V.A. - Milkin' It (PREMIERE)

milkin-it-cover-1500xRien ne sert d'être un observateur avisé des grandes tendances discographiques mondiales - cette merde doit sûrement exister d'ailleurs - pour se rendre compte d'une chose : Nirvana et sa concise, mais détonante, contribution à l'histoire du rock n'a pas été totalement pillé, vampirisé, dépouillé de sa substance, vulgarisé et gadgétisé. Certes oui, ce bon vieux Kurt a été bouffé à toutes les sauces - de l'icone incomprise et végétative à celle canonisée à bout pourtant par ses propres soins - , mais le patrimoine musical du trio, ayant réussi à imposer Seattle sur la carte étasunienne, n'est pas encore tombé dans l'escarcelle d'un savant fou ayant eu le bon goût de confier l’entièreté du catalogue à la reprise d’opérette contre royalties. Shakira chante du Cabrel mais toujours pas de Cobain. C'est déjà ça. Les morceaux issus de Nevermind comme d'In Utero pèsent de leur naturelle force, aura, pour décourager toute reprise hors-contexte. Proche du crime de lèse-majesté même pour un type qui, lui, se plaisait bien à se réapproprier les chansons des autres - et l'album Unplugged en compte une chiée. Mais In Utero à 20 ans et il fallait bien qu'il y ait quelque chose d'un peu plus authentique qu'une version Deluxe à 150 dollars pour marquer le coup. Ce supplément d'âme dans la commémoration procède étonnamment de Toronto, où plus d'une quinzaine de groupe réunit par le label Hand Drawn Dracula et les groupes Wooden Sky et Greys ont conjugué leurs forces pour faire naître cette compilation tribute, Milkin' It, à récupérer contre un email à cette adresse. Histoire pour eux de se manifester telle une scène rock aussi hétérogène qu'intégrée - comme l'était alors celle de Seattle et Olympia à l'époque - , mais aussi et surtout marquer leur attachement à ce disque hors-du-commun, n'ayant pris une ride si ce n'est celle de nos oreilles défraîchies. Comme on peut s'y attendre avec ce type d'exercice de style, il y a du bon, du moins bon et parfois du très bon. Notre tiercé : Odonis Odonis, Breeze et Absolutely Free. A noter que la pochette collage est signée James Mejia, instigateur d'un label présenté l'année passée dans nos colonnes (lire).

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Tracklisting

V.A. - Milkin' It (Hand Drawn Dracula, 7 octobre 2013).

1. Breeze - Serve The Servants
2. Greys - Scentless Apprentice
3. Beliefs - Heart-Shaped Box
4. Ostrich Tuning - Rape Me
5. Fresh Snow & Julie Fader - Frances Farmer Will Have Her Revenge
6. Lowell Sostomi - Dumb
7. Teenanger - Very Ape
8. Absolutely Free - Milk It
9. Weather Station - Pennyroyal Tea
10. Odonis Odonis - Radio Friendly Unit Shifter
11. Hooded Fang - Tourette’s
12. Wooden Sky - All Apologies
13. Doomsquad - I Hate Myself And Want To Die
14. Milk Lines - Sappy
15. Hsy - Moist Vagina
16. Tess Parks - Marigold


Breeze - Dolls

Breeze-DollsComme on pouvait s'y attendre, Breeze - ou le side-project de Josh Korody de Beliefs que l'on a évoqué l'année passée à l'occasion d'un très bel 7" EP (lire) - prend de l'ampleur. Après n'avoir été qu'une simple passade de compositeur en transit, puis projet doux dingue d'amis en bourlingue, Kyle Connolly et Shawn Dell rejoignant l'affaire, Breeze devient un véritable groupe avec le ralliement du bassiste Dustin Hawthorne (Hot Hot Heat) et l'enregistrement par Leon Taheny (Owen Pallet, Dusted) d'un LP à paraître sous peu via Hand Drawn Dracula (lire). L'onirique et brumeuse Dolls - mise en images ci-après par Adam Christopher Seward - bénéficie d'une relecture inédite et vrombissante, signée d'un Ricardo Tobar en pleine bourre (lire). Entre les deux, nos coeurs balancent - et c'est tant mieux.

Vidéo

http://youtu.be/wn32oIM6FAA

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Breeze - Paradise (in a while) / Repent

Le 11 septembre prochain, Hand Drawn Dracula publiera digitalement le single Paradise (In A While) de Breeze, parution doublée d'une sortie cassette à tirage ultra-limité. Comme la plupart des projets défendus par le label patronné par James Meija - longuement interviewé par ici - Breeze est le fait d'accointances amicales, d'un side-project emballant puis d'une collaboration des plus fructueuses. Josh Korody, producteur et architecte d'Elk et de Belief, imagine tout d'abord seul des textures sonores inspirées d'un shoegaze à la Ride - où d'oniriques mélodies filtrent au travers d'un brouillard de distorsions - puis s'entoure d'amis - Kyle Connolly d'Elk et Shawn Dell de Great Bloomers - pour investir son propre studio d'enregistrement, situé à Toronto. Alors rejoint par le bassiste d'Hot Hot Heat, Dustin Hawthorne, un LP prend forme sous la houlette de Leon Taheny (Owen Pallet, Dusted) dont Paradise (In A While) déflore subtilement la teneur, notamment par le biais d'une vidéo signée Adam Seward de Rituals. Si la famille Hand Drawn Dracula s'agrandit, les liens unissant tout ce beau monde ne sont pas près de se distendre, au risque de ne plus rien y comprendre. Un moindre mal en somme.

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