Nurses l'interview

À Portland, Oregon, on a le verbe métaphorique, des idées capricieuses et des couleurs pop à exprimer… Le tout forme un ensemble brouillon et carnavalesque, assez emmêlé pour que je m’y perde parfois mais assez poétique pour me faire malgré tout apprécier ces chemins bizarres. Interviewer un groupe dont la musique est un relatif mystère peut d’abord sembler une aubaine. Après m’être échinée à décortiquer Dracula, véritable casse-tête musical et dernier album de Nurses, je me suis un peu remise en question sur mes capacités à rendre raison de la musique. J’ai donc sauté sur l’occasion de la venue du groupe à Paris pour remettre un peu mes idées en place, comprendre ce qui ne se comprend pas. Mais mes belles questions se sont effondrées une à une : toutes les subtilités techniques, les notions tangibles, les données pratiques du disque était évincées par les réponses d’Aaron Chapman (chant, guitare, clavier) et John Bowers (clavier et chœurs), les deux membres fondateurs du groupe. À la place, j’ai eu droit à une philosophie néo-platonicienne ondulante, une forme de Romantisme américain, et un ensemble de phrases exaltées sur l’Enthousiasme, l’Inspiration et l’Essence funky des Choses. J’ai apprécié ce qu’ils m’ont dit ce soir-là. Et si je ne sais pas rendre raison de la musique, c’est simplement que la pop n’est jamais raisonnable.

Lire la chronique de Dracula.

J’ai écrit une chronique sur Dracula et je me suis retrouvée face à l’impasse des mots, incapable de pleinement restituer votre album. J’attends donc beaucoup de cette interview pour clarifier certaines choses. Tout d’abord le fossé entre Dracula et votre dernier album, Apples Acre, m’a semblé immense. Comment expliquer un tel changement de direction ?
I published a paper on Dracula. And it was not so easy to put words on your album. So I hope this interview will help me clarify a few things about your music. Firstly, I think that the gap between Dracula and Apples Acre is very impressive. How can you explain your evolution and why did you choose this new direction?

C'est intéressant, car certaines personnes disent qu'il y a une grande différence entre ces albums et d'autres pensent le contraire. En fait, ce n'était pas un choix réfléchi. Seulement, l'évolution naturelle de nos goûts et sensibilités. Et c’est aussi lié à l’arrivée de James dans le groupe, qui joue désormais des percussions avec nous. On voulait faire quelque chose de funky. De plus groovy.

It’s interesting because some people say there is a big difference between these albums and some people say the contrary. Actually, it wasn’t a conscious choice. Just a natural progression of our tastes and sensibilities. And also we have James who plays percussions with us. We only wanted to do some kind of funky stuff. Have a little more groove.

J’ai été aussi émue par la variété et la complexité de la production de Dracula. Les morceaux semblent à la fois singuliers et s’intègrent à l’album de façon très cohérente. Il est très bien articulé. Comment expliquez-vous cette liberté de style ?
I’ve also been touched by the variety and the complexity of Dracula from a production point of view. All the songs sound very different from each other but the album is very coherent and well articulated at the same time. How do you explain such a diversity?

Ce n'est pas volontaire, on fait juste ce qui nous vient naturellement. Alors c'est dur d'y mettre des mots. L'album nous parle et on ne fait que le produire. Au niveau technique, c'est peut-être parce que les morceaux ont été écrits sur une longue période, alors que l'enregistrement s'est fait assez vite : on n'a pas arrêté de travailler et ça s'est fait tout seul.

It’s not conscious, we’re just doing what is natural. So, it’s hard to put this into words. The album speaks and we just make it. The technical reason might be that we wrote the songs in a long period of time but the part of the recording process was shorter : we kept working and everything came naturally.   

Et pensez-vous avoir désormais trouvé votre style ou peut-on s’attendre à d’autres surprises à l’avenir ?
Do you now believe you have found a particular style/your own voice or can we expect more surprises in the near future?

Des surprises, j'espère ! On a toujours beaucoup de projets en tête, alors je crois qu'on va continuer dans le changement.

Surprises, I hope! We’re interested in doing things all the time, so I think we’ll continue the change.

Dracula est un album très coloré, il l’est jusque dans sa pochette. C’est finalement l’inverse d’un album macabre : le contraste est donc grand entre le contenu du disque et son nom vampirique, pourquoi ?
Dracula is a very colorful album as shown in the artwork. It is not exactly gothic or dark, so there is a real contrast between the songs and the name of the album. Why did you call your album this way?

Ce n'était pas vraiment le gothique ou plus particulièrement les vampires qui nous ont inspirés. Dracula me rappelle beaucoup de choses ancrées dans la culture populaire : le sang, les comics. J'aime beaucoup ce personnage immortel qui incarne pour moi audace et autres grandes valeurs.

It wasn’t really gothic things or specifically vampires that inspired us. Dracula reminds me a lot of things relative to pop culture : blood, comics. I just love this immortal character who embodies boldness and great values to me.

Pensez-vous appartenir à une scène musicale à Portland ou vous sentez-vous en retrait par rapport aux autres groupes ?
Would you say you belong to a specific musical scene or do you consider your work as being different from other bands?

Je ne sais pas... Je n'ai pas l'impression de faire partie d'une scène musicale. On travaille dans une ville où beaucoup de nos connaissances font de la musique, mais on est tous différents les uns des autres. Je pense que les scènes et culture musicales forment comme une sorte d'arbre généalogique dont les artistes seraient les branches ; mais notre groupe n'est pas lié à un seul arbre. On aime beaucoup de styles différents, tout en ne ressemblant à aucun autre groupe. On est juste en train d'explorer notre propre univers.

I don’t know… I don’t feel as part of a music scene. We exist in a town where we know a lot of people doing music but we are all kind of different. I think scenes and music culture are like a family tree and the artists are branches : but our band is not connected to a unique tree. We love a lot of styles but without precisely looking like other bands. We’re just interesting in exploring our universe.

L’inévitable question : quelles sont vos principales influences ?
The unavoidable question… Who inspire you among old and current artists?

C'est difficile à dire... Quand on a fait cet album, je crois qu'on écoutait seulement de la musique "directe". On écoutait du Prince. Beaucoup de Prince. Mais aussi XTC et pas mal de hip-hop des années 90 comme Timbaland, Busta Rhymes et le Wu-Tang. On s'intéressait aussi au funk, à la soul e à la musique folk des débuts. On aime d’ailleurs beaucoup un label de Portland, Mississipi Records. Mais pour être honnête, je pense que c'est l'esprit d'un genre musical qui nous inspire, plus qu'un certain homme/groupe en particulier.

It’s hard to say… When we made this album I think we only liked direct music. We listened to Prince. A lot of Prince. But also XTC and a lot of 90’s hip hop like Timbaland, Busta rhymes and Wu Tang. We were also interested in old soul, funk or old folk music. There is also in Portland a label called Mississippi Record that we particularly liked. But to be honest, I think that the spirit of every style of music inspired us even more than a man in particular. 

Comme on l’a dit précédemment, la production est très soignée dans Dracula et les chansons respectent un peu moins l’esprit DIY que sur votre précédent album. Cela changera-t-il quelque chose dans votre manière de vous produire sur scène ? Est-ce qu’il faut s’attendre à du changement dans vos prestations live ?
As we said, the production plays an important part in Dracula since your songs sound less lo-fi than in Apple’s Acre. You obviously did a very meticulous job, but will it change the way you are on stage?

L'album est funky. Alors, c'est génial de pouvoir jouer nos morceaux tels qu'ils ont été enregistrés. C'est passionnant et amusant, tout en restant assez fidèle au son de l'album. Mais, si c'est vraiment différent, tant pis, c'est la vie !

The record is funky. So, it is exciting to play our songs as we recorded them. Exciting and fun without being vastly different from the record. But it’s pretty different though, it’s life!

Pour finir, est-ce que j’aurais oublié de poser une question fondamentale ou du moins y-a-t-il un point sur lequel vous voulez insister et qui peut nous aider à mieux apprécier et décrire votre musique ?
To conclude, is there a relevant question that I forgot to ask that would help to describe and appreciate your music?

Il n'est pas nécessaire de se focaliser sur l'esthétique de notre musique. Ce qui importe vraiment, c'est de ressentir nos morceaux. C'est vraiment important pour nous. Il s'agit plus de sentir un groove et de le comprendre sans aucune logique. C'est comme l'essence d'un rêve qu'on ne saisit pas très bien mais qui nous imprègne de sensations au réveil. Ça paraît cohérent ce que je dis ?

It is not necessary to focus on the esthetic of our music. The most important thing to do is to feel the feeling of our songs. That is really important to us. It’s more about grooving something and understanding it illogically. It is like the essence of a dream that you can’t understand very well but that you feel when you wake up. Does that make sense?


Vidéo : St. Vincent au Café de la Danse


St. Vincent, Le Café de la Danse, Paris, le 30 novembre 2011

En novembre dernier, les deux plus talentueuses chanteuses de la sphère indé américaine, alors chacune en tournée, se sont retrouvées au Café de la Danse à un jour d'intervalle par un hasard de calendrier.

Shara Worden (My Brightest Diamond) avait mis la barre très haut la veille de la venue de son alter-ego Annie Clark, alias St. Vincent. Durant ce concert triomphal, on a pu voir une artiste en état de grâce enchaîner rappel sur rappel. Le lendemain, Shara Worden, encore dans les esprits, avait rejoint le public venu entendre les notes de Strange Mercy. Mais le morceau le plus percutant de la tournée de St. Vincent n'est pas sur le disque. C'est une Annie beaucoup plus agressive qu'à l'accoutumée que nous vous présentons ici, avec une reprise de She Is Beyond Good and Evil du groupe post-punk Pop Group.

Vidéo


PORTALS exclusive monthly mixtape

En cette douce période de reprise, c'est un son de la semaine quelque peu particulier que nous vous proposons.  Il ne s'agira donc pas comme à l'accoutumée de sélectionner le titre idéal qui vous permettra de remplir votre semaine mais de saluer comme il se doit une généreuse et prometteuse initiative.  Depuis quelques jours, les déambulateurs 2.0 les plus avertis se demandaient que pouvait bien cacher cette image bleutée flanquée en son centre d'une lettre blanche représentant un P écrit dans une belle police grossière et apparue le même jour sur quelques blogs de choix.  Le mystère entourant cette suspecte illustration ne mit pas longtemps à être dévoilé et Portals comme il se doit démasqué.

Dépassant les démarches méritantes mais quelque peu corrompues de certains agrégateurs de contenus tels Altered Zones ou MVB, Portals  est le regroupement de 16 blogs musicaux parmi les plus défricheurs lesquels, derrière leur volonté commune et renouvelée de décloisonner la diffusion de leurs découvertes musicales, souhaitent dans un élan communautaire et DIT (Do It Together) nous libérer de notre passivité culturelle. Nous ne pouvons donc que souscrire à ce travail collaboratif qui prendra avant tout la forme de mixtapes mensuelles dont la première est à écouter ci-dessous.

Audio


(DL/TL)

Tracklist

1. Short Circles - Dreams & Situation
via Life Aquatic
2. Medicine Hat - Migrants
via Zen Tapes
3. Ra Cailum - I Long For You
via Flashlight Tag
4. Alligator Indian - Afternoon Abattoir
via AWD Castles
5. Lands & Peoples - HUMS
via Pasta Prima
6. Teen Suicide - Don't Like Me
via Cactus Mouth
7. You Won't - Fryer
via Magic Teepee
8. Jessica Jalbert - No Car
via Friends with Both Arms
9. Flashing Red Lights - Brutal Little Things
via Dead as Digital
10. Yalls - Sayfixed
via Decoder
11. LUST - Room Sixteen
via Unholy Rhythms
12. Caves - 310
via Verb/Re/Verb
13. PARENTZ - Fly
via Cool Things I Find
14. Kwala - Forest bellows
via Speaker Snacks
15. Shlohmo - Ghosts Pt. 2 (Thrupence Remix)
via East to West
16. Beat Culture - Complete Me
via Friends with Both Arms


FLA mixtape : Qui êtes-vous ?

(DL/TC)

01. Pink Priest - Bombing Waves // 2009

Derrière Pink Priest, il y a William Cody Watson qui co-dirige Bathetic Label et qui écrit également pour Impose Magazine. Ce titre est tiré de ce que je pense être sa première sortie officielle en tant que Pink Priest. Prolifique !

Pink Priest is William Cody Watson whom co-runs the Bathetic Label and also writes for Impose Magazine. This is off what I believe to be his first official release as Pink Priest. Prolific !

02. Fluker Love - When You Leave EP // vers 2010

Flucker Love est le projet du Londonien Andrew Goldspink. Ce morceau est extrait de son troisième album. Il a récemment sorti un nouvel EP autoproduit, à trouver par . Je l’écoute depuis un petit moment déjà... Il a toujours été très généreux avec sa musique... Je crois qu'il a un genre de connection avec The Weekend.
Fluker Love is Andrew Goldspink from London. This track is off what I believe to be his third release. He just recently self released an new Ep. Follow the links here. I've been listening to him for awhile... He's always been very generous with is music...I also believe he has some kind of connection to The Weekend.

03. Wicked Crafts - No Pleasure // 2010

Derrière Wicked Crafts, il y a Shawn Tony Hui de Montreal. Je l'ai rencontre via Morten de Skort Up avec qui j'ai sorti son premier album en 2010... dont ce morceau est extrait. Les stocks ont vite été épuisés ! Un son dark bien sympathique...

Wicked Crafts is Shawn Tony Hui from Montreal. I was introduced to him via Morten of Skort Up whom we both co-released his debut back in 2010...which this track comes from. Sold out pretty quick! Nice dark tunes....

04. The KVB - With My Gun // 2010

The KVB, un autre artiste prolifique ! Klaus, originaire de Londres, est un type vraiment cool avec qui on espère collaborer à nouveau. Il fait également partie de Die Jungen, Suicide Party, Man on the Moon et d'autres encore... je suis sûr que j'en oublie. Il a aussi réalisé notre toute première vidéo de Pink Playground en une seule journée... évidemment ! Ce morceau est tiré de son premier album ayant eu une sortie physique. Il a récemment sorti un 10'', et bien d'autres se profilent à l'horizon.

Another prolific one! Klaus is a real nice guy from London who we hope to do something else together in the future. He's also in Die Jungen, Suicide Party, Man on the Moon and others...I'm sure I'm forgetting.
He also made our very first video (Pink Playground) in a single day...of course! This track is off his physical debut. He just recently had a 10" come out on downwards and he has many more lined up on the horizon.

05. Virgo Rising - In The Shade // 2010

Virgo Rising est un trio australien (Sean Duarte, Timothy Snape et Emily Hughes). Ce morceau est extrait de leur premier album. Ils bossent sur leur second depuis un moment... il devrait être prêt courant 2011. On l'attend avec impatience.

Virgo Rising is Sean Duarte, Timothy Snape, Emily Hughes from Australia. This is off of their debut. They have been working on their sophomore for a bit...should be ready sometime in 2011. Really looking forward to it !

06. Rape Faction - Vaporizer // 2011

Rape Faction, c'est Kahlil, Hamza et Mike, soit trois types de Montreal qui n'abandonnent jamais. C'est un extrait de leur premier 12'' qu'on a sorti en collaboration avec Skrot Up. J'aimerais qu'il y ait plus de gens comme ces trois-là dans ce bas monde !

Rape Faction is Kahlil, Hamza & Mike. Three dudes from Montreal who never back down. This is off of their Debut 12" which we co-released w/ Skrot Up. I wish there we more people like these 3 in the world !

07. Martian Church XX - Max Shreck's Dead // 2009

Martian Church XX est le projet de Paul, habitant en Russie. Un gars très sympa qui a un tas de morceaux sombres et intéressants à offrir. On a pour projet d'en sortir de nouveaux ensemble mais dans ce cas précis, la distance est un véritable fossé. C'est une de mes sorties préférées sur FLA. Les Russes ont de la chance de l'avoir !

Martian Church XX is Paul from Russia. Very friendly and nice guy who has a lot of interesting and dark music to offer. We planned to work on some more in future together, but the distance has really been a rift in the situation. This is one of my favorite FLA releases. Russia is very lucky to have him ! I believe this is the sole Martian Church XX release to date.

08. Elks - Blight Fields // 2009

Elks, c'est Cody, originaire de l'Oregon. Il est pote avec tout le crew de Seattle, genre Grave Babies, Gape Attack, FNU Ronnies, etc. J'ai pas encore eu l'occasion de beaucoup discuter avec lui. Ce titre est extrait de son second album... enfin je crois.

Elks is Cody from Oregon. He's friendly with the whole Seattle crew of Grave Babies, Gape Attack and FNU Ronnies etc...Never had too many conversations with him. This is off Elks sophomore release....I believe.

09. Young Henry - Six Ceases // 2009

Young Henryest le fait de Kyle Yerhot du Minnesota. Ce titre est extrait de son premier disque. Il a sorti un tas de morceaux gratuits en ligne depuis. Des impros venues d'ailleurs... Je suis toujours partant pour écouter ce qu'il fait.

Young Henry is Kyle Yerhot from Minnesota. This track is off his debut release. He has released a lot of FREE tunes online since. Very alien type jams....always up for listening to some new Young Henry.

10. Badtimexpress - Hearts Decay // 2009

Badtimexpress est le projet de Joseph Vorskak de L.A. Ce titre est tiré de son unique album en tant que Badtimexpress. Il continue avec (...le bien plus connu) Disaro Records, peu de temps après avoir sorti cet album sous son nouveau nom... Raw Moans. Si tu aimes Raw Moans, tu aimeras Badtimexpress !

Badtimexpress was Joesph Vorskak from L.A. This track is off his only release as Badtimexpress. He went on to (...the much more popular!) DISARO records (sup squeaky!), shortly after releasing this debut under the new name..Raw Moans. If you like Raw Moans you will like Badtimexpress!

11. Sealings - Injured Kids // 2009

Sealings est le groupe de Micheal et Liam, originaires du Royaume-Uni. Je les ai connus via Carl de Clan Destine Recordsen 2009. J'ai vite chopé leur premier album et je leur ai immédiatement demandé de faire quelque chose avec nous sur FLA. Je suis ravi qu'ils aient accepté !

Sealings is Michael & Liam from the UK. I was introduced to Sealings via Carl of clandestine records back in 2009. I snatched up their debut Cs, and immediately asked them to do something with us on FLA. Glad they agreed !

12. Future Blondes - D.Z.S. Path Torn Child Skill // 2009

Future Blondes ou Domokos de Houston. On a bossé avec lui sur un tas de disques ces dernières années. Ce titre est extrait d'un de mes favoris, E.I.T.H.O.A. // 2009 Tears.

Future Blondes is Domokos from Houston. We have worked with him on a lot of releases through the years. This track is off one of my favorites by him, E.I.T.H.O.A. // 2009 Tears.

13. Bad Life - Howl // 2010

Bad Life, c'est Kurt Vonnegut du Tennessee. Le morceau est extrait de son quatrième album. Encore plus de musiques mémorables pour FLA.

Bad Life is Kurt Vonnegut from Tennessee. This is from his 4th release. More epic tunes for FLA.

14. Froe Char + Havah - Adoration // 2009

Froe Char, c'est Cris, un Italien qui vit maintenant a Paris. On l'a découvert via Chris Keys de Grape Attack. Ce morceau est une collaboration avec Havahet est uniquement disponible sur la version CD de son premier album... et GRATUITEMENT sur cette mixtape... bien évidemment !

Froe Char is Cris from Italy; now residing in Paris. We discovered her via Chris Keys of Gape Attack. This track is a collaboration w/ Havah and only is available on the CDR version of her debut....and FREE on this comp..of course !

15. H . . . N - You Swore You'd Never Leave // 2010

H Dot Dot Dot Nest composé de Shannon et Nathan de Dallas. Ils nous ont un jour contacté via MySpace et ont sorti ce premier album dans la foulée. De bien MEMORABLES morceaux.

H Dot Dot Dot N is Shannon and Nathan from Dallas. They got in touch with us through myspace one day and we put this debut out shortly after. Nice EPIC pieces.

16. Lois Magic - Sweetheart // 2009

Derrière Lois Magic, il y Rhys de Londres. C'est l'un de nos artistes préférés là-bas... et une personne extraordinaire. Ce morceau est extrait de son premier album.

Lois Magic is Rhys from London. He is one of our favorite artists out there...as well a people ! This track is from his debut.

17. Atlas Young - Breath in Newcastle // 2010

Atlas Youngest le fait de Yuji de Tokyo. On adorerait aller au Japon un de ces jours, et on espere que Yuji nous le fera visiter, si ce jour arrive... C'est l'un de mes morceaux préférés issus de son premier album.

Atlas Young is Yuji from Tokyo. We'd love to visit Japan one day and hopefully Yuji will show us around, if that day ever comes... This is one of my favorite tracks from his debut.

18. Colours - Could I ? // 2011

Colours, est l’œuvre de Tom, originaire d'Australie. On l'a découvert en traînant sur MySpace. On lui a demandé s'il voulait faire un disque et il a heureusement accepté. C'est le premier titre issu de cet album.

Colours is Tom from Australia. We discovered him just creeping around on myspace one day. We asked him if he wanted to do a record and he thankfully agreed. This is the first track off of that record.

19. Sacred Space - Love Like a Graveyard // 2010

Sacred Space... c'est Adam Pfaff de Détroit. Ce titre est extrait de son premier album éponyme. Je crois que Sacred Space n'existe plus maintenant... vraiment dommage. Encore un de nos favoris !

Sacred Space is Adam Pfaff from Detroit. This is off his self titled debut. I do believe that sacred space is now totally defunct at this point.... Shame really. Another one of our personal favorites !

20. Pink Playground - Low // 2010

Ce titre est extrait de notre second album Seventeen.

This is from our second release "Seventeen".

Cette compilation a été éditée en coffret cinq cassettes, disponible par ici.


The New Lines - All That We See And Seem

Lever les yeux vers le ciel, contempler les étoiles. Il y en a toujours une qui brille plus que les autres, une lumière qui ne s’éteint jamais, comme le chantait ce jeune Mancunien dans l’une des plus jolies invitations au voyage jamais formulée… Presque un an que Trish Keenan, illuminée chanteuse de Broadcast, véritable visionnaire musicale sachant concilier les plus beaux fantômes du passé et les plus remarquables effets musicaux de notre époque, nous a précocement quittée. Difficile de s’en remettre : qui pour reprendre le flambeau d’une musique au caractère si audacieux se jouant des époques, réussissant à fédérer trois générations autour d’une table sans qu’aucune ne se sente lésée dans ses inspirations musicales ?

Il serait assurément très réducteur de considérer All That We See And Seem (sorti chez The Great Pop Supplement), disque dont la sortie physique n’est encore actuellement limitée qu’à quelques centaines d’exemplaires en vinyle, comme un simple essai n’ayant pour but que de raviver cette flamme. En effet, The New Lines, nouveau projet de Hewson Chen, celui-là même qui au début du millénaire avait ensoleillé notre existence au travers de quatre remarquables albums avec sa formation de Vitesse, même s’il nous évoque instantanément le tant regretté groupe de  Birmingham, ne s’inscrit en rien comme une simple copie. Car écoute après écoute, ce merveilleux opus ouvre grand les horizons, rend de plus en plus vastes les espaces jusqu’à vous entraîner dans un monde vertigineux fait de repères attachants et de découvertes toutes plus surprenantes les unes que les autres.

All That We See and Seem, donc : vu cet hommage plus qu’assumé à la flamboyance de cette pop sixties empreinte d’un délicat psychédélisme dont les mélodies se teintent comme sur le morceau éponyme rappelant les plus belles heures de John Barry ou des Byrds..., vu cette volonté de flirter avec un classicisme pop dans le sens le plus noble du terme comme sur A Hunter's Penance dont les arpèges de guitare sont dignes du plus somptueux Shack, et les jeux de voix les plus remarquables entendus depuis Kings Of Convenience. Ressentie cette volonté de brouiller les codes et ainsi de surprendre en reniant les structures simples basées sur une alternance couplets/refrains, ressentie cette recherche d’intemporalité et d’apesanteur qui caractérise si bien The Year Of Nines  ou encore Voyager Program 1977 ; la spiritualité est de mise, Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space… Et pour perdre encore un peu plus l’auditeur dans ce dédale d’émotions kaléidoscopiques, trois Incidental faussement foutraques et uniquement instrumentaux surprennent par leur caractère impromptu et audacieux. Saupoudrez tout cela d’une myriade de gimmicks tous plus inventifs les uns que les autres (on retiendra le renversant Strain Theory) et d’une voix douce et veloutée s’apparentant à celle d’un Nick Drake des temps modernes et vous détiendrez tous les ingrédients nécessaires à l’exploration de cette œuvre aussi pertinente qu’originale.

Car le coup de maître de Hewson Chen est de parvenir avec ce All That We See And Seem à offrir un album à la fois riche et diversifié, mais également d’une homogénéité étonnante. En effet, ce feu d’artifice d’influences et de recherches musicales ne sombre aucunement dans la superposition et la surenchère d’effets divers et variés. L’unité est de mise pour en définitive nous offrir un album apportant sa pierre à l’édifice de l’histoire musicale contemporaine, dépassant de loin les ambitions de ces groupes comme Belle & Sebastian, se réclamant novateurs dans le respect de leurs illustres aînés. The New Lines s’approprie, certes, mais n’oublie pas également de réinventer, véritable réussite de cette majestueuse production qui se conjugue à tous les temps.

Audio

Tracklist

The New Lines - All That We See And Seem (The Great Pop Supplement, 2011)

1. The Convenience Of Numbers
2. The Grim Smile Of The Five Towns
3. Incidental 93
4. Strain Theory
5. The Year Of The Nines
6. Incidental 121
7. Voyager Program 1977
8. All That We See And Seem
9. A Hunter's Penance
10. Incidental 34
11. A Structure Of Repeated Displacements
12. Identity and Non-Identity
13. The Falaise Gap
14. Buildings To Photograph


Hartzine - Janvier 2012

© Photo Emeline Ancel-Pirouelle

La rédaction d'Hartzine vous souhaite ses voeux pour cette année 2012 en musique.


(TL/DL)

Tracklist

01. Cloud Nothings - Wasted Days
02. Cough Cool - Sup Girls In The 60's
03. Blue Hawaii - Blue Gowns
04. Jonathan Fitoussi - Pluralis
05. Le Chevalier - Morning Airs
06. Cuticle - Towel
07.Darkside - A3
08. The Weeknd - Initiation
09. Bare wires - Cheap Perfume
10. Perfume Genius - All Waters
11. Little Chords - Remember
12. Emika - 3 Hours
13. Da Posse Feat Christa Jordan - In The Heat Of The Night (Acid Mix)
14. Robert Turman - Way Down
15. GRMLN - Depressions
16. Du Nord - The Sunset
17. Fenster - Oh CANYON
18. Sobrenadar - Finales
19. Molly Nilsson - I Hope You Die


Interview et mixtape : Who are you Free Loving Anarchists ?

Free Loving Anarchists. Un patronyme cinglant, de sa signification naturelle, les fondations branlantes de l'industrie musicale. Ou ce qu'il en reste. Mais bien plus qu'un appel aux armes à l'encontre des promoteurs d'une musique massifiée et encodée en mp3, ces trois mots juxtaposés sont à recevoir telle une invitation sans contrainte à la liberté de créer, qu'elle soit musicale, conceptuelle ou plastique. Une déclaration d'intention que l'on pourrait d'ailleurs étendre à la multitude étourdissante de micro-structures fleurissant un peu partout dans le monde, s'escrimant sans relâche pour s'inscrire dans la durée. Ce temps long précisément - fait d'emballements, de pauses et de sursauts - qui semble être celui de FLA, à l’œuvre sur ses bandes analogiques depuis 1994. Une éternité. Et si James et Tara Wing semblent aujourd'hui accorder une priorité toute particulière à leur groupe Pink Playground - ayant récemment sorti Destination Ecstasy via Mexican Summer - FLA n'est pour autant pas dénué d'avenir, comme en témoignent leurs deux dernières sorties - un EP de Colours et un LP de Fourier -, toutes deux aussi prometteuses que brutes de décoffrage. Rencontre et mixtape commentée en compagnie de James - "gérant de label" fonctionnant à l'affect tout autant qu'artiste libertaire résolument engagé - et chroniques introductives à un son et une esthétique trouvant ses plus profondes racines dans le terreau post-punk et shoegaze des années 1980.

Audio

(DL/TC)

01. Babararar - Hopefully
02. Lost Girl - Quiver
03. Safeashome - Grid (Pink Playground Remix)
04. Safeashome - Peace Watchers
05. Torsion Fields - Demo 3
06. Lois Magic - Mooncreatures
07. Nites - Katie
08. Colours - Guilt Trip
09. Sacred Space - Visions of You
10. The KVB - Something Inside
11. The Procedure Club - Index Finger
12. AAPS - Sick Lullabies

Entretien avec James Wing

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Qui es-tu James et que faisais-tu avant FLA ?
Can you introduce yourself in a few words? Who are you James and what did you do before FLA?

Propriétaire et dirigeant de Free Loving Anarchist, de même pour le groupe monté avec Tara, Pink Playground. J'ai fait de l'art avant que FLA ait une existence digitale. J'aime imaginer FLA comme produisant activement tout type d'art, en public ou dans l'espace privé.

Owner / Operator of FLA as well as in a groop w/ Tara called pink playground. I made art before FLA had an online presence but I like to think of FLA as actively producing any art; in public or the privacy of home.

Quelles sont tes influences musicales ?
What were your first musical influences?

Honnêtement, mes premières réelles influences musicales ont été celles des pub et des films des 60's jusqu'aux 80's, en plus de la petite collection de disques de mes parents. John Barry, George Crumb, Francis Lai, The T-Bones. Dans ma période pré-ado, Nirvana (naturellement) et Sonic Youth… et plus dans mes années ado, My Bloody Valentine et le Velvet Underground.

Honestly my first real musical influences would have to be Production/Library music (commercials / films) from the 1960's - 1980's and the parents small record collection. John Barry, George Crumb, Francis Lai, The T-bones. In my pre-teens Nirvana (naturally) & Sonic Youth...and more into my teens: My Bloody Valentine & The Velvet Underground.

Comment FLA a-t-il vu je jour ? Qui est derrière ? Quelle était l'idée d'origine ?
Tell me how FLA was born? Who is behind? What was the idea of origin?

FLA a été inventé quand j'avais quatorze ans et que je traînais avec ma meilleure pote Tara. FLA c'est d'abord moi, James, mais Tara s'y investit par moment ainsi que la famille. J'ai rencontré Tara pour la première fois à l'école primaire. FLA n'est vraiment pas un business, ni strictement un truc musical : dans ce monde, il y a de vilains petits canards. FLA révèle leur réalité. En 1994, C'était aussi un moyen de transmettre notre musique dans le seul format que nous avions facilement à notre portée. Toutes les cassettes étaient achetées en magasin et postsynchronisées à la maison.

FLA was coined when I was 14 years old hanging out with my best friend Tara. FLA is primarily me(James), but I do get help from Tara and the family from time to time. I met Tara for the first time in middle school. FLA is truly not a business nor strictly a music thing. The idea is that there are types of people in this world; the black sheep if you will; and FLA is the way of identifying that this is true. The byproduct was to give our art/music to our friends who wanted it at the time (as FLA of course!)...in the only format we had readily available to us in 1994. All Cassette tapes bought at the store and dubbed at home.

Pourquoi ce nom, Free Loving Anarchists ? Une marque de résistance ? Contre qui/quoi ?
Why this name, "Free Loving Anarchists"? A mark of resistance? Against who/what?

Réponse courte. C'est une manière amusante de dire… envoie chier le monde, crois en toi, fais ce qui te plaît et aime comme s'il n'y avait pas de lendemain. La blague c'est le jeu de mots sur Free Loving Hippies. Quand tu vis dans le sud des États-Unis, tu as ton lot d'ignares intolérants… des péquenauds le plus souvent. Imagine-toi entendre FLA prononcé avec un accent du sud dégoûtant ! Sinon, FLA veut simplement dire ce qu'il laisse supposer. Free comme liberté d'être toi-même et faire ce qui te plaît, en dépit des résistances et de l'oppression. Loving, aime, soit l'Amour véritable… pas le désir. Anarchists, l'anarchie et le chaos, ce que j'ai toujours senti être l'amour véritable. Pas de règles - ou plutôt la liberté de réécrire les règles et de les briser librement quand il le faut - en plus de la liberté totale d'aimer.

Short Answer. Its a funny way of saying.. fuck the world/ believe in yourself/ do your thing/ love like there is no tomorrow. The main joke is the play on words Free Loving Hippies. Living in the south of United States you have your large share of bigots... usually in the form of Rednecks. Try hearing FLA in an disgusted southern country accent ! FLA means simply what it Implies. Free = freedom to be yourself and do your thing; regardless of resistance / oppression. Loving = Love. Real love....not lust. Anarchists = Anarchy / chaos, which I always felt real love is. No rules (or more like freedom to rewrite the rules and to break freely when needed to) and total freedom to love.

Pourquoi choisir le format K7 ?
Why are you choosing only the K7 formats?

Nous ne sommes pas strictement juste un label produisant des cassettes. Jusqu'à maintenant on a sorti de nombreuses cassettes, CD et trois 12". Le but à long terme est de sortir de plus en plus de vinyles tout en continuant à sortir des cassettes. C'est assez facile de commercialiser de la musique quand on est sans le sou…si on le fait sur cassettes. Je n'oublierai jamais l'analogique. Du film à l'audio, c'est une chose à laquelle je suis très attaché.

We not strictly a K7/cassette only label. So far we have released numerous Cassettes, Cdrs, and three 12"'s. The long term goal is to release more vinyl but I'm sure we will continue on with cassette tapes every once and awhile. Its fairly easy to put music out if your not rich...if you do it on cassettes. I will never forget analog. From film to audio its something very close to my heart.

FLA sort aussi bien des disques indie rock qu'expérimentaux... Comment choisis-tu les artistes avec lesquels tu travailles ?
FLA takes out as well indie rock as experimental's records... How do you choose the artists you work with?

Tout réside dans le fait d'être émotionnellement touché par l' artiste ou la chanson spécifique qu'on a sous la main. S'il n'y a pas d'étincelles et que ça ne me parle pas, alors je ne perds pas mon temps. J'ai d'ailleurs appris à me focaliser seulement sur ce que j'adore plutôt que sur tout ce que j'aime bien.

Its all about being emotionally moved by the specific artist/song at hand. If I can't feel it and its not speaking to me than I wouldn't waste my time. What I have learned though is how to FOCUS more on what I love only rather than all that I like.

Quelle est la ligne artistique du label ? Il y a une esthétique, un concept que tu essayes de prolonger à chaque sortie ?
What is the artistic guideline of the label? Is there an aesthetics, a concept which you try to keep at every release?

J'essaye de ne pas trop m'y dédier mais oui, il y a des critères et je dirais que tout doit être très propre et rigoureux. Le Bauhaus et le Minimalisme sont probablement mes influences majeures s'agissant des visuels du label et de ses sorties. Notamment pour les épures et les polices qu'on utilise. Factory et 4AD m'influencent également mais en fin de compte il s'agit juste de s'assurer que l'artwork est à la hauteur de la musique tout en ne gaspillant pas mon temps ni mon argent, ni celui des auditeurs. Il faut beaucoup de temps et de concentration pour s'assurer que tout est bien en ordre. C'est un processus continu, un apprentissage sans fin.

I try not to dictate too much but yeah there are templates there most of the time and I'd say everything has to be very clean and tight. Bauhaus / Minimalism is probably the main influence and focus of the visual of the label and its releases. At least in the placement and fonts we use etc...I'd say Factory and 4ad are probably an influence as well but In the end its just about making sure the art is as good as the music and not wasting the time and money of the listener. We spend a lot of time and thought into making sure everything is very put together and nice. Its a ongoing process and never ending learning experience!

Quels types de relations y-a-t-il entre les groupes et le label ?
What are the relations between the groups and the label?

Parfois les relations se tissent au sein du label, c'est quelque chose de naturel. Mais finalement je sors la musique avant tout pour sa qualité, non pas par amitié. C'est toujours un bonus en plus quand ça arrive ! Découvrir un nouveau groupe peut se faire de multiples façons, mais la plupart du temps ça se fait via Internet. Qu'il s'agisse de bouche-à-oreille ou de hasard. S'engager pour ce que l'on adore à la place de tout ce qu'on aime bien, c'est désormais l'objectif. La grande vision. Du coup, on se disperse moins et les relations sont plus fortes. D'autant qu'on est plus en mesure de prévoir du fait d'une charge de travail moindre.

Sometimes relationships grow from the label but its always a natural thing. In the end though I put this music out for the music not for the friendships. It is always an added bonus when that happens! Its usually a different way of discovering but most of it is via the internet. Whether it be word of mouth or accidentally stumbling across it. I feel with the less we do the stronger the relationships are and the more we can project because the lack of the workload. Doing only what we love instead of all that we like and love. That's the focus these days. The Bigger picture.

Dis-m'en plus à propos de Pink Playground... L'histoire du groupe est-elle rééllement dépendante de FLA ou peut-elle s'en dissocier ?
Tell me more about Pink Playground... the story of the band is really connected to Fla or would he have been able to continue without?

Par le passé, je pensais que les deux entités ne faisaient qu'un. Mais Tara n'était et n'est toujours pas d'accord à ce propos. Honnêtement, elle n'a pas tort. J'ai initié FLA pour sortir les disques de mon groupe, et je vais continuer à le faire. Cependant j'aime tant la musique qu'il est trop dur pour moi de ne pas vouloir l'exprimer en sortant d'autres disques que j'admire et que je ne peux faire moi-même ! En réalité, Pink Playground passe avant FLA. Parfois j'ai du mal à prioriser dans le bon ordre et à équiliber la chose rationellement. D'où un bon nombre de sorties FLA pour très peu de sorties de Pink Playground. C'est un autre type d'apprentissage. J'y travaille à l'instant même pour que ça marche mieux pour tous les gens impliqués. Tant que nous feront de l'art et de la musique, FLA et Pink Playground coexisteront simultanément telles deux entités à part.

In the past it was my opinion they are one in the same but Tara would/will totally disagree and honestly she is right. I publicly started FLA originally to put out my first band and I will always put out my own art but I love music so much its hard for me to not want to express this by releasing others music that I admire/can't make! The truth is pink playground takes precedence over FLA and at times I have had a hard time working out my priorities in the correct order and having a manageable balance to it all. Hence a whole lot of FLA releases and very few pink playground. Its been another learning process and I'm working it out as we speak to get things to a place that works better for everyone involved. As long as we are making art / music FLA & pink playground will simultaneously co-exist together as separate entities.

Gone Forever de Rape Faction est co-réalisé avec Skrot Up. En quoi ces collaborations sont-elles nécessaires ?
Gone Forever by Rape Faction is a split release with Skrot Up. In what this type of collaboration is it necessary?

J'ai travaillé avec Morten de Skot Up sur quelques projets avant ça. C'est avant tout une façon de combiner nos efforts pour que nos sorties aient plus d'impact tout en ayant moins d'argent à dépenser, parce qu'on en manque. FLA étant aux USA et Skrot Up au Danemark, eux couvrent l'Europe et nous nous occupons de l'Amérique du Nord en plus de s'entraider et de faire connaître la musique de nos labels respectifs. Au final, c'est toute une famille underground. En élargissant le réseau et en distribuant des morceaux nous-mêmes, nous contournons en majeure partie "l'industrie"… L'underground fait cause commune.

Skrot Up (Morten) and I have worked on a few things prior to this. It's mostly about combining efforts to make bigger things happen. Less money to spend, because the lack of. Also FLA is in the USA and Skrot Up is Denmark so they cover Europe while we cover North America to help each other get our labels music out there. Its all underground family in the end. Expanding the network and distributing releases on our own and bypassing the 'industry'.... for the most part. The underground working together.

Tu as réalisé une compilation sur Beko avant Amdiscs, La Station Radar, Clan Destine Records et plus récement... Skrot Up. Comment as-tu rencontré la doublette de Beko et que représente pour toi son travail ?
You realized a compilation on Beko before Amdiscs, La Station Radar, Clandestine Records and more recently Skrot Up. How did you meet people of Beko and what represents their work for you?

On a rencontré Reno de Beko par l'intermédiaire d'Andrea de Procedure Club. J'admire vraiment leur aisance pour sortir de la musique si surprenante. Du point de vue d'un propriétaire de label, il a mis dans le mille. Si FLA est également un moyen de faire découvrir aux gens la musique que nous faisons ainsi que les choses que l'on aime, la différence entre nos deux labels réside dans le fait que je suis personnellement attaché et impliqué dans l'aspect physique d'une oeuvre. Au final, il s'agit de musique. Je suis donc content pour ces gens que Beko existe, moi inclus ! D'ailleurs nous avons récemment collaboré et sorti les nouveaux singles de Colours et Chevalier Avant Garde le 23 mai dernier.

We met Beko (Reno) through Andrea of Procedure Club. I really admire what they are doing in getting music out there with amazing ease. From a label owner standpoint he has hit the nail on the head. I definitely approach FLA as just a way to show people music/art that we are doing as well as the stuff we like. The difference between our labels is...I'm personally attached to the physical of a piece and that's the part that I want to be involved with. Although in the end I know its all about the music; so I'm glad he's out there for people (me included!). We just recently collaborated and put out the new Colours & Chevalier Avant Garde singles on 5/23/11.


beko_fla_01_10_10 (DL/TC)

Quel est le futur proche de FLA ?
What's the near future of FLA?

Le future proche de FLA, c'est le 12" éponyme de Colours (écouter) et celui de Fourier - Altar Cs (écouter). Pas grand chose de prévu, mais quelques trucs en cours, et on l'espère, plus de vinyles !

Near future for FLA is Colours - Self Titled Ep 12" & Fourier - Altar Cs . Not too much planned but a few things in the works and hopefully more vinyl !

Et tes espoirs les plus fous ?
And your craziest hopes?

Qu'on puisse gagner notre vie avec notre musique et notre art sans que l'on soit interrompu par des choses nous faisant perdre notre temps, notre argent, notre énergie, nos talents et nos compétences.

That we can make a living off of music/art and make music/art everyday uninterrupted by things that are wasting our time, money, energy and talents/skills.

Quel est ton sentiment sur l'industrie musicale et internet ? La musique a-t-elle un prix ?
How do you feel about the music industry and the internet? Has the music no price?

The Rock'n'Roll Hall of Lame ("le panthéon des ratés du rock'n'roll"). La musique avait une âme avant d'être une vulgaire formule pour faire de l'argent. Je suis convaincu que tout art - même s'il vaut quelque chose - n'est jamais élaboré ou positionné pour être une entreprise financièrement rentable. Regarde dans l'histoire de la musique, tous les groupes qui ont réellement changé le paysage et sincèrement touché les gens... Ensuite montre moi combien d'entre eux se sont fait des montagnes de cash... Très peu j'en suis sûr. L'art n'est PAS uniquement un divertissement. C'est le coeur et l'esprit. C'est quelque chose de sacré et pas une blague. Je n'ai jamais fait de l'art pour quelque autre raison que de le faire... Ceux qui exercent leur art pour d'autres raisons sont des guignols. L'art saigne.

S'agissant de la diffusion, internet change la donne. Les choses sont sans aucun doute différentes dans le sens ou des gens comme moi peuvent atteindre des endroits aussi éloignés que la France avec très peu d'argent et beaucoup de persévérance.

La musique ainsi que tout type d'art n'ont pas de prix. Personnellement je ne crois pas en la possession. Les gens qui achètent de la musique le font pour s'accrocher à l'aspect physique du disque tout en voulant sans doute supporter ceux qui l'ont créé. Je télécharge de la musique et si j'aime profondément un disque, je vais me mettre en quatre pour le trouver. Ceci dit, quand la musique n'a pas de prix, ça peut rendre les choses plus honnêtes. Personnellement, je déteste q'un groupe n'aie qu'une ou deux chansons décentes sur un LP quand les six autres ou plus sont nazes. J'ai l'impression de me faire arnaquer à chaque fois.

The Rock N Roll hall of lame. Music wasn't as soulless before there was a real formula for making money in this industry. Its my strong opinion that all art that is worth something is never truly formulated or positioned to be a financially profitable venture. Look in musical history at all the groops that really changed the landscape and truly touched people and then show me how many of those made a mountain of cash from this. Very few I'm sure. I will always believe that art is NOT strictly entertainment. Its heart & soul. I can be pretty serious on the subject but I do believe its something sacred and not a joke. I never made art for any other reason but to make it and I feel that people who make art for other reasons besides the love thereof are the joke. Art is bleeding. At least not in my humble opinion.

Things are definitely different in the fact that people like me can reach places as far as France with very little money and a whole lot of persistence, thanks to the internet. We like the internet (for the most part)....especially when used as tool in the correct way.

Music and all art have no price. I don't personally believe in ownership and I think the people who buy music do so to hold on to the physical of the piece and might also want to support the ones who created it. I download music all the time but I am the kind of person that If I truly love something I will go out of my way and search it out and posses it. I find it interesting as well. I think when music has no price it can keep things more honest. I personally hate it when an group has one to two decent songs on an Lp and the other six plus are garbage. I makes me feel ripped off every time.

Sans mentionner les groupes de ton label... quelles sont les choses auxquelles tu es addict ?
Without mentioning your label’s groups... What are the things you are addicted to?

Je suis essentiellement accro à la création artistique et en ce moment j'y travaille comme un dingue. Aussi, ce qui me rend le plus heureux, c'est de passer du bon temps avec ma famille et de créer avec Tara. Vivre dans notre bulle loin des problèmes du monde, s'adonner à l'art qui nous comble. Voir les gens dont j'aime le sourire.

I'm mostly addicted to making art and am a workaholic period. What makes me the happiest though is hanging out with my family and making art with Tara. Living in our bubble far away from the worlds problems making the art that fills us up. Seeing the people I love smile.

Traduction Floriane Vaillant

Mixtape


(DL/TC)

01. Pink Priest - Bombing Waves // 2009

Derrière Pink Priest, il y a William Cody Watson qui co-dirige Bathetic Label et qui écrit également pour Impose Magazine. Ce titre est tiré de ce que je pense être sa première sortie officielle en tant que Pink Priest. Prolifique !

Pink Priest is William Cody Watson whom co-runs the Bathetic Label and also writes for Impose Magazine. This is off what I believe to be his first official release as Pink Priest. Prolific !

02. Fluker Love - When You Leave EP // vers 2010

Flucker Love est le projet du Londonien Andrew Goldspink. Ce morceau est extrait de son troisième album. Il a récemment sorti un nouvel EP autoproduit, à trouver par . Je l’écoute depuis un petit moment déjà... Il a toujours été très généreux avec sa musique... Je crois qu'il a un genre de connection avec The Weekend.

Fluker Love is Andrew Goldspink from London. This track is off what I believe to be his third release. He just recently self released an new Ep. Follow the links here. I've been listening to him for awhile... He's always been very generous with is music...I also believe he has some kind of connection to The Weekend.

03. Wicked Crafts - No Pleasure // 2010

Derrière Wicked Crafts, il y a Shawn Tony Hui de Montreal. Je l'ai rencontre via Morten de Skort Up avec qui j'ai sorti son premier album en 2010... dont ce morceau est extrait. Les stocks ont vite été épuisés ! Un son dark bien sympathique...

Wicked Crafts is Shawn Tony Hui from Montreal. I was introduced to him via Morten of Skort Up whom we both co-released his debut back in 2010...which this track comes from. Sold out pretty quick! Nice dark tunes....

04. The KVB - With My Gun // 2010

The KVB, un autre artiste prolifique ! Klaus, originaire de Londres, est un type vraiment cool avec qui on espère collaborer à nouveau. Il fait également partie de Die Jungen, Suicide Party, Man on the Moon et d'autres encore... je suis sûr que j'en oublie. Il a aussi réalisé notre toute première vidéo de Pink Playground en une seule journée... évidemment ! Ce morceau est tiré de son premier album ayant eu une sortie physique. Il a récemment sorti un 10'', et bien d'autres se profilent à l'horizon.

Another prolific one! Klaus is a real nice guy from London who we hope to do something else together in the future. He's also in Die Jungen, Suicide Party, Man on the Moon and others...I'm sure I'm forgetting.
He also made our very first video (Pink Playground) in a single day...of course! This track is off his physical debut. He just recently had a 10" come out on downwards and he has many more lined up on the horizon.

05. Virgo Rising - In The Shade // 2010

Virgo Rising est un trio australien (Sean Duarte, Timothy Snape et Emily Hughes). Ce morceau est extrait de leur premier album. Ils bossent sur leur second depuis un moment... il devrait être prêt courant 2011. On l'attend avec impatience.

Virgo Rising is Sean Duarte, Timothy Snape, Emily Hughes from Australia. This is off of their debut. They have been working on their sophomore for a bit...should be ready sometime in 2011. Really looking forward to it !

06. Rape Faction - Vaporizer // 2011

Rape Faction, c'est Kahlil, Hamza et Mike, soit trois types de Montreal qui n'abandonnent jamais. C'est un extrait de leur premier 12'' qu'on a sorti en collaboration avec Skrot Up. J'aimerais qu'il y ait plus de gens comme ces trois-là dans ce bas monde !

Rape Faction is Kahlil, Hamza & Mike. Three dudes from Montreal who never back down. This is off of their Debut 12" which we co-released w/ Skrot Up. I wish there we more people like these 3 in the world !

07. Martian Church XX - Max Shreck's Dead // 2009

Martian Church XX est le projet de Paul, habitant en Russie. Un gars très sympa qui a un tas de morceaux sombres et intéressants à offrir. On a pour projet d'en sortir de nouveaux ensemble mais dans ce cas précis, la distance est un véritable fossé. C'est une de mes sorties préférées sur FLA. Les Russes ont de la chance de l'avoir !

Martian Church XX is Paul from Russia. Very friendly and nice guy who has a lot of interesting and dark music to offer. We planned to work on some more in future together, but the distance has really been a rift in the situation. This is one of my favorite FLA releases. Russia is very lucky to have him ! I believe this is the sole Martian Church XX release to date.

08. Elks - Blight Fields // 2009

Elks, c'est Cody, originaire de l'Oregon. Il est pote avec tout le crew de Seattle, genre Grave Babies, Gape Attack, FNU Ronnies, etc. J'ai pas encore eu l'occasion de beaucoup discuter avec lui. Ce titre est extrait de son second album... enfin je crois.

Elks is Cody from Oregon. He's friendly with the whole Seattle crew of Grave Babies, Gape Attack and FNU Ronnies etc...Never had too many conversations with him. This is off Elks sophomore release....I believe.

09. Young Henry - Six Ceases // 2009

Young Henryest le fait de Kyle Yerhot du Minnesota. Ce titre est extrait de son premier disque. Il a sorti un tas de morceaux gratuits en ligne depuis. Des impros venues d'ailleurs... Je suis toujours partant pour écouter ce qu'il fait.

Young Henry is Kyle Yerhot from Minnesota. This track is off his debut release. He has released a lot of FREE tunes online since. Very alien type jams....always up for listening to some new Young Henry.

10. Badtimexpress - Hearts Decay // 2009

Badtimexpress est le projet de Joseph Vorskak de L.A. Ce titre est tiré de son unique album en tant que Badtimexpress. Il continue avec (...le bien plus connu) Disaro Records, peu de temps après avoir sorti cet album sous son nouveau nom... Raw Moans. Si tu aimes Raw Moans, tu aimeras Badtimexpress !

Badtimexpress was Joesph Vorskak from L.A. This track is off his only release as Badtimexpress. He went on to (...the much more popular!) DISARO records (sup squeaky!), shortly after releasing this debut under the new name..Raw Moans. If you like Raw Moans you will like Badtimexpress!

11. Sealings - Injured Kids // 2009

Sealings est le groupe de Micheal et Liam, originaires du Royaume-Uni. Je les ai connus via Carl de Clan Destine Recordsen 2009. J'ai vite chopé leur premier album et je leur ai immédiatement demandé de faire quelque chose avec nous sur FLA. Je suis ravi qu'ils aient accepté !

Sealings is Michael & Liam from the UK. I was introduced to Sealings via Carl of clandestine records back in 2009. I snatched up their debut Cs, and immediately asked them to do something with us on FLA. Glad they agreed !

12. Future Blondes - D.Z.S. Path Torn Child Skill // 2009

Future Blondes ou Domokos de Houston. On a bossé avec lui sur un tas de disques ces dernières années. Ce titre est extrait d'un de mes favoris, E.I.T.H.O.A. // 2009 Tears.

Future Blondes is Domokos from Houston. We have worked with him on a lot of releases through the years. This track is off one of my favorites by him, E.I.T.H.O.A. // 2009 Tears.

13. Bad Life - Howl // 2010

Bad Life, c'est Kurt Vonnegut du Tennessee. Le morceau est extrait de son quatrième album. Encore plus de musiques mémorables pour FLA.

Bad Life is Kurt Vonnegut from Tennessee. This is from his 4th release. More epic tunes for FLA.

14. Froe Char + Havah - Adoration // 2009

Froe Char, c'est Cris, un Italien qui vit maintenant a Paris. On l'a découvert via Chris Keys de Grape Attack. Ce morceau est une collaboration avec Havahet est uniquement disponible sur la version CD de son premier album... et GRATUITEMENT sur cette mixtape... bien évidemment !

Froe Char is Cris from Italy; now residing in Paris. We discovered her via Chris Keys of Gape Attack. This track is a collaboration w/ Havah and only is available on the CDR version of her debut....and FREE on this comp..of course !

15. H . . . N - You Swore You'd Never Leave // 2010

H Dot Dot Dot Nest composé de Shannon et Nathan de Dallas. Ils nous ont un jour contacté via MySpace et ont sorti ce premier album dans la foulée. De bien MEMORABLES morceaux.

H Dot Dot Dot N is Shannon and Nathan from Dallas. They got in touch with us through myspace one day and we put this debut out shortly after. Nice EPIC pieces.

16. Lois Magic - Sweetheart // 2009

Derrière Lois Magic, il y Rhys de Londres. C'est l'un de nos artistes préférés là-bas... et une personne extraordinaire. Ce morceau est extrait de son premier album.

Lois Magic is Rhys from London. He is one of our favorite artists out there...as well a people ! This track is from his debut.

17. Atlas Young - Breath in Newcastle // 2010

Atlas Youngest le fait de Yuji de Tokyo. On adorerait aller au Japon un de ces jours, et on espere que Yuji nous le fera visiter, si ce jour arrive... C'est l'un de mes morceaux préférés issus de son premier album.

Atlas Young is Yuji from Tokyo. We'd love to visit Japan one day and hopefully Yuji will show us around, if that day ever comes... This is one of my favorite tracks from his debut.

18. Colours - Could I ? // 2011

Colours, est l’œuvre de Tom, originaire d'Australie. On l'a découvert en traînant sur MySpace. On lui a demandé s'il voulait faire un disque et il a heureusement accepté. C'est le premier titre issu de cet album.

Colours is Tom from Australia. We discovered him just creeping around on myspace one day. We asked him if he wanted to do a record and he thankfully agreed. This is the first track off of that record.

19. Sacred Space - Love Like a Graveyard // 2010

Sacred Space... c'est Adam Pfaff de Détroit. Ce titre est extrait de son premier album éponyme. Je crois que Sacred Space n'existe plus maintenant... vraiment dommage. Encore un de nos favoris !

Sacred Space is Adam Pfaff from Detroit. This is off his self titled debut. I do believe that sacred space is now totally defunct at this point.... Shame really. Another one of our personal favorites !

20. Pink Playground - Low // 2010

Ce titre est extrait de notre second album Seventeen.

This is from our second release "Seventeen".

Cette compilation a été éditée en coffret cinq cassettes, disponible par ici.

Chroniques

Fourier - Altar EP

Fourier est un projet presque anonyme, ne trouvant aucune autre figuration qu'un anonyme blog, Death Head March, et une page FB, sur lesquels on apprend que notre homme - aussi bien influencé par Les Rallizes Dénudés, un obscur groupe avant-gardiste japonais, le MC5, les Stooges ou My Bloody Valentine - traine ses guêtres et son amertume du côté de Miami. Dernière sortie cassette de FLA, Altar étire, d'un bout à l'autre de ses quelque huit morceaux, une ambiance claustrophobe mâtinée d'électricité ferrailleuse. Rythmiques lourdes et lentes, saturations compressées et obnubilantes, voix anémiées et réverbérées, chaque composante d'un shoegaze détrempé de désespoir est bel et bien là, et pourtant on ne se lasse pas de ces saillies parfois agressives (Obelisk, Try), parfois assourdissandes (Conifers, It's Routine), souvent lascives et désenchantées (Void, Cathedral of Death, Thorne). Le conclusif Morningrise - à quelques encablures des Français de Yussuf Jerusalem - tout comme l'entrainant Hawk Moth, glané sur un soundcloud désespérément vide, laisse présager cependant que le suicide n'est pas encore pour demain.

Audio

Tracklist

Fourier - Altar EP (Free Loving Anarchist, 2011)

01. Void
02. Conifers
03. It's Routine
04. Obelisk
05. Try
06. Cathedral of Death
07. Throne
08. Morningrise

Colours - s/t

Sorti en avril 2011, mais enregistré en novembre 2010, ce premier et unique EP de Colours - derrière lequel oeuvre le seul Tom Crandles, résidant à Sydney et par ailleurs membre de Pineapple Head (lire) - est autant un aboutissement pour son géniteur qu'une infinie promesse pour ses auditeurs. Un aboutissement car on sent au travers de ces quatre morceaux la cohérence du propos, le soucis du détail, la maturation des arrangements. Une promesse, car aucune de ces comptines shoegaze ne s'essouffle, ne perd en intensité, n'étiole ses mélodies sur une boîte à rythme jamais désobligeante. Propulsant d'ariennes guitares sur Could I?, distendant une sensuelle complainte le temps des presque sept minutes de I've Watched You Suffer ou baignant de distorsions une pop-song bien troussée, Tom s'adjuge de facto le ton juste, le regard perdu quelque part entre un ciel dardé de soleil et un horizon aussi urbain qu'accablant. Si l'on sent poindre sous le voile des saturations un spleen transperçant de part en part l'EP - et que l'on retrouve à merveille sur Lost by the Sea mise en image par Klaus Von Barrel (voir) et présent sur la compilation beko_hartzine (télécharger) -, celui-ci se pare de ses plus sensibles effets sur la conclusif A Thousand Words tout bonnement imparable.

Audio

Tracklist

Colours - s/t (Free Loving Anarchist, 2011)

01. Could I?
02. Sleeper
03. I've Watched You Suffer
04. A Thousand Words

Pink Playground - Destination Exctasy

On l'aura compris, Pink Playground tient tout autant à coeur à James Wing que son propre label FLA, voire peut-être même plus, partageant celui-ci avec sa femme Tara. Sans doute pour cette raison, Destination Ecstasy - dont il fut déjà question par ici - connaît un destin dépassant le cadre stricto sensu de Free Loving Anarchists avec une parution en LP vinyle via Mexican Summer. Emboîtant à merveille le pas de préalables EP disséminés sur la toile - des inauguraux Pink Dream et Seventeen aux plus récents singles Sunny Skies et Ten parus respectivement sur les labels Zoo Music et Downwards - Destination Ecstasy se révèle à l'aune de multiples écoutes tel LE joyaux shoegaze par excellence de cette année 2011. Indéniablement inspiré par la prosodie monomaniaque du triumvirat anglais composé de My Bloody Valentine, Ride et The Jesus and Mary Chain, le duo texan délaye un hédonisme habilement cousu de saturations blêmes et de vocalises éthérées, tout en étant vertement tancé d'une basse aussi rugueuse qu'obnubilante (Fuck the Wolrd, Severed). Cimes pop sertie de claviers (Sunny Skies, Dark Bloom), embardées bruitistes balayées d'une rythmique échevelée (Ten, Stationary), ou même ballades au romantisme corrodées (I Don’t Know You, Never Was), tout indique que s'il n'y a qu'un chemin menant à l'extase, celui-ci est peut-être le bon - remisant d'un coup d'un seul toute riot grrrrl que ce soit à la plonge.

Audio

Tracklist

Pink Playground – Destination Ecstasy (Mexican Summer, 2011)

A1. Fuck The World
A2. Sunny Skies
A3. I Don’t Know You
A4. Ten
B1. Never Was
B2. Severed
B3. Dark Bloom
B4. Stationary

Vidéos


Primary Structures l'interview

Peu avant Noël, nous avions reçu dans nos souliers, avec bonheur, le premier LP de Primary Structures, nouveau groupe tout droit sorti de San Francisco, ville décidément en pleine ébullition artistique. Réjouis par cet album tombé du ciel, comme on vous l'explique plus largement ici, il n'en fallait pas plus pour nous décider à poser quelques questions à Kyle Williams, chanteur et compositeur de la formation, histoire d'en savoir un peu plus sur ces mystérieux nouveaux venus...

Primary Structures est né des cendres de projets antérieurs. Pouvez-vous nous raconter votre rencontre et comment s'est créé ce nouveau groupe ?
Primary Structures finds its origins in the ashes of formers projects. Can you tell us how did the members meet each others and how was the band born?

Nous fréquentions tous les mêmes cercles artistiques et musicaux à San Francisco et Oakland. Jason et moi avons commencé à jouer ensemble en 2005, lorsque nous avons tous deux formé un projet nommé Volunteer Pioneer, avec Sabrina Duim, une harpiste très talentueuse. Elle était vraiment une star. Malheureusement, elle est décédée environ un an après nos débuts. Puis quelques temps plus tard, un nouveau groupe s'est formé, issu du cercle d'amis proches de Sabrina, qui tentaient tous de surmonter cette perte : moi, Jason, Matt et Ashley. A l'époque, Jason avait aussi demandé à son vieil ami Brian de nous rejoindre pour jouer de la basse.On avait appelé ce nouveau groupe Lady Genius. Puis Ashley s'est mariée et à déménagé. Jason, Matt, Brian et moi, on a alors décidé qu'on continuerait quand même à jouer ensemble, mais de manière différente, avec un son différent. On a donc aussi voulu changer de nom, et on s'est alors baptisés Primary Structures.

We were all in the same art and music circles in San Francisco and Oakland. Jason and I began playing together in 2005 when we formed a project called Volunteer Pioneer, which was the two of us and a talented harpist named Sabrina Duim. She was really a star. But, she unexpectedly passed away about a year after we began playing. Sometime after that, a band came together out of this group of friends that had been close to Sabrina and were all trying to deal with her loss -- that was me, Jason, Matt and Ashley, and at that same time Jason asked his long-time friend Brian to join and play the bass. We called that band Lady Genius. Eventually, Ashley got married and moved away, so we were just down Jason, Matt, Brian and me. We decided we'd keep playing together, but played differently and sounded different, so we wanted to change the name and came up with Primary Structures.

Quelles sont les raisons du choix de ce nom ?
Primary Structures, why this name?

Primary Structures était le nom d'une exposition d'art datant de 1966, durant laquelle avaient étés présentés les travaux de sculpteurs minimalistes, comme Donald Judd, Carl Andre et Sol LeWitt. Ce nom nous est apparu très ouvert, dans le sens où il n'évoquait aucune image ou style de musique particuliers. On aimait aussi d'où ce nom venait : on est tous fans de ces artistes, et Jason et Brian font eux-mêmes des peintures minimalistes, tendance hard edge. C'est donc plutôt bien que notre nom soit en rapport avec une chose pour laquelle on éprouve tous de l'intérêt, sans que cela soit pour autant trop ostensible.

Primary Structures was the name of a 1966 art exhibit that showcased minimalist sculptors like Donald Judd, Carl Andre, and Sol LeWitt. To us, the name seemed open, like it didn't evoke a particular image or style of music. We liked where it came from too; we are all fans of those artists -- Jason and Brian both make minimal, hard-edge paintings themselves -- so it's nice that the name is connected to something we are all interested in without being too blunt about it.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la genèse de cet album ? De quelle manière composez-vous vos chansons ?
Can you tell us a bit more about the genesis of this album? How were your songs made?

J'écris les mélodies et les textes des chansons, avant de les présenter au groupe afin qu'on les travaille et qu'on les arrange ensemble. Jason s'occupe de la guitare, Brian de la basse, Matt de la batterie. Quant à moi, je chante, et joue du synthé sur quelques chansons. Quand nous étions encore cinq, nous avions enregistré un album avec le même tracklisting que l'actuel, mais on en n'était vraiment pas satisfait, et on a tout laissé de côté. Du coup, quand on a commencé Primary Structures, notre point de départ, c'était ça : un semblant d'album composé de chansons dont aucun de nous n'était satisfait. On a donc réécrit l'ensemble des titres, puis on les a enregistrés à San Francisco avec Jason Kick, un super ingénieur du son, avant qu'ils ne soient masterisés par un autre gars très talentueux, Paul Oldham, qui joue et écrit avec son frère Will Oldham au sein des Palace Brothers.

I write the melodies and lyrics for the songs, bring them to the group, and then we arrange them together. Jason plays guitar, brian: bass, matt: drums and I sing and play the synthesizer on a few songs. When we were a five-piece, we recorded an album with a similar list of songs but weren't happy with how it turned out, and canned the whole thing. So when we began Primary Structures, that was our starting point - an album's- worth of songs none of us were happy with. We re-wrote the songs, and then recorded them in San Francisco with a great engineer named Jason Kick, and had them mastered by another talented guy musician, Paul Oldham who plays with and records his brother Will Oldham of Palace Brothers.

Peu d'instruments sont présents sur votre premier album. Était-ce une volonté de votre part de composer vos titres sur la base d'une formation orchestrale réduite ?
There are few instruments on your first album. Was it a choice of yours to compose your songs on the basis of a reduced music group?

Oui, comme je l'ai dit, du temps de notre ancien line-up, les chansons avaient fini par être sur-écrites. Il y avait une seconde guitare, des claviers et du chant sur chaque chanson, et ce qui en ressortait était une sorte de millefeuille sonore, de pop orchestrale et émotionnelle, qui je pense nous plaisait à tous, sans pour autant vraiment correspondre au son que nous souhaitions avoir. Pour l'album, j'ai arrêté de jouer de la guitare, en me contentant d'ajouter un peu de synthé lorsque je pensais que cela apporterait réellement un plus. Jason, Matt et Brian, quant à eux, ont écrit une musique plus dépouillée, avec une vraie direction et plus intéressante que celle qui avait pu être la nôtre avant.

Yeah, as I was saying, with our old line-up the songs ended up being over-written. There was another guitar, keyboard and voice on every song, and the sound that came out was a kind of layered, emotive, orchestral pop sound that I think each of us liked, but didn't really get what each of us really wanted for a sound. For this record, I quit playing guitar, and only added synthesizer where I thought it made a difference, and Jason Matt and Brian wrote music that was straighter, more driving and more interesting than what we'd come up with previously.

L'album apparait taillé pour la scène. Y pensiez-vous déjà en l'enregistrant ? Comment appréhendez vous l'exercice du live ?
The album sounds shaped for live shows. Did you have it in mind while recording it? How do you consider the stage experience of this album?

Je pense que c'est vrai. On souhaitait vraiment enregistrer une version propre et bien foutue de ce qu'on peut faire en live.

I think that's right. We really just wanted to capture a clean, well-made version of what we could do in a live performance.

Lorsque l'on écoute cet album, il semble plus issu de la scène anglaise, voire new-yorkaise, que de celle de San Francisco. Votre ville a-t-elle une influence sur la musique que vous proposez ? Vous sentez-vous appartenir à une scène san franciscaine ?
As we listen to this album, it seems that it is rooted more in the British, or even New-Yorker stage than in the San Francisco one. Does your city influence your music in any ways? Do you feel like you belong to any San Francisco stage?

Personnellement, je n'ai pas ce sentiment d'appartenance. Il y a beaucoup d'excellents groupes issus de San Francisco en ce moment - je suis très fan de Grass Widow, ou The Fresh and Onlys- et parmi eux beaucoup d'artistes psych-garage qui font de la bonne musique et forment une vraie scène san franciscaine. Mais je ne pense pas pour autant qu'on partage les mêmes influences, ou alors si c'est le cas, ça ne nous mène pas au même résultat musicalement parlant.

Speaking personally, I don't think so. There are a lot of excellent bands coming out of San Francisco now - I'm a big fan of Grass Widow and the Fresh and Onlys - and there a lot of other psych-garage acts that are making good music and forming a San Francisco scene, but I don't think that we share the same influences, or if we do, do end up at the same place musically.

Votre musique semble baignée d'influences post-punk. Quelles sont-elles réellement et de quels autres groupes vous sentez-vous proches aujourd'hui ?
Your music seems bathing in post punk influences but what are trully your influences and to which bands do you feel close to musicwise?

Oui, c'est vrai qu'on a beaucoup d'influences post-punk, mais à nous quatre je crois que tous les goûts sont représentés. Je pense qu'on partage effectivement des influences, comme Pavement, The Smiths ou Talking Heads, qui ont pour particularité la capacité de pouvoir s'attacher à un songwriting solide, tout en continuant à composer des musiques simplement, comme un groupe peut le faire. J'aime particulièrement la façon dont ces artistes peuvent écrire des musiques et des mélodies magnifiques sans pour autant sonner trop popeux ou sentimentalistes (oui oui, même The Smiths, vraiment !). J'aime aussi la façon dont ils sont capables de transfigurer ces mélodies pour en arriver collectivement à un résultat noisy.

I think that's correct, that we have a lot of post-punk influences, but between the four of us, I think we're all over the place. I think we share influences, like Pavement, The Smiths, and Talking Heads that are about using the skills of a group to focus on strong songwriting, while still writing music like a band. I particularly appreciate how those bands could write really interesting, beautiful music and melodies without seeming too poppy or overly emotional (even The Smiths really). And how they'd be able put those melodies into noisy, collaborative arrangements.

L'album désormais sorti via Gold Robot Records, quels sont vos futurs projets ?
The album now out via Gold Robot Records, what are your plans for the future?

Les projets, c'est de continuer à jouer et composer, et puis passer cette nouvelle année à faire la promotion de l'album. On espère aussi mettre sur pieds une courte tournée en Europe à la fin de l'année.

Our plans are too keep playing and writing music, and to spend the year supporting the record. We're hoping to plan a short tour in Europe by the end of the year.

Et que vas-tu faire, là, juste après cette interview ?
And what are you gonna do just after this interview?

J'aurais aimé avoir une réponse un peu plus sexy, mais là je suis sur le point d'aller chanter des classiques de Noël.

I wish I had a sexier answer, but I'm about to go Christmas caroling.


Yves/Son/Ace - Wallet

Yves/Son/Ace, déjà responsable en 2009 d'une cassette et d'un LP sur Night People, Cold Showers et Parade Of Thoughts/Can’t Sleep, n'est autre que le projet en solitaire de Matthew Ford, par ailleurs membre de Factums, groupe post-punk lo-fi - à situer quelque part entre Chrome, Cabaret Voltaire ou Throbbing Gristle - auteur de deux LP via Siltbreeze Records (Alien Natives) et Sacred Bones Records (The Sistrum). Celui qui fut aussi batteur d'Intelligence - autre formation punk lo-fi de Seattle - poursuit son exploration des labels de bon goût mais traverse cette fois-ci l'Atlantique pour trouver refuge sur les sillons pressés de La Station Radar. Unsung, 12" composé de vingt morceaux - relève de l'ode à l'expérimentalisme synth-pop et est disponible dès à présent en . Wallet, traduite par l'image selon le savoir-faire de Tyler Bosch, en est le premier extrait. Magnétique.

Vidéo


Chronique, Interview et mixtape : The Garment District

New-York, downtown. Entre la Cinquième et la Neuvième Avenue et de la 34e à la 42e rue, The Garment District étale ses fastes et imprime les modes vestimentaires : cet immense quartier absorbe - outre de nombreux entrepôts et d'innombrables ateliers de confection de vêtements - l'Empire State Building, le Madison Square Garden en plus de l'un des plus grands magasins du monde, le Macy's. La démesure à l'américaine, comme souvent, pour un lieu réputé être l'une des places fortes mondiales de la création et de l'habillement. The Garment District, encore et toujours, ou le patronyme sous lequel Jennifer Baron déploie solitairement sa verve mélodique. "The Garment District - nous apprend elle dans l'interview qui suit - évoque un sens de l’artisanat, du travail créatif et de la production, qui, je l’espère, se retrouve dans ma musique et mes vidéos. J’aime beaucoup l’idée de prendre un concept englobant un espace qui aurait certaines connotations - et qui implique une quantité inimaginable de travail et d’énergie humaine à une échelle de consommation en masse - pour l’associer avec un projet très artisanal, tactile et viscéral." A l'écoute de Melody Elder - LP disponible digitalement par ici et récemment sorti en cassette via l'inestimable label de Shawn Reed, Night People - les mots de Jennifer tombent sous le sens de cette musique cousue main, intimiste et expérimentale, mais tutoyant sans relâche d'imprescriptibles desseins, telles l'harmonie, la filiation ou l'innovation. Une tension vitale entre l'un et l'infini qui confère à ses chansons une insondable mélancolie, celle légère et bleutée, que l'on porte avec discernement sur une vie déjà bien remplie. Car si The Garment District est un récent projet pour cette multi-instrumentiste patentée, Jennifer est loin d'être née de la dernière pluie. Habitant désormais Pittsburgh, elle connait bien New-York pour y avoir fomenté - à la mi-temps des années quatre-vingt dix - et ce en compagnie de son désormais ex-mari Jeff et d'une triplette composée de Gary Olson, Edward Powers et Javier Villegas, The Ladybug Transistor, l'une des formations les plus excitantes affiliées au collectif Elephant 6.

1995, l'indie rock se fait escroquer sur l'autel de la renommée : si Pavement et Sonic Youth résistent nonchalamment, le haut du pavé est tenu par des groupes aussi excitants que Silverchair et Bush. Une sale époque enfantée par la glorification commerciale de Cobain et ses apôtres. Dans l'ombre, Big Apple assure le passage de témoin. Le do it yourself pop incarné par Sarah Records (lire) migre de Bristol à l'autre rive de l'Atlantique : à l'initiative de Robert Schneider et de ses Apples In Stereo, une flopée de groupes, à la fois fascinés par les sixties - des Byrds aux Sonics en passant par les inévitables Beach Boys - et l'avant-gardisme, envahissent les ondes dès 1995 sous la bannière de l'Elephant Six Collective. Parmi eux se distinguent les Neutral Milk Hotel, The Olivia Tremor Control, Elf Power, Of Montreal et donc The Ladybug Transistor. Participant à substituer à la pression commerciale le plaisir de jouer une pop légère - en agrémentant celle-ci d'instruments jusqu'alors incongrus, tels le violon et le saxophone -, The Ladybug Transistor connait son apogée à l'orée d'un troisième album, The Albemarle Sound (1999), avant de glisser lentement mais sûrement dans un relatif anonymat. Groupe à géométrie variable, leur sixième album Clutching Stems, est paru en juin dernier, toujours sur Merge Records.

Jennifer quitte l'aventure dès 2002 et coupe pour un temps toutes relations avec l'univers discographique. L'occasion pour elle de déménager et d'approfondir ses autres lubies liées notamment à l'art contemporain. Il lui aura ainsi fallu un peu moins d'une dizaine d'années pour se réapproprier la production d'un disque, avec cette ferme volonté de ne pas reprendre les choses là où elle les avait laissées. "J’avais l’habitude de me concentrer sur l’idée du “morceau”, et parfois, ça peut finir par restreindre et bloquer l’élan créatif. J’ai voulu essayer différentes approches avec Melody Elder." Dès Only Air, morceau introductif, on perçoit cette liberté de ton ne pouvant aller de pair qu'avec un projet d'album conçu sur la durée, dans son entièreté, avec comme fil conducteur l'omniprésence de claviers aux sonorités anachroniques, à situer quelque part entre un psychédélisme très sixties et cette vision panoramique que conférait Ennio Morricone aux films pour lesquels il composait. Unique chanson à prétention pop de Melody Elder - sur lequel Jowe Head (Television Personalities, Swell Maps) love sa basse - Bird Or Bat ferait, sortie de son contexte, immédiatement penser aux volutes sirupeuses des trois New-Yorkaises d'Au Revoir Simone, si elle n'était pas sertie d'une relecture déconstruisant celle-ci dans ses moindres recoins (Bird Or Bat Reprise). Entre sinuosités mélodiques (The Parlance, Apple Bay Day), ambient cinématographique (I Am Not The SingerSupermoon) et patchwork sonores du plus bel effet (Mountain Highway Hymnal RainGaza DriftPush), difficile de ne pas sentir Jennifer coucher sur bandes magnétiques d'éparses bribes de sa propre biographie. L'interview qui en découle témoigne dans ses grandes largeurs de cette générosité curieuse tandis que la mixtape composée par ses soins - à écouter et télécharger plus bas - ne fait qu'enfoncer le clou tant elle regorge de trésors cachés.

Interview

Qui es-tu Jennifer ?
Who are you Jennifer?

Un être en construction : née sous le signe du Lion, rêveuse, amoureuse de la mer, insomniaque, sceptique, accro au café, oiseau de nuit, collectionneuse, grande sœur et fille aînée. Une partie de l’histoire : je m’appelle Jennifer Baron, multi-instrumentiste de The Garment District. Avant, je jouais de l’orgue, du mélodica et des percussions avec un groupe de soul de Pittsburgh, The New Alcindors, avec qui j’ai eu le privilège de pouvoir utiliser un ampli qui appartenait à Clarence White de The Byrds, alors qu’on enregistrait dans le légendaire Castle Studios de Nashville.

Alors que je vivais à Brooklyn jusqu’en 2002, j’ai fondé en partie The Ladybug Transistor (Merge Records). Parmi de nombreuses expériences enrichissantes, alors qu’on tournait aux États-Unis, au Canada, en Europe et en Scandinavie, on a joué avec Belle & Sebastian, Broadcast et Mercury Rev au Bowlie Weekender (le premier All Tomorrow’s Parties). Puis on a tourné avec nos potes de Of Montreal, The Lucksmimths et d’autres membres de Elephant 6. On a collaboré avec Kevin Ayers de Soft Machine sur une reprise de son morceau Puis-je ? (voir), pour la compilation Pop Romantique: French Pop Classics (Emperor Norton Records).

J’ai travaillé au sein de l’immense Brooklyn Museum of Art et à la Mattress Factory de Pittsburgh. C'est une galerie d’art contemporain pionnière en la matière et un lieu de résidence où beaucoup de mes artistes préférés ont travaillé comme James Turrell, Yayoi Kusama, John Cage, Kiki Smith, et Rolf Julius. J’aime et collectionne tout ce qui est fait main de façon presque obsessive, et j’aide au fonctionnement de Handmade Arcade, une foire aux travaux manuels et DIY à Pittsburgh. En 2010, j’ai co-produit un livre sur l’art des panneaux rétros : Pittsburgh Signs Project - 250 Signs of Western Pennsylvania.

A work in progress: Leo, dreamer, ocean craver, insomniac, skeptic, optimist, coffee junkie, nocturnal, collector, big sister, first born. Part of the story: I am Jennifer Baron, multi-instrumentalist of The Garment District. I previously played organ, melodica and percussion in the Pittsburgh soul combo, The New Alcindors, with whom I once had the privilege of using a Fender guitar amp that belonged to Clarence White of The Byrds, while recording at Nashville’s legendary Castle Studios.

While living in Brooklyn until 2002, I was a founding member of The Ladybug Transistor (Merge Records). Among my many transformative experiences then were touring in the U.S., Canada, Europe, and Scandinavia; performing with Belle & Sebastian, Broadcast and Mercury Rev at The Bowlie Weekender (the first All Tomorrow’s Parties); touring with musical comrades such as Of Montreal, The Lucksmiths and Elephant 6 friends; and collaborating with Soft Machine co-founder Kevin Ayers on a cover of his song “Puis-Je?” for the “Pop Romantique: French Pop Classics” compilation (Emperor Norton Records).

I have worked at the vast Brooklyn Museum of Art and in Pittsburgh at the Mattress Factory, a pioneering contemporary art space, where many of my favorite international artists have worked in residence, including James Turrell, Yayoi Kusama, John Cage, Kiki Smith, and Rolf Julius. I am an obsessive crafter/collector and I help run Handmade Arcade, Pittsburgh's DIY/indie craft fair. In 2010, I co-produced a book about vintage signs: Pittsburgh Signs Project: 250 Signs of Western Pennsylvania.

Peux-tu présenter The Garment District en quelques mots ?
Can you describe The Garment District in few words?

Parfois vague, parfois articulé, des chansons et des sons qui divaguent entre pop psyché, bande-son, expérimentation et musique d’ambiance au synthé. Un ami le décrit mieux, en disant que Melody Elder rentre dans sa playlist “rêverie”, quand un rédacteur de Tiny Mix Tapes écrit que Bird Or Bat est à classer au rayon ballades nocturnes. J’approuve volontiers tout ça.

Sometimes hazy, sometimes articulate—songs and sounds that hover at the intersection of psych-pop, soundtracks, experimentation, and synth-driven ambience. A friend describes it better, saying Melody Elder is going into his “reverie playlist,” and a Tiny Mix Tapes blogger wrote that “Bird Or Bat” is his “new night-walk jam.” I’ll gladly take that. 

Peux-tu expliquer le choix du nom du groupe, The Garment District ?
How did you come up with the band name?

The Garment District, c’est moi, parfois aidée de quelques amis et membres de ma famille. J’ai eu l’idée du nom car il reflète ma passion pour la mode vintage, la couture et les travaux manuels, ainsi qu’un respect profond pour les femmes - dont beaucoup restent anonymes - travaillant dans de dangereuses conditions tout autour du monde.

J’aime créer et fabriquer, et ce nom est en phase avec mes autres intérêts artistiques. Je suis très attirée par la façon dont certains mots résonnent et par leur graphisme, à la fois quand ils sont parlés/entendus et quand ils sont écrits en police de caractère. Pour moi, The Garment District évoque un sens de l’artisanat, du travail créatif, de la production et de l’innovation, qui, je l’espère, se retrouve dans ma musique et mes vidéos. J’aime beaucoup l’idée de prendre un concept englobant un endroit/espace qui aurait certaines connotations - et qui implique une quantité inimaginable de travail et d’énergie humaine à une échelle de consommation en masse - pour l’associer avec un projet très artisanal, tactile et viscéral. Surtout que ce premier projet est en édition limitée, via des K7 faites maison. Quand je vivais à New-York, j’adorais faire du shopping, en quête de bricoles et autres tissus vintage sur Canal Street et dans les entrepôts de Brooklyn.

The Garment District is me, with the occasional help of a few patient family members and friends. I came up with the name to reflect my love for vintage textiles and fashion, sewing and crafting, as well as my deep respect for the women —many anonymous— who toiled in dangerous conditions in specific neighborhoods in cities around the world.

I am a crafter, so the name suits my other artistic outlets. I am very drawn to the way certain words sound and look, both when spoken/heard and when written as typeface. For me, The Garment District implies a sense of making, creative labor, production, and innovation that I hope is reflected in my music and videos. I like the idea of taking an overarching concept of a place/space that has certain connotations, and that involved an unfathomable amount of human labor and energy on a mass commercial scale, and co-opting it for a project that is very homespun, tactile and visceral, especially given that my debut release is via a handmade limited-edition cassette. When I lived in NYC, I was obsessed with shopping for vintage trimmings on lower Canal St. and in Brooklyn warehouses.

Comment définirais-tu ta musique et quelles sont tes influences essentielles ?
How would you describe your music, and who are your biggest influences?

Quand je compose, je ne pense pas concrètement ou consciemment en termes d’influences. Je me concentre sur l’écoute de ce qui se passe dans ma tête, comment l’interpréter et lui donner vie avec des sons. J’espère parvenir ainsi à créer quelque chose indépendant de ce qui se passe cérébralement. Le cinéma (je regarde beaucoup de documentaires), tout comme la musique, avec des films comme Picnic at Hanging Rock, The Swimmer, Bunny Lake Is Missing, The Wicker Man, Grey Gardens, Seconds, Suspiria, ainsi que le cinéma expérimental des années 60-70, m’inspirent pour y parvenir. Je considère l’inspiration comme une force, une énergie, plutôt que comme une influence littérale. Tout ça s’infiltre dans l’inconscient et finit par se retrouver de façon artistique sans que l’on puisse le reconnaître. J’admire énormément et je peux être exaltée par une grande variété de différents types de musique : la musique psychédélique des années 60-70, la folk, la pop, le garage, le freakbeat ; le rocksteady et le ska, les débuts de l’électro, le free jazz ; le hip-hop new-yorkais des années 1980 ; la pop et la new wave écossaise, néo-zélandaise et australienne, les bande-sons et les musiques de séries et de dessins animés.

Je m’inspire tout aussi bien de Sesame Street, de la BBC Radiophonic Workshop, des livres pour enfants de Remy Charlip que de mes albums préférés, notamment ceux des Beach Boys, Lee Hazlewood, Gene Clark, Syd Barrett, The Left Banke, The Zombies, The Soft Machine, Kraftwerk, Brian Eno, Love ou The Kinks.

Il y a des albums qui feront toujours partie de ma vie et puis il y a aussi ces moments où l’on a le plaisir de découvrir quelque chose qu’on n’avait jamais entendu avant, et où on réalise à quel point garder l’esprit ouvert est important. Par exemple, lorsque j’ai écouté une réédition de UFO de Jim Sullivan en 2010. Mes parents nous ont élévés, mes trois frères et moi, avec la trinité “Léonard Cohen-Bob Dylan-Neil Young”. Les LP des Beach Boys ont été nos premiers jouets. Ce genre d’inspiration provient de quelque chose d’inaccessiblement beau et qui ne pourra jamais revenir, et pourtant encourage la création. Des projets contemporains m'inspirent aussi : KWJAZ, Rangers, Matrix Metals, Peaking Lights, Wet Hair, James Ferraro et The Soft Moon.

Je me sens souvent un peu dépassée par toutes ces nouvelles musiques qui se propagent à la vitesse du feu, surtout que la musique est partagée de façon digitale. Je me tiens souvent en retrait et n’écoute que la musique dont je dispose en vinyle. Ecouter, c'est découvrir la vision d’une personne de manière plus complète, authentique et viscérale. Je sais que ce n’est pas toujours faisable ou approprié, alors j’essaie aussi d’adopter un mode de partage de la musique plus temporel et fracturé.

Certains de mes groupes préférés des années 90 me font toujours monter les larmes aux yeux : Neutral Milk Hotel, Gorky's Zygotic Mynci, Broadcast, Beachwood Sparks, The Supreme Dicks, My Bloody Valentine, The Olivia Tremor Control et même les Français de Fugu. Il y a pas mal de rééditions d’albums des années 60 aux années 80 qui sortent sur des labels comme Sundazed, Light in the Attic, Dark Entries, et Numero Group. Ça me fait tourner la tête.

When I write music, I don’t concretely or consciously think about influences. I focus on listening to what is in my head and interpreting and giving it form via sound. My hope is that it takes on a new life that is out of my control cerebrally. Films (I am addicted to watching documentaries)—as much as music—such as Picnic at Hanging Rock, The Swimmer, Bunny Lake Is Missing, The Wicker Man, Grey Gardens, Seconds, Suspiria—and experimental cinema of the 1960s-1970s—inspire me to translate what I hear in my head into music. I think more in terms of inspiration as an energy force, rather than a traceable or literal influence. Things seep into your subconscious and may end up making their way into your artistic voice in unrecognizable or partially discernible ways. I am endlessly in awe and of and uplifted by a massive range of music—1960s-1970s psychedelia, folk, pop, garage, freakbeat; 1950s-1960s rocksteady and ska; early electronic music; free jazz; 1980s NYC hip hop; 1970s-1980s pop and new wave from Scotland, New Zealand and Australia; and film soundtracks and TV and cartoon theme shows.

I can be just as inspired by a Sesame Street interstitial or a BBC Radiophonic Workshop vignette, or by children’s books by Remy Charlip, as I can by my favorite albums by The Beach Boys, Lee Hazlewood, Gene Clark, Syd Barrett, The Left Banke, The Zombies, The Soft Machine, Kraftwerk, Brian Eno, Love, or The Kinks. There is music that will always just BE in my life, and then there is that amazing moment when you discover something you have never heard before, when you realize how crucial it is to always keep your mind open and listening and waiting. An example of that came for me when I first heard the 2010 reissue of Jim Sullivan's haunting UFO. My parents raised my three brothers and me on what I call the "Leonard-Cohen-Bob-Dylan-Neil-Young-Trinity," and their Beach Boys’ LPs were our first toys. That kind of inspiration comes from something that is so unattainably beautiful and can never be repeated, yet it also propels you to create. Contemporary stuff I listen includes KWJAZ, Rangers, Matrix Metals, Peaking Lights, Wet Hair, James Ferraro, The Soft Moon.

I get quite overwhelmed by the rapid-fire influx of new music, especially given the way music is shared digitally, so I often retreat and only want to listen to music I own on vinyl. For me, it’s a more complete, visceral and authentic experience of someone's vision, but I know that is not always feasible or relevant, so I try to also embrace the more temporal fractured exchange of music. Some of my favorite music from the 1990s still moves me to tears, such as Neutral Milk Hotel, Gorky's Zygotic Mynci, Broadcast, Beachwood Sparks, The Supreme Dicks, My Bloody Valentine, The Olivia Tremor Control, Fugu (from France). There are astounding 1960s–1980s reissues to keep up with on labels like Sundazed, Light in the Attic, Dark Entries, and Numero Group—it makes my head spin.

Si tu es obligée de t'exiler sur une île déserte, quels disques emmènerais-tu avec toi ?
If you were stranded on a desert island what records would you want with you?

J’ai un besoin maladif de vivre près de la mer, en partie parce que je suis née au Jersey Shore Medical Center. Toutes mes photos de bébé sont à la plage. La mer me procure un sentiment de bonheur absolu que je ne peux pas retrouver ailleurs, alors le bruit des vagues pourrait me suffire. Mais comme je ne peux pas vivre sans musique :

I crave the ocean, partially because I was born at the Jersey Shore Medical Center. All of my baby pictures are on beaches. The sea provides a state of bliss that I cannot attain elsewhere, so the waves would serve as album numero uno. But I cannot live without music, so for starters:

Mayo Thompson - Corky’s Debt to His Father
The Golden Dawn - Power Plant
John Cale - Paris 1919 & Vintage Violence
Kaleidoscope - Tangerine Dream
Judy Henske and Jerry Yester - Farewell Aldebaran
Harald Groskopf - Synthesist
Jim Sullivan - UFO
Gene Clark - Echoes and Roadmaster
The Beach Boys - Pet Sounds
Brian Eno - Here Come the Warm Jets & Talking Tiger Mountain (By Strategy)
New Order - Power, Corruption & Lies
Neil Young - Neil Young

Quels sentiments/message essaye-tu de faire passer dans ta musique ?
What kind of vibe/message are you trying to convey with your music?

Ce que j’entends dans vos oreilles. Je vais laisser ça à ceux qui m’écoutent. J’espère sincèrement que des relations importantes et viscérales se créent entre mon public et ma musique. Quand j’écris, je ne pense pas à faire passer un message. Pour moi, Melody Elder reflète des sons rééls et imaginaires issus de la folk et de la psyché, des décors et des protagonistes, ainsi qu’un son inhabituel mais vaguement familier. Je reste très attachée aux objets en général, en incluant des instruments analogues, et aussi aux mélodies évocatrices, aux expériences de fracture, texture et aux sentiments provoqués par des endroits et des expériences diverses. Je préfèrerais laisser la parole à ce qu’a écrit un de mes amis musiciens à propos de Melody Elder:

"Ta musique me rappelle quand j’avais dix ans, et que j’étais resté à la maison, malade un jour d’école, à regarder Inside/Out sur PBS. L’album me donne envie d’un retour mélancolique au temps d’une lointaine solitude virginale, et d’un bonheur magique, elfique, comme sous l’effet de champis hallucinogènes."

What I hear into your hears. I will leave most of that up to listeners. I genuinely hope that meaningful relationships and visceral connections are formed between listeners and my music. When I write, I don’t actually think about a message. For me, Melody Elder reflects real and imagined folk-psych sounds, settings and heroes, as well as an unusual yet vaguely familiar sound. I am very attached to objects in general, including analog instruments, and to evocative melodies, fractured experience, texture, and impressions of places and experience. I’d rather defer to what a musician friend of mine wrote, after he heard Melody Elder:

"Your music makes me feel like I am 10 years old, stayed at home sick on a school day watching Inside/Out on PBS. The record gives me the oddest combination of wistful wanting to go back to some far away virginal loneliness and a more blissful almost mushroom-tripping elfin magic thing."

As-tu des attentes particulières avec Melody Elder?
Did you have specific goals for Melody Elder?

Sortir une K7 sur Night People était un rêve pour moi. J’aimerais beaucoup sortir Melody Elder sur vinyle. J’espère pouvoir commencer à jouer sur scène très bientôt. Ça me manque terriblement et on n’arrête pas de me poser la question. Quand je ne voyage pas, je deviens claustrophobique et je me sens comme piégée. Les voyages en Europe me manquent, et j’aimerais beaucoup revenir en France, qui est un pays très beau. En ce moment, je me concentre sur de nouveaux morceaux, et je répète avec un batteur et un bassiste tous deux très talentueux. Je pense pouvoir enregistrer cet hiver. C’était très satisfaisant de pouvoir entendre les morceaux prendre une nouvelle forme. J’enregistre également des nouveaux morceaux dans notre studio très lo-fi de Golden Mountain Frequencies.

C’était assez libérateur de pouvoir écrire et enregistrer Melody Elder, après avoir été dans des groupes qui suivaient une routine plus ou moins huilée en termes de composition, enregistrement et tournées. Quand j’écris, j’écoute attentivement la composition pour tenter de trouver la forme la plus authentique, afin de lui donner un enregistrement permanent, et j’essaie de filtrer et extraire les mélodies qui me viennent naturellement. J’avais l’habitude de me concentrer sur l’idée du “morceau”, et parfois, ça peut finir par restreindre et bloquer l’élan créatif. J’ai voulu essayer différentes approches avec Melody Elder.

Releasing a tape on Night People is a dream come true. I’d love to release Melody Elder on vinyl. I hope to start playing live again soon. I miss it desperately, and keep getting asked about that. If I don’t travel I feel claustrophobic and landlocked. I miss traveling on a semi-regular basis to Europe, and would love to return to beautiful France. Currently I am focusing on new songs, rehearsing with an amazing drummer and bassist, and plan to record this winter. It’s been satisfying to hear the songs take on a new life. I am also recording new stuff at our totally lo-fi Golden Mountain Frequencies home studio.

It was somewhat liberating for me to write and record Melody Elder, after being in bands that followed a more structured existence, in terms of writing, recording and touring. When writing, I listen closely to a composition to figure out what is the most authentic way for it to be given a permanent record in sound and try to sift through and filter the melodies I hear naturally. I used to be firmly focused on the idea of "the song," and sometimes that can be restrictive and can inhibit creativity, thus I tried to allow for a variety of approaches on Melody Elder.

Comment as-tu rencontré Jowe Head ?
How did you meet Jowe Head?

Le légendaire et indéfinissable Mister Jowe Head, un type vraiment merveilleux ! Je suis une grande fan de Television Personalities et des Swell Maps, et je l’ai rencontré pour la première fois à la fin des années 90. Il est resté chez nous, à Brooklyn, dans une maison victorienne à la réputation assez mythique au coeur de Flatbush, où des groupes restaient assez souvent. Un documentaire français y a même filmé une des scènes avec Salman Rushdie et Paul Auster ! Jowe répétait dans notre studio de Marlborough Farms (tenu par Gary Olson de The Ladybug Transistor), et montait sur scène avec nos potes Hamish Kilgour de The Clean et Lisa Siegel de The Mad Scene.

Lors d’un énorme blizzard sur la côte est, on était tout deux coincés. Jowe et moi avons spontanément enregistré quelques morceaux avec Ed Powers, le premier batteur de The Ladybug. On se donnait le nom de Cabin Fever, Jowe écrivit des paroles inspirées par le western de 1953, Shane, avec Jack Palance et Van Hefli et les deux morceaux ont fini sur une compilation de Windless Air Music. On est resté en contact au fil des ans et malgré la distance. J'ai été très touchée lorsque Jowe nous proposé d'ajouter des basses sur Bird Or Bat.

The legendary and elusive Mister Jowe Head, a truly delightful fellow. I am a huge Television Personalities and Swell Maps fan, and first met lovely Jowe in the late 1990s, when he stayed at our place in Brooklyn—a fairly legendary Victorian house in tree-lined Flatbush, where bands crash regularly, and where a French documentary once filmed a scene with Salman Rushdie and Paul Auster! Jowe was rehearsing in our Marlborough Farms studio (run by Gary Olson of The Ladybug Transistor), and playing shows with our friends Hamish Kilgour (The Clean) and Lisa Siegel of The Mad Scene.

During a massive East Coast blizzard, when we were trapped indoors, Jowe and I spontaneously recorded a few songs with original Ladybug drummer, Ed Powers. We dubbed ourselves Cabin Fever, Jowe penned lyrics based on the 1953 Western, Shane, starring Jack Palance and Van Hefli, and two songs ended up on a Windless Air Music compilation. We remained in touch over the years and the distance, and it was very special to me that Jowe offered to add bass to Bird Or Bat.

Only Air est un superbe morceau. Peux-tu me raconter dans quelles conditions tu l'as composé ? Tous les morceaux ont une histoire particulière pour toi ?
Only Air is a magnificent song. Can you tell me in what conditions you composed it? All the songs have a particular story for you?

Merci beaucoup. Je m’intéresse à la convergence entre une musique pop pure et des sons plus ambients, expérimentaux et élusifs, ainsi qu’aux contradictions comme le fait de vouloir contrôler et laisser faire. Faire de la musique est pour moi similaire à de l’alchimie, ou peut-être à avoir de la fièvre. Ce n’est pas facile d’en discuter et parfois, il vaut mieux garder le procédé caché ou privé.

Je me souviens du jour où j’ai écrit Only Air, qui commence par une suite d’accords très spécifique et sur une rythmique assez distincte, à la fois pour le couplet cadencé et le refrain frénétique, le tout sur un Hohner vintage. Je suis très orientée sur la mélodie et pas vraiment sur le chant, alors j’écris diverses mélodies qui se superposent et des harmonies avec différents instruments, comme ici, la guitare, le mélodica et du synthé.

C’étai un vrai bonheur de travailler avec Kevin C. Sea (The Artificial Sea), car c'est un sacré collectionneur de matériel vintage, un manipulateur ingénieux de synthé et artiste du son. Only Air est vraiment la rencontre choc de quelque chose de flottant et d'insouciant, malgré une nostalgie latente, dénuée de ce qu’implique le chant.

Le narratif, les idées et les expériences peuvent se traduire par des ambiances, des textures et la mélodie. Quand j’ai découvert dans des archives les films de Greenwich Village dans les années 60 pour la vidéo (éditée par Keith Tassick), j’ai trouvé vraiment étrange la façon dont ils allaient avec la musique en termes d’ambiance et de tempo. J’ai vécu dans le East Village et j’ai passé tellement de temps à me balader jour et nuit dans les environs de Manhattan. De nombreuses années plus tard, je rêve encore de mes errances dans les rues de New-York. Je suppose qu’il s’agit de ma façon d’exprimer mon amour pour ces expériences passées, et pour ces années et cet endroit, dans le Village que je ne connaissais en fait pas, donc il s’agit moins de nostalgie que de désir.

Merci beaucoup. I am very interested in the convergence of pristine pop music and the vibe/feel of more ambient experimental and elusive sounds, and in contradictions like wanting to have control and letting go. I think there’s something akin to alchemy, or maybe having a fever, about writing music. It’s difficult to discuss and sometimes best to keep the process hidden or private.

I do recall the day I wrote “Only Air” which began as a very specific chord progression and slightly distinct rhythm, for both the lilting verse and the frenetic chorus, on my vintage Hohner. I am very melody oriented, not much of a vocalist at all, so I write multiple layered melodies and harmonies on instruments, such as with the guitar, melodica and dueling synth lines on “Only Air.”

It was a joy to work with Kevin C. Smith (The Artificial Sea), because he is quite the vintage gear collector, circuit bender and sound artist. "Only Air" is definitely a collision of something buoyant and carefree, yet with undertones of longing, and purposely stripped of the implications of vocals.

Narrative, ideas and experience can be conveyed through vibe, texture and melody. When I discovered the archival 1960s-era footage of Greenwich Village for the video (edited by Keith Tassick), it was uncanny the way it naturally fit the music in terms of vibe and tempo. I used to live in the East Village and spent so much time walking around lower Manhattan at all hours of the day and night. Many years later, I still have dreams that I am wandering aimlessly around the streets of NYC. I suppose this is my love letter to those experiences, and to a time and place in the Village that I actually never knew, so it’s not nostalgic, but rather longing.

Melody Elder sort sur Night People Records. Peux-tu expliquer en quelques mots ton histoire avec le label ?
Melody Elder was released on Night People Records. Can you say a few words about your history with this label?

J’ai vu Wet Hair jouer à Pittsburg en 2010, dans un endroit appelé The Shop, un ancien bâtiment aux usages divers qui a été transformé en salle de concert et galerie d’art. J’étais allée voir un autre groupe - je ne me souviens plus du nom - et en fait, j’ai été renversée par Wet Hair. J’adore leur mélange de bruits électroniques et de musique pop entraînante : une atmosphère très distincte se crée et qui leur est unique, mais qui me rappelle aussi mes groupes préférés comme New Order, The Clean et Spacemen 3.

J’ai été vraiment emballée par leur sélection de K7 et 45 tours en édition limitée et j’ai échangé quelques mots avec Shawn. Quelques mois plus tard, j’envoyai quelques morceaux en cours à Shawn et il me demanda si je voulais enregistrer une K7. J’ai tout de suite accepté. J’admire Night People et leur soin pour le fait-main - en termes de donner un nom et de créer le désign pour un K7 - et  j’étais déjà fan de Wet Hair, de Peaking Lights, Dirty Beaches, Naked on the Vague et Dan Melchior. J’ai toujours voulu sortir une K7, car avec mes groupes précédents, je ne l’avais fait que sous la forme de CD et de vinyles. Je suis infiniment reconnaissante envers Shawn pour avoir répondu à ma musique.

I saw Wet Hair play in Pittsburgh in 2010, at a space called The Shop, a former mixed-use complex that's been rehabbed as a performance/gallery venue. I went there to see another band—I cannot recall whom—and ended up being blown away by Wet Hair. I love their fusion of electronic noises and catchy pop music—it’s a distinct atmosphere that seems their own, but also recalls some of my favorite bands, such as New Order, The Clean and Spacemen 3.

I was taken with their selection of beautiful limited-edition cassettes and 45s, and spoke briefly with Shawn. A few months later, I sent a few tracks in progress to Shawn, and he asked me if I wanted to do a tape. Instant affirmative. I admire Night-People's attention to the slow handmade process—in terms of both dubbing and designing tapes—and I was already a fan of Wet Hair, as well as of Peaking Lights, Dirty Beaches, Naked on the Vague, Dan Melchior. I have always wanted to release music on tape, because in my previous bands, I have only done so on vinyl, 7" and CD. I am incredibly grateful that Shawn responded to the music.

Peux-tu expliquer comment a été créée la pochette de Melody Elder ?
How'd you come up with the album art for Melody Elder? Is the album art and packaging as important as the music itself?

Le design de la pochette a été créé par Shawn Reed. C’était la première fois que j’étais impliquée dans une sortie sans participer au design. J’admire la vision esthétique constante de Night People, et tout particulièrement celle de Shawn et son utilisation des couleurs, de la texture et du collage. J’étais en territoire inconnu - un challenge à titre personnel : il était très difficile de ne pas prendre part à cette étape du processus, encore moins car je suis quelqu’un de très visuel. Je suis attirée par les juxtapositions de couleurs vives, qui m’entourent chez moi, à travers mes collections de choses vintage, et j’étais contente des déclinaisons de jaunes et de violet, du collage et de ses qualités tactiles d’objet fait-main.

C’est un honneur pour ma musique d’être représentée ainsi. J’ai toujours un lecteur cassette dans ma vieille Volvo et quand j’étais enfant, pendant l’âge d’or des K7, je passais mon temps à faire des mixtapes et à en dessiner les pochettes. Parmi ces K7, on trouvait des groupes que j’aime toujours : Game Theory, New Order, The Velvet Underground, Prince, The Smiths, Galaxie 500, The Go-Betweens, Orange Juice, The Feelies, Psychic TV, The Jesus and Mary Chain. Quand j’achetais des K7, je refaisais souvent les pochettes, et il m’en reste des tonnes. Je suis fascinée par le côté précieux des K7 en éditions limitées. C’est une sorte de devise culturelle. Les K7 sont brutes et encombrantes, mais aussi magiques. Cette fine et fragile bande qui contient tellement de données, d'énergie et de communication. Sortir une K7 s’est fait dans le prolongement naturel de mon appartenance à la scène DIY et artisanat indé.

The artwork was designed by Shawn Reed. This was my first time being involved in a release that I did not have a direct hand in designing/packaging. I admire the consistent visual aesthetic of Night-People, particularly Shawn’s use of color, texture and collage. It was unknown territory for me—a challenge personally—to have to let go of that stage of the process, especially since I am a very visual person. I am drawn to bold juxtapositions of color—which surround me at home in my obsessive collections of vintage wares—and I am thrilled with the yellow and purple color scheme, the collage-based process and the handmade tactile qualities.

It’s an honor for me to have my music represented in such a visual way. I still have a tape player in my old Volvo, and I was a kid during the heyday of cassette culture, constantly making mixes with hand-designed artwork. Those tapes included bands I still love—Game Theory, New Order, The Velvet Underground, Prince, The Smiths, Galaxie 500, The Go-Betweens, Orange Juice, The Feelies, Psychic TV, The Jesus and Mary Chain. When I purchased tapes, I would often remake the artwork myself, and I still have crates filled with them. I am mesmerized by the precious and limited-edition nature of tapes. It’s a kind of cultural currency. Tapes are both raw and clunky but also magical. This thin tiny fragile strip of tape holds so much information, energy, effort, and communication. Releasing a tape was a natural extension of my participation in the DIY/indie craft scene.

As-tu des side-projetcs ?
Do you guys have any side-projects?

Greg, mon mari, et moi, avons développé un concept de film documentaire centré sur un artiste et musicien inconnu et novateur de Western Pennsylvania qui s’éternise pour le moment au stade de projet. Récemment, on m’a demandé de venir jouer du synthé sur scène, pour accompagner mon ami Taichi Nakatami, un guitariste accompli, né au Japon, qui était auparavant dans le groupe Harangue.

My husband Greg and I have developed a documentary film proposal about an obscure, pioneering musician-artist from Western Pennsylvania that is languishing in the concept phase. Recently, I was asked to play synthesizer live, accompanying my friend Taichi Nakatani, a talented guitar player (born in Japan) who used to be in the band Harangue.

Quels sont tes amis ? Parle nous de la scène de Pittsburgh...
Who are your friends? What is the music scene like in Pittsburgh?

Certains de mes amis dont je me sens le plus proche vivent en fait tout autour du monde, comme à New-York, San Francisco, Los Angeles, la Grande-Bretagne, l'Australie et même au Bangladesh. Je fais de la musique dans une sorte de cocon, et comme entre deux trains. En fait, j’ai fini Melody Elder en faisant le ménage dans ma tête, et en évitant certains éléments toxiques qui font partie des écueils quand on est associée avec la naissance d’une certaine scène.

Ceci dit, je suis un être social, et tout le monde est affecté par son environnement, qu’on l’admette ou pas. L’espace dans lequel j’évolue est un poids sur ma conscience. Il y a vraiment des moments où je ne me sens pas à ma place dans la ville où je vis actuellement. New-York fut ma première véritable histoire d’amour avec un endroit. N’importe quel jour, on peut s’y sentir comme un voyageur du monde, du temps et  de l’esprit. C’est ce genre de ville. J’ai cette ville dans la peau, jusque dans mes veines et elle restera toujours un de mes “chez moi”.

Ceci dit, je suis très attirée par la topographie géniale de Pittsburgh, ses artistes, son architecture, ses quartiers authentiques, ses magasins d’occasion et les magasins de musique. Ce que je préfère à propos de Pittsburgh, c’est le rôle remarquable qu’elle a joué dans l’histoire de la musique américaine, en termes de jazz, de soul et de funk (Kenny Clarke, Billy Strayhorn, Gene Ludwig, Betty Davis, Henry Mancini), de rock'n'roll (Fantastic Dee-Jays, Swamp Rats, The Duchess, Todd Tamanend Clark, The Cynics) et des DJ novateurs des années 50 et 60, les discothèques pour ados et les hit singles. C’était au temps où des DJ comme Terry Lee, Mad Mike et Porky Chedwick créaient la demande et ont propulsé dans les charts de nombreux groupes inconnus et remis au goût du jour des morceaux comme Hanky Panky de Tommy James.

En plus de cet héritage musical s’ajoute une scène underground musicale et artistique assez active avec des labels indé comme Dynamo Sound Collective, As Above So Below, Mind Cure Records, and Machine Age. Il y a pas mal de nouveaux endroits alternatifs et de des musées fantastiques. Mon mari Greg dirige le label de K7 As Above So Below, qui a sorti les deux premiers Rangers et celui du groupe Dreams West de North Carolina. Ici, un mélange de brutalité urbaine et de verdure alimente créativité et innovation.

L’architecture de Pittsburgh m’inspire avec le Alcoa Building - le premier gratte-ciel en aluminium du pays -, la prison et l’église de H.H. Richardson, et les bâtiments modernistes et “brutaux” de Mies van der Rohe et de Paul Schweikher, ainsi que les chefs-d’œuvre de Frank Lloyd Wright et les maisons alignées typiques construites pour les ouvriers en sidérurgie. Les gens sont surpris de voir que Pittsburgh contient des parcs aux grandes étendues, des funiculaires et des vues aux airs très européens, et on peut se perdre dans la nature sauvage d’un parc national à une heure de la ville. Une ville a besoin de ces caractéristiques, et moi aussi.

Some of my close friends I feel most connected to actually live in places all over the world, such as NYC, SF, LA, the UK, Australia, and even Bangladesh. I make music in something of a cocoon, with one foot on and one off the train that might be termed a scene. I completed Melody Elder basically in a vacuum of my own mind, blocking out some of the toxic hazards that can sometimes be associated with the construct of a scene.That said, I am a social creature, and everyone is impacted by and thinks about their surroundings—whether they admit it or not. A sense of place weighs heavily on my mind. There are definitely times when I do not feel like I belong in the city I currently live in. My first true love affair with a city came when I lived in NYC. On any given day you have the potential to feel like a world, time or mind traveler there, it’s just that kind of city. It got under my skin and into my veins and will always be one of my “homes.”

That said, I am very compelled by Pittsburgh’s amazing topography, art scene, architecture, authentic neighborhoods, thrift shops, and record stores. One of my favorite things about Pittsburgh is its remarkable role in America’s music history, in terms of jazz, soul and funk (Kenny Clarke, Billy Strayhorn, Gene Ludwig, Betty Davis, Henry Mancini), rock and roll (Fantastic Dee-Jays, Swamp Rats, The Duchess, Todd Tamanend Clark, The Cynics) and 1950s/1960s pioneering DJs, teen dance clubs and pop hits. This is where tastemaking DJs such as Terry Lee, Mad Mike and Porky Chedwick created hits for many obscure groups and where songs like Tommy James's "Hanky Panky" were literally revived and made into hits here—so music is in the fabric.

Adding to this legacy is a fairly active underground music/arts community, with independent tape/vinyl labels, such as Dynamo Sound Collective, As Above So Below, Mind Cure Records, and Machine Age. There are several new alternative spaces and house venues, and amazing museums. My husband Greg runs a tape label called As Above So Below, which released the first two RANGERS tapes and just released the debut by North Carolina-based Dreams West. The mix of grittiness and green here fuels creativity and innovation.

Pittsburgh’s architecture inspires me, with the Alcoa Building—our country’s first aluminum skyscraper—H.H. Richardson’s jail and church, and modern and Brutalist buildings by Mies van der Rohe and Paul Schweikher, plus Frank Lloyd Wright masterpieces, and signature row houses built for steelworkers. People are surprised to learn that Pittsburgh is home to amazing sprawling parks, dramatic funiculars and vistas that are actually quite European, and you can get lost in the wilderness in state parks one hour from the city. Cities need these characteristics and so do I.

But alas, you asked about the “s” word! Recently, I have seen inspiring shows here by KWJAZ, Spencer Clark, Dolphins Into the Future, Khaira Arby, Hamiet Bluiett, Onra, Real Estate, Woods, Crystal Stilts, Jandek, Kurt Vile, Polvo, Bert Jansch (RIP), Van Dyke Parks, Spectrum, Ford + Lopatin, Weyes Blood, Eddy Current Suppression Ring, Peanut Butter Wolf, Zombi. Thanks to an industrious arts collective, Pittsburgh is now home to VIA, an annual new media and music festival, that hosted the world premiere of RVNG Intl's FREAKWYS Ensemble (James Ferraro, Laurel Halo, Daniel Lopatin, David Borden, Samuel Godin). I’m not sure how any of this has inspired my own music. Here’s a CliffsNotes version of Pittsburgh’s music landscape from my warped mind: in the 1990s, when I lived in NYC, Pittsburgh’s independent music scene, which also has roots in punk rock, seemed to be dominated by (sorry to use a cliché) “math rock,” with bands like Don Caballero and Modey Lemon (its members now have interesting solo projects here). The climate seems to have opened up to include pop, experimental, folk, rap, and soul music. It’s been interesting to see bands like Black Moth Super Rainbow, Zombi, DS Miller, Girl Talk, Majeure, Sagas, and Hunted Creatures, and visionary artists whose work crosses boundaries of video, visual art and music—such as Jacob Ciocci (Extreme Animals, Paperrad) and Spencer Longo (who now lives in L.A.). I recently met Kenny Rakentine, of Specialist Morgen J, who just released a great cassette on UUU tapes, affiliated with the terrific American music blog, Friendship Bracelet. I recently collaborated with Pittsburgh-based Buscrates 16-Bit Ensemble, who did the remix of my song, “Bird Or Bat,” and who is a member of ELQ.

Traduction : Simone Apocalypse.

Vidéos

Mixtape

The Garment District Mixtape for Hartzine
Pittsburgh, PA, 12.09.11


(TL/DL)

01. Joe Raposo - Seahorse
02. Jan & Dean - Save For A Rainy Day
03. Tyrannosaurus Rex - Once Upon The Seas Of Abyssinia
04. John Cale - Big White Cloud
05. Laserdisc Visions - Data Dream
06. Harald Grosskopf - So Weit So Gut
07. Mayo Thompson - Fortune
08.The Orkustra (Bobby Beausoleil) - Punjab's Barber (excerpt)
09. Roy Harper - Committed
10. Bill Fay - Screams in the Ears
11. Gary Higgins - Looking for June
12. Jim Sullivan - Jerome
13. Judy Henske & Jerry Yester - Horses on A Stick
14. David Hess - Ice Cream Song
15. Television Personalities - Three Wishes
16. The Stranglers - Golden Brown
17. The Golden Dawn - This Way Please
18. Faine Jade - USA Now
19. Pisces - Children Kiss Your Mother Goodnight
20. L'Infonie - J'ai Perdu 15 Cents Dans Le Nez Froid D'un Ange Bronze
21. Yellow Magic Orchestra - Computer Games
22. Matching Mole - O Caroline
23. Kaleidoscope - The Sky Children

Tracklist

The Garment District - Melody Elder (Night People, 2011)

01. Only Air
02. The Parlance
03. Bird Or Bat
04. I Am Not the Singer
05. Nature-Nurture
06. Supermoon
07. Bird Or Bat Reprise
08. Highway Mountain Hymnal Rain
09. Apple Bay Day
10. Gaza Drift
11. Push

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The KVB - Subjection/Subordination

La première fois qu’il nous a été donné de nous frotter à la musique du très discret Klaus Von Barrel, celui-ci sévissait sous le sobriquet de Die Jungen, livrant une dream pop humant le cuir usé d’une vieille Plymouth, l’huile de moteur et la gomina. De doucereuses pop songs semblant s’ancrer dans la désuétude des sixties. The KVB changea la donne avec un Into The Night signé chez Downwards révélant les penchants du musicien anglais pour les ambiances plus ténébreuses, devenant par la même occasion l’un des emblématiques fleurons du label hétéroclite mais ombrageux du producteur Karl O’Connor, aux côtés de Tropic Of Cancer et Pink Playground. Quelques jours avant sa venue à l’Espace B, nous nous devions de lever le voile sur la dernière production de cet artiste résolument majeur paru en octobre dernier sur le label Clan Destine Records.

On se laisse volontiers pénétrer par les volutes shoegaze éraillées de Closing In, hommage passéiste et persistant convoquant les fantômes d’un post-punk des plus mancuniens. Slalomant hors-piste entre cold wave exaltée et dark wave hypnogène, Subjection/Subordination nous plonge dans un état de semi-coma permanent, oscillant entre cauchemar nébuleux, vicié, fiévreux… et hallucination apathique, quasi-lynchienne. Un univers moribond où se croisent vrilles bruitistes et manifestes pop aux couleurs délavées. Des titres comme Slow Death ou Again And Again en sont l’exemple parfait. Si l’on ne peut s’empêcher de penser à la fine fleur du label Factory sur le très corrosif Who Knows, Klaus Von Barrel pervertit ses mélodies de riffs incisifs. La voix lointaine, noyée dans l’écho des larsens, le musicien déploie son spleen, ses pensées s’enchevêtrant dans un marasme  de déflagrations électriques, s’évaporant comme un nuage de fumée au milieu du crépitement de multiples étincelles. Cependant, bien que faisant appel à de bonnes vieilles méthodes que n’auraient pas reniées Joy Division ou Suicide, la musique de The KVB est loin de paraître rétrograde. La profusion d’éléments électroniques est là pour nous le rappeler. Un usage que Klaus utilise sans abus, comme sur Sleeping Walking, où la boîte à rythme dessert la trivialité d’une ligne de percussion lourde et abyssale, figeant le track dans un abîme caverneux. Une délicate pousse noirâtre, bordée d’épines, que l’on ne peut malgré tout s’empêcher de caresser. Un album bercé par une digue de claviers spectraux, hantant des mélodies déchaînées par le tumulte de lignes synthétiques menaçantes, dont la seule rémittence permise est dûe à cette voix à la fois monocorde mais captivante l’habitant. Voyageant inlassablement entre lumières et ténèbres, l’aura musicale de Subjection/Subordination se distancie de quelconques étiquettes pour se révéler au fil d’hymnes DIY comme un objet étonnant d’intense fascination.

Difficile de décoller ses esgourdes de cette compilation de tracks s’imbriquant habilement pour former l’une des plus viscérales et jouissives découvertes de cette fin d’année 2011. C’est à ce titre qu’Hartzine conviera The KVB autour d’un concert exclusif le 14 janvier prochain à l’Espace B, permettant de saluer le talent de l’artiste sur les planches et de s’abreuver de mélodies délicieusement écorchées dont Klaus a l’art et la manière de nous sublimer.

Vidéo

Tracklist

The KVB – Subjection/Subordination (Clan Destine Records, 2011)

1. Closing In
2. Burning World
3. Slow Death
4. Nightmares #2
5. 8 Hours
6. Sleep Walking
7. Who Knows
8. Again And Again


On y était - Cubenx + Composer au Point Éphémère

En ouverture d'un showcase de quarante-huit heures qui s'étale sur toutes les facettes du fidèle et subtil label InFiné, deux nouvelles signatures à ranger du côté art-pop de son catalogue se présentent ce soir au Point Éphémère. Composer, tandem réunissant deux musiciens issus de l'expérimental comme du folk et rejoints sur scène par une chanteuse, exécute son premier véritable live et s'en sort honorablement. Le set s'entame dans une certaine abstraction, et on croirait presque que Composer cherche à recréer une sorte de David Sylvian dernière période version électronica (ambiance glitch + vocaux mélodiques posés sur le tas). Le reste de la prestation s'étale sur les morceaux les plus pop de leur joli premier LP, et révèlent finalement une série de micro-tubes qui dépassent, par leur qualité, un certain nombre d'artistes dans le domaine. C'est certes un peu trop innocent par endroits, mais on constate un souci du détail et des atmosphères qui font toujours leur effet.

La "tête d'affiche" de la soirée est en fait Cubenx. Le Mexicain s'était fait remarquer comme producteur d'électro-tech auparavant, mais a fait un coming out cold wave/shoegazing sur InFiné. On peut dire que c'est attendu par les temps qui courent, mais le résultat est bourré de classe et son album a généré un succès d'estime mérité. Sur scène avec Alfredo Nogueira, collaborateur vocal d'un peu tout le monde (Apparat, Telefon Tel Aviv), l'élégant Latino ne fait même pas un clin d’œil aux 2/3 tracks électro de son album et se plonge toujours plus loin dans le cold, au point de rappeler, par sa présence et par le tact glacé mais sensuel de ses tracks (quelques inédits délicieux), le Français Colder, dont certains se rappellent encore des deux albums sur feu Output. Une potentielle mini-star indé de 2012 - même le NME l'a déjà repéré, ce qui n'est pas toujours de bon augure au demeurant...


Happy New Year & Nite Fields Split

Là, il va falloir s'accrocher et suivre. Happy New Year est le projet d'Eleanor Logan que l'on vous a présenté par deux fois, à l'occasion de la compilation beko_hartzine (lire) - où la Brooklynoise nous gratifia d'une sépulcrale cover d'Iggy Pop, The Endless Sea - mais aussi lors d'une mixtape de toute beauté confectionnée par les quatre mains du label parisien SVN SNS RECORDS (lire). Outre un tel patronyme couplé à une sortie surprise annoncée le... 1er janvier de cette nouvelle année, Eleanor s’envole bientôt parcourir l'Australie - avant l'Europe en avril - et en profite donc pour dévoiler High Sea, via un split partagé avec Nite Fields sur Lost Race Records, morceau d'un premier LP à voir le jour incessamment sous peu via SVN SNS. Une véritable plongée en apnée dans les tumultes inquiets d'Eleanor. Pour la petite histoire, Lost Race est un tout nouveau label derrière lequel on retrouve le dénommé Danny, membre de Nite Fields, groupe interlope - faisant la jonction entre électronique sombre et shoegaze patibulaire - accompagnant du 11 au 15 janvier Happy New Year sur les routes ensoleillées du cinquième continent. L'artwork de ce 7" - limité à cent-cinquante exemplaires et disponible en envoyant un mail à cette adresse - est de l’œuvre de l’artiste australien Charlie Hillhouse.

Vidéo


Vidéo : The KVB - Leaning

A travers ses deux projets concomitants, Die Jungen et The KVB, Klaus Von Barrel a confortablement meublé l'année écoulée, au point de délivrer - à l'occasion de son récent LP Subjection/Subordination, paru via Clan Destine Records - l'une des plus belles chansons du cru 2011, The Burning World (lire).

Il ne faut pas plus d'une tournée européenne - démarrant dans moins de deux semaines et dont deux dates, le 14 janvier à Paris à L'Espace B (event FB, préventes) et le 16 janvier à Bruxelles au DNA (event FB), sont organisées par nos soins - pour que le jeune homme s'empresse d'enfoncer le clou et signifier sa présence en 2012. En témoigne Always Then, nouveau LP - toujours sur Clan Destine Records - dès à présent en pré-order via ce lien. Leaning, mise en image par Klaus lui-même, en est un premier extrait.

En prime et en stream, Captive, également tirée d'Always Then et If That's What You Think, morceau de Die Jungen offert pour les fêtes.

Vidéo

Audio

Tournée

13.01. Lyon - Sonic
14.01. Paris - L'Espace B
16.01. Bruxelles - DNA
17.01. Würzburg - Cairo Studiobühne
18.01. Munich - Hotter
19.01. Dresden - Ostpol
20.01. Budapest - Küss Mich
21.01. Prague - Final Club
22.01. Berlin - Death Disco (King Kong Club)
23.01. Hamburg - Astrastube
24.01. Hannover - Glocksee