Joey Bada$$ - 1999

Du haut de ses 17 ans Joey Bada$$ peut être fier de son coup : le jeune rappeur de Brooklyn, fer de lance du collectif Pro Era, est dans toutes les oreilles des afficionados de hip-hop depuis la récente sortie de sa mixtape 1999 (à choper gratuitement par ici). Si ce bouche-à-oreille à de quoi rappeler Tyler The Creator et Odd Future, la comparaison s'arrête là. Quand Tyler et ses acolytes tentent de dynamiter de manière systématique et volontairement outrancière les fondements du boom-bap, Joey et son crew confectionnent avec toute leur énergie juvénile une puissante ode à l'âge d'or du hip-hop. Je veux parler bien sûr du milieu des années 1990 - alors que Bada$$ poussait à peine ses premiers yo - quand des posse comme Native Tongues (Jungle Brothers, De La Soul, A Tribe Called Quest) étaient au top de leur créativité. Les 15 titres de 1999 repartent de là et débroussaillent des chemins de traverse en direction de constellations rapologiques encore inconnues.

Dans 1999 il y a d'abord quelques hits en or massif, des sure shots qui démontrent à quel point Bada$$ est ici et maintenant à faire le lien entre passé et futur. J'en veux pour preuve un titre comme Survival Tactics, condensé d'adrénaline urbaine où les punchlines de Bada$$ et STEEZ braquent des échos fantomatiques sur une discrète boucle en cuivre véritable. À l'heure de l'hyper-connectivité et du règne de l'immédiateté, cela a suffit pour que Bada$$ soit comparé au regretté Big L, ce qui est sans doute un peu excessif. Mais il faut dire que côté productions, Joey a mis la barre haute : Lord Finesse, J Dilla et MF Doom sont au générique tout comme Chuck Strangers, le producteur maison du crew. Sur l'excellent World Domination, la production de Doom s'insère parfaitement dans l'atmosphère générale de la mixtape - jazzy, cool et relax sans être trop mielleuse - avec une boucle de piano qui rappelle le fameux Ill Street Blues de Kool G Rap & DJ Polo. On notera aussi deux autres clins d'oeil assez savoureux : Don't Front qui renvoie subtilement au refrain de I Got Cha Open de Black Moon ou encore Hardknock dont l'amertume témoigne autant de la sagesse précoce de Bada$$ que d'un respect marqué à Jay Z et son Hard Knock Life (ce dernier l'a d'ailleurs déjà invité sur son site Life + Times). Au chapitre des incontournables, il faut aussi mentionner le somptueux Righteous Minds et son sample de xylophone : un morceau étendard de 1999 autant sur la forme que sur le fond. Un texte traversé d'une étonnante lucidité sur un monde dont il connaît déjà toute la froideur ("I never knew the world could be this cold").

Beaucoup plus audacieuse qu'elle ne peut paraître aux premiers abords, cette mixtape révèle au grand jour un auteur, un rappeur et un collectif qui souhaitent garder la tête froide face au succès qui leur tend déjà les bras. Bada$$ est encore au lycée - "fuck trigonometry" lâche t-il d'ailleurs dans un des morceaux - et n'entend pas se faire happer par la hype Internet qui l'entoure. Au vu de ses textes et à l'écoute de ses interviews, on a vraiment envie de le croire et d'espérer que Pro Era prenne bien son envol dans un espace rapologique trop souvent saturé de conformisme et de mirages d'argent facile.

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On y était - Festival Beauregard

Festival Beauregard, Hérouville-Saint-Clair, du 6 au 8 juillet 2012

Le constat est de plus en plus incontestable et consternant : chaque été, les line-up des grands raouts estivaux français sont de plus en plus insipides et surtout atteints d'une gémellité témoignant d'un cruel et croissant manque d'imagination. À partir de là, il devient aisé de s’intéresser à ceux qui osent ajouter un peu de piment et quelques gouttes d’exigence dans leur programmation. Dans ce contexte, le Festival Beauregard s'était quelque peu démarqué à mes yeux de ses congénères. Je ne vais pas vous mentir, on était quand même très loin du sans faute : il fallait sérieusement séparer le bon grain de l'ivraie, mais la présence des Tindersticks, de Death In Vegas ou encore d'Other Lives, ajouté à mon désir de sortie au grand air en ce début d'été, auront suffi à me faire passer le pas. Et si vous ajoutez à cela le fait que le festival est organisé dans le parc d'un château gothique du 19ème siècle, qui servit jadis à l'ORTF pour ses colonies de vacances, ma curiosité s'en retrouvait tout de même un peu aiguisée.

Rendez-vous fut donc pris pour une petite escapade musicale en Normandie, avec des objectifs très simples : profiter des quelques concerts que nous avions ciblés, et éviter ceux qui nous donnaient la nausée par avance, en en profitant pour découvrir l'ambiance générale et l'environnement de ce festival qui nous était encore inconnu. La mission sera donc, en fin de manifestation, partiellement remplie.

Avec un seul concert noté dans notre agenda le premier jour, on n'allait, en tous les cas, pas être débordés. On en profita donc, en attendant le passage de The Kills, pour baguenauder à droite et à gauche et profiter des réjouissances habituelles : autrement dit, le bar. Le premier constat sera positif : nous bénéficierons d'une part d'un accueil sans faille du festival, qui sait recevoir. D'autre part, le site se révèle effectivement superbe - parc verdoyant, nombreux arbres, vue sur le château - et on s'y sent forcément plutôt bien. Dommage que les momies de Killing Joke aient décidé dès ce vendredi de nous polluer les oreilles - et les yeux - avec leurs chansons lourdingues et datées. Les Kills, bien plus tard dans la soirée, réussiront heureusement à nous livrer un peu de contenu musicalement parlant : si on a craint le pire au départ avec la présence de percussionnistes semblant tout droit débarqués d'une galère romaine, VV et Hotel déploieront ce soir-là une énergie et une complicité qu'on n'avait plus vues depuis un bon moment. Une setlist sans surprise mais vouée à une certaine efficacité, qui trouvera son climax avec un Black Balloon ravageur. Ce sommet des Kills sera aussi pour nous celui de la soirée, tant Metronomy, sensé clôturer par la suite les hostilités en surfant sur la vague du succès de son récent second album, ne provoquera chez nous qu'une indifférence polie : cheap, désincarné, ce groupe, sur scène, nous laissera définitivement de marbre, comme au premier jour lors de leur passage inaugural aux Transmusicales de Rennes, il y a déjà quelques années. Gageons même que si Hot Chip n'avait pas annulé sa venue au festival, ces derniers auraient donné aux nouvelles stars du Devon une sacrée leçon...
C'est sur ces profondes considérations qu'il sera temps de plier bagage ce soir-là, avant une seconde journée un peu plus consistante, avec un programme déjà plus copieux.

Tout commencera d'ailleurs plutôt bien, avec le passage d'Other Lives, qui nous livrera un concert tel qu'on l'attendait de leur part : fin et délicat, à l'image de celui donné un an plus tôt à La Route du Rock. Les Américains rendent justice sans problème à leur récent et très bel album Tamer Animals, et ravira le public restreint qui fut assez curieux cet après-midi-là pour venir les écouter dès l'heure du goûter. Dominique A, lui aussi, réussira à nous embarquer dans les méandres de son nouvel album, soutenu sur scène avec brio par des cordes et autres instruments à vent donnant une belle patine à ses récents titres. On retournera sans problème l'écouter dans quelques jours à Saint-Malo... Il fut alors temps d'organiser notre évasion avant l'arrivée de l'horrible Izia, pour mieux revenir, après un apéro vite expédié, vérifier si les Kaiser Chiefs étaient toujours aussi survoltés. Non pas que leur dernier album, plutôt très moche, ait provoqué chez nous une envie irrépressible de les ré-écouter. Mais ce groupe a tellement servi la cause pop avec deux premiers opus en forme d'usine à tubes qu'il aurait été injuste de ne pas leur prêter attention. Grand bien nous en ait pris : les Anglais enfileront sans relâche leurs perles passées, qui n'ont décidément pas pris une ride. C'est sans surprise, mais c'est efficace, fédérateur, ça fait du bien, et on ne boudera pas notre plaisir.

Puis vint la tragédie de la soirée : alors que les merveilleux Tindersticks se présentaient sur scène pour nous faire profiter de leur dernier chef d’œuvre, The Something Rain (lire la chronique ici), une pluie battante nous obligera à nous réfugier à l'abri, et gâchera sérieusement le moment de magie qui nous était promis. Saleté de pluie. Dégoûtés par ce coup du sort, on restera par la suite bien planqués au bar, noyant notre chagrin dans la dive bouteille. Ça n'était de toute manière pas Jean-Louis Aubert qui allait réussir à nous sortir de notre torpeur... Mais finalement, peu importe : un autre grand moment nous attendait le lendemain : Death In Vegas, de passage un dimanche à 16h, ça allait valoir son pesant de tarte normande...

Et on était donc forcément au rendez-vous, pour ce qui restera pour nous LE concert du festival : malgré l'heure, Richard Fearless livrera un set puissant, radical, apocalyptique, comme s'il était trois heures du matin, devant un public familial et médusé qui n'avait pas l'air de vraiment comprendre ce qui lui arrivait. Surréaliste et jouissif. Avec une mention spéciale à une Aicha méconnaissable et hypnotique. Il ne nous restait plus alors qu'à profiter sagement de nos dernières minutes sur place, soulagés que nos attentes dominicales n'aient pas été déçues. On aura tout juste le temps de croiser les fossiles de Garbage qu'on écoutera, même si l'extase ne sera pas au rendez-vous, avec un certain plaisir coupable, notre cerveau associant les vieux tubes du groupe à nos lointaines - mais pas forcément regrettées - années adolescentes : rendez-vous compte, je me rappelais des paroles de Stupid Girl...

Remerciements : Vianney (Disc Over) , Laurent.


Mixtape : Lady Gaga Street Team Clone by Skrot Up

Rien de mieux que de ressortir une vieille interview à l'occasion d'une collaboration Beko (lire) pour contextualiser cette mixtape labellisée Skrot Up, au titre énigmatique - Lady Gaga Street Team Clone. Morten expliquait il y a tout juste un an qu'il avait lancé Skrot Up en 2008 en compagnie de Thomas, aujourd'hui en retrait de l'aventure : "Nous nous sommes rencontrés dans un disquaire de la ville de Copenhague et nous sommes par la suite devenus amis. Skrot Up est en quelque sorte apparu du jour au lendemain. FNU Ronnies m’avait envoyé une démo avec trois nouvelles chansons et Thomas discutait depuis quelques temps avec les gars de Blood! via leur MySpace. Aucun de nous deux n’avait d’argent, mais, par chance, ces deux groupes étaient d’accord pour enregistrer leur musique sur cassette. Voilà comment tout a commencé. Il y a dix ans, je jouais de la batterie dans un groupe qui s’appelait The Moronics et encore avant cela, j’avais aidé quelques amis qui avaient un label, notamment dans l’organisation de concerts. J’ai aussi collectionné un bon nombre de disques… J’imagine que tous ces intérêts musicaux très divers se sont agrégés dans le projet qu’est Skrot Up. Nous n’avons jamais réellement eu de plans concernant le label, ni de ligne directrice, ni aucune idée de la musique que nous allions promouvoir. Si cela semble être ainsi, c’est une coïncidence. Des choix ont été faits durant le parcours, mais ils n’ont jamais été planifiés en amont." Label danois passionnant et intimement lié à la scène indépendante américaine et canadienne - dans le désordre, on compte des productions de Chevalier Avant Garde (lire), de Rape Faction (lire), de Grave Babies (lire) ainsi que des collaboration avec Free Loving Anarchist (lire) - Skrot Up fait montre d'un talent sans égal pour dénicher, à la faveur de contacts divers et variés, des groupes aussi improbables que fascinants, aussi éclectiques que mystérieux. Si l'on devait définir in fine l'esthétique du label, il paraîtrait ridicule d'agréger un vocable de circonstance tant un trait commun semble relier toutes ses entités au sein de la galaxie Skrot Up : le refus de toute compromission. S'éclaire ainsi le nom de la mixtape, à écouter ci-après, esquissant le futur, sur bandes magnétiques et sillons, du label.

Mixtape Lady Gaga Street Team Clone

La compilation Lady Gaga Street Team Cloneest un hommage à l’excentrique et unique chanteuse qui en a soufflé le nom. Lady Gaga a beaucoup influencé Skrot Up et on espère qu’elle continuera à faire de la musique pendant de nombreuses années encore. Cette compilation comprend une sélection de nouveaux groupes qui sont récemment sortis sur Skrot Up, ou qui le seront bientôt. Ce qui va suivre est une petite présentation des artistes présents sur la compilation.

The Lady Gaga Street Team Clone compilation is a tribute to the flamboyant and very special singer after which it is named. Lady Gaga is a huge inspiration to Skrot Up and hopefully she'll continue making music in many years to come. The compilation features a selection of new bands that recently have, or soon will release music on Skrot Up. The following is a brief run-down of the featured artists:

01. Jani-Jussi - Tabs

La dissolution du groupe Gape Attack! (lire) a vraiment créé un manque énorme pour chacun d’entre nous. Mais heureusement, les trois membres principaux n’ont pas longtemps tardé à jouer ensemble à nouveau. Jani-Jussi (nommé ainsi d’après le véritable Jani-Jussi de Finlande) - aussi connu sous le nom de Lush Velvet, jouait de la basse dans Gape Attack! ; il s’essaie désormais à plein d’autres instruments.

Je ne sais vraiment pas quel type d’instruments vintage ou même quelles cordes il utilise, mais le son produit est tout simplement fou. Il doit savoir ce qu’il fait. Si cette compilation était un bouquet de fleurs, la contribution de Jani-Jussi serait pleine de couleurs chatoyantes, mais laisserait en feu certaines parties du corps qu’il vaudrait mieux ne pas nommer.

The break up of Gape Attack! left a big gaping hole in all of us, but fortunately the three core members took up making music on their own not so long after. Jani-Jussi (named after the real Jani-Jussi from Finland) aka Lush Velvet played bass in Gape Attack!, but here he plays all kinds of stuff.

I have no idea what vintage utensils or strings he uses, but it sounds psychotic, so he's doing something right. If this comp was a bouquet of flowers, Jani-Jussi's contribution would contain some very seductive hues, but at the same time leave a rash somewhere in the region of body parts you're not aloud to name in public within the Michigan state line.

02. Pistol Pete - Napalm

Ce trio originaire de Sacramento m’avait envoyé une démo de six morceaux qu’ils avaient enregistrés l’année passée. Napalm en faisait partie. Le style musical varie de morceau en morceau, mais, en tout et pour tout, Pistol Pete a une approche très décontractée, mêlant une sorte de je-m’en-foutisme au boulot avec la nonchalance d’un aprèm' avec des potes passé à faire du skateboard et boire des bières non loin d’un complexe industriel perdu au milieu de nulle part. Si en 2012 les termes ‘’punk rock’’ signifiaient toujours quelque chose, Pistol Pete les aurait bouffés sur une pizza, avant de faire de la musique dans leur garage.

The Sacramento-trio Pistol Pete sent me a six-track demo they had recorded themselves last year, and this track was on it. The musical ”style” varies from track to track, but all in all Pistol Pete is pretty laid back and the vibe is on auto pilot crusing somewhere between slacking at work, and zipping 40s in the sun with your skate buddies on a curb next to some suburban pre-fab outlet that wasn't there ten minutes ago. If the words punk rock denotes anything in 2012, Pistol Pete ate 'em on a pizza, and then they went and made some music in a garage.

03. Toer Populair - Error Fax From Wimbledon

Les Toer Popolair sont originaires de Tokyo. Leur penchant pour la culture 80’s saute aux yeux, mais ils parviennent toujours à dépasser le rétro et le kitsch pour produire un son pop beau et frais, contenant aussi bien les échos du passé que les tendances du futur.

TP is a sound unit from Tokyo, Japan. Their penchant for 80s pop culture is obvious, but they manage to take it far beyond retro or kitsch, and use it to make fresh and beautiful pop music that sounds equal parts past and future.

04. Permanent Collection - In My Head

In My Head est un morceau de Newly Wed Nearly Dead, le premier album de Permanent Collection qui sortira prochainement. L’album est sorti sur Loglady Records, un label dirigé par certains membres du groupe eux-mêmes. Ils ont beau avoir grandi sous le soleil de Californie, leur musique évoque plus le brouillard et la pluie, ce qui crée un contraste intéressant avec les sentiments exprimés.

In My Head is a track from Permanent Collections forthcoming debut album called Newly Wed Nearly Dead. The record will be out on Loglady Records, a label run by some of the band members themselves. Despite being from the sunny state of California, there's a good deal of foggy and rainy atmosphere to their music, which contrasts well with the warmer sentiments.

05. Hazel's Wart - Depression Fetish

Putain. Ce groupe est vraiment puissant. Je ne sais vraiment pas comment ils parviennent à contenir toute leur énergie : moitié headbanging et moitié bonheur absolu et carillonnant. Un peu comme s’ils avaient mis en pièces mille exemplaires de This Band Could Be Your Life, avant de les mélanger à de la boisson énergisante épicée.

Fuck. This band is so powerful, I don't know how they can contain the power trio energy that comes with equal parts headbanging and sweet jangly bliss. It's like they shredded a thousand copies of This Band Could Be Your Life, mixed it with a spicy energy drink and build an ark from the pulp.

06. Merx - The Law

Par les membres de German Army (lire), Submissions, Bipolar Bear et d’autres encore. Un son sombre et réduit au strict minimum, avec beaucoup de réverb’ : c’est un de ces groupes qui sait garder plus que ce qu’il ne montre, le rendant aussi intéressant qu'intense.

Brought to you by the people who also play in German Army, Submissions, Bipolar Bear, and more. Dark and stripped down sounds with lots of reverb, it's one of those acts that hold back just a little more than they give, keeping it interesting and intense.

07. Submissions - Caught

C’est un peu comme si les Big Black bien défoncés avaient décidé de jouer du Grateful Dead, mais, ne se souvenant plus des morceaux, ils improvisèrent.

In the vein of ”imagine if Big Black got super stoned and decided to jam some Grateful Dead tunes, but forgot which ones they knew, and just jammed instead”.

08. Chevalier Avant Garde - Enemy (Alt mix)

J’ai dû écouter Heterotopias au moins deux cent fois l’année dernière. J’adore la pop et leur musique est presque parfaite, débordante de mystères. Ils sont remixés eux-mêmes sur cette version d'Enemy.

Last year, I think I listened to Chevalier Avant Garde's Heterotopias at least two hundred times. I love pop music, and their take on it comes close to perfect, but still ooze mystery and doesn't suck. This version of Enemy is one they remixed themselves.

09. Perpetual Ritual - It's Your Fault

Le projet solo d’un mec de Seattle. Les mélodies se superposent sur la batterie, les guitares et la basse, chacun enveloppé de divers effets sonores dans un bordel magnifique de sons et textures. Produit par Danny de Grave Babies.

One-man band from Seattle. There's melodies swaying on top of layers and layers of drums, guitars, bass, and various sound effects that tie everything together in a beautiful mess of hooks and griddy texture. Recorded by Danny of Grave Babies.

10. Final Stroke Gong Agency - Untitled

Je n’avais jamais entendu sa musique jusqu’en fin d’année dernière. Tout ce que je savais c’est qu’il collectionnait les gongs et qu’il vivait dans une sorte de studio. J’ai été bouleversé par les démos qu’il avait fait écouter à un autre collègue, et j’ai fini par le persuader de les sortir sur cassette. Je crois qu’il doit bien avoir des centaines d’heures d’enregistrements chez lui, mais je ne sais pas si on pourra enfin les écouter bientôt, même s’il compte les ‘’finir’’ un jour…

Is a guy I work with and until late last year I had no idea what his music sounded like. All I knew was that he collected gongs and lived in something resembling a studio. I was blown away when I heard some demos that he played for another collegue, and kind of persuaded him to let me put them out on tape. I think he has hours and hours of recordings at home, but I'm not sure if anyone will ever get to hear more of it, even though he talks about ”finishing” some tracks one day.

Pour finir, je voudrais remercier tous les artistes qui ont bien voulu me laisser inclure un de leurs morceaux sur cette compilation. J’espère un jour pouvoir les payer pour tout le bonheur qu’ils me donnent - Morten.

Lastly, I'd like to extend a big thank you to all the bands for letting me use a track for the compilation. I hope to one day be able to pay back the hours and hours of joy you bring me in some form of gratifying matter - Morten.

Traduction : Simone Apocalypse


On y était : Destroyer au Nouveau Casino

Les oreilles et l'objectif d'Hartzine étaient donc présents au Nouveau Casino le 11 juillet dernier à l'occasion du passage de Destroyer, notre entité favorite du Canadien Dan Bejar, auteur du récent Kaputt, nouveau sommet d'une discographie qui en comptait déjà quelques uns. Et on n'a pas été déçu par la prestation de Bejar et ses musiciens, visiblement contents d'être là, et sûrs de leur force. Devant un public conquis par avance, le groupe déroula ce soir-là un tracklisting sans faille, enchaînant perle sur perle, et rendant justice à chaque titre. On pouvait craindre en effet que le live ne soit pas l'allié naturel de la finesse des instrumentations déployées sur disque. Inquiétude vite balayée par le combo, qui malgré une réelle puissance de feu, ne sacrifiera jamais la subtilité sur l'autel de l'efficacité. Un sans faute du début à la fin, donc, avec une mention spéciale au rappel, qui nous donna l'occasion de profiter de l'excellente Chinatown, qu'on n'en pouvait plus d'attendre.

Crédits Photos : Hélène Peruzzaro

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Jeans Wilder - Blue Dream

Le nouvel album de Jeans Wilder, Totally (lire), est sorti le 28 juin dernier via Everloving. S'il fallait nous préciser la présence d'un été en pointillé, Andrew Caddick profite de ce petit évènement pour glisser une mise en image toute personnelle de Blue Dream sous le soleil plombant de San Diego. L'un des seuls morceaux instrumentaux de l'album débute ainsi au son du "flux et reflux de vagues paresseuses" tout en s'intimant à nos yeux par le biais d'une home-made vidéo où le grand gaillard filme ses potes lors d'une virée opiacée à la plage. Les quelques commentaires parlent d'eux-mêmes : si on aime Jeans Wilder, il n'y a rien de mieux au monde que d'être défoncé à la plage. Les deux n'étant pas incompatibles.

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Diana - Born Again


Faire amende honorable, c'est parfois reconnaître un degré de réactivité proche de la narcolepsie. Malgré les nuageuses apparences, l'été a bon dos. Une quinzaine de jours donc, une année-lumière, pour entreprendre et considérer comme il se doit Diana, trio procédant de Toronto et comptant parmi ses membres Joseph Shabason, échappé de Destroyer. Trait d'union disco-pop entre Selebrities et Blouse (lire), Diana magnétise de prime abord - la voix surannée de la dénommée Carmen Elle n'y est pas pour rien - puis dispense un groove blanc par le biais notamment d'une basse aussi parcimonieuse qu'efficace. Présumant un éminent album déjà couché sur bandes, l'affriolante embardée Born Again se pare de l'évanescente Perpetual Surrender pour aiguiser une impatience de circonstance.

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Turing Machine - What Is The Meaning Of What?

En 2012, deux choses m’auront laissé totalement perplexe : il s’agit des engouements respectifs pour les albums de Grimes et Die Antwoord. Vraiment. Bon, l’affaire s’est réglée avec une boîte d’Efferalgan, mais dans la même lignée je ne comprends pas beaucoup plus comment cet album absolument génial qu’est What Is The Meaning Of What? ne soulève, lui, pas beaucoup plus d’intérêt.

De retour après huit années de silence, Turing Machine s’est accompagné de Pat Mahoney (LCD Soundsystem) et de Brian Case (Disappears) pour frapper très fort avec son dernier album. En préparation depuis quatre années avant sa sortie, le successeur de Zwei (2004) aura vu son enregistrement drastiquement retardé suite au décès du batteur Jerry Fuchs (!!!). Annonçant avant sa sortie que What Is The Meaning Of What? serait définitivement leur dernier album, c’est le label Temporary  Residence Ltd qui hébergera cette merveille de fusion synth-kraut-dancefloor. Le label new-yorkais de Brooklyn n’en est pas à son coup d’essai pour les sorties du genre mêlant généralement beaucoup de productions post-rock (Explosions In The Sky, Grails) tout en mettant un point d’honneur à l’expérimentation avec des artistes comme Zammuto (premier essai solo très réussi du leader de The Books, eux aussi sur le label) ou encore My Disco…  Beaucoup de valeurs sûres donc, et cet album n'y dérogera pas.

Beaucoup plus ancré dans la musique électronique que son prédécesseur, les synthés soulignent d’autant plus leur parti-pris pour leurs influences krautrock assumées et affinent l’énergie de leur musique d’une manière électro mais aussi disco sur des pistes telles que Lazy Afternoon Of The Jaguar. Ce qui en résulte, c’est une énergie débordante et une intensité palpable dans leurs productions à la manière des plus grands comme Can. N’en perdant pas moins leur rythme soutenu, il s’en ressentira directement une certaine tension à l’écoute et ce dès la piste d’ouverture Yeah, C’mon qui annoncera lentement la tournure qu’aura pris Turing Machine. C’est sur une production comme Slave To The Algorithme que la spécificité de What Is the Meaning Of What? se fait ressentir sans détours. Là, on touche presque à un aspect dance pour souligner quelques riffs psychédéliques de guitare déstructurés émanant de ci, de là. D’un premier abord, cette musique peut choquer les fans du groupe, mais en s’y attardant un peu, on se rend vite compte qu’elle apporte tous les éléments qui font de Turing Machine un groupe à part. Une fusion de plusieurs genres donc mais très soignée et dosée au millimètre pour donner une insatiable envie de bouger tout en appréciant chaque minute de leurs pistes survitaminées. Un peu comme de la musique dancefloor dont on ne se lassera pas, et ça, c’est vraiment très rare.

À mi-chemin des sept pistes composant cet album de quarante minutes, Sex Ghost offre un entracte synthétique à la limite du drone. Réattaquant avec le titre éponyme à l’album on repart sur ces bases kraut très teintées de claviers et de ce coté dancefloor avant d’embrayer sur un autre titre très représentatif du tournant que le groupe aura suivi : If It’s Gone (It’s On). Toute l’intensité de l’album pourrait se refléter en ce titre super énergique, point culminant de l’album où se mêle tout ce que Turing Machine fait de mieux. La conclusion de What Is The Meaning Of What? prendra la forme d’un krautrock supersonique s’étalant sur ses sept dernières minutes.

Au final, cet album est empreint d’une énergie phénoménale et d’une intensité propre au teintes dancefloor séduisantes et hautement addictives. On aura beau apporter des étiquettes à cet album qui n’est pas dans la même lignée que les précédents, mais qui aura réussi à marquer de par son originalité s’ancrant à la perfection dans la musique actuelle, arborant les fusions en tout genre. Joli coup pour Turing Machine, qui laisse avec What Is The Meaning Of What ? une pièce maîtresse de 2012 et sans doute bien au-delà.

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Turing Machine - Lazy Afternoon Of The Jaguar

Tracklist

Turing Machine - What Is The Meaning Of What? (Temporary Residence Ltd., 2012)

1. Yeah, C'mon
2. Lazy Afternoon Of The Jaguar
3. Slave To The Algorithme
4. Sex Ghost
5. What Is The Meaning Of What?
6. If It's Gone (It's On)
7. Bovina 2/23/08


Michael Andrews - Bubbles In Space

Si le nom de Michael Andrews semble sorti de nulle part, ou plutôt d'une forêt d'homonymes, un coup d'oeil à la vidéo de Mad Word, sa reprise pour la bande originale du film Donnie Darko, suffit à remettre les idées en place : l'homme semble s'imposer tel un sérieux concurrent à James Blunt et son remugle folk niais. Sauf que, bien évidement, les apparences sont souvent... trompeuses. Ou presque. La mise en images de Bubbles In Space - extrait de Spilling A Rainbow à paraître le 14 août prochain sur Everloving -, réalisée avec maestria par Josh Hassin, en apporte une preuve tangible, irrévocable. À l'heure des found footages aussi compulsifs que paresseux, l'effort visuel est conséquent - puisque confectionné à partir de trois mille dessins collectés auprès d'une centaine d'étudiants - et sied à merveille à la ritournelle pop de l'artiste quadragénaire, n'étant pas sans rappeler un certain Sean Lennon. Une telle épiphanie cathodique valait bien un making of.

Vidéo

Making Of


Pressed And - Hyper Thistle

Duo post-chillwave assumé, Pressed And donne avec l'EP Hyper Thistle, à paraître le 24 juillet prochain sur Mush Records, une lumineuse suite à la délicate syncope initiée par Imbue Up, LP ayant vu le jour l'année passée sur Crash Symbols (lire). Tout aussi alambiqués, mais tout aussi raffinés, ces cinq morceaux conjuguent, avec une perversité sans égale, textures vocales triturées et rythmiques ondoyantes, à mi-chemin entre une électronica chère à Plaid et un chopped and screwed du second millénaire, le tout balayé de nappes de guitares densifiant la dimension hypnotique de la musique proférée. Andrew Hamlet et Mat Jones posent de la sorte les bases d'un style se libérant d'une formule amplement éculée et projettent leur inspiration en plein coeur d'un tournoiement contemplatif éberlué, protéïforme et trippé - les cyclothymiques Tusk In The Rock Flowers et When She Ran s'écoutant telles les pierres angulaires du nouvel édifice.

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Tracklist

Pressed And - Hyper Thistle (Mush, 2012)

01. Tusk In The Rock Flowers
02. Andross To Aneki
03. Komusō Flutter Kick IV
04. When She Ran
05. Sudden Ground


RE(FLUX) 3

RE(FLUX) n’est pas une mixtape. RE(FLUX) est un revue « passé, présent, futur » de disques que l’on ne peut se résoudre à passer sous silence. RE(FLUX) est une publication hebdomadaire changeant de mains et d’optique à chaque numéro. RE(FLUX) à vocation à être sommaire, partiel et subjectif. RE(FLUX) n’est pas une mixtape, mais peut s’écouter – en fin d’article – comme une mixtape.

RE(FLUX) 3

01. The Slaves - Spirits Of The Sun (Digitalis, 2012)

En 2012 on ne sait plus vraiment sur quels critères juger cette scène ambient gaze : inspiration ? travail ? réputation ? Les nuances sont tellement opaques d'un album à l'autre qu'il convient régulièrement pour tous ces groupes de se juger entre eux et de délimiter le périmètre de visibilité de leur musique. La victoire va souvent au plus radical et très vite l'ajout d’éléments complètement extérieurs au propos de départ se fait nécessaire. The Slaves se pose un peu là. D'une thématique océanique à une thématique solaire, d'une musique synthétique à de grosses guitares doom... On voit poindre comme unique branche à laquelle se rattacher la logique nombriliste des genres et sous-genres musicaux qu'on maudit à chaque réunion de "zicos" quai de Valmy.

 

02. Misery - Miséricordes (Blw Bck, 2012)

Les choses se passent doucement mais surement du côté de Blw Bck. Leur back catalogue tape à toutes les portes et réserve souvent les meilleures surprises de l'hexagone. On avait déjà parlé d''Appalache dans ces mêmes pages, le projet blues rock doomy d'un jeune parisien qui devrait prochainement sortir de nouveaux trucs chez nos amis de Bookmaker.  Le label se signale ici par la sortie d'une cassette de Misery, entité black metal qui prend à revers ses contemporains dans leurs courses puériles à la technicité sans limites et/ou la recherche d'un appui métaphysique. Rien à foutre d'un black metal-objet d'art, il suffit parfois que ce soit triste, lent et déchiré pour que que ce soit bon.

 

03. Madalyn Merkey - Scent (New Images LTD, 2012)

J'imagine ce gros déconneur de Matt Mondanile se poser et réfléchir à la rédaction des dossiers de presse accompagnant l'EP de Madalyn Merkey. Musique de niche regroupant 25 nerds à travers le monde et artiste au profil infographiste décalée sont à coup sûr les composantes certifiées de l'alliage le moins solide au monde (à l'exception, peut-être, de celui composé par les mots paris et rock garage). Toujours ancrée dans des propositions au 36ème degré, Madalyn Merkey produit un flot de paroles déformées par un vocoder et soutenues principalement par des nappes détunées et des glitches tout rond. C'est largement moins bien que les complaintes de la nièce de Tim Goss ou le vocoding life cryptique de Marran Gosov.

 

04. Unknow Artist - 10.5 (L.I.E.S, 2012)

Ron Morelli est dieu, Ron Morelli joue des vinyles tout dégueux, Ron Morelli est le revival lo-fi house... La liste pourrait être longue si on archivait et traitait l'ensemble de la presse le concernant. Je crois que le premier concerné s'en tape comme de l'an quarante, la preuve : le gars presse des white labels alors qu'il ne vit que par l'internet mondialisé (c'est un peu comme vouloir envoyer un courrier anonyme en indiquant un nom et une adresse au dos de la lettre). Ayant pleine confiance en mon travail d'enquête, je peux affirmer sans crainte que Unknown Artist devrait s'écrire au pluriel car il concerne une petite tripotée de producteurs affairés à souiller des boucles disco qui auraient leur place sur les fameux Members Only de Moss (face A). Le bpm et le kbps continuent à baisser en face B pour le meilleur vrai-faux morceau deep house du label.

 

05. Big Strick - Revisior Dogs (7 Days Entertainment, 2012)

Gros braquet développé par le cousin d'Omar S sur cette sortie que je n'attendais plus de sa part. Le mec revient au meilleur de sa discographie : des courbes tendues, des synthés froids comme des nuits dans le Ventoux et une deepness jamais aussi réelle que lorsqu'elle est diffuse. "And then there was a man"... Tout un programme.

 
 

06. Kord - Soviet Stars (Börft Records, 2012)

6 pistes, 6 bonbons synthétiques par les doux-dingues de chez Börft. Si vous avez lu notre interview de leur groupe phare, vous savez déjà tout. À défaut, parler de cette musique est peut-être le moyen de mettre à mal tous les clichés circulant sur la Suède, pays du baléarisme smooth. Fans de The Embassy et de toute la clique de nos amis de Service, point de salut ici. Enfants de Ceephax et Hard Corps, n'ayez pas honte, votre pays vous aime aussi.

 
 

07. Gatekeeper - Exo (Hippos In Tanks, 2012)

Stop, stop, stop les graphistes. Votre flirt assumé avec le mauvais goût façon italo-gallio-biker-ebm était rigolo mais depuis que l'un de vous s'est mis en tête de nourrir son logiciel créatif de VST émulant le son de l'activation d'un mode de jeu sur Half Life, votre expression se limite à des morceaux qui ne transcendent que votre course vers l'avant-garde de la médiation numérique. Zéro avenir.

 
 

08. Holy Strays - Christabell (Morning Ritual, 2012)

Le marché anglo-saxon s'est emparé d'Holy Strays et nul doute qu'il devrait en faire "quelque chose" dans les mois à venir. Ça tombe plutôt bien d'ailleurs car la musique du jeune Français (il a réellement 22 ans) se départit progressivement de ses gimmicks (subis) des débuts. Le travail rythmique, notamment, mute et se déconnecte progressivement de contingences liées au traitement numérique des patterns. La phrase précédente parlera à environ 25% des gens ayant un ordinateur et à un pourcentage encore plus faible de la population touchée par la fracture numérique. Les webmags anglais qui ont eu l'exclu sur le single ont dit n'importe quoi à propos de la musique en elle-même. Essayons de rétablir la vérité vraie et disons que cette musique est la formalisation d'une esthétique empruntant autant à l'early digital qu'à certains segments du continuum hardcore guidée par le touché délicat du mec qui sait fractionner son effort.

Mixtape

RE(FLUX) 3 from hartzine on 8tracks.

1. The Slaves - River
2. Misery - Sous l'égide des martyrs
3. Madalyn Merkey - Siren
4. Unknown Artist-Journey 1 excerpt
5. Big Strick - alpha&omega
6. Kord - Push your button wav feat. Annie Gylling
7. Gatekeeper – Tree Drum
8. Holy Strays - Christabell


Greetings from Spring Break Tapes

Il y a peu, on se demandait de quoi retournait Spring Break Tapes. Une interview (lire) de Joe McKay - son promoteur - plus loin et on y voyait plus clair, notamment dans la perspective de suivre à la trace l'éclosion annoncée de ce jeune label débordant d'ambitions. Si Drawlings - aka Abby Portner -, Ali Helnwein et Spirit Vine, en plus d'une Tape Two de Justin Peroff, semblaient dessiner le futur sur bandes magnétiques de la micro-structure, Joe dévoile dès à présent la primeur d'une subtile mixtape, mêlant beat hip-hop et enchaînements abstract, et réunissant producteurs et dDJ d'un axe Los Angeles - Toronto fonctionnant à plein. Auteurs respectivement des deux premières sorties du label, Junior Pande et Don Cash croisent les platines d'émoustillants artéfacts,  syncopés et ramassés - car n'excédant pas trois minutes -, dont les éminents Lazloh et Jah Connery. Greetings from Spring Break Tapes vol.1 s'écoute en stream ci-après et se commande par là en version cassette. Assurément l'une des bandes-son de l'été.

Audio

01. Lazloh - Laz
02. Dr. Quandary - Varanasi
03. Elaquent - Sepia Tone
04. Lushlife - Rap Ultra-Lettriste
05. West Widows - Violence
06. Don Cash - Silver and Gold
07. Jah Connery - Removed From One's Own Party
08. Amable - Echoes
09. Junior Pande - Tenone
10. Sunclef - The Lefts


Hey Mother Death - You Left Me

Les hasards sont souvent curieux, parfois heureux. Alors que mes yeux s'échinaient sur The Holy Mountain qu'une bonne âme cru bon de mettre entre mes mains, je découvrais Hey Mother Death, duo composé de Denma Peisinger, guitariste basé à Halifax, et de Laurence Strelka, artiste parisienne autodidacte et aidée dans sa carrière de comédienne par... Alejandro Jodorowsky. Tiens donc. Auteur d'un EP éponyme paru en avril dernier - à se procurer par ici - le duo subjugue dans son art de mêler spoken word et minimalisme instrumental sans jamais se départir d'un voile mystérieux, obnubilant. Si Desert Of Trees And Water bénéficie d'une mise en images par Heather Rappard, à la démesure de son énigmatique ésotérisme, l’envoûtante You Left Me - à la confluence de deux analogies, la voix de velours de Laurence Strelka semble échappée de Blue Velvet quand l'instrumentation rappelle les Américains de Tropic Of Cancer -, se révèle inépuisable dans son ambition de tapisser l'obscurité d'inquiètes émotions.

Audio

Video


Alligator Indian - I Gave Myself A Science Lecture

Déjà évoqué avec la ballade sépulcrale Dark Fruit (lire), l'album Spring I’m In du duo américain Alligator Indian, sorti le 23 avril dernier via Bleeding Gold Records, dénombre depuis peu sa première mouture vidéo, réalisée par Christian Church lui-même. L'homme au patronyme d'ecclésiaste capte ainsi le tumulte noctambule et lo-fi du morceau I Gave Myself A Science Lecture, où la luxuriance brouillonne des synthés s'entiche habilement de la voix hantée de Spooky Bubble. Utile précision, le morceau est à glaner - tout comme le disque - par ici.

Vidéo


Who are you Running Back ? 10th anniversary

Gerd Janson, le DJ à la tête de nounours, est le professionnel du disque derrière le label Running Back. L'Allemand également journaliste musical est du genre à se répandre sur les internets (et au-delà) à propos d'à peu près tout ce qui constitue le génome du bon goût outre-Rhin (dernier exemple en date ici). Les 10 ans de son label étaient l'occasion de lui envoyer quelques questions et de lui demander quelques mp3. Si tous les mots sont arrivés dans le bon ordre, il a fallu qu'on se débrouille pour reconstituer son chart de club... Au final, il doit manquer un morceau. Pour toute requête, une seule adresse.

Gerd Janson l'interview

Comment tu appréhendes les 10 ans de ton label ? Ça représente un cap réel pour lui ? Est-ce que tu te projettes déjà sur les 10 ans à venir ?
Are you already thinking about the next ten years of your label? Do you have anything planned yet?

Ça me plairait bien de pouvoir vous dire que j’ai déjà pensé à tout, mais malheureusement je suis bien trop nonchalant et désorganisé en fin de compte pour pouvoir me projeter dans l’avenir. Je ne sais même pas où j’irai passer mes prochaines vacances, alors comment pourrais-je te parler des 10 prochaines années ? Après coup, je me dis que le label n’existera probablement plus d'ici-là.

I would love to tell you that I have everything mapped out, but unfortunately, the grand scheme of things in my life is that I’m too phlegmatic and disorganized to plan things. I don’t even know where I spend my next holiday, so how should I tell you about the next ten years? Giving it a second thought: I’m sure it will be extinct by then.

Au quotidien, tu gères ton affaire seul ? Y-a-t-il d'autres personnes qui sont liées à l'activité du label ? Tu peux nous les présenter ?
On a daily basis, do you run your label on your own or with other people? Can you tell us who they are?

Huey, Dewey et Louie, mes trois potes imaginaires, me sont d’une grande aide au quotidien pour veiller au bon fonctionnement du label. En plus de leur soutien, Charalampos Lazos et Gina Moench m’aident pour tout ce qui est artwork, et Dubplates & Mastering’s Lupo s’occupent de gonfler le son.

My three imaginary friends Huey, Dewey and Louie are a great help to me in the daily business of running a label. In addition to that support, it’s Charalampos Lazos or Gina Moench who make the art work and Dubplates & Mastering’s Lupo who is in control of pumping up the jams.

Comment définirais-tu l'esthétique sonore du label à des novices ?
How would you define the sound aesthetics of your label to a non initiated person?

Il s’agit en fait de dance, de house et de disco. Pour tout dire, tout ce que j’aime écouter, y compris pendant des fêtes, et même jouer en public. Il n’y a pas vraiment d’esthétique voulue particulière ou même de philosophie derrière, mis à part que l’on souhaite juste tout faire mieux que les autres. Ah !

It’s basically all dance, house or disco music. Basically things that I like to either rave or listen to and sometimes I even dare to play it out. There is neither a defined or desired aesthetic nor philosophy behind it, except for everything to be super good and better than others. Ha!

Je suis venu à ton label par des artistes comme Lil'Tony ou Disco Nihilist. J'ai découvert par la suite que tu avais sorti des gros noms comme Mark E, Radioslave... Comment organises-tu le calendrier des sorties ? Cette rotation entre des trucs plus confidentiels et des noms de la scène, c'est quelque chose de naturel ?
I got to know your label through artists such as Lil'Tony or Disco Nihilist, I later found out that you had also signed bigger names like Mark E or Radioslave. How do you organize the schedule of your releases? Does this rotation between more or less famous DJ/artists come naturally?

J’essaie de ne pas utiliser de termes comme ‘naturellement’ ou ‘instinct’, mais je dois dire que pas mal de tout ça est un peu arrivé par hasard. De manière générale, il s’agit plus de choisir un ordre approprié pour les sorties, plutôt que de se focaliser sur le packaging ou le nom de l’artiste en question. Ainsi, j’essaie de ne pas sortir trop d’albums techno les uns après les autres. C’est tout. Égalité, Fraternité et Liberté (en français dans le texte, ndt).

As much as I try to stay away from terms like “naturally” or “gut feelings”, I have to admit that a lot of it is accidental. As a loose rule, it’s more about what release follows which in a way of content rather than packaging, i.e. the artist name on the tin. So I try not to put out too many techno releases after each other. That’s all. Egalité, Fraternité et Liberté.

Tu pourrais me parler de cette sortie hyper étrange, Strada Professional Sound Effects. C'est typiquement le genre d'album qui ne parle qu'aux DJ/producteurs. T'avais en tête des albums/EP dédiés aux tools au moment de la sortie de cet album ? Cette idée de sortir des albums dédiés à un segment (tool, acapella, dub) de la dance music, c'est une piste de développement pour le label ? Tu te verrais y créer des sous-divisions ?
Could you tell us about this super strange release, Strada Professional Sound Effects. This is the kind of records that speaks to djs or producers only. Did you have in mind albums or eps dedicated to tools at the time you released this album? This idea of releasing albums dedicated to a segment (tool, acapella, dub) of dance music, is it a new direction for your label ? Do you think about creating subdivisions within your label?

La raison derrière tout ça est tout simplement - comme avec bon nombre de choses - un égoïsme pur. Il y a quelques années, j’ai entendu un morceau de Kristian de Âme qui superposait des rires d’enfants hypnotiques sur le morceau de base. Quand je lui en ai parlé, il m’a montré cet album, Strada Professional Sound Effects, sorti au Japon uniquement. Je leur ai écrit un e-mail en précisant que je souhaitais leur acheter une copie, mais ils m’ont répondu qu’il était en rupture de stock. Comme ils connaissaient mon label, ils m’ont tout de même proposé une réédition via Running Back. Pendant ce temps, Kristian avait perdu sa sacoche de vinyles qui contenait la copie de l’album, et il n’y avait vraiment plus aucune autre option que de le rééditer. Je ne dirais pas vraiment que cela parle seulement aux DJ et aux producteurs. Alors, bon, d’accord, tu ne vas sûrement jamais avoir trop envie d’écouter le son d’une sirène en discontinu pendant plusieurs minutes quand tu manges le soir, mais il y a quelques sons sympas, comme celui de la mer - ce qui peut-être assez cool lors du petit-déjeuner par exemple.

The reason why I released this was – as with a lot of things – pure selfishness. A few years ago, I hear Kristian from Âme playing mesmerising children laughter over some track. When I asked him for it, he showed me the Japan-only released Strada Professional Sound Effects record. When I wrote them an email, saying that I would like to buy a copy, they told me that they are sold out, but that they know my label and offered a re-issue via Running Back. Meanwhile, Kristian’s record bag with his copy got lost, so there was no other way than to put it out again. I don’t know if it’s only for producers and djs though. Okay, you might not want to listen to a siren going on and off for a few minutes while you are having your supper, but there are nice things like sound sof the sea to be found on there, which might be charming during breakfast.

Ce truc autour du retour des white labels, exploité par des labels comme L.I.E.S, accélère les rythmes de sorties et crée une histoire parallèle pour le label. En tant que journaliste, tu dois être familier des réceptions de white labels. Est-ce que tu en as édité toi-même ? Avec le règne de Google, ce type de sortie anonyme a encore une signification ?
This thing about the return of white label, operated by labels like L.I.E.S, accelerates the pace of releases and gives the label a parallel story. As a journalist, you must be familiar with white label.

Have you edited anything yourself? Considering the google era we're living in , does this kind of release have a meaning?
Je ne sais pas trop si tu peux vraiment mettre dans la même catégorie des trucs comme L.I.E.S. qui offrent une sélection variée et intéressante et une approche très directe, avec la vague de labels qui se focalisent seulement sur les edits et les bootlegs. Pour citer grossièrement DJ Harvey qui l’avait déjà évoqué avec son style, oh, toujours si éloquent : faire un edit reste le prétexte le moins cher possible pour monter un album. Ceci dit, j’aime tout de même pas mal d’entre eux, pour différentes raisons. Ils restent bien pratiques pour les DJ : la version originale risque moins de s’user à force d’être jouée, et ils peuvent parfois y ajouter une nouvelle dimension. Bon nombre d’entre eux sont vraiment nuls malgré tout. Il y a une sorte de code moral à prévaloir dans l’immortalité, et il devrait y avoir une sorte de code de gangster pour ça. Par exemple, a-t-on vraiment besoin de faire un edit d’un album de Metro Area, et de le sortir ? Et puis, ça ne devrait pas pouvoir sortir digitalement sans autorisation officielle au préalable. Oui, j’ai un code d’honneur. Je n’ai jamais fait d’edit de cette façon et je trouve ça un peu nihiliste par ces temps. Tout et rien n’a de sens. La vie n’est que ce que l’on en fait. Et le monde ne serait pas meilleur sans edit. Les gens devraient plutôt apprendre à se tenir.

I don’t know if you can put things like L.I.E.S. that releases quite a wide range of interesting music with a straight and direct approach that is anything but edits in the same category as the high tide of edit and bootleg labels. Freely adapted from DJ Harvey who once put it in his oh so eloquent manner: an edit is still the cheapest excuse to make a record. Having said that, I like quite a lot of them for different reasons. They are handy for DJs, protect your original copy from yourself wearing it out and sometimes have a remixing interpretational value to them. A lot of them are also horrible. There is also a moral in the immortality and there should be something like a gangster’s code to it. Do you really need to edit a Metro Area record and put it out, for instance? Also it shouldn’t be sold digitally if it’s not licensed properly. Yes, I have my own code of ethics. I have never edited something myself in that way and I also think quite nihilistic these days. Everything and nothing has a meaning. Life’s what you make it. And the world wouldn’t be a better one without edits. People should just watch their manners a bit.

Pour rebondir sur ta casquette de journaliste, y a-t-il selon toi des écrits sur la musique qui pourraient trouver leur place au milieu des sorties Running Back ? Je pense qu'il faudrait vraiment qu'un DJ s’attelle à la rédaction d'un guide pour les cinéastes qui placent des scènes de club dans leurs films pour en finir avec les horreurs que l'on voit, ça te dirait pas ?
To get back to your journalist career, are there any writings about music that could find their place among the Running Back releases? I think we really need a dj who'd write a guide for filmmakers who put club bits in their movies, maybe it would help them get the current nonsense over with. Are you any interested?

Danny Wang a écrit un texte vraiment charmant à l’occasion de la sortie de Strada Sound Effects, et il s’agit là de la seule fois où ce genre de texte conceptuel a trouvé sa place sur Runnig Back. Il explique pourquoi tous les DJ devraient se le procurer absolument. Ha ha ! Philosophie et marketing vont bien ensemble. Je souffre d’un grand penchant pour l’ironie, alors c’est vraiment dur pour moi de ne pas tourner mes propres mots en dérision quand j’écris sur des concepts. C’est pour ça que je m’en suis gardé jusqu’à présent, mis à part un texte écrit sous un pseudonyme. Quant à pouvoir choisir la musique de film pour des scènes de club - souvent un peu ridicules - ça me plairait énormément. Jusqu’à présent, Blade et John Travolta restent en haut de la liste. Putain, la plupart des documentaires sur la dance tournent vraiment les clubs au ridicule, alors...

The only kind of conceptual writing that every found its way to Running Back is the exquisite and charming piece that Danny Wang wrote for the Strada Sound Effects release. It explained why every DJ needs this record. Ha ha! Philosophy and marketing go very well together. I’m severely suffering from borderline irony, so it’s hard for me to not laugh at myself while writing conceptual things. Hence, I kept away from it so far, excluding one piece that I did under a pseudonym. As far as picking music for the usually ridiculous club scenes in movies, I would be all over it. So far “Blade” and John Travolta still hold the crown. Hell, most dance music documentaries make clubs look stupid… so…

 

Traduction : Simone Apocalypse

Mixtape commentée

J’aurais aimé vous préparer une liste avec des trucs que j’écoute vraiment chez moi, mais je n’ai pas accès à YouTube en ce moment. Alors, voici une sélection de musique de club. Pas forcément dans l’ordre suivant.
I would love to put together a list with stuff that I actually listen to at home, but I cannot get onto Youtube at the moment. So here is a club music tape. Not necessarily in that order.

Arsenal - One Day At A Time (Joakim Dub) - Play All

Joakim se dépasse vraiment ici avec la géniale version balearic dub de ce duo belge. Un des meilleurs trucs qu’il ait produit depuis longtemps. Le petit riff de marimba rappelle vraiment Tensnake.

Joakim outdoing himself with a brillant balearic dub for this Belgian duo. The best thing this smart man has done in ages. The marimba-like-break has Tensnake lurking around the corner.

Warm Sounds - Warm Sounds 003 - Warm Sounds

Sorti sur vinyle uniquement, ce morceau de hardcore house nous ramène à des jours sans clé USB insérée dans le lecteur disque. Naïf et sincère. De l’innocence pure et un potentiel fête énorme.

Vinyl only hardcore sample house that is longing for a time pre-usb-stick-slots in CD players. Naive and heartfelt. Pure innocence and party power.

ItaloJohnson - ItaloJohnson 05 - ItaloJohnson

Voir ci-dessus. Le génial mais brutal groupe de Berlin et son dernier morceau. De la musique faite pour danser. Pas besoin de réfléchir, laisse juste tes pieds bouger.

See above. Berlin’s ruffness super group with the next jam. Music to dance to. Who needs to think, when your feet just go.

Four Tet - Jupiters/Ocoras - Text Records

L’homme du moment, en ce qui concerne la musique de club expérimentale. Il vous permet de penser tout en faisant bouger vos pieds.

The man of the moment, when it comes to adventurous club music. He allows you to think, while your feet just go.

Roman Flügel - Cookie Dust - Live At Robert Johnson

Un autre homme du moment. Un son merveilleux, des morceaux comme des cristaux en sucre, et un style très reconnaissable. De la techno pour romantiques.

The other man of the moment. Marvellous sound design, tunes like sugar crystals and with a distinct sound signature. Techno for romanticists.

Nathan Fake - Iceni Strings - Border Community

De la trance pour romantiques. À situer quelque part entre Frankfurt Traxx et Depeche Mode avant leur phase rock. Fait sur mesure pour James Holden.

Trance for romanticists. Fake hits hard somewhere between Frankfurt Traxx and Depeche Mode before their rock coming out. Tailor made for James Holden.

Panther Modern – Piemento/Howl – Immerse Records

Du dubstep qui serait passé par la case deep dub disco house. Un album de power house venu de Bristol qui est passé un peu inaperçu. À se procurer avant qu’il ne soit trop tard.

Dubstep gone deep dub disco house. Bristolian power house record that seems to fly under the radar of most people. Get it while you can.

Stupid Human - Clean Up Your Act - Stupid Human

En parlant d’edits...The Stupid Human est en fait assez intelligent pour se faire comprendre. Clean up your act on the floor.

Speaking of edits. The Stupid Human is intelligent enough to get them right. Clean up your act on the floor.

März - The Help Song - Karaoke Kalk

Et un morceau à tendance humanitaire pour la route ! Tout le monde vous viendra en aide ! Une bande d’intellos allemands coincés à Ibiza sans même le savoir.

A humanitarian one for the last one! Everybody will help you! German intellectuals trapped in Ibiza without even knowing it.


Running Back 10th anniverary

J’aurais aimé vous préparer une liste avec des trucs que j’écoute vraiment chez moi, mais je n’ai pas accès à YouTube en ce moment. Alors, voici une sélection de musique de club. Pas forcément dans l’ordre suivant.

I would love to put together a list with stuff that I actually listen to at home, but I cannot get onto Youtube at the moment. So here is a club music tape. Not necessarily in that order.

Arsenal - One Day At A Time (Joakim Dub) - Play All

Joakim se dépasse vraiment ici avec la géniale version balearic dub de ce duo belge. Un des meilleurs trucs qu’il ait produit depuis longtemps. Le petit riff de marimba rappelle vraiment Tensnake.

Joakim outdoing himself with a brillant balearic dub for this Belgian duo. The best thing this smart man has done in ages. The marimba-like-break has Tensnake lurking around the corner.

Warm Sounds - Warm Sounds 003 - Warm Sounds

Sorti sur vinyle uniquement, ce morceau de hardcore house nous ramène à des jours sans clé USB insérée dans le lecteur disque. Naïf et sincère. De l’innocence pure et un potentiel fête énorme.

Vinyl only hardcore sample house that is longing for a time pre-usb-stick-slots in CD players. Naive and heartfelt. Pure innocence and party power.

ItaloJohnson - ItaloJohnson 05 - ItaloJohnson

Voir ci-dessus. Le génial mais brutal groupe de Berlin et son dernier morceau. De la musique faite pour danser. Pas besoin de réfléchir, laisse juste tes pieds bouger.

See above. Berlin’s ruffness super group with the next jam. Music to dance to. Who needs to think, when your feet just go.

Four Tet - Jupiters/Ocoras - Text Records

L’homme du moment, en ce qui concerne la musique de club expérimentale. Il vous permet de penser tout en faisant bouger vos pieds.

The man of the moment, when it comes to adventurous club music. He allows you to think, while your feet just go.

Roman Flügel - Cookie Dust - Live At Robert Johnson

Un autre homme du moment. Un son merveilleux, des morceaux comme des cristaux en sucre, et un style très reconnaissable. De la techno pour romantiques.

The other man of the moment. Marvellous sound design, tunes like sugar crystals and with a distinct sound signature. Techno for romanticists.

Nathan Fake - Iceni Strings - Border Community

De la trance pour romantiques. À situer quelque part entre Frankfurt Traxx et Depeche Mode avant leur phase rock. Fait sur mesure pour James Holden.

Trance for romanticists. Fake hits hard somewhere between Frankfurt Traxx and Depeche Mode before their rock coming out. Tailor made for James Holden.

Panther Modern – Piemento/Howl – Immerse Records

Du dubstep qui serait passé par la case deep dub disco house. Un album de power house venu de Bristol qui est passé un peu inaperçu. À se procurer avant qu’il ne soit trop tard.

Dubstep gone deep dub disco house. Bristolian power house record that seems to fly under the radar of most people. Get it while you can.

Stupid Human - Clean Up Your Act - Stupid Human

En parlant d’edits...The Stupid Human est en fait assez intelligent pour se faire comprendre. Clean up your act on the floor.

Speaking of edits. The Stupid Human is intelligent enough to get them right. Clean up your act on the floor.

März - The Help Song - Karaoke Kalk

Et un morceau à tendance humanitaire pour la route ! Tout le monde vous viendra en aide ! Une bande d’intellos allemands coincés à Ibiza sans même le savoir.

A humanitarian one for the last one! Everybody will help you! German intellectuals trapped in Ibiza without even knowing it.