On y était - SayCet

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Photos © Emeline Ancel-Pirouelle pour Hartzine

Saycet, Paris, Café de la Danse, le 23 mars 2010

D'un claquement de doigts, il est peu fréquent de se défaire d'une chape de plomb, sans cesse lestée d'innombrables soucis quotidiens. Mis à part s'adonner à de puissants psychotropes, inutile de dire que la doucereuse amnésie est loin d'inonder ma boîte crânienne aux tempes tapageuses. Les affres d'une vie diurne mal assumée s'amusent d'inénarrables frasques noctambules pour anémier cette noble envie de profiter des premières douceurs printanières. L'œil torve, l'humeur cyclothymique et quelques précieux cachetons paracétamolés goulûment avalés, je retrouve Émeline et son fidèle appareil photo à quelques pas du Café de la Danse. L'onirique trio SayCet vient présenter, un jour après sa sortie, Through the Window, album intensément émotionnel et longuement maturé, m'ayant déjà inspiré une logorrhée émerveillée éperdument retranscrite ici. De chape de plomb, il ne restera rien. Ou si peu.

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J'ouvre une parenthèse, histoire de vous enquérir de la seconde partie, DAUU, qui ne sera qu'évoquée partiellement dans ce qui suit. Pourquoi ? Je préfère rester poli... tout en me permettant de susurrer au creux de vos oreilles averties une mise en garde sévère et sans appel. Pas narcoleptique pour un sou, je n'ai jamais éprouvé une telle sensation de fatigue à l'écoute d'un groupe bien décidé à matérialiser l'ennui et sa morne redondance au contact paresseux de ses instruments (contrebasse, clarinette, violoncelle et accordéon). Paraît-il que la petite bande belge traînassait avec Ezekiel pour de capiteuses incontinences dub-électro... A d'autres ! La descente de trip est dure à encaisser... Il est tout bonnement inutile et insupportable de se faire mal de la sorte. La boîte à pandore s'ouvre pour ne plus se refermer, mon fiel ne connaît plus de limite : deux, trois crasses encore à balancer et, promis, je passe à l'essentiel ! Ce quatuor sans frite donc se nomme DAUU pour Die Anarchistische Abendunterhaltung. Mystère je vous dis, mystère... Un petit coup de réverso plus loin et hop, on trouve le sens caché de toute cette mascarade : "la soirée anarchiste". Autrement dit : n'importe quoi. Autrement dit, dès la fin du premier morceau - de oh... miracle ! quinze putain de minutes - où une note de violoncelle croise mollement la route de deux de contrebasse, et ce tandis que l'accordéoniste s'endort littéralement sur son instrument, je me casse. Voilà, purement et simplement. Je n'ai pas de mouflet, ma vie me tend encore les bras, alors pourquoi une telle invitation à se balancer sous le premier bus qui passe ? Un seul regret taraude ma gouaille compulsive : n'avoir pu apprécier à sa juste valeur l'état d'un public ayant enduré l'ensemble de ce monstre soporifique... Fin de la parenthèse.

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L'essentiel : l'iridescent trio SayCet. Petit détour contextualisant : quelques jours auparavant, les Anglais d'Autechre nimbaient la désormais Machine du Moulin Rouge de leur intense soleil noir, baignant la foule, lors d'un set halluciné, d'une obscurité la plus totale. Enseignement tactique, pour le duo d'électroniciens, il s'agit de présenter leurs déchirures électroniques pour ce qu'elles sont, à savoir une tumultueuse odyssée sonique, intérieure et extatique, dénuée d'artifices visuels. Un point de vue inconditionnellement recevable de par la qualité d'un show unique en son genre. Pour les Parisiens de SayCet, la logique déployée est de toute autre nature. L'utilisation de la vidéo s'avère consubstantielle à la dimension spectrale de leur électronica mélodique. Phoene Somsavath, excentrée au fond à gauche de la scène, fait face à son laptop et à son micro installés de biais par rapport au public. Pierre Lefeuvre, au centre, les yeux rivés à son écran, caresse des mains ses consoles et autres bidouilles digitales. Zita Cochet, à sa droite, tourne presque le dos au gradin du Café de la Danse, fixant son ordinateur, absorbée qu'elle est par le déclenchement en temps réel de projections sur trois surfaces aux formes originales (un écran, une lanterne et une pendule). Concentrés, ces trois-là ne donnent pas dans la prestation live conjuguant relents âcres de sueur et décibels. Sorte d'antithèse au bon vieux rock'n'roll, leurs silhouettes immobiles se distinguent à peine dans l'obscurité, quand le spectateur est invité à s'immerger dans un océan contemplatif où la rétine caresse et embrasse, par le mouvement d'images glissant d'une structure à l'autre, un univers cinétique éthéré, magnifiant la sensitivité d'un halo sonore aux profondeurs abyssales. Signe qui ne trompe pas, et qui souligne cette importance prise dans leur introspection musicale par ce volubile ballet d'images, filmées et réalisées par Zita mais aussi par Nolwenn Daniel et Amaël Réchin Lê Ky-Huong, le concert débute par Her Movie. Un morceau instrumental posant les bases de ce que SayCet insinue tout au long de Through the Window, entre divagations intimes mâtinées de notes de piano suspendues et emballement cardiaque issu de rythmes à la syncope viscérale. Bruyere et We Walk Fast nous envoient par la suite tutoyer l'indicible, Phoene irradiant de sa voix immaculée les aspérités de nos sens chavirés. Essentiellement confectionnée de plages extraites de Through the Window, l'embardée onirique du trio prend le cap - l'espace de deux morceaux, Trilogie et Maud Take the Train - de One Day at Home (Electron'y'Pop, 2005) déclinant une électronica diaphane délicieusement perlée d'une mélancolie que l'on n'ose réprimer. Reculer dans le temps pour mieux se projeter dans l'avenir, SayCet l'opère à merveille et offre avec Easy et Opal, deux des plus luminescents joyaux dont Through the Window est serti. Littéralement happé par la maestria sonore et visuelle du trio, c'est confortablement reclus dans son for intérieur que chacun entame la dernière saillie atmosphérique d'un concert où Chromatic Bird et Fire Flies font office de final étourdissant. Le beat conclusif de Fire Flies se répète en boucle tandis que les lumières de la salle martèlent effrontément leur crudité. S'extirper d'une telle nasse amniotique se meut alors en effort vertigineux, comme celui de (re)venir au monde et d'en accepter sa vulgarité. DAUU est là pour en attester.

SayCet se produira à nouveau au Café de la Danse le 20 mai prochain.

Photos

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Setlist

1. Her Movie (Through the Window)
2. Bruyere (Through the Window)
3. We Walk Fast (Through the Window)
4. Trilogie (One Day at Home)
5. Maud Take the Train (One Day at Home)
6. Easy (Through the Window)
7. Opal (Through the Window)
8. 15 (Through the Window)
9. Sunday Morning (Through the Window)
10. Chromatic Bird (One Day at Home)
11. Fire Flies (Through the Window)

Video



Best Coast / Jeans Wilder - Split 45t

pochettesplitA ma droite, Andrew Caddick et Melissa Duenas (Jeans Wilder). A ma gauche, Bethany Cosentino et Bobb Bruno (Best Coast). Deux duos californiens. Au centre, Atelier Ciseaux, ou un tout jeune label franco-canadien. Le tout est une initiative réunissant tout ce petit monde sur un bel objet, un 45 tours, fait main, édité à trois cent cinquante exemplaires. Sorti le 18 janvier, cette sixième référence du label, après l'intimiste François Virot et le foutraque Lucky Dragons, est à commander ici. Cela pourrait être anecdotique, deux morceaux pour à peine dix minutes. Cela pourrait. Ce serait sans entrevoir la lumière éblouissante et habilement surannée qui se dégage des guitares de Best Coast, exhumant sur Up All Night les quelques soupçons d'indolence et d'insouciance d'une jeunesse vertement dissipée. The Amps et Kelley Deal ne renieraient en rien cette nuit sans étoile, brouillant l'antique surf music de saturations crasses. Ce serait sans faire grand cas du reggae lo-fi de Jeans Wilder sur Tough Guy, qui d'une voix détachée mais attachante nous amène à penser qu'Andrew Caddick à plus à voir avec l'écurie Paw Tracks (Black Dice, Panda Bear) dans l'art de la décontraction qu'avec ses amis de Wavves dans la culture de l'ennui sauvageon et bitturé. Ce serait surtout passer à côté de deux groupes dont il sera très bientôt question, dans ces pages ou ailleurs, ailleurs ou dans ces pages. Dépêchez-vous, il reste trois cent quarante neuf exemplaires. Le mien est commandé.

Thibault

Audio

Jeans Wilder - Tough Guys

Video

Tracklist

JEANS WILDER / BEST COAST - SPLIT 45t (Atelier Ciseaux, 2010)

Side A : Jeans Wilder - Tough Guy

Side B : Best Coast  - Up All Night


Get Well Soon - Vexations

gwsEn commençant par le lyrique, somptueux et mélancolique Nausea, notre dandy blafard Konstantin Gropper l’affirme de but en blanc, les choses ne vont pas mieux pour le moment. Aurait-il pu en être autrement ? On voyait mal de toute façon Get Well Soon se transformer en Mika et le berlinois embrasser une carrière de pop-singer coloré. Et à nouveau Vexations porte les stigmates de son auteur. Un songwriting à fleur de peau, dont les mots glissent sur les lèvres jusqu’à en faire saigner. La musique de Get Well Soon porte en son sein la marque de fabrique d’une certaine tradition allemande, bien que délicatement optimiste et tournée vers de sentiments profonds, elle est également entouré d’un halo sombre et maladif. L’artiste semble chanter la joie avec toute la tristesse du monde (A Voice In The Louvre, We Are Free).
Résolument baroque, les mélodies de Konstantin Gropper, homme-orchestre et orchestral seul à bord du navire Get Well Soon, fait le grand écart entre musique classique et rock indépendant, et peint le spleen à l’aide d’une palette de couleurs délavées. On pense énormément à Piano Magic (5 Steps – 7 words), à Divine Comedy aussi (We Are Ghosts), frénésie de cabaret, dont les pathos ressurgissent de façon poétique. Vexations se dévore comme un roman qui nous serait chanté d’une voix suppliante, fabuleux cantiques enveloppées de leur mélopées enivrantes. Dépassant de loin la profondeur de Rest now, weary head ! You will get well soon, se second album à la fraîcheur et la gaîté d’une ballade nocturne dans la sylve des Carpates.

Akitrash

Audio

Get Well Soon - We Are Free

Video

Tracklist

Get Well Soon - Vexations (City Slang, 2010)

1.Nausea
2.Seneca's Silence
3.We Are Free
4.Red Nose Day
5.5 Steps / 7 Swords
6.We Are Still
7.A Voice In The Louvre
8.Werner Herzog Gets Shot
9.That Love
10.Aureate!
11.We Are Ghosts
12.A Burial At Sea
13.Angry Young Man
14.We Are The Roman Empire


Air France - GBG belongs to us

airfrancepost

« A city is not just a home, it's a lifelong companion ». C'est ainsi qu'Air France explicite sa vision de la ville. Le concept se décline ici en site internet propre où on apprend que « la géographie et l'architecture sont deux éléments essentiels de la pop » tout en profitant d'une visite guidée et détaillée de Göteborg. Chacun se fera une opinion de cette initiative reflétant bien la sensibilité trouble de nos amis suédois. Sur le plan musical : un hymne pop féminisé prônant l'attachement éternel à cette seule et unique ville de Göteborg.

AUDIO

AIR FRANCE - GBG Belongs To Us (partII)

LIENS

http://gbgbelongstous.se/gbg.html


Helios l'interview

Helios est le projet  de Keith Kenniff, un artiste américain, originaire de Portland. Auteur de plusieurs albums sur le label Type, il officie également sous le nom de Goldmund, dans une veine plus minimale. Voici un rapide entretien, dont l'objet est de vous faire découvrir un musicien prolifique et créatif.

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- L’été dernier, je suis allé sur l’île grecque de Rhodes (une île de l’archipel des Dodécanèse, en mer Egée). C’est traditionnellement l’île d’Helios, le dieu du soleil dans la mythologie grecque, y a t’il un lien avec toi ?
J'ai effectivement tiré 'Helios' de la mythologie grecque, oui. Je suppose que j'ai du vraiment aimer l'histoire de Helios, l'observateur divin de ce qui se passe sur Terre, tel le soleil qui se levait chaque matin . J'ai souvent tendance à écrire de la musique tard la nuit / tôt le matin et  je vais souvent alors me coucher au moment où le soleil se lève. Comme un relais.

- Tu officies, dans des registres très variés, sous au moins trois entités connues : Helios, Goldmund, sous ton propre nom… Quelles sont les raisons qui t’ont poussé à développer ces différents projets ?
J'ai tendance à travailler sur beaucoup de musique et ce, à n'importe quel moment, et donc chaque étape d'un projet  évolue dans une direction différente. Je pense que le surnom de chaque projet propre est bien approprié. Helios, est plus un projet d'electronic/post-rock/ambient, Goldmund est presque entièrement composé de piano solo donc il y a à peu près aucun élément électronique et
consiste généralement en pièces improvisées courtes. Le son de Mint Julep , le projet monté avec ma femme, prend plus une direction rock/shoegazing et se base essentiellement sur des schémas traditionnels chantés verse-chorus . Ce que j'ai fait pour mon projet appelé Keith Kenniff n'est pas sorti, ce sont  des choses de type acoustique / folky , mais je ne suis pas sûr si quelque chose verra le jour bientôt.

- Peux-tu nous parler du projet que tu fais aussi avec ton amie : Mint Julep
C'est un projet avec ma femme Hollie que nous avons commencé il y a environ un an et demi. Nous sommes tous les deux des fans énormes de musique shoegazing du début des années 90 et avons voulu travailler sur quelque chose qui était plus dans cette direction. C'est la première fois que j'ai vraiment travaillé avec quelqu'un d'autre pour faire de la musique, c'est vraiment amusant de travaiiler ensemble comme cela.

- Tu sors tes disques sur Type Records, comment s’est opéré la rencontre avec ce label ?
J'ai connu John Twells, qui dirige Type depuis des années. Nous nous sommes rencontrés avant qu'il n'ait commencé son label et partagions nos goûts en musique et diverses idées. Quand il s'est décidé de démarrer Type, il m'a demandé si je serais enclin à faire quelques albums. J'ai vraiment aimé la direction qu'il voulait emprunter et donc nous avons sorti la première réalisation de Goldmund, Corduroy Road, en 2005 et ensuite peu après nous avons sorti le 1er disque de Helios, Eingya, en 2006. C'est un grand label et je suis vraiment fier de travailler avec John et d'être entouré par le très bons artistes du label.

- Entretiens-tu des relations privilégiées avec certains artistes du label : Xela, Peter Broderick…
John (Xela) et moi somme très liés et nous avons participé à quelques concerts ensemble. Nous allons jouer au Japon ensemble en août. Je connais beaucoup d'autres artistes du label et j'ai joué plusieurs concerts avec beaucoup d'entre eux aussi. J'étais vraiment heureux de pouvoir travailler sur le design du dernier album de Goldmund avec Erik (Deaf Center/Knive). La première fois que
nous avons joué ensemble, c'était dans un planétarium de 100 ans à Bruxelles et le set de Centre Sourd m'a juste soufflé. Je suis en lien également avec Peter Broderick. La dernière fois qu'il était rentré chez lui à Portland, nous avons passé une chouette soirée à jouer au bowling ensemble.

- L’album « Caesura » (ton dernier sous le nom d’Helios) est sorti il y a quelques mois. Si tu devais le présenter à une personne peu avertie, qu’en dirais-tu?
C'est un album qui est assez accessible si vous êtes friands de choses de style ambiant /post rock. Donc il serait pour les gens fans de Brian Eno, Boards of Canada et les versants plus softs de groupes comme Sigur Ros et Explosions in the sky.

- L’esthétique  graphique d’Helios utilise une photographie qui présente souvent la nature  dans tous ces états… ? Est ce le signe d’une orientation artistique affirmée, ta musique serait-elle bucolique ?
Je pense que la musique représente en général une forme idyllique de ce qui nous entoure. J'aime vraiment travailler avec Matthieu Woodson (qui a collaboré pour Eingya et Caesura). Je lui donne une idée générale de ce que je veux et il me présente ensuite des tonnes d'idées fabuleuses . Il était donc difficile de choisir mais je suis vraiment content du résultat final. J'ai donné carte blanche à Ashley Goldberg pour lapochette de Ayres : elle a fait une très belle pochette où le thème de la nature est omniprésent.. donc je suppose que c'est le type d'images qui semblent venir en tête.

Tu es installé à Portland ? Es-tu originaire de cette ville ? Est ce une ville où il se passe des choses intéressantes sur le plan culturel ? Es-tu en lien avec d’autres artistes ou label de là-bas (Eluvium, Audiodregs…)… ?
Je suis originaire de Pennsylvanie, mais avec ma femme nous nous sommes installés à Portland après s'être rencontrés à Boston (où je suis allé à l'école). J'adore Portland, il y a beaucoup d'événements intéressants qui se passent ici et des tas de musiciens/artistes qui font de belles choses. Matthieu (Eluvium) est un chouette type, nous avons joué l'année dernière à Seattle au Decibel Festival  et on s'est rencontrés à plusieurs reprises sur des événements semblables dans les environs. Je pense que nous jouerons bientôt à Portland. J'ai connu Grouper au moment où nous avons fait un showcase Type records à Chicago il y a déjà quelques années.  Quant à Peter Broderick et sa talentueuse soeur Heather, ils sont de Portland aussi, donc ils ont été impliqués dans beaucoup de grandes choses ici et  maintenant c'est au tour du reste du monde !

- Pour mieux comprendre ton univers, quels sont tes influences ou en tout cas tes références en matière de littérature, cinéma, musique… ?
Je suis un grand fan de cinéma, j'aime la musique de film aussi comme Thomas Newman et Mychael Danna, et sans nul doute toutes ces  images m'ont au cours des années beaucoup influencé. J'ai tendance à aimer les  films lents de réalisateurs comme Tarkvosky/Terence Malick etc ... je pourrais te donner une liste de centaines de livres et de films, et tout cela a de l'influence sur ce que je compose. En gros, tout ce qui me tombe dans les mains et que j'aime
découvrir m'influence.

- Quels sont tes prochains projets ? Je vois que tu édites également des cdrs ?
Pour quelles raisons…
J'ai fait des sorties en CDR disponibles sur mon site Web, qui est chouette. C'est une façon sans contrainte et directe d'être plus en lien avec les fans et faire un tirage plus limité de cette façon. Je m'amuse à personnaliser les cds en insérant des petites notes et je les emballe avec des petites touches individuelles. C'est quelque chose que je voudrais continuer à faire, et bien sûr je vais aussi faire des sorties plus traditionnelles à l'avenir. Je travaille sur un autre album pour Goldmund, une collection de chansons Guerre civile. Egalement, un album pour Mint Julep et un Helios LP. Dormir peut bien attendre de toute évidence. J'espère que tout cela sortira pour l'année prochaine, voire fin de cette année.

-Ta représentation de la France et de ce qui s’y fait sur le plan musical aujourd’hui ?
J'ai aimé M. Oizo et Ed Banger. Autres Directions in Music produisent également de très belles choses.  J'ai fait un remix pour Propergol Y Colargol en 2007. Je dois admettre être aussi un fan de Daft Punk, leur album 'Homework' est génial.

- Ta vision du monde et de son évolution, es-tu plutôt quelqu’un qui serait sur plutôt un versant mélancolique (ta musique nous prêtent à le croire) quant au traitement de la vie et de son analyse ?
J'ai tendance à être très calme et introverti, assez timide. Mais je pense que la musique prend quelque chose de différent en moi. J'ai écrit de la musique qui peut sembler pleine d'espoir alors que je ne l'étais pas personnellement, et vice versa, mais je pense que c'est une expérience personnelle pour l'auditeur et avec un peu de réussite, la musique est assez ouverte pour  qu'elle puisse permettre aux gens de ressentir des choses différentes.

Entretien réalisé par Cyril/traduction Stéph


Oldman - Son, Father and Son (Arbouse)

dyn005_original_200_200_pjpeg_18368_57b6a917893495b29ad882f91dfaa7d1Ancienne moitié du duo MAN, artiste épris de collaborations indépendantes (Lena en compagnie de Matthias Delplanque, en duo avec Jérôme Paressant), le Nantais Charles-Eric Charrier aka Oldman fait partie de ses aventuriers ultimes à l’hyperactivité effrénée et contagieuse. Adepte d’une polyvalence stylistique où le spoken word le dispute au jazz – version minimale, preuve en est l’introductif Son, Father et son échappatoire lento d’une captivante beauté sur quelques notes de guitare acoustique, de synthé et de cymbales – Charrier vise à l’épure, toujours, pour atteindre le beau, souvent, le sublime, parfois. Puisant aux sources les plus incontestables, qu’elles soient issues du croisement improbable de la gratte de Matt Elliott instrumentalisée par Cvantez (Mon Délicat) ou du parler nocturne d’un post rock à la sourde colère, trempée dans une Encre période Flux. De temps à autre, le ton se fait davantage serein, divaguant entre six cordes et xylophone sur un nuage comeladien où il fait bon se reposer (Grandfather’s Shield), avant que le souvenir grave (la voix et le texte) de Rodolphe Burger ne fasse définitivement oublier le très pénible Gérard Darmon sur le surprenant Son, Father and Son. C’est que contrairement à une scène franco-hexagonale où l’auto-complaisance est érigée en religion, Oldman regarde au vitriol son ombre dans le miroir, elle lui renvoie une misanthropie paranoïde subjuguante de vérité. A l’image d’un disque dont les fractions inquiètes énumèrent les sens pour mieux les vampiriser.

Fabrice

Tracklist

Oldman - Son, Father and Son (Arbouse Recordings)

1.Son, Father
2.Mon Délicat
3.Mama ! Hum
4.Grandfather's Shield
5.Son, Father and Son...
6.Morrow
7.Father and Son
8.Half Brother


Slowcream - Wax On Wool

waxalbum
Même s'il n'est guère au sommet de l'affiche, le nom de Me Raabenstein sonne désormais familièrement aux oreilles des fans d'electronica ambient, tendance jazz vs musique contemporaine. Patron du label berlinois Nonine, (co-)auteur de plusieurs sorties dont le très recommandable First Raw de Sqaramouche, il explore pour sa seconde production en tant que Slowcream la musique du début du vingtième siècle (Schulhoff, Berg), qu'il confronté dans un osé mélange au spoken word revêche et lentissimo d'un fils vocal de William S. Burroughs, le tout sur un fond dub ralenti et oppressant («Into Butter», «Mild Mountains»). D'autres instants atmosphériques fondent rapidement dans une ambient proche de Ryan Teague et de Marsen Jules, en moins bien jusqu'à l'entrée de la ligne mélodique, émouvante comme du Giuseppe Ielasi («In The Cave»). Une curiosité, qu'on aime partager les jours de pluie.

Fabrice

Tracklist

Slowcream - Wax On Wool (Nonine, 2009)

1. Punch indigo
2. Into butter
3. In the cave
4. Mild mountains
5. Luck of the north
6. On carpets
7. Wanderlust
8. Gwynplaine’s hill
9. Asymetric herding
10. Creamin’ over
11. Sacred knots

Video

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