Lord Real - More Slugs (PREMIERE)

Après avoir violenté nos oreilles avec une série de cinq compilations estampillée Dark Acid, dont la quatrième et la cinquième ont été pitchées ici et , le label Clan Destine Records via son émanation Clan Destine Traxx, ‎aux forts relents d’acid-techno, ghetto-house et italo-disco viciée, vitupère de sa griffe acérée une vision de la culture électronique, entre rudesse et étrangeté, anonymat et perversion. Un programme que l'on gobe d'un seul tenant tant l'emprise mentale est forte avec cette nouvelle livraison dénommée Kvlt Acid et dénombrant quelques respectables représentants de la scène techno-industriel tel Bronze Teeth, auteur de deux maxis sur Diagonal, ou DrumCunt ici abrégé DRMCNT. Parmi eux, Lord Real dont on ne connait quasi rien, sinon la sortie en avril et septembre derniers de deux maxis sur Zone Collective, Real Lord EP et Bad Code, et qui livre ici avec More Slugs, mise en images par Toby Ridler, une captivante digression rave post-apocalyptique.

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Tracklisting

V.A. - KVLT ACID (Clan Destine Records, 01 décembre 2015)

A1. Bronze Teeth - Acid Hag 2
A2. Satin Doll - Escort
B1. Lord Real - More Slugs
B2. DRMCNT - Teenager
B3. Lord Real - Printed Mon3y


Laps - All the Kids

LAPSComme nombre des projets marivaudant du côté de Clan Destine Records, Laps est un duo on ne peut plus mystérieux, sortant de nulle part, dégoisant dans la brume des highlands une sorte de hip-hop pété, phagocytant d'un même mouvement sur un même EP paru le 24 septembre dernier, Ladies As Pimps, Saâda Bonaire (lire), Camilla Sparksss et certains edits de Peaking Lights. Lo-fi à souhait, l'on sent la caresse d'un féminisme au cran d'arrêt et au gourdin auquel participe des membres de Golden Teacher. Le vénéneux morceau All The Kids est en écoute exclusive ci-après.

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Tracklisting

LAPS - Ladies As Pimps EP (Clan Destine Records, 24 septembre 2014)

A1. DIRTY GUYS DIRTY CORNERS
A2. ALL THE KIDS
A3. MOJO feat. GOLDEN TEACHER, S YOUNG AND D YOUNG
A4. DIRTY HEAVENLY DUB
B1. UNDERMINE
B2. KLYMAXX
B3. YOLK


Yves/Son/Ace - Snow (PREMIERE)

YSAMatthew Ford et son patronyme hachuré Yves/Son/Ace prend de plus en plus la tangente de ses deux autres projets, en voie d’extinction, Factums et Love Tan. Hantant de beat hypnotiques ses expérimentations oscillant entre synth-pop décharnée et électronique répétitive, le résident de Seattle donne une suite à Unsung, paru en 2011 via Night People et La Station Radar (lire), avec un singulier LP, Dead Life, sorti début août sur Clan Destine Records. Un album qui s'adresse au subconscient et qui aurait pu être composé par un Alan Vega ayant confondu speed et kétamine sur l'autel d'un minimalisme machiniste, froid et désabusé. Snow aussi obsédante que venimeuse, dégage une sensation poisseuse à l'étrangeté parfaitement rendue à l'image via un found footage réalisé par Natalie McGowan à découvrir ci-après.

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http://www.youtube.com/watch?v=6wuCKv80KJg

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Curt Crackrach - Alice Dee feat. Nikhil Singh and Carmen Incarnadine

Curt Crackrach n'est autre que NattymariNetnanny ou Ron Hardly. A savoir le projet du stakhanoviste touche-à-tout Dafydd McKaharay, fidèle compagnon de route du label Clan Destine Records sur lequel est paru, en fin d'année 2012, son ultime LP Lonely Holiday. Après avoir collaboré avec Ela Orleans à l'occasion de l'épuisée cassette 80 Minutes Of Funk, l'américain, coutumier d'hybridations fantasmagoriques et opiacés - passant acid house, hip hop et IDM au tamis d'un synthétisme déluré -, s'attaque sur ce dernier à une vision pop apocalyptique, embarquant l'auditeur dans la psyché d'un Ariel Pink ayant gobé une dose surhumaine de mescaline. En témoigne, le morceau Alice Dee, sur lequel participent Nikhil Singh et Carmen Incarnadine, aux allures de conte narcotique solitaire, habilement mélancolique et troublement désenchanté.

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Curt Crackrach - Lonely Holiday LP (Clan Destine Records, 14/12/2012)

A1. Above feat Joeyy
A2. Do It In The Park
A3. Holiday In Typhonia
A4. Kind Of Kush
A5. Rehab feat. Milo Martin
A6. Interstellar Hit
A7. Oysterberries
A8. Take Warning
A9. Alice Dee feat. Nikhil Singh and Carmen Incarnadine

B1. Heart Man Mary
B2. Tawntoe Peckings
B3. Marlowe feat. J Pompei
B4. Snuggly
B5. Dry Planes
B6. Lonely Holiday
B7. Kooly High
B8. Lower Depths feat. Ela Orleans


Femminielli - Shanghai, C'est Beau

Du Montréalais Femminielli on connaît (un peu) l'homme affable, curieux, fêtard (lire), on a apprivoisé sa verve érotomane sur le récent Double Invitation paru sur Desire Records (lire), mais inutile de préciser que jusqu'à présent on connaissait moins l'éphèbe expérimentant sur la longueur d'un LP, drapant de la sorte  son inénarrable sens de la formule (Shanghai, C'est Beau / Mais vivre est une prière inutile) d'un troublant et pénétrant océan de synthétiseurs dégénérescents. Album de collages enregistré entre 2010 et 2012, Shanghai, C'est Beau, édité via Clan Destine Records, est à considérer telle une œuvre étrange et rocambolesque parfaitement détachée du temps et de l'espace, sorte de double antithétique de ladite Double Invitation.

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Tracklisting

Femminielli - Shanghai, C'est Beau (Clan Destine Records, 28 février 2013)

A1. Auto-Stoppeuses (Première Partie)
A2. Le Pacte
B1. Une Enfance Fragile
B2. Shanghai, C'est Beau...
B3. Auto-Stoppeuses (Deuxième Partie)


Ela Orleans - Tumult in Clouds

Avec Mars is Heaven (lire), paru en novembre de l'année 2011 via La Station RadarEla Orleans semblait atteindre un point d'équilibre fragile et miraculeux entre trame narrative, homogénéité de l'écriture et indicible beauté des arrangements. Une excursion baignée d'apesanteur dans les méandres duveteux et accidentés d'une adaptation d'un conte fantastique écrit par Ray Bradbury, doublée d'un accomplissement personnel et artistique maturé en prolongement d'une prolixe discographie débutée quatre ans plus tôt avec l'aride Low Sun/High Moon - réédité récemment en version cassette par Clan Destine Records (lire). Mais les apparences sont souvent trompeuses et la Polonaise résidant désormais à Glasgow n'allait pas s'arrêter en si bon chemin. Épaulant son ami Carl dans l'aventure sans cesse plus remarquable du label Clan Destine, Ela multiplie aussi bien les projets que les collaborations et participe - entre autres - au split The Statement (lire) partagé avec Dirty Beaches, Slim Twig et U.S. Girls, et ce tout en prêtant ingénieusement le flanc à la relecture avec la compilation de remixes Ela and Thee Prophets, où, pour ne citer qu'eux, Dan Melchior, Mushy, Nattymari et Os Ovni se réapproprient ses graciles compositions. Égrené en très petite quantité en décembre 2012, cette inénarrable re-contextualisation d'un univers si caractéristique dans des territoires musicaux franchement étrangers, telle la transfiguration house de She Who Could Bind You par Pyramids of Mu, étonne tout autant qu'elle met en perspective l'immense variété d'interprétation d'une oeuvre poétique et polysémique : d'un océan de larmes peut naître une douce comptine. Constat que confirme le récent Tumult in Clouds, mais à rebrousse-chemin : ne dédaignant pas l'affranchissement stylistique, ce double LP sculpte, en presque vingt morceaux, les contours d'un classicisme, référencé et inspiré, tutoyant allègrement les codes de l'intemporel. Après une première écoute - et outre les morceaux déjà dévoilés à l'occasion de l'ultime single du label digital Beko (lire) - Tumult in Clouds semble avoir toujours été nôtre : cette paisible mélancolie étirée sur l'entière longueur de l'album s'insinue à la manière d'un voyage onirique éprouvé, hors de toute temporalité sommaire et où l'on se plaît à divaguer sans autre but que la poursuite d'un dialogue intérieur à peine conscient. Bande sonore aux multiples recoins, aux innombrables mises en abîme, le cheminement s'opère à la fois dans le brouillard harmonieux d'infinies plages instrumentales (Dark WoodLeopard, Risky Trip to the World), parfois parsemées de samples soulignant leur dimension cinématographique (l'introductive All Men, la sublime A Jealous Lover), mais aussi à l'aune d'astres objets de toutes les fascinations : de l'élégiaque clin d'œil en français dans le texte J'ai Bien du Chagrin, tiré du catalogue de Françoise Hardy, au blues céleste d'In the Night et Light at Dawn, sans oublier le langoureux chef-d'œuvre grimé d'insomnie que constitue le morceau-titre Tumult in Clouds. S'accordant deux détours insolites avec Longing, fourmillant de beats électro, et Your Fame, crépitante et conclusive saillie punk, Tumult in Clouds pose de la sorte les jalons de sa propre succession : là où l'inquiétude se fait expérimentation.

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Entretien avec Ela Orleans

Tumult in Clouds est un double album qui contient à la fois des nouveaux et anciens titres. Comment l’as-tu imaginé et dans quel état d’esprit l’as-tu écrit ?
This new album is a double album consisted of news and older songs. How did you imagine it and in what state of mind did you write it?

J’avais en tête un voyage musical, un genre de livre de poésies, ou un livre de psaumes. Je voulais qu’il soit lyrique et méditatif. Cette année, j’ai fait un peu de DJing avec Carl et j’ai écouté énormément de disques... Maintenant je tente de déceler ce qui rend certains titres intemporels. Je recherche des qualités dans le rythme, la mélodie, l’espace et la dynamique. J’essaie aussi de protéger mon innocence et d’éviter d’avoir une attitude cynique envers la musique.

Et quant à l’état d’esprit, je ne sais jamais comment mon état général peut affecter mes enregistrements. Quand je travaille, je n’ai pas conscience de ressentir quoi que ce soit. En revanche, si tu lis les poèmes que j’ai adaptés pour cet album ou même si tu analyses les titres, tu peux te rendre compte rapidement que l’album est plutôt triste.

L’année dernière, trois morceaux ont été sortis digitalement par Beko DSL. Ils ont été diffusés virtuellement grâce aux blogs, ce qui est génial, mais je trouvais ça dommage de ne pas en avoir de copie physique. Ils s’accordent parfaitement avec la dynamique de l’enregistrement, c’est pour ça que j’ai décidé de les intégrer. Tous les autres titres sont nouveaux et inédits.

I had an idea of a musical journey in the style of a poetry book, or book of psalms. I wanted it to be lyrical and contemplative. I have been DJ-ing with Carl a bit and listened to enormous number of records this year. So now I am trying to detect what is it exactly what makes some of them timeless. I am searching for these qualities in rhythm, melody, space and dynamic. I also look for ways to protect my innocence and try to avoid getting too cynical about music.

As per my state of mind, I am never sure how my general state reflects on my recording. When I am at work I am not aware of feeling anything at all. On the other hand if you read the poems I adapted for this record or even scan the titles, you may quickly realize that the mood is rather grave.

Indeed there are three pieces, which were digitally released by Beko DSL last year. They got some virtual exposure over the blog sphere, which was great, but I thought that not having a physical copy of them is a bit of a shame and since they fit perfectly with the record dynamic I decided to take them in. All the other songs are all new and unheard. 
Pourquoi as-tu décidé d’appeler ton nouvel album Tumult in Clouds ? Quel est le rapport entre ce titre et le contenu de l’album ?
Why did you call your album Tumult in Clouds? In what does this title introduce the contents of the record?

C’est le titre phare de l’album. Je crois que ce titre évoque exactement le sentiment d’inquiétude qui est l’humeur principale de l’album. L’enregistrement de cette chanson a été l’apogée de ce projet et j’avais envie de souligner son importance en appelant le disque entier Tumult in Clouds. La chanson est une adaptation libre d’un poème écrit par W.B. Yeats, « An Irish Airman Foresees His Death » ("Un homme irlandais prévoit sa mort"), dans lequel le poète décrit les circonstances de la mort de son ami Major Robert Gregory, un pilote de la première guerre mondiale abattu, par erreur, lors d’une mission en Italie.

It's the title of the song from the record (side C track 4). I thought it quite accurately suggests an apprehensive feel, which is the predominant mood of the album. Recording of this song was for me the creative culmination of the project and I wanted to underline its importance by naming the record after its title. The song is a loose adaptation of the poem by W. B. Yeats  "An Irish Airman Foresees His Death" in which the poet describes the circumstances surrounding the death of his friend Major Robert Gregory, who served as a pilot during the First World War and was shot down over Italy (by mistake).

Comment pourrais-tu décrire ton évolution d’écriture et de son depuis Mars is Heaven ?
How would you describe your evolution in terms of songwriting and sound since your Mars is Heaven?

Je crois que l’évolution arrive tout naturellement pour ceux qui travaillent et recherchent. Depuis que j’ai déménagé en Grande-Bretagne, j’ai la chance de pouvoir travailler presque exclusivement dans le domaine musical, ce qui est un grand progrès, et il me semble que le nombre d’opportunités a doublé ou triplé pour moi. J’ai aussi pu constater qu’il y a une plus grande diversité dans les projets qu’on me propose. Je fais toujours l’effort d’améliorer la qualité et j’approfondis mes connaissances sur l’orchestration et le son mais je veux tout réaliser moi-même, je ne précipite rien. Travailler pour un label m’a permis de sortir de mon monde, de montrer du soutien et d'être soutenue par d’autres artistes. Du début à la fin, cette année fut la plus difficile de ma carrière tant positivement que négativement ; elle m’a certainement rendue plus forte et m’a montré comment me concentrer sur ce qui en vaut la peine et ceux qui me sont chers.

I think for everybody who keeps working and searching, evolution comes naturally. Having opportunity to work almost exclusively on music is a huge progress for me since I moved to UK. It seems like the number of musical opportunities doubled or tripled. Also since I settled in Glasgow, the variety of projects is much greater. It definitely gave me a little bit more freedom and confidence. I press for better quality and I am not rushing anything. I am widening my knowledge about orchestration and sound but also I want it to be mine. Working for the label also helped me to get out of my own box and show support and be inspired by fellow artists. This has been from the start till the end the most difficult year ever (in a good and a bad way); it certainly toughened and made me more focused on everything what is worth and dear to me. I think the experience resonates in my music.

Depuis 2011, tu es installée en Grande-Bretagne, à Glasgow depuis janvier 2012. Est-ce ton vrai premier album britannique ? Quel influence a la Grande-Bretagne sur toi ?
You lived in UK since 2011 (in Glasgow since January 2012). Is it your first and real British album? In what does UK influence your music?

Je reste toujours très polonaise, haha ! J’ai des problèmes à mettre en relation l’art, la nationalité ou le sexe. Je ne reconnais pas ces catégories - si on ne parle pas de la musique folk. Mais ta question est intéressante, disons que cet album a été enregistré dans un endroit parfait. J’ai commencé à enregistrer ici et je suis ravie d’être de retour. Je suis particulièrement influencée par la musique britannique, surtout le post-punk et le trip-hop. Petite, je préférais l’ours Paddington à Mickey Mouse, mais la vraie raison pour laquelle je me sens comme à la maison ici est le sens de l’humour.

I still remain very Polish ha! I have trouble connecting art with nationality or gender. I never recognize these categories (unless we are talking about folk music). But your question interestingly gave me an answer... Let's say this record was made in the right place. I started my recording journey here and I am glad to be back. I am decidedly influenced by British culture. I am particularly influenced by British post punk and trip hop. As a kid I felt more for Paddington Bear than for Mickey Mouse. But what really makes me feel at home is the sense of humor.

Sur la reprise J’ai Bien du Chagrin de Françoise Hardy, tu chantes pour la première fois en français. Est-ce une manière de retourner l’attention que te porte ce pays ?
With the Françoise Hardy's cover J'ai Bien du Chagrin, you sing in French for the first time. Is it a way of returning all the attention which this country carries you?

C’est un clin d’œil à mon public français, c’est sûr. Mon français n’est pas au point alors j’espère que je ne vais offenser personne. Je suis plutôt étonnée par le succès que j’ai ici et j’espère que mon public français va encore s’agrandir. J’adore jouer en France.

It is a little curtsey in the direction of my audience in France for sure. My French is rubbish, so I just hope it will not offend anybody. I am quite amazed by the attention I get there and only hope my audience in France grows. I love playing there.

Est-ce que tu pourrais expliquer le concept d’Ela and Thee Prophets ?
Can you explain the concept of Ela and Thee Prophets?

J’ai fait quelques remixes, je les ai trouvée extrêmement inspirants, et je me suis demandé ce que j’aurais en retour en laissant en libre accès mes morceaux. Carl pensait que ça pouvait servir de prétexte pour regrouper des amis sur une compilation LP limitée du label. Le titre de ce remix est un clin d’œil aux grands dubs masters, qui sont ma principale source d’inspiration et Thee Temple ov Psychick Youth, la bible de Clan Destine Records.

I did a few remixes myself and found it incredibly inspiring, so I wondered how would that be to give stems of my music away and wait for what comes back? Carl thought this would be a great pretext to put together friends and artists on the label and make a limited run compilation LP. The title of the remix is a wink in the direction of great dub masters, who are my major inspiration and Thee Temple ov Psychick Youth - Clan Destine Record's bible.
Tu travailles avec Carl de Clan Destine Records. Est-ce une source de motivation de plus pour produire ta propre musique ?
You're working with Carl for Clan Destine Records. Is it a source of additional motivation to produce your own music?

Bien sûr. C’est d’autant plus logique que j’enregistre avec Clan Destine car on habite dans la même maison. Depuis 2011, j’ai sorti sept singles avec Clan Destine : NEO PI-R (cassette et LP), High Moon/Low Sun (réédition cassette), 80 Minutes of Funk (cassette avec Curt Crackrach), Statement (cassette avec Dirty Beaches, Slim Twig et U.S. Girls), Ela and Thee Prophets (remix LP) et Tumult in Clouds.

On tourne et on fait du DJing ensemble. Nous sommes une bonne équipe ; on connait très bien nos rôles. Carl a une connaissance musicale incroyable et il partage généreusement son expérience. Il a monté tous mes enregistrements depuis Mars is Heaven et il est également mon principal conseiller sur les mixes finaux. Nous sommes une équipe mais aussi les meilleurs amis du monde. Je sais qu’il me dirait si ma jupe était accidentellement coincée dans ma culotte - musicalement aussi.

Naturally. It makes more sense that I release on Clan Destine since we live in the same house. Since 2011 I was involved in seven releases with Clan Destine. NEO PI-R - Tape and LP, High Moon/Low Sun – re-release on Tape, 80 Minutes of Funk - split Cassette with Curt Crackrach, Statement - 4-way split LP with Dirty Beaches, Slim Twig and U.S. Girls, Ela and Thee Prophets - remix LP and Tumult in Clouds - 2LP.

We tour together and we DJ together. We are a good team; we know our roles at this point pretty well. Carl’s knowledge about music and sound is insane and he shares his expertise generously. He has been mastering all my records since “Mars is Heaven” and is my main advisor in final mixes. We are partners but also best friends so I know he would tell me if my skirt got accidentally tucked in my knickers (musically too).

Quels sont tes nouveaux projets ?
What are your next projects?

Peut-être une compil’ de cinq CD avec hartzine ??!!! Haha ! J’ai quelques idées en tête. Pour l’instant, je suis obligée de me reposer jusqu’à la fin du mois de mars. Je devrais avoir les idées un peu plus claires - sois sûr que je te tiendrai au courant.

I have a few ideas but. Perhaps 5xCD solo box set with the zine… there is so much in my head. I am forced to rest till March. I will let you know then.

Traduction : Alexandra & Julien Strelcova.

Tracklisting

Ela Orleans - Tumult in Clouds (Clan Destine Records, 2012)

A1. A Jealous Lover
A2. Kinolab
A3. Dark Wood
A4. This Is
A5. Nocturne

B1. Clangers in the Night
B2. Leopard
B3. Longing
B4. Station in Shadows
B5. Light at Dawn

C1. J'ai Bien du Chagrin
C2. Diving Into the Wreck
C3. Risky Trip to the Underworld
C4. Tumult in Clouds

D1. All Men
D2. Where Are You
D3. Your Fame
D4. Rolling Waters
D5. In the Night

Ela Orleans - Ela and Thee Prophets (Clan Destine Records, 2012)

A1. Axon Terminal Voices (Silver Strain Remix)
A2. Amsler Grid (Slim Twig Remix)
A3. The Season (The-Drum Remix)
A4. She Who Could BIND You (Pyramids of MU Remix)
A5. Apparatus (Skitter Remix)

B1. Something Higher (Dan Melchior Remix)
B2. I Know (Mushy Remix)
B3. Planet Mars (Os Ovni Remix)
B4. Light at Dawn (Nattymari Remix)
B5. Walkingman (Fostercare Remix)
B6. Living World (U.S. Girls Remix)


Split w/ Dirty Beaches, Ela Orleans, US Girl & Slim Twig - Statement (2012, Clan Destine Records)

Outre l'intérêt artistique défendu et le partage des frais de pressage et de distribution, la pratique du split constitue l'un des moyens les plus efficaces pour un groupe d'élargir son audience, notamment en emportant l'adhésion d'un public déjà acquis à la cause de l'autre formation prenant part à l'objet. Extrêmement répandu dans le milieu de la musique indépendante, ce procédé y est d'autant plus courant que les artistes ne signent que très rarement des contrats les liant pour une longue durée. Plus qu'un impératif économique, le split est un pari sur la cohérence d'univers musicaux, pari le plus souvent assumé par les labels eux-mêmes. On peut citer les récents exemples de Best Coast et Jeans Wilder sur Atelier Ciseaux (lire), d'Happy New Year et Nite Fields sur Lost Race Records (lire), de Rape Faction et Chevalier Avant Garde sur Skrot Up (lire), ou encore de Cough Cool et Johnny Hawaii sur Hands In The Dark et La Station Radar (lire). Dans cette litanie hautement recommandable, le label Clan Destine Records (lire) n'est pas en reste et repousse même encore plus loin les frontière de l'exercice, convoquant pas moins de quatre artistes dans les sillons de Statement, split LP paru le 7 août dernier. Si chacun d'entre eux ne possède pas la même présence médiatique, notamment de part et d'autre de l'Atlantique, tous épousent une certaine vision de la création artistique - DIY et radicale - se confondant, par-delà leurs horizons musicaux, à leur amitié franche et communicative. Ainsi Clan Destine Records ne joue pas ici la carte de l’étalonnage de l'un par rapport à l'autre, mais bien celle de la réunion de famille avec d'une part les inséparables Ela Orleans et Dirty Beaches - déjà auteurs d'un split l'année passée sur La Station Radar (lire) - et d'autre part Slim Twig et U.S. Girls, tenanciers à quatre mains du label Calico Corp. Quatre amis se prêtant au jeu de rapiécer leurs bandes et leur poésie sonore le temps d'un intime patchwork en clair-obscur : la verve pop et cinématographique de Max Turnbull (Slim Twig), prenant des airs de théâtre hanté sur Bar Roque et Hidden, s'emballe magnifiquement sur Mary Janepréparant le terrain à la longue plage instrumentale entonnée par Alex Zhang Hungtai, Neon Gods & Funeral Strippers, confinant à un hypnotique mantra où crame sa guitare sur d'éparses rythmiques. Se détachant à point nommé de l'amoncellement terrestre et plombé de Dirty Beaches, l'onirisme altier d'Ela Orleans prend la mesure et s'enorgueillit d'un pur moment de magie, où les morceaux dénués de chants (Odyssey19 Out Of 20 feat. Ted Hughes) impriment la trame d'une ambiance surnaturelle et hors du temps, alors transcendée par The Season et Good Night, élégiaques phantasmes savamment texturés comptant parmi les plus belles chansons de la Polonaise à ce jour. La marche est haute - peut-être trop - pour U.S. Girls qui clôt l'odyssée Statement de cinq vignettes, à la production crade et lo-fi, témoignant plus de ses premières amours (Bits And Pieces911 SongChicago War) que de ses aspirations pop actuelles, notamment avec un imminent LP, GEM, à paraître via Fat Cat RecordsSlim Baby (Long Distance Dub) surnage néanmoins, clôturant, sans compter l'inutile Cairo, ce très estimable split LP édité à seulement cinq cents exemplaires. 

Lire le portrait et l'interview d'Ela Orleans.
Lire le portrait et l'interview de Dirty Beaches.
Lire le portrait et l'interview de Slim Twig.

Audio

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Tracklist

Split w/ Dirty Beaches, Ela Orleans, US Girl & Slim Twig - Statement (2012, Clan Destine Records)

Slim Twig
01. Bar Roque
02. Mary Jane
03. Hidden

Dirty Beaches
04. Neon Gods And Funeral Strippers

Ela Orleans
05. Odyssey
06. The Season
07. 19 Out Of 20 feat Ted Hughes
08. Good Night

US Girls
09. Bits And Pieces
10. 911 Song
11. Chicago War
12. Slim Baby (Long Distance Dub)
13. Cairo


German Army - North Small Map

Oscillant entre poésie post-punk cauchemardesque et labyrinthe synthétique sans issue, les Angelinos de German Army n'ont de cesse d'égrener leur électronique de la terreur sur une pléiade de labels hautement recommandables, tels Hobo Cult, Electric Voice Records, Skrot Up ou Night People - pour ne citer qu'eux. Dernier en date, Clan Destine Records (lire) édite ce mois-ci l'EP cassette Cattle Border dont est extrait North Small Map, porté à l'image par l'hyperactive Ela Orleans. Ou quand la dark wave se niche dans les corps en suspension.

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Tracklisting

German Army - Cattle Border (2012, Clan Destine Records)

01. Translate Person
02. Thorax Journalism
03. North Small Map
04. Bored Heart Strings
05. Albanian Self Portrait


The KVB - Subjection/Subordination

La première fois qu’il nous a été donné de nous frotter à la musique du très discret Klaus Von Barrel, celui-ci sévissait sous le sobriquet de Die Jungen, livrant une dream pop humant le cuir usé d’une vieille Plymouth, l’huile de moteur et la gomina. De doucereuses pop songs semblant s’ancrer dans la désuétude des sixties. The KVB changea la donne avec un Into The Night signé chez Downwards révélant les penchants du musicien anglais pour les ambiances plus ténébreuses, devenant par la même occasion l’un des emblématiques fleurons du label hétéroclite mais ombrageux du producteur Karl O’Connor, aux côtés de Tropic Of Cancer et Pink Playground. Quelques jours avant sa venue à l’Espace B, nous nous devions de lever le voile sur la dernière production de cet artiste résolument majeur paru en octobre dernier sur le label Clan Destine Records.

On se laisse volontiers pénétrer par les volutes shoegaze éraillées de Closing In, hommage passéiste et persistant convoquant les fantômes d’un post-punk des plus mancuniens. Slalomant hors-piste entre cold wave exaltée et dark wave hypnogène, Subjection/Subordination nous plonge dans un état de semi-coma permanent, oscillant entre cauchemar nébuleux, vicié, fiévreux… et hallucination apathique, quasi-lynchienne. Un univers moribond où se croisent vrilles bruitistes et manifestes pop aux couleurs délavées. Des titres comme Slow Death ou Again And Again en sont l’exemple parfait. Si l’on ne peut s’empêcher de penser à la fine fleur du label Factory sur le très corrosif Who Knows, Klaus Von Barrel pervertit ses mélodies de riffs incisifs. La voix lointaine, noyée dans l’écho des larsens, le musicien déploie son spleen, ses pensées s’enchevêtrant dans un marasme  de déflagrations électriques, s’évaporant comme un nuage de fumée au milieu du crépitement de multiples étincelles. Cependant, bien que faisant appel à de bonnes vieilles méthodes que n’auraient pas reniées Joy Division ou Suicide, la musique de The KVB est loin de paraître rétrograde. La profusion d’éléments électroniques est là pour nous le rappeler. Un usage que Klaus utilise sans abus, comme sur Sleeping Walking, où la boîte à rythme dessert la trivialité d’une ligne de percussion lourde et abyssale, figeant le track dans un abîme caverneux. Une délicate pousse noirâtre, bordée d’épines, que l’on ne peut malgré tout s’empêcher de caresser. Un album bercé par une digue de claviers spectraux, hantant des mélodies déchaînées par le tumulte de lignes synthétiques menaçantes, dont la seule rémittence permise est dûe à cette voix à la fois monocorde mais captivante l’habitant. Voyageant inlassablement entre lumières et ténèbres, l’aura musicale de Subjection/Subordination se distancie de quelconques étiquettes pour se révéler au fil d’hymnes DIY comme un objet étonnant d’intense fascination.

Difficile de décoller ses esgourdes de cette compilation de tracks s’imbriquant habilement pour former l’une des plus viscérales et jouissives découvertes de cette fin d’année 2011. C’est à ce titre qu’Hartzine conviera The KVB autour d’un concert exclusif le 14 janvier prochain à l’Espace B, permettant de saluer le talent de l’artiste sur les planches et de s’abreuver de mélodies délicieusement écorchées dont Klaus a l’art et la manière de nous sublimer.

Vidéo

Tracklist

The KVB – Subjection/Subordination (Clan Destine Records, 2011)

1. Closing In
2. Burning World
3. Slow Death
4. Nightmares #2
5. 8 Hours
6. Sleep Walking
7. Who Knows
8. Again And Again


Vidéo : The KVB - Leaning

A travers ses deux projets concomitants, Die Jungen et The KVB, Klaus Von Barrel a confortablement meublé l'année écoulée, au point de délivrer - à l'occasion de son récent LP Subjection/Subordination, paru via Clan Destine Records - l'une des plus belles chansons du cru 2011, The Burning World (lire).

Il ne faut pas plus d'une tournée européenne - démarrant dans moins de deux semaines et dont deux dates, le 14 janvier à Paris à L'Espace B (event FB, préventes) et le 16 janvier à Bruxelles au DNA (event FB), sont organisées par nos soins - pour que le jeune homme s'empresse d'enfoncer le clou et signifier sa présence en 2012. En témoigne Always Then, nouveau LP - toujours sur Clan Destine Records - dès à présent en pré-order via ce lien. Leaning, mise en image par Klaus lui-même, en est un premier extrait.

En prime et en stream, Captive, également tirée d'Always Then et If That's What You Think, morceau de Die Jungen offert pour les fêtes.

Vidéo

Audio

Tournée

13.01. Lyon - Sonic
14.01. Paris - L'Espace B
16.01. Bruxelles - DNA
17.01. Würzburg - Cairo Studiobühne
18.01. Munich - Hotter
19.01. Dresden - Ostpol
20.01. Budapest - Küss Mich
21.01. Prague - Final Club
22.01. Berlin - Death Disco (King Kong Club)
23.01. Hamburg - Astrastube
24.01. Hannover - Glocksee


the KVB - Nightmares #2 / Slow Death

Klaus Von Barel est (déjà) de retour. Après Into the Night, dont on avait évoqué le brio par ici, l’insatiable Anglais saute de label en label dans le but de révéler sa musique toute trempée d'amertume et d'électricité. C'est ainsi qu'après Free Loving Anarchist et Downwards, c'est au tour de Clan Destine Records (lire), de recueillir le natif de Southampton pour un LP cassette, Subjection / Subordination, à découvrir d'ores et déjà en stream par ici et à commander en quelques clics par . Nightmares #2, premier extrait de l'album, explicite à merveille le titre de celui-ci, tant par sa musicalité claustrophobe que par sa mise en image insoutenable. La grande bouffe, avec les mains et les corps. S'ensuit Slow Death, et là, pas besoin de dessin.

The KVB - Nightmares #2 from klaus von barrel on Vimeo.

The KVB - Slow Death from klaus von barrel on Vimeo.


ASSS - This Is The Drum

Le tout jeune label SixSixSixties Records s'unit au plus expérimenté Clan Destine Records (lire) pour extirper de l'ombre et réunir - le temps d'un split vinyle 12", en pre-order par ici - la cold wave minimaliste d'Asss à la noirceur délétère professée par Monika Krol aka Meddicine. Force est de constater que les recettes d'antan apportent toujours leur lot de merveilles délicieusement incongrues, tant l'instrumentation, plus que parcimonieuse (batterie et synthétiseur), couplée à l'intensité de la voix d'Alex Smith, évoque sur This Is The Drum cette claustrophobie indélébile à un certain suicidé mancunien.

En partenariat avec Hartzine et Magic, Les Boutiques Sonores présentent le 16 août prochain au Nouveau Casino (5 €) une soirée hautement recommandable avec Meddicine (Clan Destine / SixSixSixtiesRecords) et Asss (U | H | U), bien accompagnés des Parisiens d'Holy Strays (Not Not Fun) et Unison (Lentonia Records). Soit la fine fleur d'une électronique non rassasiée d'expérimentations vespérales et subversives.

Vidéo

Tracklist

ASSS//MEDDICINE - split 12" (SixSixSixties Records / Clan Destine Records, 2011)

ASSS
01. 2.42
02. This Is The drum
03. Sleep Alone
04. Whit Eyed
05. Through Time
06. This Place Is A Wreck

MEDDICINE
01. Black Night
02. Big Sleep
03. Illusion
04. Words
05. The End


Ela Orleans - NEO PI-R


ela-cover-frontNEO PI-R
, cassette éditée à cent exemplaires par Clan Destine Records et disponible par ici, chipe donc à Mars is Heaven, LP à paraître en septembre prochain sur les labels La Station Radar et Atelier Ciseaux, la succession de Lost, mirifique second album d'Ela Orleans. La même qui, après nous avoir gratifié d'une mixtape et d'une interview, est venue à Paris donner un concert - en sus d'une session privée - dans le cadre d'une soirée unique, le 7 mars dernier - souvenez-vous. Mais, écoute après écoute, force est de constater que l'habilement nommé NEO PI-R (1) est loin de l'avoir volé, quand bien même Planète Mars, seul morceau dévoilé à ce jour de Mars is Heaven, laisse augurer du meilleur. Abandonnant les volutes énigmatiques d'un violon sinueux et torturé à Lost, NEO PI-R se pare de textures lo-fi où samples, effets de voix et synthétiseurs créent une unité narrative stupéfiante, presque confondante tant on est porté à croire que chacun des seize morceaux composant le maillage onirique de cet album est à son exacte place. Comme si la confection expérimentale d'une seule de ces pièces auditives avait appelé la suivante, selon une chimie et une cohérence seyant parfaitement au support cassette. Partageant avec Lost une même cartographie noctambule d'un psychisme ambivalent, où s'entremêlent, par le biais de vocalises tonalement dissemblables, songes éveillés et cauchemars éventés, le continuum NEO PI-R dévoile une intimité, inquiète et mouvante, à la fragilité magnétique. Un dénuement susceptible - à la faveur de plages instrumentales (Night Ride - part 1 & 2, Three Stages of Sleep) ou hantées (Voices - part 3, Voices - part 1), étreignant d'un écrin volubile une poignée d'instantanés admirablement chantés (Apparatus, My Friend Angel, Walking Man) - de ne se déployer que dans les interstices d'une nuit conférant à chaque bruit ou grincement, la musicalité ondoyante et pénétrante des grandes œuvres.

Entretien avec Ela Orleans

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Quelle est le fil conducteur de NEO PI-R ? Qu'est-ce qui t'a hanté, habité pendant toute sa conception ? Après Lost, cet album est-il une sorte de thérapie mentale comme le suggère son titre, NEO PI-R ?
What is the main thread of NEO PI-R? What haunted you during its creation? What was your state of mind? After Lost, is it a therapy mental as suggests it its title, NEO PI-R?

NEO PI-R est juste une nouvelle preuve de ma dévotion pour la musique qui me hante depuis mes 8 ans. J'ai toujours traité la musique comme une thérapie. Le titre peut aussi bien suggérer l'histoire d'une lutte personnelle ou d'un bien-être individuel. Cela dépend de ce que toi tu veux en faire. Je ne pense pas que tu veuilles savoir dans quel état d'esprit j'étais lors de la production de ce travail et je préfère aussi l'oublier. Le plus important aujourd'hui étant... que je suis toujours là et que je fais ce que je veux.

NEO PI-R is just another proof of my dedication to music, which has been haunting me since I was eight years old. I always treated music as a personal therapy. The tittles can either suggest the story of personal struggle or personal well being. It's up to you tho what you want to make out of it. You certainly don't want to hear about my state of mind at the time i was producing this material and I rather forget it also. The important thing is: I am still around and I am doing what I want to do.

L'écoute de NEO PI-R s'avère bien différente de tes deux autres albums. On sent une unité narrative plus intense. As-tu travaillé cet aspect-là, avec la volonté de réaliser une bande originale propice à la mise en image ?
The listening of NEO PI-R is very different than your two other albums. We feel a more intense narrative unity. Did you work this aspect there, with the will to realize a soundtrack convenient to videos?

J'ai fait les vidéos après. Clan Destine Records a décidé de sortir le disque. Je ne suis pas certain pour l'intensité narrative car la plupart des titres sur l'enregistrement ont un langage inventé ou sont répétitives. Des cercles contemplatifs de pensées basiques.

I made the videos after Clan Destine Records decided to put out the tape. I am not sure about intense narrative. Most of the songs on the tape have either made up language or are repetitive, contemplating circles of plain thoughts.

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En quoi se projet diffère-t-il de tes deux autres à venir sur La Station Radar (Mars is Heaven), Night People (Play Fascination) et Clan Destine Records (Fingers) ? Le fait de le sortir via Clan Destine Records t'offre-t-il plus de liberté stylistique, expérimentale ?
In what this project is different from your three others to appear on La Station Radar (Mars is Heaven) and Night People (Play Fascination) and Clan Destine (Fingers)? The fact of realised it via Clan Destine Records does it offer you more stylistic and experimental freedom?

Ce projet est ma première sortie avec Clan Destine Records qui sera suivit d'un LP, Fingers, plus tard cette année. Quand je travaille sur le contenu d'un album, je fais attention à l'intégrité. Je n'essaie pas de reproduire ce que j'ai fait avant, mais faire quelque chose de différent n'est pas non plus mon objectif. Si ça vient, c'est de manière naturelle. Si ça ne vient pas, je ne vais pas forcer le truc. Travailler sur un disque est un jeu purement centré sur ma propre esthétique. Dans la vraie vie, je me sens acceptée par mes amis que je sois habillé en pyjama ou en Armani. Et comme je traite mes fans comme des amis potentiels (mais pas des amants potentiels) je peux juste espérer que cette analogie s'applique à ma musique. Je ne m'intéresse pas vraiment aux tendances dans la musique de mes amis ou de la mienne, je suis trop occupée à travailler sur mon truc.

The tape is my first release on Clan Destine Records and will be followed by the 12" LP Fingers later this year. When I build the material for an album, I care about integrity. I am not trying to replicate what I did before, but doing something different is not my agenda either. If it comes, it must come naturally, if it doesn't, I am not going to force it. Working on a record is purely self centered play with my own aesthetic. In real life I  feel accepted by my friends whether I am wearing pajamas or Armani. Since I treat my fans like potential friends (not like potential lovers) I can only hope this analogy will apply to my music. Also I don't care much about currents in musical careers of my friends or my own, I am seriously busy working on stuff.

Walkingman est particulièrement belle, émotionnelle. Comment as-tu conçu cette chanson ?
Walkingman is particularly beautiful, emotional. How did you conceive of that song?

Cette chanson est une tentative de simplification d'arrangements lyriques (ça sonne compliqué, hein ?!). J'étais sous l'influence de The Walk, la collection de nouvelles de Robert Waiser. Pour moi cette chanson parle du repos, du calme, qui est mon état préféré actuellement.

The song is an attempt of simplification of lyrical arrangement (that sounds complicated ha ha!!!). I was under the great influence of The Walk - the collection of Robert Walser's short stories. To me the song is about being quiet, which is my favorite and current state.

Traduction : Virginie Polanski

Audio

Vidéos

Tracklisting

side A

1. Apparatus
2. Window Smoker
3. Night Ride (part two)
4. Voices (part three)
5. Axon Terminal
6. Living World
7. 5-HTTLPR
8. My Friend Angel

side B

1. Falling
2. Walking Man
3. Three Stages of Sleep
4. Night Ride (part one)
5. Voices (part one)
6. Safeguard Action
7. Synapse Dive
8. Polygraph

Notes

(1) Le Neuroticism-Extroversion-Openness Personality Inventory Test, usuellement dénommé NEO PI-R, est une méthode d'analyse utilisée en psychiatrie pour brosser des profils psychologiques vis-à-vis des cinq principaux traits de la personnalité que sont le névrosisme, soit le contraire de la stabilité émotionnelle, l'extraversion, l'ouverture, l'agréabilité et la conscience.


Ela Orleans - Walking Man

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Chose promise, chose due, Ela Orleans - que l'on ne présente plus (lire) et qui nous a récemment rendu visite à Paris, le temps d'un concert et d'une session privée de haute volée (lire) - débute son marathon discographique dès le premier mai, et ce, sur Clan Destine Records (lire). NEO PI-R, une cassette de seize morceaux - en pre-order par ici et limitée à cent exemplaires - devance donc de peu tant Double Feature, un split de la néo-New-Yorkaise en compagnie de Dirty Beaches (La Station Radar/Night People) que Mars In Heaven, son troisième LP, toujours sur La Station Radar. Intercalée entre la parution du LP de Mater Suspiria VisionInverted Triangle I, et une cassette imminente de Party TrashNEO PI-R tranche avec l'onirisme susurré par Lost et révèle une facette plus expérimentale et lo-fi d'un univers effleuré préalablement, le temps du morceau Light At Dawn, sur la récente compilation confectionnée par Clan Destine Records pour le label digital Beko (lire). Premiers extraits, par le son (Living World) et l'image (Walking Man).

Vidéo

Audio

Ela Orleans - Living World by Carl Clan D

Tracklisting

ela-cover-frontside A

1. Apparatus
2. Window Smoker
3. Night Ride (part two)
4. Voices (part three)
5. Axon Terminal
6. Living World
7. 5-HTTLPR
8. My Friend Angel

side B

1. Falling
2. Walking Man
3. Three Stages of Sleep
4. Night Ride (part one)
5. Voices (part one)
6. Safeguard Action
7. Synapse Dive
8. Polygraph


Clan Destine Records : Interview et Mixtape

Il y eut un temps, symbolisé par le compact-disque, où l'industrie musicale était sûre de son fait. Un temps d'ailleurs où des mastodontes comme Universal, Sony Music, EMI ou Warner n'hésitaient pas à s'octroyer les entournures d'une culture alternative aussi bien en aspirant financièrement chaque label indépendant consentant (Mute, Island Records, Virgin Records...) qu'en asphyxiant, par la création de filiales autonomes bénéficiant de leur réseau de distribution (tel Small pour Sony et Geffen pour Universal), ceux disposés à lutter à armes inégales. Pur produit de l'indie américain, Nirvana, passant de Sub Pop à Geffen, squattait alors les charts avec la bénédiction des majors quand Sonic Youth faisait figure d'épouvantail d'un underground consacré annuellement sous les hospices du Lollapalooza, festival indépendant et itinérant, créé en 1991 par Perry Farrell (Jane's Addiction) et vite tombé dans la transhumance mercantile.

Par une telle emprise, insufflant un conformisme teinté d'ambitions commerciales, les majors transformèrent en l'espace de deux décennies les relations entre maisons de disques et musiciens, ceux-ci n'étant plus jaugés qu'à l'aune de leur potentialité sonnante et trébuchante, tout en diluant l'essence même de leur identité vis-à-vis d'auditeurs ne se comportant plus à leur égard qu'en qualité de consommateurs. Si le mélomane pouvait se fier aux choix esthétiques d'un label qu'il connaissait sans pour autant connaître le groupe dont il compulsait au hasard le vinyle, quelle peut être la confiance de ce dernier pour une maison de disques dont la direction artistique se trouve supplantée par la commerciale ? Infime. Soit la marge de manœuvre par laquelle une myriade de labels indépendants investirent à nouveau, dès la fin des années quatre-vingt-dix, les aspérités créatives d'une industrie musicale bientôt moribonde. Car si la concurrence de ces labels à l'identité forte n'a jamais vraiment été un enjeu pour les majors, l'émergence d'internet en constitue un d'une toute autre ampleur.

Piratage, téléchargement illégal, l'argument est connu. Mais ce que l'on souligne moins est cette poussée toute récente d'une kyrielle de micro-labels, associant les nouvelles technologies de l'instantanéité au DIY le plus intégral et diffusant leurs sorties physiques - vinyles, cassettes ou CD-R - sans passer par la case "distribution". Pas sûr que cela fasse trembler les fondations de l'industrie musicale, mais peu à peu ladite démarche de "label" reprend un sens autrement moins fermé et réservé aux initiés qu'auparavant. Différents des net-labels, ne proposant qu'un agrégat de téléchargements gratuit ou payant, ces labels n'en sont pas moins proches, partageant un esprit et une esthétique développées sans aucun autre motif qu'artistique. D'ailleurs, comment ne pas dresser un ponts entre eux alors qu'Amdiscs (lire), La Station Radar (lire), ou encore Free Loving Anarachist ont, chacun leur tour, collaboré avec la plus éminente des structures digitales, Beko Dsl (lire) ?

La dernière collaboration du label brestois résonne de ce fait tel un round d'observation annoncé. Clan Destine Records et sa cohorte de l'ombre - Petra Schelm, oFF, Gr†LL Gr†LL, Among The Bones, Gray Things, Ela Orleans, Drugs For Drunks, GHXST, Sealings, King Dude, GuMMy†Be∆R!, Fostercare, Mater Suspiria Vision, I††, Nattymari, Malibu Wands... - investissaient le 6 février dernier les limbes digitales pour une double compilation (lire) à la mesure de ses ambitions. Basé à Londres et proposant un catalogue non négligeable de sorties oscillant entre minimal-wave, witch haus, indie rock et ghost folk, Clan Destine Records confectionne au fil de ses sorties une identité sonore et visuelle seyant parfaitement à son nom et matérialisant un entremêlement d'influences à situer du côté de l'énergie et l'imagerie d'un punk anglais politisé et DIY, de la transgression que prônait la musique industrielle conçue par Genesis P. Orridge et Peter Christopherson, ou encore du chopped & screwed, né de remix au ralenti de morceaux du Dirty South par le Screwed Up Click d'Houston et en particulier de Dj Screw. Un prisme multiple donc pour une bande-son se déployant hors des sentiers battus, à la lisière d'un ciel partagé entre beauté crépusculaire et fantasmagorie noctambule. Carl - qui viendra croiser les platines avec Fleur et Jérôme de La Station Radar le 7 mars prochain à l'International lors d'un concert réunissant Ela Orleans, Terror Bird et Holy Strays (les détails => ICI) - nous entrebâille les portes d'un univers à l'extravagance magnétique en plus de se fendre d'une mixtape exclusive - à écouter et télécharger ci-dessous - dédiée à la mémoire de Peyton Houchins de Gray Things.

Entretien avec Carl de Clan Destine Records

mePeux-tu te présenter en quelques mots ? Qui es-tu Carl et qu'as tu fait avant Clan Destine Records ?
Can you introduce yourself in a few words? Who are you Carl and what did you do before Clan Destine Records?

C'est un secret.
What we do is secret....

Quelles sont tes premières influences musicales ? Le punk DIY ? Le post-punk anglais et américain ?
What were your first musical influences ? Punk DIY ? English and US post-punk ?

J'ai toujours eu des goûts musicaux très larges et éclectiques. J'ai grandi en écoutant du punk et du hardcore, du post-punk et du hip hop. Mais en ce qui concerne mon travail avec le label, je dirais que mes principales influences, en particulier du point de vue de l'esthétique, sont les groupes et les labels totalement indépendants et Do It Yourself, tels que Crass. Mais ma plus grande influence est sans doute Industrial Records et Throbbing Gristle et la musique hallucinante de Psychic TV, Coil, Chris and Cosey...

My personal music tastes have always been broad and wide ranging. I grew up listening to Punk/Hardcore, Post Punk and Hip Hop. But yes on what I do with the label I'd say the biggest influences, especially in an aesthetic way, are bands and labels that were totally DIY, like Crass for example. But maybe the biggest influence would be Industrial Records and Throbbing Gristle, and all the amazing music that came from that Psychic TV, Coil, Chris and Cosey, etc.

Raconte moi comment Clan Destine Records est né. Qui est derrière ? Comment vous vous êtes rencontrés et quelle a été l'idée à l'origine ?
Tell me how Clandestine Records was born? Who is behind? How did you meet and what was the idea of origin?

Plusieurs personnes sont impliquées dans le label à des degrés divers même si je suis le principal intéressé. C'est moi qui traite directement avec tous les artistes. À l'origine, le label devait servir à auto-produire certains projets dont je faisais partie... mais ça n'a pas abouti. Nous avons quand même conservé l'idée du label pour produire la musique de nos amis et tout est parti de là.

There are a few people involved with the label to varying degrees. But it's mainly me, I deal with all the artists directly. The label started originally to self release some projects I was involved in but that fell apart.....we carried on with the label idea though and released music our friends were doing and its grown from there.

Pourquoi ce nom "Clan Destine Records" ? Une marque de résistance ? Contre qui ?
Why this name, "Clan Destine Records"? A mark of resistance? Against who?

Nous n'avons et n'aurons jamais rien en commun avec l'« industrie de la musique » sous quelque forme que ce soit, à moins que ce ne soit à nos conditions et aux conditions de nos artistes, et j'ajouterais que c'est une question de musique, non de label. C'est de là que vient le nom du label. Ça a avoir avec l'intégrité par rapport à la musique.

We have and will have nothing to do with the 'music industry' in any shape or form, unless its on our own terms and our artists terms, plus its all about the music not the label. So I guess that's where the label name came from. It's about integrity to the music.

Pourquoi choisir les formats cassette et vinyle ?
Why are you choosing the K7 and vinyl formats?

Nous avons sorti pas mal de cassettes car c'est un format peu coûteux mais aussi parce que nous l'aimons. Pour ce qui est des vinyles, c'est plus une raison physique : dans son ensemble, le vinyle est un objet d'art qui véhicule les rêves, les cauchemars, l'art d'une personne, ou une partie d'elle-même. Acheter une cassette ou un disque demande un certain effort : il faut se lever pour la ou le retourner, il faut en prendre soin. Ils sont tactiles, réels. Bref, ces supports conviennent parfaitement à la bonne musique, tu ne trouves pas ?

We put out a lot of K7's because we can get a lot of good music out, and to people in an affordable way with that format. But also we just like cassettes. Also with vinyl its a physical thing, taken as a whole its an object of art. Carrying someones dreams, nightmares, art, a part of themselves. You have to make an effort when you buy a tape or record. You have to get up and turn them over, look after them. They are tactile, real. Befitting good music don't you think?

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Clan Destine Records sort aussi bien des artistes indie rock que witch haus... Comment choisis-tu les artistes avec lesquels tu travailles ?
Clan Destine Records takes out as well indie rock as witch haus's records... How do you choose the artists you work with ?

Pour faire simple, nous ne sortons que ce qui nous plaît. Nous partons du principe que si nous aimons, quelqu'un d'autre aimera aussi. Nous avons produit beaucoup d'artistes différents aux styles musicaux différents. Mais de la bonne musique, c'est de la bonne musique et je pense qu'il est sain d'être ouvert et de ne pas se confiner à un seul genre. Ceci dit, s'il y a un point commun à toute la musique que nous produisons, c'est qu'elle a été réalisée par les artistes. C'est une évidence pour nous. L'entente avec nos artistes est également importante. Nous acceptons rarement les démos.

To boil it down to the basics, what we put out has to sound great to us, and we think if we like it, someone else will too. We have released a lot of different artists with different musical styles. But good music is good music, and I think its healthy to have an open mind and a disregard for genre pigeonholes. That said there is a common ground with everything we put out and that's that all the music we release is made by the artists because it had to be. It's also important we get on with the artists we put out. We rarely accept demos.

Quelle est la ligne artistique du label ? Il y a une esthétique, un concept que tu essayes de prolonger à chaque sortie ?
What is the artistic guideline of the label ? Is there an aesthetics, a concept which you try to keep at every release ?

Nous avons eu la chance de travailler avec des artistes / designers extrêmement talentueux pour nos pochettes : Calla Donofrio, Mario Zoots, William Cody Watson, Carlos Ruiz (qui a conçu notre logo et qui nous a fait quelques couvertures), Bianca Bazzocchi, Joshua Burwell, pour ne citer qu'eux. J'ai fait moi-même pas mal d'artworks et parfois ce sont les groupes eux-mêmes qui les font. Mollie Wells et Conrad Vollmer (Petra Schelm / Warm Hands) ont fait un merveilleux boulot avec leur nouvelle cassette par exemple. Je pense pouvoir dire que l'esthétique commune à nos albums est plutôt sombre et DIY.

We've been lucky to work a lot of really talented artists/designers for our covers, Calla Donofrio, Mario Zoots, William Cody Watson, Carlos Ruiz (Who designed our logo, as well as doing some covers for us), Bianca Bazzocchi, Joshua Burwell, amongst others. I have done a lot of the covers too, and sometimes the bands do their own art. Mollie Wells and Conrad Vollmer (Petra Schelm//Warm Hands) made a wonderful zine and art for their new tape for instance. Though I guess we do have a 'dark' and DIY aesthetic that comes through in our releases.

Quelles sont les relations entre les groupes et le label ? Il s'agit juste de sortir leurs disques ou les relations sont plus fortes et soutenues ?
What are the relations between the groups and the label? It is only for releases or are the relations stronger and more sustainable?

Comme je l'ai déjà dit, il est important que nous nous entendions avec les artistes / groupes que nous produisons. La majorité de ce que nous avons produit étaient des projets d'amis ou d'amis de nos amis. Donc, nous travaillons généralement en étroite collaboration. C'est presque comme une famille ou un clan. Probablement plus comme la famille Manson ou Addams qu'une famille traditionnelle, mais tu vois ce que je veux dire...

Like I mentioned earlier its important to us to get on with the artists / bands we release. Most of what we have released has been friends projects or people we have met through our friends so it usually works out as a close relationship. Almost like a family or Clan. Probably more like the Manson or Addams family than a normal functional family but there you go...

screwpuffinDis m'en plus sur la witch haus... C'est ton attrait pour Dj Screw qui fait que tu aimes ce genre musical ?
Tell me more about witch haus... Is it your attraction for Dj Screw who makes you love this musical genre?

Je dois dire que je ne suis pas un grand fan du terme « witch haus »... En fait, je n'aime pas que l'on catégorise les choses, bien que je puisse le comprendre d'une certaine manière. Mais je suppose que ça va durer. Ça convenait à des groupes comme Pictureplane et Shams qui ont été les premiers à y recourir en faisant de la house music plus lente qu'ils accompagnaient d'images occultes. Le style couvre peut-être maintenant trop de sons disparates, mais peu importe. Dj Screw a toujours été l'un de mes artistes préférés. L'héritage que The S.U.C. et lui-même ont laissé derrière eux est plutôt incroyable. C'est triste que tant de membres des Clik ne soient plus là... R.I.P. Screw et tous les soldats des Screwed Up Clik qui nous ont quittés. Mais pour faire court, oui, cela m'a beaucoup influencé, ainsi que de nombreux producteurs de witch haus.

I have to say I'm not a big fan of the term witch haus haha. But then I'm not a fan of most pigeonholing, though I can understand it in a way. But I guess its here to stay. It suited bands like Pictureplane and Shams who first used it. Who made slowed down house music with okkult imagery. Now it covers maybe too many disperate sounds, but who cares. Dj Screw has always been one of my favorite artists. And the legacy he and The S.U.C. left behind is pretty amazing. It's sad so many of the Clik has passed though. R.I.P. Screw and all the Screwed Up Clik soldiers that have gone. But short answer, yes a big influence on me and a lot of witch haus producers, its the source.

Qu'est-ce qu'un bon morceau de witch haus ?
What is essential to make good witch haus songs?

Selon moi, et je ne peux pas parler au nom de tous, il faut simplement faire de la bonne musique. Il ne s'agit pas uniquement d'adapter la chanson d'un autre avec audace ou quoi que ce soit. Si tu veux faire de la witch haus, il faut que tu gardes à l'esprit Screw et tous ceux qui en ont fait avant toi, probablement mieux que toi. Ça doit venir de toi, pour toi.

To me, and I can't speak for everyone. It's just make good music. Not just pitch down someone else's song in audacity or something. For those that do that remember Screw and a slew of others have done that already and probably better than you. Do something from yourself, for yourself.

I††, Ice Cream, Modern Witch... des fils de Salem... ou différents et mieux ?
I††, Ice Cream, Modern Witch... all sons of Salem... or different and better ?

Ice Cream sont plus punk psychédéliques selon moi. Mais I††, Modern Witch, Drugs For Drunks, Fostercare, Nattymari, Gummy Bear, MSV et les autres artistes que nous avons sortis, ou que nous allons sortir, ont été étiquetés witch haus. C'est plutôt naturel de les comparer à , vu leur succès. Mais, pour moi, ils sont tous totalement différents. Je ne produirais pas un groupe qui ressemble à Salem, à moins qu'il ne s'agisse de Salem... ! Je suis un grand fan de Salem et Young Cream. Une réponse courte...pour changer.

Ice Cream are more psychadelic punk to me. But with I††, Modern Witch, Drugs For Drunks, Fostercare, Nattymari, Gummy Bear, MSV and the other artists we have put out, or will soon, that have been labelled witch haus, I guess its natural to compare them with Salem, with their success. But they are all totally different sounding to me. I wouldn't put out a band that sounded like Salem, unless it was Salem themselves haha. I'm a big fan of Salem and Young Cream. So short answer...different.

Dead Gaze, Ela Orleans... Tu partages beaucoup d'artistes avec les labels français Beko et La Station Radar... Quelle est ta relation avec eux ?
Dead Gaze, Ela Orleans... you share many artists with French labels Beko and La Station Radar... In what way are you related to them?

Les gars de Beko et de La Station Radar sont extras. Nous partageons des artistes avec d'autres labels aussi, comme DISARO, Sex Is Disgusting, etc. Nous nous entendons avec un tas de gens d'autres labels indépendants dont nous partageons les goûts et avec lesquels nous échangeons des disques. Le monde est tout petit en fait...

The people at Beko and at La Station Radar, are awesome. We share artists with other labels too, like DISARO, Sex Is Disgusting, etc. We have the same tastes, trade records, and are friendly with a lot of people at other DIY labels. Also sometimes its just a scarily small world haha.

Dis-m'en plus sur Ela Orleans.
Tell me more about Ela Orleans...

La première fois que j'ai entendu Ela, c'était sur le LP Lost de La Station Radar. C'est un de mes albums préférés. Quand elle a accepté, un peu plus tard cette année-là, de faire un album avec nous, j'étais super excité. C'est aussi l'une des personnes les plus incroyables que j'ai jamais rencontrées, mon alter ego...

I first heard Ela's music on the LP Lost from La Station Radar. It's one of my favorite records. So I was stoked when she agreed to do a record with us later this year. She's also one of most awesome people. I've ever met, my second self....

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Quel est le futur proche de Clan Destine Records ?
What's the near future of Clan Destine Records?

K7's par oFF, Petra Schelm / Warm Hands, Mushy / Drugs For Drugs, Nattymari / Gummy Be∆R!, Dose, GHXST et un LP par Mater Susperia Vision pour janvier ou février... Et plein d'autres à venir. Plus de vinyles l'an prochain et, j'espère, de téléchargements aussi.

K7's by oFF, Petra Schelm//Warm Hands, Mushy//Drugs For Drugs, Nattymari/ Gummy Be∆R!, Dose, GHXST,  and an LP by Mater Susperia Vision for Jan/Feb...lots more to come. More vinyls next year and hopefully downloads too.

Et tes espoirs les plus fous ?
And your craziest hopes ?

J'ai toujours voulu prendre Cuba et, de là, prendre les États-Unis et briser le statu quo. J'y travaille ! Sérieusement, en ce qui concerne le label, juste sortir de la bonne musique et peut-être amener les gens à penser par eux-mêmes...

I've always wanted to take over Cuba and then use it as base to take over the US and smash the status quo. I'm working on it. Seriously though, with regards to the label, just to put out good music, and maybe get people to think for themselves...

Quel est ton sentiment sur l'industrie de la musique et internet ? Les choses sont-elles différentes ? La musique a-t-elle un prix ?
How do you feel about the music industry and the internet ? Are things different ? Has the music no price ?

Je pense que les jours de l'industrie de la musique populaire sont comptés et ce n'est pas pour me déplaire. Pourquoi ? Parce que les grands labels ne reposent sur rien d'autre que sur les marges bénéficiaires et n'ont aucun scrupule à entuber leurs artistes et leurs clients. This is merde.

Ce que nous faisons, ainsi que les labels que nous aimons, n'a à mon sens rien à voir avec l'industrie de la musique grand public. Les labels comme Bathetic, Savoury Days, Night People, Sex Is Disgusting, La Station Radar, M'Ladys, Sacred Bones, FLA, Skrot Up, Kill ShamanFamily Time, Desire, Disaro - je pourrais continuer des heures - et nous-mêmes, sont une alternative à l' « industrie de la musique » populaire, basée sur la musique, l'art et l'intégrité. Cela semble prendre de l'ampleur, ce qui est évidemment génial !

Internet, comme la plupart des choses, a autant de côtés positifs que négatifs. Les avantages, à mon sens, sont la facilité de communication et de promotion et la possibilité de découvrir un tas de bonne musique. Et surtout, c'est gratuit et facile à utiliser. Donc, pourquoi ne pas le faire ? Les désavantages, avec la musique, ce sont les téléchargements gratuits qui peuvent dévaluer la musique et l'art de plusieurs façons. Mais les cordes de guitare et les sampleurs ne sont pas gratuits. Donc, soutenez vos artistes préférés, bande de cyber hippies ! En plus, le monde derrière votre porte est bien plus intéressant que ce qui, par essence, n'existe pas ailleurs que sur un écran: allez à des concerts, faites sauter le gouvernement, faites-vous renvoyer, formez un groupe, la seule chose qui soit sûre dans la vie, c'est qu'elle a une fin, ne la gaspillez pas devant un écran !

I think the mainstream music industry is going the way of the dodo and that's not a bad thing in my eyes. Why? Because major labels are based on nothing but profit margins, and have no qualms about screwing over their artists or their customers. This is merde.

I think what we and the labels we like do, is totally separate to the mainstream music industry. Labels like Bathetic, Savoury Days, Night people, Sex Is Disgusting, La Station Radar, M'Ladys, Sacred Bones, FLA, Skrot Up, Kill Shaman, Family Time, Desire, Disaro, (I could go on and on) and ourselves are an alternate to the mainstream 'music industry', based on the music, art and integrity to it. This seems to be flourishing now. This is of course awesome.

With the internet, as with most things it has both positives and negatives. Positive things in my mind are, easy communication, promotion, and you can check out loads of good music. And in the main its free and easy to do. So use it. Negatives, with music, in some ways free downloads are expected now, and i think this can devalue music, fine in a lot of ways. But guitar strings and samplers are not free, support your favorite artists, cyber hippies. Plus the world out your door is way more interesting than anything that in essence doesn't exist beyond a screen and some wires, go to a show, blow up a government building, get laid, start a band, the only thing you can count on in life is its going to end, don't spend all of it looking a screen.

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Sans mentionner les groupes du label... Quelle came te rend addict ?
Without mentioning your label's groups...  What are the things you are addicted to?

Je suppose que tu veux dire musicalement ? Tu ne parles pas de sexe et de drogue ? Les groupes que j'aime vraiment pour le moment et qui ne sont pas signés par nous sont Die Antwoord, Hounds Of Hate, Graffiti Island, Hype Williams, //TENSE//, Thee Oh Sees, Os Ovni, LA Vampires, Sauna Youth, Salem, Unison, Ty Segall, Factums, Portable Morla, Black Orphan, Gospels, Procedure Club... Je pourrais continuer indéfiniment... J'écoute beaucoup de musique. Beaucoup de vieux minimal synth, du dub et du garage punk aussi.

I take it you mean musically? Not Sex and drugs? Bands I am really liking now, not on the label are, Die Antwoord, Hounds Of Hate,Graffiti Island, Hype Williams, //TENSE//, Thee Oh Sees, Os Ovni, LA Vampires, Sauna Youth, Salem, Unison, Ty Segall, Factums, Portable Morla, Black Orphan, Gospels, Procedure Club....I could go on and on....I listen to a lot of music. Lots of old minimal synth, Dub andgarage punk too.

Pour finir, demande-moi quelque chose...
To finish, ask me anything...

Puis-je te toucher, mon ami ?

Can I touch you friend?

Mixtape

Clan Destine Records Hartzine Mix (download)

La mixtape a été confectionnée avec amour à partir de morceaux choisis de manière aléatoire parmi nos sorties passées et à venir. Elle est dédiée à Peyton Houchins de Gray Things qui nous a quittés le 28 décembre dernier. C'était un super gars et c'était toujours un vrai plaisir de discuter avec lui... tu vas nous manquer !

The mixtape is woven with love from tracks taken at random from our releases so far, or upcoming ones. It is dedicated to Peyton Houchins of Gray Things who sadly passed away on 28th of December this year. He was a great guy and it was always a pleasure to talk to him, you will be missed bro!

01. Mushy - I Kill My Faith edit
02. Gray Things - Lazy Dream
03. Dead Gaze - Tag The Stray
04. Skylines - Clean Covers
05. Fostercare - Body search
06. Neonates - Private World
07. Modern Witch - Your Life A Movie
08. Ice Cream - Little Children
09. Petra Schelm - Darker (Warm Hands cover)
10. I†† - øø_psalms
11. Nattymari - Pokey Steve Chop
12. Drugs For Drunks - ø√€® †h€®€