Charles De Goal - Mobilisation & Resistance

Le Général disait que la fin de l'espoir est le commencement de la mort. Une maxime plus ou moins reprise et dévoyée par Patrick Blain et son groupe Charles De Goal qui reviennent aux affaires dans une France déliquescente avec le double LP Mobilisation & Resistance à paraitre aujourd'hui sur Danger Records - huit ans après l'ultime LP Restructuration. Un retour déjà bien préparé en 2014 par la réédition, toujours via le label francilien Danger, du mythique premier album Algorythmes - originellement divulgué en 1980 par New Rose Records et alors taillé dans la glace new-wave - , et ce malgré la douloureuse perte la même année du batteur originel Jean-Philippe Brouant. Tel un phoenix ayant fait murir ses textes à l'aune des nécessaires révoltes contemporaines, Charles De Goal assène en deux disques mitoyens un programme résolument extrémiste, voir nihiliste, prétextant de l'infamie d'une époque pour avoiner un synth-rock bilingue fracassant à lui seul toute idée de contrôle social débilitant. Et parce qu'il en fallait un, à l'invitation de Rouge Vinyle l'appel est lancé le 17 mars prochain à Mains d'Oeuvres pour une release party (Event FB) de l'album aux côtés d'Infecticide et Komplikations - que l'on connait bien dans nos pages.

Concours

On fait gagner deux places pour cette release. Pour tenter votre chance, rien de plus simple : envoyez vos nom, prénom à l'adresse hartzine.concours@gmail.com ou remplissez le formulaire ci-dessous. Les gagnants seront prévenus la veille du concert.

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Audio

Tracklisting

Charles De Goal - Mobilisation & Resistance (Danger Records, 18 février 2016)

A1. 7X
A2. Extinction
A3. Zigzag
A4. 20 Oeil
B1. Faille
B2. A Feu Et A Sang
B3. Obsolescence Programmée
B4. Blackpool

C1. Ténèbres
C2. Larmes A Gauche
C3. Insight
C4. Point De Mire
D1. Metastasis
D2. En Hiver
D3. Repos Mérité
D4. Fin De Parcours
D5. Serbènét


On y était : Animals & Men, Charles de Goal & The Monochrome Set

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photos©Seb Petit

Animals & Men, Charles de Goal, The Monochrome Set, Mains d'Å’uvres, Saint-Ouen, 15 mars 2014

La nostalgie n’a pas bonne presse de nos jours, et les tournées de reformation menacent toujours de se résumer à la reconstitution poussive d’une gloire d’antan, toute confidentielle fut-elle (ce qui ne fait que rajouter au poids du culte). Pourtant, tout inspire une grande bienveillance ce soir aux Mains d'Œuvres où défilent trois noms connus des circuits alternatifs de l’âge d’or post-punk.

Si vous avez moins de 35 ans, il est peu probable que vous connaissiez Animals & Men autrement que par leurs apparitions sur les Messthetics, ces inépuisables compilations de perles obscures. Le quatuor du Somerset possède encore un charme discret, probablement conservé intact par des années de tournées de pubs. Porté par une chanteuse nasillarde vissée sur un tabouret avec un pied dans le plâtre, leur post-punk binaire doit autant au Velvet qu’à The Fall ou mille groupes de no wave, et s’avère particulièrement satisfaisant à l’ère du néo-vintage à la Dva Damas et consorts.

En second acte, Charles de Goal vient se plier à l’exercice du live qui reprend l’album phare titre par titre, et qui a le mérite de ne pas mentir. On se souvient de son Algorythmes qu’il vient interpréter ce soir comme d’une jolie tranche de cold wave française bien sèche, à l’humour carré, or ici, trente ans après les faits, ça sonne comme du rock, tout simplement. Ça ne perd pas de sa force de frappe, mais peut-être un petit peu de sa singularité. Les tubes Exposition ou Synchro paraissent étonnamment normaux, et dénués du décalage géométrique de l’époque, mais pas de leur acharnement quasi-comique.

https://www.youtube.com/watch?v=ZC23nvGblCU

On bascule dans la grande classe avec The Monochrome Set en clôture, dont le charme vicieux semble aujourd’hui intact. Souvent classé post-punk à la va-vite du fait de son affiliation Rough Trade/Cherry Red à l’époque, le groupe anglais a pourtant toujours produit une sorte de vaudeville art-pop à textes, d’une écriture très raffinée - ce qui en fait le seul groupe du genre que Morrissey a daigné apprécier de son temps. Accoutrés comme s’ils sortaient du clip d’Ashes To Ashes de Bowie, ils versent aujourd’hui dans un western spaghetti aussi séduisant que sarcastique, soutenu par une empoigne instrumentale élégante qui les rend tranquillement fascinants sans forcer. Le charme de l’ancien, sans nul doute.