Aquaserge l'interview

Dans le paysage français, Aquaserge fait office d'OVNI complet : groupe à géométrie variable, porteur d'une musique aussi captivante que complexe à définir, le collectif toulousain d'origine fascine autant qu'il interroge. Mêlant des influences multiples, depuis le jazz jusqu'à la pop en passant par le rock psyché ou le krautrock, Aquaserge semble avoir trouvé la formule parfaite entre improvisation furieuse et écriture minutieuse, s'autorisant un huitième degré bienvenu sous des airs faussement sérieux. Si rien n'a jamais semblé véritablement simple dans le parcours du collectif, le degré d'aboutissement des disques et la singularité de l'approche restent une constante forte, et ce depuis les premiers enregistrements. En témoigne leur quatrième LP, A L'Amitié, sorti en juin 2014, un tournant essentiel dans la vie du groupe qui retrouve, enfin, une attention de tous, public et médias, à la hauteur de l'originalité du projet. Dix ans après les premières sessions organisées entre deux tournées, Benjamin Glibert, Julien Gasc et Julien Barbagallo se retrouvaient le 17 janvier dernier pour un rassemblement anniversaire à l'Olympic (Paris), dans le cadre d'une soirée organisée par La Souterraine. L'occasion parfaite pour en apprendre davantage sur le parcours du trio et en savoir plus sur Ce Très Cher Serge.

Aquaserge l'interview

Aquaserge
Dix ans après avoir commencé Aquaserge, qu'est-ce que ça vous fait d'être de nouveau tous les trois là ce soir ?

Benjamin Glibert : C'est étrange mais on n'a pas trop eu l'occasion d'y penser, en fait, on ne se préoccupe pas trop de ce genre de choses, on est plutôt concentré sur le travail, les plannings. On a bossé deux jours pour préparer le live jusqu'à maintenant. Et je dois dire que ça fait un peu peur, en y repensant, de se jeter de nouveau dans ce truc à trois. Même si retrouver ce jeu en trio, ça dégage une certaine fraîcheur. Ca fait un an qu'on joue à cinq avec Julien, il faut tout réarranger, on est obligé d'enlever des choses et de tout réadapter.

Est-ce que ça vous donne l'impression justement d'être revenus il y a dix ans, quand vous avez commencé ?

Julien Gasc : On avait pas mal enregistré de choses à trois en live à l'époque, on retrouve effectivement un peu de cet esprit, oui. Ce soir on va rejouer des choses du premier disque.

Benjamin Glibert : En réalité, on a vraiment commencé l'aventure Aquaserge à huit. Le trio n'est venu que de manière très occasionnelle : c'est le deuxième live qu'on fait à trois, je crois. Entre les albums et les lives, les dynamiques sont très différentes.

A l'origine, Aquaserge était un side-project de vos activités respectives. A quel moment s'est produit le basculement, où vous vous êtes dit que ça allait devenir un projet central pour vous ?

Julien Gasc : C'était six ou huit mois après janvier 2005 à peu près, vers septembre/octobre, on en a eu marre de pas mal de choses, on avait un peu de temps tous les trois, Julien, Benjamin et moi, on s'est dit : "Merde, on va utiliser ce qu'on avait déjà enregistré et se lancer". A l'origine, la musique d'Aquaserge devait être un album pour Hyperclean.

Il y a d'ailleurs un morceau d'Hyperclean qui s'appelle Aquaserge, une espèce de maquette qui traîne sur YouTube.

Benjamin Glibert : Ouais, on lui a tout piqué à Frédéric (rires). On s'est rencontré par le live avec Hyperclean mais on voulait faire des choses différentes. On ne se connaissait pas avant.

Julien Gasc : On traînait tous les trois dans la scène indie/jazz toulousaine à ce moment-là. Mais tout ça venait d'une volonté de jouer ensemble avant tout. Les premiers enregistrements sont vraiment des jams faits dans l'instant, avec une partie des éléments travaillés en amont tout de même, qu'on avait pensés et réarrangés.

Benjamin Glibert : Mais on est vraiment parti du jeu en priorité, l'élaboration s'est faite sur l'instant.

Cet esprit vient de vos formations respectives ?

Julien Gasc : Je dirais que c'est une forme de collaboration dans laquelle on s'est tous épanouis. Avec la caractéristique principale qu'il n'y a aucun véritable "cuisinier" qui ordonne à ses "marmitons" de réaliser des choses. On est tous cuisinier, on dirige tous à notre façon, par moments, l'orientation du groupe. On se passe le bâton, quand l'un est à plat, il passe le relais à l'autre, etc., tu vois. L'un de nous bosse sur la batterie, par exemple, mais le pattern ne va pas aller, on va le faire de trois ou quatre manières différentes avec les idées de chacun avant de se fixer sur la version finale que l'on va utiliser.

Aquaserge occupe quelle place aujourd'hui, dans vos carrières solo respectives ? Ça reste à vos yeux le side-project que ça a pu être à un moment ou vous placeriez ça aujourd'hui comme votre activité principale ?

Julien Gasc : Benjamin et moi, on se voit super régulièrement, on bosse tous les mois ensemble. Il n'y a que Julien qui est en Australie, c'est plus compliqué du coup. Aquaserge a surtout un peu pâti de certaines relations difficiles avec des maisons de disque par le passé, c'est ce qui fait qu'il y a une aura un peu étrange autour du groupe. Pour nous, on reste un peu ce groupe sous-estimé dont on ne trouve pas les disques en magasin. Mon disque solo, par exemple, s'est très bien vendu, mais Aquaserge avait écoulé 63 copies en six mois, tu vois...

Benjamin Glibert : Avec Aquaserge, on a un peu de mal à trouver encore aujourd'hui la bonne formule "qui marche", je dirais.

Vous sentez tout de même qu'il y a un intérêt croissant ces derniers mois pour Aquaserge, depuis la sortie du quatrième album, il y a un an à peu près ?

Benjamin Glibert : C'est assez récent, ça. Mais il y a tellement d'influences et de choses dans Aquaserge que ça rend la musique difficile à saisir et à définir, ce qui pourrait expliquer la manière dont on avait du mal à nous percevoir jusque-là. Tout ça reste assez insaisissable, même pour nous. Comme je te disais juste avant, ça n'est pas forcément réfléchi et pensé de bout en bout, on se laisse aller où le groupe nous mène. Même si parfois on peut peut-être s'égarer un peu ou faire fausse route.

Un élément intéressant chez Aquaserge, qui le distingue de pas mal de groupes, c'est cette forme d'humour un peu décalé que l'on retrouve dans tous vos disques, dans les textes, les titres de morceaux et l'univers développé. On pense beaucoup à cette scène indé française des 70's-80's, à base de jeux de mots foireux, les Lard Free, Red Noise, etc. C'est une inspiration réelle pour vous ?

Julien Gasc : Pour ma part, tous ces mecs-là, je les ai écoutés plus tard, en fait. Comme Albert Marcœur, par exemple, ou Red Noise, c'était lors d'une tournée à Chicago, un pote m'avait fait découvrir ça. L'influence ne s'est pas vraiment faite lors de la conception du projet.

Benjamin Glibert : Oui, c'est un peu malgré nous, je dirais. Mais j'ai beaucoup écouté Bobby Lapointe, ce genre d'artiste avec cet univers que tu décris. Ca a sûrement influencé ce que l'on a fait derrière avec Aquaserge. Mais en fait, à la base, on essaie de se marrer, de faire les cons, simplement. Pour nous c'est vraiment ça qui porte le projet et qui se retrouve dans ce que l'on sort.

Julien Gasc : En studio, par exemple, on est vraiment sur le jeu. Beaucoup de gens pensent que l'on est un groupe arrogant, prétentieux, un peu casse-couilles. Casse-couilles, on l'est sûrement, mais en réalité on rigole beaucoup, on est sur scène et on s'amuse.

On s'en rend compte sur scène, par exemple à la Maroquinerie récemment (ndr : le 28 novembre 2014, avec RIEN et Centenaire). L'amusement était palpable et vous avez littéralement emmené le public là-dedans. Ce live était aussi l'occasion de se rendre compte de votre approche un peu différente de la pop aujourd'hui, très arrangée et travaillée, en opposition avec cette pop synthétique et lo-fi, qui fait vraiment école aujourd'hui en France.

Benjamin Glibert : On a toujours fait en sorte d'avoir un studio à nous, de pouvoir travailler sur le son, d'avoir un résultat de qualité. On reste dans un esprit DIY, de démerde, mais pas dans un délire lo-fi qui ne nous parle pas forcément, on a besoin d'aboutir à un résultat travaillé et personnel, avec une vraie recherche sur le son.

Julien Gasc : Si l'envie nous prend de mettre trois basses et deux batteries et des tonnes de chœur, on le fait. Sur l'album avec April March, on a passé une bonne partie de la production à se prendre la tête là-dessus. Il y avait des couches et des couches et des couches de son.

Benjamin Glibert : Il y a aussi un élément différent chez nous, c'est qu'on fait beaucoup de prises live. Je pense que ça change beaucoup de ce que font la plupart des gens en pop : les gens bossent pas mal tout seul avec leur ordi, au clic. Nous on joue sans clic, c'est rare qu'on utilise ça. Là on travaille sur un nouveau disque avec l'ensemble du groupe, on s'impose beaucoup d'essais live pour garder cet esprit-là, justement.

Votre studio est situé près de Toulouse, c'est ça ?

Benjamin Glibert : Oui, enfin on l'avait mais ça n'est plus le cas, aujourd'hui.

Julien Gasc : Actuellement, on travaille dans un vieux studio d'un pote, qui s'appelle le Studio Condorcet, une véritable institution.

Vous avez aussi une sonorité jazz très affirmée, chaque instrument a sa place, avec beaucoup d'espace pour chacun, c'est très travaillé et subtil.

Julien Gasc : Tout ça vient du fait que l'on travaille beaucoup dans l'instant. Quand je travaille avec Benji, je vais essayer de le pousser en live dans une direction dans laquelle il n'irait pas forcément. Idem pour lui, qui fait pareil avec moi, en me poussant à aller sur des choses que je ne ferais pas forcément naturellement. Le siège du producteur change, Aquaserge c'est un peu le jeu des chaises musicales. Jim O'Rourke en parle beaucoup : quand il faisait répéter Stereolab, il les poussait à jouer des trucs qu'ils ne jouaient pas forcément. Dans Aquaserge, il y a des éléments dont je sais que moi, par exemple, je vais mettre vraiment une heure à jouer, à galérer. On est tout le temps dans le challenge permanent et la tentative dans l'instant, c'est aussi ça qui nous rapproche de cet esprit jazz. Ce rapport entre le jeu et la contrainte que l'on essaie ensuite de graver dans l'instant, presque avec une one take, on jette tout le reste. A l'heure où les mecs gardent des tonnes de versions d'un solo, nous on n'en garde qu'une seule. On monte parfois les morceaux mais c'est surtout des one take, globalement.

Vous passez beaucoup de temps sur le mix, derrière ?

Julien Gasc : On ne le fait pas nous directement mais A L'Amitié, ç'a été l'album le plus long de notre histoire à sortir. Mais vraiment. Pour des raisons de musique mais aussi des raisons "sociales", je dirais. On était chacun dans nos projets à droite ou à gauche, certains étaient en tournée, on a eu beaucoup de mal à s'accorder. On a fait des sessions de travail très courtes.On se faisait une session d'un week-end dessus, par exemple, avant de repartir sur autre chose ; ce qui fait que le tout a mis beaucoup de temps à sortir et qu'on a fait ça de manière un peu déstructurée.

Cela reste tout de même votre album le plus abouti, malgré ces difficultés, dans la forme comme dans le fond. On a surtout l'impression que vous vous êtes posés dessus, que vous avez pris du temps. Or, si le temps était bien là, visiblement c'était moins structuré que ce que l'on peut penser.

Benjamin Glibert : C'était la première fois qu'on faisait vraiment mixer un disque de manière très profonde, je dirais. On s'est pas mal arraché les cheveux pour avoir un rendu satisfaisant mais clairement tout a été très long et compliqué à se mettre en place. Je suis content néanmoins que tu penses que le rendu donne une impression de travail abouti, parce que c'est ce qu'on recherchait.

Il vient d'où ce délire autour d'Aquaserge, semi science-fiction pop-apocalyptique ou je-ne-sais-quoi ?

Benjamin Glibert : Tout ça vient d'Hyperclean, ç'a été imaginé comme ça en tournée. On l'a tenu pendant plusieurs albums-concepts mais sur les derniers enregistrements, on l'a un peu lâché, on avait fait le tour du sujet, on a voulu passer un peu à autre chose.

Julien Gasc : Le troisième disque, ce sont les origines du premier album. Mais on s'est rendu compte, au final, que le serpent s'était un peu mordu la queue et qu'il fallait avancer. On a choisi du coup de partir sur quelque chose d'un peu décomplexé pour le quatrième album, autour de l'amitié justement. Ce titre, c'est aussi une forme de pseudo-psychanalyse, tu vois (rires).

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Justement, vous avez beaucoup vécu ensemble à une époque, c'est cet esprit que vous souhaitiez retranscrire sur A L'Amitié ?

Benjamin Glibert : Oui, tout à fait. Enfin disons que tout ça fait suite au choix justement de ne plus forcément habiter ensemble et de voguer chacun vers des horizons différents. L'un de nous est parti à l'autre bout du monde. On a voulu continuer à faire des choses ensemble mais différemment, désormais.

Julien Gasc : Je pense qu'on peut s'estimer chanceux parce qu'il y a plein de groupes qui n'auraient pas tenu en vivant ensemble, qui se seraient séparés sans parvenir à tenir les projets et à les faire vivre aussi longtemps qu'on l'a fait. C'est aussi ça que l'on voulait faire ressortir dans le disque, d'une manière ou d'une autre.

Dans certaines interviews, vous racontez que vous habitiez sous le même toit, que vous étiez assez proches à une époque. Vous avez eu une espèce de ras-le-bol de cette situation à un moment donné ?

Julien Gasc : J'ai une théorie sur ça, en ce qui me concerne. Personnellement, le confort me fait fuir, tu vois. Il y a un truc que j'aimerais avoir et que je n'ai jamais eu, d'ailleurs, inspiré d'une théorie japonaise : c'est une pièce avec juste une table, trois coussins, des trucs pour cuisiner, pas grand-chose. Juste une salle dédiée à la calligraphie ou aux arts, en fait, quelque chose de très simple. A la maison, on était tout le temps les uns avec les autres, c'était super et très confortable mais on manquait un peu d'air, d'isolement. Pour revenir sur les groupes des 70's, des mecs comme Gong, etc., ils vivaient ensemble mais c'était la zizanie au bout d'un moment, chacun baisait avec la nana de l'autre. Nous on n'est pas trop dans ces délires-là, on restait assez concentré dans la ligne qu'on s'était fixé et on a voulu préserver ça en tournant la page, à un moment.

Vous jouez ce soir ici pour une soirée organisée par les gars de La Souterraine : comment s'est fait la connexion avec eux ?

Benjamin Glibert : Benjamin Caschera (ndr : l'une des deux têtes pensantes de La Souterraine, aux côtés de Laurent Bajon) avait bossé comme attaché de presse sur Ce Très Cher Serge, notre troisième album. Il avait fait un très bon boulot et depuis, on ne s'est plus quitté, on s'est mis à bosser ensemble tout le temps. Aujourd'hui, c'est un peu notre "conseiller spécial".

Julien Gasc : A l'époque de ce disque, on pensait qu'on n'obtiendrait pas un énorme intérêt des gens et au final, Benjamin a fait un très bon boulot tout seul. Ca nous a permis de bien nous lancer aussi.

Benjamin Glibert : On a vite compris grâce à lui ce qu'il fallait faire pour être visibles, il nous a beaucoup aidés de ce côté-là. Du coup on lui a aussi présenté un peu toute la scène toulousaine, ils sortent pas mal de musiciens qui viennent de là. Cette rencontre-là, c'est vraiment un partage dans les deux sens.

(Julien Barbagallo arrive et se joint à l'interview)

Au-delà d'Aquaserge, vous entretenez chacun vos parcours solos respectifs. Julien, tu viens juste de sortir Amor de Lohn chez La Souterraine, justement : c'est un album vraiment très pop 60's anglaise dans l'esprit, j'ai été assez surpris par ça.

Julien Barbagallo : C'est vraiment de là d'où je viens, mon parcours. C'est marrant parce qu'on a tous un caractère musical très différent dans Aquaserge. Le groupe, c'est un peu la somme de tout ça. Julien est très baroque, dans l'esprit, très élaboré, très beau et fleuri, chiadé. Benji, c'est le cheval fou. Et moi je suis le mec qui écoute ce genre de pop, en fait.

Julien me disait tout à l'heure que tu avais enregistré et "sorti" dans ton coin une tonne de musique, en fait ?

Julien Barbagallo : Ouais, quelques trucs, en anglais. Ca s'appelait Lecube.

Julien Gasc : Il faisait des séries de CD ultra-limitées. J'ai perdu toutes les copies de ces disques, c'est dommage. Enfin ces CD-R de 99 ne marcheraient plus si on les écoutait sur un ordi d'aujourd'hui, ceci dit, donc bon...

Benjamin, de ton côté, tu as récemment travaillé avec Forever Pavot. Il y a eu des retours vraiment très positifs sur le projet.

Benjamin Glibert : Carrément, je suis hyper content de la tournure qu'ont pris les choses pour Forever Pavot. Ça marche bien pour lui et je pense qu'on va continuer la collaboration. Je fais le boulot d'ingé son, lui fait tout, il joue tout. On avait enregistré à Toulouse, quand on avait le studio. Il m'a demandé si ça m'intéressait de faire le son. Ca s'est fait de manière assez naturelle en fait, sur un principe d'échange : il avait fait un clip pour nous, c'est son boulot, et en retour moi j'ai accepté de travailler sur son disque. Dès la sortie, l'album a vraiment cartonné. On va reprendre le travail prochainement.

Julien, de ton côté, ton album Cerf, Biche & Faon, sa ressortie via Born Bad lui a donné une exposition nouvelle qu'il n'avait pas forcément eue la première fois.

Julien Gasc : Oui carrément. JB a très bien bossé sur le disque. Il y a eu beaucoup de joie, de moments rigolos autour de ce disque. Mais aussi pas mal de coups durs : j'ai passé beaucoup de temps à l'hôpital, avec des complications. L'album s'est fait en deux sessions, du coup. Je ne dis pas ça pour faire le chialeur, hein (rires). Je bossais aussi beaucoup avec Laetitia Sadier, ça m'a pas mal aidé. J'ai un peu lâché l'affaire depuis, par manque de temps. Là je travaille sur le deuxième album, enfin j'essaye parce que je n'arrive pas trop à avancer, pour le moment. Dès que j'ai une minute, j'essaie surtout de me reposer en ce moment. Plein de mecs me demandent de faire des trucs mais vraiment, je ne peux pas. Dans ma vie aujourd'hui, j'ai Aquaserge et mes projets solos, ça occupe clairement tout mon temps.

Vous avez déjà un prochain projet en cours pour Aquaserge ?

Benjamin Glibert : Oui, on réfléchit à la suite. Un album autour de la danse, peut-être. On va essayer de proposer autre chose tout en gardant le fait que dès la première mesure, il faut que l'on reconnaisse que c'est Aquaserge, sa patte. C'est un challenge pour nous et c'est là que se situe tout l'enjeu.

Tracklisting

Aquaserge - A l'amitié (Chambre404, 24 mai 2014)

01. A l'amitié
02. Serge singe
03. For Bob
04. Sillage 1 & 2
05. Sillage 3
06. Je viens
07. Travelling
08. Préparation
09. Je viens (reprise)
10. Ceci


Forever Pavot l'interview

Forever Pavot 1

La bonne surprise discographique venue de Born Bad Records fin 2014, et de ces jours-ci en ce qui concerne la scène, s'appelle Forever Pavot. C'est le projet studio du seul Émile Sornin, qui remet au goût du jour, avec grand talent, le son des grandes bandes originales de films des 60's et 70's... d'Ennio Morriconne à François de Roubaix. Cela donne un album étonnant (Rhapsode), largement salué par ici, dont la richesse des compositions et des harmonies se révèle toujours un peu plus au fil des écoutes. Nous avons rencontré le garçon, qui en plus d'être doué est franchement affable et fort sympathique, lors de son passage en ouverture des Transmusicales de Rennes. Il poursuit depuis sa tournée de l'hexagone, avec un live convaincant malgré la difficulté de l'exercice pour un tel projet. Il sera en concert au Point FMR le 11 mars avec Calypso en première partie (Event FB).

Audio

Forever Pavot l'interview

Forever Pavot 2
Tu as fait l'ouverture du festival hier soir Qu'as tu pensé du concert d'hier soir ?

C'était très agréable. On est très content : l'accueil était vraiment super. J'ai découvert la salle de l'Ubu dans laquelle je n'avais jamais joué (le pilône mythique !). Le son était plutôt pas mal je crois en plus. Non... comme sur des roulettes.

Est-ce que le passage par la scène est naturel pour toi, ce qui n'est pas forcément le cas pour les différents compositeurs de musiques de films auquel tu es affilié ?

Non, pas vraiment. Je suis plutôt un mec de studio à la base : j'aime bien m'enfermer seul et enregistrer mes conneries. Les concerts, au début, je ne vais pas dire que ça ne me plaisait pas, mais ce n'était pas vraiment mon truc. Après, au fur et à mesure, tu deviens de plus en plus à l'aise et tu commences à vraiment t'amuser. Tu trouves des moyens pour adapter le projet, qui à la base est un vrai projet studio avec un esthétisme sonore qui est très difficile à reproduire en live. Tu refais certains arrangements, tu revois certaines parties avec les musiciens.

Je trouve que cela fonctionne bien en live, on a l'impression que la richesse des compositions et des harmonies est pleinement reproduite. Ce n'est pas souvent le cas pour ce type d'album très arrangé et très produit...

Merci... c'est gentil. Ça me fait plaisir. Il y a énormément de couches, surtout au niveau des claviers, des orgues, des clavecins, des clavinets... Je n'ai pas quinze mains et je suis le seul à faire les claviers sur scène. Donc, par moment, par exemple, le clavecin est remplacé par la guitare. On a la chance d'avoir Arnaud avec nous qui passe facilement des guitares à la flûte ou aux percussions. Cela nous permet vraiment de réarranger certains morceaux, notamment ce que je joue au mellotron sur l'album. Par exemple sur un morceau comme Ivresse de pacotille où il y a du vibraphone, on le reproduit à la flûte ou à la guitare. On change les instruments mais ce sont les mêmes harmonies. Mais il y a quand même beaucoup de choses qui sont sur l'album et qu'on ne fait pas en concert. Des chansons que j'ai faites seul aux synthétiseurs sur le disque notamment et qui sont trop difficiles à reproduire sur scène.

Cela fait un moment que tu tournes. Sens-tu le groupe parfaitement au point sur scène ? Peux-tu nous présenter les membres de ton groupe ? Leur parcours ?

Oui, on tourne depuis deux ans environ, pour une cinquantaine de dates au total. Je crois qu'on a trouvé une formule qui fonctionne bien. Après, on n'est pas des gens qui répétons deux fois par semaines. Je me suis justement entouré de musiciens assez doués pour ne pas en avoir besoin. Chacun bosse de son côté, propose des choses et on se retrouve ensuite. Et puis on progresse avec les lives. Pour le groupe, c'est sympa d'en parler : ils me reprochent souvent de ne pas le faire (rires). Cédric Labank à la batterie, Arnaud Sèche à la flûte traversière, aux percussions et à la guitare, Antoine Rault à la guitare, parfois Olivier Cardinal à la guitare, à la basse il y a Benoît Hasboun et parfois Maxime Daoud. Avec Antoine, on se connaît de la Rochelle à la base. Lui a joué dans Asyl, puis plus récemment dans Lescop. Les autres, c'est marrant, ce sont en fait des gens pour qui j'ai fait des clips (Emile est réalisateur dans le civil). Benoît chantait dans un groupe qui s'appelait Sheraff pour qui j'ai fait un clip il y a cinq ou six ans. Arnaud et Cedric avaient un groupe de grindcore, une sorte de métal hyper rapide, avec un univers très second degré, pour qui j'ai aussi fait un clip. Je jouais aussi de la basse dans un autre groupe avec Maxime Daoud... le tout devant de très bons amis rencontrés ces dix dernières années à Paris.

Ton album est sorti il y a quelques semaines : quels sont les premiers retours ? On a le sentiment qu'il va faire date !

Oui (assez surpris), c'est vrai que c'est chouette... On a presque toutes les radios, toute la presse. Je ne m'en rend pas vraiment compte parce que je ne suis pas trop branché presse et radio justement. Je n'ai pas du tout de recul donc c'est assez difficile d'être vraiment au clair sur les choses. Là c'est la promo mais est-ce que dans trois mois on ne m'aura pas oublié - ça, on verra bien. Là j'étais chez un disquaire de Rennes qui vient d'ouvrir. Il me disait que mon projet touche plein de gens différents : des gens qui écoutent du hip-hop, d'autres qui écoutent plus du jazz ou encore des musiques de film... C'est vrai que c'est agréable de toucher autant de monde. Je me souviens d'une discussion avec JB de Born Bad Records où il me disait (avec une magnifique imitation du monsieur) : "De toute façon, ça va marcher, ça, tu vas voir... Les gens ils imaginent Belmondo et vont acheter ton disque... Ça fait musique surf, Pulp Fiction, et les gens ils aiment ça, ça parle à tout le monde". Il me comparait aux Cavaliers. C'est vrai que c'est le premier projet que je fais que mes grands-parents, ma tante, mes cousins... que tout le monde peut écouter et auquel tout le monde peut accrocher.

Comment t'es-tu retrouvé chez Born Bad Records ?

J'ai sorti un premier 45 tours à 50 exemplaires et on le donnait aux copains dans des petits sacs avec des chocolats et tout... En fait on a un ami commun avec JB, disquaire à la Rochelle... et c'est comme ça qu'il a pu écouter et, en grand fan de De Roubaix, il a a priori apprécié. Au départ, je lui ai envoyé une quinzaine de trucs, mais il y avait beaucoup de merdes dedans... Il s'est rendu compte que le projet était tout jeune, du coup on a continué à discuter sur deux ans, et l'an dernier on a commencé à reparler plus sérieusement et il trouvait que c'était le bon moment pour sortir ce qu'on avait enregistré.

Ta musique peut être cataloguée " psyché", pour autant tu ne colles pas vraiment au cliché des groupes actuels qui singent le Velvet, 13th Floor Elevator,  Syd Barrett ou encore les Beatles pour des trucs plus pop... Que penses-tu de ce revival où il y a parfois du bon mais le plus souvent du moyen ? Tu écoutes certains groupes récents ? Des choses comme Tame Impala peut-être ?

Ce qui me fait plaisir, dans les chroniques que j'ai lues, c'est que les gens me détachent quand même de ça... Le psyché, c'est le gros truc à la mode, mais en vrai je ne sais pas trop ce que c'est... Qui sait ce que c'est d'ailleurs ? C'est une époque, c'est même pas un style de musique... entre 13th Floor Elevator et Soft Machine, il y a un énorme ravin. Sur les groupes récents, j'ai bien aime le premier album de Tame Impala, mais j'ai beaucoup moins accroché sur le deuxième. Je suis quand même assez impressionné par le boulot de Kevin Parker qui est aussi une espèce de geek à jouer tout tout seul. Dans les autres formations, je ne vois pas grand chose si ce n'est d'autres groupes du label que j'adore : Aquaserge, de qui je suis complètement fan, et aussi Dorian Pimpernel.

On te rapproche justement assez facilement d'Aquaserge, chez qui tu as enregistré tout ou partie de ton album à Toulouse. Est-ce que vous avez maturé vos concepts ensemble ? Vous avez collaboré ?

J'ai habité pendant six mois dans leur maison. Là-bas, j ai enregistré quatre ou cinq chansons, et d'autres trucs que je n'ai d'ailleurs pas gardés pour l'album. En fait, je compose chez moi, j'enregistre quelques trucs avec les moyens du bord, et puis tout ce que je ne peux pas enregistrer dans mon petit appartement de Parisien de con, la batterie, les amplis, je les enregistre ailleurs. Pour cet album, je les ai enregistrés à la Mami (l'Electric Mami Studio est le studio d'Aquaserge)... C'est d'ailleurs les morceaux qui sonnent le mieux. On n'a pas vraiment collaboré. Benjamin (Gilbert d'Aquaserge) était dans le coin. Il a participé au mixage. Il a joué une guitare sur un morceau et des lignes de basse à pleurer sur Les Cigognes nénuphars. Je faisais écouter aussi pas mal mes morceaux à Julien (Gasc, toujours d'Aquaserge), qui lui enregistrait aussi son album pour Born Bad au même moment à la Mami. Pour autant, le son que j'ai n'a rien à voir avec le son d'Aquaserge. La première fois que j'ai vu Aquaserge en live, ça a été pour moi un vrai déclic. C'était vraiment ce que je voulais faire, et je suis toujours complètement fan de ces mecs.

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Est-ce que les productions de Burgalat, et certaines références de Tricatel, font aussi partie de tes influences ?

Je ne connais pas énormément en fait. Le peu que je connais, j'aime beaucoup. Je crois que je lui avais envoyé mes morceaux... Je n'avais pas eu de retour, d'ailleurs. C'est vrai qu'Aquaserge a été backing band de tournée pour lui, et donc il les a forcément inspirés, et eux aussi d'ailleurs. L'influence inconsciente de Burgalat sur ma musique est donc passée par Aquaserge... C'est le côté easy listening 60's-70's, avec les basses vachement en avant, la culture française, Gainsbourg, etc. Ce truc-là que tu retrouves dans des groupes anglais comme Broadcast.

Sinon on pense à Robert Wyatt ou avant à Soft Machine ? Les Beach Boys ? Les  Zombies ? Et Gainsbourg l'éternel j'imagine ? Peux-tu nous parler de ton rapport avec ces illustres aînés ?

Gainsbourg évidemment. C'est marrant, tu vois, la sunshine pop, je n'y suis venu que récemment, notamment par le biais d'Aquaserge, encore. Je m'intéressais déjà au rock progressif, à Robert Waytt. Les voix de Julien renvoient beaucoup à cela. Je me suis rendu compte que dans tout ça, les harmonies vocales, les arrangements viennent pour beaucoup de la sunshine pop. Des groupes comme Left Banke, The Free Design, les Beach Boys évidemment, Billy Nicholls. C'est des trucs que j'ai beaucoup écoutés ces trois dernières années, au moment de l'écriture de l'album, mais aussi et surtout avant. Tu as d'ailleurs pu remarquer que j'ai une lubie pour le clavecin, qui est aussi très présent dans cette période-là.

Fais-tu partie de ces musiciens fétichistes des instruments vintage, notamment des claviers des 60's-70's ? Est-ce partie intégrante de ta musique de renvoyer aux sonorités du passé, de l'âge d'or de la pop music comme on dit ?

Oui, évidemment. C'est une vraie maladie. J'ai plein de synthés, plein d'orgues, de claviers, mais je ne collectionne pas, en revanche. C'est-à-dire que je n'achète pas un instrument juste pour l'esthétisme... Mais je comprends ça. Moi, je recherche surtout les sons, c'est vraiment la matière sonore qui m'intéresse.

J'imagine que ton approche de la musique n'est pas live ? Es-tu un maniaque du studio ou as-tu vocation à le devenir ? As-tu pour objectif de développer le tien encore plus pour pouvoir expérimenter toujours plus ? Est-ce qu'intégrer des cordes dans tes prochaines productions est un souhait pour toi ?

Oui, bien sûr, comme tous les gens qui ont des home studios, qui sont malades d'instruments et tout ça... Tu accumules, tu accumules, et au fur et à mesure tu as de plus en plus de choses.
Ce n'est pas vraiment un objectif pour autant. Ce que j'aime avant tout, c'est composer. Après, si je dois aller dans un studio pour faire des choses, travailler avec des producteurs, des arrangeurs, ce serait avec plaisir. Oui, ça me plairait bien. Mettre des cordes sur mes prochaines compositions serait génial, mais je ne sais pas écrire la musique. On ne dirait pas comme ça, mais je suis un vrai cancre en musique. Je joue à l'oreille.
Je suis complètement autodidacte.

Une question rarement posée d'ailleurs : quelle est ta formation puis ton parcours musical ?

J'ai commencé par la batterie quand j'étais ado. Ensuite, j'ai joué dans pleins de groupes des styles de musique différents. J'ai toujours aimé toucher un peu à tout. J'ai toujours aimé composer dans ces groupes, donc je grattouillais, je faisais un peu de basse. Et sinon, les claviers, j'ai commencé gamin sur le piano familial chez mes parents. Je m'y suis vraiment mis il y a cinq ans quand j'ai commencé avec mon précédent groupe, Arun Tazieff. Ce que je dis souvent à mes potes qui commencent à avoir des enfants qu'ils veulent mettre à la musique : faites leur faire de la batterie. Moi, j'ai appris énormément. Même si tu n'as pas le solfège, si tu t'enfermes un peu et que tu es un peu un geek, tu apprends assez rapidement, et cela t'aide ensuite pour les autres instruments. Pendant un temps, j'étais à fond dans le hip-hop, le scratch et tout ça... et bien j'ai appris hyper vite, parce que c'est de la rythmique avant tout.

Et la musique pop, un peu plus classique, ça t'es venu sur le tard ?

Non, j'ai toujours aimé la pop. J'ai toujours écouté énormément de choses, très différentes.

Comment en es-tu arrivé à Forever Pavot ?

Du coup, c'est un peu la digestion de tout ça. Pendant toutes ces années où j'ai joué en groupe, au fur et à mesure de ma progression, je souffrais un peu du fait de pas pouvoir tout contrôler. C'est vrai que quand j ai une idée en tête, j'aime bien aller au bout. Prendre le temps. Pour l'instant, j'ai l'impression que je ne peux le faire que tout seul. Après, cela ne veut pas dire que je ne peux pas jouer en groupe pour autant. Tu vois quand je suis avec des mecs comme Benjamin Glibert d'Aquaserge, qui maîtrise à fond son instrument et qui connait très bien cette musique, il met une basse sur un de mes morceaux, et c'est juste parfait. J'ai rien à dire.

Pour toi, Forever Pavot, c'est le concept d'un album ou c'est pour du long terme ?

Ouais, c'est vraiment du long terme. C'est mon projet, c'est pour cela que je l'ai fait. Mais ce que je dis souvent, c'est que je ne m'enferme pas du tout dans un style. Si je veux faire un album de chanson française dans deux ans, et un album de reggae dans trois, eh bien je le ferai et personne ne m'emmerdera.

Du coup, au niveau de tes influences, on parle évidemment des John Barry, Ennio Morricone, Jean-Claude Vannier ou François De Roubaix pour les musiques de films, des Beatles, des Zombies, ou de Stereolab et de Broadcast pour des productions pop plus récentes, mais j'ai aussi l'impression que tu puises ton inspiration dans les musiques du monde, orientales notamment. Je me trompe ?

Bien vu. Il y a le truc qui était pas mal à la mode à un moment, le psyché turc. Beaucoup de truc avaient été ressortis. Je m'y suis pas mal intéressé. Je suis allé en Turquie plusieurs fois. Je mixais là-bas avec un bon copain. En fait, j'aime bien la musique que je ne comprends pas. Le jazz, le rock progressif ces trucs-là où j'ai envie de comprendre ce qui se passe, d'analyser les boucles, les structures... tout cela me fascine. C'est vraiment un truc intuitif avec la musique orientale. C'est pas nos codes. Les harmonies, tu as l'impression que c'est faux, mais c'est fantastique en fait. C'est pour cela que j'aime beaucoup la musique folklorique arabe, du Moyen-Orient.

Ta musique est cinématographique, on l'a dit. Dans quel cinéma vas-tu chercher ? Ne nous dis pas que tu passes ton temps à regarder des Giallo italiens ?

C'est marrant. Comme tu as pu le voir aussi, j'ai aussi une lubie pour les compositeurs italiens. Mais les Giallo, je n'y connais strictement rien. J'aime l'époque, l'esthétisme des films, mais je suis avant tout fan des BO. J'en suis à les collectionner. Mais je ne suis pas inspiré plus que ça par l'image, en tout cas je crois. J'ai en revanche eu la chance d'avoir une mère qui est une grande cinéphile. J'ai aussi dû intégrer beaucoup des musiques des nombreux films que j'ai pu voir grâce a elle. Il n'y pas eu de films ou de courant qui a particulièrement influencé mon album, à part les Italiens, comme je te le disais. Parce que le clavecin, ça me rend dingue, et que Morricone, c'est vraiment fabuleux. Ce mec-là a composé des centaines de BO toutes aussi fantastiques les unes que les autres. Tu te demandes comment c'est possible ! Bon, il avait ses petites mains, Bruno Nicolai et compagnie, mais quand même...

Est-ce que tu es toi même sollicité aujourd'hui par la cinéma, pour tes morceaux ou pour des compositions originales ?

Bon, je connais déjà un peu ce monde-là, même si c'est de loin quand même, parce que mon métier à la base c'est réalisateur pour le clip et la pub. Après, oui, je suis déjà un peu sollicité. Ça va se faire. J'ai des pistes, mais rien de complètement concret pour l'instant. J'ai déjà des projets avec des copains, pour des courts métrages, des trucs comme ça. De la composition, pas de l'utilisation des morceaux de l'album. Et puis des réalisateurs m'ont dit être très intéressés pour bosser avec moi dans le futur. J'ai très envie de faire de la commande pour des longs métrages. J'espère que ça se concrétisera.

Tu as réalisé des clips pour les autres (Disclosure, Alt-J, Dizzee Rascal notamment), et là tu viens de livrer ton premier clip pour ton compte où tu mets en scène une sorte d'avatar en papier mâché. Qu'est-ce que tu as voulu exprimer ?

C'est un petit truc. J'ai juste voulu un côté un peu esthétique, sans vouloir vraiment exprimer quelque chose... Je ne peux pas trop te le dire en fait parce que je vais avoir des problèmes... (Là on a eu les explications, mais on garde ça pour nous... Hartzine est une tombe, désolé !) Je me suis filmé avec un masque parce que je trouvais ça assez drôle d'avoir un masque de peau de soi-même, d'autant que je joue de tous les instruments sur l'album, et à côté d'avoir le type en régie sans masque, qui est moi.

De quelle suite rêves-tu pour Forever Pavot ?

Pour l'instant je fais la promo de l'album et j'en profite aussi un peu. Ça prend pas mal de temps. Je n'ai pas vraiment d'objectifs pour la suite pour le moment. J'essaye de gérer mon taff et les tournées actuellement, et c'est pas évident. Je ne vis pas du tout de la musique, mais plutôt de mon métier de réalisateur free lance. Mais après tout ça me va bien. J'ai beaucoup de chance de faire ces deux choses, qui sont avant tout des hobbies avant d'être du travail. Après, j'ai des projets de collaboration. Ça va être des splits avec Julien Gasc, Dorian Pimpernel et Calypso. Un truc du genre Forever Gasc, Forever Pimpernel, Dorian Gasc... Tu vois, on se mélange tous et on fait un coffret de trois ou quatre 45 tours. On a commencé à en parler avec JB. Ça sortira peut être chez Born Bad, ou ailleurs. Rien n'est déterminé aujourd'hui.

Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=PeN-CITERwk