On y était : Sonar Festival 2015

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On y était : Sonar Festival, 18 au 20 juin 2015 à Barcelone - Par Alex P. & photos par Hélène Peruzzaro

L'édition précédente à peine terminée, on se préparait déjà mentalement et physiquement à cette cuvée 2015 du Sónar. Un an, ça passe vite, et voilà, on y est, prêt à se frotter aux samouraïs du dancefloor du monde entier dans la chaleur catalane. Le Sónar c'est officiellement trois jours et deux nuits mais en vrai, c'est une compète qui se joue sur une semaine, événements off obligent. La première soirée sera d'ailleurs un préambule plutôt soft avec le concert de Steve Gunn dans un petit club du centre-ville, même si la tournée des bars qui a suivi a mis un peu de piment dans l'histoire et dans mon crâne.

Le lendemain, on continue mais ce coup-ci, c'est un entraînement à balles réelles avec le showcase Hivern Discs au Monasterio, point culminant du Poble Espanol. Dorisburg est déjà sur scène et envoie un live machines pas dégueu d'une house aux contours mélodiques et sombres pour une ambiance finalement très relax dans un cadre bucolique. Barnt enchaîne et muscle le jeu avec sa techno hypnotique matinée de beats indus. C'est cool mais le garçon se démerdera quand même pour claquer deux, trois pains assez embarrassants, ce qui l'a d'ailleurs peut-être poussé à terminer son set façon saucisson avec des tracks bien bas du front.

Côté public, on est sur un mélange de cagoles de haute voltige, de touristes ricains aux larges torses et d'aryens quasi à poil droits sortis d'une jaquette DVD de porno gay, le tout encadré par une sécu commandée par une version bodybuildée de Didier Drogba. Je note cependant avec grand plaisir le retour de la banane comme accessoire indispensable à l'élégance des jeunes gens modernes.

Joy Orbison détend l'atmosphère avec un set entre tam-tam et rayons lasers bourré de vocaux pour carrément finir sur une ambiance disco-funk. Viens ensuite la surprise du chef, le créneau 21h30-23h stipulant simplement "guest". C'est finalement Jamie XX qui fait son apparition derrière les platines. Je dois dire que, même si je conchie son groupe et que je ne suis pas un grand fan de sa sauce en général, le mec va balancer un DJ-set aux allures de sans faute, propre comme un Stephen Curry derrière la ligne des trois points. En bon patron de label, John Talabot clôture l'affaire comme il sait si bien le faire, il est minuit et demi et on se dit que c'est une bonne idée d'aller de finir au Moog, mini-club en plein barrio chino, devant DJ Haus et Legowelt. La sélection officielle n'a pas encore commencé que je suis déjà carbo, comme un claquage à l'entraînement d'avant match.

Mais c'est dans le combat que les vrais joueurs se révèlent et le lendemain après-midi, on est prêt pour retourner au charbon, celui du By Day cette fois. On tombe sur Kindness sur la grande scène extérieure et ce que je remarque, c'est que le type est finalement plus occupé à sautiller sur scène et à taper dans ses mains qu'à faire de la musique, laissant ça à son backing band afro beat par moment et carrément nu soul le reste du temps. Le tout ressemble finalement plus à un jam incorporant même des medleys de reprises qu'à un véritable concert. Je pars m'enfermer dans la salle de cinéma du Fira Montjuic pour assister à la performance audiovisuelle The Well, collaboration entre Koreless et l'artiste Emmanuel Biard. Cette collaboration soutenue par le festival mancunien Future Everything consiste en un dispositif complexe et évolutif. Le jeune Gallois commence par envoyer de grosses déflagrations d'infra basses, la scène est inondée de fumée, les arpèges de synthé montent doucement et les mélodies se croisent. Un grand film plastique sur lequel la lumière rebondit est tendu au fond de la scène et réagit comme la surface d'une mare dans laquelle on aurait jeté un caillou à chaque coup de kick. L'utilisation du glitch est de plus en plus marquée et le spectacle continue d'évoluer, on fait pivoter un grand miroir circulaire et des rayons lumineux se mettent à dessiner un sorte de plan à tisser laser, encore mieux que la harpe de Jean-Michel. On pivote le miroir une dernière fois pour transpercer l'audience de ces rayons laser, le résultat est saisissant, je suis hébété - faut dire que les quelques lattes de blue kush inhalées juste avant m'ont bien aidé à fondre dans mon siège.

On reprend l'air deux minutes avant de repartir pour une courte apnée avec la fin du concert de Nazoranai, supergroup composé de Stephen O'Malley, de l'Australien Oren Ambarchi et de Keiji Haino, figure de proue de la scène expérimentale et psychédélique japonaise. Feedbacks assourdissants de guitares saturées, rythmique doom et phrases de synthés vrillées, le Sónar Dome est quasi vide, l'ambiance est chelou, les gens n'ont rien compris mais putain, je rigole bien quand même avec ma blue kush.

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All photos © Hélène Peruzzaro

Vient ensuite le tour d'Alejandro Paz et là l'atmosphère va changer du tout au tout, en même temps difficile de faire pire contraste. C'est parti pour une heure de grosse body music latino avec le poto qui toast en short comme au barrio. Et pour saucer, ça sauce, gosse bassline, gros dancefloor, joooooder comme on dit ici, tu réfléchis pas, avec lui c'est tu danses ou tu te casses.

Direction le Sonar Hall pour le concert d'Autechre. La salle est entièrement plongée dans le noir, on ne voit rien, le malaxage de neurones et de côtes flottantes peut commencer. Je dois avouer que bien qu'adorant Autechre, je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce live, j'avais même un peu peur de me faire chier, pour tout dire, mais cette crainte est vite dissipée. L'ambiance est immersive et à part un bref moment durant lequel la salle sera inondée de lumière (ce qui a eu pour effet d'exciter tous les Robert Gil de Catalogne et d'Europe), la grande halle est immédiatement replongée dans le noir. On ferme les yeux et on plonge dans un espace en quatre dimensions fait de textures, de mélodies sous-jacentes et de parasites rythmiques. Une transe en alerte à la fois taxante et incroyablement méditative. Et puis j'ai glissé, je ne me souviens plus trop, j'ai rouvert les yeux et j'ai eu comme l'impression d'avoir fait un rêve prémonitoire. Après ça, tout le reste semble insignifiant et plutôt que d'aller se remettre du son dans les oreilles on passera la soirée avec l'ami Ricardo Tobar à pillave tout ce qu'il y avait à pillave et à disserter sur les bienfaits du pisco et la notion de bookeur pété.

Deuxième jour du By Day, j'arrive juste à temps pour choper le live de Vessel, sorte de rituel tribal et industriel accompagné de projections vidéo rappelant le boulot des actionnistes viennois. C'était l'un des artistes que j'étais le plus curieux de voir et, torse nu derrière ses machines, il m'a mis une grosse gifle. C'est un peu con dit comme ça mais c'est exactement ce que j'avais envie de voir à ce moment-là.

Vient ensuite le tour de la sensation féminine UK hip-hop, Kate Tempest. Trop souvent réduite au qualificatif de version meuf de The Streets, la petite rouquine boulotte et son groupe composé d'un batteur, d'une claviériste et d'une choriste va prendre le contrôle de la scène. Flow tranchant, voix sûre, elle a l'assurance d'un vétéran mélangée à la fraîcheur et la candeur de quelqu'un d'hyper sincère et de content d'être là. Son concert sera interrompu par une coupure son mais c'est pas grave, elle peut se consoler en se disant que le taff a été fait et bien fait.

Je me cale ensuite en plein cagnard pour choper un bout du set d'Owen Pallett et son violon avec sa came grandiloquente cul-cul suivi du DJ-set d'Arthur Baker. Le papa ricain de la production, qui a notamment bossé avec des gens comme Afrika Bambaataa ou New Order, a décidé de partir dans un délire estival, ce qui ne passera pas inaperçu auprès de la frange la plus drogue des festivaliers. Gros bide, barbe, combo cheveux longs/calvitie et selecta pour gens désinhibés, lui dans un truc bien carnaval comme le Burning Man, ça doit être un carnage.
Petit tour du côté des stands du Sonar +D et de la Novation Synth Heritage Exhibition où les gens peuvent manipuler les modèles phares de la marque ainsi que d'autres machines cultes comme la TR 808, 909 ou encore un clavier Oscar. En bon nerd, je vais passer près d'une heure a tripoter la 808 et la 909, que du fun. Il est temps de retirer le casque que j'ai sur la tête et de retourner voir ce qu'il se passe dans le festoche.

Je tombe sur DJ Ossie dans le Sónar Dome et le Londonien va me casser les pieds, voire même carrément me déprimer avec son mix ultra putassier digne des pires campings de la Costa Brava. Le gars va même balancer Gypsie Woman de Crystal Waters en filmant le public avec son iPhone en bougeant, tout content à l'idée d'envoyer une jolie carte postale vidéo à sa maman. On enchaîne avec une session d'hypnose sensuelle avec le live de Xosar qui est accompagnée à la vidéo par Torn Hawk, qui diffuse ses visuels sur des écrans disposés sur les côtés de la scène et qui honnêtement ne servent pas à grand chose tant le regard est attiré par la belle créature à la gestuelle bizarre au milieu de la scène qui manipule ses machines pour délivrer une performance labyrinthique et mentale tout en tapant en-dessous de la ceinture.

Asap Rocky

Il est temps de bouger sur le site du By Night pour choper le concert d'A$AP Rocky. Le pretty flacko est évidemment accompagné de son A$AP Mob, et c'est parti pour un gros show à l'américaine. Le mec n'est clairement pas un rappeur de scène, faisant le minimum syndical au niveau du micro, laissant le soin à ses acolytes de gueuler à sa place tout en bougeant partout en prenant de belles poses pour les photographes. Ce n'est pas une grosse performance de musicien, d'accord, mais on est en présence d'un entertainer et c'est finalement plaisant à mater, surtout pour le côté débauche comme sur Wild for the Night, où des canons à fumée et à confettis vont nous faire croire l'espace d'un instant qu'on est en plein spectacle de la mi-temps du Superbowl.

On part faire un tour du côté du Sonar Car, la petite scène devant le stand d'autos-tamponneuses, pour choper Powell et son délire musclé, puis le live de Paranoid London. Le duo est accompagné de Mulato Pintado, sorte de MC au look improbable, comme si John C. Riley avait eu le rôle de Dennis Hopper dans Easy Rider avec un bob de pêcheur sur la tête. La TB 303 tourne autant que ta soeur et la 808 de cochon met de bonnes claques aux fesses. Gros défouloir, cabrage violent, katas sur le dancefloor. Et puis faut dire que mettre des auto-tamponeuses devant une scène techno dure, c'est à la fois le truc le plus con et le plus cool qui soit. En plus d'en n'avoir rien à foutre des limitations sonores, nos amis espagnols ont vraiment le goût de la fête et savent comment introduire juste ce qu'il faut de mongolisme pour rendre le moment parfait.

Petite pause pour retourner dans le grand hall et jeter un oeil au live de Die Antwoord. Les narvalos d'Afrique du Sud sont typiquement ce genre de gros monstre débile que tu ne vois qu'en festival (moi en tout cas). Le bordel commence par une projo d'un gros plan sur le visage de leur poto atteint de progéria et décédé récemment, histoire de bien appuyer sur l'imagerie freak qui constitue leur fond de commerce avant d'enchaîner sur leurs titres plus flingués les uns que les autres. A chaque morceau son changement de costumes et de mise en scène, on est en pleine Foire du Trône, entre pyjamas Pikachu et vidéo de petits bonhommes en couleur avec des bites géantes qui volent en éjaculant dans le ciel, trop c'est trop.

On se balade ensuite façon zapping pour prendre quelques bourrasques de Randomer, survoler un peu le live de Tiga et capter quelques morceaux de Hot Chip qui finiront d'ailleurs sur une reprise du Dancing in the Dark de Bruce Springsteen, comme une dédicace à la collègue photographe qui m'accompagne, puis retour devant les auto-tamponneuses pour un DJ-set toujours aussi impeccable d'Helena Hauff. Sexy austère, sympa mais sévère, de la punition qui fait plaisir, du cabrage de compète frère.

Instant détente mérité au bar presse sur fond de Jamie XX et de parties de jeux vidéos sur bornes d'arcade. Sur la sortie, on chopera un bout de Skrillex et de son brostep pour fils de pute, soit le truc le plus blanchot qu'il m'a été donné de voir depuis la vendange de Dugarry en finale de la coupe du monde 98, un truc entre le sentiment de haine et le rire gêné.

Troisième et dernier jour du By Day, je retourne tripoter quelques synthés avant de capter le set de Valesuchi. La Chilienne de chez Comeme envoie un délire chaloupé bien cool avant de laisser là place à Zebra Katz. Je suis le rappeur de Brooklyn depuis son Ima Read de 2012 et j'étais vraiment curieux de voir ce que ça donnait en live et tout ce que je peux dire, c'est que le lascar ne m'a pas déçu.

Après une intro consacrée au Everybody's Free de Quindon Tarver, notre beau gosse en salopette blanche fait sonner les infra basses et entame une démonstration de contrôle scénique. Le mec dégage une grosse puissance, son flow axé sur une articulation et une diction parfaite est impeccable et son art rap dur soutenu par des productions de Leila Arab va foutre le public en feu. De phases ghetto club au bain de foule en passant par des petits enchaînements voguing queer, le mec étale les différentes facettes de sa personnalité trouble et met le public dans sa poche malgré la singularité du propos. Un futur grand.

Un dernier petit tour du coté du Sonar Planta pour apprécier la belle installation réalisé par le studio berlinois ART+COM intitulée RGB/CMY Kinetic, et rideau histoire de profiter des douceurs de Barcelone avant de reprendre l'avion direction Paris en compagnie de Blaise Matuidi. Sonar, més que un festival.

Photos


Wordshoot : MIRA Festival @ Barcelone

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Photos © Mind the Film

MIRA Festival, Barcelone, 14-15 Novembre 2014 - Par Alex P et Nicolas M.

Depuis que la frangine sportswear du crew a élu domicile à Barcelone, toutes les occasions sont bonnes pour se mettre bien au bord de la Méditerranée et profiter des barbecues sur la terrasse de son penthouse de centre-ville avec saucisses grillées pour dj de toutes tailles et de tous horizons. Parmi la myriade de festivals et de manifestations culturelles qui se tient chaque année dans la cité catalane, Le MIRA arrive à sortir du lot en axant sa programmation sur le rapport image et son et les interactions entre nouvelles technologies et musiques électroniques ; quelque chose que l'on avait déjà aperçu en juin dernier avec la sélection du Sonar+D. Visiblement la question les travaille pas mal, au sud des Pyrénées. Les festivités sont réparties sur deux lieux, à la Fabra Y Coats de 18h à 2h et au Razzmattazz de 2h à 6h.

Direction la Fabra Y Coats donc, ancienne usine textile reconvertie en centre de création contemporaine. Le cadre est superbe, structure de béton et d'acier avec une hauteur sous plafond impressionnante. l'éclairage est simple et léché sous la forme de fibres optiques tendues aléatoirement au-dessus de la tête du public comme une canopée électrique (prenez-en de la graine, les lighteux en bois avec vos spots rouge et bleu) et le son est impeccable, comme quoi on peut faire sonner un hall de gare (prenez-en de la graine, les ingés son en mousse). Oscar Mulero monte sur scène accompagné par le duo de VJ Fium, qui balance les images sur le triple écran géant situé derrière la scène pour présenter sa création, BioLive. Le son est aquatique et la basse enveloppe l'auditeur pendant que les projections de motifs évoquant les molécules, les matières minérales et des modélisations topographiques fonctionnent comme l'élément narratif de cette exploration de la vie avec un cœur qui bat fort comme ces fulgurances rythmiques techno. Ambiance National Geographic meets Nature et Découverte ultra physique et cérébrale.

Byetone prend le relais avec sa performance AV (c'est tout le concept du festival, hein), faite de progressions deep tout en textures appuyées par des projections de flares de phares de voitures et de trames cathodiques qui fonctionnent comme autant d'oscilloscopes sur les oscillateurs de plus en plus agressifs du bonhomme. Montée en puissance avec l'introduction d'un kick martial pour faire headbanger dans le clignotement ambiant et finish façon Autobahn limite free party, pas des plus fins mais efficace.

En plus des lives dans le grand hall d'exposition, des installations interactives et ludiques se trouvent aux quatre coins du lieu. Je ne les décrirai pas toutes ici mais si je dois n'en retenir qu'une seule, c'est The Cave, du designer Nicola Gastaldi, une installation qui produit l'effet d'un corridor infini pour une expériences immersive entre son, lumière, paix et chaos.

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Retour dans la grande salle pour Rone, qui vient de s'installer derrière ses machines avec sa dégaine de gars qui joue à Warcraft (sans les tâches de Bollino sur le tshirt, quand même), accompagné d'Olivier Jennings à la vidéo. Son électro emo me fait carrément penser à la soundtrack d'un spot publicitaire pour une boîte type Veolia ou GDF Suez. Alors il y a bien des passages plus intéressants que d'autres mais cette naïveté mélodique sans coups de vice rend l'ensemble très attendu, très premier degré dans le son gentil pour mollassons qui se font des bisous sous MD. Nathan Fake a usé le créneau il y a bien longtemps déjà, je n'ai ni envie, ni besoin de voir ça en 2014. On bouge au Razzmatazz pour la suite de la soirée.

Dans la grande salle, Paula Temple débite de la bidoche au kilo, son live techno abrasif est une vraie boucherie. C'est tellement frontal dans l'agression qu'il est difficile de savoir si c'est génial ou pas. En tout cas une chose est sûre, la représentante vénère du crew Comeme te pète au bras de fer. Je passe maintenant le mic à mon gars sûr qui va te raconter le reste de la soirée.

C'est compliqué de décrire le Razzmatazz sans le plan d'évacuation devant les yeux.

On est encore incapable de vous dire comment on a navigué entre les différentes pièces de l'établissement de nuit. Terrasse extérieure, multiples escaliers, bars à tous les étages et staff incapable de te donner la même info fiable, organisation certifiée ISO 2000. En cette première soirée de festival, notre point de chute était la room dédiée au label/distributeur/argentier hollandais de la dance music contemporaine, Rush Hour.

On est arrivé alors que Hunee performait depuis un petit quart d'heure. J'ai jamais capté son lien avec Rush Hour au-delà de ses selfies devant la boutique du label à Amsterdam. Un peu plus tôt dans la soirée, Internet nous avait rencardés sur son travail de curation pour Rush Hour sur la rétro à venir concernant Soichi Terada. Tout fait sens. De sens et de combinaison de move derriere les platines, il en est pas mal question pendant la grosse heure et demie de set de Hunee. Le mec nous a donné l’impression de jouer la sélection de seconde main mise en avant chaque dimanche dans le mail order Rush Hour. Aucune faute de goût, si ce n'est ces divagations disco 70's plus La croisière s'amuse que Les débuts de l'amour entre hommes. Young Marco suivait, fidèle à l'alternance droite-gauche, dans une vibe groove urbain-gimmicks zulu. Moins de surprise mais autant de réactions auprès de la frange podium Castelbajac 90's dansant dans les premiers rangs.

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Le lendemain, retour à la Fabra Y Coats juste à temps pour le live Emergence de Max Cooper, qui selon l'intéressé lui-même est "quite a big deal" - rien que ça -, car élaboré en collaboration avec des mathématiciens sensés avoir pondu des algorithmes de génie pour mettre en image la musique du Britannique. A l'arrivée, c'est pas fou, les visuels sont attendus (faut dire que c'est un peu le problème du VJ, tout finit par se ressembler, les modélisations algorithmiques, ça va deux minutes, y'a d'autres trucs à faire les gens) et l'alternance de passages atmosphériques et de parties glitchées plus chaotiques ne me fait pas sauter au plafond. Gold Panda enchaîne avec son électro mignonne avant de laisser la place à Clark. J'étais plutôt enthousiaste à l'idée de voir ce que le représentant de Warp allait faire en live, la déception fut donc d'autant plus grande quand ce dernier s'est borné à envoyé un set bourrin et linéaire parfois à la limite du gabber.

Marc Pinol boucle cette première partie de soirée et, comme la veille, finissage au Razzmatazz, l'hypermarché de la nuit, l'arche de Noé de la ramasse. C'est samedi soir et c'est flinguage à tous les étages. Dans la grande salle, Undo, plutôt connu pour son électro délicate qui frise avec la pop, a décidé d'envoyer un DJ-set bien macho et bas du front. Factory Floor prend la suite avec son live club en formation duo réduite à un double laptop pour ce qui sera clairement l'escroquerie de la nuit. Pour résumer, cette deuxième soirée était nettement en-dessous de la première. Le truc le plus honnête aura finalement été le set dark eighties de Jennifer Cardini, toujours sereine dans son polo Fred Perry.

 

MIRA

MIRA GOLD PANDA

Coucou ! C'est qui ?


On y était : Sonar Festival 2014

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Photos © Hélène Peruzzaro

Sonar Festival 2014, du 12 au 15 juin 2014, par Alex P.

La fin du printemps et l’arrivée de l’été sont synonymes de fiesta et d’effervescence dans la cité catalane. On pense Primavera ok, mais l’événement majeur de la saison est sans nul doute le Sonar et le moins que l’on puisse dire, c’est que la grande messe ibérique de la musique électronique n’a pas failli à sa réputation : chaleur, soleil, prestations de haute voltige et atmosphère électrique. Le festival se déroule sur trois jours et trois nuits mais c’est sans compter le Off et ses fêtes qui s’enchaînent matin, midi et soir tout au long de la semaine aux quatre coins de la ville. En bons sportifs, on a décidé de se faire la totale et comme avec toute compétition de haut niveau, le physique est mis à rude épreuve mais si tu arrives à survivre dans la jungle du dancefloor, la récompense est au bout.

Après deux premières journées consacrées au tapas et à la playa, histoire d’avoir un peu moins des gueules de blanchots au milieu de cette foule au teint halé, on rentre dans le vif du sujet avec une première fête de journée au Monasterio, point culminant du Poble Español. Le cadre est magnifique au milieu des conifères et des feuillus avec une vue incroyable sur la ville en contrebas. Le sound system de free party est au top, tout est réuni pour que ça se passe à merveille ou presque. Presque, parce que comme la plupart des fêtes du Off, ce showcase Maeve est un gros truc de bourgeois, consos hors de prix et service d’ordre façon G8 à se demander si Obama ne va pas faire son apparition sur la piste de danse. L’autre truc frappant, c’est qu’on a l’impression d’être à un casting de mannequins, à croire que le paquet a été mis sur les petits culs et les beautiful people. Pendant le set de Baikal, les gens sont tellement timides que je commence presque à me demander ce que je fous dans ce plan semi-flingué, grosse erreur. Sur le coup j’ai oublié la règle de base : on ne force pas la teuf, c’est la teuf qui vient à toi, et à mesure que le public grossit, l’événement se retourne totalement sur lui-même. Le sosie de Vladimir Poutine et ses potes de la sécu sont dépassés, les gens ne sont plus aussi beaux, l’énergie est palpable. Matthew Johnson enchaîne avec une prestation live de house ultra rythmique aux sonorités baléariques, ça y est, on y est. Il terminera son set sur un mouvement plus deep et mélancolique avant de laisser la place à Mano Le Tough, qui va tabasser d’entrée avec de la bassline d’éléphant et alterner les moments aérés au bpm plus lent. Ça devient physique, un peu comme un bon Panorama Bar bien lourd du dimanche. Tale Of Us prend le relais et envoie un super live avant de terminer en back to back to back avec ses deux complices précités. Il est minuit, c’est passé super vite, mise en jambe parfaite et ça tombe bien puisque l’on enchaîne avec le Suruba showcase dans un club de plage de la Barceloneta. On vient surtout voir notre chouchou Fairmont programmé à 5h du mat mais en attendant, on se prend de la bonne grosse Miami Bass décérébrée à se croire dans une salle de sport pendant une séance de step sous amphètes. Et pour rajouter au côté débilo-fendard, c’est aussi l’occasion d’observer quelques beaux spécimens de la faune nocturne – spéciale dédicace à la grande Polonaise de deux mètres qui a proposé des choses que je n’avais encore jamais vues sur un dancefloor. Fairmont fait son apparition, il branche ses machines, on va pouvoir passer aux choses sérieuses. Et bien non, les lumières s’allument, tout le monde sort, il ne jouera pas et on ne saura jamais pourquoi. C’est pas faute d’avoir essayé de choper Jake pour essayer de capter ce qu’il venait de se passer mais il s’est évaporé aussi vite que la fin de la soirée. On profitera du lever de soleil sur la plage avant d’aller dormir quelques heures.

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Au réveil, on n’est pas super frais, mais c’est aujourd’hui que commence la sélection officielle du festival. J’abandonne donc les potes du Off (qui eux iront danser sur la plage avec Derrick May) pour aller au Fira Montjuic qui accueille le Sonar by day. L’espace est très agréable, la circulation entre les scènes est limpide et l’organisation impeccable. Après un tour au press bar, je déambule dans le hall consacré au Sonar +D, la sélection multimédia et technologie du festival qui mériterait un article à elle seule tant les différents projets exposés sont intéressants, entre circuit bending top niveau, prototypes d’instruments inédits, installation interactives, mapping et harpe lazer. Si les nouvelles technologies appliquées à l’industrie du spectacle t’intéressent, creuse le truc parce que c’est pour toi. En plus des différents stands, il y avait également tout un tas d’activités autour du +D, des workshops, des conférences, des performances, plein de trucs fascinants destinés à la génération 2.0. Désolé de n’évoquer la chose que brièvement mais je suis une feignasse et je suis déjà bien à la bourre sur mon papier donc si c’est ta came, vas-y, fais tes recherches, débrouille toi, tu ne seras pas déçu. Je continue ma balade et m’arrête quelques instants au Sonar Village et la grande scène extérieure sur laquelle est en train de jouer Machinedrum Vapor City. Je n’en retiens pas grand chose et pour cause, j’ai l’esprit ailleurs, Chris & Cosey ne vont pas tarder à jouer dans le SonarDome. Le couple légendaire de l’EBM ne déçoit pas tant la prestation est impeccable et la setlist bien ficelée, à la fois mentale et terriblement dansante. Les deux Anglais ne sont plus tout jeunes mais ils n’ont pas ramassé comme leur ancien collègue Genesis P. Orridge, tant physiquement que musicalement.

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Ça commence fort, le festival a à peine commencé que j’ai déjà reçu une bonne gifle, et ce n’est pas fini puisque je m’apprête à en recevoir une deuxième aussi sec. Sitôt les darons hors de scène, je file dans la salle de cinéma du SonarComplex pour le concert de Ben Frost. Le public s’installe confortablement dans les sièges et applaudit avec ferveur l’Australien expatrié en Islande lorsque celui-ci fait son apparition sur scène. Marque d’amour à laquelle l’intéressé répondra par un cinglant : « Keep it quiet, will you? » Ambiance. A croire que le côté froid et con de l’insulaire nordique a bien déteint sur le lascar. En même temps, ça cadre bien le truc et rappelle à tout le monde que l’on n’est pas là pour rigoler. Accompagné par les batteurs des Swans et de Liturgy, le mec est venu présenter l’émanation live de son dernier opus Aurora, pièce noise dantesque. Le son panoramique de la salle est pachydermique et super défini, je vis une expérience sonore et sensorielle intense calé au fond de mon siège. Les rythmiques tribales sont infernales, la polyrythmie est maîtrisée de manière martiale et suscite l’émerveillement en laissant palpiter la vie au milieu du chaos. Les envolées soniques passent le mur du son, de sensorielle l’expérience devient presque spirituelle, transcendantale. Le temps d’une petite heure je ne suis plus à Barcelone, je ne suis même plus sur terre, j’en ai oublié mon corps. Le dernier mouvement passé, il me faudra quelques minutes pour reprendre mes esprits et m’apercevoir que le journaliste ricain à la dégaine de frat boy installé à côté de moi ronfle comme un salaud, le mec a réussi à s’endormir, incroyable. Pour la peine, il se réveillera avec une bite dessinée au marqueur sur le biceps, il l’aura pas volé.

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Je retourne sur la scène extérieure pour l’événement de clôture de cette première journée : la performance live de Plastikman. Celui qui a transformé le son électronique d’une époque présente ici une adaptation de son spectacle Objekt donné au Guggenheim de New York en fin d’année dernière, installation massive articulée autour d’un immense monolithe/obélisque servant de support aux vidéos et autres projections lumineuses. L’expérience est réellement déroutante et impressionnante, Richie Hawtin continue à émerveiller avec ce son acid tout droit sorti des 90’s.

Retour sur les lieux le lendemain et je me prends FM Belfast en guise de comité d’accueil. Le truc avec ce groupe, c’est que la première fois que tu les vois c’est un peu marrant, mais à répétition ça tape salement sur le système leur histoire. Un truc à mi-chemin entre la fête à la saucisse de Vélizy et un groupe festif estampillé Solidays, ça suffit les clowneries. Direction le SonarHall, grand espace industriel travesti à grands coup de drapés de velours rouge en un truc entre le hall d’exposition et le vieux cinéma porno, sur l’écran duquel sont projetées les vidéos psyché et glitchées de Simian Mobile Disco, qui présente leur nouveau live, Whorl, exercice qui consiste à réinterpréter leur répertoire en remplaçant leur équipement habituel par un instrument chacun, synthé analogique d’un côté, séquenceur de l’autre. Montées en puissance autour d’arpégiateurs scintillants et de basses vrombissantes, progressions d’orgues synthétiques se terminant en vagues de drones, ce n’est pas ce qui se fait de plus original mais ça fonctionne bien, le public est en transe. Bon après, le public est tout le temps en transe en fait, on prend la fiesta au sérieux ici. Je pars jeter un œil aux Péruviens de Dengue Dengue Dengue dans le SonarDome et me prend une basse hyper lourde qui creuse un tunnel conçu pour faire bouger ton boule au ralenti tout en vibrant de la tête aux pieds, une sorte de dancehall sous kétamine, pas mal finalement, lorsque soudain tout part en vrille. Les cons balancent des ambiances mariachi et andines complètement débiles, c’est carnaval, et putain ça craint. Maintenant le public a apprécié, le côté caliente latino je suppose, les drogues aussi. Fallait sortir de cet enfer vite fait et trouver un moyen pour se laver les conduits auditifs. Je pars en direction de la salle de cinéma pour aller voir la performance électro expérimentale de l’artiste libanais Tarek Atoui qui, derrière sa table remplie d’instruments et de modules inventés par ses soins, va hypnotiser l’audience avec ses atmosphères rituelles cathartiques. En déclenchant ses séquences et en triturant ses effets à l’aide de capteurs, il place le geste au cœur du dispositif. Une prestation fine et touchante, les machines semblent être autonomes, méditation autour des interférences. Retour sur la grande scène et on continue dans le contraste avec Bonobo. Bon là les choses sont on ne peut plus claires, on sort l’artillerie lourde avec jusqu’à neuf musiciens sur scène, et c’est parti pour un gros live millimétré où rien ne dépasse, façon boulevard des hits. C’est pas tellement ma came mais la maîtrise du show est assez flippante. On ne sait pas s’il y a beaucoup de sincérité là-dedans mais ça dégage la puissance d’une machine à spectacle et finalement, tu viens aussi au Sonar pour voir quelques gros trucs. Mais ça va bien quelques minutes, retour dans le SonarHall pour Jon Hopkins et son live intense aux sonorités à la fois belles, hyper saturées et agressives. Dans l’éclairage écarlate du lieu, la foule ressemble à un tapis de braises rougeoyant sur lequel l’Anglais balance des sons à griller. BBQ du démon, mortel. Prise d’oxygène à l’extérieur avec le bon mix à papa de Theo Parrish pour se mettre bien puis place à la nuit.

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Malgré une programmation des plus alléchantes, je décide de squeezer la première soirée du Sonar by night pour rejoindre les potes au club The Apartment, situé à deux pas de la rambla, pour la soirée off Lost In A Moment du label techno allemand Innervisions. Au menu, Marcus Worgull, Âme et Dixon. Ces deux derniers étant fraîchement auréolés des distinctions de la part de Resident Advisor, le club est rempli au-delà de sa capacité. Résultat, quelques malaises, une chaleur étouffante et une lutte de tous les instants pour survivre sur le dancefloor, et bien sûr, de la house raffinée et intense jusqu’au petit matin.

Réveil difficile et retour au Sonar by day pour choper le spectacle du turntablist Kid Koala. Il fait 35°C et le mec est en costume koala à faire pâlir d’envie la communauté de furries ibériques, c’est à se demander comment il ne tombe pas dans les pommes. Pendant que la petite troupe de danseuses/hôtesses de l’air qui l’accompagne élabore ses routines, le Canadien revisite son répertoire en un medley géant sous forme de voyage dans l’histoire du hip-hop, du sample et du scratch.

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On s’arrête ensuite pour assister à la performance Machine Variation des canadiens Martin Messier et Nicolas Bernier. Déjà présents au Sonar 2010 avec leur installation La Chambre des Machines, les deux artistes manipulent ici une grande structure en bois. En actionnant des leviers, des ressorts et tout un tas de mécanismes, ils font émerger des compositions aux sonorités s’éloignant drastiquement des matériaux utilisés. Moment agréable, ludique et inventif entre expérimentation sonore et ingénierie.

On va ensuite mater Audion, nouveau projet radical de Matthew Dear avec son dispositif scénique constitué de volumes pyramidaux assemblés de sorte à créer une sphère au milieu de laquelle l’Américain prend place et qui sert de support à la vidéo. Surimpression de formes géométriques et de jeux de lumière qui ajoute au côté spectaculaire de ce son technoise tout en textures et rythmiques agressives.

Place ensuite à Who Made Who et leur électro-disco-pop sur-vitaminée. Les Danois, affublés de jolis petits ensembles assortis, envoient un show tout en puissance et même si leur musique n’est pas vraiment ce que je m’écoute chez moi, leur énergie et leur bonne humeur sont contagieuses. Et puis rien que de voir la collègue photographe à fond, c’était beau. On revoit le live de James Holden, ça fait trois fois en six mois maintenant, on ne va pas revenir dessus, mais tu t’en doutes, c’est toujours aussi génial.

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Le moment est ensuite venu de faire un tour au Despacio, histoire de voir ce que vaut cette « expérience club unique dont le public est le principal protagoniste » concoctée par James Murphy et 2ManyDjs (qui sont d’ailleurs derrière les platines pour faire danser les curieux) en collaboration avec McIntosh. La particularité de la chose consiste en une vingtaine de modules d’enceintes amplifiées disposées en cercle autour de la piste de danse de sorte à ce que le son soit absolument identique où que l’on se trouve. Un peu comme si tu dansais avec un casque mais sans casque, une autre idée de l’espace. On finira cette dernière journée de In par un bon set porno L.A. façon Boogie Nights dont DJ Harvey a le secret avant de nous rendre au Sonar By Night du côté de l’Hospitalet. On commence par la session souvenirs de jeunesse avec le live de Massive Attack. La prestation est XXL et leur répertoire est passé en revue donc on a forcément le droit à quelques moments grandioses - maintenant, le son des grands halls de gare n'a jamais trop été mon truc. On continue par une bonne session alcoolisée d'auto-tamponneuses devant Laurel Halo puis on enchaîne avec le DJ-set dansant de James Murphy. L'ambiance vire à la croisière s'amuse lorsque Chic accompagné du légendaire Nile Rodgers investit la scène et balance le répertoire du gratteux, compilation des tubes qu'il a pu écrire pour Bowie, Diana Ross, Madonna, Duran Duran ou encore INXS, qui fait l'effet d'un TOP 50 années 80 et qui te fait forcément penser à l'ancien habillage de Canal+.

Vient ensuite le moment fort de la nuit avec le back to back James Holden/Daphni. En ce moment on parle beaucoup (moi le premier) du Holden live, celui qui s'est affranchi du carcan du DJ-set et de sa mutation en musicien total et tout cela est vrai, sauf que là il a décidé de rappeler à tout le monde qu'il restait un DJ hors du commun. Son association avec Daphni est redoutable et le son est énorme. Les mouvements ultra rythmiques soutenus par des mélodies de basses abyssales se mêlent à des passages abstraits merveilleux puis plus stricts, un truc cérébral et animal à la fois. Une vraie purification cathartique parfaitement illustrée par le poto à côté de moi qui poussait des râles à la fois de plaisir et de renoncement les bras et la tête en direction des astres, sorte de colonne cosmique totalement flinguée. C'est flingué mais hyper beau, comme cet orage tropical qui éclate et qui te procure cette sensation si spéciale du cabrage sous la pluie et dans l'hystérie. Tiga clôturera sous le déluge et un levé de soleil apocalyptique, buenas noches cabrones.

Le réveil est de plus en plus difficile et les jambes de plus en plus raides mais on n'a pas le droit de craquer dans la dernière ligne droite. C'est le début de l'aprèm et on va dans la cour d'un hôtel boire des mojitos en bord de piscine au showcase off du label All Day I Dream fondé par Lee Burridge, DJ résident du Burning Man, qui va se faire plaisir jusqu'à minuit avec son pote Matthew DK à base de house orientalisante à quatre mains, bande-son idéale d'after prolongée. Dans un ultime effort d’acharnés, on ira se finir dans un club du centre-ville sur les sets de Marc Piñol et Hugo Capablanca et leurs sélectas rétro 80's. Je remarque tout de même que le gars Hugo ressemble à une version sous subutex de Patrick Eudeline et putain ça fait peur, c’est là que tu te dis que trop de fête ça peut être dangereux, heureusement que le Sonar ce n’est qu’une fois par an. Hasta luego Barcelona et gracias para todo.

Photoshoot Who Made Who