La Route Du Rock Collection Hiver 2016

La Route Du Rock Collection Hiver 2016, du 24 au 28 Février 2016 à Rennes & Saint-Malo

Inaugurée sur les chapeaux de roues avec une première soirée rennaise illuminée, paraît-il, par une prestation dantesque des montréalais de Jerusalem In My Heart, on était pas mécontents pour notre part de démarrer cette édition hivernale avec l'alléchante programmation de cette seconde soirée: Car Seat Headrest, Kevin Morby et Here We Go Magic, autant dire que ça sentait bon la dentelle. Will Toledo, premier à fouler la scène de l'Antipode, ne décevra pas nos attentes, provoquant même un enthousiasme réel et des dodelinements de tête garantis sans coup du lapin: avec sa dégaine et ses chansons définitivement laid back, Car Seat Headrest délivre une slacker-pop délicieusement addictive et définitivement détendue du gland, piochant dans les qualités d'un certain nombre de nos héros, de Yo La Tengo à Teenage Fanclub en passant, bien sûr, par Stephen Malkmus. Le petit Will est sans doute promis à des lendemains enchanteurs. Kevin Morby, lui, sera la déception de la soirée: non pas que l'individu manque d'inspiration, ou que l'on remette ses qualités d'écriture en cause. Avec Woods, Morby a prouvé ces derniers temps qu'il était capable du meilleur (même si le prochain album du groupe, City Sun Eater In The River Of Light, à paraître en avril prochain, divisera sans doute un peu plus...). Mais sur ce coup, il convient de reconnaître que le garçon, seul sur scène, agira sur nous comme si on on nous avait collé trois Temesta dans la bière: une prestation gentiment soporifique, sans être désagréable, mais terriblement convenue et plan-plan. Les fans seront restés fans à la fin du set, les autres se seront poliment et progressivement détournés de la scène, un peu engourdis. Par la suite, Here We Go Magic, qui avec leur dernier album Be Small sont revenus à une formule plus épurée et plus intimiste, remplira son contrat sans difficultés: avec un Luke Temple serein aux manettes, le groupe délivre un show empreint d'une classe naturelle et d'une finesse qui lui sied à ravir. C'est beau, c'est juste, et constitue une conclusion idéale de la parenthèse rennaise avant le coup d'envoi des réjouissances malouines.

Cavern Of Anti Matter
Cavern Of Anti Matter

Et il convenait d'être à l'heure à La Nouvelle Vague le lendemain pour assister à ce qui restera comme l'un des highlights de cette édition: Novella, le quintette de Brighton aux trois-quarts féminin, aura remporté la mise haut la main avec un show mêlant mélodies légères, raffinées, et puissance sonique entêtante. Certes, tout ne semble pas totalement abouti chez Novella, mais ces chansons armées d'une sensibilité mélodique typiquement twee, d'une dimension hypnotique non sans rappeler DIIV, et d'une efficacité digne de leurs glorieuses ainées Elastica ou Lush, ont toutes les qualités pour faire sacrément parler d'elles. Un concert réjouissant, énergisant, galvanisant. Et de l'énergie, il nous en faudra pour supporter la suite des évènements: La Priest, qui aura choisi son plus beau pyjama pour investir seul la scène de la Nouvelle Vague, délivrera un set pour le moins... anecdotique. Enchaînant ses vignettes electro-pop se voulant plus érudites qu'il n'y paraît mais sonnant pourtant inexorablement datées, l'ancien leader de Late Of The Pier ne déclenchera pas un enthousiasme débordant, bien qu'il semble décidé à s'agiter un maximum pour honorer le festival. Pas foncièrement désagréable, mais tout sauf mémorable. Dans tous les cas, le pire était à venir: le collectif Bon Voyage Organisation, dont on se demande bien comment ils ont pu atterrir dans la programmation, constitue sans doute l'un des pires traumatismes vécus durant une Route Du Rock, été et hiver confondus. Visiblement plus soucieux de leur apparence que de la qualité de leur musique, et probables malheureuses victimes d'une hypertrophie égotique carabinée, les Bon Voyage Organisation tournent à vide, sans que l'on comprenne pourquoi ils semblent si réjouis de la vacuité de leur œuvre. Qu'ils tentent à l'occasion de faire guincher quelques commerciaux du BTP dans des afterworks niortais, ou qu'ils ambiancent des retours de mariage à Juan-les-Pins, d'accord. Mais pitié, qu'ils nous laissent en dehors de ça, on a rien demandé. Heureusement, Flavien Berger aura réussi par la suite à nous ramener à la vie, et c'est une sacrée performance quand on a été précédé d'une telle catastrophe. Berger, fidèle à ce qu'on connaît de lui, promènera sur scène sa touchante singularité, ses chansons surréalistes en bandoulière, qui allient à merveille poésie contemplative et froideur techno. Une parenthèse spatiotemporelle, à la fois bucolique, urbaine et intersidérale, qui aura sauvé les meubles de la soirée avec brio, avant que Benjamin John Powers, moitié des délicieux Fuck Buttons, ne s'occupe de clôturer en beauté la nuit avec son projet solo Blanck Mass. Nappes de synthés saturés, rythmes extatiques, incandescence du son et des sens: quoi de mieux pour terminer une soirée nichée au cœur de l'hiver breton qu'une bonne gifle de ce type, à la fois capable de faire rosir les joues et glacer les synapses. Il était temps de rentrer se pager, un peu étourdis par tant d'émotions contradictoires, pour remettre à nouveau le couvert le lendemain.

Hookworms
Hookworms

Malheureusement, intervient ici une ellipse que commande un minimum d'honnêteté: des raisons impérieuses nous ayant conduit à manquer une partie de la soirée, exit tout commentaire sur la pop argentée de l'Écossais C Duncan, et de celle de son voisin Irlandais Villagers. Mais notre arrivée tardive ne l'aura heureusement pas été assez pour manquer Hookworms, combo de Leeds qui avec son second album a considérablement gagné en cohérence et en puissance. Leur psych-rock bien frontal fait merveille sur scène, éructé avec urgence, sincérité, et à une vitesse folle. Excellente entrée en matière, donc, avant que Cavern Of Anti-Matter, nouveau projet de Tim Gane de Stereolab pour faire court, ne déboule sur scène. Avec une galette convaincante en poche ne s'éloignant pas de l’œuvre "stereolabienne" mais incluant des éléments kraut et parfois garage, on était en effet impatients de voir la puissance de frappe de ces morceaux sur scène. Et elle se révèle considérable: dans une formule guitare/batterie/machines à l'efficacité sans faille, chaud comme la braise, le trio jouera à merveille la carte de l'hypnotisme et finira par remporter la mise auprès d'un public pourtant quelque peu désarçonné en début de set. La soirée se conclura sur la même dynamique vertueuse avec Drame (lire notre interview), nouveau projet kraut-disco de Rubin Steiner. Bien plus enjouée que son nom ne l'indique, cette nouvelle entité, sans complexe et en toute décontraction, aura su s'occuper de fournir au public une dernière secousse avant de renvoyer tout le monde à ses pénates. La dimension impro et éminemment collective saute aux yeux et fait plaisir à voir et entendre, tant ces types semblent s'amuser sur scène. Avec en cadeau bonux un Quentin Rollet des grands soirs, chaud-bouillant au saxo, on ne cachera pas notre plaisir d'avoir pris un bon shoot de cette sauce kraut-disco-techno bien fêlée du casque et jamais prétentieuse.

Drame
Drame

Et la fin d'une édition hiver nous amenant invariablement à envisager sa prochaine homologue estivale, on en profite donc, satisfait de notre week-end malouin, pour nous faire l'écho d'une initiative plutôt originale du festival: faisant appel aux talents de pronostiqueurs de son public, La Route Du Rock organise en effet  un concours sortant des sentiers battus. Vous pouvez en effet laisser dès maintenant libre cours à vos fantasmes de line-up parfait, en imaginant celui de la prochaine édition été sur cette page dédiée. Les affiches les plus approchantes de la réalité gagneront deux passes VIP. De quoi goûter, en plus des concerts, à l’inénarrable ambiance de l'espace pro du Fort Saint-Père.


Blanck Mass - No Lite Genesis Breyer P-Orridge Dreamachine Mix

Il suffit qu'il y en ait un ou deux qui bougent, pour que les autres se décident également à remuer. Non, rien à voir avec les fonctionnaires du Ministère de la Culture, mais bien avec la galaxie post-Throbbing Gristle. Tandis que le film d'Amélie Ravalec projette sur les écrans leurs minois loin d'être tous défraîchis (lire), tour à tour Drew McDowall (lire) puis Chris Carter et Cosey Fanny Tutti (lire) ont dégainé de nouveaux albums - loin, très loin même, d'être inutiles. Il fallait donc bien que Genesis P-Orridge y aille de sa petite annonce. Et cette dernière tombe plutôt à propos puisqu'elle voit la moitié de Fuck Buttons, Benjamin John Power aka Blanck Mass, plutôt bien reçu dans les parages (lire), rétrocéder une partie de son génie à l'une de ses figures tutélaires, l'ancien de TG et Psychic TV s'emparant du morceau No Lite - extrait du LP Dumb Flesh paru en début d'année - pour le concasser façon ambient et Dreamachine sous LSD. Tout va bien, on est bien, c'est édité à cinq cent exemplaires sur un vinyle d'une seule face le 16 octobre via Sacred Bones records. Et y'a même du tambour et de la flûte à la fin.

Audio


Hz Monthly Mixtape - May15

mai 2015

Chaque mois, la mixtape de la rédaction, à écouter et télécharger.

[button colour="accent" type="standard" size="medium" link="http://www.mediafire.com/download/t600e8awbtxlthk/HZ+MONTHLY+MIXTAPE+%E2%80%93+MAY15.zip" target="_blank"]Download[/button]

Hz Monthly Mixtape - May15

01. Holly Herndon - Interference
02. Uku & Marun - dream boy
03. Ishinohana - Lucía (John Talabot's Sunset edit)
04. Ben Vedren - Trem
05. Daxyl - Blue Password
06. Johnson - Tender Higher
07. Lowris - AAA
08. Picky Picnic - Hontokana
09. Gucci Mane - Cold Day
10. Jazz Cartier - The Downtown Cliché
11. 51717 - Regard
12. Mariah - Shinzo No Tobira
13. No More - A Rose is a Rose
14. Die Wilde Jagd - Der Meister (radio mix)
15. Nick Klein – Collector
16. Rangleklods - Schoolgirls
17. Jean Pierre Decerf - Leavin My Place
18. The Apartements - Looking For Another Town
19. Bill Fay - Underneath the Sun
20. Design a wave - Weird f
21. Mittland och Leo - Ascona
22. Bambi Davidson - Cattles
23. Wumpscut - Pornography
24. Blanck Mass - Cruel sport
25. Dommengang - Everybody's Boogie


Hz Monthly Mixtape - April15

avril 2015

Chaque mois, la mixtape de la rédaction, à écouter et télécharger.

[button colour="accent" type="standard" size="medium" link="http://www.mediafire.com/download/r5t7hpwxkhwht7j/HARTZ_MONTHLY_MIXTAPE_–_APRIL15.zip" target="_blank"]Download[/button]

Hz Monthly Mixtape - April15

01. Cio D'Or - Now and then
02. Sigward & Oliver Sudden - Atma Atma
03. Benoit Pioulard - Upon the break arch
04. Follakzoid - Electric
05. Le Matin - Mange la marde
06. The Outsiders - Epiphany
07. Camouflage - Love is a shield (Orbit dub)
08. PanSTARRS - Weshek Bayen
09. Demian Castellanos - Afterthought
10. Tal National - Zoy Zoy
11. Monsalve y los forajidos - La Carcajà
12. Young Thung - Can't tell (feat T.I & Boosie Badazz)
13. Kendrick Lamar - The blacker the berry
14. PNL - Lala
15. Sunny Graves - Drawing hands in soft light
16. Blanck Mass - Loam
17. Lotic - Heterocetera
18. Rouge Mécanique - Vimory
19. Sumy - Where Were You Last Night (Sexy Lady)
20. Galcher Lustwerk - I Neva Seen
21. Medium Medium - So Hungry So Angry
22. CLOCK DVA - 4 Hours
23. Star Tropics - Summer Rain
24. L'estasi Dell'oro - Premeditating The First Gate
25. François X - Dreaming of Tesseract


HZ MONTHLY MIXTAPE – MARCH15

public_bath_big

Chaque mois, la mixtape de la rédaction, à écouter et télécharger.

[button colour="accent" type="standard" size="medium" link="http://www.mediafire.com/download/8bu1avmpijex4ki/HZ_MONTHLY_MIXTAPE_–_MARCH15.zip" target="_blank"]Download[/button]

Hz Monthly Mixtape - March15

01. Moral - Frosty Nights
02. Skizzy Mars feat. Phoebe Ryan - The City
03. Chief Keef - Himalayas
04. Jimmy Whispers - Heart don't know
05. Dean Blunt - Grade
06. Buvette - The Goodbye Party
07. Early One - Earth
08. Television Set - Drawings on a bus
09. Blackmail - Dur au mal
10. The Wolf under the moon - Unreality
11. A Place to bury strangers - Now it's over
12. Fit of Body - Walking
13. Legowelt - The sea is so silent
14. PG.99 - By the fireplace in white
15. Shlømo ‎– Rechaïm
16. PVNV - Intrasolaar (Shlømo Remix)
17. Gordon - Line 93
18. Uncto - Judas Cradle (ORPHX Remix)
19. Helena Hauff - The Bean field and the Gods
20. Blanck Mass - Dead Format


Blanck Mass - Dead Format

Les internets sont aux aboies! Blanck Mass, projet solo de Benjamin John Power, soit la moitié de Fuck Buttons, vient de balancer le premier extrait de son Dumb Flesh à paraître le 11 Mai chez Sacred Bones. Après un album éponyme sorti sous la houlette de Mogwai chez Rock Action Records, et un Slow Focus avec son comparse de toujours Andrew Hung, cet accro au bouffage de micro Playskool et du Ping-pong en club nous revient avec Dead Format, titre d'une violence extrême, atteint d'un groove foudroyant et de beats épileptiques. Débarrassé d'un psychédélisme pesant qui avait légèrement plombé le dernier opus de Fuck Buttons, le multi-intrumentiste originaire de Bristol lâche la bride et balance une salve sonore punitive electro-expérimentale devant autant aux Liars qu'à Battles, la saturation en plus. Un échantillon carburant à la nitro qu'on se passera volontiers en boucle tout en trépignant en attendant la suite. LA surprise de cette fin d'hiver est bien là... Pas la peine d'aller chercher plus loin.

Audio