On y était : Baleapop #6

salopes

Photos & vidéo © David Fracheboud

On y était : Baleapop #6, du 5 au 9 août 2015 à Saint-Jean-de-Luz.

Après l'excellente ambiance de l'année dernière on avait hâte de remettre ça du côté de Saint-Jean-de-Luz et comme l'an passé, le parc Duconténia, cadre très agréable en centre-ville, sera le cœur de cette sixième édition du Baleapop. J'arrive le jeudi, à temps pour choper le live de High Wolf. J'avais déjà vu le breton un certain nombre de fois et je crois que je préférais son approche plus ambiante des débuts. Là, l'ensemble est plus attendu, les beats africains et les motifs ethniques synthétiques répétitifs ne prennent pas malgré leur caractère dansant/transe. Le problème vient peut-être du dispositif du gars : une gratte et un sampler. Tous les sons rythmiques et les nappes provenant de la même source (le sampler donc), les éléments ne sont pas ou du moins trop peu spatialisés les uns par rapport aux autres, sans réelle dynamique, ce qui rend l'ensemble finalement assez plat, dommage, d'autant plus que le mec brille pas mal en ce moment avec son autre projet Black Zone Myth Chant.

Si l'une des qualités du festival est de faire de la place aux groupes locaux, une prog en comprenant trop peut risquer de paraître faiblarde et c'est malheureusement le cas ce soir mais bon, restons vacances. On se tape ensuite un groupe brésilien, Fumaça Preta, le genre de musique qu'un gars aviné en train de faire griller du churrasco écouterait en matant des meufs mal roulées danser avec des plumes dans le cul. Big up pour l'utilisation du spandex en revanche.

C'est ensuite au tour d'Odeï, exception qui confirme la règle par rapport à ma tchatche sur les groupes locaux. On a affaire à un vrai live avec de bons musiciens qui savent bien faire le job. Des projections vidéo de motifs géométriques à l'esthétique 90ies décorent la scène, les montées harmoniques sont parfois un poil pompier mais l'ensemble reste bien classe. Le vibraphone introduit une touche intéressante et il y a dans la musique d'Odeï ce mélange marrant difficile à expliquer propre au collectif Moï Moï, entre modernité et tradition made in Euskadi. Paranoid London clôture la soirée avec leur acid bien racée et ils arriveront à chauffer le public en se contentant du minimum syndical, loin du niveau de leur performance au dernier Sonar.

antinote

Le lendemain direction la plage pour le showcase Antinote. Le label parisien a aligné un trident offensif de haute volée cet après-midi avec Zaltan, Geena et D.K. pour un B2B2B avec une belle animation collective. Si les artistes jusqu'à présent sortis sur le label sont tous de qualité, ce trio présente l'avantage d'être hyper cohérent dans les choix musicaux, un bon bloc équipe si tu préfères. Entre French Boogie, House mongole matinée de flamenco et autres chelouseries entre passéisme et modernité décalée, on passe une super journée. Mention spéciale à ce track balancé tel une boule puante dans une salle de classe par le gars Zaltan, d'après les maigres informations en ma possession il s'agirait de Rien d'un certain Jean-Claude (Quentin, balance moi le track steuplé, je galère avec les internets).

Retour au parc pour la soirée et on démarre par une petite balade afin de checker la sélection artistique du festival. Parmi les différentes œuvres proposées nous retiendrons surtout l'installation de Polar Inertia qui reproduit la sensation d'être piégé dans un épais blizzard polaire tout en proposant une expérience immersive et ludique.

Du côté de la petite scène Flavien Berger fait sonner les premières notes de sa pop gracile et plutôt classe. Le tout est distillé avec maîtrise même si l'on sent bien la culture Burgalat du bonhomme, le côté tendancieux en moins. Je ne passe pas un mauvais moment mais c'est quand même assez précieux comme délire et les petits discours pétés entre les morceaux étaient de trop. Le pays basque décidera ensuite de nous gratifier d'un aspect pas si inconnu de son climat mais qui pour le coup tombe super mal : la pluie. La putain de pluie même tellement on va bien se faire saucer. Résultat : on essaye de résister en s'abritant comme on peut pour capter des bribes de Camera et Jessica 93 avant de vite déclarer forfait même si le reste de la prog du soir me branchait pas mal.

parapluie

Le samedi se passera également sous la pluie, Baleapluie.

La charmante équipe du festival va essayer de palier au problème en trouvant une solution pour abriter le public mais le taux d'humidité et la grisaille flinguent un peu l'ambiance habituellement si hédoniste de Baleapop. Ceci étant dit, fait assez remarquable pour être noté, la grosse équipe de bénévoles garde le sourire malgré les circonstances et l'accueil reste au top. Finalement c'est eux les vraies stars de cette édition.

On capte le DJ set peu inspiré, pour ne pas dire pauvre, de La Decadanse puis c'est au tour de Lena Willikens d'envoyer un bon set bien deep qui pour le coup passe très bien sous la pluie. La meuf a dû refaire ses EQ ou ses sons sur clefs USB sont de meilleure qualité, je ne sais pas, mais tout de suite ça sonne mieux, deutsche qualität. Sonorités post indus, rythmiques tribales, festivaliers pieds nus dans la boue avec des parapluies de branchages, c'est cool. Superpitcher enchaîne et sans son binôme, la moitié allemande des Pachenga Boys va nous faire chier du coup direction la petite grotte dans laquelle l'équipe de La Fête Triste passe des disques. La sélection est pointue et bien mortelle, je kiffe mais putain la pluie... Baleatriste. Cette année la formule du festival a un peu changé, il faut toujours composer avec la municipalité donc de nouvelles choses ont dû être tentées, comme ce samedi soir sous forme de parcours dans différents lieux/bars de la ville à la place de la soirée club. On découvre le bel intérieur du bar éphémère Chez Renauld et on boit des coups avec les potos mais le merdier tourne vite au parcours du combattant entre espaces bondés et bourrasques de flotte.

baleaboue

La programmation du lendemain est peut-être celle qui me motivait le plus mais des obligations m'emmènent loin de Saint-Jean-de-Luz, je suis vert mais que veux-tu ? Entre temps pourri et planning perso mal branlé c'est parfois la poisse. Mais je me console comme je peux, l'année prochaine Baleapop sera toujours là et le 7 c'est mon chiffre porte-bonheur.

Vidéo


Collectif Moï Moï l'interview

Collectif Moï MoïOn commence l'interview en dérivant et en parlant des vols de tombes de Thomas James, notamment celle de Booba. Il y a une bonne partie du Collectif Moï Moï, une bonne dizaine de personnes. On est tous en tailleur dans l'herbe, il fait tout doux et on discute.

Baleapop (lire le report) a ce côté incroyable d'être devenu prescripteur en termes de festival et de proposition artistique. D'ailleurs, tous les programmateurs de SMAC devraient sans doute y faire un tour l'été au lieu de respecter le chemin balisé. Dans Baleapop, il y a à la fois toujours l'idée d'habiter un lieu, de lui donner une identité très singulière, et dans le même temps, toujours une exigence dans la programmation. C'est un des rares festivals où il n'y a pas réellement de tête d'affiche - bien sûr pour cette cinquième édition il y avait Mykki Blanco, pour la troisième Connan Mockasin ou Legowelt pour la quatrième, mais nous ne sommes pas sur des formats standardisés comme peuvent l'être beaucoup de festivals d'été. C'est aussi un festival qui s'exporte, avec des partenariats notamment avec les Nuits Sonores et le Workshop InFiné.

Mais Baleapop est une belle utopie, une utopie partagée où pendant quatre jours on vit au rythme d'une certaine convivialité, d'un esprit de « famille ». Il y a toujours une joie de venir à Baleapop, de découvrir le lieu, la scénographie, quelque chose qui force un peu l'admiration. Rares sont les festivals avec autant d'identité et d'exigence, et c'est pour ça que tous les ans, on attend fébrilement l'annonce du lieu et de sa programmation.

À Saint-Jean-de-Luz cette année, avant le lancement des festivités, j'avais un peu d'appréhension, le Parc étant beaucoup plus grand que tous les lieux occupés jusqu'alors par le festival. Et pourtant, très vite, rien n'a changé. Bien sûr, peut-être un public un peu plus garni et donc parfois un peu plus difficile à gérer, mais toujours cet esprit Moï Moï sur lequel on voulait revenir.

Aurèle NOURISSON

Collectif Moï Moï l'interview

Collectif Moï Moï l'interview

L'idée, comme ça fait cinq ans que vous existez, c'était aussi de revenir sur la création du festival dans le Pays Basque, qui est arrivée à un moment où il n'y avait vraiment pas grand chose dans la région.

- Il y avait quand même des choses, il ne faut pas non plus dire rien, il y a quand même vraiment des initiatives comme par exemple les Gaztexte qui sont les maisons des jeunes.

- Et puis il existait des festival pas du tout dans la même esthétique, mais c'est ici qu'on a fait nos premiers festivals.

- Enfin c'est clair qu'il n'y avait rien comme petit festival indé, il y avait clairement un créneau à prendre.

Ni en art contemporain. D'ailleurs, il y a peu de choses encore, non ?

- Les deux mélangés, c'est clair que non.

- Mais après il y avait une biennale d'art contemporain à Anglet, mais bon qui n'existe plus, il y avait clairement un créneau à prendre là aussi.

Comment est née l'idée de ce festival dans ce contexte où il y avait finalement assez peu de choses ?

- Pendant un after !

- Non, je crois qu'on commençait pas mal à aller dans des festivals ailleurs, et à un moment donné on s'est dit, pourquoi pas le faire ici, en reproduisant ce qu'on aurait aimé faire.

- Et puis quand on était jeunes, il n'y avait pas non plus des choses qui répondaient à ce qu'on avait envie de faire.

- On était obligé de partir à Bénicassim, ça a été Bénicassim je pense un peu.

- Après on avait quand même déjà un peu un créneau de créer des soirées, avec l'idée de déjà bosser l'esthétique, chose qui ne se faisait pas trop. Ça a été logique de pousser le truc jusqu'au bout.

- L'idée c'était de faire un festival et un jour on l'a fait.

- Et puis je pense que ce qui a déclenché, c'est qu'on s'est rendu compte qu'on était tous hyper complémentaires, on était tous potes depuis quinze ans. Au bout d'un moment on s'est dit, toi tu fais de la musique, toi tu fais de l'art, toi t'as envie de faire de la prod', du machin, du truc, toi t'es motivé, on s'est dit, vas-y, là y'a moyen de faire quelque chose, et depuis, ce qui est génial, c'est que l'équipe n'arrête pas de s'agrandir.

- Surtout, ça te nourrit aussi, je pense que tout le monde apprend. Je ne sais pas, moi j'ai appris à faire du changement de plateau, à planter des clous.

- Non c'est hyper drôle, à Baleapop, quand tu demandes leurs vrais métiers aux responsables de commissions : le bar, expert-comptable, topographe, le responsable sécurité est dans le tourisme, c'est hyper rigolo en fait. Et chacun prend sa mission de plus en plus à coeur.

Et le lien entre art contemporain et musique, c'était dès l'origine ?

- Ouais.

- Le Collectif Moï Moï, c'est à la base des musiciens, des artistes, des organisateurs.

- On ne s'est même pas posé la question.

- Et puis il y avait Manon qui était aux beaux-arts aussi.

- Le truc au départ qui était carrément naturel, c'était d'organiser des soirées. Certains faisaient du son, d'autres organisaient des trucs, et puis vue que dans le collectif, y a des artistes…

- Ça a été hyper vite, tellement vite qu'on s'est dit qu'en fait c'était comme ça qu'on allait créer des situations différentes. Vraiment, c'est le truc multimédia et même multi-générations. Hyper vite, dans nos soirées, il y avait des trucs pour les enfants - on s'est rendu compte que quand t'es dans un public comme ça, où il y a plein de générations qui se mélangent, l'ambiance n'est pas la même, c'est plus respectueux, et puis ça crée vraiment des situations un peu géniales quoi.

- Les gens sortent de plus en plus avec leurs enfants je pense.

- Même pour nous, créer un endroit où il y avait nos parents qui pouvaient venir, c'est-à-dire de se dire… C'est cool tu vois… C'est-à-dire nous on fait ça, mais comment on pourrait les intégrer pour qu'ils voient ce qu'on fait de nos vies aussi, parce qu'ils n'en savent rien, ils nous voient partir, courir avec des voitures, faire des trucs, mais ils ne comprennent pas. Donc on s'est dit, tant qu'à faire, autant faire un lieu où elle, elle va pouvoir amener son fils, moi, mes parents vont pouvoir venir, et tout le monde va se rencontrer, même si on se connait déjà tous, créer un moment de partage comme ça.

- Faire un truc pointu, mais accessible, qui soit tout simplement transversal entre les différents styles, que ça soit entre l'art et la musique, entre les différentes tranches d'âge…

- Nous, on a une idée de la fête comme on aime la faire, il y a un côté comme ça, en nous et malgré nous, et que c'est ça qu'on essaie de trouver dans le festival.

- Avec une certaine esthétique, une certaine une idée de la fête, un certain choix dans la programmation musicale.

Baleapop

Ça, c'est l'idée du collectif aussi.

- C'est ça, c'est en totale cohérence, c'est une émanation du truc.

- C'est vraiment pointu en fait, parce que je pense qu'on a une esthétique assez pointue, surtout pour ici. Regarde, rien que les chartes graphiques. Il y a plein de gens qui nous disent : "On ne comprend pas votre charte graphique", mais en fait c'est pas grave, parce que quand ils viennent ici ils ont tout un petit doute, ils vont se dire : "Si ça se trouve, je vais rien comprendre", et en fait vu qu'on est resté dans un mode très associatif, dans lequel on a tous baigné avec les concerts, les gaztetxe et tout, que du coup on retrouve ce truc-là, aux entrées c'est des bénévoles, au bar c'est des bénévoles, enfin partout, et donc c'est vraiment fait avec les mains de tout le monde, et en même temps on essaie d'être hyper rigoureux sur tous nos choix. Le moindre petit choix est voté. Il faut que tout le monde soit d'accord, et c'est hyper intéressant, parce qu'on est tous potes mais on est tous différenst, et du coup il y a des vraies batailles, mais je pense qu'on arrive à trouver des compromis très intéressants.

Baleapop s'est implanté à Guéthary, puis à Bidart, et maintenant à Saint-Jean-de-Luz ?

- Enfin l'année zéro, on était quand même déjà à Saint-Jean-de-Luz.

- L'année zéro on était au Gaztexte, il y avait déjà les ateliers enfants et une fresque.

Comment se sont fait ces choix ? Ce sont des situations politiques de gens qui vous disent ok, ça se fait chez nous ?

- En fait, on est tous vraiment de Saint-Jean/Ciboure. Très logiquement, le jour où on a décidé de faire un festival, on a fait un super dossier, imprimé A3, un peu chic et tout, et à la mairie de Saint-Jean, ils nous ont dit : "C'est à quelle page qu'on parle de Saint Jean ?". On a répondu : "Soit vous lisez tout le dossier, soit vous ne le lisez pas". Donc on a repris le dossier. Mais la maman de Victoire fait partie des membres du musée de Guéthary, et on a eu de la chance parce que le maire de Guéthary nous a dit tout de suite ok, alors qu'il ne nous connaissait pas.

- Enfin, nous on y était déjà allés, on faisait du théâtre là-bas. On connaissait le lieu, et il ne se passait rien dans ce lieu, c'est un petit parc. C'est pour ça que c'est fort aussi cette année de revenir dans un parc, parce que ce festival, à l'origine, a été créé autour d'un parc.

- Même pour ce parc-là, le dossier de présentation d'origine concernait le parc Ducontenia, la façon dont on le voit. On l'a adapté au Parc de Guéthary, ce qui a été un vrai mal pour un bien, parce qu'au final on aurait commencé ici tu vois, vu la taille… Là on a vraiment pris nos marques pour trois ans et ça a été un écrin magnifique.

- Au bout de trois ans, quand le festival a triplé de volume, le maire de Guéthary a directement pris contact avec la mairie de Bidart, qui a été d'accord pour nous accueillir. Et avec Bidart, on a eu une expérience un peu particulière. Bon il nous ont accueillis, il nous ont donné un lieu et tout ça, mais je crois qu'ils l'ont un peu fait à reculons. Et ça a été un peu compliqué à travailler l'an dernier, parce que jusqu'au dernier jour il fallait changer les choses.

- Et puis ils n'ont pas assumé les plaintes des voisins, comme là, le maire a pu le faire.

- Bon, c'est vrai que là, Saint-Jean-de-Luz apparaît comme un sauveur, alors on aime bien rappeler qu'au début ils nous ont jetés. D'ailleurs j'ai apprécié que le Maire l'ai rappelé lui-même, parce que c'est un peu facile, mais n'empêche que cette année, contexte électoral, nouvelle équipe municipale, les mecs ils sont chauds bouillants pour faire des trucs un peu cool, ils ont vu ce truc-là, et ils se sont dit ok, ça, ça va être notre légitimité, et il nous soutiennent à 4000% !

- Ça change vraiment tout au niveau de la qualité du travail.

La Mairie vous aide financièrement ?

- Oui, ils nous ont donné une subvention, il nous ont mis tous les lieux, tous les équipements techniques à disposition.

- Ça nous change la vie.

- D'ailleurs, ça a été un peu le message quand on est parti les voir : soit vous ne soutenez à 4000% et on signe pour quelques années, si ce n'est toutes, soit c'est juste un one shot et non...

- C'est vrai qu'il y a toujours le stress d'une année sur l'autre de savoir où on va aller.

- C'est vrai qu'il n'y a pas beaucoup de lieux.

- Ah, je crois qu'après si on nous vire d'ici…

- On devra aller en Espagne…

- En fait, le truc aussi, c'est que vu qu'on est un peu exigeant, on ne se verrait pas du tout aller dans une halle, ou un hangar.

À Sare comme l'Usopop ?

- C'est leur domaine, ce sont deux festivals qui ont été créés en même temps, le côté mer et le côté montagne.

- Il faut qu'on reste près de la mer - balea, la baleine.

- Il faut qu'il y ait la plage pas loin, c'est obligé.

Et pour la programmation, elle se décide collectivement ?

- Oui, en grande partie.

- Il y a Pierre qui tranche pour la musique.

- Pour le défrichage y a tout le monde, on propose tous des groupes, après on discute - la partie musique de Moï Moï s'occupe pas mal de la partie musique du festival.

- Après on s'est rendu compte que c'était important d'avoir des casquettes, et je pense que Pierre est là un peu pour trancher au final, on a décidé de lui léguer la cohérence.

Et l'idée c'est aussi d'avoir une cohérence entre la partie art et musique ?

- On n'a jamais fait de thématique pour relier les deux.

- Enfin, le truc qu'on fait avec Manon c'est quand même un peu ça. Dès le départ, le but de Moï Moï, c'était de faire des trucs transversaux, et donc je pense qu'il y en a eu d'autres, des exemples.

- Il y a Lloba aussi.

- Et puis par exemple, sur toutes les pochettes d'album, on essaie au maximum qu'il y ait un duo : un artiste plastique, un artiste musique.

- Non, mais c'est vrai qu'il n'y a pas tant d'exemples que ça.

- Dès le début, il y avait cette envie, mais les premières années certains bossaient, d'autres étaient encore à l'école. Là on sent que ça pouvoir se développer encore plus.

Baleapop - Thomas James

Dans l'exposition au sein du Parc cette année, il y a une pièce réalisée par le collectif - c'est cette serre, je crois qu'il y a Manon pour la partie plastique et puis Peïo et Manu sur la partie sonore et multimédia. Est-ce qu'on peut voir ça comme un symbole de la volonté du collectif ?

- L'idée c'est qu'elle se balade ensuite un peu partout. La pièce a été réalisé en partenariat avec l'Institut Culturel Basque qui est un de nos partenaires depuis le début. Il y a derrière cette pièce un vrai désir qu'elle soit implantée dans le Pays Basque.

- On va dire que ça pourrait être presque le but du collectif au départ.

Dans l'édition #2, il y avait aussi tout un projet avec Lloba, où il y avait une vidéo derrière, avec le montage d'un chalutier.

- Depuis, ce projet a vachement évolué, maintenant il y a des danseurs et des danseuses.

- Ouais, en fait Lloba est carrément devenu une sorte de laboratoire de ré-interprétation de la culture basque, ça part dans plein de pistes différentes mais ça englobe tout ça.

- Musique, danse et vidéo.

Il y a des projets futurs pour le Baleapop et le collectif ?

- On aimerait bien développer la partie édition de Moï Moï, et développer des projets comme ça où on se retrouve, parce que c'est vachement intéressant.

- Après l'idée n'est pas de grossir, je crois qu'on a vraiment la taille qu'on souhaite, et du coup justement en terme de scénographie et tout, on ne va pas chercher à…

- C'est pas quantitativement plus quoi.

- Après ça dure quatre jours, on s'embête vraiment pendant trois semaines de montage, pour quatre jours, donc tout est relatif si tu veux. On a toujours envie de plus. Cette année c'était un peu particulier, c'étaient les cinq ans donc on voulait vraiment marquer le coup.

- On testait un nouveau lieu aussi, c'est-à-dire que depuis le début, à chaque fois on teste des nouveaux lieux, donc même pour nous c'est compliqué au niveau de l'organisation de prévoir ce qu'on va pouvoir faire.

- On a vraiment été validé au mois de février cette année. Donc il a fallu mettre en place toute une stratégie pour voir la mairie de Saint-Jean, il fallait déjà faire cette demande pour qu'on puisse avoir le Parc.

- Donc du coup, déjà il faut qu'il y ait du monde, mais aussi qu'on habite le parc. Jusqu'à la fin du montage déjà on ne savait pas où allaient certaines choses, mais je crois qu'au final ça fonctionne pas mal.

D'ailleurs, sur la scénographie, vous faites appel à des gens extérieurs, j'ai vu des gens de la station de Nice, et de la Villa Arson notamment.

- En fait, c'est la première année où on bosse avec eux, avant pendant quatre ans on bossait avec un de nos amis, on construisait tout de nos mains.

- Ça nous a vraiment donné le goût de ça.

- Cette année c'est donc Aurélien et Paul qui ont une approche beaucoup plus brute tout en étant conceptuelle, mais c'est pas le concept chiant.

- La scène, je la trouve très belle par exemple, mais eux c'est vraiment pour le concept du truc.

- C'est cool, après avoir bossé avec une même personne pendant quatre ans, de voir comment ça va se passer. C'est hyper intéressant, sans que le travail se passe de la même manière. Ce qu'on a fait, c'est qu'on a fait une petite équipe avec les Twice, qui sont les réalisateurs graphiques, qui font vraiment partie de la famille maintenant, et donc Aurélien et Paul. C'était vraiment collectif.

- Après c'est toujours compliqué dans Baleapop.

- Oui, parce que là on est qu'amour.

- Mais c'est quand même compliqué de fonctionner collectivement.

- Chacun amène son truc aussi.

Pour finir, est-ce que vous voyez des choses à souligner sur cette édition de Baleapop ?

- Il y a deux actions qu'on a voulu un peu développer cette année. Il y a les cartels sur la langue basque.

- Voilà, il y a une vraie envie de respecter le territoire dans lequel on a grandi et de le partager. Et on s'est dit que ce serait génial qu'un festivalier qui vient à Baleapop sache dire "gau on", "milesker", ou commander sa bière. Et puis le côté écolo, cette année il y a une personne qui a pris en main la question. Au niveau de la scénographie, déjà, on ne bosse qu'avec de la récup, au niveau de la cuisine on bosse avec des producteurs locaux juste canons, et du coup on fait aussi des rencontres. Mais je crois que c'est vraiment quelque chose qu'on va essayer d'appliquer à tous les domaines du festival, c'est vraiment important.

Une dernière question quand même, sur la volonté d'avoir des soirées délocalisées.

- Il y a deux choses qu'on veut faire chaque année, c'est la plage, et la techno.

- La techno c'est la première année qu'on le fait.

- Mais il y a deux choses qu'on veut faire chaque année, c'est la plage et la techno.

- On va dire justement qu'il y a eu des tensions autour de la techno, de la techno qui envoie la buchette quoi, tout le monde dans le collectif n'était pas pour, mais du coup on n'a pas lâché. Ça changerait complètement le festival s'il n'y avait que des trucs jolis.

- On est ravi aussi.

- On dit qu'on veut un festival pour les enfants, mais on peut pas tout faire pour les vieux et les enfants, il faut aussi répondre à ce public.

- Après on n'avait pas trop le choix on n'avait pas l'autorisation dans le parc.

Après il y avait déjà eu une soirée dans une auberge complètement improbable.

- Oui, normalement c'est un lieu qui est loué pour les mariages, donc on avait un nombre d'entrées limitées.

- Le lieu où ça se passe demain, c'est assez drôle, c'est un tennis couvert.

- C'est vraiment drôle, c'est un peu tout l'inverse du Parc, il y a presque zéro scénographie, simplement une oeuvre de Vivien Roubaud.

- Je trouve qu'il y a une contradiction à ne pas avoir la même exigence parce que c'est de la techno.

- Moi ce que j'adorerais, c'est faire de la techno la journée.

- Ben dimanche les gars.

Dimanche d'ailleurs c'est un format que vous n'aviez pas encore exploité ?

- On l'avait la première année, mais comme c'était la première année il n'y avait que nous dans le public. Mais là on s'est dit, dans le Parc, pour finir…

- Et puis pour les festivaliers, c'est quand même très bien les concerts l'après-midi.

C'est presque un format d'after !

- Oui c'est vrai.

- C'est presque la Concrete.

- Voilà, je crois qu'on a dit l'essentiel.


Moï Moï Band l'interview

399898_279694455418498_266069496780994_691530_709121659_nDernier live du Baleapop (report), Moï Moï Band est un projet tout jeune et inédit du collectif Moï Moï ; il réunit quasiment l'ensemble des projets du label en un groupe. On était assez intrigué par cette proposition, et puis dès les premières notes du live, on a vite compris que c'était plus qu'une histoire de famille. Au synthé sous les arbres, on retrouvait un des deux Red Axes, et pas très loin, les rescapés du dernier jour du collectif Iceberg. Je dois dire que c'était vraiment furieusement beau de terminer le festival comme ça, sur des nappes synthétiques, des rythmiques percussives et une sorte de joie collective hyper touchante. Du coup on a eu envie de leur poser quelques questions sur ce projet, histoire de faire durer un peu ce moment de grâce toujours un peu triste, de la fin d'une des plus jolies utopies de festival qu'on peut voir et vivre depuis maintenant cinq étés.

Pour commencer, je crois que vous avez tous des projets solo ou collectifs au sein de Moï Moï Records, est-ce que vous pourriez nous les présenter rapidement ?

Pour les groupes, il y Odei (trio électro improvisée machines/vibra/drum) et Polygorn (quartet rock/électro). Concernant les formations solo : Panda Valium, Elorn, Van Off Martt et Matthys. Ce sont des lives électro de sensibilités et de set-up différents bien que partageant des influences communes.

Comment est née l'envie de vous réunir pour jouer ensemble au sein de Moï Moï Band ?

On a toujours joué ensemble dans différentes formations mais jamais tous au sein du même groupe. L'outil informatique utilisé dans Odei nous a permis de monter ce live assez naturellement.

Dans le choix du nom Moï Moï Band, il y a, j'ai l'impression, une sorte de question d'identité de votre label qui se joue. Dans votre live de Baleapop, on retrouvait les sonorités très singulières que vous pouvez produire dans vos projets. Qu'est-ce que ça serait, cette identité sonore de Moï Moï Band ?

Bien que nous ayons des influences communes, chaque formation développe son image propre. L'identité du label serait la synthèse de l'ensemble. C'est un peu la même chose au sein de Moï Moï Band : chacun vient avec un instrument et son feeling propre. L'improvisation rend possible la fusion de ces sensibilités en live sans avoir à imposer de ligne éditoriale.

Vous m'arrêtez si je fantasme un peu, mais j'ai l'impression que dans votre appréhension du son, on sent bien sûr les influences de Border Community (qu'on a souvent vu à Baleapop), mais il y aussi quelque chose qui me semble faire référence au pays basque. Une sorte de rythmique que vous réinterprétez, peut-être ?

Etant tous originaires du pays basque, on a tous été imprégnés par la culture basque comme par d'autres influences incluant Border Community, mais pas seulement. Nous avons chacun des parcours musicaux propres, il n'y a dans Moï Moï Band aucune volonté de s'apparenter à telle ou telle chapelle.

Dans le même esprit, quel sens ça a pour vous de vous réunir autour d'un projet musical commun sur un territoire aussi singulier que celui du pays basque ?

La majorité des musiciens du Moï Moï Band habitent au pays basque, et notre festival s'y déroule. Il était donc tout naturel que nous jouions notre premier live ici. Si nous étions kazakhs nous aurions certainement choisi Astana, mais nous sommes basques.

Dans votre live à Baleapop, on avait aussi l'impression que vous aviez travaillé sur un format de "nappes". On avait en tout cas l'impression qu'il y avait une assez grande part d'improvisation et de crescendo. Chaque moment du live étant composé et joué sur l'idée d'une montée collective. Comment avez-vous travaillé ce live ?

Grâce à Antescofo, logiciel développé à l'IRCAM, il assez aisé de tout improviser, y compris les phrases midi envoyées aux machines. Du coup, quelques répètes on suffit a mettre au point une structure approximative du live, définissant un cadre dans lequel chacun pouvait s'exprimer librement. Les crescendo et autres "nappes" découlent d'une entente/mésentente spontanée. Ce sont les avantages et inconvénients de l'impro, les imprévus pouvant sonner à l'arrache, mais souvent ils permettent de créer une communion entre les musiciens.

Quel est la suite de ce projet Moï Moï Band ?

Il semble que le rendez-vous soit déjà pris pour l'édition suivante. En attendant, nous adorerions reproduire l'expérience. Nous sommes ouverts à tous types de propositions : bar mitzvah, foire au jambon, amicale naturiste, exécution publique, cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques.

Interview : Aurèle NOURISSON


On y était : Baleapop #5

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Photos © Hélène Peruzzaro

On y était : Baleapop #5, du 6 août au 10 août 2014 à St-Jean-de-Luz

Je connaissais l'excellente réputation de l'événement depuis un moment déjà mais je n'avais jamais pu m'y rendre. Cette cinquième édition serait donc une première pour moi, et c'est avec enthousiasme que je quitte la pluie parisienne de ce mois d'août pourri pour le soleil et les vagues de la côte basque. Si je viens avec un regard de néophyte, ce n'est pas le cas des collègues qui m'accompagnent, habitués réguliers de la fiesta made in Euskadi. Cette année, le festival a pris une ampleur plus importante en terme d'affluence, affectant peut-être un peu son côté intimiste mais signalant clairement son importance grandissante dans la vie culturelle de la région. Alors ok, il y a quelques bourrés (bon, c'est un festival hein), des gamins débiles et des festivaliers qui se sont peut-être cru à Calvi, mais ce que je retiens avant tout c'est la bonne humeur générale, les sourires, la chaleur et la maestria du collectif Moï Moï dans la mise en place des festivités.

Cette année, Baleapop investi le parc Ducontenia à Saint-Jean-de-Luz ainsi que d'autres lieux de la ville, pour quatre jours de pur plaisir. Nous sommes jeudi et Lockhart ouvre le bal sur la petite scène avec son électro pop bien ficelée pour une agréable première surprise. Le soleil n'est pas encore couché, on est bien. Suivront ensuite l'indie des Bordelais de Botibol avec ses relents de rock à papa relou, la prestation du duo math rock local Viva Bazooka (si si, ça s'invente pas) pour les nostalgiques de The Redneck Manifesto ou Don Caballero et les représentants du label Moï Moï Polygorne, qui peignent des paysages sonores planants aux influences kraut et post-rock. Violence Conjugale prend le relais pour la performance défouloir mongole de la soirée. Insultes, drogues, alcool, fausse bagarre, mec éjecté de son fauteuil roulant et dédicaces à Estrosi sur fond de synth-punk répétitif et agressif. C'est assez pauvre musicalement mais on rigole bien. Faut dire que je suis assez client des plans dégénérés avec discours désaxés qui ne sont pas sans rappeler l'ambiance Cobra, même si ces derniers demeurent les maîtres en la matière. Lone clôturera la soirée avec un set bien garage UK 90's, spéciale dédicace aux kids.

Le lendemain midi, c'est apéro-brunch avec l'équipe Moï Moï et le maire de la ville (on pourrait parler longuement de la récupération politique des événements culturels mais bon, la flemme, quoi) pour la conférence de presse qui sera également l'occasion de présenter les différentes œuvres qui occupent le site du festival (Baleapop, ce n'est pas que la musique, mais un véritable effort pluridisciplinaire) avec de belles réalisations, comme le Tu m'existes de Baptiste Debombourg, son côté hollywoodien décalé et son caractère 100% recyclable, les quelques milliers de leds utilisées ayant été récupérées sur les décorations de Noël de la municipalité. Autre installation amusante qui a créé le buzz : le Cimetière pop de Thomas James, cause d'un scandale chez les grenouilles de bénitier du coin, occasion supplémentaire de souligner la stupidité des ces gens qui arrivent à conférer un caractère diabolique à une blague inoffensive à la Eric Pougeau.

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Côté concerts, Theo Verney démarre la soirée avec son rock garage puissant et son look tout droit sorti du Seattle de 1990. Suivront ensuite la pop grandiloquente de Petit Fantôme et les paysages psychédéliques de Forever Pavot, jusqu'à l'arrivée de Mykki Blanco. Une fois de plus, le mec prouve qu'il n'est ni le meilleur MC, ni le meilleur chanteur, mais bel et bien un performer hors pair avec qui il est difficile de rivaliser. Le show est articulé autour de son personnage transgenre et de son évolution du féminin au masculin, identité trouble entre maniérisme et machismo. Comme au Airwaves, il est accompagné de son DJ ultra grems qui envoie ses prod trappy en buvant de la vodka à la bouteille et en amorçant quelques routines voguing pétées avec ses bras d'albatros mal nourri. Mykki tient la scène, contrôle le déroulement des événements et le show débordera allègrement sur l'horaire pour finir en fête queer avec des tubes eurodance comme le Freed from Desire de Gala, en se foutant royalement de Karen Gwyer qui commence sur la petite scène. Mais l'Américaine ne se démonte pas et démarre timidement mais sûrement devant les quelques personnes présentes avec des plans rythmiques bien sentis pour se mettre dedans, avant de balancer les mélodies et de chauffer le public maintenant plus nombreux qui réagit avec enthousiasme à sa techno intelligente. Compositions exigeantes parfois dansantes et physiques mais avant tout mentales pour terminer la nuit avec ce qui sera clairement mon premier gros highlight du festival, bonheur.

Samedi après-midi, c'est fête à la plage avec les DJ-sets des Australiens Dreamtime, Sharky et DJ Biscuit et leur selecta qui alterne entre techno estivale et phases mongoles pour saucer les baigneurs alcoolisés - ça pue les vacances. Aujourd'hui, double dose de dancefloor avec la soirée techno du festival sur un court de tennis couvert, décor marrant mais pas idéal pour le son sous la grande verrière. Fairmont déroule avec sa classe habituelle et calera notamment une jolie reprise de Motas de Polvo de son pote Undo au milieu de son live deep et voluptueux. Ron Morelli enchaîne pour deux heures de guerre. Le mec ne prend pas de prisonniers, un babtou sensible avec le doigt bien ferme sur la gâchette de sa mitraillette techno, un putain de set intense de bonhomme aux goûts affutés. Laptops en rang d'oignon façon open space Google, DSCRD prend le relais. Visuellement, c'est pas top, et même si le kick est solide et que les roulements de claps sont peut-être mieux travaillés à cinq, je ne rentre pas dedans. La prochaine fois peut-être mais c'est pas gagné.

La journée du dimanche sera sans doute le point d'orgue du festival, confortant mon idée que les meilleures fêtes se passent souvent de jour et au soleil. Luke Abbott et Jack Wyllie présentent un live unique et inédit, fruit du baleaworkshop en résidence à l'auditorium Ravel de Saint-Jean-de-Luz. Synthé modulaire d'un côté et saxophone de l'autre, ils développent des mouvements ambiants cinématographiques aux motifs orientaux et pastoraux pour une méditation estivale à l'ombre des arbres. L'aussi discret que talentueux Mattheis lance véritablement la fête avec ses sonorités profondes et délicates qui ne sont pas sans rappeler l'école Border Community ou Beachcoma. Deuxième coup de coeur perso de l'édition, le jeune Hollandais envoie exactement ce qu'il faut sous le soleil. Pas le temps de se poser car les claques s'enchaînent. Syracuse fout le public en transe en plein cagnard avec son live terriblement dansant. Puissance analogique, hédonisme et crème solaire, on le savait déjà mais le duo enfonce le clou et prouve une fois de plus qu'il s'agit là d'un des groupes les plus intéressants de la scène parisienne - que dis-je, française. Red Axes passe derrière et tout de suite ça fait faiblard niveau son, la transition MS20/laptop ne pardonne pas. Les gars envoient un DJ-set cool mais somme toute anecdotique, avec un gros final digne de l'ambiance des pizzerias du sud-ouest, avec un petite touche Cape Cod bien flinguée, un délire de branleur mais au final on s'en fout, il fait beau. Le Moï Moï live band composé des différents membres et artistes de l'équipe clôture le festival avec sa réunion familiale tout en improvisations et téléscopages stylistiques osés et inventifs. C'est terminé mais on en veut déjà plus, on se revoit l'année prochaine. Milesker et musuak les gens.

Par Alex P.

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