Joy - Joy

l_f33baa2f2f2c4a9da21ac9621a12b45fConsidéré comme un produit de luxe et même une œuvre d'art pour d'aucuns, Joy est un parfum créé par Jean Patou. Le slogan « Joy, le parfum le plus cher du monde » accompagne la commercialisation en 1932, du flacon de 30ml obtenu(s) à partir d'essences de 300 roses et de 10 600 fleurs de jasmin. Marc Huyghens qui avait mis un terme à l'épisode Venus « après 10 années de voyage interstellaire, d'aventures exotiques, de concerts hypnotiques, d'épisodes chaotiques et de fous-rires éthyliques...» et qui avait choisi de s'éclipser « vers d'autres aventures intergalactiques » a été touché par la biographie de Patou. Il a logiquement décidé d'emprunter le nom de la luxueuse fragrance pour ses nouvelles péripéties interplanétaires. Joy un est trio belgo-suédois : Marc au chant et à la guitare, Françoise au chant et aux percussions et Anja au violoncelle. Si le terme Joy provient desdites senteurs bourgeoises d'avant guerre, il pourrait toutefois nous induire en erreur par sa connotation heureuse, festive qu'il ne prend pas du tout ici. En effet, les 9 morceaux qui composent l'opus adoptent une teinte grave et solennelle à l'instar de la pochette. Empire et Mirage ouvrent magnifiquement l'album suivis par Long away around the sea très épuré et émouvant. La qualité des morceaux suivants sera toutefois inégale et s'enchaîneront ensuite les répétitions parfois indigestes malgré la relecture réussie du Vertigone de Venus et l'élégant N°7. Même si la raison d'être de ce premier opus est sans doute la rupture, l'alcool, la perte d'un proche et le deuil, on aurait aimé y trouver un peu plus de légèreté. La profondeur ne dispense pas de la fraîcheur.

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Joy - Long way around the sea

Tracklist

Joy - joy (Humpty Dumpty Records/Le Son du Maquis, 2010)

1. Empire
2. Mirage
3. Long way around the sea
4. Cold and storm
5. Flag
6. Sword
7. Vertigone
8. N°7
9. Endless Song


The Black Box Revelation - Silver Threats

silverthreatsmyspaceDepuis longtemps, la Belgique s'est imposée comme l'un des meilleurs fournisseurs de groupes qui ont la frite (ha ha). Ses deux jeunes rejetons réunis sous le patronympe de The Black Box Revelation ne se gaufrent pas (promis, j'irai me flageller à la fin de cette chronique) avec ce deuxième album flamboyant qui place l'année 2010 sous les meilleurs auspices.
L'influence du Black Rebel Motorcycle Club, déjà décelable en filigrane dans leur premier opus, est cette fois-ci plus qu'omniprésente, et ce dès les premières notes de High On A Wire. Le jeune Jan Paternoster y impose cependant la marque de sa voix nasillarde, moins élégante que celle de son comparse américain, mais toute aussi classe. Son chant est aussi dégueulasse que celui de Jack White sur les trois premiers albums des White Stripes, mais totalement maîtrisé. Après ce premier titre fulgurant, l'excitation retombe légèrement avec Where Has All This Mess Begun et Run Wild, les deux morceaux les plus fades de l'album. Quitte à accepter leur présence, on aurait préféré les voir relégués au fin fond du disque plutôt que de constater cette petit brisure de rythme. Rien de bien grave néanmoins, car on enchaîne immédiatement avec l'excellent 5 O'Clock Turn Back The Time, aux relents de country boueuse. Et l'énergie qui caractérise le groupe semble définitivement revenue sur You Better Get in Touch With The Devil, morceau mi-parlé, mi-chanté dans lequel Paternoster a tout le loisir de nous faire profiter de sa toute nouvelle maîtrise vocale, à la fois contrôlée et désinvolte. C'est ce qui fait le charme de ce duo qui se renouvelle sans innover, mais dont le garage rock est diablement efficace. Jack White lui-même n'aurait sans doute pas renié le riff simpliste du titre suivant, Do I Know You. C'est dire. Le graisseux Sleep While Moving amorce un semblant de retour au calme. Mais c'est avec Our Town Has Changed For Years Now que The Black Box Revelation convainc définitivement l'auditeur dubitatif : en effet, réussir à atteindre la même grâce que sur le sublime Devil's Waitin du BRMC (Howl, 2005), c'est un joli coup pour deux gamins à peine sortis des jupes de leurs mères. Du dernier quart de l'album, on retiendra les hypnotiques et presque psychédéliques Love Licks et Here Comes The Kick, grâce auxquels le duo montre qu'il n'a pas que deux cordes à son arc.
Silver Threats sonne l'heure de la maturité pour The Black Box Revelation. Jan Paternoster et Dries Van Dijck se révèlent capables de livrer un album plus maîtrisé que le premier sans perdre pour autant la fougue sauvage que l'on appréciait tant chez eux. Même les paroles simplistes du premier opus, qui trahissaient leur jeune âge (Love is good... Hate is bad... Moui.) ont évolué. L'inévitable et rabâchée comparaison avec le grand club de moto à bandes blanches est bien légitime : ces deux-là ont la classe américaine.

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The Black Box Revelation - Our Town Has Changed For Years Now

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Tracklist

The Black Box Revelation - Silver Threats (T for Tunes/PIAS, 2010)

1. High On A Wire
2. Where Has All This Mess Begun
3. Run Wild
4. 5 O'Clock Turn Back The Time
5. You Better Get In Touch With The Devil
6. Do I Know You
7. Sleep While Moving
8. Our Town Has Changed For Years Now
9. Love Licks
10. You Got Me On My Knees
11. Here Comes The Kick
12. Part Of Me