236 de Côte Ouest. Enfin… Bon les p’tits gars, si je suis là, c’est pour vous parler de Beach House. Attention, pas ces pédés hippies de Beach Boys. Non, Beach House. J’aime bien me passer leur dernier album Teen Dream dans mon Walkman cassette Toshiba dernier cri, lors de mes ballades à cheval. Mais la révélation les enfants, c’est ce clip de Silver Soul. C’est marrant, la photographie me rappelle un peu le Goth Star de l’autre mongolien qui aime bien s’enturbanner de PQ… Ah oui, Pictureplane. Il est sacrément con celui-là aussi. Mais ces mignonnes petites pépés en tutu argentés ça ma rappelle l’époque où j’avais invité à diner Maureen O’hara, et qu’elle avait fini par… Et mais attendez une minute, Hartzine… C’est pas nazi votre truc ? Oh monde de merde.

Akitrash

Vidéo


Bibio - The Apple And The Tooth

584Autant le dire tout de suite, lorsque Warp présente un album comme le bon complément d'un disque préalablement sorti, on peut, sans dénigrer la qualité et l'originalité de l'artiste, sentir le coup fumant, l'effet d'aubaine que représente un succès d'estime encore récent. Utile  retour en arrière : Stephen James Wilkinson est un amoureux de la nature, habitant des West Midlands en Angleterre. Jusque là rien de très original. Le jeune homme va régulièrement pécher au Pays de Galle avec son père tout en s'éprenant de sons organique et d'ambiances éthérées propres au duo écossais Boards Of Canada. Là, tout s'emballe : de la pêche, il tire son nom de scène, Bibio, soit l'espèce de mouches utilisées par son père pour appâter la poiscaille, des promoteurs du mirifique Music Has the Right to Children (Warp - 1998), il extrait la substantifique moelle nécessaire à la mise en branle de sa démarche musicale. Lors de studieuses années londoniennes, il jette les bases d'une délicate et colorée "folktronica", subtil mélange de guitares folks estampillées sixties et d'expérimentations électroniques savamment texturées. Fort logiquement, le jeune homme trouve vite terre d'accueil sur l'aventureux label hip hop Mush Records, par le biais duquel il égraine une discographie éloquente, dont "fi" (2004) intronisé "album de l'année" par Michael Sandison himself, moitié de Boards of Canada. Dès lors, l'amitié qui se tisse entre les maîtres et le prodige aboutit à la sortie d'Ambivalence Avenue (mai 2009) sur Warp, label légendaire en pleine célébration de son vingtième anniversaire. Alliant de subtiles aquarelles sonores dignes des canadiens de Caribou, à la finesse d'arrangements remémorant un certain Kieran Hebden, alias Four Tet, Bibio obtient le statut incontestable de bande son de l'été pour tout amateur de mélodies rafraichissantes et aériennes (Haikuesque, Lover's Carving) matinées de divagations électroniques assumées (Sugarette, Dwrcan). Cinq mois plus tard donc, Bibio propose The Apple And The Tooth, dont la sortie est prévue le 16 novembre 2009, composé de quatre inédits et de huit remixes de morceaux présents sur Ambilence Avenue. Des quatre inédits, tout est à prendre, rien est à laisser. Plus que de ludiques face B, The Apple and the Tooth comme Rotten Rudd et Bones & Skulls perpétuent cette science du bricolage kaléidoscopique où de cristallines guitares s'entrechoquent harmonieusement à une litanie de beats aussi efficaces qu'inattendus. S'agissant des remixes, mis à part deux exceptions plus que notables - Haikuesque remixé par The Gentleman Losers et Lovers' Carvings retoqué par Letherette - rien de très marquant : dispensables sans être inécoutables. L'impression première est donc la bonne : ça sent le réchauffé. Mais six titres sur nike air max pas cher douze d'un tel brio, c'est déjà ça de gagné !

Thibault

Audio

Bibio - Bones & Skulls

Tracklist

Bibio - The Apple And The Tooth (Warp, 2009)

01. The Apple And The Tooth
02. Rotten Rudd
03. Bones & Skulls
04. Steal The Lamp
05. S'vive (Clark Remix)
06. Sugarette (Wax Stag Remix)
07. Dwrcan (Eskmo Remix)
08. Lovers' Carvings (Letherette Remix)
09. Haikuesque (the Gentleman Losers' whispers in the rain mix)
10. All The Flowers (Lone Remix)
11. Fire Ant (Keaver & Brause Remix)
12. Palm Of Your Wave (Bibio Remix)


Helios l'interview

Helios est le projet  de Keith Kenniff, un artiste américain, originaire de Portland. Auteur de plusieurs albums sur le label Type, il officie également sous le nom de Goldmund, dans une veine plus minimale. Voici un rapide entretien, dont l'objet est de vous faire découvrir un musicien prolifique et créatif.

heliospost

- L’été dernier, je suis allé sur l’île grecque de Rhodes (une île de l’archipel des Dodécanèse, en mer Egée). C’est traditionnellement l’île d’Helios, le dieu du soleil dans la mythologie grecque, y a t’il un lien avec toi ?
J'ai effectivement tiré 'Helios' de la mythologie grecque, oui. Je suppose que j'ai du vraiment aimer l'histoire de Helios, l'observateur divin de ce qui se passe sur Terre, tel le soleil qui se levait chaque matin . J'ai souvent tendance à écrire de la musique tard la nuit / tôt le matin et  je vais souvent alors me coucher au moment où le soleil se lève. Comme un relais.

- Tu officies, dans des registres très variés, sous au moins trois entités connues : Helios, Goldmund, sous ton propre nom… Quelles sont les raisons qui t’ont poussé à développer ces différents projets ?
J'ai tendance à travailler sur beaucoup de musique et ce, à n'importe quel moment, et donc chaque étape d'un projet  évolue dans une direction différente. Je pense que le surnom de chaque projet propre est bien approprié. Helios, est plus un projet d'electronic/post-rock/ambient, Goldmund est presque entièrement composé de piano solo donc il y a à peu près aucun élément électronique et
consiste généralement en pièces improvisées courtes. Le son de Mint Julep , le projet monté avec ma femme, prend plus une direction rock/shoegazing et se base essentiellement sur des schémas traditionnels chantés verse-chorus . Ce que j'ai fait pour mon projet appelé Keith Kenniff n'est pas sorti, ce sont  des choses de type acoustique / folky , mais je ne suis pas sûr si quelque chose verra le jour bientôt.

- Peux-tu nous parler du projet que tu fais aussi avec ton amie : Mint Julep
C'est un projet avec ma femme Hollie que nous avons commencé il y a environ un an et demi. Nous sommes tous les deux des fans énormes de musique shoegazing du début des années 90 et avons voulu travailler sur quelque chose qui était plus dans cette direction. C'est la première fois que j'ai vraiment travaillé avec quelqu'un d'autre pour faire de la musique, c'est vraiment amusant de travaiiler ensemble comme cela.

- Tu sors tes disques sur Type Records, comment s’est opéré la rencontre avec ce label ?
J'ai connu John Twells, qui dirige Type depuis des années. Nous nous sommes rencontrés avant qu'il n'ait commencé son label et partagions nos goûts en musique et diverses idées. Quand il s'est décidé de démarrer Type, il m'a demandé si je serais enclin à faire quelques albums. J'ai vraiment aimé la direction qu'il voulait emprunter et donc nous avons sorti la première réalisation de Goldmund, Corduroy Road, en 2005 et ensuite peu après nous avons sorti le 1er disque de Helios, Eingya, en 2006. C'est un grand label et je suis vraiment fier de travailler avec John et d'être entouré par le très bons artistes du label.

- Entretiens-tu des relations privilégiées avec certains artistes du label : Xela, Peter Broderick…
John (Xela) et moi somme très liés et nous avons participé à quelques concerts ensemble. Nous allons jouer au Japon ensemble en août. Je connais beaucoup d'autres artistes du label et j'ai joué plusieurs concerts avec beaucoup d'entre eux aussi. J'étais vraiment heureux de pouvoir travailler sur le design du dernier album de Goldmund avec Erik (Deaf Center/Knive). La première fois que
nous avons joué ensemble, c'était dans un planétarium de 100 ans à Bruxelles et le set de Centre Sourd m'a juste soufflé. Je suis en lien également avec Peter Broderick. La dernière fois qu'il était rentré chez lui à Portland, nous avons passé une chouette soirée à jouer au bowling ensemble.

- L’album « Caesura » (ton dernier sous le nom d’Helios) est sorti il y a quelques mois. Si tu devais le présenter à une personne peu avertie, qu’en dirais-tu?
C'est un album qui est assez accessible si vous êtes friands de choses de style ambiant /post rock. Donc il serait pour les gens fans de Brian Eno, Boards of Canada et les versants plus softs de groupes comme Sigur Ros et Explosions in the sky.

- L’esthétique  graphique d’Helios utilise une photographie qui présente souvent la nature  dans tous ces états… ? Est ce le signe d’une orientation artistique affirmée, ta musique serait-elle bucolique ?
Je pense que la musique représente en général une forme idyllique de ce qui nous entoure. J'aime vraiment travailler avec Matthieu Woodson (qui a collaboré pour Eingya et Caesura). Je lui donne une idée générale de ce que je veux et il me présente ensuite des tonnes d'idées fabuleuses . Il était donc difficile de choisir mais je suis vraiment content du résultat final. J'ai donné carte blanche à Ashley Goldberg pour lapochette de Ayres : elle a fait une très belle pochette où le thème de la nature est omniprésent.. donc je suppose que c'est le type d'images qui semblent venir en tête.

Tu es installé à Portland ? Es-tu originaire de cette ville ? Est ce une ville où il se passe des choses intéressantes sur le plan culturel ? Es-tu en lien avec d’autres artistes ou label de là-bas (Eluvium, Audiodregs…)… ?
Je suis originaire de Pennsylvanie, mais avec ma femme nous nous sommes installés à Portland après s'être rencontrés à Boston (où je suis allé à l'école). J'adore Portland, il y a beaucoup d'événements intéressants qui se passent ici et des tas de musiciens/artistes qui font de belles choses. Matthieu (Eluvium) est un chouette type, nous avons joué l'année dernière à Seattle au Decibel Festival  et on s'est rencontrés à plusieurs reprises sur des événements semblables dans les environs. Je pense que nous jouerons bientôt à Portland. J'ai connu Grouper au moment où nous avons fait un showcase Type records à Chicago il y a déjà quelques années.  Quant à Peter Broderick et sa talentueuse soeur Heather, ils sont de Portland aussi, donc ils ont été impliqués dans beaucoup de grandes choses ici et  maintenant c'est au tour du reste du monde !

- Pour mieux comprendre ton univers, quels sont tes influences ou en tout cas tes références en matière de littérature, cinéma, musique… ?
Je suis un grand fan de cinéma, j'aime la musique de film aussi comme Thomas Newman et Mychael Danna, et sans nul doute toutes ces  images m'ont au cours des années beaucoup influencé. J'ai tendance à aimer les  films lents de réalisateurs comme Tarkvosky/Terence Malick etc ... je pourrais te donner une liste de centaines de livres et de films, et tout cela a de l'influence sur ce que je compose. En gros, tout ce qui me tombe dans les mains et que j'aime
découvrir m'influence.

- Quels sont tes prochains projets ? Je vois que tu édites également des cdrs ?
Pour quelles raisons…
J'ai fait des sorties en CDR disponibles sur mon site Web, qui est chouette. C'est une façon sans contrainte et directe d'être plus en lien avec les fans et faire un tirage plus limité de cette façon. Je m'amuse à personnaliser les cds en insérant des petites notes et je les emballe avec des petites touches individuelles. C'est quelque chose que je voudrais continuer à faire, et bien sûr je vais aussi faire des sorties plus traditionnelles à l'avenir. Je travaille sur un autre album pour Goldmund, une collection de chansons Guerre civile. Egalement, un album pour Mint Julep et un Helios LP. Dormir peut bien attendre de toute évidence. J'espère que tout cela sortira pour l'année prochaine, voire fin de cette année.

-Ta représentation de la France et de ce qui s’y fait sur le plan musical aujourd’hui ?
J'ai aimé M. Oizo et Ed Banger. Autres Directions in Music produisent également de très belles choses.  J'ai fait un remix pour Propergol Y Colargol en 2007. Je dois admettre être aussi un fan de Daft Punk, leur album 'Homework' est génial.

- Ta vision du monde et de son évolution, es-tu plutôt quelqu’un qui serait sur plutôt un versant mélancolique (ta musique nous prêtent à le croire) quant au traitement de la vie et de son analyse ?
J'ai tendance à être très calme et introverti, assez timide. Mais je pense que la musique prend quelque chose de différent en moi. J'ai écrit de la musique qui peut sembler pleine d'espoir alors que je ne l'étais pas personnellement, et vice versa, mais je pense que c'est une expérience personnelle pour l'auditeur et avec un peu de réussite, la musique est assez ouverte pour  qu'elle puisse permettre aux gens de ressentir des choses différentes.

Entretien réalisé par Cyril/traduction Stéph


Black Cargoes - Glass (Saiko Records)

black-cargoes-glassL'histoire nous enseigne que le quatuor helvétique Black Cargoes fut responsable en 2005 d'un premier opus recommandable, du temps où seuls les deux frères Frédéric et Manuel Oberholzer en formaient le line-up. Entretemps rejoints par Mario Weiss à la basse et Grégoire Quartier à la batterie, la fratrie helvétique n'a guère musardé en chemin, produisant à quatre paires de mains ce second effort, techniquement irréprochable bien que très référencé Depeche Mode vs Sisters of Mercy vs Japan.
D'une manière plus générale, les douze compositions déclinent leurs envies electro-dark-rock sur des thèmes pas couillons du slip, à l'image du très enthousiasmant «Here», d'une percussion tranchante qui évoque allègrement la bande à Dave Gahan et Martin Gore au milieu d'une plaine de corbeaux métalleux. La moisson n'est pas toujours du même cru, notamment quand Manuel Oberholzer (aka Feldermelder quand il endosse l'habit électronique) et ses petits camarades polissons entament une ballade rocktronica qui évoque le douloureux souvenir des Teutons de Scorpions (qui a crié ouille ?). Heureusement, la post pop de «Mars» vient à la rescousse, ses airs de David Sylvian aidant, bien que l'hommage au pote de Ryuichi Sakamoto tende un peu trop à jouer de la redite («Black Waves»). Globalement, la toute grande majorité des titres tient la route de fort belle manière, fût-elle un peu trop familière aux oreilles aiguisées dans les eighties.

Fabrice

Video

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Tracklist

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Black Cargoes - Glass (Saiko Records, 2009)
1. Darkened Floor
2. Three, Four
3. Here
4. Streets
5. Mars
6. Ocean
7. Black Waves
8. Rerun, Rerun
9. Lover C'mon
10. The Ravage
11. Glass
12. Twilight

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Burial & Four Tet - Moth

burialfourtet

Moth est la rencontre opportune de deux des faiseurs de son les plus influents de leur génération, le déjà vétéran  Kieran Hebden alias Four Tet et Will Bevan, Burial de son de scène, qui, depuis la sortie de son sémillant second album Untrue, apparaît comme le gendre idéal de la scène électronique londonienne. On espère donc vivement que cette heureuse collaboration ne restera pas à l'état de simple "coup d'essai" tant Moth, longue plongée introspective dans les eaux bouillantes et sans fond du dubstep, est un coup de maître(s).

AUDIO

Burial & Four Tet - Moth

TRACKLIST

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Burial & Four Tet – Moth / Wolf Club (text Records, 2009)

A1.Moth

A2.Wolf Club

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Clark – Growls Garden (Warp, 2009)

clarkarchivesLe dernier effort de Clark, Turning Dragon (Warp, 2008), avait marqué un net virage dans la discographie de l'anglais. Chantre d'une IDM arythmée et faisant la part belle à de grosses nappes mélodieuses, Clark a semble-t-il fait évoluer sa musique pour un impact plus immédiat, plus « dancefloor ». Qu'on ne s'y méprenne pas, l'expérimentation est toujours au rendez-vous (Warp oblige). Comme sur Turning Dragon, les morceaux sont à la pointe des techniques de production moderne des musiques éléctroniques : cuting et glitching désossent les structures binaires des morceaux pour un rendu complexe, parfois déroutant. Ce Ep 6 titres peut tout aussi bien être considéré comme un document compilant tous ce qu'a pu faire Clark dans une passé plus ou moins proche (les morceaux The Magnet Mine ou Farewell Mining Town) que comme l'annonce d'une future sortie prévue fin 2009 laissant présager de nouvelles sonorités (les deux titres chantés : Growls Garden et Gong Roughage).

Nicolas

MP3

Clark - Grolwls Garden

TRACKLIST

Clark – Growls Garden (Warp, 2009)

01. Growls Garden
02. The Magnet Mine
03. Seaweed
04. Gonk Roughage
05. Distant Father Torch
06. Farewell Mining Town


Atom™ - Liedgut (Raster-Noton, 2009)

Œuvrant sous divers noms et pseudos, Atom™ est également connu en d'autres occasions sous le moniker de Atom Hearts, quand ce n'est sous son vrai nom de Uwe Schmidt ou sous l'alias le plus connu, celui de Señor Coconut. Auteur d'une multitude de disques et projets en une vingtaine d'années, l'artiste allemand oublie complètement l'héritage électrolatino de M. Noixdecoco pour proposer une épitaphe électronique abstraite d'une grande sobriété arythmique.

Étonnamment romantique dans son âme torturée - elle relie, bel exploit, la fibre ankylosée de Kraftwerk à la radicalité absorbante de Peter Rehberg pour Gisèle Vienne - Liedgut subjugue par ses textures éclatées, donnant jusqu'à l'impression que les interférences d'un téléphone portable viennent perturber quelque session de studio de Ralf Hütter et Florian Schneider penchés sur leurs nouvelles machines. L'humour n'en est pas absent, par quelques bribes éparpillées, quelques secondes d'introduction techno minimale heurtant un mur du son aux crépitements bruitistes de basse intensité, d'autres instants évoquent des échos de Pac Man joué sur des airs de Schubert - c'est osé et réussi - pour un disque dont le très joli packaging est à la hauteur du travail de son auteur, complètement unique en son genre.

Fabrice

TRACKLIST

Atom™ - Liedgut (Raster-Noton, 2009)

01. Weißes Rauschen
02. Wellen und Felder I
03. Wellen und Felder II
04. Wellen und Felder III
05. Wellen und Felder IV
06. Überleitung
07. Funksignal
08. Interferenz I
09. Im Rausch der Gegenwart I
10. Interferenz II
11. Wellen
12. Mittlere Composition No. I
13. Mittlere Composition No. II
14. Mittlere Composition No. III
15. Weißes Rauschen (erster Teil)
16. Berge und Täler
17. Im Rausch der Gegenwart II
18. Weißes Rauschen (zweiter Teil)
19. Weißes Rauschen (Ausleitung)
20. Schlusswort