School Daze – 100 Times (Daddy on Deck Remix)

L’ambition d’un groupe de pop est de donner du plaisir tout en prenant du plaisir à le faire. D’estime ou commercial, le succès est total. Inévitablement, beaucoup de groupes prennent du plaisir, ou feignent d’en prendre – le comble – , tandis que le public, lui, se fait royalement chier, sans trop l’avouer. Ou quand il convient de le faire, histoire de passer magnanimement à autre chose. Le succès est médiatique, bancal, et quand l’aréopage promotionnel se rétracte, il n’y a plus personne. Et puis il y a ceux qui ne prennent plus totalement de plaisir tandis que le public, conquis, en redemande. L’impasse guette et il faut pour l’artiste, soit se réinventer, soit tout planter. En somme prendre un risque ou tout solder. Les mecs de School Daze, anciennement Shit Browne – ça nous rajeunit pas cette histoire (lire) – , ont préféré la première option, ayant considéré être arrivé au bout du bout de leur affiliation, peut-être trop affichée, à la Factory d’un Madchester dropant New Order et The Happy Mondays au firmament de leur inspiration. Pour reprendre du plaisir, à composer, à jouer surtout, le quintet, par ailleurs disséminé dans des formations bien connues des cénacles pop tels que Tahiti 80, Dorian Pimpernel ou le Klub des Loosers, a décidé de braquer ses élucubrations dancefloor à équidistance d’un Royaume-Uni trop adoré pour être totalement délaissé, on pense forcément à la basse de Peter Hook ou aux écossais de Primal Scream, et d’une Californie torride et libidineuse à souhait, où Patrick Cowley conciliait en sous main, en bon pionnier de l’électronique, disco et hédonisme gay – School Daze est d’ailleurs le nom d’un morceau de ce dernier que le label Dark Entries s’évertue à réhabiliter. Première exsudation avec 100 Times, paru en février dernier, que les zozos Parisiens se s’ont amusés à remixer eux-mêmes histoire de compliquer le retour attendu (?) de The Chemical Brothers. Mais par de-là les effets de miroirs, une certitude : les School Daze semblent vouloir donner du plaisir et il serait bien con de ne pas leur rendre la pareille – étant entendu qu’on attend impatiemment la suite.

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