Hz Monthly Mixtape – June15

Hz Monthly Mixtape - June 15

Chaque mois, la mixtape de la rédaction, à écouter et télécharger. Ce mois-ci, deux parties, soft & hard, à vous de choisir.

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Hz Monthly Mixtape - SoftJune15

01. R.A.S. - Le keupon et le neusky
02. Dust - Ghosts of Bali
03. ASAP Rocky - Electric Body Feat SchoolBoy Q
04. Kinzy - Simple City
05. The Fear Ratio - 7 Cycles
06. Young MA - Body Bag
07. André Stordeur - Like Phil
08. Young Scooter - Overseas (feat. E-40 & Kid Ink)
09. Double Knots - Double Vision (Toby Tobias Remix)
10. Giant Claw - Dark Web 002
11. Jack J - Something (On My Mind)
12. Mark Barrot - Bush Society

Hz Monthly Mixtape - HardJune15

01. Forever Lesbians - Winter Snakes
02. Elvis Depressedly - Rock'n'roll
03. Scene Noir - Waves
04. Boy Harsher - Modulations
05. Container - Cushion
06. Zsa Zsa Laboum - Something Scary
07. In Aeternam Vale - Valium Water
08. Cio d'Or - XXXIII
09. Sven Jaeger - Floating Desert (Marwan Sabb Remix)
10. Sinfol - Crystalline feat Barbara Ford
11. Vatican shadow & Cut Hands - We hunger (Vatican Shadow Remix)
12. Monocorpse - Arrival
13. Black Bug - Frozen Energy


A$AP Rocky - Long. Live. ASAP

« Pussy, money, weed ». A$AP Rocky aime les filles faciles, l’argent qui brille, la drogue qui clôt à demi les yeux. Ce n’est pas original pour un rappeur mais ce qu’il aime, A$AP Rocky a su le raconter de manière inventive. Avec des beats en chopped & screwed rusés, une langueur urbaine, des basses oppressantes et beaucoup de certitudes moites. Il y a un peu moins de deux ans, A$AP, ce jeune garçon ayant grandi sur la côte est, avait émoustillé les milieux de la musique indépendante : sa mixtape Live. Love. ASAP avait tout de suite semblé passionnément innovante. À cette époque il faut dire (où le terme swag était encore mystérieux, comme un mot indien utilisé dans un jargon d’initiés), le clip du titre Purple Swag avait rappelé l’ambiance trash et vaine des films d’Harmony Korine. On avait crié au génie comme on l’avait fait avec Tyler, the Creator quelques mois auparavant. On s’était passionné pour une bande-son qui semblait annoncer le hip-hop du futur.

La sortie d’un duo avec la belle quoiqu’insignifiante Lana Del Rey a changé la donne. A$AP Rocky, se sont demandé certains, serait-il un pur produit de consommation ? Surferait-il sur la vague d’une indie pop commerciale pour capter un auditoire large et à l’affût de la vogue ? Pour répondre à ces questions, il faudrait sans doute se rappeler que le hip-hop n’est pas pur. Il s’est compromis dans des logiques consuméristes, a joué le jeu du système, flatté les passions vulgaires de jeunes gens cherchant à s’encanailler. Ce caractère obscène et séduisant à la fois est déjà vieux : A$AP Rocky n’est pas le premier à dire qu’il aime les filles faciles, l’argent qui brille, la drogue qui clôt à demi les yeux. Mais aujourd’hui, alors que son style redoutablement efficace est même plagié par ce vieux roublard de Kanye West, les centres d’intérêts d’A$AP Rocky ont quelque chose d’un peu décevant. Et certains de ses choix artistiques semblent plus opportunistes que créatifs.

C’est ce qui frappe en premier lieu dans son premier album si attendu, Long. Live. ASAP. Pourtant, il serait absolument hypocrite de nier la force d’un grand nombre de chansons de ce disque. Si les titres semblent tout d’abord surproduits, ils n’ont en fait pas perdu la méchanceté teigneuse des premiers enregistrements. Le titre liminaire, éponyme de l’album, est ainsi d’une intelligence incroyable : on entend tout d’abord des instrus conventionnelles mais percutantes, puis des parties chantées densifient peu à peu la chanson en instaurant une tension bizarre. Le déséquilibre est mis en place. Il ne quittera pas le reste de l’album.

D’autres titres retiennent l’attentionon pense à Goldie bien sûr mais la plupart des très bons morceaux du disque, A$AP Rocky ne les a pas créés tout seul. À diverses reprises en effet, Rocky reprend les codes esthétiques de ses aînés californiens du label Black Hippy ou semble influencé par le travail de ses contemporains de talent. Déférent, il le fait savoir en invitant ces mêmes artistes à poser leur voix sur des featurings souvent inspirés. A$AP tisse en effet avec son premier album une sorte d’anthologie des meilleurs rappeurs de la nouvelle décennie : il se paie le luxe d’inviter Schoolboy Q pour le titre P.M.W, mixe les flows de Gucci Mane et Wacka Flocka avec bonheur sur le superbe Jodye et crée même un réel miracle en réunissant Joey Bada$$ et Kendrick Lamar sur une même chanson. L’ensemble crée un album mélangé et étrange, moderne par sa diversité mais cohérent par le réseau de correspondances qu’il génère sans cesse. Et, grâce à cette élégance stylistique, A$AP Rocky  prouve qu’il est bien celui qu’il avait promis d’être.

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Tracklist

ASAP Rocky - Long. Live. ASAP (RCA Records, 2012)

1. Long Live A$AP
2. Goldie
3. PMW (All I Really Need)
4. L.V.L
5. Hell
6. Pain
7. Fuckin Problems
8. Wild for the Night
9. 1 Train
10. Fashion Killa
11. Phoenix
12. Suddenly
13. Jodye
14. Ghetto Symphony
15. Angels
16. I Come Apart


On y était - A$AP Rocky au Social Club

A$AP Rocky, Social Club, Paris, le 22 mars 2012

Commençons par la foule. Par son caractère à la fois moite et dense malgré une incroyable diversité de formes, de textures et d’individus présents. Mais plus que la composition exacte de cette masse de personnes rassemblées pour aller voir A$AP Rocky, il faudrait insister sur l’impatience qui rongeait unilatéralement les spectateurs ce soir-là, sur l’attention concentrée qui se dégageait de la salle et collait aussi au mur en plexiglas du fumoir ou aux toilettes.

On est au Social Club, un endroit plutôt connu pour ses affiches électro un peu lisses, et pourtant ce jeudi à 21h30, tout se passait déjà comme dans un bon clip de rap avec des jolies filles sexy au premier rang ; des grands mecs excités au deuxième et au troisième rang des mélanges, des rencontres, des inattendus : fans de hip hop, hispters, vieux rockeurs fusionnaient bizarrement. Partout, il y avait une même sorte d’impatience.

Puis le concert a commencé. Dans un grand cube lumineux, ouvert à chacune de ses faces, un mec s’est installé derrière des platines et il s’est mis à lancer des beats lourds et tendus, caractéristiques de la superbe mixtape LiveLoveA$AP. Ce qui a été vu ensuite se réduit à peu de choses. Un sourire en or, des yeux explosés à une drogue quelconque, un garçon petit mais ramassé dans un corps sec et souple d’adolescent : A$AP Rocky, 23 ans, né à Harlem, a littéralement absorbé l’effervescence du public et renversé les corps des gens présents.

Il y avait de la sueur dans chaque parcelle d’espace tandis que le rappeur nerveux investissait de mots ce qu’on lui offrait glorieusement – c'est-à-dire de l’agitation, des filles ondulantes et des cris. Accompagné par un mec uniquement là pour scander son nom ou surligner ses fins de phrase, A-fucking-$AP a fait apparaître un talent superbe qui doit sans doute s’appeler le ‘Purple Swag’. Le set n’a pas duré longtemps, il était même clairement trop court mais il a permis en un temps concentré de faire émerger de la salle une énergie extravagante et même presque joyeuse – ou disons moins glauque et sombre qu’on aurait pu le supposer à l’écoute des morceaux du rappeur.

Le concert était donc très bon mais on ne saurait pour autant dire si ce petit mec est aussi génial qu’on nous le vante dans tous les blogs un peu cool (hartzine y compris). Encore vert, c’est sur la durée qu’A$AP Rocky deviendra l’homme à la hauteur de ses titres ingénieux. Mais son flow est déjà percutant : ce soir-là, il a violemment touché les filles du premier rang puis les excités du second. Et par ricochet, presque tout le monde dans la salle s’est senti égratigné avec la même précision.

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A$AP Rocky in Paris | Report by FROM PARIS par FROMPARISCOLLECTIF


A$AP Rocky - Wassup (Vice)

Lorsque nos comparses de Vice croquent l’un des emblématiques morceaux issus de l’excellente mixtape LiveLoveA$AP, de la figure montante du hip-hop new-yorkais A$AP Rocky, c’est avec le plaisir d’illustrer les hallucinations du rappeur sur fond de fantasmes bling bling sous codéine. On retrouve avec un plaisir coupable tous les clichés du genre égratignés par une réalisation qui colle à l’artiste. Un clip s’éloignant parfois du climat spleen urbain du track, épousant des formes noires et pourpres, et soulignant cette ode aussi érotique que narcotique. Hypnotisant !

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Clams Casino & ASAP Rocky

Jaz-Z & Kanye West où comment la suffisance mène à l'insuffisance. Le prochain album collaboratif des deux poids lourds du business rap sera sans conteste l'apogée d'une vaste fumisterie consumériste. J'en veux pour preuve d'une part son horrible artwork, traduction de l'extrême outrecuidance qui a gagné les synapses de nos deux acolytes, et d'autre part l'approche artistique désincarnée qui se fait jour derrière son premier extrait, hommage téléphoné à la grandeur de la  Sweet Soul Music et de sa figure tutélaire dont ils bafouent allègrement l'héritage.

Mais  fort heureusement derrière l'apparat du sampling facile, de tous jeunes producteurs lèvent le voile sur une toute nouvelle manière de concevoir le hip-hop et de le diffuser, amplifiant au passage  ma croyance en  la résurgence possible d'un genre que je croyais définitivement légué aux oubliettes de l'histoire musicale. Clams Casino est de ceux-ci. D'origine italienne, natif du New-Jersey, crate digger 2.0 fouillant les réseaux peer-to-peer plutôt que les bacs à disques, le jeune étudiant raille ses pairs en mélangeant le tout-venant de son disque dur pour construire un univers sonore peu commun, véritable pont entre la troublante élégance de Boards of Canada et le minimalisme du premier  RZA. Une posture autrement plus avant-gardiste et exigeante à écouter sur Rainforest - EP paru il y a peu sur  TRI▼ANGLE Records (oOoOO, How To Dress Well, Holy Other, Balam Acab, etc.) -  et qu'il se plaît  à mettre au service des jeunes pousses de la scène mid-groung new-yorkaise tel ASAP Rocky, dont il produira une grande partie du prochain album.

"I ain’t talkin' 'bout no money, I ain’t talkin’ 'bout no cars – talkin’ ’bout no diamonds cause that shit is a facade. Times is really hard, I fucked a couple broads smoked some purple out the jar – let me tell you who we are."

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Clams Casino - Drowning

ASAP Rocky- Wassup (Prod. by Clams Casino)

ASAP Rocky- Demons (Prod. by Clams Casino)

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