Frànçois And The Atlas Mountains - Plaine inondable

3700398704654Un Charentais répondant au doux nom de Frànçois, nous envoie l'air de rien depuis Saintes  des pop songs à la beauté impénétrable, naufragées d'un monde jusque-là inconnu.  Nous le disons tout de go, rarement autant d'émotions, dangereusement transmissibles, n'auront transpiré sur un disque depuis qu'un certain Dominique A dévoila au grand jour son inégalable fossette.  Toute comparaison mise à part, l'auteur de Plaine inondable - terre musicale fertile où coule encore une douce et lumineuse  mélancolie -  ne s'arrête pas, comme parfois certains nuages chimiques, aux frontières du pays qui le vit naître. Résultat d'un long, laborieux  mais chanceux séjour dans la contrée voisine de l'albion, ce disque  donne aussi à entendre une honorable et respectueuse leçon de pop anglaise à tous ceux qui s'y sont essayés depuis que Belle&Sebastian ont usé leurs dernières cartouches de franc-tireur sur l'impeccable Your Hands Child, You Walk Like a Peasantusable . Mais arrêtons-là les grands discours, car finalement aucun commentaire, même le plus enjoué, ne pourra saisir ce qui fait véritablement la force de cette vitrine d'orfèvreries, force qui se situe du côté de l'indicible et qui n'a de vérité que dans l'expérience onirique à laquelle inévitablement elle nous invite.

Benoît

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Frànçois & The Atlas Mountains - Moitiée

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Tracklist

Frànçois And The Atlas Mountains - Plaine inondable (Talitres, 2009)

1. Friends
2. Be Water (Je suis de l’eau)
3. Wonders
4. Moitiée
5. Remind
6. Do You Do
7. Otages
8. Nights = Days
9. Years Of The Rain
10. Pic - Nic


Beak - Iron Acton (video)

beakbandAvec franchise, répondez... qui écoute encore l'album Third, l'ultime album de Portishead ? N'y avait-il pas quelque chose qui clochait ? Une redite malencontreuse, maussade et ternie d'une démentielle attente... non ? A l'écoute du projet de l'échappé Geoff Barrow, accompagné, dans sa toute récente formation bristolienne Beak, de Billy Fuller (Fuzz Against Junk) et de Mat Williams (Team Brick), n'y a-t-il pas un signe que c'est vers d'autres horizons que le désormais quadra regarde ? Peut être vers l'est, peut être vers les années 70, à l'heure d'un krautrock enregistré live, en 12 jours, où l'improvisation se pare d'une discipline d'acier et où les claviers nike air max pas cher nike air max pas cher analogiques ne faiblissent pas devant une section rythmique répétitive et hypnotique ? Il n'y a que le résultat qui compte et l'album éponyme, sorti fin octobre sur Invada Records, est à prendre, pas à laisser. Et Geoff Barrow d'ajouter "je ne pense pas que nous conquerrons les charts US avec ce premier album, mais si nous nous donnons le temps, Beak continuera d'exister dans le futur."

Thibault

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A Place to Bury Strangers - Exploding Head

page 1&4Les superlatifs ne manquent pas et chacun peut, à sa sauce, les amonceler, les superposer pour dépeindre ce que provoque l'écoute du premier album éponyme d'A Place to Bury Strangers. Facile aussi de leur coller une montagne de références, bien trop partagées pour être indicatives, des Cure à The Jesus and Mary Chain en passant par Joy Division ou My Bloody Valentine, et d'étiquettes éculées, shoegaze or not, post punk ou quoi. Et si le prolixe critique se gargarise à l'avance du second album du trio new-yorkais, Exploding head, paru sur Mute records, le lecteur, lui, se perd déjà dans cet océan de mots annonçant le déluge tellurique, le ras de marré sonique. La terre tremble dirait l'autre, les acouphènes frémissent. Mais si science du bruit il y a, celle qui habite le groupe réputé jouer le plus fort de la scène new yorkaise va définitivement plus loin qu'un simple jeu de miroir réfléchissant trente ans d'histoire noise. S'ils collectionnent depuis 2006, année de formation du groupe, les affiches prestigieuses - ils ont tourné en première partie des Brian Jonestown Massacre, Jesus and mary chain ou encore Nin Inch Nails - Oliver Ackermann (guitare et voix), Jono Mofo (basse) et Jay Space (batterie) confectionnent avant tout des morceaux à la puissance pop imparable malgré l'épaisseur bruitiste de leur texture sonore. Et en premier lieu de celle de leur guitare saturée. En cela, rien de très surprenant lorsque l'on sait qu'Oliver Ackermann dirige sa propre boîte de pédales de distorsions, Death by Audio, et non des moindre puisqu'elle fournit des groupes tels Wilco, My Bloody Valentine ou Lightning Bolt. S'ils agaçent certains à mixer fort leurs compositions - sans doute trop fort, à tel point que ceux ayant voulu transférer le single To Fix the Gash in Your Head pour l'Angleterre ont vu leur beau matériel rendre l'âme - les dix morceaux intrinsèquement sombres, contenus sur leur premier album, esquissent, à rebours de l'actuelle scène new yorkaise, la beauté frustre d'un rock ciselé, nimbé d'électricité, où la voix s'efface à dessein. Au sein de ce manifeste pour le moins compact, la noirceur lente et vénéneuse de The Falling Sun contraste avec celle intempestive et violente de My Weakness quand I Know I'll See You est un incontournable sommet pop, véritable réminiscence new orderienne. D'évidence Exploding head se situe dans le prolongement de son prédécesseur. D'abord parce que nombre des morceaux qu'il comporte ne sont pas de toute première jeunesse. Everything Always Goes Wrong comme I Live My Life to Stand in the Shadow of Your Heart figuraient à l'état brut comme face b de précédents maxis (Breathe pour le premier, Missing You pour le second), tandis que Deadbeat et Ego death - qui s'appelait alors Gimme Acid - étaient déjà jouées par le groupe en version live (SXSW radio session). Ensuite parce que le disque est cousu d'un même fil, acéré et radical, laissant l'urgence s'insinuer dans les interstices d'une production cependant plus fine et aboutie. Les guitares, empruntes d'une surf music crasse et entêtante (Deadbeat, Exploding Head), dressent ce qu'il faut d'intensité rock et d'efficacité pop pour voir se déployer, entre-deux, une rythmique folle (Is it Nothing, Smile When You Smile) ou inquiétante (Lost Feeling, Ego Death). Keep Slipping Away constitue le point d'orgue mélodique d'Exploding Head, quand I Live My Life to Stand in the Shadow of your Heart et sa basse sur-saturée le conclut de la plus brutale des manières. Un second disque et un second tour de piste en moins d'un an : A place to Bury Strangers enchaîne dès octobre les dates de concert, dont une, le 19 novembre à la Maroquinerie (Paris).

Thibault

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A Place to Bury Strangers - Smile When You Smile

Tracklist

A Place to Bury Strangers - Exploding Head (2009, Mute)

1. It Is Nothing
2. In Your Heart
3. Lost Feeling
4. Deadbeat
5. Keep Slipping Away
6. Ego Death
7. Smile When You Smile
8. Everything Always Goes Wrong
9. Exploding Head
10. I Live My Life to Stand in the Shadow of Your Heart

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Etienne Jaumet - Night Music

jaumetEtienne Jaumet est un ineffable multi-tout. Ingénieur du son multi-instrumentiste, saxophoniste amoureux de claviers analogiques, l'homme décline une idée musicale aux formes plurielles aussi bien par ses inspirations bigarrées (chanson française, krautrock, post-punk), que par la flopée de groupes qu'il a côtoyé (Flop, Married Monk, Korg Ms Orchestra...) ou contribué à créer (Zombie Zombie). Résident de 2001 à 2008 de Mains d'oeuvres - lieu indépendant de création et d'expérience situé aux abords du Marché aux Puces de Saint-Ouen - Etienne Jaumet sort - après 18 ans de carrière musicale - son premier disque sous son propre nom. Sorti sur le label français Versatile records - hébergeant entre autres Joakim et Château Flight - et produit par Carl Craig - maître incontesté de la scène techno de Détroit - Night Music confronte l'auditeur, dès le premier des cinq morceaux de l'album, à un ovni musical rétro-futuriste et hypnotique de vingt deux minutes, évoquant tant les sommités du krautrock allemand d'Ash Ra Tempel (formé par Manuel Göttsching et Klaus Schulze) que ses accointances avec Romain Turzi, autre figure de proue du renouveau kraut. Le morceau Mental Vortex n'est pas en reste. La preuve ici en écoute.

Thibault

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Etienne Jaumet - Mental Vortex


Swanton Bombs - I Like it

swantonCela ne sert strictement à rien d'aller cueillir au berceau des groupes et de les introniser futur Strokes ou futur truc pour s'apercevoir par la suite que de futur il n'y avait pas l'ombre d'un disque. Un peu comme au football où l'on se précipite, le plus souvent à tort, lorsqu'il s'agit de dénicher le nouveau Zidane. On se gardera donc de lister l'ensemble des figures tutélaires potentielles de ces deux garnements, pour préciser que Swanton bombs, c'est Dominic McGuinness, grand échalas jouvenceau, au chant, à la guitare et au piano et Brendan Heaney, visage de petite teigne épileptique, à la batterie. Assurant de belle manière la première partie de la récente tournée de Girls, les deux gamins méritent de faire leur trou sous le soleil des plus facétieux de Londres tant ce qu'ils donnent sur scène est digne d'intérêt pour tout amateur de pop songs à l'énergie rock. Après l'EP 4 titres Mammoth skull auto-produit (et distribué gratuitement lors de leurs concerts), ils sortent dès octobre Doom, dont I Like it est extrait.

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Swanton Bombs - I Like it

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On y était - Baddies

baddies
Mini-Concert de Baddies, le Point Ephemère, 14/10

Comme toute journaliste rock qui se respecte, avant d’assister à leur premier concert dans l’hexagone, je suis allée me balader sur le myspace de Baddies, fraîchement débarqués de l'extrêmement productive Manchester Southend (d’où viennent The Horrors et These New Puritans, mais non rien à voir par ici). Les quelques titres à l’écoute titillent ma curiosité et une montagne de citations plus qu’élogieuses de la presse britannique finirait presque par m’emballer complètement (« Comme Franz Ferdinand sortant de prison et perdant foi en l’humanité » ouah). Mais allez savoir pourquoi, comme avec les critiques de cinéma, quand on me martèle que c’est très très bien, je me laisse systématiquement gagner par le doute.

C’est donc avec un esprit plutôt aiguisé et dubitatif que je me rends au mini show de Baddies (6 titres et hop-là terminé). Tout de suite, leur intention ne laisse aucune équivoque : les quatre gaillards arborent un uniforme chemise-cravatte à la Hives, version bleu layette, qui proclame « c’est du sérieux, on s’est sapé» sans parler de la carrure bodybuildée du bassiste, et de l’hyper ressemblance entre le chanteur et le batteur (oh mon dieu, seraient-ce des jumeaux ???). Vous me direz, et la musique ? Alors pour la faire courte, je dirais Franz Ferdinand sortant de prison… Je blague.

Pour commencer, l’uniforme n’est pas le seul atout commun de Baddies et des Hives, leur rock bien tendu avec des mélodies accrocheuses s’en approche, en tirant nettement plus vers le punk tout de même. Mais là où les Hives détonnaient avec une production bien léchée, Baddies tombe dans un créneau bien plus lisse, celui du rock commercial à la limite de Green Day, et ce ne sont pas les Whoo-whoo-whoo à la Blur Song 2 qui vont y changer quelque chose. Certains morceaux se détachent heureusement. « We beat our chest » qui clôturera ce concert, possède un côté funky 80’s proche des Talkink Heads, plutôt plaisant et accrocheur. Dommage que le reste des morceaux reste pour leur part, dans la veine rock à guitares agressives et chant plus que passable (le leader faisait soit dit en passant parti d’une formation métal avant de créer Baddies).

Il est d’ailleurs étrange de constater que c’est finalement en live que Baddies se vautre dans un son beaucoup trop produit et agressif, les titres « Open one eye » et « Battleship » promettaient pourtant de beaux lendemains dans l’enregistrement studio. Malheureusement pour le show, la plus grande déception réside dans la « prestation vocale » de son chanteur Michael Webster qui donne plus dans la vocifération et la gesticulation que dans le chant à proprement parler, contrairement à l’album dans lequel il parvenait à de subtiles modulations.

On-t-il échangé les jumeaux ? On se le demande presque, tellement les nuances de sa voix disparaissent pour n’offrir qu’un spectacle répétitif et par là même, très lassant. Espérons que leur tournée dans toute l’Europe jusqu’au 31 décembre, soit pour Baddies une bonne salle de répétition pour la suite.

Virginie Polanski


The Wave Pictures - If you Leave it Alone

Il y a des groupes que l'on croirait d'un autre âge, d'autres que l'on imagine venus d'ailleurs. Visages poupons, mines radieuses, les Wave Pictures semblent jouer en toute décontraction les gammes de leurs grands parents américains. L'Amérique du grand ouest, celle d'une géographie fantasmée ralliant l'orgueilleuse country texane à l'intimiste folk californienne. On se surprend à deviner la boue séchée sur leurs bottes, la brindille de paille malicieusement fourrée au coin de leurs lèvres. On est pourtant loin du compte, à quelques milliers de kilomètres près. Loin d'un disque de débutant, If you Leave it Alone est le huitième du nom, en dix ans de carrière, des natifs de Wymeswold, petit village d'une poignée d'habitants, proche de Leicester. C'est dans ce coin un rien paumé, en plein cœur de la brume crachoteuse des Midlands, au centre de la Perfide, que Dave Tattersall (chant, guitare) et Franic Rozychki (basse) forment dès 1998, en guise de galop d'essai, Blind summit. Quelques reprises de vieux formats punk plus loin (des ramones aux stooges), Jonny Helm les rejoint (batterie), et le groupe, définitivement rebaptisé Wave Pictures, s'installe à Londres. Là, les trois gaillards enchaînent les concerts et tissent leur réseau, s'accommodant autant de l'avion pour sauter l'Atlantique et comploter avec Jeffrey Lewis que du channel pour traverser la manche et s'acoquiner avec Hernan Düne (Catching light: the songs of André Herman Düne 2006). Instant coffee baby, sort en mars 2008 et assoie définitivement le groupe au rang d'incontournables troublions de la scène pop actuelle tant chaque morceau est désarmant de générosité et d'espièglerie narrative (entre autres, il est question de cafetière italienne, de Casius Clay, de confiture...). Les bases de leur son semblent ici jetées, entre basse suave et guitare rêche, voix nasal et batterie sèche. Une formule adéquate pour une tripoté de morceaux potaches et enjoués transpirant de virtuosité et navigant dans les eaux territoriales de Jonathan Richman (Kiss me, Just Like the Drumer, Leave the Scene Behind). Sorti en catimini à la rentrée, If You Leave It Alone prend le pari de ne pas reprendre les choses là où les dernières notes lascives d'Instant Coffeee Baby les avaient laissées. S'il est toujours question d'avaries sentimentales ou d'autres potins rabroués, le ton change, intimement apaisé. Ce disque "n’a pas été engendré dans la difficulté. [...] J’ai plein d’exemples où avoir envisagé les choses avec légèreté et facilité s’est avéré être la meilleure solution, et cet album est l’un de ceux-là”. Dave Tattersal trace, le doigt dans le ciel, la feuille de route de ces douze compositions nimbées de soleil. D'émouvantes ballades, magnifiées d'une subtile trompette (If youleave it alone, My kiss, Come on daniel), se mélangent à d'intrépides escapades country (Canary Wharf, Bumble Bee, Softly you, Softly me), quand bien même l'humour et le handclap font bon ménage (Bye bye belly). Tiny Craters in The Sand et ses chœurs nonchalants rappelle la fougue d'Instant coffee baby, tandis que Nothing can change this love clôture d'une fragile comptine If You Leave it Alone, disque que l'on aura tôt fait de ressortir en plein hiver, à ces heures où la lumière vient à manquer.

Video

http://www.youtube.com/watch?v=wHQbHLTFXyE

Tracklist

The Wave Picture - If you Leave it Alone (Moshi Moshi, 2009)

1. If You Leave It Alone
2. Canary Wharf
3. My Kiss
4. I Thought Of You Again
5. Tiny Craters In The Sand
6. Bumble Bee
7. Come On Daniel
8. Too Many Questions
9. Bye Bye Bumble Belly
10. Softly You, Softly Me
11. Strawberry Cables
12. Nothing Can Change This Love


Hartzine Autumnmix#1

hartzmixautumn1

Il est très tôt, la ville dort encore, fatiguée de l'été qu'elle vient de vivre. De l'aube d'hier à l'aube d'aujourd'hui, la rue n'est plus tout à fait la même,les feuilles mortes, mouillées par un interminable crachin, collent désormais au caniveau et le jour s'ennuie derrière un ciel désespérément gris, c'est l'automne, de nouveau l'automne, encore l'automne...

1. Tindersticks - My Autumns Done Come (Lee Hazelwood cover)
2. The Walkmen - On the Water /extrait de l’album You&Me (Talitres, 2008)
3. Frànçois and the Atlas Mountains - Moitiée /extrait de l’album Plaine inondable (Talitres, 2009)
4. Boards of Canada - Tears From the Compound Eye /extrait de l’album The Campfire Headphase (Warp, 2005)
5. Fool's Gold - Surprise Hotel (Phaseone Remix)
6. Atlas Sound - Walkabout /extrait de l’album Logos (Kranky, 2009)
7. Florence and The Machine - You've Got the Love (The xx Remix)
8. Vic Chesnutt - Chain /extrait de l’album At the Cut (Constellation, 2009)
9. Jeremy Jay - Words Of Love (Holly) /extrait de l’Ep Breaking the Ice (K records, 2009)

Podcast


Girls - Album

album-art-girls-album-1024x1024L'intérêt que l'on porte à un groupe est souvent le fruit mûr d'un drôle de hasard. J'arrive à la bourre, comme d'habitude, rapide passage dans la chambre, histoire de se mettre en jambe et d'écouter quelques trucs. Je lui balance aux oreilles Blank dogs - le groupe d'un seul homme, Mike Sniper, au nom et à la cold wave très classe - lui me retourne dans les dents Hellhole Ratrace de Girls. Malaise. On passe à autre chose, très vite, car de toute façon il faut y aller, on nous attend. Si Girls me dit bien quelque chose dans la brume épaisse de ma mémoire confetti, ce refrain... ce refrain déglingué résonne comme le triste échos d'un temps pas si lointain, définitivement révolu. Les jours passent et la toile se met à fleurir, à l'image de la pochette d'Album, de ce nom à la fois simple et saugrenu, Girls, où le projet de deux mecs que l'on croirait tout droit sorti du film Clerks, les employés modèles. Une différence notable : on parle pour eux, comme pour the Pains of Being Pure at Heart et the Big Pink, de revival shoegazing. Alors autant commencer par là : qu'est ce que le shoegaze si ce n'est cette poudre aux yeux balancée à la volé par une nué de journalistes spécialistes du genre ? Réponse : une façon de rassembler sous la même enseigne, et sur une même scène, Oxford, des groupes partageant tant un son qu'une attitude. Pèle mêle, on cite les effets de manche, les nappes de distorsion ou encore la voix reléguée au simple statut d'instrument. Il s'agit d'incorporer le bruit dans un ensemble mélodique pour être shoegaze et ainsi se retrouver dans les pages du NME et du Melody Maker aux côtés de groupes aussi différents que My Bloody Valentine, Moose ou Ride. Ce qui laisse perplexe tant l'histoire de Girls s'appréhende différemment. On pénètre une intimité crue, dépouillée et extrêmement sensible, bien au delà de tout carcan rationnel. Ici, tout est question d'affect.

San Francisco, année 2000, Christopher Owens, véritable écorché vif au destin ubuesque (embrigadé dans une secte dont il s'échappe à l'âge de seize ans, il vagabonde sans le sous avant d'être rescapé par un milliardaire), est guitariste du groupe punk Holy Shit de Matt Fishbeck et d'Ariel Pink. Durant ces années d'apprentissage et d'excès en tout genre, il croise la route de Chet Jr White, bassiste et producteur débrouillard. Les deux types s'apprécient et, suite à un concours de circonstances, sortent discrètement Lust for Life via une page myspace créée pour l'occasion. C'est par ce biais que Frédéric Landini les contacte et leur propose d'ouvrir l'édition 2008 du Midi Festival. De l'aveu de Christopher Owens, "c'est plus ou moins le premier concert que l'on ai fait. Et presque la raison pour laquelle on a monté un groupe." John Anderson (guitare) et Garett Godard (batterie), après avoir répondu à une petite annonce des plus anodines, se retrouvent derechef embarqués pour la french riviera d'Hyères où l'embryon de groupe ne passe pas inaperçu. Un an plus tard, Christopher Owens et Chet Jr White sortent leur premier disque, et, en douze morceaux, catapulte leur carrière sur les devants de la scène. Il n'y a là rien d'injustifié tant le ressenti personnel magnifie des influences subtilement suggérées et minutieusement produites. La voix, rappelant celle de Lawrence Hayward de Felt, comme les guitares, évoquant le garage sixties, les Beach boys ou encore Yo la tengo, bâtissent un univers fictionnel propice au naturalisme juvénile et faussement naïf de Christopher Owens. Les grands sentiments tels l'amour et l'amitié, le doute ou l'abandon tapissent en filigrane l'ensemble d'un disque entamé pied au plancher par l'épique Lust for life. Si les figures changent, fusionnelles ou délicates, (Laura, Lauren Marie), les blessures restent les mêmes, arides et soniques (Morning light, Summertime) non loin de l'errance confondante (le magnifique Hellhole Ratrace à la mélancolie aigre-douce, Headache). Darling conclu le disque d'un ton presque enjoué et l'on comprend Christopher Owens lorsqu'il confie que ce morceau "parle du bonheur [qu'il a] à écrire des chansons". C'est déjà un tel bonheur de les écouter.

Thibault

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Girls - Lust For Life

Tracklist

Girls -  Album (Fantazy Trashan, 2009)

1. Lust for Life
2. Laura
3. Ghostmouth
4. Goddamn
5. Big Bad Mean Motherfucker
6. Hellhole Ratrace
7. Headache
8. Summertime
9. Lauren Marie
10. Morning Light
11. Curls
12. Darling


Andrew Weatherall – A pox on the Pioneers

andrewNous avons affaire ici à un des représentants du bon goût britannique. De tous les bon coups, Andrew est un homme au cv impressionnant : producteur émérite (Primal Scream entre autre), musicien racé au sein du duo Two Lone Swordsmen et enfin remixeur touchant à tout ce que l'Angleterre a produit ces 30 dernières années (de My Bloody Valentine à The Future Sound of London). Cela dit à bientôt 50 ans, Weatherall devait se dire qu'il était temps de laisser une trace personnelle et consistante sur son compte Discogs; en gros un cd en tout point éloigné de l'ennuyeux The Bullet Catcher's Apprentice (son précédent Ep).

Afin d'écourter le suspense, je vais tout de suite dire que c'est chose faite. Weatherall, au delà de la simple production de titres, produit avant tout des clins d'œil. Clin d'oeil à une discothèque personnelle que l'on imagine vaste et sans limite (ou presque). Déjouant tour à tour les codes de la musique électronique (l'intro de Fail we may, sail we must ne laisse en rien présager la tournure pop du morceau) et du rock, Weatherall compile des instantanés qui placent son esthétique musicale à égale distance de l'inné et de l'acquis. Les mots clés sont alors nombreux : new wave, pub & surf rock, gospel, glam, techno, acid rock, ambiance pastorale, synthétique, organique, original, juste...

Un grand moment d'électro est a signaler en piste 8 : la démonstration pure et simple qu'une basse et des arrangements de cordes sont aussi efficaces que des synthétiseurs. Bref, une preuve parmi tant d'autres de la qualité de cet opus.

Nicolas

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Andrew Weatheral - All The Little Things (That Make Life Worth Living)

Traclist

Andrew Weatherall – A pox on the Pioneers (Rotters golf club, 2009)

1.Fail We May, Sail We Must
2.Privately Electrified
3.Miss Rule
4.Selective Walking
5.Liar With Wings
6.Let's Do The 7 Again
7.A Pox On The Pioneers
8.All The Little Things (That Make Life Worth Living)
9.Built Back Higher
10.Walk Of Shame


Uffie - Pop The Glock (video)

uffie
Le premier album de UFFIE, Sex Dreams and Denim Jeans, devrait paraître début 2010 sur la structure qui l'a vu éclore et façonné par la grosse artillerie de producteurs prometteurs ou légendaires parmi lesquels Feadz, Mr Oizo, SebastiAn ou encore Mirwais. En attendant on la retrouve sur la video au traitement coppolien (la fille) de l'érectile Pop The Glock .

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Music Go Music - Warm in the Shadows

musicgoarch

On croyait avoir bu le calice du revival jusqu'à la lie mais c'était sans compter sur l'éclosion des Californiens de Music Go Music lesquels,  à travers Expressions, leur premier album, revisitent avec une approche faussement naïve la disco pop  d'il y a trente ans. D'ailleurs le titre en écoute cette semaine, longue odyssée mélodique, vous ferra vraisemblablement  pensez à un bon titre d'Abba, s'il en existe un.

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Music Go Music - Warm in the Shadows

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Tracklist

Music Go Music - Expressions (Secretly Canadian, 2009)

1.I Walk Alone
2.Thousand Crazy Nights
3.Light of Love
4.Reach Out
5.Explorers of the Heart
6.Love, Violent Love
7.Just Me
8.Warm in the Shadows
9.Goodbye, Everybody


Phoenix - Fences (Friendly Fires remix)

phoenix1901

Bonjour, c'est rigobert, pas de vieux jeux de mots pour le remix de cette semaine, dsl, comme on dit quand on a pas le tps.

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Phoenix - Fences (Friendly Fires Remix)


Dead Man's Bones - In The Room Where You Sleep

deadman

Ceux qui sont passés par le Mickey Mousse Club n'ont pas tous connu le même sort. Alors que Britney et consors ont vite basculé de l'innocence à la démesure, le canadien Yan Gosling, acteur de son état, a quant à lui pris  son temps pour mûrir à l'aide de son complice Zach Shields le projet farfelu Dead Man's Bones qui, à travers leur premier album, réunit pléthore d'enfants aux voix faussement angéliques  pour composer une chorale version petits chanteurs à la croix de bois mais portée à l'envers et  ainsi accompagner leur univers musical joyeusement bancales.

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Tracklist

Dead Man's Bones - Dead Man's Bones (Anti- , 2009)

01. Intro
02. Dead Hearts
03. In The Room Where You Sleep
04. Buried In Water
05. My Body's A Zombie For You
06. Pa Pa Power
07. Young & Tragic
08. Paper Ships
09. Lose Your Soul
10. Werewolf Heart
11. Dead Man's Bones
12. Flowers Grow Out Of My Grave


Desire - II

ii-desireLe label Italians do it better fraye agilement son chemin. S'il n'est pas pourvoyeur de têtes gondoles à fort potentiel mercantile - ce n'est pas ce qu'on lui souhaite - le voilà néanmoins confortablement installé au sein d'un mouvement musical d'ampleur, celui revisitant et magnifiant tout ce qu'il y a à magnifier des eighties et en particulier Giorgio Moroder. Fondé en 2005, par Johny Jewel et Mike Simonetti, Italians do it better cultive à dessein une marque de fabrique plus indie que commercial : l'art-work aux couleurs criardes est fait maison, les disques crachotent tandis que la communication s'opère via un blog des plus minimalistes... Dès 2007, les italiens d'Oregon font mieux que tout le monde. D'un groupe au passé discographique relativement anodin (les dispensables chrome rats vs basement rutz et plaster hounds), les Chromatics d'Adam Miller se métamorphosent, par le biais d'un maxi (nite) et d'un album (night drive) de toute beauté, en subtil et addictif panachage, associant dans les grandes largeurs d'une dérive au cœur de la nuit, cold wave noire et italo disco scintillante. Une mue confondante de talent, et ce talent à un nom, récurrent : Johny Jewel. Devenu membre et producteur des Chromatics, après que son ami Adam ne le rejoigne à Portland, Jonhy Jewel transfigure l'atonie no wawe des débuts par d'envoûtantes nappes synthétiques magistralement lovées autour de basses à la langueur hypnotique. La voix lascive de Ruth Radalet et la guitare gracile d'Adam font le reste : les Chromatics s'imposent comme une des révélations de l'année. Janvier 2008. Glass candy, formation où sévit Johny Jewel depuis le bug de l'an 2000, reprend la balle au bond et convertit avec l'album B/E/A/T/B/O/X le retour d'un glam glacial et enivrant à l'érotisme éthéré. Des synthétiseurs omniscients et une boîte à rythme dépouillée de tout superflu laissent à Ida No les coudées franches pour électriser de sa voix d'opale les dancefloors du monde entier. 2007, 2008 et donc 2009. L'année de Desire. On y retrouve Johny Jewel en compagnie de Nattie, batteur des Chromatics, et de Megan Louise, incarnation brune et montréalaise de Blondie, au timbre de voix généreusement cristallin. L'album, (inexplicablement) intitulé II, débute par les remerciements, en français dans le texte, d'une chanteuse qui nous plonge instantanément dans les affres de son intimité : à l'odyssée brève et onirique d'une rencontre fantasmée (montre moi ton visage, mirroir mirroir) succède irrémédiablement l'absence et son substrat mélancolique. La promesse, vite balayée par les violons du magnifique don't call, mue et engendre les vertiges d'une douleur aussi verte que créatrice (Colorless Sky, If I can't hold you). Si les compositions font la part belle aux claviers qui agissent moins en nappes qu'en lignes mélodiques, de furtives boucles de guitares miment ici et là les larmes d'un cœur profondément étrillé (dans mes rêves). D'énigme il n'y a pas. Sur Under your Spell Megan Louise dévoile tout, d'une simple interrogation : quelle différence y a-t-il entre l'amour et l'obsession et entre l'obsession et le désir ? Sûrement moins qu'une feuille de papier à cigarette : Desire ne prendrait pas autant aux tripes.

bred 11s

Présage pour l'avenir : 2010 sera l'année de Twisted wires.

Thibault

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Desire - Don't Call

Tracklist

DESIRE - II (Italians Do It Better, 2009)
1. Montre Moi ton Visage
2. Mirroir Mirroir
3. Don’t Call
4. Dans mes Reves
5. Under Your Spell
6. Colorless Sky
7. If I Can’t Hold You
8. Part II