Sunder collectionne les papiers anglophones, tourne bravement les Amériques et s’affiche au catalogue de Tee Pee Records, massif pourvoyeur des plus brûlantes passades de riffs depuis le milieu des années 1990. Pourtant, Sunder vient de Lyon, Rhône-Alpes, était précédemment nommé The Socks, et peine à se faire connaître auprès des foules de France. Quel est donc le statut ? Le quatuor a sorti son premier album sous sa nouvelle identité l’année dernière, on s’est du coup rapproché d’eux pour en savoir un peu plus.

Audio

Sunder – Sunder (2015, Tee Pee Records/Crusher Records)

Sunder l’interview


Lorsque vous vous appeliez encore The Socks, vous avez sorti un premier LP: il s’est directement niché chez Small Stone et Cargo, soit  deux labels ayant sorti de grosses pointures comme Drive Like Jehu, Dozer, Acid King et j’en passe… J’ai loupé quelque chose? Comment est-ce que ça s’est fait ?

Ça s’est fait via Facebook et assez simplement. Scott, le boss de Small Stone aimait vraiment nos morceaux et il a voulu nous signer.

Vous vous appeliez The Socks, vous vous appelez maintenant Sunder : qu’est-ce qu’il s’est passé ? Est-ce que ce changement est purement esthétique ou induit-il tout de même selon vous un point de vue différent par rapport à votre son ?

On avait besoin d’un renouveau, de créer un nouvel univers aussi bien musical que visuel. Mais au-delà de ça on aimait vraiment plus ce nom… et on va dire qu’il nous a posé quelques problèmes.

J’ai l’impression que vous faites partie de cette catégorie de groupe relativement connus à l’étranger mais beaucoup moins exposés en France – je vois pas mal de chroniques de vos disques sur des sites US, par exemple, mais peu en France : je me trompe ? À quoi cela peut-il être dû selon vous ?

Non tu as parfaitement raison. On est essentiellement gérés par des étrangers (labels, tourneur, manager), je pense que c’est la raison principale.

Ça m’amène à me poser cette question : tournez-vous du coup peu en France pour privilégier l’étranger ? Si c’est le cas plutôt l’Europe ou les Amériques ? Est-ce que vous comptez changer cela dans un futur proche ?

On adore tourner en Europe, on voyage, on voit de nouvelles choses. C’est plutôt cool ! On ne cherche pas à privilégier une destination plus qu’une autre, on va dire que les choses se font comme ça. Mais, en vérité, on aimerait vraiment plus tourner en France. C’est vraiment le but pour cette année et les années futures.

Vous avez donc changé de nom, puis sorti un album sous Sunder sur Tee Pee Records, l’année dernière : ça fait quoi de trouver son nom entre ceux de Brian Jonestown Massacre, High on Fire et Kadavar ? Comment vous en êtes arrivés à dealer avec ce label – véritable maison-légende dans son registre ?

C’est vrai que ça fait plaisir, c’est une certaine fierté. Ce label a vraiment sorti beaucoup de groupes qu’on adore et qu’on écoute. C’est vraiment un des labels qu’on aime le plus. Notre manager est Ryan du groupe NAAM, c’est lui qui nous a proposé à Teepee. Ça a pris du temps et finalement ça c’est fait !

Photo-sunder

Cela dit, il ne faut pas oublier Crusher Records, également crédité à la sortie de ce LP. Comment se sont-ils partagé la tâche ?

Oui ! En fait Tee Pee s’occupe des États-unis, de l’Amérique du sud et de l’Australie. Crusher est plus concentré sur l’Europe. C’est vraiment un bon label, le boss Peter est quelqu’un qu’on apprécie beaucoup. Il aime vraiment ce qu’on fait et il s’investit beaucoup.

Vous avez sorti en parallèle de votre premier album un flexi 7’’ avec le single Cursed Wolf. C’est quoi ce délire ? Qu’est-ce qui vous a pris de sortir un flexi-disc en 2016 ?

Héhé, On va dire que ça fonctionne bien et que les gens s’interrogent toujours en voyant le flexi sur notre table de merch. C’est une idée commune qu’on a eu avec les labels. Ça a une dimension fun et originale ! On est plutôt satisfaits.

Quels sont vos projets pour le futur ? Vous avez joué à l’Espace B – une salle moins identifiée métal fin avril, ça s’est bien passé ? Est-ce que cela fait partie de vos plans pour vous extirper de cette scène heavy psyché 70’s avec un revival un peu bouchonné en ce moment ?

Oui c’était vraiment pas mal, la salle est vraiment cool (la blanquette de veau aussi). Oui… tu es bien renseigné ! En réalité, on aimerait vraiment pouvoir accéder à des lieux ou des festivals plus pop. On aime la scène dans laquelle on est, le public et certains groupes sont vraiment cools mais on aimerait voir aussi d’autres choses.

Je sais que Jessy joue dans Noyades : les autres, vous avez d’autres projets à côté de ça ?

Oui. Jessy et moi, on joue dans un tribute band des Stones. Nico fait quelques truc en solo. D’autres choses vont se faire dans le futur mais Sunder reste notre priorité.

Mixtape


THE BEATLES – Tomorrow Never Knows
THE BEATLES – Rain
DAVID BOWIE – Lady Stardust
TAME IMPALA – It Feels Like we Only Go Backwards
THE ROLLING STONES – Under My Thumb
THE WHO – Silas Stingy
THE ROLLING STONES – Play With Fire
THE BEATLES – Day In The Life
LEE HAZLEWOOD & NANCY SINATRA – Summer Wine
THE BEATLES: Because
POND – Medicine hat
THE MOODY BLUES – Legend of a mind
SIMON & GARFUNKEL – Benedictus
LEONARD COHEN – So long Marianne
THE BEATLES – In my life