Who are you Bathetic Records ?

Bien que la toute nouvelle compilation Miracle Of Love s'intime telle une irrésistible invitation à l'univers polymorphe de Bathetic Records, son géniteur, Jon Hency, le reconnaît sans peine : l'esthétique musicale du label embrasse désormais un spectre plus large de la musique indépendante américaine. Abonnée depuis sa création en 2007 aux sorties sur bandes magnétiques de projets pop ultra lo-fi ou de drone expérimental, la structure passe un cap et grave dans le sillon un futur proche autrement plus complexe et contrasté. Si trois récents LP donnent le change à l'inconditionnel investissement de Jon envers ses premières amours - ceux de Lee Noble, William Cody Watson et Cough Cool - et que trois entités inconnues jusqu'alors surlignent l'inclinaison onirique de la famille Bathetic (High Aura'd, Padang Food Tigers et Villages), deux imminentes sorties témoignent d'horizons nouveaux empruntés sans ciller : Angel Olsen délaye une folk au sang noir sur Half Way Home quand Jeremy Harris de Lazy Magnet donne une suite des plus abouties sur Acts Without Error à ses divagations électroniques passées (Revisionist Desperate). Fortement ancrée dans l'esprit DIY, l'évolution artistique et économique de Bathetic n'est en aucun cas synonyme de rupture quant à l'objectif initialement poursuivi du label, mettant à profit d'indéfectibles amitiés au service d'artistes patiemment choisis et choyés. Jon est ainsi entouré dans son activité quotidienne par William Cody Watson et Omar Mashaal, tout deux responsables de la seconde sortie du label, un split EP sous les patronymes de Pink Priest et The Dawns. C’est d'ailleurs par l'intermédiaire du premier des deux acolytes - et la sortie de Bill Murray - que l'on tâtait il y a peu le pouls de Bathetic :"On est comme des frères (...) et je ne suis pas peu fier de ce que Bathetic est devenu. Nous avons fait des choses que l’on n’aurait jamais crues possibles il y a quelque temps. On vient juste de sortir une cassette de spoken word composé par Eric Paul d'Arab On Radar… On se dit juste : « Wouah, j’y crois pas ! ». C’est sûrement pas grand-chose pour d’autres, mais pour Jon et moi, qui avons fraternisé grâce à notre respect mutuel pour Arab On Radar, c’est juste énorme. C’est comme si nos rêves devenaient réalité." (WCW, lire). De fil en aiguille, l'entrevue qui suit a pris forme durant l'été avec en toile de fond à la fois une mixtape téléchargeable ci-après et représentative d'une histoire longue de cinq ans, en plus d'un sampler déflorant une histoire encore en gestation.

Bathetic Sampler

01. Angel Olsen - Acrobat (from Half Way Home LP)
02. Cough Cool - Back in Time (from Lately LP)
03. High Aura'd - River Runs Like Jewels (from Sanguine Futures LP)
04. Lazy Magnet - Kraft Durch Freude (from upcoming Acts Without Error LP)
05. Padang Food Tigers - In My Heart I'm Already Gone (from Ready Country Nimbus LP)
06. Villages - Before Failures (from upcoming Theories of Ageing LP)
07. William Cody Watson - Side A (Excerpt) (from Bill Murray LP)

Entrevue avec Jon Hency

Qui es-tu Jon et quelles sont tes premières influences musicales ?
Who are you Jon and what were your first musical influences?

Jon Bathetic, 27 ans. Premières expériences musicales en tant que garçon de choeur, à l'église de mon quartier. Une fois, je me suis trompé lors d'un solo. Mes parents aimaient beaucoup Phil Collins et Willie Nelson. Je me souviens que mon père avait acheté l'album de R Kelly en 1995, je devais alors avoir 9 ou 10 ans. J'aimais vraiment bien tout ça à l'époque. Par la suite, j'ai commencé à collectionner des cassettes de Easy-E, N.W.A et MC Hammer, grâce à mon voisin. Tout ça m'a beaucoup influencé.

Jon. Bathetic. Age: 27. First musical experiences were singing in my church choir as a kid. One time I had a solo and sang the wrong part. My parents really liked Phil Collins and Willie Nelson. I remember my Dad bough R. Kelly's s/t album released in '95, so I was 9 or 10. I was way into that. When I first started collecting tapes I got Eazy-E, N.W.A. and MC Hammer from my neighbor. These had a huge impact on me.

Peux-tu m'expliquer comment Bathetic est né ? Qui est derrière et quelle était l'idée d'origine ?
Tell me how Bathetic was born. Who's behind? What was the idea of origin?

Bathetic est né en 2007. J'enregistrais des CD et des cassettes pour deux ou trois de mes projets ainsi que pour quelques gosses un peu paumés des collines du nord-ouest de l'Arkansas. Je voulais juste m'investir dans quelque chose. M'investir et avoir quelque chose pour le prouver. C'est devenu du sérieux après avoir déménagé à Chicago, où j'ai commencé à trier et cataloguer. J'ai la chance maintenant de bosser avec une équipe de trois personnes, moi inclus, composée de William Cody Watson et Omar Mashaal. Sans eux, Bathetic n'en serait pas là.

Bathetic was born back in 2007. I handmade CD-Rs and cassettes for a couple of my projects and some off-the-grid kids in the hills of Northwest Arkansas. I just wanted to make things. Do something, and have something to show for it. It became legit when I later moved to Chicago and started keeping track of the edition counts and cataloging titles by numbers. I'm now lucky to have a 3-person team: Me, William Cody Watson, and Omar Mashaal. Without them, Bathetic wouldn't be much.

Qu'induit le nom du label ?
Can you explain the name of the label?

J'étais en cours d'anglais au collège et on a parlé de ''bathos'' et ça m'est resté. J'aimais beaucoup le concept de bathos et l'idée que quelque chose puisse être bathetic (bathos: chute du sublime au ridicule, ndt). Et puis quand j'ai commencé à faire des tirages ultra limités pour des groupes, cela s'est imposé tel du bathos : je prenais mon travail au sérieux mais on se moquait de moi - du moins à l'époque. Désormais, ce n'est plus qu'un nom. Je ne suis plus trop dans le bathos et on ne peut pas dire que cela colle au label non plus. J'aime la sonorité du nom par contre. Ce n'est vraiment plus que cela : un simple nom.

I was in an English class in High School and we had talked about "Bathos" and for some reason it stuck. At the time, I really liked the idea of bathos and something being bathetic. Then, when I started putting out small-run items for bands, it felt bathetic - i was doing something serious, and it came across humorous ("ridiculous artwork" / "bad performance") to whatever audience there was, - at least at the time. Now, it's just a name. I'm not too into the idea of 'bathos' anymore and it doesn't really apply to the label. I like the way it sounds when spoken. But now, it's just a name.

Bathetic sort aussi bien de la drone (William Cody Watson), du garage-punk (Lantern) que de la dark-folk (King Dude). Quelle est la ligne artistique du label ? Y a-t-il une esthétique, un concept global dans lequel s'inscrit chaque sortie ?
Bathetic takes out as well drone music (William Cody Watson) as punk garage’s records (Lantern) as dark folk (King Dude). What's the artistic guideline of the label? Is there an aesthetics, a concept which you try to keep at every release?

Avant, il n'y avait pas vraiment de direction artistique : ça coulait juste de source. Avec WCW, on échangeait beaucoup et on écoutait pas mal de choses, avant de conclure par un ''oui'' ou un ''non''. De temps en temps, on se mettait d'accord tout de suite à propos d'une trouvaille. Et désormais, quand je repense à toutes les fois où cela est arrivé, je me dis que ce furent vraiment des moments décisifs dans l'histoire de Bathetic, précisant un peu plus à chaque fois le style des artistes à paraître via Bathetic. On prend toujours des risques parfois, mais bon, c'est comme ça. Je dois bien continuer à aider un peu ces groupes et ces artistes quand je le peux.

Before, there were no guidelines - if it made sense, it made sense. WCW and I would pass things back and forth, listen to it a lot, and arrive at a 'yes' or 'no' ... we still do this. Every now and again there would be an instant YES and it absolutely made sense. And now, looking back at these things that were an instant YES, they sort of carved a path, narrowed the scope for future Bathetic things. We do throw out some curve-balls, but, ya know, whatever. I just have to support some of these bands and artists.

Comment décrirais-tu les relations entre les groupes et le label ?
What are the relations between the groups and the label?

Agréables. C'est comme une famille qui s'agrandit peu à peu. Jusqu'ici, j'ai bien aimé travailler avec les groupes et artistes qui ont sorti un album chez nous. Je n'ai pas encore rencontré tout le monde en personne, ce qui me fait plutôt chier, mais je ne peux qu'espérer que cela se fasse bientôt ! On discute beaucoup, on s'échange de la musique : c'est comme ça que les choses avancent. Personne ne s'est révélé être un boulet, tout le monde s'entraide dans le processus de création.

Positive. I feel like it's a Bathetic Family that is growing. I really like to work with the bands/artists that we've put out LPs with so far. I haven't met everyone in person yet, which kind of bums me out but gives me something to look forward to! We all talk constantly, passing music and art back and forth, moving ideas forward. No one has been a pain in the ass, everyone is supportive of what we are creating together.

Jeans Wilder et Pink Priest font partie de tes premières sorties. Représentent-ils quelque chose de spécial pour le label ?
Jeans Wilder and Pink Priest are in your first releases. Andrew and Cody are specials guest of the label?

Jeans Wilder fut la première sortie de Bathetic, en 2009. Cody voulait me convaincre de continuer avec le label et il avait parlé avec JW qui avait l'air intéressé. J'y reviens encore souvent, un album un peu déprimant et solitaire... Il me va bien : je suis content qu'il ait été notre première cassette.

Le split de The Dawns et Pink Priest est arrivé ensuite, une des premières apparitions de WCW sous le nom de Pink Priest et de Omar (de Bathetic) sous le nom de The Dawns. WCW vient tout juste de sortir Bill Murray, son premier LP sur Bathetic, et Omar travaille en ce moment sur un premier EP, toujours sous le nom de The Dawns.

Jeans Wilder was the first release when I started Bathetic back up in 2009. A lot of it was Cody's persuading to restart the label, and with it, he had been talking to JW who seemed into it. I go back to this release quite a bit, super downer, loner-vibes.. fits right at home with me, I'm glad it was our first.
The second release was The Dawns / Pink Priest split. It was one of WCW's first releases as Pink Priest, and The Dawns is actually Omar who is now 1/3 Bathetic. So having this as the second release warms things up. WCW just put out his first Bathetic LP, Bill Murray, and Omar is currently working on his first The Dawns LP.

Cool Cough, Lee Noble et High Aura'd font partie de tes ultimes sorties. Tu peux nous en dire quelques mots ?
Cool Cough, Lee Noble and High Aura'd are some of yours ultimates releases. Can you tell us more about them…?

Darker Half, le premier album de Lee Noble (qui sortira à nouveau bientôt en vinyle chez les Italiens de Black Moss) est sorti chez nous il y a quelques années. Dan de Cough Cool fut l'un des premiers à retenir notre attention, avec sa musique, ni drone ni ambient mais qui avait réussi à garder ce côté brut et lancinant que l'on apprécie. Comme le label se développe, j'ai décidé de sauter le pas des cassettes aux vinyles : Cool Cough et Lee Noble furent les premiers à en profiter. On s'entendait bien et je comprends leur esthétique sonore bien plus que tout ce avec quoi j'avais pu travailler auparavant. Horrorism et Lately sont géniaux. Je ne peux pas demander mieux que de travailler une nouvelle fois avec eux !

John Kolodij, alias High Aura'd, nous a toujours beaucoup aidés. Il a acheté presque tout notre catalogue et j'ai fini par reconnaître son nom. J'ai reçu un e-mail un peu plus tard où il me faisait part de son idée pour un LP sur Bathetic. Je n'étais pas trop convaincu, jusqu'à ce que je reçoive un premier CD-R et ensuite une cassette et puis encore une autre. Avant même que je ne m'en rende compte, je les écoutais déjà en boucle. De véritables paysages sonores, sombres et magnifiques, denses et bien conçus. Alors, on s'est mis d'accord pour entamer le projet et je ne pouvais pas en être plus heureux. J'apprécie beaucoup le fait qu'il ait passé autant de temps à enregistrer, mixer, enregistrer encore et mixer à nouveau. Il ne l'a pas juste pondu en deux ou trois jours avant de me balancer la démo. Au contraire, c'était du sérieux. Intemporel. Et c'est là tout le but en fait, l'intemporalité. Je me dis qu'on prend bien trop souvent de raccourcis vers l’immédiateté. Chapeau bas pour John et High Aura'd.

We put out Lee Noble's first release, Darker Half (which will be reissued onto vinyl by the Italian Label, Black Moss) a few years ago. Dan of Cough Cool was one of the first to grab our attention, doing something that wasn't drone/ambient, but still had the raw, stoner feel we love. As the label grew I decided to move into vinyl territory, and these were the first go-to's - we got along well, and I connected with their aesthetic and sound on a deeper level than anything I was working with. Horrorism and Lately are top - Couldn't be happier moving more projects with them in the future!

John Kolodij, who is High Aura'd, had always supported the label. He would buy most releases and I would recognize the name. He later emailed with the idea of a Bathetic LP. I wasn't convinced until he sent my way first a CD-R, and then a tape, then another tape. Before long these were on constant rotation. Dark and Beautiful soundscapes, dense and well crafted. So we agreed to move forward with the project, and I couldn't be more pleased. I love that he spent time and time again, recording and mixing, recording and mixing. He didn't shit it out in a few days and send a demo. It was serious, focused. A timeless piece. This is the goal, timelessness, that I think all to often shortcuts are taken, for "the now." Hats off to John and High Aura'd.

Quel est le disque dont tu es le plus fier ?
What’s the release of which you are most proud?

Cela varie beaucoup selon mes humeurs et la nuit. J'ai eu pas mal de temps pour vraiment apprécier Horrorism de Lee Noble et Lately de Cough Cool. Lee m'envoyait ses morceaux - qui allaient être ceux d'Horrorism - et je les écoutais lors de longues balades à vélo en pleine nuit. C'était l'hiver et je m'identifiais vraiment à cette musique. Quant à Cough Cool, c'est l'un des seuls de sa catégorie à assurer. Lately est enivrant, c'est sans doute la meilleure came du label... avec ce travail sur les rythmes traînants et sous-jacents qui m'enchantent.

Sans l'ombre d'un doute, je devrais également citer, l'album d'Angel Olsen, Strange Cacti. Je suis très fier de m'en occuper.

This is going to change depending on my mood and the night. I'd probably have to say Lee Noble's Horrorrism and Cough Cool's Lately have had the longest time to resonate good vibrations. Lee would send me tracks that would eventually become Horrorism, and I would take long bike rides at night and listen. This was in the winter, and I felt I could really relate to what was going on. Cough Cool is one of the few bedrock jammers that can really pull it off - really pull it off. It's one of those records that stones me out. It's the upper of the Bathetic downers. It has the underlying slo-mo that cracks a smile on my face.

I should also say, without a doubt, Angel Olsen's Strange Cacti, hands down, eternally most proud to be involved.

Pourquoi sortir des cassettes et (maintenant) des vinyles ?
Why are you choosing cassettes and (now) vinyl formats?

Une cassette, c'est pas cher, marrant à produire et sympa à écouter, et plus agréable en main qu'un CD. Les cassettes n'ont jamais disparu et seront bientôt un format tout aussi populaire que le CD. On finira par trouver un usage adapté pour chacun. Le côté économique du format cassette est attirant quand on commence un label de toutes pièces, mais produire une cassette - du choix du papier en passant le design, du découpage à l'enregistrement - permet aussi de s'essayer vraiment à toutes les étapes. J'aime beaucoup écouter de la musique sur cassette, surtout celle d'autres labels - au son parfois pur et parfait, saturé ou délicat. Cela reflète la diversité au coeur de cette communauté et j'aime ça.

Le vinyle reste le but ultime pour beaucoup. C'est la totale : un bon gros 12'' plein d'amour que l'on peut serrer dans ses bras. Le son vinyle, sa manière de remplir une salle, c'est ÉNORME. Il y aura toujours du vinyle.

Cassettes are cheap, fun to put together, nice to listen to, and holding them is much more enjoyable that CDs. Cassettes never died, they will soon be as popular as CDs, the two will find and serve their own purposes. Cheap is the obvious one when starting a label from scratch. Putting together a cassette - choosing the paper, printing art, cutting and folding jcards, dubbing the tapes - you can really get to know a release this way, become a part of it. I love listening to tapes, especially tapes from different labels - some are crisp and sound perfect, others are blown out red-lining, and others are soft mumbly sounds. It reflects on the diversity of the community, I love that.

Vinyl is the ultimate goal for so many. You get the full package - a big 12 inches of love you can put your arms around, squeeze a big hug. The surface noise, the way the sound fills up the room, it's BIG. Vinyl will never die.

Quel est le futur proche de Bathetic ?
What’s the near future of Bathetic?

Half Way Home, le nouvel album de Angel Olsen, est sorti le 14 septembre. On franchit encore une étape !
Un nouvel album de Villages, Theories Of Ageing, sortira le 16 octobre. Ross Gentry, qui est derrière Villages, vient aussi d'Asheville, là où je vis actuellement. C'est un peu spécial pour nous. J'ai la chance de le voir sur scène régulièrement. Très bientôt, les gens vont commencer à apprécier sa musique - moi-même, elle me bouleverse !

Également en octobre, Lazy Magnet sortira un album intitulé Acts Without Error. Si vous ne le connaissez pas déjà, préparez-vous. Il a travaillé dessus depuis plus d'un an. Je pense que dans cinq, dix ou vingt ans, on se demandera à propos de sa musique : ''Mais comment a-t-il fait cela ?!''.

Lee Noble et Cough Cool travaillent déjà à un second album sur Bathetic.

Angel Olsen's new record, Half Way Home, was recently released this month. It's another level! A new record by Villages entitled Theories of Ageing will be available October 16th. Ross Gentry is Villages - this will be a special release because he is an Asheville based musician (where I currently call home). I am lucky to see Ross perform live often. People are really going to start digging into this stuff - I'm blown away by it!

Also in October will be a record by Lazy Magnet called Acts Without Error. If you don't know Jeremy Harris' Lazy Magnet, get ready. This album has been in the works for over a year now. I think in 5 years, 10 years, 20 years I'll look back on Lazy Magnet's work and wonder "how did he do this?!"

Lee Noble and Cough Cool are currently working on their second albums for Bathetic.

Sans mentionner des groupes de ton label... à quoi est tu addict ces temps-ci ?
Without mentioning your label’s groups…  What are the things you are addicted to? 

Je suis toujours à fond dans la musique de ce groupe de Chicago, Cave (en concert demain à Paris, ndlr). Ces types-là savent ce qu'ils font. J'ai aussi trouver à écouter par moi-même Work/Death, Caethua, et Dead C, en plus d'autres. J'ai toujours eu un faible pour la voix d'Anthony Henderson. Fondamentalement diabolique mais super douce en même temps. J'aimerais bien passer un week-end avec lui un des ces jours.

I will always be into the band CAVE from Chicago. Those guys are on point. I also find myself listening to Work/Death, Caethua, and the Dead C more than others. I've always had a thing for Anthony Henderson's voice. Inherently evil but still super smooth. Would love to hang with him for a weekend.

Traduction : Simone Apocalypse

Mixtape

Tous ces morceaux sont extraits du catalogue de Bathetic de ces dernières années. Selon moi, il s'agit là de morceaux casseurs d'ambiance mais romantiques, à écouter au coeur de la nuit, dans la fraîcheur d'un parking, muni d'une bouteille de vin à siffler au goulot.

These are all tracks from Bathetic releases over the past few years. For me, these are some romantic downers, best for chilly nights on the parking lot pavement, wine straight from the bottle.

01. Bitchin Bajas - Consciousness 2 (split LP with Faceplant)
02. Padang Food Tigers - It's A Fucker (Ready Country Nimbus LP)
03. Wild Safari - Bearskin Rug (We Laid Our Heads in Their Laps cassette)
04. Dead Drums - Narcoleptic Shock (Fashion Defense cassette)
05. Rene Hell - 55 RN gaz (three sequences for detuned piano 7" split with Wet Hair)
06. Villages - Nesting Grounds (Theories of Ageing LP *due this summer!*)
07. High Aura'd - Methodist Bells (Sanguine Futures LP)
08. Age Wave - Telephone Dreams (Telephone Dreams 7")
09. Lee Noble - Desire Isn't Suffering (Horrorism LP)
10. Drew Hill - You Can't Below Now (split cassingle with Pink Priest)
11. Cough Cool - Back in Time (Lately LP)
12. High Wolf - Swallow Pills With Ganga River Water (A Guide to Healing 7")

Vidéos


Lantern - I Wanna Be Your Dog

Auteurs d'une split tape en compagnie de Dirty Beaches (lire) sous le patronyme d'Omon Ra II (Face A / Face B), mais aussi et surtout de l'un des plus revigorants LP garage lo-fi de cette première moitié d'année avec Burned Youth (écouter) - paru le 4 mars dernier sur Night People - Zachary Fairbrother, Emily Robb et Sophie White de Lantern se radinent dès à présent en ce début d'été munis d'une cassette sur Bathetic Records, dédiée au cyberpunk des eighties. Sous le vernis écaillé d'un son volontairement grossier, dégueulasse et agressif pointe le génie weird d'un groupe n'hésitant pas à saloper outrageusement et sept minutes durant I Wanna Be Your Dog des StoogesUn retour aux sources punk aussi corrosif que jouissif, d'autant plus déconcertant lorsque le trio singe sur Train Song les origines supposées d'un rock'n'roll pétri de blues.

Vidéo

Tracklist

Lantern - Dream Mine (Bathetic Records, 2012)

01. Don't Say Much
02. Out Of Our Heads
03. Dream Mine
04. Fools Gold
05. Untitled
06. You Can't Deny Me (Revisited)
07. I Wanna Be Your Dog
08. The Dogs
09. Train Song


William Cody Watson interview & Mixtape

Au regard de leur polysémie, certains mots siéent à merveille au sujet qu'ils embrassent sémantiquement. Celui de "prolifique" épouse sentencieusement les contours vastes et extensifs de l'œuvre solaire de William Cody Watson, artiste touche à tout, plus connu sous les divers patronymes, voués à l’extinction, de Pink Priest, Malibu Wands ou Gremlynz. Prolifique - c'est à dire fertile et fécond à la fois - l'homme est susceptible de conjuguer, d'un même mouvement vers l'absolu et le néant, discographie démesurée, difficilement quantifiable, et sommation névrotique à la réflexion, à l'introspection. Jouant sur les textures sonores, au détriment d'harmonies réduites à leur portion congrue, et s'adonnant sans rémission à la contiguïté des sons - ces fameux "accords continus", pierre angulaire d'une drone music initiée par La Monte Young en 1958 - William Cody Watson donne corps à ses émotions, à son sentimentalisme exacerbé et exaspéré, entre plages méditatives, silences inquiets et fracas bruitistes. Odyssée désespérée et enivrante, sa musique brûle telle une invitation au voyage nihiliste, sans but certain et sans intention d'ailleurs, où ne compte que le mouvement, celui vain mais éternellement beau.

Nombreux sont et seront les réfractaires, insensibles à cette surdité mélodique, mais fidèles sont les adeptes d'une telle expérience extatique au bruit, s'éprouvant comme il se doit, dans les marécages insomniaques et opiacés de nuits tentaculaires. L'ouïe sensiblement arnachée à ses déflagrations cosmiques, les rétines ne sont pas en reste puisque de nombreuses vidéos, réalisées par des amis inspirés, doublent les éditions vinyles par des versions DVD. En témoigne le LP Swallow Your Dreams, récemment paru via La Station Radar, et magistralement porté à l'image par Geoffrey Sexton. Décliné par une mixtape à écouter et télécharger ci-après, cet LP, faisant suite à Honeysuckle premier long format du projet, est l'ultime sortie de William Cody Watson sous la patronymie Pink Priest. Une parenthèse se ferme donc mais la vision s'élargie au-delà d'un océan de promesses : celui qui griffonna un temps pour Impose Magazine et qui apporte aide et soutien inconditionnels à Jon Hency de Bathetic Records, s'évertue d'ores et déjà à diligenter en son propre nom ses pérégrinations contemplatives sur l'asphalte (Night Music for Driving I & II) et l'idiome cinématographique (le futur LP Bill Murray), et ce, tout en s'initiant à l'écriture au sein du Satan’s Crystal Art Collective. Cela, sans mentionner Scissoring, son projet avec Dan Svizeny de Cough Cool (lire). Prolifique on vous dit.

Audio

Entretien avec William Cody Watson

J'ai lu sur ton bandcamp, que tu regrettais ne pas dormir vint-quatre heures sur vingt-quatre. Comment décrirais-tu ta personnalité et est-ce que celle-ci est indéfectible de ton approche musicale ?
I read on your bandcamp that you wish you could sleep 24/24. How would you describe your personality? Would you say it is relevant to the way you approach music in general?

Ouais, j’ai dit ça…C’est vrai. J’aime beaucoup dormir. On y est en paix. J’aime vivre dans mes rêves. Quant à ma personnalité… C’est assez difficile. Je ne sais pas trop, vraiment. Je suis quelqu’un d’un peu perdu. J’approche la trentaine et je suis toujours en quête d’une voie ; une voie vers quoi ? Je n’en sais trop rien. C’est vraiment la motivation derrière tous mes projets ‘’artistiques’’, qu’il s’agisse de musique, d’écriture, n’importe quoi vraiment. Je n’aime pas du tout parler de moi en tant qu’artiste, mais dans l’absolu, je me laisse guider par ma personnalité, mes moments d’excentricité, mes peurs et mes désirs.

Yeah, I said that... It's true. I love sleep. It's a time for peace. I love to live inside my dreams. My personality... Tricky. I don't know, honestly. I'm a mixed up guy. I'm in my late twenties and still trying to carve a path; a path to what? I'm not sure. That's the reason I make any kind of "art," be it music, writing, anything really. I hate referring to myself as an artist in any sense, but absolutely, it's driven by my personality, my quirks, my fears, and my desires.

Comment est né le projet Pink Priest ? En quoi est-il différent de tes deux autres projets épisodiques Gremlynz et Malibu Wands ?
How did you start Pink Priest? How is it different from the 2 other side-projects Gremlynz and Malibu Wands?

J’ai commencé Pink Priest entre 2007 et 2008. A la base, je voulais entreprendre quelque chose inspiré par mon environnement, avec de puissants amplificateurs de son qui émettraient une musique belle, chatoyante et ambiante ; de la drone mélancolique. Puissante, tout en demeurant bien ciblée et magnifique. Pas mal de choses ont changé depuis le début du projet, et j’ai fini par jouer en solo ma propre musique en cours d’année, jusqu’à fin 2008, pour expérimenter un peu. C’était au tout début de Pink Priest.

Gremlynz est né du fait que je commençais à en avoir marre du nom de Pink Priest et du tournant que la musique avait commencé à prendre. J’ai fini par m’inspirer de gens comme Spencer Clark et James Ferraro, qui parvenaient à monter tous ces projets sous des noms différents avec une aisance folle. Je voulais que Gremlynz soit de la minimale absolue. Le projet avait débuté pour exprimer un certain nihilisme (la majeure partie de mon travail prend racine dans une forme de nihilisme naïf), mais de manière amplifiée. A la base, je voulais que Gremlynz remplace peu à peu Pink Priest qui allait ainsi disparaître peu à peu dans l’ombre. Et puis, il s’est passé des choses qui ont rendu tout ça impossible. Alors, Gremlynz demeure un side-project, mais pour tout dire, certains morceaux sortis sous ce nom restent parmi les préférés de tout ce que j’ai pu faire jusqu’ici.

Je vais à Malibu Wands quand j’en ai marre de tout.

Pink Priest started sometime between 2007 and 2008. Originally, I wanted a project that would be focused on the living setting, loud amplifiers emitting beautiful, shimmering, ambient music; drone music, dirge music. Heavy, but focused, and beautiful. Things changed from the original plan, and by the middle to late end of 2008, I was making my own music, solo, as an experiment. That stuff became the early Pink Priest work.

Gremlynz was... initially it was started just because I was annoyed by the name Pink Priest and some of the directions the music of Pink Priest had taken. I looked at how easy it was for people like Spencer Clark and James Ferraro to just create all these names and projects, so I took a cue from that. Gremlynz was going to be absolute minimalism. It started as a project to express some sense of nihilism (most of my work is rooted in some naive sense of nihilism), but amplified. The original idea was to allow Gremlynz to slowly take over and let Pink Priest fade into obscurity. Some things popped up, and it was really impossible to let that happen. So Gremlynz remained a side project, but honestly, some of the Gremlynz material is my favorite of my musical output.

Malibu Wands is where I go when I give up.

Ta mixtape est là pour nous en donner un fidèle aperçu, mais quelles sont tes influences musicales profondes ? Quel a été pour toi l'artiste ou le courant musical qui t'a donné la volonté de te consacrer à la musique ?
Your mixtape already gives us a good idea of some of your musical influences, but could you tell us more about your most important influences? What has been the most important artist or musical genre for you? What inspired you to start making music?

Merde… La liste est longue. J’y pensais justement l’autre jour, comme quoi certains artistes ont vraiment été des influences essentielles… Je dois dire tout d’abord que My Bloody Valentine a vraiment été majeur... L’ensemble de leur musique. C’était vraiment une grande source d’inspiration. Red House Painters également, je les ai découverts quand j’avais genre, seize ans, et je n’ai jamais été le même depuis. La façon dont Mark Kozolek aborde tout ce qui est son, le minimalisme, la structure, et les paroles, tout ça m’a vraiment inspiré. D’autres aussi, évidemment…The Cure a toujours été très important pour moi, et continue de l’être aujourd’hui, avec des albums comme Pornography et Faith. Pas mal de noise music aussi : Prurient, Wolf Eyes, Kites, Work/Death. J’ai énormément de respect envers eux, et j’ai toujours voulu au moins m’essayer à ce genre de musique. Et puis d’autres aussi, je ne sais pas trop, des trucs comme Slowdive, Fennesz, Steve Reich, William Basinski - très, très grande influence -, Angelo Badalamenti, Harold Budd, Brian Eno, etc…Pas mal de trucs new age aussi. La liste n’en finit pas. Je suis influencé par de très nombreux genres et artistes.

Well, shit... There's so much music that's inspired me over the years. i was thinking about this the other day actually, like, what artists were absolutely necessary in inspiring me to make music... I'd have to say first and foremost, My Bloody Valentine was always a key... Their entire package of sound. It was very inspiring. Red House Painters, I discovered them when I was, like, 16 and have never been the same. The way Mark Kozolek approaches sound, minimalism, structure, and words. That's always been a huge inspiration. Other artists, necessary... The Cure was important early on and even today, albums like Pornography and Faith. A lot of noise musicians inspired me... Prurient, Wolf Eyes, Kites, Work/Death; these were artists I respected and very much had a vibe I wanted to at least touch upon. Others, I don't know, stuff like Slowdive, Fennesz, Steve Reich, William Basinski -- huge, huge influence, Angelo Badalamenti, Harold Budd, Brian Eno, etc etc etc, tons of new age artists. There's just so much. My musical influences are vast.

Album après album, la musique de Pink Priest semble être une profonde introspection culminant dans une sorte de plénitude psychédélique sur Swallow Your Dreams. Ta musique est-elle un moyen de te libérer ou au contraire de t'isoler dans ton monde ?
One after another, all of the Pink Priests albums seem to reflect a deep introspection, with a sort of psychedelic bliss climax on Swallow Your Dreams. What does music represent to you: a way to free yourself or a way to cut yourself off the world?

C’est une façon de me libérer et de me couper du monde. Il s’agit d’une dualité assez dure. Ma musique est très bipolaire et j’aime plutôt ça. Je ne veux pas que ma musique soit trop facile. Honeysuckle est un morceau assez difficile. On m’a déjà dit, « Ton album est trop bizarre, mec », « c’est vraiment trop dur à l’écoute ». Je ne m’en excuse pas. Je ne fais pas de la musique pour qu’on puisse juste la passer et se masturber mentalement dès les premiers instants. C’est voulu. Honeysuckle est né d’une phase troublée et de désespoir absolu. Je voulais que cet album en soit le reflet, mais pas juste de façon à simplement en dire : « Oh…Il devait vraiment être malheureux ». Au contraire, je voulais qu’on se sente vraiment désespéré à l’écoute. C’est cruel, mais beau d’une certaine façon. Beurk… Je dois vraiment avoir l’air d’un trou du cul ultra prétentieux.

Je savais que Swallow Your Dreams serait le dernier album de Pink Priest. Il y aura peut-être des compilations rétrospectives un jour, mais Swallow Your Dreams est la dernière sortie inédite. Je ne vais plus jamais rien produire sous ce nom. En fait, je voulais travailler de manière complètement opposée à celle qui a prévalu lors de mon premier LP Honeysuckle. Je ne voulais pas faire de redite. Swallow Your Dreams est construit autour de thèmes comme la fin, la destruction, la restructuration, l’espoir et le déclin. J’ai exploité ces idées avec de la musique longue, flottante. Il y a avait du désespoir et l’idée de déclin dans Honeysuckle également, mais d’une autre façon, à travers la tristesse, la désolation, la colère et la douleur. Swallow Your Dreams révèle cette même tristesse, mais avec de l’espoir et plus de clarté. Ça reste assez sombre, mais de façon tout à fait différente.

On a dit que ma musique était comme un mur que je bâtissais entre mes auditeurs et moi…C’est assez vrai, mais c’est aux auditeurs de faire l’effort de passer au-delà de ce mur ou non. Ils peuvent y creuser une fenêtre petit à petit, pour voir ce qui s’y passe, ou choisir de défoncer ce putain de mur pour venir me rejoindre dans le coin bizarre où je réside.

It's definitely a way to free myself and a way to cut myself off. I think it's a harsh duality. The music is very bipolar. I like that. I don't want to let people in too easily. Honeysuckle is a heavy listen. I've been told that. "Dude, your record is weird." "Dude, it's too hard to listen to." I don't apologize for that. I don't make music that you can just drop the needle on and immediately mentally masturbate. It's intentionally a hard listen. Honeysuckle was coming from a place of absolute desperation and turmoil. I wanted the album to reflect that, not in just a way where you say "oh... he must've been so hurt." but rather in a way where you feel absolutely fucking dismal too. It's cruel, but it's beautiful. Yuck, I must sound like such a pretentious asshole.

With Swallow Your Dreams, knowing it was going to be the last Pink Priest release; and in the future there will probably retrospective releases, but Swallow Your Dreams is the last Pink Priest release of new material. I'm not doing anything else under that name again. Anyway, I wanted to do the absolute opposite of my first full-length LP release, Honeysuckle. I didn't want to retread any waters. Plus, the album had a theme of finality, destruction, restructure, hope, and decay. So I expanded on that idea with long, floating music. Whereas Honeysuckle displayed despair and decay in another way, through sadness and sorrow and anger and pain; Swallow Your Dreams displayed sadness with hopefulness and brightness, and yes, it was dark, but in a completely different way.

People have said I build a wall between myself and the listener with my music... That's very true, but it's up to the listener to decide how they get over that wall. They can chip away at it and peek through, or they can knock the motherfucker down and come join me in the the weird room I reside in.

Au-delà de sa dimension onirique, ta musique à un fort potentiel cinématographique. Pink Cream mise en image par Geoffrey Sexton met en évidence celui-ci. Est-ce pour toi un prolongement naturel et voulu ou est-ce seulement le résultat de circonstances et de hasards ?
Beyond its dreamlike aspect, your music has a very strong cinematographic potential. Pink Cream's vid directed by Geoffrey Sexton is a good example. Did you mean all of this, or did it all happen sort of by chance?

L’aspect cinématographique de ma musique est tout à fait intentionnel. Je n’irais jamais jusqu’à dire que je suis cinéphile ou peu importe quel autre terme, mais j’adore le cinéma. Je pense qu’au départ, c’était quelque chose d’inconscient. J’ai toujours prêté une attention toute particulière à la musique de film, et ça m’a beaucoup influencé, que ce soit le travail d'Angelo Badalamenti avec David Lynch, Alexandre Desplat, John Carpenter, Cliff Martinez, et beaucoup d’autres ; des personnes qui ont créé des bandes originales de films incroyables, et aussi juste des films avec de la très bonne musique.

Je rêve notamment de créer une bande originale de film, de produire quelque chose de vraiment perturbant ou au contraire de vraiment très beau. J’aimerais vraiment travailler sur des films, m’occuper de la BO, compiler de la musique, etc…

The cinematic aesthetic of my music is absolutely intentional. I would never say I'm a cinephile or whatever the term is, but I love movies. I think initially, it was something subconscious. I've always paid attention to music in films, and that's been an influence. Angelo Badalamenti's work with David Lynch, Alexandre Desplat, John Carpenter, Cliff Martinez, so many more; people who have done amazing scores, but also just films with great soundtracks.

A dream of mine would be to score a movie, do something very unsettling, or something very beautiful for film. I'd love to work on movies, make soundtracks, compile music, etc.

Dans les remerciements que tu prodigues à la fin des deux volumes de Night Music for Driving, on y trouve... Nicolas Winding Refn, Ryan Gosling, Carey Mulligan, Gaspar Noe et Fletch. Tu a aussi dédié un de tes disques à Harmony Korine. Qu'est-ce qu'un bon film pour toi... et en quoi l'univers filmique influence-t-il ta musique ?
In the thanks list at the end of the 2 volumes of Night Music for Driving, we can read the names of Nicolas Winding Refn, Ryan Gosling, Carey Mulligan, Gaspar Noe et Fletch. You've also dedicated one of your albums to Harmony Korine. What's a good movie according to you? And how is your music influenced by films?

Ah, je crois que je viens juste de l’expliquer un peu en quelque sorte. Toutes ces personnes m’ont beaucoup inspiré. Pas seulement la musique du film en question. Mais surtout l’action, le contrôle et le style utilisés et certains réalisateurs. Refn réalise des films incroyables, avec beaucoup de style et de classe, et il y a toujours un élément de chaos un peu cool dans son œuvre. Ça m’inspire beaucoup. Les films de Korine sont très viscéraux, pas faciles à regarder, et pourtant, je m’y retrouve personnellement. Si on prend un film comme Gummo et qu’on le met avec un disque comme Honeysuckle, je pense que l’on peut retrouver quelque chose de similaire entre les deux dans l’esprit, même si ça reste très basique.

J’aime juste les films qui me font ressentir des choses. J’attends d’un film qu’il me fasse sortir de la salle en me disant : « Putain ! Ce film m’a complètement changé ! ». Pour moi, c’est ça un bon film. Refn me fait cet effet, tout comme Noé, Terrence Malick, Michael Haneke, David Lynch et des documentaires comme The Mark of Caïn, Hell House et The Devil’s Playground. Des films qui te font voyager, qui te mettent en face de choses qui rendent mal à l’aise. C’est ce que je veux faire avec ma musique, alors je suis tout naturellement attiré par ce genre de films.

Il ne s’agit pas seulement de violence, de cran ou de dures réalités, mais aussi d’amour. J’ai vaguement fait l’apologie du film Drive, pas parce que Gosling y défonce la tête d’un mec – même si cette scène est tout bonnement géniale – mais pour tout ce qui précède. Il y a de la beauté, de l’amour et de la passion, et une sorte de dimension féérique. C’est aussi source d’inspiration. J’aime la romance. Mélange tout ça à quelques scènes bien crues, peut-être même un peu de violence, enfin…Tu me comprends.

Ha, I guess I sort of just explained that. Yeah, all those people inspired me. It's not just about the music of a film. It's about the action and control and style of films and certain directors. Refn makes amazing films with style and class and there's an element of cool and chaos in his work. That inspires me. Korine made movies that were visceral, hard to watch, and yet I connected with them on personal levels. You can put a film like Gummo against a record like Honeysuckle and I think you can understand there's something, at least on a very basic level, similar in spirit and soul of the two projects.

I just enjoy films that make me feel something. I want to watch a movie and get up and leave and be like "holy shit, I'm different now." That's a good film to me. Refn does that, Noé does that, Terrence Malick does that, Michael Haneke does that, David Lynch does that, there's documentaries out there, like The Mark of Caïn or Hell House or The Devil's Playground. Films like that take you places, that put images in front of you that force you to step outside of your comfort zone. I want to do that with music, so obviously films inspire me.

It's not just about violence or grit or harsh nature, it's about love too. I made a vague ode to the film Drive, not because Gosling crushes a guy's head -- though that scene was pretty fabulous -- but because of the lead up to that. There's beauty and love and passion and a fairy tale reality to that. That is just as inspiring. I love romance; couple that with some shocking imagery, maybe violence maybe not, but... Yeah. You get my point.

Ces deux disques apparaissent sous ton propre nom William Cody Watson ? Est-ce une façon d'en finir avec Pink Priest ?
Those last two records have been released under your real name William Cody Watson. Is this a way to signify the end of Pink Priest?

Tout à fait.

Absolutely.

Tu es la moitié agissante de Bathetic Records. Qu'est-ce qui te pousse à colaborer avec d'autres structures comme Night People ou Digitalis Ltd ?
You're the executive half of Bathletic Records. What makes you want to collaborate with other companies such as Night People and Digitalis Ltd?

J’aime pas trop dire que je suis la ‘’moitié active’’ de Bathetic Records. Alors, oui, c’est une compagnie, mais je ne veux pas être aussi formel avec des choses comme ça. Jon Hency est le cerveau absolu derrière Bathetic. Il est génial à ce qu’il fait. Il travaille énormément, y met beaucoup de temps, passe beaucoup de coups de téléphone et il fait en sorte que ça avance. C’est lui qui, au bout du compte, met tout en place et c’est grâce à lui que Bathetic existe. Je l’apprécie énormément.

J’ai vraiment beaucoup de chance de pouvoir bosser à Bathetic à ce niveau. Heureusement, je suis ami avec Jon depuis près de cinq ans (si ce n’est pas plus), et nous formons une bande. On est comme des frères. On a traversé des moments difficiles ensemble et on a fini par trouver un bon équilibre pour travailler de manière efficace et je ne suis pas peu fier de ce que Bathetic est devenu. Nous avons fait des choses qu’on n’aurait pas crues possibles il y a quelque temps. On vient juste de sortir une K7 de spoken word par Eric Paul (Arab on Radar)… On se dit juste : « Wouah, j’y crois pas ! ». C’est sûrement pas grand-chose pour d’autres, mais pour Jon et moi qui avons fraternisé grâce à notre respect mutuel pour Arab on Radar, c’est vraiment énorme. C’est comme si nos rêves étaient devenus réalité, et j’en suis vraiment content. Et depuis que Omar bosse avec nous depuis… Je ne sais plus combien de temps... C’est comme s’il avait toujours été là. C’est un artiste et musicien génial qui nous a beaucoup aidé à affirmer notre style. Ce fut une bonne leçon d’humilité.

Très tôt, j’ai voulu travailler avec beaucoup de gens…Je voulais sortir autant de musique que possible. J’ai ainsi rencontré beaucoup de gens géniaux, reconnaissants et vraiment sympathiques, en dispersant mon travail depuis le début. Je ne pourrai jamais assez remercier Shawn de Night People par exemple, et Brad de Digitalis, pour avoir cru en ma musique dès le début. J’ai d’autres projets en cours avec d’autres personnes de labels différents, mais en ce moment, je pense surtout à Bathetic pour sortir ma propre musique.

I don't like even saying I'm the "executive half" of Bathetic Records. Yes, it's a business, but I don't want to be so formal about things like that. Jon Hency is the absolute, end all be all, mastermind of Bathetic. He's amazing at what he does. He is a genuine worker, he puts in the time, he makes the calls, he finances, and he gets things done. He's the dude, that at the end of the day, puts it together, makes it happen. I love that dude.

I'm absolutely 100% fortunate to be involved in Bathetic at the level I am. Luckily, I have been friends with Jon for close to 5 years now (if not longer) and we've developed a pack. We're brothers. We've been through the ringer together, and we've established a way to work together effectively and efficiently and I could not be more proud of what Bathetic has become. We're doing things I never thought possible. We just released a spoken word cassette by Eric Paul... it's like "WOW, is this real?" That may not seem like such a big deal to anyone, but Jon and I bonded over a mutual respect of Arab On Radar, so to us. That was a huge accomplishment. It's a fantasy come to life, and I'm so excited. And now, with Omar having been on board for, shit I don't even know, it just seems like he's always been there. Now, Omar is in with us, and he's amazing... He's an amazing artist, as well as musician, and he's helped us develop our style. It's very humbling.

Early on, I wanted to work with everyone... I wanted to release as much music as possible to anyone that would release it. I met a lot of amazing, accomplished, grateful, and just infinitely nice people through spreading my work around early on. I couldn't be more thankful for people like Shawn from Night People and Brad from Digitalis for giving my music a chance early on. My collaborations with other labels, continues with certain projects, but at this point, my heart is pretty much with Bathetic, in regards to my own personal releases.

Pourquoi avoir sorti Honeysuckle et Swallow Your Dreams sur La Station Radar ? Quel est le fin mot de cette rencontre ?
Why was Honeysuckle and Swallow Your Dreams released on La Station Radar? What did you get from this collaboration in the end?

J’ai contacté La Station Radar au tout début. J’avais beaucoup de respect pour leur travail. J’avais écouté le Jen Paul & Jeans Wilder split 12", et j’avais adoré. Ils m’ont proposé de commencer avec une petite sortie en CD-R, de Western Futures, officiellement le premier Pink Priest. Par la suite, ils m’ont donné l’opportunité de sortir un LP sur vinyle et j’étais ravi. Tu sais, après avoir débuté avec Pink Priest en solo, je rêvais juste de sortir un vinyle. Après ça, je pensais laisser tomber, ayant atteint mon but.

J’étais sur Honeysuckle pendant un an ou presque et je l’ai envoyé au label. Quelques mois plus tard, ça y était. Un vinyle rouge contenu dans une pochette avec un collage génial de James Hines. C’était parfait. La Station Radar venait de réaliser mon rêve. Je ne pouvais pas les remercier assez.

Après la sortie de Honeysuckle, et des chiffres de ventes relativement bons, ils m’ont proposé d’en faire un autre. A ce moment-là, je pensais déjà en finir avec Pink Priest. Alors, j’ai décidé que Swallow Your Dreams, mon dernier LP sous le nom de Pink Priest, devrait se faire avec eux. Ça coulait de source : la boucle était bouclée.
La Station Radar… Fleur et Jérôme sont des gens géniaux. Vraiment. Ils m’ont aidé à réaliser un rêve que je pensais impossible. Je leur serai toujours reconnaissant.

La Station Radar was a label I reached out to early on. I respected what they were doing. I had heard the Jen Paul & Jeans Wilder split 12", and loved it... I just respected them. I reached out to them, they offered to start with a small cd-r release, which was Western Futures, the first official Pink Priest release. After that, they just offered me a chance to release an LP, a full-length vinyl release. I was absolutely delighted at the prospect of that. You see, starting Pink Priest as a solo project, my dream was just to release one vinyl record. After that I could've called it quits, with my dream achieved.

I worked on Honeysuckle for maybe a year or less, and sent it in... However many months later, there it was. Red vinyl wrapped up in an amazing James Hines collage jacket. It was perfect. La Station Radar made my dream a reality. I couldn't be more grateful.

After Honeysuckle was released and had sold relatively well, they offered me a chance to do another LP. At this point, I was already thinking about ending the Pink Priest name and project. I decided that my last LP with Pink Priest, Swallow Your Dreams, had to be with them. It only made sense. Beginning/End. Circle completed.

La Station Radar... Fleur and Jerome; both amazing people. Absolutely. They helped me reach a dream I didn't think was possible. I'm forever grateful to them.

Tu as longtemps collaboré avec l'excellent Impose Magazine. Quel regard portes-tu sur ton expérience et plus largement sur le monde musical que tu connais ?
You've worked with the brilliant Impose Magazine for a very long time. What are your thoughts concerning your career so far and the music industry you know in general?

Oh, j’en sais trop rien. Je n’ai pas de plan de carrière. Cela fait maintenant plus de dix ans que je fais de la musique, d’une forme ou d’une autre. Et ça fait juste quatre / cinq ans que je commence à être reconnu. J’en suis content, mais je ne considère pas vraiment avoir eu une carrière en tant que telle. Je crois que depuis tout ce temps, j’ai dû gagner dans les 400 dollars grâce à ma musique en solo. Je ne prête aucun intérêt à ce genre de conneries. Tout ce que je veux, c’est que les gens ressentent des choses quand ils écoutent ma musique, que cela soit positif ou négatif. C’est tout ce qui m’importe.

L’industrie musicale ? Peu importe. Bonne chance à tous ceux qui s’y frottent. Ecoute du Black Flag, le Get in The Van de Henry Rollin, parle à des gens sympas. J’emmerde la hype, j’essaie de rester loin de tout ça. Je n’écoute pas de groupes à Wayfarer fluo, ou quoique ce soit du genre.

En ce qui concerne Impose, ce sont vraiment des types sympas. Ils ont toujours veillé sur moi. Je n’ai rien écrit pour eux depuis longtemps, mais c’est juste que mon cerveau est un peu pourri en ce moment, mais ces gens sont supers. Encouragez-les.

Oh man I don't know. I don't have a career. I've been doing music, in some form or another for the past, well, over ten years. Just in the past 4-5 years have I gained any real notoriety. I'm appreciative of it, but I don't consider myself having a career. I think in this whole time, I've maybe pocketed 400 bucks through my solo music. I don't care about shit like that. I love when anyone listens to my music and feels something from it, negative or positive. That's all I care about.

Music industry? Whatever. Good luck to everyone trying. Listen to Black Flag, listen to Henry Rollin's Get In The Van, talk to people who are cool. Fuck hype, etc. I stay away from a lot of it. I don't listen to bands that wear, like, neon green sunglasses and shit.

Regarding Impose, good dudes over there Always been angels to me. I haven't written for them in a while, because my brain just kinda shit the bed, but those guys are great. Support Impose.

Quels sont tes projets futurs ?
Any other plans/future projects?

J’ai toujours pas mal de choses en cours : mon premier LP par exemple, à paraître sous mon propre nom, William Cody Watson, chez Bathetic dans deux ou trois mois. L’album s’appelle Bill Murray. Ouais, parfaitement, c’est son nom. Une ode à l’homme qui m’a beaucoup inspiré. Alors, oui, c’est une autre référence de film, le fruit d’un amour intense. Je pense vraiment que c’est ce que j’ai jamais fait de mieux. Je me lance un peu des fleurs…Mais, bon, oui, il sort bientôt.

Avec Dan de Cough Cool, nous avons sorti une nouvelle cassette No Dreams/No Regrets, sur le label Skrot Up. C’est un truc de malade, comme un brouillard dans le désert, un trip de taré long de 60 minutes. Un truc vraiment profond. Je vous le conseille vraiment… Et il y encore pas mal de morceaux en cours avec Scissoring. Il y aura sûrement un album rétrospectif de Pink Priest, avec en bonus quelques morceaux inédits et quelques classiques tirés de cassettes à tirage limité.

A part ça, j’ai décidé de faire une pause dans mes projets solo jusqu’à la fin de l’année pour me consacrer à l’écriture. J’ai déjà plusieurs projets en route. Je viens de publier mon premier zine, Mating Season For Goons, chez Calico Grounds (). J’en suis très content. Je prépare un autre zine avec Grarett Crowe, un ami de très longue date. C’est un écrivain talentueux qui vient de Chattanooga dans le Tennessee. Nous avons juste démarré notre petit collectif d’écrivains et autres : Satan’s Crystal Art Collective. Si tout va bien, on va pouvoir se mettre à bosser sur de petites choses sympas dans les mois qui viennent.

Oh for sure. I still have tons of things in the works. I have my first full-length vinyl LP, under my own name William Cody Watson, coming out on Bathetic in the next couple months. The record's called Bill Murray, and yeah, that's really what it's called. It's an ode to a man who really inspired me. So there's another film reference. Yeah, it was an intense labor of love. I personally feel like it's the best thing I've ever done. Toot my own horn for a sec. So, yeah, that's coming out...

Me and Dan from Cough Cool have a new Scissoring tape out called No Dreams/No Regrets. It just came out on Skrot Up. It's a psyched out ass-gazer, desert haze, weirdo trip out for 60 minutes. It's a deep vibe. People should definitely check it out... And there's more Scissoring stuff in the works. There's probably going to be a Pink Priest retrospective type release with some unreleased material and some of my favorite "classics" stripped from certain limited cassette release. That'll hopefully come out at the end of the year, through Intercoastal Records and Holy Mountain.

Other than that, I've decided to step back from my solo work for the rest of the year to focus on my writing. I've got several writing projects in the works. I just released my first official zine, Mating Season For Goons, on Calico Grounds. I'm excited about that. I've got another zine project in the works, it's a split zine between me and a friend of mine from wayyyy back, Garrett Crowe. He's an amazing writer out of Chattanooga, Tennessee. We just started our own little collective of writers and such, Satan's Crystals Art Collective. Hopefully, we'll have our fingers in a lot of nice things here in the near future.

Que doit-on te souhaiter pour 2012 ?
What can we wish you for 2012?

Ah, je crois que je viens d’en parler. En 2012, Bill Murray sortira sur Bathetic, il y aura plus de zine, des projets avec Scissoring et puis, à part ça ? Qui sait. Bill Murray est vraiment le truc crucial de l’année 2012 pour moi. Je m’endors le soir en y pensant. A part ça… Ecrire, énormément. Allez-donc acheter mon zine.

Ha, I think I just summed it up. 2012 will have the Bill Murray LP on Bathetic, lot of writing, more zines, more Scissoring stuff, man, other than that? Who knows. Bill Murray is absolutely my pinnacle of 2012. I go to sleep at night thinking about that record. Other than that... Writing, just lots of writing. Go buy my zine.

Traduction : Simone Apocalypse

Swallow Your Dreams Mixtape


(DL/TC)

01. This Mortal Coil - Another Day
02. Harold Budd - Juno
03. Kyle Bobby Dunn - An Extension
04. Steve Roach - A Darker Light
05. William Basinksi - D|P 2.1
06. Fennesz - 015
07. Nine Inch Nails - The Day The World Went Away (Quiet)
08. Bell Orcheste - Water-Light-Sifts (Tim Hecker Remix)
09. Terry Riley - Poppy Nogood & The Phantom Band
10. Dead Can Dance - Dawn Of The Iconoclast
11. Nick Cave & The Bad Seeds - (I'll Love You) Till The End Of The World
12. Peter Broderick - Part 3
13. Flying Saucer Attack - September 25th 1997, No. 4
14. Harold Budd + Ruben Garcia + Daniel Lentz - The Messenger
15. Brian Eno - Three Variations On The Canon In D Major: French Catalogues
16. Skeeter Davis - The End Of The World

Vidéo


oOoOO l'interview

ooooo

Après Cosmetics, continuons l'exploration de la face sombre de la musique de blog. oOoOO : nom énigme, line-up énigme, musique énigme... Les quelques réponses suivantes ne vous en diront pas plus sur l'identité  de la personne derrière ce projet. Cela dit, vous en saurez davantage sur ses trucs de geek de studio et son amour pour Chris Isaak et la littérature white trash....

Bonjour, tout d'abord, tu/vous peux/pouvez nous en dire plus sur toi/vous. Qui es/êtes-tu/vous ? L'image de la jeune fille dans l'onglet influence sur myspace est assez effrayante, elle fait partie du groupe ?

oOoOO : Non, mais j'aurais aimé. À l'heure actuelle oOoOO c'est juste moi, et parfois Mlle Lisa. Mais bientôt il y aura un autre membre à temps plein.

Quand j'ai montré votre myspace à mes amis, la plupart d'entre-eux se sont arrêtés sur le nom du groupe. J'ai de plus en plus de difficultés à me souvenir des noms de groupes alors le vôtre me convient, mais comment puis-je le prononcer ? Et que puis-je répondre à mes amis qui cherchent un sens ?

oOoOO : Je ne sais pas comment le prononcer. Mais ce n'est pas grave car tout se passe sur internet désormais. Les noms de groupe ne sont plus nécessaires. Il y a juste besoin d'un visuel pour identité. Ce qui est une bonne chose car je n'ai jamais été à l'aise avec les noms de groupes. La musique doit être indicible.

J'ai découvert votre musique dans un mix que mon frère m'avait fait. Le titre seaww était placé entre un track de Gatekeeper et d'autres trucs ambiant provenant du catalogue Kompakt. Je me suis dit ok, encore un titre horror électro. En allant sur ton MySpace, le lecteur s'est mis en route sur la piste No Shore, qui m'a tout de suite évoqué Boyd Rice et d'autres trucs néo folk assez obscurs. Après cela, j'ai écouté votre remix de deux vieux tracks club... un sacré grand écart. Sens-tu une filiation avec tous ces artistes et / ou ces genres ?

oOoOO : No Shore est une vieille chanson. J'avais l'habitude de faire des trucs plus orientés dark folk. Je vais y revenir un jour, mais maintenant je veux juste faire des tracks électroniques. J'aime tous les genres de musique, mais surtout les choses sombres. Je suis bon pour trouver de l'obscurité dans un rien, et parfois dans la musique la plus optimiste qui soit.

J'aime beaucoup ce travail sur les voix avec ces effets dans des tonalités graves. Comment fais-tu ça ?

oOoOO : Parfois, je bouge entièrement la totalité du morceau vers le bas, voir même je le ralenti . Il y a toujours une tentation, après avoir terminé le morceau, de rendre la version finale plus lente que prévu initialement. Tout sonne mieux comme ça. Parfois, j'enregistre la voix sur une tonalité plus élevée, puis je baisse la tonalité pour coller à l'instrumentation.

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Tu joues ça sur scène ou ça reste du domaine du studio ?

oOoOO : Pas de show pour le moment. J'ai travaillé avec un ami ces derniers temps et nous voulons mettre un set live en place ensemble. Je pense que nous jouerons quelques concerts cet été.


En naviguant sur votre myspace, j'ai réalisé que de nombreux groupes utilisent actuellement des sons de plus en plus durs et sombres. 2010 = tristesse + ténèbres ?

oOoOO : Ouais, ça semble être le cas. C'est intéressant de voir combien de personnes font de la musique sombre et étrange en ce moment. La désolation est en train de tout saturer car les gens sentent que l'illusion du progrès est terminée. L'idée de progrès est devenue quelque chose de pathétique; les seuls trucs synonymes de progrès sont désormais les espaces de stockage de plus en plus importants sur un lecteur mp3 ou les applications de plus en plus distrayantes de l'iPhone. De toute évidence nous vivons l'agonie du progrès. La plupart d'entre nous allons sans doute avoir des vies plus difficiles que celles de nos parents.

Quels sont les derniers trucs cool que tu as écoutés ?

oOoOO : J'aime vraiment beaucoup ce groupe / type appelé Balam Acab. Broadcast & the focus group ont sorti un album vraiment bon à l'automne et je commence à peine à entrer dedans. Sans oublier Tammy Wynette et Connie Smith.

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En ce qui concerne la littérature, quels livres as-tu dans les mains en ce moment ? Quelles sont tes références intemporelles ?

oOoOO : J'étudiais la littérature à la fac jusqu'à ce que j'abandonne il y a environ un an et demi. Depuis, j'ai pris une pause concernant la littérature. Mais je viens de lire Veronica de Mary Gaitskill  et c'est incroyable ! Je précise, ce n'est pas du tout un grand roman, mais les observations des gens sont si cruelles, et je n'ai jamais lu quelque chose décrivant de manière aussi proche ma propre façon d'être dans le monde. C'est l'histoire de cette jeune mannequin qui hait l'ennui, le lieu stupide d'ou elle vient et les gens médiocres qui y vivent. Elle veut vivre dans une région idéale où seuls quelques élus résident et passent leur temps à rire, écouter de la musique et se bourrer la gueule pendant que  les autres pourrissent de jalousie derrière leurs bureaux de merde. Mais tout en cherchant à atteindre cet objectif, elle sait que ce désir est une sorte de maladie, et que, même si elle pouvait l'atteindre, elle serait toujours misérable.

Si tu devais résumer ta vie à San Francisco en 5 morceaux, quelle serait la playlist ?


oOoOO : Patrick Cowley - Warp Mind

Noel - Silent Morning

Cristina Monet - Is That All There Is?

Chris Isaak - San Francisco Days (Remix Drag)
(ndlr : a défaut du remix, la video de l'original en lien)

Grateful Dead - Viola Lee Blues (de la bande originale de Petulia)

Actuellement, sur quoi travailles-tu ? Quels sont tes projets pour l'avenir proche ?

oOoOO : Je travaille sur un remix pour un groupe assez connu. Une fois que j'en aurai terminé avec ça, j'ai quelques démo que j'ai besoin de transformer en chansons. Je vais sortir un EP 4 chansons sur Tri Angle Records, probablement en juin. Et j'espère commencer à jouer live.

Audio


oOoOO – NoShore

Video