Chloé l'interview

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Photo © Thomas Pirel

À l'occasion de la troisième édition du WEE, le Théâtre Auditorium de Poitiers organisait le samedi 31 janvier une Sieste Electronique avec Chloé, pendant laquelle le public était invité à s'allonger au centre de la scène de l'auditorium. Quatre hauts-parleurs disposés en hauteur diffusaient la sieste. Chloé, quant elle, était au centre de ce dispositif, jouant au milieu des corps allongés.

Chloé l'interview

Chloé

Photo © Bernard Mouchon

Pour commencer, est-ce que tu pourrais revenir sur la genèse du projet Le surréel et son écho, dont la sieste que tu as faite samedi est, je crois, une continuité. Il s'agissait d'une commande commune entre le Centre Pompidou et France Culture ?

Ce projet est l’aboutissement d’un processus, qui a commencé par une commande du Centre National des Arts Plastiques (le CNAP) et de l’Atelier de Création Radiophonique (ACR), émission sur France Culture. Il m’a été proposé une carte blanche pour faire une pièce sonore. Je m’intéresse depuis longtemps au dadaïsme et au surréalisme, disons que ma vision de la musique fait écho à ce mouvement (entre autres) dans la démarche « politique » qui ne veut pas créer justement, mais détruire l’ordre établi. Une façon de ne pas vouloir rentrer dans une case prédéterminée. J’ai voulu faire une sorte de création surréaliste autour du surréalisme; au final c’était une façon de m’approprier le sujet et d’en faire une sorte de quête personnelle et introspective. L’émission a été diffusée sur France Culture et était aussi apparue avec un CD-livre, Chasser-croiser, le surréel et son écho, sorti aux éditions Dis Voir. A cette occasion, j’ai réadapté ce projet pour en proposer un live à Beaubourg.

Comment est né ensuite ce projet de sieste pour le TAP à Poitiers ?

Le live que j’ai joué au TAP de Poitiers résonne avec ce projet pour l’ACR, je l’ai réadapté pour la Sieste électronique. Les dispositifs ne sont pas les mêmes : à Beaubourg, j’étais face à un public assis en face. Bernard Joisten (artiste) avait créé les vidéos et la lumière pour permettre une immersion totale du spectateur, tandis qu’au TAP, le public était allongé dans le noir, avec quelques points de lumière. La donne est très différente, d’autant plus que ces deux dispositifs sont très inhabituels pour moi, mais me permettent aussi de proposer « autre chose »… Quoi exactement, je ne sais pas, mais quelque chose qui s’immisce dans le sommeil. C’est la première fois que je jouais devant un public allongé, c’est étonnant.

Ce samedi, j'ai été très frappé par une chose dès le début de la sieste. J'ai d'avantage eu l'impression d'être face à un collage sonore qu'en face d'un live ou d'un set. Il y avait beaucoup de choses superposées, des poèmes surréalistes, DADA, des bruits, des morceaux de certaines parties de tes productions aussi, et ta voix en direct. Comment tu as travaillé cette matière ?

J’ai intentionnellement utilisé les mêmes procédés que prônaient les dadaïstes et les surréalistes : la poésie sonore, le bruitisme, ou même le ready-made de Marcel Duchamp (qui dit que n’importe quel objet peut être désigné comme une œuvre d’art). J’ai eu accès aux archives de l’INA et j’ai pu écouter des centaines d’interviews allant de Man Ray, Duchamp, Louis Aragon, etc., des enregistrements d’époques des artistes Fluxus et de leurs performances artistiques. Pour mon live, j’ai voulu créer un pont entre ces enregistrements d’époques et mes sons plus « modernes » (dans le sens émancipation) en créant de nouvelles ambiances et en transformant des sons. Ensuite je construis toute l’architecture du live en direct, et transforme encore des choses en direct avec des pédales de guitare, ou bien ma voix que je passe dans ces pédales ou d’autres effets.

Comment tu as procédé pour le choix des poèmes ou des pièces pour cette sieste ? J'ai reconnu Persiennes d'Aragon notamment, dont je ne connaissais pas cette version « performée ».

J’ai fait un tri dans ces interviews pour ne garder que des bouts de phrases ou de réflexions que j’aimais bien. Il y a cette phrase de Man Ray, par exemple, qui résume le dadaïsme avec humour : « Comment est-ce qu’on devient dadaïste ? Je dis c’est très simple il faut les fréquenter c’est tout ». En écoutant ces interviews, j’ai été choquée de constater qu’il y avait très peu d’interviews de femmes autour de ce mouvement. Chez les surréalistes, la femme ne semble être qu’une source d’inspiration, une muse. Ça m’a donc beaucoup amusée l’idée de traiter ce sujet, en tant que femme, et je dois dire que j’ai pris beaucoup de plaisir à « jouer » avec ces voix d’hommes. J’ai rééquilibré les voix hommes / femmes : on retrouve notamment la voix d’Elsa Triolet (femme d’Aragon), et celle de Mirabelle Dors (archive que j’ai trouvée par mes propres moyens, grâce à un ami qui m’a transmis ses bandes d’interviews). Et puis je me suis aussi appropriée des enregistrements : par exemple j’ai intégré une partie du poème d’Apollinaire Sous le Pont Mirabeau, progressivement ma voix vient hanter et prendre le dessus. J’ai demandé à un ami de réciter le poème Persiennes d’Aragon, en y rajoutant des ambiances sonores… Ce qui m’intéressait, c’était ce mélange ancien/nouveau, homme/femme, chacun et chacune avec leurs timbres de voix et accents.

Ce phénomène de "collage" est aussi un procédé très Dada et surréaliste. Il y a eu énormément de pièces et de tentatives plastiques autour de cette esthétique, avant qu'après la Seconde Guerre Mondiale, elle soit reprise en gros par les lettristes, puis les situationnistes. Est-ce que pour toi, cette esthétique du collage est une manière possible de déplacer, ou d'expérimenter la musique électronique ?

Effectivement la musique électronique me permet d’aller plus loin qu’un simple collage. J’ai utilisé des effets qui transposent, alternent les sons pour les faire devenir autre chose.

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J'ai aussi été frappé, mais comme souvent quand je vois tes live, par une sensation de lenteur, comme si tu ralentissais en permanence le tempo. Ça donne un effet très particulier sur ce que l'on peut ressentir en tant que spectateur.

Le live me permet de donner autre chose que ce que je fais en club ou ce que je produis en studio. C’est un parti-pris que de ralentir mes live, ça laisse plus place à la réflexion et à l’imaginaire de chacun. Et puis prendre son temps est un luxe, surtout dans la société dans laquelle nous vivons où tout doit aller encore plus vite et plus loin.

Il y a un autre phénomène bizarre qui s'est créé pendant cette sieste, c'est une sorte d'état de somnolence - la position allongée jouant énormément sur cet état de demi-sommeil et de conscience un peu, comment dire, autre. C'est un état d'attention assez particulier, où tu disparaissais au profit d'un état de conscience plus enclin à l'imagination qu'à regarder le dispositif de diffusion. Tu as travaillé en ce sens ? Je veux dire, pour plonger l'auditeur dans un état de conscience différent qui fait qu'on oublie ce dispositif de diffusion ? Il y avait presque quelque chose d'onirique qui finissait par se créer…

Les auditeurs et moi-même étions plongés dans le noir, et le public était allongé : ça change complètement le rapport scène/public, et cela donnait un avantage : se concentrer sur l’essentiel, les sons, et ne pas penser au regard des autres.

Comment tu as travaillé ce dispositif scénique d'ailleurs ? Il y avait, je crois, quatre enceintes au plafond, tu étais d'une certaine façon au milieu de l'espace mais peu à peu, ce dispositif devenait très peu perceptible. Voire invisible.

L’idée était d’accentuer l’effet de sieste, de sommeil, en créant un espace fermé pour que l’auditeur soit en immersion totale. Le public était donc allongé, et les sons venaient du haut, permettant ainsi d’accentuer les sensations et de ressentir les vibrations oniriques.

Il y avait une sensation aussi, assez particulière, sans doute du fait de cet état de conscience un peu différent, une sensation assez fantomatique du son, comme si quelque chose se jouait à l'intérieur de ce grand collage mais qui n'était là que par écho, par apparition et disparition. Est-ce que c'est aussi quelque chose que tu as travaillé ?

De la même façon que ralentir le live permet à chacun d’imaginer plus de choses, j’ai accentué la sensation de lenteur et de suggestion par ces procédés d’apparitions/disparitions. Ça laisse chacun libre de faire sa sieste comme il l’entend.

Tu avais déjà joué trois ou quatre fois à Poitiers, dont deux fois où je me souviens d'un dispositif singulier. La première, c'était pour les 20 ans du Confort Moderne, et la scénographie avait été réalisée par Ingrid Luch. Tu étais très proche du public, dans un coin de la salle, et au sol, il y avait un éclairage particulier aussi, et dans mon souvenir, pas de barrière entre toi et le public. L'autre fois, c'était pour le festival OFNI avec, je crois, Transforma, où là il y avait un dispositif vidéo qui accompagnait ton live. Avec la généralisation du clubbing nocturne et la multiplication des lieux et des soirées, notamment à Paris, est-ce que tu as envie de te diriger vers de nouveaux formats ou de nouveaux espaces de diffusions ? Je pense à ton travail pour la Biennale de Venise par exemple.

Je me verrai bien continuer à faire plus souvent des live en mode « siestes électroniques » le week-end comme ça, c’est peut-être un avenir pour mes vieux jours ? A réfléchir. Mais je crois que je m’ennuierais si je ne faisais que cela, et que le club me manquerait trop. L’idéal pour moi est d’alterner mes soirées clubs/DJ et ce genre de live un peu plus expérimental, c’est beaucoup plus enrichissant personnellement. J’écume les clubs depuis une vingtaine d’années, il est donc important pour moi aussi que je cherche de nouvelles choses ailleurs qui me créent une source d’inspiration très forte, aussi bien pour mes productions que pour mes DJ-sets. J’ai des projets qui arrivent au fil des années, et les choses se font (ou pas) selon les affinités. Dans le cas de la Biennale de Venise par exemple, Anri Sala m’a contactée pour collaborer sur son projet Ravel, Ravel, Unravel, c’était un long travail mais tellement enrichissant.

Pour finir, peut-être, est-ce qu'il y aura une continuité à ce projet ? Est-ce qu'on doit y voir une orientation pour un futur album ou un futur live ?

Oui oui l’histoire continue… un nouvel album sur lequel je travaille, de futurs live, et des soirées clubs encore, pour le meilleur et pour le pire !


Chloé - One In Other

cover-chloe-web-bigjpgDJ émérite de la clique parisienne Kill the DJ, Chloé se démarque, après une poignée de maxis et de compilations, en 2007 avec l'album The Waiting Room. Deux ans après son excellent mix CD Live At Robert Johnson, elle revient avec One In Other, toujours à la recherche de la niche parfaite entre dancefloor et salon.

Ouverture sur Word For Word qui est à l'image de la composition ambivalente de l'album : juxtapositions synthétiques de plages calmes et rythmées. S'ensuit l'envoûtant Diva où un chœur se balade sur un rythme 4x4 secoué par une basse bancale et un riff de guitare dévastateur qui s'effondrent brutalement pour repartir gravir de plus belle la pente menant aux sommets rythmiques ; une sorte de French Kiss de Lil Louis à la sauce Kill the Dj. Le morceau suivant quant à lui  se caractérise avant tout par son efficacité, le tube assuré, dans une veine rock à la Weatheral, mais presque trop évident... On rentre ensuite dans une zone d'accalmie salvatrice avec la comptine The Glow qui discrètement ouvre la voie au sublime One In Other, sorte de slow minimal où Chloé nous expose ses atouts de vocaliste... Magnifique. Elle enfonce le clou de l'expérimental sur le lynchéen You, où le New-Yorkais Chris Garneau vient apporter sa contribution hypnotique et ses talents d'attrape-coeurs. Et ça repart, avec One Ring Circus, ritournelle psyché, bancale et freak à mort avec sa voix pitchée passée à la moulinette, Danton Eeprom n'est pas loin. Fair Game fait un saut dans le passé de l'artiste, rappelant les sonorités d'antan, celles que Chloé composait avec son accolyte Krikor au sein de Plein Soleil, projet qu'on espère voir renaître d'ici peu. Enfin les deux derniers morceaux reprennent définitivement la voie de la décélération réduisant peu à peu la vitesse et nous plongeant doucement vers l'univers brumeux et abyssal de l'artiste.
Chloé réussit haut la main le délicat passage du second album. La cohérence est là, malgré la diversité des styles abordés. Il faudra néanmoins avoir l'esprit jusqu'au-boutiste pour que ce dernier dévoile tous ses charmes. Un album, un vrai, à l'image de sa pochette, franc mais aux contours toujours aussi troubles.

Audio

Chloé - Distant

Tracklist

Chloé - One in Other (Kill The DJ, 2010)

1. Word For Word
2. Diva
3. Distant
4. The Glow
5. One In Other
6. You (Feat. Chris Garneau)
7. One Ring Circus
8. Fair Game
9. Slow Lane
10. Herselves
11. Ways Ahead


Chloé l'interview

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"L'Art, c'est la nature accélérée et Dieu au ralenti". Une maxime qui à elle seule pourrait bien résumer le parcours de Chloé. Sur des formats peu courus par les musiques de club, la Parisienne a eu tendance à ralentir l'allure. Après un acoquinage rapide à la pratique live, Chloé a récemment sorti son deuxième album One in Other (Kill The Dj). L'occasion était de parler de sens caché, de portes ouvertes et de spontanéité.

Je me rappelle de ta date au Confort Moderne (Poitiers) il y a deux ou trois ans, un de tes premiers lives pour The Waiting Room. Une certaine appréhension était palpable ce soir-là. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ta découverte de la prestation live ?

Pendant longtemps je n’étais pas attirée par le live particulièrement, en tout cas je n’avais pas envie de faire un live club, le djing me suffit pour ça. Au fur et à mesure est venue cette idée de faire un live au ralenti, en revisitant des morceaux en direct, de façon spontanée et improvisée, c’est une prise de risque mais c’est enrichissant.

Un live techno, c'est différent d'un live rock, on ne peut pas changer la setlist tous les soirs. Quels ont été les facteurs te permettant de faire évoluer tes lives ?

Le live m’a donc permis de proposer au public ma musique que je produisais en studio jusque-là. Ça a fait le lien qui me manquait entre le studio et le djing. Le live m'a permis d'affirmer mon style, de trouver des idées en direct. Mon live est un amas de mes sons d’albums, de remixes, de maxis, de collaborations, et de sons à venir, le tout joué de façon improvisée.

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Est-ce que ces éventuelles évolutions ont impacté l'écriture de One In Oher ? Y-a-t'il eu un "après The Waiting Room" ?

Après The Waiting Room, j’ai continué à faire des morceaux, comme si je travaillais sur mon album. C’est comme ça que j’ai commencé à faire One In Other, c’est la continuité de The Waiting Room. Aussi, certaines trames de morceaux de One In Other sont tirées d'idées de mes lives, d’extraits de diverses collaborations. Je me sers de toutes les matières que j’ai pour faire mes productions.

One In Other est plus franc, la rythmique est beaucoup plus appuyée et il y a même des morceaux orientés plus dancefloor et pourtant tout cela reste brumeux, bancal... Penses-tu avoir réussi à trouver le pont entre la piste de danse et la maison ? Le djing a-t-il eu plus d'importance dans ce deuxième opus ?

Pour moi ce disque a été fait plus spontanément, donc il est peut-être plus radical que le premier, en tout cas plus affirmé. The Waiting Room était plus intime, sombre, mais se terminait sur une porte ouverte. Avec One In Other j'ai pris la porte, je suis sortie. Le fait de confronter directement ma propre musique en live m'a permis d'affirmer mon style. Malgré tout, je continue toujours et encore à jouer avec les contrastes (fermé/ouvert, chaos/cosmos, sens apparent/sens caché, etc.). C’est sûrement le point commun entre tout ça (prod, dj, live). Ce sont mes modes d'expression qui me permettent d’accentuer les effets de styles. Le djing continue constamment de me nourrir, tout comme la production qui nourrit mes mixes, je me sers de l’un et l’autre, comme je l’ai toujours fait d’ailleurs.

Quelles étaient les lignes directrices de One In Other ? Qu'est-ce que tu voulais explorer à travers un second album ?

Ce sont les liens entre l'Un et l'Autre, et la façon dont se tissent ces liens qui m'ont donné un point de départ. Je voulais les mots "one" et "other" dans le titre, le rapport entre l'un et l'autre. On dit "l'un dans l'autre", "ni l'un ni l'autre", "l'un après l'autre", etc. Le mot entre les deux aurait pu être n'importe lequel, finalement. Après chacun interprète comme il veut le sens, qui est l'un, qui est l'autre, chacun y trouve sa propre réponse. Le tout dit de façon suggérée.

Ça ne sera une surprise pour personne s'intéressant de près à toi mais en écoutant ton nouvel album, j'ai retrouvé l'éclectisme propre aux compilations (CD et/ou digitales) de Robert Johnson. Peut-être plus qu'ailleurs, il se dégage un son des artistes/des djs gravitant autour de ce lieu. Un mélange subtil de son dur et moelleux, de rythmes lents mais entraînants. Qu'est-ce qu'il se passe là-bas ? Il s'agit réellement d'un lieu de référence pour toi ?

Le Robert Johnson fait partie de ces rares lieux, un peu commme le Pulp, où l’on ressent une réelle liberté d’expression, c’est un petit endroit convivial, le sound system est dément, et le dj joue autant de temps qu’il le souhaite, ça peut durer longtemps, ça permet vraiment d’installer son ambiance. Je n’y ressens aucune contrainte.

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A ce titre, peux-tu nous présenter le projet Plein Soleil qui a sorti un maxi chez Robert Johnson ? Où en êtes-vous de ce projet ?

Plein Soleil est un duo électronique qu’on a créé avec Krikor en 2008. On a sorti deux maxis jusque-là (un sur le label Live At Robert Johnson, Casus Belli, un autre sur Resopal, Let’s Sway) et fait quelques remixes (Losoul entre autres). On prévoit d’autres maxis à venir dont un sur Kill The Dj Records.

D'ailleurs tu sors très peu de maxis... Le long format a plus d'importance à tes yeux ? Avec le digital, ce format vaut-il encore la peine d'être exploité ?

J’ai sorti pas mal de maxis avant mon premier album (liste ci-dessous), les albums sont une continuité logique, je continuerai à en faire malgré la crise du disque parce que j’ai toujours besoin de faire de la musique, et d’en écouter. Je n’ai jamais calculé en terme de marketing si c’était bien de sortir un disque ou pas, sinon je n’aurais même pas fait d’albums. A mes débuts je ne me concentrais que sur les maxis, aujourd’hui je me lance dans les projets d’albums, j’ai aussi plus de remixes, et de collaborations, et quand c’est possible des maxis.

* Plein Soleil - Casus Belli (Playhouse, 2009)

* Plein Soleil - Let’s Way (Resopal, 2008)

* Be Kind To Me (Kill The Dj, 2007)

* Suspended (Kill The Dj, 2007)

* Afterblaster avec Alexkid, 2006

* Point Final/Hand In Hand avec Sascha Funke (Bpitch Control, 2006)

* Around (Kill The Dj, 2006)

* What's The Matter (Karat, 2006)

* Troubles (Karat, 2005)

* Take Care (Crack'n Speed, 2005)

* The Flick Of The Switch (Dialect, 2004)

* The Forgotten EP (Karat, 2004)

* Erosoft (Karat, 2002)

J'ai vu que tu allais soutenir la sortie de One In Other par des dj sets à droite à gauche dans les mois à venir, comptes-tu le défendre également en configuration live ?

Je vais continuer à tourner dans les clubs et festivals en dj, mais je suis aussi en train de préparer un live avec les artistes visuels berlinois Transforma. On présentera le live en exclusivité le 15 mai au festival Les Nuits Sonores à Lyon, et à Paris à l’Alhambra le 17 juin.


Krikor l'interview

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Même si cela fait plus de 10 ans que le parisien officie dans le milieu electro entre collaboration avec divers grands labels (Kill the Dj, d.i.r.t.y),participation à des compilations qui ont fait date, production sur sa propre structure, un maxi, deux maxi,trois maxi...l'investissement au sein de diverses collaborations artistiques (France Copland, Plein Soleil),  c'est véritablement avec son premier album Land Of Truth que l'énigmatique Krikor nous étonne et se dévoile enfin au sein d'une œuvre hybride qui se refuse à choisir entre toutes ses facettes d'expérimentateur hors pair.

Pourquoi sortir un premier album si tardivement alors que ton activisme dans le milieu electro ne date pas d’hier ?

Simplement parce que je n'étais pas prêt, ou du moins, pas prêt a faire un album comme je l'entendais...

Quel regard portes-tu aujourd’hui sur le Krikor des débuts ?

Aucun, il est le même, juste techniquement plus avancé avec plus de poils sur le torse et un peu moins de cheveux.

Bon nombre d’entre-nous en écoutant Land of Thruth n’avons pas trouvé de qualificatifs véritablement appropriés pour décrire ta musique tant celle-ci nous apparaît protéiforme. Comment toi, du côté du créateur, la considères-tu ?

Je ne sais pas, j'aime pas mettre des étiquettes, et j'ai du mal à avoir du recul la dessus. Je le vois juste comme un album de chansons un peu mélancoliques et pas mal pour conduire la nuit...

Quelles sont tes principales influences musicales et lesquelles a-tu mobilisées lors de la création cet album ?

je n'ai pas pensé à cela lorsque j'ai fait cet album, j'ai juste laissé les choses aller, le résultat laisse apparaître mes influences d'adolescent qui sont assez diverses...

Certains morceaux de l’album comme Everything Fades ou Wanton boy nous apparaissent dans leur conception respectives très cinématographiques. L’image quelque soit d’ailleurs sa forme, intervient-elle à un moment donné dans ton processus de création, entretiens-tu un rapport particulier avec cette dernière et éventuellement envisagerais-tu un jour de composer pour le cinéma?

Si on me le demande, oui! C'est une chose qui m'intéresse, mais faut-il encore rencontrer une personne avec laquelle il peux y avoir un dialogue, une compréhension mutuelle.

Toujours à propos d’image, peux-tu nous éclairer sur la signification de l’artwork de Land of Thruth ?

Chacun peux y voir ce qu'il veux, j'aime bien les lectures multiples...

Battant et Poni Hoax sont deux groupes dont les chanteurs donnent de la voix sur ton album. Le rock actuel te fais-t-il toujours rêver ? D’ailleurs tu nous fais entendre ton organe sur quelques titres de Land of Thruth. Aimes-tu cet exercice? Le mythe du chanteur de rock est-ce pour toi un fantasme?

Le rock m'a fait rêver quand j'avais 15 ans. Aujourd'hui,  j'aime bien des choses qui peuvent être actuelles mais je suis plus touché par un mec comme hasil adkins...
Je n'ai pas chanter par fantasme de scène ou de gloire Rock'N'Roll mais juste parce que j'avais besoin d'une voix et que je n'en trouvais pas a ce moment...

Une autre Chloé fait une apparition sur Land of Thruth, ceci annoncerait- il un prochain album de Plein Soleil dont tu partages l’affiche avec l’auteur de The Waiting Room ? Q’est-ce qui vous rapproche ?

Le travail de plein soleil est très différent de ce morceau ou j'ai demande a Chloé de chanter en duo. Plein soleil est plus un projet électronique, mais tout est possible... Avec Chloé nous travaillons de manière naturelle, nous nous entendons très bien musicalement et du coup les choses vont très vite!!! Elle travaille actuellement sur son prochain album, dès que nous avons du temps nous essayons d'avancer sur plein soleil...

Par ailleurs as-tu d’autres collaborations en vue, un retour de France Copland peut-être ? L’aventure de ton label Omerta Registrazione se poursuivra-t-elle ?

France copland va renaitre mais sous une autre forme, avec une autre personne... Omerta registrazione est en suspend, je n'ai pas du tout le temps de gérer cela actuellement, j'aimerai bien continuer à produire des disques vinyls, j'aime l'objet autant que le contenu.

D’où t’est venu cette inclination particulière pour la musique concrète ou plus généralement pour la recherche musicale contemporaine? Que gardes-tu de ces instants passés au conservatoire du XXème siècle à suivre les cours d’Octavio Lopez? En as-tu retiré une conception particulière de la musique?

J'écoute des musiques très différentes, la musique concrète, la musique contemporaine ont eu une importance dans mon parcourt musical, autant que le rock ou la pop qui a berce mon adolescence. Les cours au conservatoire du 20eme ont été très important, j'y ai rencontre Octavio, compositeur émérite, et ami, c'est une personne très ouverte, avec qui nous avons échangé beaucoup de choses, d'idées, de points de vue, et aussi de techniques...

Tu as toujours eu une activité importante de remixeur? Est-ce une que tu affectionnes particulièrement cet exercice et comment le conçois-tu?

Oui je le fais toujours, je le vois surtout comme un exercice de style, me permettant d'expérimenter encore plus.

Peux-tu nous donner ta playlist du moment?

Suicide - rough guy
Natural numbers
The monk - monk time
The henchmen - surfin' bird
Throbbing gristle - hot on the wheels of love - ratcliff mix
Hasil adkins - out to hunch
Sister iodine - flamme desastre (version cd sur mego soooon!)
The dead hillbillies - Donna (tigersushi 7ich)
Joakim - back to wilderness (k7 promo)

Le mot de la fin ?

Je n'aime pas l'idée de finalité, donc pas de mot de fin...

Interview réalisée par Benoît